L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Mya Tellis
#33753
    Un dialogue difficile, comme toujours. La Sith s’y était préparée.

      « Je n’ai toujours aucune information concernant ce Komus. Vous êtes allés avec la Jedi sur Terminus, suivant l’appel d’un être obscur. Déjà … Pourquoi avoir suivi cet appel ? Pourquoi que vous deux ? Pourquoi vous ? »

    Ranath croisa les bras, elle se tenait toujours debout.

    Tu sais que je cours toujours après mes visions. La Force, cette fois, m’a menée sur Terminus. Je rêvais depuis des jours d’un homme et d’un lieu, une tour. Je suis donc allée sur Terminus, pour trouver cet endroit. Ma rencontre avec la Jedi n’était certainement pas due au hasard, mais …

    La Mirialan fronça les sourcils en une moue contrariée. D’un pas ou deux, elle s’approcha d’Helera. Elle tira une chaise pour s’asseoir en face de la Grise et d’une main tendue, l’invita au partage. Elle n’avait en vérité pas besoin d’un contact physique avec elle, mais le lien serait ainsi plus facile à établir. Une fois que les deux mains - celle de la Sith était froide comme la peau d’un cadavre - furent liées, Ranath ferma les yeux.

      « Regarde. »

    Elle laissa un peu aller sa pensée, allégeant son esprit des verrous superficiels et s’enfonça dans sa propre mémoire. Elle y trouva la vision d’Haarlock, cet homme au teint blafard et aux cheveux d’ébène, et de la tour. Elle montra à Helera son arrivée sur Terminus, son échange avec Hayley. Les images défilaient rapidement, certains mots, parfois, sonnaient à leurs oreilles. Elle lui montra Gunmetal City, et la tour. Sa descente sous terre, sa rencontre avec Haarlock. Les murs couverts de runes, sa propre vie prophétisée. La douleur.

    La Sith maintenait désormais difficilement le contact mental, peinant à partage ses émotions qu’elle tentait de contenir à l’état de simples souvenirs.

    Elle continua néanmoins, attirant l’attention d’Helera sur l’annonce de l’arrivée de Komus.

      Quand Komus sera éveillé, il engloutira tout. Il ne laissera rien d'autre que la marque de son influence sur les dieux et les hommes et les forts et les faibles. Tes semblables mortels qui habitent cette galaxie croient que la menace vient de l'extérieur. Ils croient que les descendants d'Adas aux cœurs emplis de rage et de haine sont la pire menace qu'ils aient à affronter. Nous sommes Erasmus Haarlock et nous avons contemplé Sa lumière. Nous savons ce qu'il arrivera. Tu veux savoir ce qui arrivera ? Nous allons te le montrer. Tel est le cadeau de Komus à son infante rebelle !

    Et l’implication d’Hayley. Haarlock cherchait Hayley. Le combat. La défaite. La mort de l’enfant. Un sacrifice pour réveiller Komus. Et la fatalité. Quelque part, elle l’avait sentie, l’Astre Tyran s’était éveillé.

    Ranath interrompit l’échange mental. Toute la suite … elle ne s’en souvenait pas. Par contre …

      « Je peux te montrer Komus. »

    Elle lui tendit de nouveau la main et recommença l’exercice, avec cette fois une image qui n’était pas un souvenir, mais un cauchemar qui ne la quittait plus.

      L'Astre prenait la forme d'une lune déchiquetée, éventrée par le temps et les abus, ravagée jusqu'à ce que tout souvenir de sa beauté originelle eut disparu pour de bon. De grandes balafres striaient sa surface sans atmosphère ni nuage et rien n'y vivait, n'y poussait ou ne s'y déplaçait. La seule vue de cette chose inspirait une terreur folle. Il ne s'agissait pas d'un monde qui avait été anéanti dans un passé immémorial mais bien de quelque chose ou la vie n'avait jamais existé.

      De profonds trous perçaient son écorce et ouvraient des gouffres immenses visibles depuis l'espace s'enfonçant en son sein. Ces interstices présentes partout n’était pas de simples puits mais formaient des visages hurlant d'une colère et d'une douleur impossibles. Et plus incroyable encore, ces visages bougeaient. Un ballet sans fin d'agonie, de haine pure et de folie se répétait encore et encore.

      Et cet astre se déplaçait à travers la toile céleste, il se mouvait à une vitesse incompréhensible, et s'arrêtait au-dessus de chaque monde qu'il croisait. Alors il déversait ce qui reposait dans ses entrailles et de celles-ci jaillissaient les pires cauchemars des vivants.

    La Grise put alors percevoir la tristesse de Ranath qui rappelait déjà à elle ses pensées pour rompre tout contact.

      « Que s’est-il passé là-bas pour que la situation te paraisse assez urgente pour que tu décides de me contacter ?
      Je ne l’ai pas vu de mes yeux. C’était une vision, un rêve. Puis il m’a montré la flotte des Sangs Purs. Je suis sûre que c’étaient eux. Et il les a détruits. Je ne sais pas où ça s’est produit. Si Komus existe bel et bien, il faut le trouver. »

    Elle ne répondait pas tout à fait à la question, elle ne parvenait pas à exprimer cette urgence qui lui semblait évidente.

      « Enfin, qu’est ce qui te fait croire que … que des gens vont lever le petit doigt pour se préparer à lutter contre ce Komus, alors qu’ils n’ont rien fait pour empêcher l’invasion Sang pur ? »

    La remarque la laissa un instant perplexe. Helera avait raison … mais ce n’était pas assez pour la décourager. Ranath avait baissé la tête. Elle releva soudainement les yeux vers la Grise.

      « Ils ne feront rien. Mais je n’attendrai pas qu’il vienne à nous. Je le trouverai. »
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By Helera Kor'rial
#33754
Helera tendit la main gauche, la main robotique, celle qui risquait le moins de souffrir à un éventuel piège. Sans un mot, elle attendit que la mirialan ne lui montre ce qu’elle avait prévu. Son esprit était cloisonné et Helera ne laisserait rien filtrer. Ni même ne s’aventurerait dans celui de la Sith. Les projections suffiraient, le contact mental ne servirait qu’à cela. La confiance qu’imposait le lien était trop importante pour la délaissée à la première personne venue. La reine était sur la défensive et pire encore, sur la contre-attaque. Tout cela semblait surréaliste …

Pourtant … Pourtant cela se passa. Des bribes de souvenir soufflèrent autour de son esprit. Des images, des sons, des impressions. La jedi aux cheveux de feu. Rien à faire de tout ça. Elle passa à l’essentiel. L’arrivée de Komus. Une bien étrange prophétie qui était proférée. Par qui ? Erasmus Haarlock. L’homme qui portait le prénom d’un organisme d’échange linguistique et le nom d’un capitaine pirate. Des menaces comme elle en avait entendu des milliers dans sa vie. Par les Sith, par des criminelles, par des hommes politiques. Tout autant de personne qui croyait leur pouvoir assez grand pour faire basculer le monde. Toutes ces personnes qui étaient subitement tombées de leur piédestal pour se casser la figure au sol. Tout cela ne prouvait rien. Enfin si. Qu’il y avait encore un mégalo dans la galaxie. Un de plus. La prophétie prit fin et tout changea. Hayley, la mort, toujours aucune importance, elle ne retint rien. La reine avait perdu assez de temps avec les histoires de Sith et de Jedi dans sa vie et n’en avait désormais plus rien à faire. Désabusée par tout le crédit que l’on pouvait lui accorder dans cette tâche qui était vouée à l’échec. L’empereur avait raison, et elle partageait son avis. Tout ce qui est Jedi deviendra Sith, ou mourra de sa main. Mais passons. Le contact fut rompu, puis une autre vision.

Une lune, qui mange des planètes. Une lune comme il en avait existé deux dans la galaxie. Détruite. Qui visiblement n’avait pas attiré l’attention des milliers de radars postés en bordure des gouvernements. Ces mêmes radars qui recevaient les informations en continu concernant des changements de gravités. Cette chose qui n’était rien d’autre qu’un bout de cailloux, qui aurait eu la puissance de détruire la galaxie, qui jamais ne fut détruit, mais éteint une fois. Rien dans l’histoire on ne signalait sa présence. Une chimère du passé qui venait parasiter le présent. Non, elle n’était pas convaincue. Pas plus qu’elle le fut en la tristesse de la mirialan. Le lien avait beau être le moyen le plus limpide pour percevoir les sentiments réels, il n’en restait pas moins qu’ils appartenaient à une Sith.

« La flotte des sangs purs détruites ? »

Elle n’avait pas eu les mêmes informations. L’histoire lui paraissait de moins en moins crédible. La vision envoyée à un être assez crédule pour courir après. Un être déchirée par l’obscurité des sangs purs, prête à croire que quelque chose de plus grand arrivait. Tout cela n’avait pas la moindre nuance de preuve. Ce qui était inquiétant en revanche, c’est qu’elle y croyait. La mirialan devenait alors le vrai problème dans l’équation. Parce qu’elle était probablement assez instable pour être imprévisible. Elles avaient besoin de discuter toutes les deux. Helera devait comprendre.

« Si tu te lances à l’assaut par excès de zèle, tu mourras. »

Ce n’était pas un conseil en réalité, juste la manière d’accorder du crédit à des paroles sans sens. Que faire d’elle ? C’était bien toute la question.

« Je n’arrive pas à faire le lien avec cet évènement et le présent. Il y a combien de temps que cela s’est passé ? Qu’as-tu fait depuis ? Qu’est ce qui t’as mis dans cet état précaire dans lequel tu te trouvais quand tu m’as envoyé la vision ? »

C’était un véritable interrogatoire, mais elle n’avait pas le choix.

« Je ne suis plus cette « amie » prête à courir après une vision et les promesses d’un avenir obscure. Je suis ton hôte désormais. Laisse-moi ne pas manquer à mes exigences et t’offrir de quoi boire et manger, déjà. Tu es amenée à passer quelques temps dans la flotte. L’urgence de ton message m’a obligé à prendre quelques dispositions auprès des miens, que nous devrons respecter. »

Un silence.

« Nous avons quelques heures devant nous, peut-être préfères-tu changer de pièce, pour un endroit plus confortable ? Les chaises ici n’offrent que peu de confort pour de longues discussions. »
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By Mya Tellis
#33755
    Helera avait perdu son bras, mangé par on ne savait trop quoi sur une planète en perdition. À ce stade de sa vie, elle n’était alors plus qu’une loque humaine. Puis on lui avait greffé ce membre métallique et quelque chose était arrivé. Ranath ne savait pas quoi, mais la Grise était devenue une autre. Elle préférait cette autre, elle lui ressemblait. Et par la force des choses, elle acceptait d’entendre ses retenues.

      « Je n’arrive pas à faire le lien avec cet évènement et le présent. Il y a combien de temps que cela s’est passé ? Qu’as-tu fait depuis ? Qu’est ce qui t’as mis dans cet état précaire dans lequel tu te trouvais quand tu m’as envoyé la vision ? »

    La Mirialan se laissa aller un peu en arrière, reposant son dos sur le dossier. Elle affichait un rictus cynique.

      « Ça doit faire … huit ou dix jours. »

    Après la mort d’Haarlock j’ai regagné mon vaisseau et j’ai quitté Terminus. Je ne m’en souviens pas vraiment, je me rappelle avoir cherché Komus, dans la Force. Je t’ai montré le résultat.

    Elle haussa vaguement les épaules.

      « J’ai visionné les enregistrements vidéos des caméras de surveillance du vaisseau.

      Je crois que je suis restée quatre jours dans un état semi-conscient. Je n’ai pas tout regardé. C’était comme un long cauchemar. C’est à ce moment-là que j’ai dû faire ça.
      »

    Soulevant le bas de sa tunique, elle montra le patch imbibé de sang sur son ventre, et le cacha de nouveau. Elle avait aussi connaissance de plusieurs blessures et brûlures dans le dos et sur les jambes, mais une fois encore, elle n’était pas capable de dire si c’était arrivé sur Terminus ou à bord du Poing de l’Ombre. Elle n’en parla pas.

      « Quand j’ai émergé j’ai pris conscience de ce qu’il s’était passé. En regardant les vidéos j’ai paniqué, angoissé, le cauchemar a repris, en somme. Et c’est là que je t’ai cherché. »

    La Mirialan se tut un instant, quelques secondes, avant de terminer sommairement son récit monocorde.

      « Je suis allée voir Isabo. Puis je suis venue à notre point de rendez-vous. Je dirais que je n’ai pas réellement dormi depuis l’incident sur Terminus, et pas mangé. »

    Détails inutiles. Elle doutait que cela n’intéressât véritablement la Grise.

      « Nous avons quelques heures devant nous, peut-être préfères-tu changer de pièce, pour un endroit plus confortable ? Les chaises ici n’offrent que peu de confort pour de longues discussions. »

    Elle parut hésiter, mais se décida finalement.

      « Je suis bien ici. »

    En vérité Ranath ne voulait pas sortir de là. Elle avait trouvé … on lui avait trouvé un endroit où se terrer et ça lui allait parfaitement.

      « Je ne sais pas si tout ceci est réel. On se joue peut-être de moi. Peu importe. Je dois savoir, je saurai. Tu n’es pas obligée de donner de l’importance à tout ça. »

    La Sith se détourna de son interlocutrice pour s’accouder sur la table dont la taille démesurée jurait avec l’intimité de la conversation.

      « J’aimerais ne rien connaître de la Force … n’avoir aucun don … »

    Elle observait ses mains qui jadis étaient ornées de tatouages. Les regrets ne la quittait plus. Elle n’avait jamais été un Jedi, elle ne serait jamais vraiment une Sith. Et elle ne pouvait pas arrêter de ressentir les vibrations autour d’elle, la Force, partout. C’était à vomir.
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By Helera Kor'rial
#33756
Huit ou dix jours seulement. C’était tout récent. Et dans le même temps, la Jedi était morte. Impressionnant à quel point les évènements se déroulaient vite autour de Nelvaan. Tandis que sur la planète, le temps passait vraiment lentement. Ou plutôt, il passait assez vite pour que l’on ait l’impression de ne rien faire. En réalité … elle était bien trop occupée à gérer le royaume et sa famille. Tache nécessaire, voulue et aimée, qu’on se le dise. Nouveau haussement de sourcil. Quatre jours dans l’errance, c’était long. Helera ne comprit pas vraiment à ce moment si c’était elle qui s’était auto mutilée, ou si ces blessures étaient les reliquats d’un combat épic avec la créature. Puis rien qui ne devait retenir son attention, elle avait perdu les pédales ou avait eu un éclair de lucidité. L’un ou l’autre l’avait amené à la contacter, rien de plus. Isabo était encore en vie ? Surprenant. Après l’avoir envoyé baladé, Helera aurait cru la petite tombée dans l’obscurité. Rien n’excluait ce fait dans le discours de la Sith ceci dit. Encore une personne qui l’avait prise pour une imbécile. Leur entourage se liait bizarrement à l’un ou l’autre, mais jamais aux deux en même temps. Ce fait était aussi étonnant. Peut-être que la mirialan était à ses antipodes. Probablement d’ailleurs.

« Tu n’as pas mangé ni dormi depuis plus de huit jours ? »

Elle délirait. Personne ne pouvait tenir autant. Même en méditant. Ou alors la mirialan avait développée des pouvoirs dont la reine ne soupçonnait pas. Cela ne fit que renforcer la méfiance à son égard. Mais évidemment, elle ne voulut pas bouger. Oui, elle délirait. Elle-même doutait de ce qu’elle avait vu. Andeddu lui avait prouvé qu’il était possible de recréer tout un monde à travers l’illusion. Si une autre entité se révélait au moins aussi puissante, c’était possible que tout cela ne se révèle être qu’un des mensonges orchestrés par les sangs purs, pour cacher leur présence. Ainsi, ils se seraient fait détruire par les forces impériales, et les reliquats des flottes essaieraient de se reconstruire, en cachant leur présence. Tout était possible et les théories étaient légion.

« Toi tu y crois et tu es loin d’être idiote. Il doit y avoir quelque chose d’assez important au fond de cette histoire pour que cela te mette dans cet état. »

Elle se retourna, lui tournant le dos, et proféra la phrase. Helera esquissa un sourire et se releva. Les mains jointes dans le dos, elle marchait lentement, avec parcimonie et mesure. Comme si chaque pas était calculé. Elle posa sa main métallique sur l’épaule de la Sith. Elle, elle n’aurait droit qu’à cette main décharnée. Puis, continua sa marche.

« C’est notre lot à tous. Enfants de la Force, il ne tient qu’à nous de croire en notre potentiel ou de lui tourner le dos. Mais quel que soit la voie que l’on choisit, nous ne restons jamais que des êtres faits de chair et de sang. »

Une malédiction, c’était comme cela qu’elle appelait ce don de la Force. Tout comme la mirialan souhaitait ne jamais y avoir été bercée. Mais c’était ainsi. Et désormais ils devaient tous vivre avec et faire de ce potentiel une valeur ajoutée pour les êtres vivants. Helera se balada dans le devant de la salle, faisant des allées retours aléatoires.

« Tu as tout ce qu’il faut dans ce vaisseau. Les soldats ne sont pas tous présents, aussi des centaines de salles de bain, couchettes etc. sont disponibles. Tu peux me faire demander de la nourriture et tu seras servie. Il ne tient qu’à toi de savoir ce que tu veux. Tu veux chasser le mal absolu, mais surement pas en te laissant mourir. »

Helera haussa les épaules.

« Je ne prendrai aucune décision pour le moment, car ce n’est pas à moi de la prendre. »

Ses doigts passèrent sur le pupitre métallique, elle tournait le dos à la Sith.

« Pour autant tu auras ta réponse en temps utile. Ce qui ne nous empêche pas de discuter de tout cela pendant ce lapse de temps. L’urgence de la situation n’inclue pas la mort de son messager, me trompe-je ? »

Elle était son « invitée » après tout. La reine se retourna lentement et se plaça non loin de l’ex-jedi. Les mains toujours dans le dos, elle inclina légèrement la tête.

« J’ai appris le sauvetage de mon fiancé, le roi Althar Fanrel Keto. Pour cela, je te suis infiniment reconnaissante. Pour autant, je n’ai pas eu tous les détails. Peut-être pourras-tu me renseigner ? »

Leçon numéro une. La pièce manquante.
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By Mya Tellis
#33758
    Helera n’avait à dire que Ranath n’eut déjà entendu. Des banalités, somme toute. Aussi n’avait-elle rien à répondre à cela. À part un merci, peut-être, pour la mise à disposition d’un espace privé dans lequel s’enfermer pour continuer de délirer tranquillement sur cette histoire de lune cannibale.

    Un soupir.

    Ce qui la chagrinait le plus, c’était d’attendre une réponse. Elle se rendit compte alors que la Grise n’avait pas tout à fait compris la requête de son indésirable invitée.

      « Qui prendra la décision ? Ça ne concerne que toi. Pas d’armée, pas de flotte, pas de réunion. »

    Non, non, surtout pas de réunion. Elle paniquait soudain et dût lutter contre son envie de bondir de sa chaise pour s’enfuir de ce maudit vaisseau rempli de Gris.

      « Je ne veux impliquer personne d’autre. »

    Et c’était pour cela qu’elle n’avait contacté personne d’autre.

    La suite lui sembla, de prime abord, plus légère.

    Althar Fanrel Keto. Roi Althar Fanrel Keto. La dernière fois qu’elle l’avait croisé, il n’était que prince. Ha ha, il était monté en grade, le malheur des uns … Euh quoi ? Son fiancé. Voilà qui expliquait bien des choses. Ranath hocha la tête. Éternellement reconnaissante ? Qu’est-ce-qu’on pouvait en dire des conneries pour se montrer polie. Et euh … attends …

      « C’est lui qui t’as dit ça ? »

    Elle délia ses mains et se tourna vers la Grise.

      « Il ne t’a pas raconté comment il avait bêtement mis sa vie en danger mais il t’a dit que moi je l’avais aidé … sauvé ? »

    La Mirialan laissa échapper un soupir narquois et se rassit en face de la table. De nouveau, elle se plongea dans l’inspection méticuleuse de ses mains.

      « Il ne t’a pas parlé du destroyer pourri jusqu’au moteur d’abominations sith ? »

    Ce n’était pas de bons souvenirs, et Ranath ne voulait pas y repenser. Elle pouvait cependant en dire une chose.

    Je ne l’ai pas sauvé. Nous avons combattu ensemble, pour survivre. Keto serait peut-être mort là bas si je ne l’avais pas rejoint. Mais personne n’aurait survécu seul à cet enfer. Au détail près qu’en ce qui me concerne je ne me serais pas approchée de ce vaisseau … pour une fois.

    Et cela avait peut-être été la seule fois que la Mirialan avait eu envie de ne pas aller au devant d’un mystérieux danger. Un pressentiment, sans aucun doute. Mais l’Humain était arrogant, et elle avait eu pitié …

      « Je suis ravie d’entendre qu’il est toujours en vie. »

    Les détails de leur histoire qu’elle supposait d’amour ne l’intéressaient pas.
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By Helera Kor'rial
#33760
« Que moi ? J’ai peur de ne pas comprendre. Que veux-tu que moi seule fasse contre des entités aussi puissantes que des dieux ? »

Helera ne voyait pas bien où elle voulait en venir. Nouveau haussement de sourcil. Son interlocutrice s’attendait sûrement à ce qu’elles empoignent un vaisseau comme au bon vieux temps pour se jeter droit dans la gueule du loup. Non, elle y avait déjà mis son bras et il lui avait gardé. Plus de sacrifice inutile, plus de … guerilla de comptoir, plus d’idéaux. Maintenant, seule Nelvaan comptait. Les bêtises de jeunesse se devaient de rester dans le passé. L’avenir se construisait en cohésion avec ses amis, ses collègues et son peuple. Pas avec une nana dont le statut n’était pas encore bien défini. La reine avait alors changé de sujet, pour passer sur Althar.

La première question fut rhétorique, sans nul doute. Qui d’autre que lui avait pu dire cela ? Helera resta ainsi figée sur place, dans la posture d’attente. Cela semblait raviver des souvenirs lointains. Des souvenirs qui prenaient naissance dans l’horreur d’une bataille à bord du DSI des enfers.

« Si, j’en sais une partie. »

Elle fit quelques pas dans la salle et sourit. Ce genre de sourire rare qui n’était destiné qu’à une seule personne. Trois désormais, en fait. Cette fois, il fut adressé au vide, en espérant que les destinataires le reçoivent. Helera revint vers Mya lentement.

« Althar est de ces personnes bercées par l’héroïsme, qui auront tendance à sacrifier leur personne pour le bien d’autrui. Ce genre de personne prêt à se lancer dans la bataille en première ligne. »

Le double sens était lancé.

« J’essaye de l’en dissuader néanmoins. Les héros n’ont de place que dans les tombes et les livres d’histoire. Dans la vie réelle, on meure et on pourrit sur un champ de bataille, oublié de tous, point. »

Ranath s’en défendit, évidemment. Essayant toujours de lui faire croire qu’elle était la pire méchante de service. A défaut de ne pas être véritablement une personne pleine de bonté, elle était loin d’être une méchante. La folie n’a jamais été une partie de la méchanceté après tout.

« Merci de l’avoir secondé dans ce cas. Comme tu dis, il n’y serait pas arrivé seul. »

La suite l’amusa. L’utilisation des mots dans la bouche de la mirialan était toujours en trahison avec sa condition.

« Râvie ? Vraiment ? »

Helera doutait sincèrement que la mirialan ait été une fois ravie de quelque chose. Surement ravie quand elle avait perdu son bras. Mais pas ravie pour qu’une personne qui selon elle avait été un boulet soit encore en vie. Il y avait encore un paradoxe entre ses paroles.

« Dans tous les cas, cela l’a assez touché pour qu’il m’en parle. Ce qu’il a ramené cependant de cette expédition … je m’en serai bien passé. »

Foutu virus Sith. Elle se remémora les évènements qui avaient précédé leur rencontre. Tous les tenants et aboutissant de leur relation. Basée sur le soin de sa condition.

« Il est toujours en vie, c’est l’essentiel oui. »

Helera resta songeuse, se perdant dans ses pensées quelques minutes.
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By Mya Tellis
#33935
    Tout ce qui suivit n’appelait aucune réponse. Du moins c’était ainsi que la Sith l’interpréta. Et tandis que Helera s’abîmait dans ses pensées, Ranath en fit de même. Ce qui venait d’être dit nécessitait réflexion. Le Petit Prince, avec la Reine Grise. La Mirialan se laissa aller à un genre nouveau de mélancolie. Ils étaient fiancés. Elle sentit poindre la jalousie, ainsi qu’une peine inconsolable. Où était son prince, à elle ? Son poing, sur son genou, se serra, ses ongles pénétrèrent la chair de sa paume, et la colère effaça toute tristesse. La Sith se leva et se tourna vers Helera.

      « Je te demande pardon, j’ai eu tort de venir te trouver. »

    Elle posait sur la Grise un regard plein d’envie.

      « Je n’ai pas conscience que tu évolues et que les choses changent. »

    Et il y avait autre chose.

      « Et nous prenons le même chemin, encore. Je ne sais pas où nous allons. Mais tu demanderas encore à d’autres de se réunir, et de discuter du problème, et de prendre des mesures contre la menace. »

    Il y eut une courte pause.

      « Mais c’est trop tôt. Je suis venue te voir toi pour que tu viennes avec moi à la rencontre de cette menace, seules. C’est ta décision qui m’importe. S’il ne t’appartient pas de prendre cette décision seule et maintenant, j’irai sans toi. Et je n’impliquerai personne d’autre. »

    Elle était catégorique, mais étrangement sans haine. Elle avait pris conscience de certains faits. Helera n’était plus si seule qu’avant, peut-être n’avait-elle pas tout dit sur sa situation, peut-être le Prince n’était-il pas sa seule responsabilité. Il fallait admettre que la Grise s’était assagie. Et l’on n’envoyait pas les sages au devant d'hypothétiques et délirants dangers.

      « J’aimerais que tu laisses décoller mon vaisseau, s’il te plait, avant d’arriver à destination. »

    Cela impliquait de quitter l’hyperespace, d’autoriser un départ, puis de recalculer un saut.

      « Je t’ai fait perdre ton temps, je suis désolée. »

    Il fallait se rendre à l’évidence. Ranath irait seule. Et il n’y avait dans cette décision aucun jugement, aucune rancoeur. Elle lui demandait simplement de la laisser partir maintenant. La Mirialan reviendrait en temps voulu, avec les informations nécessaires à une prise de décision utile, et non basée sur les délires d’une fille un peu paumée.
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By Helera Kor'rial
#33939
Helera était debout, une main sur l’autre, toutes deux posés sur son bassin. Son regard s’était égaré par delà le voile de la réalité. Et il ne fallut qu’une mirialan en manque d’attention pour qu’elle n’eut ce qu’elle demanda. Désormais toutes deux debouts, Helera esquissa un bref sourire, trop bref.

« La Force, très chère. Nous ne sommes que ses instruments après tout. »

La mirialan sembla se perdre en délire et autre préoccupation qui n’avait même pas éfrolé la tête de la reine. Les deux sourcils en furent choqués en même temps. Pourtant le reste du visage ne silla pas. Un léger mouvement de tête sur le côté. Venait-elle de faire une référence à la réunion ? Pitoyable réunion de bien des manières. Mais pour elle, surement la plus grande réunion de tous les temps, qui lui avait permis d’être regroupé avec Althar. Mya avait dû la voir sous un autre jour. Un moment inutile, avec des gens tout aussi inutiles.

« Non. »Se contenta t-elle de dire. Elle appuya ensuite cette négation par un mouvement de tête.

« Non, Ranath. Il n’y aura pas de réunions, il n’y en aura plus. Pas auquelles je participe néanmoins. Ce qui ne t’empêche pas d’aller défendre tes idées et perdre ton temps. Je crois même que la république en a un lieu dédié. »

Elle ricanna toute seule. Ou peut-être avec mya ? Qui sait après tout. Même les encapuchonés peuvent avoir des sentiments, quelques fois. Des soubresaults de lumière dans leur petit cœur si noir. La suite la fit sourire, intérieurement néanmoins. Le petit chat se sentait prisonnier, alors il usait de toutes sortes de formes de politesse. Parce qu’il savait qu’il n’avait pas la supériorité dans ce lieu, avec elle, avec ses femmes et ses hommes qui lui avaient prétées allégeance.

« Ta mort n’aura d’utilité que pour tes ennemis ma chère. Tu auras ma décision en temps utile. Ne te fâche pas, il n’y a dans ce vaisseau personne qui te veut du mal. »

La foudre allait sûrement surgir. Pouvait-on dire non à un sith ? Helera en avait passé toute sa vie. Il y avait bien d’autres raisons pour lesquelles elle lui refusait. La mirialan n’avait cependant pas besoin de les savoir.

« Nous sommes actuellement dans mon secteur. Mais il n’y a pas de balises, pas de satellites holonet. Te parachuter ici reviendrait à te tuer. Patience, Ranath. Nous avons quelques heures devant nous pendant lesquelles tu auras tout le loisir pour me convaincre du bien fondé de ton projet. »

Elle esquissa un sourire. Ce genre de sourire non pas mesquin mais posé et calme.

« Tu prétends que j’ai changé, alors prouvons ensemble que c’est le cas, et que je peux adopter ton point de vu. »

Helera fit volte face et d’un mouvement de la main ouvrit la salle dans laquelle elles étaient.

« Trouvons un endroit plus adéquat pour discuter. Suis-moi je te prie. Considère-toi comme mon invité, pas comme ma prisonnière, même si la situation semble démontrer le contraire. »

Dans le couloir, elle attendit son invitée avant de poursuivre.

« Il y a des sujets que nous devons aborder. Jeny par exemple, repérée sur Shaddaa pour la dernière fois. Ou du moins des rumeurs l’en rapportant. Marak ensuite. Plus de nouvelles depuis son escapade sur Taris avec toi. Dont je dois te renouveler mes félicitations d’ailleurs. Nous avons pu transmettre les données aux services gouvernementaux compétents. »

La tête haute, Helera restait de marbre. Même si elle regardait devant elle, c’était bien le genre de sujet qui pourrait la faire changer d’avis brusquement. Pour une personne lambda, il n’y aurait aucune différence, mais pour Mya …

« Quelques heures pendant lesquelles tu devras souffrir de ma présence je le crains. Avant que tu fasses ton choix. Je ferai le miens également à ce moment là. »
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By Mya Tellis
#33943
    Non.

    Ok, perdons encore plus de temps.

    C’était idiot. Mais Ranath n’insista pas. Elle avait eu tort de venir ici. Elle en assumait momentanément les conséquences. Helera en paierait certainement indirectement le prix plus tard. Cela arriverait, et la Sith ne pourrait rien y faire. Pour l’heure, elle était coincée ici. Et n’avait plus envie d’échanger quelque information que ce fut avec la Grise. Elle emboîta cependant le pas à Helera, écoutant d’une oreille ce qu’elle avait encore à lui dire.

    Jeny.

    Jeny avait disparu après son massacre sur Nar Shaddaa. Helera l’avait-elle cherchée ensuite ? C’était fort peu probable. Si les Gris avaient cherché Jeny, ils l’auraient déjà retrouvée. La louve n’était donc plus si importante aux yeux de son maître. C’était malheureux, et ne provoquait chez la Sith qu’une indifférence profonde. Jeny lui était dévouée, elle lui obéissait de son plein gré, toujours en posant des questions, mais jamais en contestant. La gamine avait juste eu besoin qu’on lui donne un nouveau cadre, bien plus glauque que le précédent, mais c’était préférable à toute autre sorte de perdition. Eh bien oui, parlons de Jeny.

    Marak.

    Il s’en était passé des choses depuis Taris … mais le Général n’avait plus donné de signes de vie ? Étrange. Vraiment étrange. Marak s’était pointé sur Nar Shaddaa, venu à la rencontre de la louve dans le but de l’aider. Il était alors bien un Gris à ce moment-là. Alors quoi ? Le Général ne rendait plus de compte ? Ou avait-il simplement préféré taire son déplacement imprévu pour couvrir sa petite soeur et sa … euh … amie ? Oui d’ailleurs, qu’étaient-ils l’un pour l’autre ? Des amants ? Oui ok, des amants. Vas-y, parle moi de Marak.

    Taris.

    Non, Taris c’était de la m&?!e. Pardon … La mission était un échec. Tout ceci n’avait servi à rien. Ah non, tout de même, on avait mis la main sur le Général. Bon alors, ça avait servi à faire, refaire, la connaissance du Zabrak. Et puis ?

    Toutes deux longeaient le couloir. Pour quelle destination ? Ranath n’en savait rien, et n’y prêtait pas attention. Peut-être Helera essaierait encore de lui refiler à manger, voire des soins. Désormais, elle se fichait également de cela.

    Bon oui, alors … Jeny, Marak …

      « Je t’écoute. »

    La Grise n’avait posé aucune question, la Sith ne lui apportait donc pour l’instant aucune réponse.
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By Helera Kor'rial
#33945
Mya s’enferma dans le silence. Le silence du déni, celui qui précède la colère, qui exprime le manque de temps apparent. La galaxie était déjà morte des centaines de fois, les ennemis des ennemis qui deviennent des amis, des grands maux qui se font éradiqués par un seul homme, des armées oubliés, des flottes détruites. Et puis quoi ? Tout cela n’était qu’un cercle que Mya ne semblait pas percevoir. Peut-être le niait elle tout simplement, peut-être la Force ne lui avait pas apporté les réponses qu’elle-même avait vu dans le firmament des étoiles. Des vérités, celle de la vie, et seulement de la vie. Pourquoi donc fallait-il combattre pour protéger la galaxie ? Etait-ce fondamentalement opposé à la vie que de la laisser s’éteindre ? Après tout … Sans mort, il n’y aurait pas de vie. Helera était la gardienne d’un culte, d’une culture mais ne cherchait pas pour autant à les protéger tous de la mort. Son titre de mère en revanche l’obligeait à protéger enfants et maris du trépas. La beauté de la vie, c’était cela. Lutter pour la préserver, quand elle touchait son propre sang. On ne pouvait pas sauver tout le monde. Tout le monde dans tous les cas ne vous sauveraient pas.

« Je t’ai connu plus bavarde. »

C’était faux. Elle avait toujours été silencieuse. Dans ce début où elles s’étaient rencontrées, et que l’une et l’autre était sans doute le plus similaire. Que restait-il de cette ressemblance ? Rien. Absolument rien. C’était bien dommage, et pourtant, son mari l’avait choisie elle. Les deux femmes empruntèrent donc le couloir, rencontrant par moment des soldats, officiers, quelques nelvaaniens. Chacun la saluant, elle leur rendant leur salut. Les deux femmes pénétrèrent ensuite dans une pièce plus restreinte. Une sorte de grande chambre dont on devinait un lit contre le mur, qui servait, une fois replié, d’armoire de stockage. Au premier plan, une table incrustée dans le mur, sur laquelle la reine invita son invitée à s’assoir. Elle récupéra une boisson marron et s’en servit un verre. Les effluves de cacao remontèrent dans la pièce.

« J’imagine que je ne te sers rien. Attention à ne pas mettre du sang de partout. »

Si elle ne voulait pas d’attention, elle n’en aurait pas. Helera s’assit, ignorant le fait que son interlocutrice l’imite ou non. Elle but une première gorgée et posa le verre sur la table. Elle en regarda le contenu et l’y agita.

« Tu es pressée Ranath. Tu sembles résolue à courir après ton trépas. Pour autant tu ne prends pas le temps de regarder derrière toi et de fédérer des gens qui pourraient t’aider. Tu viens me voir moi, sachant pertinemment que tu ne m’apprécies pas. Tu as plus besoin de mes compétences que de mon soutien, c’est un fait. Malgré les avertissements que l’on m’a adressés, je ne crois pas que cela soit un piège tendu pour me détruire. Tu es encore armée, tu aurais eu des dizaines d’occasion pour le faire. Je pense surtout que tu as peur de cette inconnue présence qui t’as embrumé l’esprit, t’empêchant de te détourner de son influence. Hm … »

Elle but une autre gorgée.

« As-tu songé à une autre approche que celle frontale ? As-tu songé à demander l’aide des Jedi ? As-tu songé à demander à Marak de te soutenir ? »

Nouvelle pause.

« As-tu songé au fait que tout ce qui te fait agir, tous tes faits et gestes, ont été au préalablement préparés, enregistrés et finalement t’ont été imposés ? De sorte à ce que tu fasses exactement tout ce qu’ils ont, ou ce qu’il a prévu pour toi ? Es-tu l’esclave, ou le maître ? »
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