L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Monde aride sujet à de violentes tempêtes de radiations, Geonosis a récemment rejoint la Nouvelle République. Les Géonosiens furent réduits en esclavage par l'Empire comme punition pour avoir occupé un rôle central dans la Confédération des Systèmes Indépendants, et gardent un très mauvais souvenir de la guerre civile galactique.
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By Adrix
#32227
Géonosis... Peu de mots résonnaient dans le coeur d'Odion avec plus de force que celui de ce monde de sable et de vents radioactifs. Si Batorine était son lieu de naissance et Korriban son domaine, Géonosis, elle, était son foyer. Un terme qui trahissait un attachement qui contredisait pourtant nombre des principes de l'Egorgeur. Lui qui défendait avec véhémence que les Siths ne devaient pas s'enchaîner au piège du pouvoir ne pouvait réprimer sa nostalgie pour cet endroit. Il ne s'agissait pas non plus d'un simple amour pour l'autorité octroyée par sa défunte couronne. Jamais autant qu'au milieu de ces dunes hostiles ne s'était-il senti à sa place. Cet endroit était en ruines lorsqu'il était arrivé et il l'avait rebâti entièrement selon ses visions de grandeur. Un monde entier reforgé presque entièrement de ses mains, avec doigté et patience. Plus de 20 ans de règne, oubliées comme un vulgaire mirage. Il se souvenait avec tendresse des longues journées à explorer le désert. Même les pénibles séances de doléances avec le peuple prenaient des allures sympathiques au travers du filtre des souvenirs. Si le destin l'avait voulu ainsi, peut-être aurait-il pu se satisfaire de rester ici plutôt que de se tourner vers des ambitions galactiques... Probablement pas. Mais sa haine pour ceux qui lui avait ôté ce trésor n'était qu'accentuée par ce manque. Et aujourd'hui, il était temps d'y remettre les pieds.

S'infiltrer à la surface du monde désertique ne fut pas exactement difficile. Même après dix ans, Adrix connaissait encore fort bien les pratiques du spatioport local. Quelques utilisations avisées du Mechu Deru pour masquer sa présence suffirent à passer le poste de contrôle et faire atterrir son infiltrateur Sith dans un lieu isolé. Cela faisait plus d'une décennie que ses serres métalliques n'avaient pas laissé leur empreinte dans ces étendues sableuses. Une bourrasque brûlante se leva comme pour le saluer, soulevant sa cape et un nuage de poussière ambrée. Le cyborg regretta en son for intérieur de ne pas pouvoir sentir la morsure ardente du soleil sur sa peau. Si l'apprentie de Ranath avait été là, elle n'aurait sans doute pas manqué de se moquer de son attitude de vieillard nostalgique.
Il eut été de circonstance de faire une entrée fracassante, mais Adrix n'était pas naïf au point de croire qu'il échapperait longtemps au regard de la République. Les Jedis étaient bien des choses mais imprudents n'en faisait pas partie. C'est donc revêtu d'un capuchon et dissimulant son aura que le Cyborg se mit en route de sa première destination.

*Cela fait bien trop longtemps…*

Une première visite qui fut marquée par un clair sentiment de déception. La planète ne semblait pas avoir beaucoup changée depuis que son trône lui avait été arraché... Ou plus exactement, elle n'avait pas évolué du tout. Les innombrables usines qui se dressaient fièrement par-dessus les dunes étaient celles-là même qu'il avait fait construire en personne et les cités ruches n'avaient gagnées ni en infrastructure ni en splendeur. Pas un boulon n'avait été rajouté aux édifices qui commençaient au contraire à prendre de l'âge. C'était comme si Géonosis avait été immobilisée, figée dans le temps dés lors que le Sénat s'en était emparé. Les veines du Seigneur Sith se gonflèrent de colère, ses machoîres latérales claquèrent avec mépris sous son casque. La République avait fait de ce monde, SON monde, ce qu'il méprisait le plus : une entité stagnante, vautrée dans sa propre complaisance. Ils lui avaient arraché ses terres pour mieux les laisser à l'abandon. Ce gachis de potentiel le mettait hors de lui. Loin était le temps des grands chantiers et des perpétuels projets en développement. Géonosis n'était guère plus qu'un cadavre maintenu en vie par les mérites d'efforts passés. Des efforts qu'Organa avait œuvré à lui arracher pour satisfaire sa vision étriquée de la réalité. Presque ironiquement, souverain et royaume avaient connus des sorts similaires...

Alors qu’il arpentait une rue bondée d’activité, le regard de l’Egorgeur se posa sur une affiche vantant les mérites de la République. Un message terriblement ringard sur les bienfaits de la démocratie et les mérites de la glorieuse Alliance ayant repoussé l’Empire. C’était tout juste s’ils n’avaient pas rajoutés Leia Organa en bonne mère du peuple. Les services de communication impériaux n’avaient rien à leur envier quant au manque de subtilité. Le régime tyrannique avait au moins la décence d’annoncer sans sourciller son désir de réduire sa population en drones serviles. De son côté, la Nouvelle République ressentait le besoin de se présenter en héros tout en faisant fondamentalement la même chose. D’une pensée agacée, l’Egorgeur broya le support de l’affiche. Cette propagande pathétique ne l’enragerait pas autant si le Sénat n’avait pas tout mis en œuvre pour décrédibiliser ses années de règne. Aveuglés par leur haine de la Sith, ces politiciens véreux n’avaient eu de cesse de réécrire la réalité des faits, présentant une vérité tronquée au peuple afin de le rallier à sa cause.
Oubliées étaient les conséquences de la Guerre des Clones, durant laquelle la République avait presque intégralement rasé ce monde qu’il avait ensuite reconstruit jusqu’à en faire un pôle industriel majeur. Rien sur la façon dont Odion avait su protéger les Géonosiens de l’esclavage impérial et amélioré la condition des basses classes même après les révoltes. Et bien entendu, niet sur son initiative de remettre les plans de l’Etoile Noire à l’Alliance et sa participation à la fondation de la République, amenant l’actuelle position de Lebref comme ministre de la défense. Aujourd’hui il était dépeint comme l’ennemi auprès de son propre peuple, un usurpateur qui avait menti et abusé de leur confiance pour… Vraisemblablement pour rendre tout objectivement bien meilleur qu’avant. Sa vilénie ne connaissait pas de limites.

Que les Géonosiens, profondément attachés à leur monarchie, aient pu avalés de telles sornettes et le renier le dépassait complètement. C’était tout simplement dément. Pourtant c’était bel et bien le cas. Ou tout du moins c’était ce que la République aimait répéter. Un détail qui mettait quelque peu le doute sur la véracité des faits aux yeux d’Odion. Après tout, le Sénat adorait clamer haut et fort qu’il faisait l’unanimité en tout. La réalité quant à sa popularité au travers de la galaxie était souvent bien différente des salades vomies par leur propagande. Hélas, Adrix n’avait aucun moyen d’évaluer l’ampleur du phénomène.

Mais il en était un dont il était sûr de la loyauté. Un Géonosien lui était resté fidèle envers et contre tout. Tirsof, le chef des armées, avait su reconnaître le sauveur de son espèce au travers des mensonges du Sénat. L’influence de cet individu au sein de la société des insectoïdes n’était pas à prendre à la légère. Par le passé, il avait déjà réaffirmé sa loyauté et attendait depuis lors le retour de son souverain légitime. Son rôle serait crucial pour les plans de l’Egorgeur. Géonosis avait trop longtemps été privée de son Roi. Malheureusement, le lascar n'était pas disponible. Il semblerait que le délais prolongé entre les deux retours ait émoussé sa loyauté. Restait donc le second choix, à savoir le maître des arènes Hizum. La prise de contact avec le militaire devrait se fiare dans un second temps.

Bien entendu, l’entreprise serait périlleuse. Un vulgaire coup d’état, même avec le soutien des militaires, aurait tôt fait de subir les représailles de Coruscant. Darth Odion avait déjà eu assez de Jedis à sa porte pour espérer ne pas revoir leur sale frimousse à son palier de son sitôt. Son retour devait se faire dans l’ombre, insidieusement reprendre les ficelles du pouvoir au nez et à la barbe des républicains. La vengeance viendrait, oh oui elle viendrait avec fracas, mais elle devrait attendre.
Dans un premier temps, Odion avait besoin de renseignements. Son exil avait été long et malgré la stagnation de la planète, les choses avaient pu évoluer quant aux mœurs de ses sujets. Peut-être que le désintérêt flagrant de la République pour leur monde avait ouvert les yeux de certains. Si certains étaient séduits par la tranquillité, d’autres étaient indubitablement frustrés de voir leur progression, jadis fulgurante, s’être stoppée nette. Les insatisfaits, les loyalistes, les traîtres… Adrix devait en apprendre sur chacun de ces camps avant de jouer ses cartes.

C’était dans ce but qu’il avait donné rendez-vous à Hizum dans le plus grand secret, usant d’un canal sécurisé établi entre l’ancien monarque et son plus grand général. Même si ses autorisations passées avaient depuis longtemps été révoquées, Odion n’avait rien perdu de ses précédents contacts. Il avait caressé l’idée d’utiliser un droïde pour la rencontre mais préféra finalement se présenter en personne, en signe de confiance envers son principal agent du moment. Il se présenta donc à l’endroit choisi, une infrastructure secrète cachée sous les arènes, contenant notamment son accès privilégié à son précieux dragon Krayt. Le Cyborg dominait de toute sa carrure en comparaison du chétif Géonosien, venu ici seul.

-Cela fait fort longtemps, Hizum. C’est une fois encore, un plaisir de vous revoir et de constater votre loyauté. Il existe au moins un endroit sur cette planète qui n'a pas perdu de sa splendeur en mon absence. Il semblerait que mon exil prolongé ait écarté mon souvenir de mes autres fidèles. J'aurais besoin de vos services pour rappeler à ceux qui se sont écartés du droit chemin leur véritable allégeance.

[Du coup oui j’aurais besoin d’un MJ pour un bilan de la situation sur Géonosis et si je peux potentiellement y retrouver des soutiens]
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By Amertume
#32412
S'il avait eu un nom, le Maître des arènes l'avait abandonné depuis bien longtemps. Le Géonosien était vieux, il avait 53 ans, ce qui le classait selon les repères sociaux locaux en fin de sa vie, un vénérable vieillard de la Ruche. Il était aussi inhabituellement grand pour son espèce, mesurant 1,90m et s'il était maigre comme un clou, un œil exercé pouvait facilement deviner les lignes sur son corps d'insecte qui trahissaient la présence autrefois d'une musculature plutôt épaisse.

Le Maître avait été un formidable gladiateur dans sa jeunesse, s'étant engagé dès ses 6 ans - âge de début de jeune adulte sur Geonosis - dans l'arène et remportant combat après combat, se couvrant de gloire et de richesses. Il l'avait fait au début parce qu'il était issu de la caste des ouvriers et n'avait donc aucun autre moyen de s'élever dans la société, dénué qu'il était à sa naissance de la paire d'ailes qui l'aurait assuré d'un meilleur avenir.

Mais au fil des années, sa soif de combattre n'avait fait qu'augmenter, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus envisager de vivre ailleurs qu'ici, dans la glorieuse Arène Petranaki, à sentir la caresse de la chaleur du soleil, ses armes levées en beuglant sa rage de vaincre à la face du Roi et des spectateurs venus se régaler du spectacle. Finalement, il avait fini par obtenir la plus haute distinction à laquelle un Géonosien dans sa situation eut pu rêver : il était devenu Maître des arènes.

Son rôle était de s'assurer que pour chaque jeu, chaque combat et chaque exécution, tout se passe bien. Il était le seigneur suprême des gladiateurs et il avait droit de vie et de mort sur eux et les bêtes. Il savait parfaitement ce qu'il fallait comme animaux des jeux, comment les exciter suffisamment pour qu'ils offrent du spectacle, comment les tenir en vie et féroces, qui contacter pour se fournir, qui envoyer mourir dans l'arène. A bien des égards, il était un Roi parmi les insectes.

Jamais il ne s'était soucié de politique, l'idée même n'avait aucun sens à ses yeux car seule comptait la tâche qui était la sienne. Pour autant, sa loyauté envers Adrix était sincère et totale car elle ne s'appuyait pas sur de sombres desseins mais sur quelque chose qu'il avait toujours admiré chez l’Égorgeur. Le Roi, durant son règne, avait toujours abondamment fourni en matières premières les arènes de combat et avait même en plusieurs occasions daigné discuter avec le Maître de son travail, écoutant autant qu'il suggérait, respectant l'avis de l'ancien gladiateur.

Et pour cela il méritait bien plus que n'importe qui. Le Roi avait été la Ruche tout autant qu'il avait été un généreux mécène et c'était tout ce qui importait au Géonosien. Aussi, lorsque par contacts interposés il avait souhaité le rencontrer, un rendez-vous avait été convenu sous le sol de l'arène, un lieu connu de quelques rares élus dont tous étaient loyaux au Maître.

Lorsque Adrix arriva finalement de sa démarche caractéristique, engoncé dans son armure de métal qui ne parvenait pas à cacher l'appartenance insectoïde du Sith, les yeux rouges brillant d'une lueur malsaine, le Maître - Hizum, un nom qu'il avait oublié - ploya-t-il le genou avec respect et soumission. Il semblait bien faible face à la carrure de l'ex-monarque mais cela ne l'arrêta pas. Peur et adoration formaient un puissant mélange après tout. Il se mit à parler dans la langue sifflante et étrange de son peuple.

Votre Altesse, cela fait trop longtemps que la Ruche vit sans son Roi légitime. Depuis votre départ, les choses n'ont pas bougé d'un iota. Et votre successeur n'a pas l'ombre de votre grande clairvoyance quant aux jeux j'en ai bien peur. Je crains cependant de ne pas pouvoir vous être d'une grande aide car je n'ai aucun moyen de savoir quels alliés il vous reste ici ni s'ils vous sont toujours loyaux. Vous savez bien que ma vie n'a jamais été dédiée à autre chose qu'à la Ruche et l'arène...

C'était le problème avec le fait de n'avoir pour seul allié que ce bon mais peu influent Hizum. Mais peut-être y avait-il moyen de l'utiliser d'une manière qui ferait avancer la cause. Il suffisait de la trouver. Après tout, on sous-estime trop les moyens dont disposent les basses gens et leur influence.

Je suis à vos ordres Votre Altesse. Ordonnez et je combattrai pour vous, je verserai le sang de mon corps sur le sable en signe de loyauté et je ne m'arrêterai de vous servir qu'une fois mort.
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By Adrix
#32719
Quelle étrange vue que celui du monarque et de son loyal serviteur. Le tableau du duo était presque parodique tant leur apparence reflétait la dynamique d'autorité entre un overlord maléfique et son fidèle minion. L'un était un titan de métal et d'acier, dominant la conversation de toute sa hauteur et de sa puissance, l'autre un être rachitique aux yeux cruels à la stature comparativement fragile. Dans un autre contexte, Adrix pourrait être en train de réclamer un Anneau magique à son Gollum insectoïde sans que personne ne soit choqué par la scène.
Durant ses deux décénnies de règne, Darth Odion avait interagit avec un nombre incalculable de ses sujets, mais fort peu s'étaient distingués dans son esprit. La nature même de la ruche rendait rare l'expression d'individualité notable. Hizum faisait partie des rares chanceux à s'être fait une place dans la mémoire de son souverain. Il faut dire qu'il y avait chez ce Géonosien beaucoup qui puisse plaire à son roi. Guerrier valeureux, pourchassant le frisson du combat et de la victorie pour leurs seuls mérites, son coeur était animé de cette pureté combattante qu'affectionnait l'Egorgeur. De toutes les âmes grouillantes sur ce caillou désertique, Hizum était peut être celle qui se rapprochait le plus de celle du Sith. Qu'ils partagent une passion pour la violence et les bêtes féroces faisait de leur collaboration une des plus fructueuses que l’arène n’ait jamais connu depuis sa fondation. En un mot comme en cent, Adrix l'aimait bien celui-là, ce qui était assez exceptionnel pour être souligné. S'il n'avait pas d'autres plans pour lui, il se serait presque surpris à l'introduire aux arts de la Force... Il avait une constitution solide pour son espèce et poserait sans doute moins de problèmes que l'autre morveuse ou Tulak. Un jour peut-être. A moins qu'il n'utilise son ADN comme template de référence pour quelqu'étranges projets alchimiques. C'était plus de considération qu'Odion n'en accorderait à la quasi totalité des êtres vivants de cette galaxie. D'un autre côté, c'était aussi la seule personne sur qui il pouvait relativement compter, voir esquisser un début de respect.

- Ta loyauté te fait honneur et sera récompensée en conséquence. Il se peut qu'un jour le tribut du sang te soit demandé, mais aujourd'hui c'est une mission toute autre que j'ai pour toi.

Pour espérer reprendre le pouvoir, Adrix avait besoin de soutiens, d'alliés. Mais cela ne serait possible que si l'annonce de son retour parvenait à l'oreille de ces soutiens sans alerter la république. Contacter directement les concernés était trop risqué sans informations solides sur leur allégeance. En d'autres termes, il devait se montrer plus subtile...

- Ne sous estime pas ta valeur, Hizum. Tu ne possèdes peut être pas l'influence politique de certains, mais tu disposes d'un atout unique, infiniment plus précieux que leurs simples droits de naissance. Les regards et les coeurs de tous les géonosiens vibrent au rythme de ton arène. Il n'existe pas de scène plus avidement suivie par les nôtres que ce sable gorgé de sang. En un sens, nul géonosien n'a plus d'influence que toi sur les mœurs de ses compatriotes.

Du pain et des jeux. La société géonosienne se reposait sur ces deux piliers fondamentaux, en plus de leurs tendances génétiques, pour asseoir l'autorité de sa caste supérieure. Tant que le peuple était repu et défoulé par la violence, il pouvait se satisfaire de son sort médiocre. Un esclave distrait et au ventre plein ne songeait pas à la révolte après tout. Une dynamique simple mais dont l'efficacité s'était répétée à travers bien des époques et bien des espèces. La loyauté d'Hizum donnait à Adrix un accès particulier à un de ces deux piliers. Malheureusement, même le maître des arènes ne disposait que d'une marge de manœuvre limitée quant à l'exécution de sa fonction. L'Egorgeur réfléchit quelques minutes, songeant avec mélancolie aux spectacles dont il avait lui même été témoin pour servir de références. Il s'était même rendu dans l'arène même pour illustrer sa force auprès de ses sujets. Good times. Si le destin était clément, il y a bien des individus qu'il se ferait un plaisir de jeter en pâture à aux feux de la scène.

- Tu feras pour moi ce que tu fais de mieux. Organise des jeux. Je les veux grandioses, retentissants ! En cela j'ai confiance, tu n'as pas ton pareil pour les mises en scène sanglantes. Tu seras libre pour les détails, mais ton roi demande deux choses. La première, tu rappelleras à ces traitres la planète en ruine et le génocide jadis organisé par l'ancienne république. Ce monde réduit en cendres, reconstruit que j'ai reconstruit de mes mains. N'en fais pas un vulgaire message de propagande, que cela soit présenté comme un simple rappel historique, léger, sous-entendu, une information noyée parmi d'autres alors que tu narres toute l'histoire de notre glorieuse civilisation au travers de ta mise en scène. Une reconstitution de batailles passées devrait faire l'affaire. Rappelons aux bons souvenirs des nôtres les crimes que la République n'a eut de cesse de faire oublier.

Les reconstitutions historiques n'étaient pas rares à l'arène, généralement on usait de gladiateurs pour rejouer des batailles marquantes. Insérer l'assaut des jedis et des clones parmi une suite de batailles majeures ne devrait pas sembler hors de propos ou attirer la suspicion des masses. Après tout, peu de moments avaient autant marqués Géonosis que cette invasion ayant laissé 75% du désert à l'état de ruines fumantes et sa population décimée. Réveiller un brin les rancunes endormies devrait aider à amoindrir l'impact dde la constante propagande de Coruscant.

- Si cette première requête ne peut être accomplie sans nuire à l'intégrité des jeux ou attirer la suspicion, je t'autorise à l'ignorer. Je m'en remets à ton expertise, Maître des arènes. Cependant, cette seconde demande est plus importante.

Une aura malsaine s'échappa de l'Egorgeur tandis qu'il tournait le regard vers la porte qui menait à l'enclos de sa glorieuse créature. Il s'en approcha pour l'observer à travers les barreaux. Le gigantesque dragon krayt supérieur était sa plus précieuse donation à cette arène, un monstre fabuleux atteignant la centaine de mètres. Peu pouvaient s'en approcher sans subir une mort immédiate. Odion était parvenu à la soumettre en usant de la Force et de ses capacités, au prix de longs mois d'entraînement et un respect mutuel. En effet, contrairement à ses cousins plus primitifs, cette sous espèce plus grande était dotée d'une intelligence supérieure, approchant la conscience, même si très violents. Cependant même l'Egorgeur n'oserait provoquer sa colère impunément. Ses apparitions dans l'arène étaient rares, ne serait-ce qu'en raison des difficultés de la faire retourner dans sa cage une fois lâchée, surtout sans l'aide du roi Sith et du lien les unissant. Depuis le départ du cyborg du trône, ses sorties étaient sporadiques au mieux. En un sens, ce titan de muscles et de crocs était le symbole du règne de Darth Odion dans cette arène. Et pour cette raison, il serait une pièce maîtresse.

- Tu rassembleras tous les condamnés à l'arène dont le crime à un rapport avec la trahison. Peu m'importe la nature. Traître à la nation, infidélité, contrat rompus... Tu jeteras tous ceux qui ont pêchés par manque de loyauté dans l'arène. Puis, avec toute la révérence qui lui est dû, tu libéreras sur eux la toute-puissance du dragon krayt. Donne-leur des armes s'il le faut, qu'il puisse se débattre en vain. Je veux que leur trépas soit d'une violence à nulle autre pareille. Je veux que chacun de leurs derniers instants soient noyés dans le plus profond des désespoirs. Que tous ceux n'ayant pas la conscience tranquille ne puissent s'empêcher de ressentir, dans le tréfonds de leurs âmes, un frisson d'effroi. Que le retour de leur roi plane comme une guillotine au-dessus de leur conscience !

Par ce biais, Adrix désirait deux choses. Faire passer à ceux prêts à le rejoindre le message de son retour. Et le second, mettre en garde quant aux sinistres conséquences qu'une trahison à son encontre. Au travers de son avatar, le dragon, il dévorerait tous les coupables sans aucune forme de pitié. Le message était suffisamment indirect pour que seuls l'entendent ceux à même de le comprendre. Le peuple n'y verrait qu'un carnage comme tant d'autres. Les plus intelligents ressentiraient dans leur chair le retour de leur souverain en exil. Et si par malheur l'un d'entre eux se mettait en tête d'avertir la république du danger, il n'aurait dans sa manche que bien fragiles "preuves"... Et la certitude que son châtiment serait à la hauteur de sa déloyauté. Les nobles risqueraient-ils leur vie par simple loyauté envers le Sénat ? Il n'en était pas sûr... Mais il était prêt à tuer ceux assez stupides pour caresser l'idée.
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By Amertume
#32921
Le vieux Géonosien écouta attentivement les ordres de l'Egorgeur, hochant rapidement la tête de temps en temps pour signifier sa compréhension et son assentiment. La politique lui passait bien au-dessus, mais Adrix n'était pas là pour la politique. Il était là pour reprendre son dû, un Roi n'est rien sans son trône et un trône n'est rien sans son véritable Roi. Cela était la seule vérité qui importait aux yeux du Maître des arènes. Il se mit à genoux devant l'imposant Sith et marmonna dans sa langue reptilienne.

Ce sera fait Votre Majesté, ce sera fait.

Le Maître inclina la tête devant son monarque avant de disparaître dans les profondeurs de l'arène, non sans un dernier regard vers l'impressionnant dragon de Krayt, un sourire mauvais sur son visage d'insecte. Oui, les prochains jeux allaient être tout à fait exquis. Le Roi retrouvait sa Ruche. Lui, l'engrenage minuscule dans la machine géonosienne, allait être ce qui la ferait s'arrêter pour contempler le retour de son unique seigneur et la ferait repartir à l'unisson de celui-ci. Il ne pouvait en être autrement, c'était dans l'ordre des choses.

3 semaines plus tard


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Le soleil brûlant de Géonosis était un vrai calvaire pour les étrangers mais les natifs et autres autochtones étaient si habitués à sa chaleur et ses caresses depuis des millénaires qu'ils n'y faisaient même plus attention. Aucun nuage ne venait couvrir le disque d'un jaune malfaisant qui projetait ses rayons sur l'imposante structure tristement célèbre depuis la bataille de Géonosis : l'Arène Petranaki, ou le sang était versé, celui des gladiateurs, des bêtes et des opposants politiques aux dirigeants de la planète. Des milliers de Géonosiens de toutes castes grouillaient dans ses gradins, avides de profiter du spectacle, avides de massacre, impatients que commence la cérémonie.

Le programme de la journée avait été décidé par le Maître des arènes, conjointement avec le ministre du Roi Gizor Lebref II, remplaçant d'Adrix depuis son éviction. Le thème principal de la journée reposerait sur la glorification de l'histoire géonosienne, des anciens duels de sang des souverains du passé ayant lieu sur le sable ou se dressait désormais l'arène, aux conquêtes multiples de la Ruche sur Géonosis et alentour en passant par sa montée en puissance au sein de la CSI jusqu'à sa libération par la Nouvelle République. Que tous se rappellent la noblesse et l'orgueil des Géonosiens !

Comme il devait en être, le programme débuta par la reconstitution des duels de souverains qui, des millénaires auparavant, s'affrontaient pour prouver leur droit à diriger leurs semblables car que respecter de mieux que la force brute ? Cette entrée en matière fut un événement en soi car si la plupart des rôles furent tenus par des gladiateurs chevronnés, le rôle principal du souverain d'alors qui régna le plus longtemps fut assuré par nul autre que le Maître en personne et nul ne réussit à le vaincre durant les heures que durèrent les duels. Lorsque la première journée des festivités s'acheva, la foule rugissait de plaisir et de joie, applaudissant celui qui s'était élevé en partant de rien et qui prouvait malgré son âge avancé qu'il était le Maître.

La deuxième journée eut pour thème les grandes conquêtes et guerres qui eurent lieu. On simula les conflits en amenant des Nexus qui symbolisaient la fureur bestiale pure tandis que les gladiateurs représentaient les tribus géonosiennes. Et le sang, toujours, coula dans le sable. La troisième journée fut dédiée à l'ascension de Géonosis comme membre fondateur et essentiel de la Confédération des Systèmes Indépendants qui avait lutté contre la République. La propagande républicaine d'Organa avait effacé le ressentiment et le rejet de sa Nouvelle République par les Géonosiens, aussi ne commémorait-on pas sa vaillante lutte contre l'ennemi mais sa domination incontestée au sein du mouvement insurgé et ses valeurs comme l'honneur au combat et le courage face à la mort.

Enfin, après une semaine consacrée à ces 3 grandes périodes historiques, il fut temps de rappeler à tous que Géonosis s'était relevée de ses cendres et était aujourd'hui plus puissante que jamais. C'était là que comptait agir le Maître des arènes selon les ordres de son monarque. Les combats qui furent reconstitués montrèrent Géonosis d'abord ravagée par la République et l'Empire puis apparut alors en scène un gladiateur portant l'armure de celui qui était aujourd'hui Ministre de la Défense de la Nouvelle République : Gizor Lebref. Nulle mention ne fut jamais faite de celui que la propagande s'était efforcée de faire disparaître de l'histoire de la planète, pas un mot.

Puis on rassembla 42 Géonosiens dont les crimes allaient de la haute trahison envers le souverain à la diffamation mensongère de ses ministres en passant par l'injure dessinée sur un mur à l'attention de la République. Chacun fut armé de manière inhabituellement outrageuse avec de lourdes protections et des armes de tir et de corps à corps strictement interdites dans les territoires républicains tant elles étaient dangereuses. Enfin, on leur signifia que s'ils survivaient, ils obtiendraient le pardon de la Ruche. Les condamnés semblèrent reprendre espoir et courage en entendant la nouvelle et se joignirent aux vociférations de la foule, désormais impatients que débute le carnage.

Alors, des profondeurs de l'arène retentit un grondement à nul autre pareille. La rage et la fureur la plus bestiales et primales qui soient étaient contenues dans ce cri qui diffusa peur et exaltation dans les oreilles de tous. Il s'agissait de la frustration née de l'ennui et de l'indolence forcée dans lesquelles on l'avait plongé qui animaient la créature responsable de ce cri. La grille principale de l'arène s'ouvrit à une vitesse presque indécente et, lentement, en sortit le monstre le plus légendaire et féroce qui ait jamais foulé le sable de cette arène.

Le Grand Dragon Krayt surgit presque avec dépit, offrant son corps d'une incroyable longueur à la vue de tous. Son visage animal ne respirait qu'une faim insensée et ses yeux, la folie née de la solitude. Les hurlements de la foule se turent les uns après les autres, jusqu'à ce qu'un silence total ne règne dans l'arène. La voix puissante du Maître des arènes se fit alors entendre, diffusée aisément par les micros et systèmes comm' astucieusement répartis dans toute la structure.

Contemplez le Jugement que Géonosis apporte à ceux qui la trahissent ! Que sa Justice s'abatte sur les traîtres, les lâches , les renégats et les faibles ! Que ne soit jamais oublié le devoir qui lie chacun de nous à son Roi !

Et le carnage débuta alors lorsque, poussant un cri curieusement triomphant, la bête se jeta sur les malheureux condamnés qui allaient constituer son repas. Hurlements de terreur et de douleur se mêlèrent aux rugissements de joie de la foule, les morts se rejoignirent dans le trépas car devant la mort, tous étaient égaux et nul n'était au-dessus des autres. La leçon ne serait jamais plus oubliée après un tel spectacle. Et le sang, comme toujours, coula sur le sable, l'abreuvant et le gorgeant depuis une éternité.

Quant à savoir si le petit spectacle avait fait son numéro, qui pouvait le dire ? La silhouette solitaire, cachée parmi les ombres d'une des innombrables voies pour entrer dans les profondeurs de l'arène, seule savait si son ordre aurait de l'importance dans ses plans. Mais déjà une impression lui parvenait à l'intérieur de son cerveau cybernétique, un murmure lui soufflant l'avenir prometteur qui s'offrait à elle.

Tirsof est la clé. Trouve-le et ton trône te reviendra.
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By Adrix
#33189
3 semaines. C'était le temps que dû attendre le cyborg pour contempler de ses yeux rubis le glorieux bain de sang qu'il avait orchestré. Un délai bien négligeable pour celui qui avait passé près d'une décennie à méditer dans les profondeurs de Korriban. Cependant, Odion devait admettre être animé d'une certaine impatience. Reprendre le contrôle de ce monde pourrait lui prendre des années et il avait besoin de parvenir à ses fins avant de pouvoir lancer ses projets plus... ambitieux. Chaque semaine perdue nourrissait sa frustration et sa colère envers ceux qui l'avaient dépouillé du sol qui était le sien. Partout où il se rendait, ses yeux se posaient sur les traces répugnantes laissées par la Nouvelle République. Sans être particulièrement friand du feu des projecteurs, se faire ainsi effacer de l'Histoire comme une verrue honteuse parvenait à l'énerver. Les souffrances qu'il infligerait à Organa et sa troupe en rétribution de cette humiliation seraient sans fin. Il leur prendrait tout, broierait pièce par pièce tout ce qui leur était cher avant de leur offrir une éternité d'agonie.
Plus pour s'occuper l'esprit qu'autre chose, Odion avait décidé de prendre de l'avance sur ses recherches futures. Il avait commencé à rassembler dans ses banques de données un maximum d'information sur les espèces peuplant cette galaxie. Sa révolution serait celle de la chair, il avait besoin de toutes les connaissances biologiques possibles. Les vastes étendues infinies seraient pour lui et sa magie sombre un formidable terrain de jeu. Les spécimens prometteurs étaient plus nombreux que les étoiles décorant la voute céleste. Il avait hâte de laisser place à sa créativité destructrice. Bientôt... très bientôt, tous apprendraient le prix de son courroux.

L'attente du cyborg fut récompensée par un spectacle ma foi des plus réjouissants. Observant le déroulement des festivités depuis la tranquillité sombre d'une des nombreuses alcôves, la silhouette encapuchonnée de Darth Odion toisait de ses yeux cruels son peuple rassemblé. A sa propre surprise, il ne ressentait guère de rancune envers les masses ignorantes qui l'avaient abandonné. Leur bêtise et leur loyauté aveugle envers l'autorité faisaient partie de leurs atouts. Ils avaient simplement de se souvenir qui était leur véritable monarque. Ses doigts griffus couraient le long de ses membres métalliques, mûs par l'anticipation. Ce jour devait être parfait. Il avait fait pleinement confiance à son maître des arènes et ne doutait en rien de la justesse de ce choix. S'il y avait un être capable d'accomplir fidèlement sa vision, c'était bien cet insecte-là. Mais cette confiance ne faisait qu'accentuer son anticipation. Ce jour était le premier pas vers sa renaissance, l'étincelle de son renouveau ! Odion ne pouvait pas se permettre d'en louper une miette. Quiconque aurait l'audace de l'interrompre serait exécuté sur le champ sans hésitation.

La violence primaire qui exultait du sable gorgé de sang de l'arène était un des rares hobbies qu'Adrix pouvait apprécier. Il préférait certes prendre lui-même part au carnage, mais voir des pauvres âmes se débattre pour leur survie en déployant jusqu'à la dernière once de leur force lui apportait une joie sadique. Plus que la simple mise à mort, c'était le bref éclat des gladiateurs qui ravissait son cœur corrompu. Pendant l'espace d'un court instant, ces misérables insectes s'embrasaient comme jamais. Les flammes de la vie et de la mort offraient à ces créatures insignifiante un éphémère instant de pure beauté et c'est paré du manteau du désespoir qu'ils atteignant des hauteurs insoupçonnées... Avant de mourir de façon atroce. Une bougie fantastique ne se consumant que trop vite. Seul restait debout le plus fort d'entre eux, décoré de gloire et de sang. N'était-ce pas là une preuve même des idées du Sith ? L'illustration parfaite du dogme que le vivant ne déploie tout son potentiel que face aux plus grands dangers ? Ce colisée animé par les cris de la foule était un microcosme de ce qu'Odion comptait réaliser à l'échelle galactique. Il jetterait des mondes entiers dans une jare et les pousserait à s'entretuer jusqu'à ce qu'en surgisse une forme de vie supérieure et un gouvernement plus fort. Puis lorsque le passage des décennies insufflerait les premiers signes de torpeur et de stagnation, il recommencerait. Les morts innombrables n'étaient qu'un prix négligeable.

Batailles, combats sanglants, la programmation s'avéra à son goût, malgré les relans de propagande venant gâter le goût de cette viande crue. La mise en scène était travaillée avec le plus grand soin quand bien même son nom était savamment délaissé de l'histoire au profit de celui du traître Lebref. Mais même la vue d'une imitation de cette vermine ne pouvait contrebalancer l'enthousiasme de ce qui suivi. Le cœur d'Odion s'embrasa à la vue de sa glorieuse créature pénétrant dans l'arène. La majesté de ce titan de muscles, les exclamations de la foule, le désespoir palpable de ses futures victimes, il n'y avait rien dans cette scène qui ne lui inspirait pas la plus grande satisfaction. Ce Dragon Krayt était une incarnation physique de la puissance sauvage, une force primale que même le cyborg n'était pas certain de contenir lorsqu'au sommet de sa colère. Ce monstre était une catastrophe naturelle autant qu'un être de chair et de sang, la Mort dissimulée sous une épaisse armure d'écailles, animée par une intelligence brutale. Qu'il ait pu s'associer avec un tel béhémot faisait la fierté d'Odion. Il attendait avec impatience le jour où il pourrait saupoudrer ce met superbe de quelques épices propres à la Sith pour en amplifier encore l'explosive saveur.
Les Géonosiens n'eurent aucune chance face à ce titan. Ils n'en avaient jamais eut la moindre. Comme un torrent de griffes et de crocs, la bête mythique réduit en charpie tous ceux assez malchanceux pour se trouver sur son chemin. L'explosion de violence fut aussi brève qu'intense, dominée par les hurlements de la foule et les rugissements du Dragon faisant trembler les murs. Une fièvre mortelle s'empara des gradins, les insectoïdes se laissant bien vite emporter par leur soif de sang. Mais aussi fabuleux que soit ce banquet pour lézard géant, le cyborg en détourna le regard pour fixer les estrades où étaient installés les nobles de Géonosis. Avaient-ils compris le message qui leur été envoyé au travers de cette mise en scène ? Il était trop loin pour le dire, chacun de ces bourgeois pédants étant passé maître dans l'art de dissimuler ses faiblesses. Mais le Seigneur Sith était persuadé qu'au moins une partie d'entre eux pouvaient presque sentir les énormes mâchoires se refermer sur eux comme elles les faisaient pour ces pauvres bougres. Qu'il aurait aimé être là pour se délecter de la terreur qui courait le long de l'échine de ces couards. Ceux qui étaient trop aveugles pour comprendre la menace silencieuse ne représentaient pas un obstacle sérieux de toute façon. Un triomphe ? Peut-être. Il était encore trop tôt pour juger de l'efficacité de ce tour de passe passe.

Pourtant, dans les tréfonds de son esprit, Odion reçu un message. Une intuition peut être, ou alors un murmure de la Force. Les mots flamboyaient en lui avec conviction : Retrouver Tirsof. La clé de son triomphe se trouvait dans le chef des armées, cela n'avait pas changé. Et maintenant qu'il avait annoncé son retour ainsi, il était temps pour le souverain de reprendre contact avec son général.

====


"Trouver" Tirsof n'était pas vraiment une tâche complexe. Le Géonosien était un dignitaire important et ses bureaux bien connus. Évidemment il disposait d'installations secrètes et de mystérieux moyens de se mouvoir loin de la vue du public mais Odion les connaissait tous. Privilège royal. La stagnation prononcée de Géonosis lui laissait penser que les pratiques des services secrets n'avaient pas du évoluer beaucoup en une décennie, plus encore considérant que Tirsof n'était pas de ceux qui cherchaient à se soustraire à son Roi. Mais ce statut de personnage public était une difficulté en soi.
Odion n'avait aucun moyen de savoir combien d'yeux suivaient les faits et gestes du militaire avec attention. Aussi incompétente soit-elle, la Nouvelle République pouvait avoir placer des agents pour le surveiller. Peut-être se doutaient-ils que parmi les insectoïdes, certains seraient restés loyaux à leur souverain malgré les accusations. Lui rendre simplement visite serait stupide et Odion n'était pas un Jedi.

*Qui plus est, quel genre de Roi devrait se déplacer pour obtenir audience avec son vassal ?*

Le cyborg ne devait pas aller à la rencontre de son général, non. C'était le contraire. Il devait convier son sujet à répondre à son appel, car tel était le serment de loyauté qui les liait. Tout ce que le monarque avait à faire c'était faire passer son ordre sans attirer l'attention des espions. Le géonosien saurait se débrouiller par ses propres moyens pour se soustraire à de potentiels observateurs.
Il était impensable de laisser une missive si importante entre les mains d'autrui. Fort heureusement pour lui, Odion avait les moyens de façonner des messagers dignes de confiance. S'aventurant dans les tunnels tortueux de la ruche-capitale, le Seigneur de Korriban arpentait le dédale souterrain comme un prédateur en quête d'une proie. Malgré sa grande stature, il se faufilait comme une ombre, se volatilisant au hasard des recoins sombres. Ce labyrinthe lui était familier, il en connaissait toutes les raccourcis, toutes les astuces pour se soustraire aux regards d'une masse d'insectes bien trop occupés pour s'attarder sur sa présence. Il ne lui fallut qu'une poignée d'heure pour repérer le gibier qu'il convoitait, non loin des installations du gouvernement. Un droid. Peut-être en raison de leur héritage de la fédération, les Géonosiens affectionnaient toujours l'efficacité silencieuse des travailleurs mécaniques. Il n'était pas rare d'en croiser à des postes de surveillance, de messager ou simplement comme accompagnants du personnel important. Personne ne lèverait le museau en en voyant passer un... Tout ce qu'Odion avait à faire c'est d'en utiliser comme coursier pour sa missive.
Hélas, personne n'était assez naïf pour laisser ces esclaves reprogrammables sans surveillance. Ils ne quittaient jamais l'enceinte du bâtiment, ou du moins pas sans une certaine forme de protection. En épier un à la sortie dans l'espoir de le capturer pour le pirater était, au mieux, un rêve naïf... Pour ceux dont les limites se bornaient aux simples outils des mortels.

Dissimulé non loin, Odion tendit une main griffue en direction d'un droïde de protocole qu'il apercevait dans le bâtiment. A la manière d'un serpent invisible bondissant sur sa proie, son esprit s'étendit en un instant en direction de la boîte de conserve dont les yeux lumineux flashèrent un bref instant d'une lueur écarlate.

-Entends ma volonté, droid. Tu sers désormais un nouveau maître. Tu porteras ce message avant d'effacer cet échange de ta mémoire.

Le libre arbitre d'une machine n'était guère plus qu'un jouet entre les mains du Mechu Deru. Même les meilleures protections n'étaient guère plus que des fétus de paille qu'Odion balayait à loisir. Il pouvait tordre le programme de ses mains, le mutiler et le modifier pour servir ses desseins. Quelques questions morales auraient pu être soulevées quant à cette atteinte à l'intégrité de l'individu mécanique... Hélas le Seigneur Sith n'en avait très clairement rien à cirer.
Réduit à l’état de vulgaire pantin sous l’influence du cyborg, le droide de protocole arpenta les couloirs d’un pas assuré en direction du bureau de Tirsof. Il y avait un code et des gardes. Aucun problème. C’était presque trop facile. La porte s’ouvrit sans accroc, invitant le diable même sans que personne ne le soupçonne. Le puissant géonosien se trouvait là, attablé à ses documents, Odion pouvait le voir au travers des yeux de son esclave mental, si proche et si loin à la fois. Il leva un œil las vers son nouveau visiteur de métal, s’attendant sans doute à recevoir un rapport d’activité des plus banals.

:c3pohd: -Seigneur Tirsof, j’ai pour vous un message de haute sécurité.

Haute sécurité ? Voilà qui était déjà plus digne de son attention. Le sas de sécurité se referma dans un glissement feutré. Le message était crypté, comme l’était tout échange entre le roi et son général en chef. Mais une fois traduit…

« Seigneur Tirsof, l’heure est enfin venue après une longue décennie. Une fois encore, votre Roi fait appel à vos serments de loyauté. Mais avant toute chose, une explication s’impose. Traqué sans relâche par les Jedis, c’est avec chagrin que je du prolonger mon exil à la suite suite de notre dernière rencontre. Par précaution pour nos plans, j’ai à regret coupé le contact et m’excuse aujourd’hui d’avoir laissé dans l’ombre un bras droit si loyal. Mais les choses ont changé désormais et je souffre de voir notre Géonosis ainsi négligée. Si vous avez encore à cœur de mener les nôtres vers des lendemains meilleurs, je vous demande une fois encore de prendre les armes à mes côtés. Retrouvez-moi aux coordonnées ci-jointes aux premières heures du jour. Notre monde n’a que trop attendu, et nous avons fort à discuter. »
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By Amertume
#33383
On pouvait dire ce qu'on voulait de Tirsof, ça n'était pas le premier péquin venu. Général des armées géonosiennes (ça ne voulait guère plus dire grand-chose aujourd'hui cela dit), le vieux Géonosien n'en était pas arrivé là en étant tendre ni en ne faisant pas attention aux détails. Lorsque Lebref avait trahi Adrix en échange d'un poste au gouvernement républicain et pour s'assurer que sa patrie n'appartiendrait de nouveau qu'aux Géonosiens, Tirsof n'avait rien dit ni fait, il avait simplement observé et attendu.

Non que l'envie d'agir ne lui eut manqué. Fervent militariste tout autant que politicien habile, il savait quand lancer l'assaut et quand encaisser en silence. Il avait vu le Roi s'enfuir, mis en déroute par ces maudits Jedi étrangers, puis la propagande républicaine envoyer au bûcher tout les actes de leur souverain légitime pour les remplacer par leurs mensonges nauséabonds. Cela l'avait passablement fait enrager mais il s'était tu. Car dévoiler son jeu trop tôt c'était être sûr que le dernier soutien puissant du Roi disparaissait.

Ainsi avait-il gardé pour lui son avis, caché parmi la masse de lèche-bottes imbéciles et de pique-assiettes voleurs de miettes que formaient ses congénères soumis à la prétendue Nouvelle République. Qu'Adrix ait bien été un Seigneur Sith malfaisant comme ils le prétendaient le touchait peu. Sith ou pas, lui seul avait reconstruit ce que leur prodigieuse démocratie avait détruit 30 ans auparavant. Démocratie qui au passage s'était transformée en une ridicule dictature raciale des plus classiques, avant d'être renversée pour rétablir leur démocratie, qui avait on le rappelle anéanti Géonosis dont le seul crime avait été de vouloir se gouverner elle-même.

Honteux.

Navrant. Et dire que c'était cela qu'on exigeait qu'ils servent. Caché, il avait attendu son heure, songeant qu'il n'en faudrait pas longtemps pour que de nouveau, le Roi revienne prendre son trône et diriger sa Ruche bien-aimée. Mais les années avaient passé, sans aucune nouvelle ni information. Las, le vieux général avait commencé à douter et à baisser les bras. Peut-être Adrix était-il mort, peut-être fallait-il accepter que les jours glorieux de leur monde sous sa férule appartenaient au passé.

C'était là le mental actuel de Tirsof, lorsque son droïde lui revint dans son bureau et communiqua les instructions de celui qu'il croyait bel et bien mort. La stupeur lui fit écarquiller les yeux, incertain de ce qu'il devait en penser. Et pour cause, ce qu'Adrix lui demandait n'était pas rien. En tant que général des armées, il pouvait difficilement se rendre quelque part sans que nul ne le sache. Il était pour ainsi dire étroitement surveillé par nombre de ses congénères et devait constamment faire preuve de prudence.

Il fallait se rendre à l'évidence : rencontrer en personne le Roi lui serait impossible, quelle que fut sa volonté et sa sincérité d'y être. Mais il pouvait agir autrement, de manière détournée.




Le lendemain, aux coordonnées fournies, l’Égorgeur attendait, caché dans l'ombre et disposant d'un point de vue parfait pour voir venir tout nouvel arrivant. Il s'agissait d'une ancienne structure ou avait vécu une couvée géonosienne avant que la bataille de Géonosis ne l'eut réduite en miettes, occasionnant un grand nombre de morts parmi la population. En ruine, elle présentait l'avantage d'être un véritable labyrinthe souterrain, un dédale ou il était impossible de se repérer si on ne connaissait pas l'agencement et les pictogrammes géonosiens. Ce qui n'était pas le cas d'Adrix ou de Tirsof, évidemment.

Il y eut du mouvement dans les galeries voisines, que les sens améliorés du Sith détectèrent aisément. 3 gardes géonosiens, vêtus de l'armure dorée emblématique des gardes d'élite, pénétrèrent dans la grande salle ou jadis, une femelle pondait ses œufs par dizaines. Derrière eux venait un jeune mâle vêtu d'une tenue de militaire. Ce n'était pas Tirsof mais Shaalza, son aide de camp personnel et bras droit officiel. Officieusement, il était aussi son protecteur, son confident et d'après certaines rumeurs, son héritier futur. Un homme de confiance.

Les Géonosiens patientèrent quelque temps, incapable de percevoir la présence du Seigneur Sith et pourtant nerveux. Il était clair qu'ils craignaient un traquenard d'un rival politique de Tirsof ou pire encore. On ne savait jamais de quoi étaient capables les services secrets républicains pour arracher les derniers vestiges de soutien au Roi déchu. Finalement, lorsque le cyborg choisit de faire connaître sa présence, les gardes pointèrent leurs armes sur lui mais Shaalza leur fit signe de les baisser. Puis il s'inclina respectueusement devant l’Égorgeur.

Majesté Adrix, le général Trisof vous demande de l'excuser mais il ne pouvait pas venir en personne par crainte de se faire suivre et espionner. Il m'a envoyé le représenter et entendre ce que vous avez à dire, ô mon Roi. Votre présence signifie-t-elle que l'heure est venue pour Géonosis de se reprendre en main ?
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By Adrix
#33790
Depuis la pénombre de sa cachette, l'Egorgeur ruminait avec impatience. Là où il se tenait, le cyborg profitait d'un point de vue élargi sur les allers et venus des habitants de la Ruche et leur quotidien. Il ne trouvait dans ces ruelles pas une seule scène ne lui inspirait pas une violente colère. Des affiches de la République aux tags insultants griffonés sur les murs en passant par les usines stagnantes, tout son champ de vision était parasité par des rappels de son échec. La décadence de son monde le mettait hors de lui. Des gens allaient mourir pour cette offense. Beaucoup de gens. Et l'Egorgeur en tirerait une satisfaction aussi puérile qu'infinie.

C'est alors qu'il vit une petite troupe de Géonosiens se rassembler sur le point de rendez vous. Tirsof n'était pas parmi eux, mais Odion reconnaissait un de ses hommes. Il n'était pas si surprenant que le chef des armées n'ait pas pu se déplacer en personne. Le cyborg serra le poing. C'était là une preuve supplémentaire de la profondeur à laquelle le Sénat avait enfoncé ses racines. Méprisables parasites. Si Tirsof était incapable de se soustraire au regard des agents de la République, envoyer un émissaire était une sage décision. Agaçante, mais sage. Quant à savoir si ce dernier était fiable... Adrix devrait se contenter de son instinct et de la confiance que son général plaçait en cet homme pour en juger.

Après un temps pour s'assurer de leur identité, le Seigneur de Korriban se dévoilà à eux, son lourd pas metallique et méthodique rappelait les pires heures des purges impériales. Aussitôt, les soldats Géonosiens levèrent leurs armes, rapidement rappelé à l'ordre par leur supérieur. Une menace vide de sens face à l'Egorgeur dont la rage ne s'embrasa pas moins. Ses yeux écarlates vibrèrent de colère et l'espace d'un instant, son aura se mua en fouet. Ses propres soldats oseraient ouvrir le feu sur leur souverrain ?! Après tout ce qu'il avait fait pour ce monde, était-ce là toute la gratitude qu'il pouvait attendre de ceux ayant jadis jurés de combattre et de mourir pour lui ?! Ils auraient du se jeter à ses pieds et implorer son pardon pour leur méprise. Cela, l'Exterminateur aurait pu le pardonner. La main griffue d'Odion caressa la garde de son sabre. Une tentation. Une envie de retourner ces insectes à la terre d'où ils avaient rampés. Il eut été tellement aisé de punir ces impudents pour leur geste inconsidéré. Le Sith pouvait ôter les raclures qui leur servait de vie d'une seule pensée.
... Non, cela ne ferait que ralentir ses plans. Shaalza avait bien agit. Le récompenser en assassinant ses gardes du corps ne ferait qu'entacher une loyauté qu'Odion ne pouvait se permettre de gâcher. Il ne pouvait cependant pas laisser passer l'incident sans une remarque. Après tout, Géonosis était un monde où la force et le respect étaient maîtres de toute chose. Adrix devait faire valoir son autorité, s'adressant aux deux gardes, il énonça d'un ton sec et cinglant.

- Vous trois. Qu'attendez vous pour vous inclinez devant votre Roi ?

Odion les toisait de toute sa hauteur, impérieux et menaçant. Il ne voulait pas refléter l'image d'un simple assassin revenu se terrer dans l'obscurité, mais celle d'un monarque venu reprendre ce qui lui revenait de bon droit.

- Relevez la tête Shaalza. Le Général Tirsof est tout excusé. Seule mon absence trop longue, engendrée par la vilénie de la République, est à blâmer. Vous accomplissez votre devoir avec loyauté et brio.

Un peu de flatterie ne faisait jamais de mal aux larbins. L'Egorgeur se tourna vers la salle désormais vide. Cet endroit était jadis un lieu d'importance pour le peuple de Géonosis, où trônait une des rares femelles de leur espèce. Autrefois, la vie germait ici en quantité ahurissante. Il n'en restait aujourd'hui plus qu'un silence pesant, surplombant des cendres oubliées.

- En effet, l'heure du grand changement est enfin venue. Trop longtemps notre monde a vécu sous la tutelle décadente de la République. Depuis que leurs assassins se sont lancés à ma poursuite, je me suis dissimulé à leur vue pour épargner à notre planète les foudres de leurs armées. Mais je ne peux en supporter davantage. Par leur faute Géonosis sombre dans l'oisiveté, la corruption. Nos fiers usines se sont tûts et notre héritage est mutilé par une propagande grossière. Je refuse de voir mon peuple réduit à l'état d'esclaves manipulés par des mensonges. Tes mots sont justes Shaalza. Il est temps pour Géonosis de se reprendre en main.

La vérité quant à sa nature de Sith était déjà connue. La dissimuler n'aurait pas de sens, mais il n'avait pas de raison de la mettre en valeur dans son discours. De toute façon, pour bien des êtres, les discussions de Jedis et de Siths n'étaient que des fadaises basés sur des superstitions. Les Géonosiens étaient bien placés pour savoir que l'Histoire était aisément manipulé par les vainqueurs qui, drapés de la prétention de vertue, faisaient de leurs adversaires des démons.

- Mais sortir en plein jour ne ferait qu'attirer sur nous les vaisseaux de guerre de Coruscant. Nos activités doivent rester cachées au traître Lebref tant que nos positions ne se sont pas consolidées. Nous aurons tout le temps de saper son influence une fois au pouvoir. Dans un premier temps, il nous faut identifier tous les alliés potentiels. Pour cela j'ai pleine confiance en vos capacités. Ceux qui sauront se montrer loyaux à leur véritable allégeance seront amplement récompensés. Ceux que s'y refusent, connaîtront le sort que Géonosis réserve aux traîtres. Après quoi nous ferons du gouverneur en place une marionnette à travers laquelle nous rendrons leur gloire d'antan à nos chères ruches. Si cela s'avère impossible... Je me chargerai moi même que Tirsof puisse pretexter une prise de pouvoir militarisée. Mais il me tarde d'entendre votre avis sur la question, Shaalza.
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By Amertume
#33818
Ce fut par réflexe et également par la crainte que leur inspirait l'étrange Égorgeur, drapé dans sa dignité et sa malveillance pleinement assumée , que les gardes s'inclinèrent. Leur conditionnement militaire était profondément ancré en eux, sans parler de leur obéissance instinctive à toute figure d'autorité, particulièrement une autorité suprême. Shaazla quant à lui avait d'ores et déjà observé l'usage du protocole avant de se relever sur injonction du monarque déchu. Ce dernier fut passablement surpris qu'Adrix lui demande son opinion et pour dire la vérité, plutôt flatté.

Ce ne sera pas facile votre Majesté. L'usurpateur Lebref a placé ses plus proches alliés à tout les postes importants pour s'assurer que Géonosis ne retomberait jamais entre d'autres mains que les siennes et ceux qui ne le sont pas par conviction ou intérêt le sont faute d'avoir un meilleur choix. Le général en est un exemple vivant. En vérité, il n'y a guère plus grand-monde qui croirait en votre cause aujourd'hui en dehors de nous.

Le Géonosien se gratta le crâne d'une de ses mains griffues. Il ne cessait de détailler discrètement la silhouette si curieusement insectoïde du Seigneur Sith, se demandant ce qu'il pouvait bien cacher là-dessous. Bien que grand, il semblait aussi frêle qu'un géonosien et d'après ce qu'il pouvait deviner du peu qu'il en voyait, l’Égorgeur semblait drapé dans une armure de métal lourde. Mais Shaazla avait de nombreuses fois entendu Tirsof vanter les capacités incroyables au combat du Roi et n'avait aucune envie d'en être un témoin trop... Rapproché.

Avec le soutien du général, vous... Nous pourrions voir à trouver discrètement de nouveaux partisans, peut-être même en recruter. Il existe des mécontents comme partout, bien que la propagande républicaine prétende que tout n'est qu'harmonie et égalité depuis l'ascension de l'usurpateur.

Egalité. Le Géonosien avait craché ce mot avec un dégoût manifeste. Un concept vide de sens, tellement typique des défenseurs de la démocratie pour endormir les populations et leur cacher la vérité. L'égalité n'existait pas sur Géonosis, n'avait jamais existé et n'avait aucune légitimité. 2 classes parmi leur race coexistaient, menées par une autorité centrale, il en avait toujours été ainsi. Fouler du pied leurs traditions ancestrales, voilà ce qui avait motivé Tirsof à soutenir secrètement Adrix.

Le général m'a également chargé de vous apprendre que l'ancien laboratoire que vous aviez fait construire existe toujours et est toujours en activité. Il pourrait faire en sorte que vous y entriez discrètement mais de manière temporaire si tel est votre souhait. Fort heureusement, en tant que général des armées il est l'un des rares à en connaitre l'existence et tout ce qu'il y a à savoir dessus. Il s'est empressé, après votre départ, d'en cacher l'existence à quiconque mais il ne peut pas assurer que l'usurpateur ne soit pas également au courant, lui et quiconque à qui il pourrait en avoir parlé.

Shaazla promena ensuite son regard sur le décor qui les entourait. Une ruche, vieille, aujourd'hui abandonnée, symbole jadis de leur croissance glorieuse, aujourd'hui vide et morte. Il fallait espérer que le retour du Roi sonnait le début de sa renaissance.

Nous pouvons vous aménager des quartiers ici si vous le souhaitez. Quelques meubles, de quoi travailler, manger et vous reposer, peut-être même de quoi rester en contact avec moi. Et quelques protecteurs évidemment, juste au cas ou. Cet endroit est évité comme la peste par tout le monde depuis que le docteur Shakalstein a commis l'erreur d'y pratiquer ses expériences et que l'une d'elle a mal tourné...

Donne tes ordres, ô Roi des dunes et nous obéirons.
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By Adrix
#33971
Les dires de l'aide de camp ne firent que confirmer ce qu'Odion savait déjà. La recherche d'alliés serait un processus long et laborieux. Lebref avait installé sur ce monde une toile épaisse d'individus acquis à sa cause qu'il ne serait pas aisé de percer. Si quelques mécontents venaient décorer l'ensemble ici et là, le cyborg imaginait aisément que leur soutien chèrement acquis ne serait jamais suffisant pour faire pencher la balance en sa faveur. Aussi inestimable qu'il soit, leur appui était simplement trop faible pour réaliser un coup d'état secret sans dégâts.

- Dîtes à Tirsof de commencer à rassembler des alliés en ce cas. Quand bien même cela ne suffira pas, j'ai à cœur de connaître ceux m'étant restés fidèles... Chacun recevra bien sûr une récompense à la hauteur de sa loyauté, une fois notre opération achevée. Cela vaut aussi pour vous, Lord Shaalza.

Odion ne voyait aucun inconvénient à offrir des promotions conséquentes à ceux s’étant montrés dignes de la tâche. Ce qui sous entendait aussi que ceux ayant eu la bêtise de le trahir connaitraient un sort funeste. Car Odion comptait bien évidemment obtenir ce qu'il était venu chercher à tout prix. Son regard passa de son interlocuteur aux gardes qui l'entouraient. Un sourire mesquin se dessina sous son masque de métal. Tout ce qu'il avait compris c'était qu'une solution propre était inenvisageable. Fort heureusement, Adrix avait toujours été friand d'approches plus brutales... Si le vulgaire jeu politique était une arme trop émoussée, il n'aurait qu'à en utiliser d'autres. Ce n'était comme s'il se sentait aucunement entravé par un sens puéril de moralité. Ces misérables insectes l'avaient trahis. Leur ingratitude flagrante pour tous ses efforts leur avait gagné le manque total de merci du Seigneur Sith. Si son retour au pouvoir devait se faire sur une montagne de cadavres, c'était un sacrifice que le cyborg était plus que prêt à concéder.

- Le crime commis par ces traites ayant vendu notre monde au Sénat ne saurait être pardonné aisément. Je veux que vous obteniez pour moi le maximum d'informations sur les éléments clés du gouvernement de Lebref, à commencer par la vulgaire marionnette qu'il a placé à la tête de Géonosis en son absence. Leurs personnalités, leurs proches, leurs affiliations, tout ce que nos services de renseignements ont pu rassembler sur ces cancrelats. S'ils ont le moindre vice, la moindre attache en ce monde, je veux le savoir... Une requête indigne de nous, je le sais. Mais il s'agit d'un mal nécessaire pour retrouver notre grandeur.

S'ils ne voulaient pas se rallier à lui en toute bonne foi, Odion leur forcerait la main. Peu importait que des familles innocentes doivent être prises en otage ou que les méthodes employées soient peu dignes d'un monarque. Il aurait préféré briser les portes du palais royal ouvertement et s'y présenter comme le véritable maître des lieux. Un Roi tel que lui n'avait pas à employer la porte de derrière pour pénétrer dans son propre domaine, cette infamie le mettait hors de lui. Mais Odion n'était pas assez naïf pour croire qu'une telle démonstration de bravado suffirait à épargner à sa nation les foudres de Coruscant. Il était un criminel recherché, sa nature viciée inscrite jusque dans leur constitution. S'il se montrait au grand jour, Géonosis serait incendiée. Il devrait se satisfaire des moyens détournés... Une idée qui ne faisait qu'accroître le brasier de haine qu'il éprouvait envers les Jedis et leur fausse justice.

- Une fois votre office accomplie, j'irais confronter moi-même les traîtres... Qu'ils aient une ultime chance de se repentir et de reconnaître leur souverain légitime.


Et puis vint le sujet de son précieux labo. Les yeux écarlates de l'Egorgeur s'embrasèrent d'un feu nouveau à peine son existence évoquée. Son laboratoire était donc toujours intact... Il était difficile d'exprimer combien cette nouvelle attisait sa cupidité. Ses projets futurs reposaient pour beaucoup sur son accès à un endroit tranquille pour mener ses recherches à bien. Sans le savoir, ce brave Géonosien venait de lui livrer le moyen parfait d’incendier la galaxie toute entière. L’Egorgeur pouvait presque déjà entendre les hurlements d’agonie amenés par ses travaux. Il peina même à retenir le rire maléfique qui prenait naissance dans sa gorge. Tout était tellement parfait qu’il peinait à croire à sa chance.

-Cette nouvelle me ravie, Shaalza ! Vous féliciterez pour moi le Général quant à son initiative avisée, un travail exemplaire. Faites donc cela. Des quartiers privés et un moyen privé de vous joindre seraient parfaits. Nul besoin de m’assigner des protecteurs, je préfère être seul pour mes travaux. Ces derniers demandent toute ma concentration. Que nul ne vienne m’y déranger sans prévenir. Shakalstein est-il toujours en vie ?

Ses doigts s’agitèrent avec excitation. Il avait hâte de se mettre au travail désormais. Les possibilités fusaient dans son esprit les unes après les autres. Il n’avait pas espéré récupérer si vite pareil butin.
Mais… Il restait un dernier petit détail à régler.

-... Gardez un oeil sur les déplacements de Lebref. S'il quitte Coruscant pour une raison quelconque, je souhaite être mis au courant dans les plus brefs délais.

Odion n’avait pas le pardon facile et Lebref était le premier responsable de sa chute. Celui à qui il avait tout accordé, qu’il traitait comme son plus fidèle second, c’était laissé embobiner par les sirènes mensongères de la république et l’avait poignardé dans le dos. Son revirement avait été une surprise pour le cyborg qui pensait l’allégeance du géonosien acquise. C’était comme si des forces supérieures et corrompues l’avaient poussé vers ce choix contre son gré. Quoi que soit la vérité, le Seigneur Sith désirait en avoir le cœur net. Adrix voulait entendre ses raisons, le voir s’expliquer au moins une fois… Avant de lui faire comprendre son erreur. S’il pouvait remettre Lebref sous sa coupe, la situation serait idéale. Dans le cas contraire, sa mort serait une expérience terriblement cathartique.
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By Amertume
#34015
Sitôt les instructions données, les Géonosiens se retirèrent promptement, laissant leur monarque seul dans la ruche abandonnée. Une heure plus tard, des ouvriers arrivèrent, amenant avec eux meubles, nourritures, tout le nécessaire pour que l'Egorgeur puisse vivre comme s'il était chez lui. Ce qui dans un sens était le cas, un endroit vide, sombre et déchu correspondait tout à fait au statut du Sith. Les ouvriers et serviteurs ne dirent pas un mot durant le temps qu'ils installèrent le tout venant bien qu'ils jetèrent à plusieurs reprises des regards craintifs en direction de la silhouette sombre qui semblait perdue dans ses pensées.

Enfin, de nouveau seul, le Roi déchu pouvait s'atteler à préparer la suite de ses plans diaboliques. Rassembler des alliés et des informations sur tout les pantins de l'Archiduc ne se ferait pas en une journée, cela allait prendre du temps, des jours, des semaines, peut-être même des mois. Mais la patience du chasseur était son plus grand atout lorsqu'il traquait sa proie, disait-on. Une sorte de routine se mit en place, chaque jour, Shaazla contactait la planque du Sith et le tenait au courant des avancées tout en prenant des nouvelles au nom de son général.

C'était un processus long et particulièrement frustrant. Etre si proche de ravir le pouvoir et pourtant devoir attendre sans rien pouvoir faire. Un schéma finit cependant par émerger de tout cela, retraçant le pouvoir de Lebref sur Géonosis et son organisation.

  • Sur le trône siégeait l'Archiduc et Seigneur suppléant Gizor Lebref II qui passait la majeure partie de son temps sur Coruscant en tant que membre du Haut-Conseil - sa récompense pour avoir trahi Adrix - et obstacle suprême à la reconquête. Il serait intouchable tant que toute sa base de pouvoir ne serait pas annihilée ou dévoyée et même là il resterait une cible difficile à atteindre.
  • En guise de représentant, le vice-roi Thasuuf assurait son rôle de monarque, promulguant les édits et les ordres de Lebref et s'assurant que tout Géonosis en prenne connaissance et y obéisse. Les renseignements discrètement obtenus suggéraient qu'il avait un vilain petit secret à en croire les mouvements d'argents conséquents qu'il effectuait chaque mois. Il était fanatiquement dévoué à Lebref et ne tomberait pas autrement que par la force des armes ou de la trahison, il n'accepterait jamais le retour du Roi. Quant à en savoir plus, il faudrait enquêter plus avant.
  • Le pouvoir exécutif revenait entre les mains du Conseil des Forces Armées, un triumvirat de généraux dont Tirsof faisait partie. A son grand dépit, les 2 autres étaient des bureaucrates sans couilles et totalement soumis à Lebref. L'avantage, c'est qu'ils étaient dénués de toute imagination et, disons-le franchement, aussi stupides que le plus stupide des ouvriers de basse extraction. C'était à se demander comment des crétins pareils avaient bien pu naître dans la caste ailée. Leur faiblesse provenait de leur famille : une collection ésotérique de rejetons encore plus demeurés que leurs parents et, plus intéressant encore, notoirement avides de richesse et de pouvoir. Une piste potentiellement prometteuse.

Telle était la hiérarchie première du gouvernement géonosien. En-dessous de tout ceux-là existait une infinité de larbins, sous-lieutenants, scribes, questeurs et autres autorités civiles mineures. Ceux-là n'avaient guère d'importance dans la globalité du plan mais pourraient représenter une gêne ou un avantage mineur si on se penchait sur leur cas. En vérité, la difficulté de corrompre ces centaines de géonosiens était inversement proportionnelle à leur utilité : ridiculement simple et grandement prolifique. Car cela impliquait de disposer d'un nombre incalculables d'yeux et d'oreilles partout sur la planète.

Au fil des semaines, le monarque en exil apprit par le biais de Shaalza que le général avait réussi à discrètement rassembler un certain nombre de partisans. Leur nombre était faible et leur poids au sein de la société géonosienne relativement léger mais c'était un début encourageant. Tirsof devait faire preuve de prudence lorsqu'il sondait ceux qu'il approchait et le moindre soupçon de sa part le faisait immédiatement abandonner. Un mois après qu'Adrix eut donné ses ordres, il disposait de soutiens discrets suffisants pour tenter de petits coups d'éclats par ci par là, selon ce que serait sa volonté. Une lame dans l'ombre qui pourrait affaiblir mais non porter le coup de grâce.

Venait maintenant la question du centre de recherches secret d'Adrix. Futé, Tirsof avait caché son existence aux yeux de tous en gratifiant dans son rapport que le site avait été fermé et les accès condamnés. Les accès avaient en effet été condamnés mais il en existait un, secret. Par datapad, il fut transmis à la planque de l'Egorgeur. Le risque était bien présent que Lebref, méfiant quant à tout ce qui touchait au Seigneur Sith, ait pu envoyer depuis le temps des agents à lui s'emparer de l'endroit mais il n'y aurait qu'un moyen de le savoir. Et il y aurait une autre raison de s'y rendre, outre l'intérêt de reprendre tout les savoirs perdus ou abandonnés à la hâte.




Le fameux docteur Shakalstein mentionné par Shaalza était bien en vie et, à ce qu'on disait, réfugié au centre de recherches. Sa réputation était plus que douteuse, c'est bien simple, il était presque autant persona non grata que le Roi déchu dans la société géonosienne. Membre de la caste ailée, Shakalstein avait très tôt manifesté une fascination morbide pour les sciences touchant à la manipulation génétique et aux modifications corporelles et mentales. Issu d'une riche famille par ailleurs proche de Lebref, il avait dépensé sans vergogne une grande partie de ses revenus pour ses recherches.

Des recherches que tout scientifique disposant d'un tant soit peu d'éthique aurait condamné sans hésiter. Mais Shakalstein n'avait rien à faire de ce genre de concepts éculés. Totalement dément et voué à sa passion malsaine, le géonosien n'avait cessé de repousser toujours plus loin ses théories et idées... Et il était allé trop loin. Un an après la chute de l’Égorgeur, Shakalstein avait décidé de mettre en pratique son idée consistant à augmenter la productivité des femelles géonosiennes en y injectant des produits de sa création, censés booster la fécondité et la vitesse de reproduction et de ponte.

Cela s'était produit à la ruche même ou Adrix séjournait en cachette actuellement. Secrètement, le savant fou avait progressé jusqu'aux machines nutritives de la femelle et y avait incorporé sa décoction. Cela avait marché, au début. Le rythme reproductif avait grimpé de manière phénoménale et puis les premières problèmes étaient apparus. Des nouveaux-nés mutants et incroyablement sanguinaires n'avaient pas tardé à se rebeller contre leur mère et tout géonosien qu'ils croisaient. Pendant une semaine sanglante, le temps que le gouvernement comprenne ce qui se passait et dépêche des troupes de pacification, la ruche toute entière avait brûlé dans une frénétique auto-destruction.

Shakalstein, incapable de comprendre ou il avait fauté, s'enfuit promptement et partit se cacher au complexe du Seigneur Sith qu'il connaissait grâce à quelques "amis" y travaillant également. Là, pensait-il, il serait à l'abri des esprits inférieurs et pourrait perfectionner son art. Tirsof avait longuement songé à le faire arrêter et l'exécuter sommairement pour ses crimes mais n'avait pu s'y résoudre malgré son aversion envers lui. D'aucuns pourraient arguer que la Force lui avait murmuré qu'il pourrait être utile, qui sait.

Un centre de recherches secret et un savant fou aussi dépourvu de morale que le Roi, une combinaison parfaite.
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