L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Arkania, dans le système Perave, est une planète au climat inhospitalier. Couverte de toundra et de glaciers, elle abrite cependant de nombreuses mines qui sont sa principale source de revenus. Arkania est également connue pour ses centres d'expérimentation génétique qui furent à l'origine de la création de nouvelles races.
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By Elizabeth Civicius
#33531
    Tu ne veux pas sortir, qu'on voit ce qu'on peut y faire ? Et de toute façon, le mieux serait de ne pas sortir tout de suite... on peut te faire amener des vêtements pendant ce temps.


    Les deux petites mains tiraient, remontaient, rangeaient rapidement les mèches de cheveux ivoires qui avaient momentanément retrouvé leur liberté. Pas besoin de miroir pour ça, Elizabeth se tenait toujours derrière la porte.

    Tu peux... hm hm, tu peux rester ici le temps qu'on arrange ça...


    Encore une épingle ici. Ah, et cette petite mèche là. Pas parfait. Tant pis.

    Elizabeth... tu voudrais bien me laisser entrer ?


    Quoi ?! La panique la prit. L’Arkanienne improvisa une vérification expresse de sa tenue. Pieds nus, mal coiffée, épaules découvertes, et le décolleté, non on ne parlait pas du décolleté. Et cette bretelle qui avait choisi l’indépendance. Les petites mains s’affairèrent à l’ajuster du mieux possible.

      « Euh … je … »

    Et si la soie avait bien des qualités, son satin, en revanche avait un gros défaut. Celui de souligner les traits de son porteur avec un rare niveau de détail. Le bustier devenait alors une pièce essentielle de l’ensemble pour ce point précis.

      « … c’est indécent … »

    C’était exagéré. Mais il fallait admettre que c’était gênant. Au mieux, elle aurait dormi dans cette tenue.

    Il fallut attendre encore quelques minutes d’attente pour Harlon, de honte pour Elizabeth, avant qu’une décision ne fut prise. Une solution, quelle qu’elle fût, prendrait au moins une paire d’heures dans sa mise en place. Faire venir des vêtements, oui évidemment, d’autres vêtements, c’était le plus facile. Il suffisait d’appeler I-sys, de choisir au hasard quelque chose de bien connu, et dans le pire des cas, la Reine numérotait ses robes, donner le numéro. Le droïde ferait l’emballage, et c’est Hyon cette fois qui amènerait le tout ici, à l’Ambassade. Ce n’était pas loin. Ça prendrait néanmoins deux heures. Parce que I-sys ne se pressait jamais. Parce que la météo ralentissait le trafic. Et parce que ces impériaux butés ouvraient tous les paquets de café qui entraient ici.

    Alors, elle n’allait pas s’asseoir par terre et bouder comme une gamine. Pourtant … l’envie ne lui manquait pas.

      « Tu trouveras sans doute que ce n’est pas grand chose. Mais je ne suis pas à l’aise. »

    Faire des histoires avec rien, Elizabeth en était spécialiste. Sa main droite se posa sur la poignée tandis que la gauche déverrouillait le loquet. Elle tira doucement la porte vers elle, fit un pas sur le côté pour permettre au battant de pivoter sur ses gonds et se montra finalement. La tête basse tout d’abord, elle releva enfin le nez pour regarder la réaction d’Harlon. Et préféra ne pas lui laisser le temps de parler.

      « Voilà, pas de quoi en faire toute une histoire. Je vais faire venir autre chose. »

    Dans le fond, elle était énervée. Les choses ne se déroulaient pas comme prévu. Toute la journée, on avait été à côté de la plaque, et à des lieux du programme initial. Rien ne pouvait plus l’agacer que de se faire importuner à l’opéra puis de découvrir qu’un incapable s’était trompé sur sa tenue. L’Arkanienne ne chercha pas à camoufler son irritation.

      « Je peux avoir mon verre, s’il te plait ? »

    Elle ne bougeait pour l’instant pas du pas de la porte. En faire le moins possible et prier pour que la soirée s’achevât rapidement. Tandis qu’Harlon remplissait la mission confiée, aller chercher le verre, Elizabeth jeta son dévolu sur un fauteuil. Quand l’Humain se retourna, elle était assise, jambes croisées. Elle attrapa le verre tendu, en but une première gorgée. Ce n’était pas arkanien, ou alors c’était nouveau, pourquoi pas. Et vida son verre d’une traite avant de le rendre à l’Empereur.

    La Reine se conforta enfin dans un mutisme gêné, priant pour qu’on l’abandonnât seule sur ce fauteuil.

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By Harlon Astellan
#33532
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En effet... un peu... indécent. Aurait-ce été mentir de dire qu'il n'aimait pas ça ?

C'est...

    « Voilà, pas de quoi en faire toute une histoire. Je vais faire venir autre chose. »
Oui, mais...

    « Je peux avoir mon verre, s’il te plait ? »

D'a...ccord. D'accord, pardon, oui, le verre. Aller chercher le verre. Une nuisette en soie satinée, un ordre sec, une femme un peu énervée... c'était se laisser mener par le bout du... nez, mais il fallait avouer qu'il était plus que ravi d'obéir en silence. Ca lui évitait de perdre la tête - dans les deux sens - et ça laissait le temps de préparer armes et munitions pour les deux parties. En silence, la Monarque se laissa tomber dans un fauteuil, à moitié avachie, abrutie par la journée. Harlon tendit son verre à la Dame... Et la Monarque en profita pour montrer sa descente.

Wowowow... doucement Elizabeth, ce n'est pas du cidre...


Elle lui rendit le verre assez brusquement, et repartit dans son petit monde, fermant les yeux et expirant lentement. Comme si elle voulait s'endormir.

Le silence. La neige qui tombe doucement... Seul...

Seul...





Enfin seuls. La neige tombe doucement au dehors. Harlon regarde son grog, en boit une gorgée. L'alcool chaud lui brûle un peu la gorge, mais son délice passe le tout. Il avait eu l'idée de rajouter une touche de miel d'arbre pour sucrer l'ensemble, et il avait atteint la perfection.

Harlon ?
Oui ma puce ?
Tu veux bien m'apporter mon plaid ? J'ai un peu froid aux pieds.


Il acquiesce et va chercher le put*in de plaid. Il le déplie soigneusement aux pieds de la jeune fille qui est face à lui, qui lui sourit tendrement, elle-même avec une tasse chaude à la main.

Voilà. Ca va mieux ?
Oui, c'est gentil.


Harlon lui sourit et revint vers la fenêtre. La jeune fille souffla sur son thé et but une gorgée. Elle devait rester allongée un peu, et ne pas boire d'alcool. Dans son état...

Harlon était en première année de doctorat. Encore un an, et il serait doctorant en Sciences Politiques. C'était avant les vacances que la nouvelle était tombée. Elle, en mastère de droit à la même université, et avec qui il sortait depuis quelques mois, lui avait apporté un beau papier bleu.

Tu vas être papa !


L'arrivée des enfants était prévue pour dans deux mois. Orpheline, pupille de l'Etat, elle espérait pouvoir fonder ce qu'elle n'avait jamais eu : une famille. Pour Harlon, la chose était autre. Il avait encore un an à faire. Mais s'il y avait des enfants, ils allaient devoir abandonner leurs études... il ne voulait pas concilier vie estudiantine et être père. Pas si tôt. Surtout qu'il y avait un problème : il n'avait que 16 ans. Il allait tirer un doctorat avant ses 18 ans - précoce, le gosse - mais il n'en restait pas moins qu'il était mineur et irresponsable aux yeux de la loi. Ses parents n'étaient pas au courant. La fille vivait sous son toit depuis quelques temps. Depuis qu'elle lui avait dit en fait. Le loyer était assuré par la rente familiale, et 100 mètres carré, ça paraissaient encore grand même à deux.

Tu voudrais qu'on joue à... un petit jeu ?


"Un petit jeu". Harlon avait abordé cette fille en lui parlant de quelques pratiques sexuelles non conventionnelles... label "petits jeux". Dans son état, rien de très contraignant, mais ça restait assez vicieux dans le principe pour qu'elle lui en offre un sacré sourire.

Là tout de suite ?
Oui.
Oh... d'accord, oui, oui !


Harlon tira de sa poche une bande en dentelle longue et peu large.

Voilà, je vais te bander les yeux avec ça...


Il le fit. Ensuite il tira un autre accessoire de sa poche.

Ca ne sera pas long.


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Harlon finit ses études. Et ne fut jamais père après ça.





En voyant Elizabeth, tête ainsi, au-dessus du rebord du fauteuil, ce souvenir lui sauta à la gorge. Il désirait avoir des enfants maintenant. Et avec quelqu'un qu'il aimait. Et si c'était Elizabeth ? Elle, la vraie mère de ses enfants ?

Mais dans une pulsion, il s'était fantasmé à l'étrangler... l'égorger, voir le sang jaillir à grands flots... repeindre les mur, le plafond, le sol, tout ! Les meubles, tant qu'à faire ! Ce genre de pulsion morbide qui lui faisait triturer les mains, lui faisait chauffer le corps, et serrer la mâchoire. Il se calma in extremis et observa avec cartésianisme la situation. Bon. Une femme, désirable, qu'il désirait - qui le désirait un peu aussi - et même qu'il aimait... en face, là, à moitié endormie, en tenue légère. En profiter ? La maintenir de force jusqu'à ce qu'elle en demande ? Arrête mon vieux... ça ne va pas de penser des trucs pareil !

Et après tout pourquoi pas ? Non, non... pas comme ça !

Il s'approcha en catimini. S'assit à côté d'elle. Mains entre les genoux, tenant le verre.

Tu sais... on peut rester ici... ce soir. Tous les deux.


Pourquoi sortir ? Qu'y avait-il dehors ? Il voulait être avec elle dehors. Il pouvait bien être avec elle dedans.

On peut se faire amener à boire et à manger... un holovid.


Un temps.

Ou... autre chose.
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By Elizabeth Civicius
#33561


    Le chirurgien hésita un instant.

      « Seigneur Civicius, c’est une opération irréversible. »

    L’Arkanien bomba le torse et réajusta les pans de sa veste souris.

      « C’est la troisième fois que vous me le répétez, je suis au courant. Allez-y. »

    L’autre pinçait les lèvres, la chose lui posait problème. Un patient artificiellement endormi, et son parent réclamant une intervention qui aurait nécessité accord dudit patient. Non, vraiment, il n’était pas pour. Mas il n’osait plus protester.

    Kadmo attrapa le bras de son père.

      « Vous avez perdu la raison, ce n’est absolument pas nécessaire. »

    Civicius se dégagea d’un geste brusque.

      « Il faut une punition à la hauteur de la faute commise. Et en ce qui concerne ta soeur, c’est tout à fait nécessaire.

      Vous, faites votre travail.
      »



    Elizabeth n’écoutait pas. Elle ressassait cette journée infernale, maudissant Olim pour être venu la tirer du lit ce matin. Il y avait les bourdes d’Harlon, et son état plus que douteux. La pauvre architecte qui avait vu son travail dénigré par le plus grand homme de la Galaxie. Il y avait eu ...

    Ou... autre chose.


    L’Arkanienne releva brusquement la tête. Elle se redressa et pivota le buste vers Harlon.

      « Non, ce que je devrais faire, tu sais, c’est le tuer, maintenant. »

    C’était sérieux. L’alcool n’y était pour rien.

      « Oh, mais je ne t’ai pas dit, je n’en ai pas eu le temps. »

    Elle se leva, oubliant pour l’instant son profond désir d’immobilisme. Tout dans sa posture exprimait sa colère.

      « Mon petit frère, Kadmo, est sorti du comas tout à l’heure. Tu n’étais pas au courant qu’il était à l’hôpital ? Si tu étais au courant, évidemment. Il est à peine secoué, comme s’il s’éveillait d’une sieste. »

    La Reine eut un geste grandiose, son bras décrivit un cercle autour de son épaule. La bretelle indépendantiste glissa, elle la replaça sans même y prêter attention, sans même voir que l’Empereur s’emballait.

      « Accorde-moi un instant. »

    Une brève recherche dans ses affaires personnelles lui suffit à mettre la main sur un tout petit datapad sur lequel elle pianota pendant de longues secondes. Une fois les instructions distribuées ici et là, l’Arkanienne revint vers Harlon pour s’asseoir près de lui, à la place qu’elle venait de quitter. Elle lui prit le verre des mains et le posa sur la table. Elle le regardait enfin.

      « Ça ne va pas ? »

    L’une de ses petites mains se posa sur la joue de l’Humain.

      « Tu te sens mal, de nouveau ? »

    Mais qu’avait-il aujourd’hui …

      « Harlon … ? »

    La colère s’était évaporée et laissait maintenant place à une inquiétude sincère. Il n’avait vraiment pas l’air bien. Sa température corporelle, bien qu’encore raisonnable pour un Humain, augmentait.



    Calena haussa les épaules.

      « Vous ne devriez pas vous mêler de ça, votre père sait ce qu’il fait.
      Vous l’approuvez ?
      Eh bien, non, mais il faut bien admettre que sa solution est efficace. »

    Il enrageait.

      « Allons, ne vous mettez pas dans cet état, c’est trois fois rien. »

    Le problème fut balayé d’un geste désinvolte de la main. Kadmo jura entre ses dents avant de quitter sa mère. Il remonta le long couloir bordé de portes closes. Une seule avait été laissée ouverte. L’Arkanien s’arrêta sur son pas, constatant d’un coup d’oeil pressé que la pièce avait été vidée. Il fit volte face, attrapa un infirmier qui passait.

      « Où est la jeune femme qui occupait cette chambre ?
      Civicius ? On l’a emmenée au bloc, ça fait un moment maintenant.
      J’avais demandé à être prévenu.
      Ah … désolé, monsieur, mais on est venu nous dire que c’était bon … qu’on pouvait y aller. »

    Kadmo fulminait.

      « Un problème ?
      Laissez tomber. »

    L’infirmier fila. L’Arkanien s’accorda un instant de répit avant d’activer son comlink.

      « Père ?
      Kadmo, tu tombes bien … »

    Cette nuit-là, Stefan Civicius eut un nouveau malaise, le dernier.


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By Harlon Astellan
#33568
Le petit frère ? Oh. Le soucis familial. Mais bien sûr. A lui dire le vrai, il aurait du avouer ne rien en savoir. A lui dire le faux, il aurait voulut dire qu'il faisait surveiller ses faits et gestes. S'il était une information qui circulait aussi librement d'une paire d'électrons autour d'un atome de titane, c'était que la fratrie avait connu des jours meilleurs. L'inimitié entre les deux parties - l'homme et la femme, le frère et la soeur, la cruauté chaude et la cruauté froide, le contrôle et la soumission - était autant un secret que l'embargo humanitaire de Sullust.

Il allait lui proposer de s'en occuper - tout était simple avec l'Empereur dans ce genre de cas - mais fut interrompu.

    « Accorde-moi un instant. »

Ah mais, faites... faites. Harlon ne se souvenait pas d'avoir été aussi chiant avec un verre dans le nez. D'autant que l'alcool frappait à retardement. Comme quoi, l'alcool réveillait les natures. Il n'était pas sûr d'aimer celle-là, qui s'éveillait face à lui. C'était quoi ? Une femme de poigne ? Du moins, à poigne ? Parce qu'il y avait une chose très claire : si relation il y avait, la culotte ne se partagerait pas. Pendant qu'elle allait s'enfermer sur sa technologie, lui-même se laissait aller à consulter le sien brièvement. Il allait louer quelques holovids pour la soirée - seul - en perspective. Un Truf'Ho, pour l'art. Un film léger, pour le sourire. Et un Marc D'Orcel, pour la solitude. Il est bien D'Orcel pour ça.

Mais à peine allait-il sélectionner sa compilation qu'une masse morte s'avachit à côté de lui. Bretelle au vent, elle lui prit le verre - même pas vide - des mains et le posa avec un bruit sec sur la table, dont le plateau en verre allait garder une belle rayure. Avant de planter son regard dans celui, un peu fouilli, de l'Empereur.

    « Ça ne va pas ? »

Elle lui caressa la joue, presque naturellement. Le plat de la plat passa sur ses poils brossés. Il en était fier, de sa barbe. Et il était fier de son effet. Mais dans un comportement un peu forcé d'Elizabeth, ça faisait un peu trop...

    « Tu te sens mal, de nouveau ? »

En une étape, elle allait glisser la main sur son front. Il prit sa main et la garda plaquée.

J'ai attrapé froid. On m'a soigné avec un cocktail de stupéfiants qui n'est pas passé. J'ai du passer une journée sous analgésiques pour passer les maux de tête. Mais c'est passé.


Pour autant, il chauffait. Encore et encore. En train de bouillir, il sentait qu'il allait tourner bestial dans une minute.

    « Harlon... ? »

Ca devenait trop. Il avait prit au piège une de ses mains... ils étaient là, sacrément énervés d'une journée bien pourrie... seuls et sans franchement de raisons d'être interrompus. Il lui prit l'autre main au piège... Pivota un peu vers elle. Il prit ses mains doucement, les passa, encore doucement, derrière la tête de l'Arkanienne... fermement, il les ramenait en un seul lien, "l'attachant" sur le rebord du fauteuil en angle. Le corps courbé, il se pencha vers Elizabeth, sa tête frôlant un peu cette tenue légère... si légère !

Je me sens seul sans toi.


Il la gardait encore prisonnière. Elle devrait lui arracher une oreille ou hurler pour s'en aller. Et, bien sûr, ne pas revenir. Pas avant un bon moment.

Et je me sens bien avec toi.


Avec ses doigts bien écartés, il maintenait les deux fines mains avec sa seule main gauche. L'avantage des mains à quatre doigt, c'était leur taille réduite. Et des mains de femmes, encore plus ! Il fit glisser la droite sur la bretelle seule qui résistait à l'envie de s'en aller et gardait encore l'habit en place. En l'effleurant du pouce, il l'aidait à rendre un peu plus symétrique l'habillage... et remonter vers le cou. Pas de vice, pas de "simple" désir. Non ! Juste une étape en plus vers quelque chose de durable... et de sincère. Et sincèrement partagé. Il se laissa balader les doigts sur les lèvres pâles de la femme.

Est-ce que tu veux le faire ?
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By Elizabeth Civicius
#33628
    Une main, puis une deuxième, prisonnières de la poigne ferme d’Harlon dont la pensée semblait se perdre dans les méandres d’un désir mal contrôlé. Elizabeth ne vit tout d’abord rien de négatif en la proximité physique de l’Humain. Indéniablement, son contact lui était agréable, si on lui accordait de fermer les yeux sur l’approche originale qu’il avait privilégiée. Rapidement toutefois, et la chose lui fit l’effet d’un électrochoc, l’Arkanienne réalisa de quoi il était véritablement question. Et comme un écho à sa prémonition, il l’interrogea.

    Est-ce que tu veux le faire ?


    Au-delà du sursaut, son coeur s’emballa, soulevant perceptiblement sa poitrine à chaque battement. Si l’Humain avait disposé de l’intrusive vision des natifs arkaniens, il aurait ri, se moquant de son amie. Mais nul besoin d’oeil blanc pour voir rosir les joues d’Elizabeth, trahison de la gêne qu’engendrait la question. Plus qu’une gêne, c’était une honte. Voici donc quelle était la préoccupation de l’Empereur. On eût pu songer, rétrospectivement, à bien des commentaires.

    Et dire, que quelques jours auparavant, l’Empire tournait le dos à Arkania, pour avoir condamné l’orgueil de son Empereur.

    Et dire, que l’Empereur s’était offusqué d’un rapprochement bon enfant de la Reine sur le banc d’un jardin public.

    Et dire, que Varan, dans tout cela, avait peut-être tout simplement raison.

    Mais, fort heureusement, et bien ironiquement, à l’heure actuelle, Elizabeth se trouvait être victime d’un tout autre malaise. On lui tendait une invitation qu’elle ne savait saisir. Non pas que ses mains résolument maintenues l’empêchaient de répondre d’un seul mot. La réponse ne venait pas. Et ce n’était pas le genre de question à laquelle on répondait d’un si tu veux. Elle faisait, paniquée, le triste constat qu’elle n’avait jamais envisagé, un jour, avoir à répondre à telle question. Et logiquement, elle remarquait ne pas désirer Harlon. Elle le voulait près d’elle, dans ses bras, pourquoi pas dans son lit, mais ça … non.

    Les rumeurs disaient vraies.

    Et pour cause, dix années de distance glaciale avec tout individu, qu’il fût homme ou femme. On n’avait jamais vu Elizabeth Civicius s’enticher d’un homme, ou d’une femme, depuis qu’elle avait reposé le pied sur Arkania. On pouvait la penser très discrète dans ses déboirs, ou simplement frigide. De son point de vue, la chose ne l’avait jamais intéressée. Premièrement parce qu’aucun cavalier digne de ce nom ne s’était présenté, avant Harlon. Deuxièmement parce qu’elle se convainquait d’être interdite de ce genre de plaisirs. À raison, puisque l'intimité alors partagée avec l’Humain, au mieux, lui était agréable.

    Elle aurait voulu lui expliquer, lui demander pardon. Mais pire encore qu’un coup de couteau en plein foie, la confidence d’une attirance à sens unique. L’Arkanienne, et c’était déjà un bon début, ne se montrait pourtant pas indifférente. La proposition l’avait stupéfaite, mieux, bouleversée. Pour les mauvaises raisons. Mais en l’état, on doutait fort qu’Harlon pût s’en apercevoir. Alors pourquoi ne pas se laisser une chance de provoquer un miracle médical, bien qu’il fallait s’attendre à une franche déception de la partie adverse, ne pouvant de son seul désir rivaliser avec les coups de scalpel d’un chirurgien arkanien.

    Un soupir, un murmure, un aveu.

      « Oui. »

    Il serait déçu.
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By Harlon Astellan
#33631
Est-ce que tu veux le faire ? Non, elle n'en voulait rien du tout. Pensait-elle tromper aussi facilement celui qui avait fait une ceinture galactique d'habitantes de planètes ? Avec au moins une centaine de conquêtes, même d'un soir, il pouvait bien dire quand une fille voulait ou ne voulait pas. La reine avait la chair de poule. Tremblante comme un lapin prit dans un collet. C'était un peu le cas en fait. Même avec ce "oui" un peu murmuré, ça aurait tout l'air d'un viol. A la dernière seconde, certaines se prenaient à dire "non en fait j'ai changé d'avis" alors que toutes les étapes étaient passées déjà.

Certains ne s'en formalisaient pas, et allaient au bout de leurs envies, sans vraiment faire attention au refus féminin soudain. Ou au refus non féminin tout court d'ailleurs. Harlon, heureusement, était d'une race qui acceptait les non de dernière minute. Bon, ça grognait un peu, on allumait nerveusement une cigarette, et on laissait la testostérone retomber, mais ça passait. Au bout de la deuxième fois, il se contentait de ne plus y revenir. "Oui mais cette fois je pense que ça ira !". Sauf que tu disais pareil les deux dernières fois, alors va trouver un autre pigeon.

Pour autant, yeux fermés, et sans vraiment se débattre, le doute planait. Peut-être était-elle vraiment frigide, comme l'avait suggéré Valeria. Elle n'avait jamais montré d'intérêt manifeste à... ça. La peur de quoi ? De décevoir ? De revivre un traumatisme ? Juste désintéressée ? C'était dur à respecter, mais il faudrait bien qu'il le fasse. C'était aussi ça l'amour... faire avec les défauts, même ceux qui agacent. Et si une chose arrivait à défouler après une engueulade ou un emploi du temps bien chargé, c'était la sexualité.

Oh non, tu n'en veux pas comme ça...


Mais bon. Contrairement aux holoréalisateurs de petit talent, Harlon n'aimait pas lancer des bande-annonces sans offrir du contenu à la hauteur de la-dite bande-annonce. Il fallait bien donner un échantillon. Bon. Les bretelles un peu lâche restèrent bêtement lâches. Pas de quoi laisser glisser. Cachez donc ce sein qu'on ne saurait voir ! Il lâcha prise de ses mains et fit glisser un doigt sur son ventre. Creux de la poitrine, nombril... jusqu'en bas. Lui-même finit par faire glisser son visage, en respirant le parcours nuptial... Et, relevant le bas de la robe, se mit à l'ouvrage.






Difficile de travailler la glace quand on connaissait surtout l'argile. Mais ainsi que de nombreuses femmes l'avaient découvert pendants plus de 20 ans auparavant, l'Empereur était un travailleur manuel d'exception, en plus d'être un maître en pratique linguistique. On l'y aurait même trouvé polyglotte à cet ouvrage. Ça vous paraît sale ? Ce n'est jamais que le deuxième soir. Et si la chose n'offre que du plaisir, et rien de "pratique", ça n'a rien de spécialement mauvais. C'est aussi offrir de l'égard et du respect à son partenaire que de s'adonner à lui donner de l'extase.

Mais pas en entier cette fois... Il convient parfois d'attendre un peu. Juste donner un goût de "revenez-y". Pour autant, l'Empereur avait mené la charge tambours battants, ne s'avouant pas vaincu face aux cohortes des glaces. Il avait déjà du supprimer la barrière de soie qui barrait le chemin, mais maintenant il savait comment procéder, et où s'arrêter. On regardait les conjointes se mordre un doigt, puis les lèvres... c'était quand il sentait leurs mains s'agripper avec force à ses cheveux au point de les arracher par poignées qu'il menait la dernière charge. Ça finissait en tremblements compulsifs, parfois même par une demande de grâce et une respiration haletante.

Et après, bien sûr, on propose un bon verre d'eau froide. Refaire sa salive, respirer calmement... par acquis de conscience, Harlon avait posé ses doigts sur la nuque d'Elizabeth pour vérifier son rythme cardiaque. Rien qu'un bistouri d'Arkanien ne saurait rattraper, hein ? Tu parles. L'Empereur n'était pas au-dessus de tout et de tous pour rien voyons ! Lui n'était jamais déçu, vu qu'il ne décevait jamais non plus. La frigidité la plus primaire ne résistait jamais vraiment aux phénomènes purement physiologiques. Il s'essuya la bouche discrètement et prit lui aussi un verre d'eau pure.

Restons-en là pour ce soir. Bois un peu ! Tu as peut-être faim aussi.


Elle put remettre ses bretelles, ou les enlever, à son choix. Il dut se retenir de ne pas l'embrasser tendrement, pour faire retomber l'émotion avec délicatesse et sentiment. Même s'il n'avait pas été brute ou sans sentiment juste avant spécialement, il voulait aussi donner la part belle au coeur. Même si, dans l'état, il se sentait encore trop transporté pour repartir dans les nuages de la petite poésie... Ses hormones retombaient vite, mais pas assez pour qu'il se sente l'âme de l'amateur d'opéra non plus. Faire un atterrissage demandait quand même de passer tous les sas de décompression sans trop se brusquer. Il était encore dans l'esprit de demander connement "Alors, heureuse ?", mais, point positif, il avait passé le point où on demande "Alors, t'as explosé ?".

La gorgée d'eau, histoire de se requinquer. Il tenait le verre d'une main, pour éviter que la Monarque ne s'étouffe en avalant trop d'eau d'un coup. Il sourit en voyant le tableau sous son nez. une femme qu'il aimait, sur un fauteuil, en petite tenue. Il aurait suffit d'un courant d'air pour qu'elle soit nue devant lui. Il s'assit un peu de travers sur le fauteuil, et se permit de la prendre par l'épaule. La tirant un peu vers lui, pour qu'elle pose sa tête sur son torse. Qu'il l'ait entre ses bras, rien qu'à lui, à lui caresser la nuque, lui sentir les cheveux... l'embrasser aussi. Doucement, sur les lèvres, les yeux fermés. Laisser un peu de temps s'écouler... profiter d'un moment à deux en toute quiétude. Puis la faire revenir sur lui. La voir s'appuyer, comme pour s'endormir sur un coussin moelleux, alors qu'il lui câlinait le bras. Il évitait soigneusement toute la région du torse. Juste en effleurant l'habit, il aurait pu la mettre face à son impudeur. Il avait déjà assez prit d'intimité pour une soirée.

La journée s'est bien finie finalement ?
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By Elizabeth Civicius
#33638
    Elizabeth avait souvent redouté ce moment. Celui où le fantôme d’Elion viendrait gâcher la caresse d’un homme aussi dévoué qu’Harlon. Mais il ne vint pas, évincé par l'absoluité des inhibitions de l’Arkanienne. Non pas qu’elle n’appréciait pas les efforts fournis par son partenaire - impossible de ne pas se laisser transporter - mais elle était en vérité incapable d’accéder à la douce délivrance de ce plaisir charnel. Force était de constater que la glace avait fondu, à merveille, mais que sous elle, ne restait de la braise que la cendre, et la cendre ne brûle pas. La plus extasiante des étincelles n’y changerait rien. Du reste, et malgré toute la délicatesse dont Harlon pouvait faire preuve, il finirait par lui faire mal. Haletante, Elizabeth passa une main fébrile dans les cheveux de l’Humain, ses doigts glissèrent derrière l’oreille, jusqu’à l’arête de la mâchoire, pour d’une pression légère lui intimer de stopper. Le geste était suffisamment explicite. L’homme n’était pas idiot et savait dire qu’il n’était pas encore temps, mais la douce insistance de son amie eut raison de son dévouement. Pour autant, elle ne se justifia pas.

    Un verre d’eau, une étreinte, elle lui décrocha un sourire.

      « Finalement, oui. »

    Puis d’un air plus timide.

      « J’aimerais prendre une douche. »

    Ce n’était pas une question mais cela sonnait tout comme, et l’Arkanienne attendit la permission d'utiliser la salle d’eau.

    Elle poussa la porte sans la verrouiller, se défit de sa robe et se plaça sous le pommeau. L’eau coula chaude aussitôt, déjà trop chaude. Mais Elizabeth exagéra et poussa son geste jusqu’à la température limite supportable. La brûlure de l’eau apaisa un instant la morsure du dard de la frustration qui lui perforait le bas ventre. Elle ne put s’empêcher d’y passer le bout des doigts, comme la vérification inconsciente d’on ne savait trop quoi. Son regard fila lui aussi vers le bas. Sa peau, artificiellement dépigmentée, prenait sous l’eau trop chaude une agréable teinte rosée, mais la longue cicatrice habituellement invisible, elle, se muait en une courbe rougeâtre qui longeait la ligne extérieure des abdominaux. Les deux petites mains se placèrent de chaque côté de la plaie qu’on avait longuement travaillée au laser. Après avoir extrait les restes d’un placenta en charpie et sacrifié quelques portions d’intestin mal en point, on avait, ici, reconstruit tout ce qu’on avait jugé nécessaire, et jeté le superflu. La vraie blessure était celle-là. C’était du moins là qu’elle s’observait.




      « Vous avez fait l’examen complet, c’est courageux. »

    Elle attendait simplement le résultat.

      « Tout est conforme à ce qui est annoncé dans l’acte. L’incision, les ablations, les 'patches', et les taux confirment que l’opération a bien fonctionné. Tout est à zéro, ou presque. »

    Il haussa les épaules et leva le nez vers l’Arkanienne.

      « Le chirurgien m’a dit que c’était irréversible. »

    L’autre soupira doucement.

      « Il n’a pas tout à fait tort. Disons qu’on ne remplacera pas les organes. Et …
      Une greffe ?
      Bah … pour une greffe, il faudrait vous cloner, et puis, enfin vous voyez … et encore ... »

    Il y eut un silence, un peu trop long au goût du médecin.

      « Quelles sont les conséquences pour moi ? »

    Il semblait gêné.

      « Eh bien, la plus directe c’est que vous ne pouvez plus avoir d’enfants. L’autre conséquence probable c’est que votre humeur pourrait être … enfin … en fait on a déjà eu un cas similaire au votre. Enfin bon, ce n’est pas un bon exemple … »

    Elle attendait.

      « Poursuivez. »

    Ça ne le mettait pas à l’aise.

      « Elle a fait une grave dépression, ça s’est mal fini. »

    Un nouveau silence.

      « Il n’y a pas de solution, même précaire ?
      Si, on peut faire poser des 'patches' pour retrouver des taux corrects. Mais ce n’est pas sans risque. Les hormones de synthèse posent beaucoup de problèmes. Des tumeurs notamment. Et on risque de déséquilibrer l’hypophyse, déjà fragilisée par l'accident. Vous voulez qu’on fasse un diagnostic ?
      Non, ça ira, merci. »





    Épuisée, Elizabeth s’adossa au mur, elle était toujours sous l’eau. Elle se laissa finalement glisser jusqu’au sol ruisselant de la douche, le jet désormais trempait ses cheveux encore attachés. Assise ainsi par terre, elle ramena près d’elle ses genoux pliés, et sans vraiment s’en rendre compte, laissa aller ses sanglots.
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By Harlon Astellan
#33642
Ca marchait ! Elles finissaient toutes par se tortiller comme des asticots. Mais sans avoir atteint le dernier stade, il sentait une pression à un endroit sacrément douloureux. Sous l'oreille à la commissure de sa mandibule supérieure. Un ongle qui s'y enfonçait suffisamment avait de quoi faire hurler. Provoquer une telle douleur voulait dire qu'elle en deviendrait réciproque. Il quitta l'ouvrage doucement, en freinant sans braquer, et apporta le verre d'eau. Sans oublier l'instant tendresse bien mérité. Comme d'ordinaire - avec les femmes en général - il ne chercha pas d'excuse. Elles étaient maîtresses de ce qu'elles acceptaient de subir, et même si ça ne lui allait pas, il s'y pliait. Question de respect ! Au final, il n'aurait même pas su dire si ça avait convenu à Elizabeth en premier. Mais elle avait l'air sincère en disait que la journée avait bien fini.

    « J’aimerais prendre une douche. »

Hum. Si la maintenir de force dans ses bras aurait été un abus, il aurait volontiers abusé d'elle. Il se sentait bien, à ce moment précis. Elle contre lui, tout deux allongés, après un moment - même bref - intime, à partager un câlin, sans rien dire. Il prit une grosse minute pour desserrer son étreinte.

Oui, bien sûr... Tu connais le chemin du coup.


Après tout, elle en venait. En la serrant fort après sa demande voilée, et en prenant son temps, il avait bien fait passer le message. Il la voulait près de lui, et se soustraire à ce moment le rendait un peu seul. Pour autant, juste au dernier instant, une vie d'atome avant qu'elle puisse lui échapper, il la retint encore.

Tu...


Sa phrase mourut avec lui. Il allait dire une belle fadaise. Tu veux que je vienne avec toi ?, à peine conscient de ce que ça impliquait vraiment.

Tu... tu me reviens juste après, hein...


Même sans suite à ce prélude, même sans après, il voulait... il avait décidé qu'elle dormirait ici, avec lui ce soir. Sans rien de charnel forcément. Il s'en passerait le temps qu'il faut. Mais il ne se sentait pas d'aller seul au lit ce soir. D'affronter le vide sur la place d'à côté. Il s'allongea un peu dans le fauteuil, soupirant de cette journée... et en fait de ce début de semaine en entier. En trois jours, il semblait avoir fait de quoi remplir un mois ordinaire. Tout le spectre émotionnel y était passé. Ca le laissait un peu épuisé. C'est en ruminant son envie d'en finir - désolé pour Arkania, mais ce n'était pas personnel - qu'il remarqua que la porte de la salle de bain n'était même pas fermée. Juste poussée. Il entendait distinctement l'eau couler, et il ne s'en apercevait que maintenant. Et il perçut quelque chose de plus certain : l'eau coulait depuis longtemps. Il se leva un peu péniblement, s'essuya les yeux embrouillés, et reprit un peu de contenance. Toujours en chemise, il se dirigea vers la salle de bain. Entrebâillée d'une dizaine de centimètres, il ne prit pas la peine de frapper. Juste de pousser. La robe en satin, un peu volage, était à terre, posée et froissée comme une flaque d'eau surprise par un gel surpuissant. Ou comme une onde de lac immortalisée.

D'un coup, il se crut en pleine canopée. Lumière blafarde au milieu d'une brume épaisse. L'eau devait être brûlante. Et, adossée au mur... Il aurait pu la prendre pour une grosse crevette prise dans les filets d'un pêcheur à la ligne rabougri. La tête plantée dans les genoux, sous un jet qui rendait sa peau rose. Harlon porta sa main à sa bouche. A quoi elle jouait ? Il pensa d'un coup que c'était de sa faute. Il n'aurait peut-être pas du faire ça... il voulait juste donner un peu de... Oh, mince. Il remarquait qu'elle ne l'avait pas vu. Peut-être même pas perçu du tout. En chemise et pantalon, il entra dans le carré carrelé et vitré, prenant sur lui d'abord de couper un peu l'arrivée d'eau chaude. Tirer la température vers le bas. Juste au-dessus de tiède. Il prenait des douches froides systématiquement, pour la circulation du sang. Mais passer du brûlant au froid pourrait peler la peau de la Monarque. Mais que sa peau ne soit plus agressée. Les cheveux plaqués sur la tête, les mains entourant ses genoux... tout respirait la soumission et la terreur dans cette posture. Quelque chose qui aurait du provoquer du dégoût chez Harlon. Pour autant, il ne s'en sentit qu'encore plus proche de... sa petite crevette rose.

Lui aussi, se laissa glisser, dos contre le mur, pour finir assis. Il replia un genou sur lui, l'autre jambe déployée de tout son long sur le sol. Il ne dit rien. Il n'y avait rien à dire. Il prit une main de l'Arkanienne. Il écarta fermement mais sans douleur ses doigts. Les massant, jouant un peu avec. Le tout nerveusement.

Shhht... là...


Il avait envie d'embrasser ses cheveux. Il le fit. Il finit même par l'enlacer un peu. Puis complètement. Comme une coquille d'acier qui allait la protéger. L'eau détrempait ses vêtements, ses cheveux, lui coulait dans les yeux, dans la bouche. Qu'importait. Il en avait besoin. Besoin qu'on le lave.

Qu'on fasse glisser ses péchés dans la bonde d'une douche arkanienne.




Qui sait combien de temps ils étaient restés là. Mais on avait fini par couper l'eau. Peut-être une protection automatique pour éviter le gâchis occasionné par un robinet laissé ouvert par accident. Trempés comme des soupes. Harlon avait retiré ses vêtements, aidé Elizabeth à se sécher, à se revêtir. Il s'était lui aussi séché et avait enfilé des vêtements propres. Une chemise analogue et un pantalon équivalent. Peu après, on frappait à la porte.

Sire, voici le paquet requit pour la Monarque !


Le robot avait ensuite détalé. le paquet contenait ce qu'il fallait à Elizabeth pour rentrer. Mais...

Ne repars pas, Elizabeth. Pas maintenant. Reste avec moi. Je veux sentir ta présence à côté de moi ce soir. Je t'en prie... reste.
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By Elizabeth Civicius
#33757
    La transition de la douche au canapé demeurait une étape assez floue dans les souvenirs de l’Arkanienne. L’alcool, ou l’eau chaude, avait peut-être finalement altéré un peu ses sens. Ou peut-être s’était elle endormie dans les bras d’Harlon. Elle retrouvait désormais peu à peu ses esprits, constatant qu’elle avait de nouveau cette robe inconfortable sur le dos. L’arrivée du droïde sonna comme salvatrice. Pour autant, Elizabeth ne se précipita pas à la rencontre de ses affaires. Elle laissa l’Humain s’en charger, et le déposer là, quelque part. Le regard invisible le suivait dans ses mouvements.

    Quand il revint enfin, l’Arkanienne se leva, déposa un baiser léger sur la joue d’Harlon et s’en alla ouvrir le paquet qu’on lui avait apporté. Elle n’avait pas envie de se changer, encore, c’était trop. Elle jeta un coup d’oeil en arrière.

    Ne repars pas, Elizabeth. Pas maintenant. Reste avec moi. Je veux sentir ta présence à côté de moi ce soir. Je t'en prie... reste.


    Elle tenait entre ses mains un ensemble de laine mélangée beige brodé de fil bleu roi, un pantalon et une tunique. Elizabeth se tourna finalement complètement vers l’Humain, serrant désormais les habits contre elle.

      « Je ne pars pas. »

    Une voix sans joie ni colère. Songeuse. Elle traversa la pièce, posa - jeta - en passant les vêtements fraîchement livrés sur un fauteuil et se blottit contre l’Humain, écartant au besoin un bras qui lui aurait barré inconsciemment la route. Elle leva les yeux vers lui, les ferma enfin.

      « Je te demande pardon … »

    Pendant ce bref instant de paix, elle réalisa que la brûlure de l’eau chaude l’avait marquée d’une sensation tiraillante. C’était désagréable mais également réparti et elle crut qu’aucun centimètre carré de peau n’avait été épargné. Cependant, elle avait retrouvé sa couleur habituelle, anormalement pâle.

    Elizabeth se trouvait de nouveau indécise. Elle ne put malgré toute crainte retenir ses mots.

      « Tu sais … ça fait au moins … dix ans … que je n’ai pas … »

    Impossible de finir cette phrase. Impossible de savoir ce qu’elle attendait de la réponse. Elle n’osait pas le regarder. De honte, elle aurait volontiers couru s’enfermer dans la pièce connexe, encore. Devait-on faire ce genre d’aveux ? Elle crut que non, mais s’était confiée néanmoins. L’Arkanienne se sentait comme une enfant stupide qui avouait naïvement sa profonde méconnaissance. Oui mais, ce n’était pas de sa faute … Le doute l’envahit. Elle n’en ressentait toujours pas l’envie … Elle avait voulu justifier son comportement, et voilà maintenant qu’elle allait se trouver embêtée de questions et d’espoirs vains.

    Elizabeth se mordit doucement la lèvre. Pourquoi s’être lancée dans une telle aventure avec un homme ?
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By Harlon Astellan
#33768
    « Je te demande pardon ... »

Il pouffa.

Pardon pour quoi ? Tu n'en avais pas envie, c'est tout.


En fait, bien que l'idée lui eut traversé l'esprit, il ne pensait pas qu'elle soit frigide. Déjà parce que la frigidité s'étalait de deux façons différentes - anorgasmie et anaphrodisie, respectant sans possibilité d'atteindre l'orgasme et sans désir sexuel - et parce que c'était impossible. Les femmes n'étaient pas frigides. Il en avait connu des centai... quelques-unes toutes très bonnes amies avec lui et qu'il avait profondément respecté, et aucune ne lui avait jamais fait le dédain d'une convulsion. Elle n'en avait plus eu envie et point.

    « Tu sais ... ça fait au moins ... dix ans ... que je n’ai pas ... »

Il haussa les sourcils.

Et bien... parfait. Je ne pense pas que ça soit important néanmoins... tu avais peut-être autre chose à penser que faire ça. Attend une minute...


Sa peau était pâle, mais il la voyait trembler sous sa robe légère. Pas de froid, impossible, il faisait un bon 20 degrés ici. La peau gardait un aspect pelé qui ne lui plaisait pas.

La douche a dut t'ébouillanter... On devrait te passer quelque chose. Je vais demander à mon médecin quelque chose... une crème peut-être.


Il la conduisit dans sa chambre, déposa les affaires de l'Arkanienne sur une commode, et se mit en peignoir. Synthétique, simple, doux et sans marque apparente. Depuis l'armée, il avait horreur des vêtements de nuit luxueux, trop doux, avec des froufrous et des fioritures qui lui donnaient la nausée. Il préférait les odeurs simples de vêtements lavés et au toucher doux et rugueux à la fois. Vieux souvenir de son marcel blanc et de son treillis d'entraînement. Des mois entiers dans la boue, la promiscuité, les brimades, les bagarres et les instructeurs qui étaient de pures têtes de con. Hélas, il fallait qu'ils le restent. Ca formait des soldats durs, de mauvaise humeur et donc hargneux. On ne gagnait pas des guerres avec des tarlouzes.

Le soir, en général, je lis quelques rapports, je rédige des ordres pour le lendemain, et je lis quelques passages d'une lecture plus triviale. Tu veux peut-être faire autre chose avant ?


Pourquoi s'était-elle lancé dans une aventure avec un homme ? Et Harlon, lui-même, pourquoi se sentait-il d'attaque pour une relation soutenue avec une femme ? Surtout si... compliquée, exigeante et... peut-être un peu chiante. Enfin, comme tout le monde, mais quand même. Rien ne les y obligeait, aucun des deux...

Peut-être que, finalement, ils étaient là-dedans parce qu'ils en avaient envie.
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