L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Ariès
#34077
La Dernière Séance





Une voix masculine sembla extirper l'agente de sa réflexion. Le regard de celle-ci était livide, ses yeux creusés, son visage marqué par la fatigue. Il fallut de longues secondes à la jeune femme pour revenir à la réalité et ce fut un froncement de sourcil qui indiqua à l'humain le retour de la Chiss parmi les vivants.

Ariès ?
Vous sentez-vous bien ?


D'une voix faible, l'Impériale répondit sans pour autant prêter la moindre attention à son homologue masculin.


Affirmatif, Monsieur Aukhyns...


L'homme d'une cinquantaine d'années se pencha vers un dossier où était annoté sur la première de couverture le nom de la jeune femme. D'un œil avisé, il relut certaines de ses notes ; faisant des réflexions mentales sur ses propres comptes-rendus. Après un long soupir, ses yeux couleur cendre se reposèrent sur sa patiente. Il essayait de la sonder au plus profond de son être sans y parvenir. Jadis lorsque la Chiss n'était encore qu'une enfant, Aukhyns n'avait pas la moindre difficulté à lire en elle. Mais les années passèrent et la jeune femme s'arma à grand renfort de froideur et de mépris. Désormais sa patiente était devenue un bloc de marbre. Incassable et insondable. Pourtant l'humain savait où se trouvaient les brèches soigneusement dissimulées sur lesquels frapper afin de faire tomber cette armure à première vue indestructible.

Image
Docteur Aukhyns


Le Docteur n'était pas le genre de psychologue à atteindre le cœur d'une personne en brisant sa carapace à coup de burin. Il allait de manière calme et progressive, élargissant petit à petit les brèches jusqu'à ce que l'armure cède sous son poids imposant. Il suffisait de laisser faire l'oeuvre du temps et de tenir bon face à un patient retissant.

Voous semblez exténuée...
Les nuits se font courtes n'est-ce pas...Toujours ces mêmes cauchemars, humm ... ?
Parlez-moi de vous...


L'agente reste interdite devant les déductions de l'humain. À quoi bon justifier ses questions si celles-ci s'avéraient justes ? Une perte de temps se dit-elle.
Voyant que la Chiss n'était pas encline à discuter, Aukhyns essaya peu à peu de la pousser à parler. Sans grand succès en premier lieu, mais à force d'acharnement, l'agente finit par craquer. Lorsqu'elle répondit, sa voix était chargée d'amertume et de mépris. Une recette que ne connaissait que trop bien le Docteur.


Toujours ce même rêve... Toujours ces mêmes formes, toujours ces mêmes visages. Toujours cette froideur qui m'entoure...cet abandon... cette .... solitude..


Humm...


ourquoi rien ne change-t-il ? Pourquoi suis-je toujours prisonnière ? Pourquoi tant de souffrance ?
...
Vous prétendiez.... Vous prétendiez qu'en acceptant votre aide, je m'en sortirais. Vous me disiez, vous me répétiez que tout finirait par s'arranger, qu'un jour je serais enfin libérée de ce poids, que si je décidais de me confier à vous... vous pourriez trouver des solutions pour que j'aille mieux...
Et pourtant....


La jeune femme ancra solidement ses doigts dans le cuir froid du fauteuil sur lequel elle siégeait.


Pourtant rien ne change... Je me retrouve toujours à la case départ. Chaque fois que vous me dites que j'ai fait un progrès, j'ai aussitôt l'impression de reculer de plus belle....

Regardez tous les efforts que j'ai faits depuis plus de 6 ans... Savez-vous ce que ça représente ?!
Six années de tortures et de supplices à endurer quotidiennement sans jamais pouvoir lâcher prise.
Tous ces supplices que j'ai subis, tous ces cauchemars qui harcèlent mes nuits, mes peurs secrètes qui m'assiègent une fois la nuit tombée...
Savez-vous ce que ça fait ?!
...
Bien sûr que vous ne savez pas Docteur...


Détrompez-vous très chère... Après tout je suis une partie intégrante de vous. Je sais exactement ce que vous ressentez.

Non.... C'est faux Docteur...

Détrompez-vous jeune fille.
Vous étiez plus bavarde pendant votre jeunesse ...

Vous ne me croyez pas ?
Écoutez ceux-ci alors.


Aukhyns observa le dossier contenant six années d'entretien entre les deux homologues. Lorsqu'il tomba sur ce qui l'intéressa, il lut le passage d'une fois monotone et quelque peu fataliste.

"Pourquoi je suis seule ? Pourquoi les gens me regardent bizarrement comme si j'étais un monstre ? Pourquoi avons-nous du quitté la maison ?
Je suis seule et j'ai si froid... J'aimerais rentrer à la maison, mais je ne peux pas.. Ils ne me veulent pas... Pourquoi ? ... Pourquoi je n'ai plus de famille ? Pourquoi je n'ai plus d'ami ? ... Pourquoi j'ai été abandonnée ? ... Pourquoi suis-je si seule ? Pour..."


Assez ....

En êtes-vous certaine ?

Assez. Par pitié ....

Comme vous voudrez...
Vous voyez je vous connais, je vous connais très bien Ariès et il se peut même que je vous connaisse mieux que vous-même.


...

Nous allons jouer à un jeu vous voulez bien ?
Bien...
Je vais vous poser des questions simples et votre objectif sera de répondre avec sincérité.


Dans ce cas, commençons.

Pourquoi méprisez-vous les humains ? Qu'a fait l'humanité pour recevoir toute votre méfiance et votre mépris ?

Parce que les humains sont des individus abjects, des tyrans ne pensant qu'à écraser tout ce qui se trouve sur leur passage.

Vous basez votre avis sur des préjugés et non sur votre expérience, votre vécu... Soyez plus franche je vous pris.

Je le suis...

Laissez-moi exposer ma version des faits.

Je suis tout ouïe.

Vous êtes nés sur Csilla, capitale de l'Ascendance Chiss. Monde enfermé sur lui-même, isolationniste, préférant se couper du monde extérieur. Vous avez suivi l'endoctrinement qui est celui des vôtres et vous vous êtes renfermés à tout ce qui est étranger. Suite à votre exil, vous avez dû rejoindre malgré vous l'Empire Galactique. Le Choc a dû être rude n'est-ce pas ?
Voir ces regards inquisiteurs, méprisants, colériques. Ces années aux Centre Militaire n'ont pas dû être de tout repos. Ce que vous avez vécu là-bas a renforcé l'idée que vous vous faisiez de l'Homme.
Et aujourd'hui vous le méprisez pour ceux qu'il est, pour ce qu'il vous a fait subir.

La question est... Pourquoi vous êtes-vous accrochés à cette Nation qui ne vous a rien offert hormis des tourments et de la souffrance ? Vous n'aviez aucun objectif en venant ici, pourquoi ?


Avais-je le choix, Docteur ?

Exactement ce que je voulais entendre !
Splendide ! Brillant ! Brillant !
Mais votre réponse est incomplète.

Vous étiez encore jeune Ariès, vous étiez fragile. L'exil a dû être un véritable coup de massue pour vous. Être exclu par sa Nation du jour au lendemain, devoir quitter ses amis sans leur dire adieux tout comme le reste de votre famille bien aimé. Voir vos rêves, vos espérances, votre ambition se briser en éclat face à un avenir incertain dans une Galaxie inconnue et violente. Je suis certain que vous auriez souhaité rejoindre les Mondes de la Rébellion ou bien une quelconque planète paisible. Mais vos parents ont choisi l'Empire. Quel choix avisé, avisé pour leur carrière militaire, mais tragique pour votre innocence et votre jeunesse...

Vous avez donc rejoint l'Empire Galactique sans le moindre but, sans le moindre objectif, sans aucune raison "de vivre". Et dans ce chaos émotionnel a germé une pensée, une raison. Après tout, tout devez bien avoir une raison, tout devait avoir une explication. Afin de trouver une raison à votre nouvelle vie, vous avez commencé à croire que vous deviez être redevable à l'Empire. Vous vous êtes imposé une dette fictive qui ne vit que dans votre esprit. Vous pensiez que l'Empire vous avez accordé le droit de faire une nouvelle vie en son sein et quand échange vous deviez le servir pour racheter votre reconstruction. Vous vous accrochez à quelque chose de fictif Ariès, vous avez inventé tout ceci pour avoir une raison d'être !


J'en ai assez de vos théories de charlatan !

Êtes-vous certaine d'être restée dans l'Empire, car c'est votre Nation désormais ?

Certaine, Docteur Aukhyns.

Cessez de vous mentir à vous-même Ariès.

Que...

Si vous quittiez l'Empire cela reviendrait à abandonner votre Nation. Ce que vous avez déjà vécut étant jeune. Vous avez peur Ariès, peur de vous retrouver de nouveau seule. Le fait d'être encore une fois de plus exilé ou exclu vous terrifie. Vous savez au fond de vous que si vous quitter l'Empire, vous les trahirez. Et vous ne voulez pas être comme les individus qui ont choisi de vous exiler vous et vos parents. Il vous serait insupportable de vous voir ainsi.

Vous êtes un vrai roc Ariès, solide et froid comme le marbre. Pourtant vous êtes parsemés de fissures. Vous tentez de les dissimuler, mais moi je les connais, car avec le temps vous avez fini par me les montrer. Sous cette armure qui a l'air impénétrable se dissimule une femme en état de faiblesse et en proie aux doutes, apeurée à l'idée d'être de nouveau seule et abandonné par ceux qu'elle aime. C'est ce que vous êtes Ariès, un château de cartes restant tant bien que mal en équilibre, mais qui un jour ou l'autre finira par s'écrouler... Votre entêtement à croire que ce que je vous dis est un mensonge est un moyen de vous protéger comme ce fanatisme qui semble vous habiter. Ce n'est rien de plus qu'un moyen de vous protéger des autres.


Je...

Cessez de vous mentir à vous-même. En faisant cela, vous vous renfermez sur vous-même et vous restez seule. Libérez-vous de ce poids...


Je...

Vous pouvez y arriver.

Je... Non...
Non....
Vous ne guérirez pas ces plaies Vous m'avez forcé à assister à ces séances de psychothérapie, vous avez délibérément déterré ces souvenirs que je tente d'effacer, d’enfouir. Mon mal n'est autre que vous.


Bien au contraire je suis là pour vous aider ! Vous devez affronter votre passé pour mieux vous armer dans le futur. N'enfermait pas votre passé et la jeune femme qui souffre de tout ceci dans le recoin de plus obscur de votre cœur...

Cette femme était faible, je ne le suis plus désormais.

Que vous ont-ils fait Ariès ? Je ne vous reconnais plus...

Je n'ai fait qu'enfermer ce qui me met en danger... Et c'est à votre tour de disparaître de mon esprit.

Vous faites une grave erreur... Je ne pourrai plus vous venir en aide.

Gardez votre langue fourchue entre vos dents, Docteur...

Ainsi donc s'achève notre dernière séance... Soupir. Si je ne peux vous aider depuis l'intérieur j'espère que depuis l'extérieur quelqu'un arrivera à briser votre armure et vous libérer...


THE END
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