L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Mya Tellis
#33976
    Ranath s’était peut-être trompée finalement. Helera n’avait pas tant évolué qu’elle l’avait imaginé. Ou bien était-ce sa présence qui la faisait revenir à des boucles primaires telle que celle qui s’amorçait. Le disque rayé de la Reine Grise était sur le plateau, il tournait lentement, un discours mille fois distribué. Assez.

      « As-tu songé à une autre approche que celle frontale ? As-tu songé à demander l’aide des Jedi ? As-tu songé à demander à Marak de te soutenir ? »

    Et c’était le propre d’Helera que d’interpréter les dires d’autrui, de les manipuler, et d’en reforger ainsi le sens au détriment de la destination première. Le véritable piège était là. Dialoguer avec la Grise était chose impossible.

      « Il ne s’agit pas là d’une approche frontale, bien au contraire. »

    Quant à la mention des Jedi … n’avait-elle pas eu suffisamment affaire à eux pour savoir que les échanges demeuraient chaotiques. Et enfin, oui, elle y avait songé, malgré tout, elle avait voulu essayer. Mais jamais elle ne résignerait à contacter le Conseil, jamais.

      « As-tu songé au fait que tout ce qui te fait agir, tous tes faits et gestes, ont été au préalablement préparés, enregistrés et finalement t’ont été imposés ? De sorte à ce que tu fasses exactement tout ce qu’ils ont, ou ce qu’il a prévu pour toi ? Es-tu l’esclave, ou le maître ? »

    Inlassablement, l’histoire se répétait. Elle lui posait encore la même question. Et voilà que la réponse changeait aujourd’hui.

      « As-tu songé au fait que ta réaction pourrait être le fruit de prévisions subtiles du même genre ? N’es-tu pas en train de faire ce qu’ils ont prévu que tu ferais ? »

    La Mirialan balaya la question de la main. Elle ne voulait pas entendre ce que la Grise pouvait bien avoir à dire là-dessus. Helera avait réponse à tout. Rester concentrée. Une brève inspiration.

      « Je peux en avoir ? »

    Elle désigna la boisson chaude que l’Humaine sirotait du bout des lèvres. Puis amena sur la table un tout autre sujet. En attendant, elle ne s’asseyait pas, pas envie.

      « Ne crois tu pas … qu’en tant qu’êtres sensibles nous avons un devoir à accomplir ? Il ne s’agit pas de s’attribuer une mission fictive qui pourrait justifier nos actes … mais simplement de se remuer quand on ressent que la Force s’agite et attire notre attention, peut-être pour nous montrer quelque chose, ou simplement pour nous amener quelque part. Ne ressens-tu jamais ce besoin d’aller voir ? Un besoin bien plus fort que tout, plus fort que l’amour d’une famille … Ne crois-tu pas que la Force nous a fait cadeau de cette capacité car nous sommes son instrument ? Ou simplement, ses messagers ?

      Réponds-moi honnêtement. Ce discours a l’air un peu fanatique de prime abord, mais c’est pourtant une question que nous devrions tous nous poser, nous sensibles.
      »
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By Helera Kor'rial
#34012
Pas d’approche frontale ? Qu’était-ce alors ? Mya venait lui demander de l’aide, lui demander de tout abandonné pour la suivre aveuglément, elle, la Sith. Mais il n’y avait pas une once de plan qui était présenté, rien. Juste la confiance aveugle de deux femmes qui ne pouvaient pas se supporter l’une et l’autre. Tout cela reposait sur rien, et c’était frustrant, bien avant d’être énervant. Peu importait de toute manière, Mya n’allait rien lui dire de tout cela. Sa punition n’en était que trop justement méritée.

« La différence entre nous deux très chère, ce que je n’ai jamais rencontré de sangs purs. Ni de Komus. Jusqu’à preuve du contraire, ils ne m’ont pas rencontré non plus. Peut-être qu’ils prévoient mes mouvements, mais dans ce cas, c’est peine perdue de se battre. »

Partiellement exact, mais la petite n’avait pas à le savoir. Comment les ennemis du monde pouvaient être au courant qu’elle existait, sachant pertinemment qu’elle ne représentait pas un plus grand danger que quelqu’un d’autre en particulier. C’était dément. Mya avait connu et vu de près un des chefs sangs purs, elle avait croisé Komus, visiblement un autre grand mania du mal, avait côtoyé des armées rouges. Helera ne s’était battue que contre des dragons ithoriens, et avait perdu. Son palmarès était beaucoup moins impressionnant.

Helera lui servit son chocolat chaud, toujours sans sourire ni discontinuité dans ses mouvements. Mesurés, calculés et royaux, comme on lui avait enseigné. Ne pas douter, pas même dans son langage corporel. Ca, c’était être une princesse de Têta, tandis que le côté reine de Nelvaan, c’était plus autoritaire. Entourant sa tasse chaude de ses mains, elle écouta avec attention ce que son interlocutrice à l’autre bout de la table lui racontait. Enfin, quelque chose d’intéressant sortait depuis que Mya avait laissé la place à Ranath.

« Je le croyais, fermement. Mais à chaque fois que j’ai suivi la Force, j’ai à chaque fois perdue une partie de moi. Les Sith sur Korriban, ta recherche à travers la galaxie, l’appelle sur Ithor et j’en passe. J’approche d’un point de non-retour mais je ne suis pas prête aujourd’hui à mourir. Il me reste des choses à accomplir … »

Petit moment de pause pendant laquelle elle but une gorgée.

« Ce n’est pas du fanatisme à mon avis, mais de la maturité. Nous sommes liés par notre malédiction, toujours à la recherche de la connaissance. Pour comprendre, qui nous sommes, où est-ce que nous allons, dans quel but ? Les gens s’imaginent que parce que nous avons une extra-lucidité sur notre environnement, nous avons un devoir sacré de protection et de sacrifice de soi, pour eux. C’est juste une réponse pré-construite à toutes nos questions, la moins pire, oserais-je dire. »

Elle leva les yeux au ciel et poussa un soupir.

« Ce besoin, je le ressens, poussée par la curiosité. Mais il n’est plus aussi important que mes devoirs. La Force nous a choisies pour des raisons qui m’échappent, et que nous ne comprendrons jamais. Alors quel serait le message que nous devons donner Ranath ? Devons-nous être les défenseurs ou les tyrans ? Et si nous choisissons d’être les messagers de la justice, pourquoi la Force aurait-elle choisie des entités démoniaques comme les sangs purs pour tout détruire ? »

Pause.

« J’ai longtemps réfléchis à tout cela et ma place dans ce monde. J’ai tout essayé, pour me rendre compte que la seule chose à laquelle j’étais vraiment douée, c’était être une personne normale. Sans ces pouvoirs. Juste mener une vie simple et sans histoire. »

A son tour.

« Tu sembles être investie d’une mission Ranath. Pour l’un des deux pans manichéen, peu importe. Qu’en as-tu conclue de toutes tes questions ? »
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By Mya Tellis
#34023
      « Dans ce cas, c’est peine perdue de se battre.

      J’approche d’un point de non-retour mais je ne suis pas prête aujourd’hui à mourir. Il me reste des choses à accomplir …

      Être une personne normale. Sans ces pouvoirs. Juste mener une vie simple et sans histoire.
      »

    Avait-elle peur ? Peur de mourir ? Ça … ne ressemblait pas vraiment à Helera. Qu’est ce qui ressemblait à Helera ? La main de Ranath s’éleva au-dessus de la table, à quelques centimètres, doigts écartés, comme pour demander un sursis. Non, vraiment, elle n’était pas sûre de comprendre. Avait-elle peur ? Et elle, Mya ? Oui. La peur ne l’avait jamais quitté. Et elle avait de plus en plus peur. L’étau se resserrait. Pas question de céder maintenant. Elle avait toujours converti cette peur en rage. Bafouant certains des plus grands principes jedi. Ceci expliquant cela. Mais Helera ...

      « Tu sembles être investie d’une mission Ranath. Pour l’un des deux pans manichéen, peu importe. Qu’en as-tu conclue de toutes tes questions ? »

    La main retomba sur la table. Le regard de la Mirialan se posa sur la surface chocolatée devant elle dans la tasse. La vie, la mort, le sens de la vie.

      « Ma conclusion … »

    Sa voix était monocorde.

      « … a été la même que la tienne. Et plusieurs fois j’ai été tentée de me débarrasser de mon héritage … »

    Il était là question de son sabre, entre autres.

      « … et de trouver refuge dans un coin paumé de l’espace, sans balises. »

    Un coin délaissé par la Force.

      « Un moyen de se libérer de la malédiction. »

    Elle leva les yeux vers Helera.

      « J’ai croisé les Sang-Purs, plusieurs fois. Je suis allée à leur rencontre. J’ai combattu avec eux. Puis contre eux. J’ai survécu. Et après ça, j’ai cherché à les éviter, à les fuir. Jusqu’à faire la rencontre de Fanrel. C’est toi qui m’a poussée à me poser à bord de ce destroyer infesté par la vermine sith. »


    Pas vraiment Helera, mais plutôt une réminiscence d’une rencontre lointaine avec Helera.

      « Quand les impériaux se sont jetés dans la gueule du loup, ignorant tout des avertissements que la Force pouvait me souffler, il m’a semblé percevoir que je devais y aller aussi. Il n’était pas question de les sauver - d’ailleurs je ne les ai pas sauvés - ni de combattre le mal ou je ne sais quoi, mais simplement d’être là-bas. »

    Son regard était fixe et vide.

      « Je crois que c’est à partir de ce moment-là que ma vision de notre rôle a changé. Je crois simplement que nous devons écouter, et agir. Suivre son chemin. Et si l’invasion sith était l’exercice d’une volonté qui nous dépasse. Et si leur brutal anéantissement en était un autre. Tout ce qui m’importe désormais n’est pas de comprendre, mais d’entendre le bon message. Et j’ai cru que tu pouvais m’y aider. »

    Un soupir.

      « Je n’ai pas l’intention d’essayer d’arrêter Komus. J’en suis incapable. Mais je dois le trouver, et le voir. Je saurai peut-être ce qui doit être fait ensuite. »

    Et si cela devait passer par la mort de milliers de mondes, la Sith n’y voyait pas d’inconvénient.

      « Je crois cependant que tu as bien mieux à faire et que je devrais aller trouver ce soutien spirituel ailleurs. S’il te plait, laisse-moi retirer ma demande, et partir. »
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By Helera Kor'rial
#34032
Helera but une autre gorgée tout en écoutant les premières phrases hésitantes de son homologue vert. Les mains entourant la tasse, elle profitait de la tiédeur qu’elle lui offrait. La conclusion était à peu près la même que la sienne, actuellement. Pour autant, la rencontre avec les sangs purs avaient eu l’effet inverse et elle s’était sentie investie d’une nouvelle mission visiblement. Le genre de mission que Helera ne pouvait plus supporter sur le long terme. Haussement de sourcil quand elle l’inculpa de son choix de lutter contre les rouges dans le destroyer. D’après ses dires, c’était la Force qui l’avait choisi pour être sa championne. Ou une observatrice, ou un truc dans le genre. Toujours est-il qu’elle devait voir quelque chose, très bien jusque-là. Mais l’avait-elle trouvée, cette réponse ? Visiblement non.

Ce qu’elle a trouvé, c’est l’extrême inverse de ce qu’on lui a montré. Etrange paradoxe. Des femmes initialement si proches, croyant aux mêmes choses, qui finalement se retrouvent totalement opposées. A un point si puissant qu’elles ne pouvaient plus se détacher l’une de l’autre. Pour autant, si les opposés s’attirent, il n’y avait rien de cela dans leur relation. Elles étaient deux pôles négatifs que les forces électromagnétiques poussaient à éloigner. Helera aurait sûrement pu l’aider, mais pas dans un vaisseau, pas si vite, pas comme cela. Mya voulait tout, tout de suite, dans l’instant. Non. La Force, ce n’est pas la précipitation, ce n’est pas l’arrogance de la rapidité. En tous cas, c’est que la Reine pensait fermement.

« Tu peux bien retirer ta demande, Ranath. Quant à partir, nous en avons déjà discuté.
»


Pas la peine de rabâcher. Elle termina finalement sa tasse et la décala lentement sur le côté.

« En réalité, je crois que la Force nous joue encore des tours et nous a rapprochées en ce moment de grand changement. Nous sommes à un point névralgique de nos histoires respectives. En revanche … »

Elle haussa un sourcil et inclina légèrement la tête de côté.

« Tu ne t’es pas demandée où tu allais ? Tu ne t’es pas demandé pourquoi ? La Force te pousse, mais pas ta curiosité. Tu partiras quand nous arriverons, si tel est ton souhait. Sinon, je te ferai souffrir encore un peu de ma présence, pour te montrer … quelque chose. »

Helera se leva doucement et plaça ses mains dans son dos, fit le tour de la table et se dirigea vers le hublot qui donnait sur le tunnel hyperspatial. Les lumières rayonnaient sur son visage et ses cheveux prirent la couleur bleuté imposée par ce tunnel.

« La Force s’est présentée à moi. Il y a quelques années maintenant. Prenant une forme onirique, impérieuse et sage. Cette rencontre m’a bouleversée, transformée et m’a amenée à me poser de nouvelles questions. Aujourd’hui, je la sers aveuglément et je suis ses enseignements dans le plus grand fanatisme. »

Elle se retourna vers Mya.

« Respect des autres, respects de la vie, de la nature et tout ce qui nous entoure. Tempérance, parcimonie et … patience. Rage, fureur et férocité. Et surtout, elle m’a appris la chose suivante. Son clan, sa famille, ses amis, ses proches … Ces personnes qui nous entourent, qui nous aiment et qui nous haïssent. Toutes ces personnes contribuent à faire de nous ce que nous sommes. Ils ne doivent pas être négligés et abandonnés. »

Helera hésita et baissa le regard.

« Même si j’ai beaucoup failli à ce dernier précepte, j’essaie de me rattraper aujourd’hui »

Elle releva les yeux.

« Nous suivons son chemin toutes les deux Ranath. La différence, c’est que je l’ai rencontré. Et que tu cherches encore le tiens. Je te le redis, nous sommes à l’aube du changement. C’est à toi de décider si tu veux te précipiter et louper des éléments, ou si tu prends le temps d’un détour pour apporter des éléments de réponse. Je ne te retiendrai pas ».
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By Mya Tellis
#34034
    Certains aspects du discours de la Grise possédaient des consonances jedi. Notamment dans les postulats hasardeux qu’elle s’autorisait, et qui ne manquaient pas de rappeler les conseils tout aussi peu aboutis de son second maître. Néanmoins, Ranath avait écouté et gardait son calme. Quelques mois auparavant, la discussion aurait certainement viré en accusations puériles. Mais semblait-il, les deux antagonistes avaient depuis appris à se parler. Toutefois, la Mirialan ne revint pas sur les derniers propos de la Grise.

    De sa boisson Ranath n’avait que partiellement profité. À dire vrai, manger lui était difficile. Elle se leva finalement, alors que Helera était debout depuis déjà un moment.

      « J’aimerais passer à l’infirmerie avant notre arrivée. »

    Demande simple, facile à combler.

    De tout le matériel qu’offrait le service médical embarqué à bord du vaisseau, le seul outil dont se servait pour l’instant l’infirmier était ses lunettes. Après le retrait du patch, il avait longuement observé l’état de la plaie, constaté qu’elle ne datait pas de la veille, et fait remarquer que tarder sur ce genre de cas n’était pas raisonnable. Ce à quoi la Mirialan n’avait rien répondu.

    Puis il s’était interrogé sur la nature de cette blessure dont suintait encore à l’heure actuelle du sang et de l’exsudat. Et il n’osait pas y toucher tant l’infection semblait imminente sous ce début de nécrose. Intérieurement, sa conclusion était brève : dégueulasse. C’était ce qu’il se disait à chaque fois, ce boulot était dégueulasse. Cependant, confronté au manque flagrant de coopération de son patient, il prit finalement la décision de suturer puis de pratiquer une injection d’un quelconque mais violent anti inflammatoire et anti infectieux.

    Chaque nouveau point équivalait à une piqûre aiguë suivie d’un court tiraillement. Allongée sur le dos, à contempler l’imparfaite homogénéité du plafond immaculé, Ranath avait tout de même accepté une anesthésie locale. Aucune douleur donc, mais les sensations n’étaient pas des plus agréables. Ça filait même la nausée. Et la Mirialan trouvait cela étrange : la brûlure d’une lame lui était moins dérangeante que le contact du laser chirurgical. De fil en aiguille, sa pensée revint à Helera.

    Pas ta curiosité …

    Va c!#?r. Je t’emmerde.


    La rengaine était toujours la même. Qui valait mieux de Kor’Rial ou de Morelion ?

    Sa main alla chercher celle de l’infirmier qui terminait son travail par l’injection. Elle l’éloigna, extrayant par la même occasion l’aiguille de sa chair.

      « Mais … »

    La Sith maintenait une prise ferme autour du poignet de l’Humain.

      « Ça ira. »

    Elle le lâcha, récupéra ses affaires, et quitta ce pont-ci du vaisseau.

    Au hasard des coursives, l’esprit de Ranath vagabondait. Du souvenir frais de sa discussion avec la Grise, en passant par le doux et triste visage d’Isabo, jusqu’à l’image plus lointaine de la silhouette svelte de l’Apprentie. Elle ne lui avait rien dit de ses récentes aventures. Elle avait toujours tenu Darth Varadesh à l’écart de ce genre de péripéties. La Pantoran était encore un peu jeune pour accompagner son maître sur la piste des Sang-Purs … et la réflexion qu’elle nourrissait à leur sujet avait déplu. Laisse-les faire, et tire profit de ce massacre. Hors de question. Tu aurais dû savoir, Sabina, que c’était hors de question. Peut-être avait-elle la maturité requise désormais pour comprendre … Non, Darth Varadesh était une Sith, rien de plus. Juste une Sith. Elle est ce que tu lui demandes d’être. Elle progressait vite. Elle évoluait … Toujours pas de confiance. Il subsistait des doutes. Tue-la. Elle ne serait jamais rien de plus qu’une Sith. Tu n’es pas une Sith, traîtresse.

    La pensée de la Dame Sombre bascula soudainement vers Komus et ses mille visages. Au milieu du couloir, elle s’arrêta, fermant un instant les yeux pour les voir encore hurler. Où es-tu ? Elle chassa presque aussitôt son image, coupant court à son interminable cauchemar. Pas maintenant, pas ici. Ranath concentra toute son attention sur Varadesh, et bien que le lien entre elles pût sembler inert, la jeune Pantoran ressentirait peut-être la présence lointaine de son maître.

    La vaisseau quitta l’hyperespace.
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By Helera Kor'rial
#34035
Dans un silence monacale, Helera avait accompagné son invitée jusqu’à l’infirmerie, la laissant aux mains du docteur d’équipage. On ne l’appelait pas Doc, lui. Juste Monsieur Gerard. Parce que c’était son nom. Helera par la suite était retournée dans sa cabine, regardant le chocolat chaud qui n’avait qu’à peine été entamé. Mya avait pâle allure, si on pouvait se permettre cette expression pour une mirialan. Mais toujours encline à partir à l’aventure. Pourquoi cette entité l’intéressait tant ? Peut-être que c’était lui son destin, là où Helera avait eu la Grande Mère. Cela n’aurait pas été étonnant, Ranath restait un être profondément en marge de la société. Mya avait été comme cela en son temps, après tout. Elle passa sa main sur son visage et se jeta sur son lit. Dans sa nouvelle langue maternelle, elle demanda :

« Que faire … Dois-je la suivre ? Et ma famille ? Et Nelvaan ? Il fait trop chaud ici … »

Helera se releva, incapable de tenir en place, tourna le thermostat au minimum et s’adossa au mur sous lequel était située la gaine d’arrivée d’air. Toutes ces questions la faisait fondre de l’intérieur. A chaque fois qu’elle avait essayé de tendre une main à Mya, cette dernière le lui avait coupé nette. Désormais, elle n’avait plus envie de tendre quoi que ce soit si ce n’est l’adresse d’un bon psychologue. Non, elle était méchante de penser cela, ce n’était pas bien. Helera ferma les yeux et se frappa la tête contre le hublot lentement et ponctuellement. Il y avait des combats que l’on devait mener seul, et des choix qu’aucune entité ne pouvait décider. Elle se rassit sur son lit et décrocha le datapad qui était posé sur la banquette de chevet. Une pression sur l’alimentation, et une image en trois dimension de deux bébés qui agitaient les bras l’un sur l’autre, se mordant, se caressant et s’entre mêlant dans des mouvements incontrôlés. Helera passa alors ses doigts dans l’image et se laissa de nouveau tomber dans le lit, faisant tourner l’enregistrement en boucle.

« Et si mon choix de vous protéger amenait à la destruction de votre futur ? J’aimerai que la vie soit à jamais celle de Nelvaan … »

Mya revenait toujours dans les pires moments. Ou plutôt, son arrivée annonçait des heures sombres. L’augure de l’apocalypse. Le corbeau des ténèbres. Elle laissa tomber le datapad sur son ventre et leva les yeux au plafond, regardant les irrégularités du métal, les discernant davantage avec le point de rupture. Faire l’autruche ne servait à rien, pas plus que se précipiter. Mya et elle, juste deux sensitives. Quelle chance avaient-elles face à un dieu ? Et bien … Andeddu, Krayt, Zannar … Elles en avaient déjà vaincus des dieux. Au loin, un objet interpella son regard. Un bâton de la taille d’un avant bras, reliés de cuir tout autour, de ficelles et imprégnés d’une puissance brute. Helera attira son sabre à elle sans bouger du lit. Elle en contempla les caractéristiques, défauts et traces puis laissa échapper un long soupire. La reine se releva, posa le datapad, accrocha son sabre dans son dos, au dessus du bassin.

Freinage. Le vaisseau trembla. L’hyperespace, et Nelvaan en vue. Helera quitta sa chambre en vitesse et remonta le vaisseau jusqu’à la passerelle de commandement. Elle se faufila à travers les officiers qui l’ignorèrent, concentré à transmettre les bons codes. Helera s’arrêta devant la verrière, contemplant la planète blanche. Elle ferma les yeux et prit une grande inspiration, sentant la connexion avec son monde s’établir de nouveau.

« Amiral, est ce que la mirialan est encore dans l’infirmerie ? »

L’autre hocha négativement la tête et lui indiqua la position exacte. La reine fit volte-face et s’en alla à travers les couloirs, retrouver son invitée probablement perdue. Ou pas, d’ailleurs. Peut-être savait elle exactement où elle allait. Dans ce cas, c’était un autre problème. Mais qu’importe.

« Tout s’est bien passé ? J’ai des vêtements qui devraient t’aller si tu le désires. »

Elle attendit la réponse.

« Nous sommes arrivée au point de départ. Les deux vaisseaux sont prêts. Le tiens, si tu désires quitter cet endroit. Le miens, pour que nous allions sur la planète. C’est ici le croisement des destins. »

Elle écarta les bras et les laissa retomber. Il n’y avait rien à dire de plus. Juste un choix à faire.
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By Mya Tellis
#34065
    La coursive menait au hangar, elle le longeait et le toisait. De ce perchoir on pouvait admirer les vaisseaux en sommeil, et derrière eux, au-delà de la baie, l’espace. En sortie d’hyperespace, le mastodonte d’acier entama les premières manoeuvres et depuis son flanc, on put apercevoir la destination du voyage. Une planète, dont l’apparence, à cette distance, s'apparentait à celle d’un pâle mais géant lapis lazuli, à la surface polie par les rayons d’une étoile postée hors du tableau. La Mirialan crut distinguer, dans le sillon de cette planète, quelques satellites sphériques, des lunes certainement.

    L’arrivée d’Helera perturba la tranquillité, si précieuse alors que le hangar en bas subissait une agitation effervescente, de la coursive. La Grise offrit un choix.

    Darth Ranath avait le sentiment de perdre son temps ici. Mais la réalité de la situation imposait une réponse que l’Humaine aurait pu être en mesure d’anticiper. Le seul avantage de cette planète était d’abriter Helera Kor’Rial et les survivants de son Ordre Gris. Il y avait un mince espoir que l’endroit possédât un quelconque intérêt sur le plan de la Force. L’autre solution, suggérée par la Grise, était d’en rester là, et de rebrousser chemin. Mais les possibles destinations de la Sith se trouvaient, pensait-elle, bien loin de là, sinon à l’autre bout de la Galaxie. Étant donné le point de rendez-vous initial, Ranath estimait son temps de trajet jusqu’à Ziost à plus de quatre jours. Alors qu’elle pouvait poser le pied sur cette planète-ci dans quelques heures. L’avantage de Ziost demeurant essentiellement celui de la tranquillité. Contre toutes ces âmes sensitives à disposition immédiate.

    Une question émergea dans l’esprit de la Mirialan. À quelle vitesse … à quelle vitesse se déplaçait-il ? Avait-il les moyens de tomber en hyperespace ? Ou bien de se téléporter ? En combien de temps pouvait-il sauter d’un système à l’autre ? Le point fut aussitôt classé comme pertinent et nécessitant réponse rapide. Elle avait besoin de le voir. Elle devait le trouver, et cela ne pouvait pas attendre la fin d’un autre long voyage de ce genre. Elle avait déjà trop attendu.

      « Je viens avec toi. Mais comprends que je devrais repartir bientôt. »

    En fin de compte, Ranath s’était changée et avait embarqué avec Helera pour entamer la descente vers l’astre tellurique.

    Ce qui avait d’abord semblé de loin être bleu, s’avérait de près être blanc. Sous l’atmosphère et la couche de nuages, était cachée une planète couverte de roche et de neige. Un climat de prime abord hostile, mais qui ravirait la Mirialan, tant la chaleur l’incommodait.

      « Comment s’appelle cette planète ? »

    L’atterrissage ne prendrait plus longtemps.
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