L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Ciaphas Cain
#34022
Suite de ce RP.

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PNJ : Darth Varadesh


Son coup de bluff avait fonctionné, aidé en cela par l'humaine qui y avait mis du sien pour donner du relief au mensonge. Elle aurait mérité des remerciements pour tout ça mais il était pour l'heure impossible de lui en donner, cela devrait attendre qu'elles soient tirées d'affaire l'une comme l'autre. Car tout ce qu'elles avaient gagné là, c'était un sursis et du temps. Mais une fois qu'elles seraient arrivées, les choses ne seraient peut-être plus aussi simples. Varadesh ne s'en inquiétait pas trop ou du moins elle essayait de ne pas y penser. On l'invita respectueusement à monter à l'avant du transport tandis que Jeny était menée sans ménagement côté passagers à l'arrière.

Le vaisseau décolla et durant le trajet, il fut impossible pour la Pantoran de ne pas entendre les autres soldats passer à tabac l'humaine qui les couvrait d'injures du mieux qu'elle pouvait. C'était à peine s'ils se souciaient qu'elle était en train d'agoniser, blessée à 3 reprises et en train de se faire violemment frapper sur tout son corps meurtri. Chaque coup qu'elle entendait résonner contre la chair lui rappelait de manière tristement familière des souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Elle devait faire quelque chose, n'importe quoi. Elle tourna la tête vers le pilote et s'exprima d'une voix froide :

La tuer ne vous servira à rien. Du reste, elle ne vous sera pas plus utile qu'à moi si elle meurt. Dites à vos hommes de se calmer, un cadavre n'apporte aucune réponse. Et je compte bien la châtier personnellement pour sa faiblesse.

L'autre la regarda à son tour. Les iris dorés brûlaient d'une lueur féroce et son visage était barré par un rictus méprisant. Elle respirait l'arrogance, la confiance en soi et la supériorité propres aux Sith. Lentement, le pilote acquiesça puis grogna un ordre. Derrière, on laissa enfin l'humaine respirer un peu, bien qu'elle avait dû endurer de longues minutes de coups et blessures. Son siège et le sol autour d'elle étaient déjà rouges de sang. Pour autant, personne ne se soucia de lui passer des bandages ou d'arrêter les nombreuses hémorragies. Il faudrait qu'elle remédie à ça sitôt arrivée.

Le reste du trajet se passa dans un silence relatif, excepté les grognements de douleur de Jeny dans la cale et le bruit des réacteurs en marche. Bientôt, ils furent en vue de leur objectif, là ou le destin leur remettrait la récompense promise quand Thule réapprendrait ou était sa place : Hurom.

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D'ou elle était, l'apprentie put mieux détailler l'architecture et l'arrangement de la ville depuis le ciel. Un grand nombre des bâtiments semblaient plus anciens que les autres mais tous avaient été bâtis sur un modèle militaire standard. L'impression globale était de voir une cité bien plus vieille qu'elle ne l'était vraiment. Les rues, vues d'en haut, semblaient anormalement plus grandes et étendues qu'habituellement, permettant à des véhicules très larges d'y manœuvrer aisément tandis qu'à chaque carrefour, des bunkers et et des postes de garde peuplés par des troupes se tenaient là. Enfin, il était impossible de ne pas remarquer les très nombreuses batteries turbolasers disposées stratégiquement dans toute la ville pour surveiller le ciel à chaque instant.

Hurom semblait être une véritable forteresse imprenable et capable de résister à un siège sur une durée infinie. Mais le plus intéressant était la structure sise au centre de la ville, indubitablement le plus grand bâtiment d'Hurom : le Temple Sith. Elle en était certaine rien qu'en regardant la structure si semblable à celles, en ruines, de Korriban et Yavin. Un monument tout entier dédié à la gloire et la puissance du Côté Obscur qui le canalisait en son sein. Varadesh pouvait le sentir, cette pulsation presque cardiaque qui battait à un rythme effréné. Sur Korriban, la puissance du côté obscur avait été dormante, presque éteinte. Ici, sur Thule, elle était rugissante, déchaînée, libérée de toute chaîne.

Sans s'en rendre compte, elle s'était mise à respirer de plus en plus bruyamment, les yeux fixés, attirés par ce réservoir de pouvoir. L'excitation la prenait tandis qu'elle se sentait revigorée par toute la puissance qui se dégageait du temple. Oui, le pouvoir était là, à portée de main. Ses yeux brillaient d'une lueur avide, presque affamée. Le côté obscur gorgeait ses veines à un point inimaginable. Elle songea que Jeny, si particulière, devait se sentir incroyablement plus vivante encore qu'elle, si proches qu'elles étaient du temple. Il lui fallut fournir un gros effort pour détourner le regard de la pyramide et reporter son attention sur le pilote qui menait le vaisseau vers un grand bâtiment.

A en juger par les nombreuses tourelles et les postes de garde visibles autant dans les rues que sur le toit, elle estima avec une bonne marge d'erreur que ça devait être un bâtiment de commandement. Soupçon confirmé peu après qu'ils se furent posés.

Le Commandeur vous attend, Dame Sombre. Un de mes hommes va vous conduire à son bureau.
Très bien. Et pour ma servante ?
Des ordres ont été donnés. Nous allons l'emmener à l'infirmerie ou elle sera prise en charge puis nous l'enfermerons en cellule. Elle sera interrogée puis jugée une fois que nous n'aurons plus rien à apprendre d'elle.
Qui rend les jugements ici ?
Le Commandeur s'il est question de sécurité nationale, le grand prêtre s'il est question de crime religieux. Et comme d'après vos dires, votre servante a fait honte aux préceptes sacrés des Sith...
Je vois oui.

Il allait falloir trouver un moyen d'empêcher le jugement futur de l'humaine. Jeny pouvait encore être utile. D'autre part, elle avait une dette envers elle, sans quoi les rôles auraient pu être inversés et la situation nettement moins réjouissante. Et Varadesh détestait l'idée d'avoir des dettes, elles étaient des chaînes qui la contraignaient. Elle était perdue dans ses pensées lorsqu'on l'introduisit dans le bureau du Commandeur.
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By Jeny Mikerley
#34024
Ambiance


Des étoiles qui dansaient, des astres qui par milliers éclairaient l’espace profond. Explosaient en milliards d’autres lumières de toutes les couleurs. Toujours des couleurs chaudes, très chaude, oscillant sur tout le spectre du rouge au jaune, en passant par des oranges pales. L’un après l’autre, dans une myriade de couleur, accompagnant les coups qu’on lui administrait. D’abord le bassin, ils étaient remontés vers sa tête, qu’elle protégeait ardemment avec ses mains, dont les doigts avaient déjà été cassés. En position fœtal, elle maintenait la défense de son corps qui ne ressentait plus rien. Il n’y avait plus que ces étoiles, elle se concentrait dessus. L’espace. Elle avait toujours voulu être pilote, cela avait été son rêve. Elle y était, voyageant à travers les étoiles, libres et sans équipement. Dans cet espace de solitude. Seule avec elle-même, la seule présence qu’elle arrivait encore à tolérer. Soit. Avait-elle peur ? Elle était terrifiée. Etait-elle en colère ? La rage pulsait en elle. Pour autant, elle resta proscrite sur elle-même. Les genoux repliés, les jambes vers son ventre. Attendre que ça passe. Attendre qu’ils se lassent. Et ils se lassèrent. Soudain, tout s’arrêta. Mais elle ne relacha pas sa surveillance pour autant et resta en boule. Ou peut-être était-elle figée comme cela ? Non, elle ne bougeait pas. Il n’y avait plus d’étoiles. Rien que l’odeur cuivré du sang qui coulait de son corps, s’échappait. Ses doigts tournés de manière non naturel s’agitèrent en plusieurs soubresaults. Elle était dans le noir complet, seule.

Le transport s’arrêta, elle le sentit. Mais elle ne sentit que cela. On la transporta, tandis qu’elle continuait à trembler, restant dans sa position fœtale. Surprenant les contacts par des bonds, des réflexes de son corps face au traumtisme récent. Un fluide chaud enveloppa son visage. Elle pleurait. Sans bruit. Comme quand elle avait pris des coups, comme quand on l’avait battu. Sans un seul bruit que celui des bottes sur sa peau. Silencieuse et solitaire, elle endurait. Alors sa tristesse ne serait pas différente. Elle pleurait en silence sur le chariot anti-grav. Longeant l’air comme on surf sur une vague, en silence et dans la tranquilité la plus absolue. Elle ne voyait ni n’entendait. Il n’y avait qu’elle et son corps douloureux. Qu’elle et le noir, le vide, rien … De nouveau elle se fit transporter. De nouveau on la bouscula. Elle lutta, de toutes ses forces. Ne hurla pas, ne pleura pas, ne gémit pas. Ses mains étaient bloquées, elle lutta quelques secondes, avant de se laisser aller. On la touchait, partout. Elle n’aimait pas. Mais pourtant elle se laissait aller, parce que la vision n’était plus là, et les étoiles réapparurent lentement. Et lentement, elle sombra.




« Elle se réveille. On arrête la morphine. »

La lumière, béante et insolente qui lui harcelait les pupilles. Une odeur de désinfectant dans les narines. Des bruits stridents métalliques dans l’environnement. Son cœur battait la chamade, battait la mesure. Son regard se précisa, des formes apparurent. Jeny regarda les deux personnes penchées sur elle. Elle essaya de se lever, impossible. Sanglées au maximum. La tête posée contre le matelas, les bras et jambes liés. Une lumière s’agita plus proche de ses yeux.

« Le contact pupillaire est normal. »

« Bien, vous pouvez la relever. »

Le lit se bascula, le dossier remonta, elle se retrouva assise. C’est alors qu’elle remarqua cette blouse qu’elle portait. Sa peau blafarde, ses cheveux fins attachés. On l’avait lavé, nettoyé. Et bordel elle était pleine d’antiseptiques. Son corps continuait de la harceler de questions, mais ce n’était qu’au second plan. On l’avait touché, manipulé et endormie. Ça l’énervait, pire que tout. Ou était l’ombre ? Là, elle la sentait se réveiller doucement, elle étira un sourire.

« Qu’est ce qui te fait sourire ? »

On lui mit une claque. Puis le retour. Ses dents grincèrent. En face d’elle, un homme se positionna, inversa la chaise et s’appuya sur le dossier.

« Bien, maintenant que j’ai ton attention, on va te poser quelques questions. »

« Libérez moi. »

« Pardon ? » L’autre se releva et retroussa ses manches. Il fit un signe et deux soldats apparurent de part et d’autre de ses épaules, les armes braquées sur elle.

« On vient de te nettoyer et de te laver, tu vas recevoir un jugement sous peu. Mais avant, tu vas répondre à mes questions. Cela dépendra de la manière dont le grand prêtre te tuera. Et crois-moi, tu … »

« Libérez moi. »

Il y eu un silence dans la pièce. L’autre s’apprêta à prendre la parole, il leva son doigt en l’air et se figea soudain, son visage semblant s’illuminer. Il posa alors sa main à quelques centimètres de sa tête, bras tendu, il se rapprocha.

« On m’a demandé de te ne pas te démollir. Mais j’imagine que profiter de ce que j’ai sous la main ne rentre pas dans ce contrat. Reste dans ton mutisme surtout. »

Sur ces mots, il posa une main sur son bassin, et remonta le long de son ventre, faisant jouer le tissu qui lui servait de protection médicale. Son cœur accelera et elle se mit à rougir, littéralement. Elle battit des sourcils frénétiquement tandis qu’il attrapa sa poitrine. Elle eut un hoquet de surprise et entrouvrit la bouche, tirant faiblement la langue.

« Oh, tu en veux, pas vrai ? »Il s’approcha d’elle, trop près, trop près. « Tu ne vas pas être déçue. »

ImageSur ces mots, il l’embrassa, enfournant sa langue dans sa bouche. Elle le tenait mordit d’un coup l’organe et du sang qui coulait commença à aspirer sa vitalité. L’autre se débattit, cogna une fois, ses mouvements devinrent plus faibles et rapidement ses muscles fondirent, ses joues se creusèrent, ses cheveux perdirent de leur teinte, et il tomba à terre, cadavre fumant. La vitalité irradiait en elle, et l’ombre éclata dans tous les sens, déchirant les soldats de part en part, ne laissant littéralement que de la bouillie, sous ses paroles Sith. Tout se passa finalement très vite, et elle conclue cet échange en recrachant le morceau de langue en trop. Elle força sur les sangles et d’un coup sec se libéra le bras droit, puis le gauche. Elle pu enfin se détacher et s’extirper de ce piège. De nouveau pleine de sang, elle chercha une chose, son sabre. Là, avec ces affaires, ces quelques morceaux de tissus. Pas la peine de les reprendre. Elle souleva sa toge médicale, elle était nue. Jeny roula des yeux. Les médecins, infirmiers et autres avaient déjà fuit, evidemment. Bon.

L’ombre autour d’elle en tentacule léchèrent lumière et firent crépiter les appareils. La fumée tuait tout ce qui vivait à portée, sans trier. Ils l’avaient touché, elle était en colère et enragée. Et puis elle devait retrouver Varadesh. Elle fit le tour de la pièce, chercha des vêtements, rien. L’alarme se déclencha quelques secondes après. Deux nouveaux soldats pénétrèrent dans la pièce, l’un d’eux était une femme. Le premier fut évidemment tué, la deuxième immobilisée. Elle paierait pour les autres, cette p#&!n. Jeny lui enleva ses vêtements tandis que l’étau de Force la maintenait immobile. Sans aucune pudeur, elle interchangea les deux tenus, et la plaça ensuite à la sienne quelques secondes plus tôt, sanglées. Sous les gémissements et les cris de la femme, elle lui perça le bras avec une des aiguilles et regarda le produit. De la morphine. Elle ajusta la dose sur maximale et administra. Jeny quitta la pièce sous les tumultes des spasmes de la nana. Combinaison intégrale, les caméras l’avaient surement vu. Mais au moins ils cherchaient l’un des leurs désormais. Jeny ajusta son casque et traversa les couloirs au pas.
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By Ciaphas Cain
#34054
Le bureau du Commandeur était bien plus austère qu'elle ne s'y serait attendue. Elle avait bien compris que le pouvoir central était avant tout militaire, bien qu'il était clair que la religion y avait une grande influence. Mais elle aurait pensé que de fait, l'armée devait peut-être bien oppresser le bas peuple et les faibles comme il se devait. Un gouvernement militaire, d'après ce qu'elle avait pu en voir en étudiant un peu la politique, n'était que très rarement tendre et permissif avec ses populations. De fait elle aurait pensé que le chef suprême était imbu de lui-même, sadique et assoiffé de pouvoir comme n'importe quel dictateur classique.

La vérité était quelque peu différente visiblement. Le bureau était à demi-éclairé, si bien qu'il était un peu compliqué de faire mieux qu'apercevoir la silhouette haute au fond de la pièce. Les murs étaient curieusement nus et exempts de toute décoration extravagante, excepté quelques médailles et décorations dont elle ne savait rien. Intéressée, elle dédaigna brièvement l'illustre personnage au fond du bureau pour mieux examiner certaines de ses médailles. Les décorations étaient écrites dans un basic rudimentaire et visiblement vieux, ce qui lui compliquait la tâche.

Heureusement, elle connaissait maintenant la façon dont agir dans semblable situation. Puisant dans la Force, elle éleva son esprit pour qu'il soit capable, brièvement, de comprendre ce qu'elle lisait. Croix de la Victoire de Korriban, 5000 BBY. Cela ne lui disait rien, les écrits qu'elle avait pu consulter sur le passé ne remontaient pas aussi loin.

Cette médaille fut attribuée à l'un de mes ancêtres.

La voix, profonde, calme et étrangement douce, retentit depuis les profondeurs du bureau. Elle avait de riches accents masculins, c'était sans conteste celle d'un homme habitué à diriger et à exercer son autorité. Elle sursauta, elle en avait presque oublié la raison de sa présence ici, fascinée par le décorum pourtant très sobre. Elle se retourna et vit la silhouette déjà aperçue qui lui tournait le dos au fond, contemplant par-delà les vitres épaisses et surement blindées la ville d'Hurom.

Une source d'orgueil je présume.
En un sens oui. Mon ancêtre fit partie des forces de Ludo Kresh lorsqu'il se retourna contre Naga Sadow en constatant que sa faiblesse et son orgueil avaient précipité la République contre l'Empire. Kresh mourut dans la bataille et une grande partie de sa flotte avec mais mon ancêtre trouva refuge ici, sur Thule. Nous commémorons ses actes tout comme nous commémorons ceux des Seigneurs Sith qui vécurent ici.
Et j'ose espérer que vous n'oubliez pas la leçon qu'il y a à en tirer.
Que voulez-vous dire ?
Votre ancêtre a dû servir Sadow avant de se ranger derrière Kresh. Et il a changé de camp parce qu'il a constaté que le chef, devenu faible, avait failli envers la charge qui était la sienne. Le fort dirige, le faible n'a pas sa place dans la société Sith excepté pour servir.

Il y eut un long silence. En vérité, Varadesh ne connaissait même pas les individus dont il avait parlé mais l'avouer n'aurait fait que la rabaisser à ses yeux. Et elle ne pouvait pas se permettre de perdre en crédibilité devant celui qui pouvait rallier l'Ordre ou les tuer elle et Jeny. Il se rapprocha, émergeant finalement de l'ombre et dévoilant son visage qui, s'il n'avait été barré par une longue cicatrice partant de la joue gauche et creusant un sillon sur sa bouche, aurait pu être séduisant. Il ne devait avoir pas plus de 40 ans voire 50 au mieux. Il était vêtu d'un uniforme militaire, le même que celui de tout les soldats qu'elle avait vu depuis son arrivée sur Thule.

Il eut un petit sourire très bref et un hochement de tête presque imperceptible. Elle sut alors qu'il approuvait ses propos. C'était une bonne introduction à leur échange à venir. Elle le regardait avec une expression neutre. Bien qu'elle fut dans son rôle de Dame Sombre, elle songeait que rabaisser l'homme en lui rappelant qu'elle lui était supérieure serait plus contre-productif qu'autre chose. Le rapport de forces en l'état actuel des choses les mettait sur un pied d'égalité au moins pour un temps.

Je pense que nous avons beaucoup à nous dire ma Dame. Si vous voulez bien me faire l'honneur de vous asseoir à mon bureau.

Elle hocha la tête et le suivit puis prit place. Elle se tint droite, imitant de manière parfaite le brio avec lequel son Maître se tenait habituellement. Elle n'était peut-être pas la véritable Dame Sombre mais elle savait se comporter comme telle au moins en apparence. Le Commandeur se tint quant à lui tout aussi parfaitement droit qu'à son arrivée, assis de l'autre côté du bureau. Il l'examinait d'un air songeur et méthodique. Elle laissa cet examen se prolonger quelques instants puis décida de passer au vif du sujet.

Qui servez-vous, Commandeur de Thule ?
Je sers l'Ordre Sith et mon peuple avant toute chose. Rien d'autre. Vous pouvez m'appeler Grégor Eisenhorn, Commandeur Grégor Eisenhorn. Et vous êtes... ?
Dame Darth Varadesh. Je suis l'Ordre Sith, Commandeur Eisenhorn.

Ce qui n'était pas entièrement vrai mais pas entièrement faux. D'une certaine manière, c'était même plutôt la vérité si on y réfléchissait. En tant qu'apprentie de la Dame Sombre, elle en était le successeur. Un jour viendrait ou elle serait véritablement l'Ordre Sith. En attendant elle en était l'espoir et l'avenir. L'héritière.

C'est ce que vous affirmez et après avoir été informé de ce que vous avez fait aux premiers de mes hommes envoyés vous interpeller toutes les deux, je dois dire que mes doutes ne sont guère nombreux. Mais...
Vous osez douter de ma parole Commandeur ? Dois-je vraiment vous ouvrir les yeux ?
Au fil des décennies, nombre d'individus sont arrivés ici, la plupart par mégarde. Et très peu étaient véritablement des Sith. Moi-même j'en ai rencontré un certain nombre, ils étaient des Jedi Noirs, des individus sensibles au Côté Obscur mais aucun n'était un Sith. Vous...

Il s'interrompit. Il venait de se rendre compte que la jeune femme, auparavant assise face à lui, n'était plus là. Le silence régnait dans la pièce, étouffant. Il était seul et ne la voyait nulle part. Il fit mine de se lever tandis que sa main descendait jusqu'à sa taille pour saisir le blaster réglementaire pour se défendre, l'instinct du militaire prenant le pas sur l'incompréhension. Il s'était à peine redressé lorsqu'il entendit le bruissement caractéristique d'un sabre laser qui s'allumait. Il se figea, sentant la lame d'énergie juste sous sa gorge. Un seul geste et il serait mort. La voix de la Pantoran sembla presque langoureuse à son oreille alors même que la situation n'était guère amusante.

Et combien de ces imbéciles et imposteurs ont jamais réussi à vous surprendre aussi aisément, Commandeur ? Combien ont pu arriver aussi près de vous au point de menacer votre vie ? Combien auraient choisi de vous éliminer là tout de suite ?

Il ne dit mot, choisissant de laisser son mutisme parler pour lui. Elle rit, amusée. Il déglutit malgré lui et craignit un instant que cela allait le condamner. Puis la lame quitta très lentement sa gorge et il put se retourner. Elle tenait son sabre laser devant elle, prudente.

Votre petite démonstration ne prouve rien ma Dame. Mais vos mots sont bien plus révélateurs. Qui était votre Maître ?
Pourquoi cette question ?
De nombreuses années ont passé depuis la dernière fois que j'ai conversé avec l'un des vôtres. La dernière personne que j'ai vu comme étant Seigneur Noir était Darth Traetius. Or, je sais qu'elle est morte depuis bien des années et que son seul apprenti connu était Vador, mort lui aussi.

Elle sembla réfléchir quelques instants comme si elle pesait ses paroles futures.

Traetius avait beaucoup de secrets, Grégor. Je ne crois pas avoir à vous expliquer que la pérennité de l'Ordre passe par les secrets et les subterfuges. Il suffit que vous sachiez que je suis ce qui reste des Sith, moi et quelques serviteurs loyaux.
Telle que cette jeune femme que vous avez laissé en pâture à mes hommes ?
Si je m'étais contentée d'affirmer que j'étais la Dame Sombre à vos hommes, m'auraient-ils écouté ?
Aucune chance. Nous croyons et nous servons l'Ordre Sith comme il en a toujours été ainsi depuis la fondation de Thule mais nous ne sommes pas stupides ni ne suivons aveuglément qui se réclame de leur héritage.
Je suis la Dame Sombre. Et je suis là pour réclamer ce qui m'appartient. Vous. Votre monde. Votre peuple. Tout.

Il sembla sur le point de répondre lorsque son système de comm' sonna. Fronçant les sourcils, Eisenhorn répondit. Elle l'entendit parler dans un jargon qu'elle ne comprenait pas, probablement à dessein. Au fur et à mesure, ses traits usés se durcirent de plus en plus. Finalement, il raccrocha sèchement.

Votre soit disant traîtresse faible est en cavale dans le bâtiment après avoir massacré l'équipe médicale qui l'avait prise en charge.
Et à quoi vous attendiez-vous ? Bien sûr que j'ai menti sur elle, j'ai agi pour remonter jusqu'à vous car vous êtes la clé de Thule. Mais n'allez pas croire que je vous mens lorsque je vous dit qu'elle est encore plus dangereuse que vous ne pourriez le penser.
Vous allez pouvoir me prouver votre puissance sur le champ. Il n'est pas question de la laisser tout dévaster.
Laissez-moi lui parler. Je saurai la raisonner.

Modifié en dernier par Ciaphas Cain le mar. 9 oct. 2018 12:17, modifié 1 fois.
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By Jeny Mikerley
#34061
Un regard à droite, un regard à gauche, elle traversa le carrefour des couloirs en vitesse. Ses sens en éveils, son casque sur les oreilles, elle voyait les palpitations cardiaques à travers la Force, repérait ses cibles, ses oppresseurs. Un bruit de botte, deux même, elle se cramponna dans un renfoncement et laissa passer deux soldats, arme au poing, se diriger vers l’infirmerie. Elle se dirigea dans l’autre sens, essayant de passer le plus naturellement du monde pour l’une des leurs. Est-ce qu’il y avait des femmes dans l’armée d’ailleurs ? Oui, il y en avait. L’une d’elle était morte de sa main dans le vaisseau. Jeny continua et traversa un poste d’infirmier en pleine excitation. Trois personnes en blouse blanche qui s’acharnait devant les caméras de surveillance, pointant du doigt des prétendues cibles sur les moniteurs. Jeny essaya d’entrer, porte fermée. Elle frappa deux fois contre la porte, l’un des médecins s’approcha.

« On n’a ordre de n’ouvrir à personne, même pas à vous. »

Sous son casque, elle roula du regard et dégaina son sabre. Avant que l’autre ait eu le temps de cligner des yeux, la lame jaunâtre traversa la porte et le corps de l’homme derrière. D’un mouvement latéral, elle coupa la serrure en deux et entra, poussant la porte en même temps que le cadavre. Les deux autres s’étaient retournés vers elle puis enfuit dans le fond de la pièce. Précautionneusement, elle ferma la porte derrière elle puis ferma les rideaux. Les infirmiers demandaient grâce, et elle allait leur offrir. Une main à sa ceinture et … mince, plus de dague. Sous son casque, elle grogna. D’ailleurs, elle enleva ce dernier et le posa dans un coin de la pièce.

« Ou est-ce que le général commandeur travaille ? »

Silence, elle s’approcha d’eux, tandis que l’ombre fit son apparition en tentacule fouettant l’air, provoquant court-circuit électriques et autres désagréments pour ce qui se trouvait à portée.

« Non non, s’il vous plait, il se trouve dans … »

« Silence, vous êtes un lâche Rado… »

Il s’étrangla et porta la main à son cou quand sa trachée lui fut retirée. Il chercha tandis que ses poumons se remplirent de sang et que ses déglutis incompréhensibles finirent par apeurer l’autre. Tout cela sous les grognements de Force de la petite, qui ne contrôlait ses pouvoirs que partiellement. Dans le sens où elle ne décidait qu’à moitié de leur manifestation.

« Dans le grand bâtiment, le temple Sith, au centre de la ville. C’est en face, juste en face, ne me tuez pas. »

Jeny rangea son sabre et s’approcha de lui, se mettant à genoux. Elle lui prit le visage entre ses mains et le tourna de gauche à droite.

« Les serviteurs du côté obscure et des Sith sont censés être sans faille. Mais cela ne leur donne qu’un funeste destin. Toi, tu as su rester en vie quelques secondes de plus par ta couardise. Pour autant, je ne peux pas te garder à mes côtés. Alors tu resteras en moi. »

L’autre resta bouche bée, sans comprendre. Jeny lui laissa une dizaine de seconde, pendant lesquelles elle aspira sa vie. Dix secondes pour se rendre compte que sa vitalité était transférée, et que de lui, ne restait qu’une coquille vide. Vide de sens comme tout ce qui tournait autour de cette planète. Une fois le cadavre vidé, elle changea de vêtements, optant pour la tenue des médecins. Ensemble blanc, blouse fermée par-dessus les vêtements militaires. Elle ajusta également ses cheveux et les dissimula dans la toge médicale réglementaire. Il n’était plus question de croquer désormais, ça tâchait. La porte s’ouvrit, elle se retourna et comme une ombre sauta dans le coin opposé, poursuivie par la fumée qu’elle laissait derrière elle. Deux soldats, arme levée, se présentèrent. Lentement, ils avancèrent, constatant les cadavres les uns après les autres. Dissimulée derrière un placard, elle attendit. Un pas, deux pas, la lumière sauta, il y eu des cris de stupeurs, des vies transférées, et elle ressortit de la pièce, essuyant sa bouche d’un revers de manche.

Rapidement, elle se dirigea vers la sortie, suivant les panneaux qui la lui indiquait. Des regards dans tous les sens afin d’éviter de se faire surprendre. La Force lui indiquait tout cependant, comme la grosse concentration de vie en face d’elle. Pas le temps d’hésiter, elle approcha du barrage, juste au détour d’un couloir. Jeny leva les yeux en l’air, le faux plafond. Parfait. Elle se précipita dans le couloir et mit ses mains sur sa tête tout en se précipitant vers les soldats. A mi-chemin, ils levèrent leurs armes vers elle, mais elle continua à courir.

« Elle arrive ! Dans le plafond, elle arrive ! »

Sur ces mots, elle pointa la cible du doigt et les plaques de plafond tremblèrent, certaines tombèrent. Globalement, les unes après les autres produisaient une impression de mouvement approximatif. Il n’y eut pas besoin de plus de preuve pour qu’ils ouvrent le feu en l’air, détruisant lumière, fils électriques, les plaques qui tombèrent petit à petit et tout plonger dans le noir. Jeny n’attendit pas son reste et pour une fois ne s’arrêta pas pour les tuer. Elle sortit simplement du bâtiment et se retrouva dans la rue, déjà entourée de soldats, policiers et autres forces de l’ordre. On lui fit signe au fond de la place, elle se rapprocha, prenant un air paniquée.

« Abritez-vous vers le camion, là-bas, avec les autres. C’est fini, ne vous inquiétez pas. »

Elle hocha de la tête et se dirigea vers l’endroit montré, jetant un regard en arrière. Mais entre deux véhicules, elle tourna brusquement, laissa tomber la blouse et le bonnet blanc. Finalement, elle sortit de cette cohue de véhicule et se dirigea vers le bâtiment indiqué. Lourdement défendu, surtout maintenant, évidemment. La petite se décala de la zone jusqu’à trouver une excroissance d’où l’on rangeait les poubelles du quartier. Elle décala alors la benne et s’engouffra dans l’espace. De là, elle avait la vision sur le bâtiment. Il fallait attendre désormais.
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By Ciaphas Cain
#34067
L'avantage avec Jeny c'était qu'elle n'était guère discrète dans ses méthodes de fuite. Il était relativement facile de remonter sa piste sanglante tracée avec la vie de ceux qui avaient eu la malchance de croiser sa route : il suffisait de suivre les cadavres. Et dieu sait à quel point ils étaient nombreux. Vaguement écœurée par l'odeur du sang et des viscères qui régnait dans l'infirmerie ou l'humaine avait été amenée après leur arrivée, Varadesh observait la scène de dévastation avec un détachement apparent feint à la perfection.

Elle avait également pu regarder les enregistrements vidéo dont tout les bâtiments d'Hurom étaient truffés pour assurer une surveillance maximale et le tableau avait été facile à se représenter. Amenée ici pour être soignée avant d'être interrogée, Jeny avait de manière logique très mal réagi lorsque ses interrogateurs avaient voulu pousser leur domination illusoire sur elle plus loin et plus profondément encore. A cette pensée, la Sith ressentit un léger soupçon de culpabilité, responsable en un sens de tout ce carnage qu'elle était.

Mais cela passa bien vite. La fin justifie et justifiera toujours les moyens pour les Sith. Jeny n'était qu'une ressource dont user pour ses plans et ceux de son Maître, rien de plus. Il convenait maintenant de retrouver cette précieuse ressource qui était probablement quelque part dans la nature en ce moment. Non qu'elle doutait de sa capacité à s'en sortir seule mais plus elle le resterait longtemps, plus les risques seraient grands qu'elle trace un chemin sanglant derrière elle.

Et ça, l'apprentie n'y était guère favorable. Plus elles tueraient de civils et de militaires thuliens, plus il serait difficile d'obtenir leur soumission. Les Sith n'étaient pas des fous furieux qui tuaient dans la joie et la bonne humeur tout ce qui croisait leur route, ils laissaient ça aux psychopathes dégénérés. La mort et le meurtre étaient des outils dont se servir lorsque c'était nécessaire, rien de plus. Eisenhorn était occupé à discuter avec quelques-uns de ses hommes, probablement en train d'ordonner des mesures d'urgence comme boucler toute la zone alentour et interpeller tout passant pour un contrôle d'identité...

Au moins 5 morts déjà. Et je m'attend à ce que la liste s'allonge.

Le Commandeur était là face à elle et l'observait. Il savait maîtriser ses émotions et ne pas les laisser monter à la surface mais elle sentait bien la colère soigneusement réprimée qui couvait dans le fond de ses yeux. Elle haussa un sourcil, indifférente.

Ne comptez pas sur moi pour pleurer ces imbéciles qui l'ont sous-estimé. Encore moins après avoir vu les enregistrements.
Vous cautionnez ces meurtres gratuits ? Elle a également liquidé 3 autres de mes hommes en plus de ces 2 là. D'après ce que nous savons, elle est là dehors, en liberté dans ma ville et prête à s'en prendre à mon peuple.
Leurs vies ne leur appartenaient pas, pas plus qu'à vous. Elles appartiennent à l'Ordre, à moi et à ceux qui me servent. Jeny n'a fait que ce qu'on lui a enseigné, elle a survécu et brisé les chaînes qui la retenaient ici.
Dans ce cas laissez-moi être parfaitement honnête avec vous, ma Dame. Je ne tolérerai pas que votre protégée se balade dehors et puisse agresser les serviteurs dévoués du côté obscur. Si vous souhaitez obtenir notre allégeance, vous allez devoir la mériter. Rappelez votre chien.

Varadesh lui jeta un regard glacé, songeant à dégainer son sabre pour l'abattre là tout de suite devant tout le monde. L'idée lui plaisait et elle pouvait tout à fait montrer à tous qui commandait réellement mais il y avait un risque non négligeable qu'elle ne fasse que les enrager et précipiter sa chute. Contrôlant son irritation, la soit disant Dame Sombre se borna à le dévisager sans mot dire. Puis elle se détourna, non sans glisser un dernier avertissement à Eisenhorn.

Quand nous en aurons fini avec cela, vous devrez répondre de votre comportement, Commandeur. Je vous rappelle que vous parlez à votre maître.

Elle quitta l'infirmerie dévastée puis gagna l'entrée du bâtiment de commandement ou Jeny avait été retenue prisonnière. D'après les enregistrements, elle avait été dans une autre infirmerie avant de disparaître mais son déguisement en blouse blanche, très sommaire, ne pouvait tromper les caméras. Elle avait disparu dehors dans les rues et malgré les bunkers et postes de garde omniprésents, Varadesh était presque sûre qu'elle pourrait leur échapper au moins un temps.

Se concentrant, l'apprentie étendit ses sens et son champ de perception à travers la Force. Tant de vies autour d'elle qui n'étaient guère plus que des braises presque éteintes, tant d'individus enchaînés à leur faiblesse et aveugles au pouvoir de la Force. Il fallait qu'elle contacte Jeny, c'était une tâche relativement difficile mais la Pantoran avait un peu de pratique. Elle avait pu goûter au pouvoir de l'humaine et pensait être capable de trouver son esprit parmi tout ceux qui peuplaient les environs. Il lui restait à espérer qu'elle n'était pas trop loin pour les capacités bourgeonnantes de l'apprentie.

Jeny. Ou te caches-tu ? Il faut qu'on parle. Ton plan a marché mais à présent, tu mets en danger nos objectifs. Reviens.

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By Jeny Mikerley
#34074
Dans le renfoncement offert par l’espace entre la poubelle et le mur, la petite restait en avant-garde, les sens en alerte. Toutes ces petites présences, elle les voyait à travers la Force, en haut, en bas, apparaissant comme des lueurs orangeâtres, même à travers les surfaces opaques. Elle renifla l’air, rien. Mise à part la poubelle qui parasitait ses sens. Elle tira une mine de dégoût et repassa la tête par delà le mur. Tout s’agitait vers le bâtiment, des cris de stupeurs, des ordres et beaucoup trop de bruits. Dans la rue, des gens qui regardaient d’un regard hagard l’intérieur, se demandant s’ils allaient voir le monstre qu’ils avaient essayé de maîtriser, d’autres encore qui recevaient des soins par les infirmiers sur place. Pourquoi ? Jeny ne blessait pas, se contentait de tuer, pourquoi alors se faisaient-ils soigner ? Elle roula du regard quand elle vit Sabina sortir du bâtiment, à seulement quelques foulées de sa cachette. Puis qui tenta d’envoyer des ondes dans la Force. Oh oui, elle les reçu, et sûrement tous les sensitifs de la planète également, semblable à des cris ou des rugissements. Jeny grogna, récupéra un morceau de déchet dans la poubelle et lui jeta dessus.

Elle s’approcha lentement d’elle, l’air de rien.

« Tu fais trop de bruits dans ma tête. »

Elle était encore en vie, donc la mission continuait. Où en étaient-elles à présent ? Elles avaient atteint la capitale, tuer des militaires te des médecins, et … Et bien c’était déjà bien. Le plan se déroulait sans accroc. Ou au moins sans plus de blessure de leur part.

« Qu’est ce qu’on … »

« Ah, elle est là ! »

Un homme à la musculature fournie, imberbe et aux cheveux taillés militaire sortie du bâtiment, tout en la pointant du doigt. Le commandeur ? Jeny serra les poings et lui jeta un regard noir, ou plutôt rouge, dans son cas.

« Espèce de chienne, tu seras jugée pour tes crimes. »

Elle haussa un sourcil et sans un mot supplémentaire, fonça vers lui avec la vitesse de Force, le percuta de plein fouet jusqu’au mur d’en face. Elle lui enserra le cou de sa main sans l’étrangler et le plaqua contre le mur. De son autre main, elle lui administra trois violents coups de poings, rapides et précis, elle lui cassa le nez, et peut-être d’autres trucs à côté. Le badaud avait alors essayé de se débattre et de la frapper, ce qu’il fit, plusieurs fois, mais elle ne broncha pas. Au contraire, elle leva la main qui tenait son cou, le faisant décoller du sol. La force de l’ombre, le pouvoir de tout détruire. L’ombre qui d’ailleurs fumait autour d’elle et dansait à partir de pores de sa peau. L’autre bredouilla, surement surpris d’avoir été détruit par une gamine.

« Rappelez vos soldats, où ils meurent tous. »

Ce n’était pas une menace en l’air, face au demi-cercle qui s’était formé autour d’elle, tandis que derrière des canons la pointait. Combien d’homme allaient mourir avant qu’ils ne l’abattent ? Les jeux étaient ouverts. Jeny en revanche ne jouait pas, elle était en colère, et ses yeux entièrement rouges de sang en disaient long.

« Bai… baissez vos armes. C’est un ordre ! »

La jeune femme le laissa alors retomber sur ses pieds et se rapprocha de son oreille, très lentement. Elle lui susurra ces mots :

« Si l’un de tes hommes tente encore de me toucher, de me regarder de travers, ou quoi que ce soit que je jugerai mauvais, je vous retrouve, et je vous fais bouffer vos organes. Vous pensez être le mâle ici ? Je suis le mal. »

Elle s’écarta enfin, laissant les médecins s’approcher de lui pour le soigner. Jeny laissa passer son regard sur Varadesh, sans aucun commentaire. Elle n’avait aucun compte à lui rendre. Si ces gens devaient être leurs esclaves, qu’ils comprennent tout de suite qu’elle n’aurait aucune retenue si elle avait faim. Jeny poussa un des soldats qui s’approcha trop proche d’elle et rejoignit finalement la « Dame Sombre ». A peine fut-elle à ses côtés que son attention fut happée par autre chose. Une autre forme d’ombre. Elle renifla l’air comme un chien et chercha dans les alentours, jusqu’à repérer trois silhouettes. Deux vêtues d’une toge blanche et une autre au centre de noir. Des capuches recouvraient leur visage et ils puaient l’obscurité. Ils ne bougeaient pas et les observaient. Jeny eut un gloussement et attira l’attention de Varadesh.

« Ils ont ramenés les prêtres. Je te parie un nouveau vaisseau qu’ils vont essayer de nous apprendre ce qu’est le côté obscure. »

Une pause, quand elle se retourna vers le Commandeur.

« J’espère que tu ne lui as pas dit que j’étais une Sith, au chef, qu’ils comprennent bien qu’il doit vous craindre vous, mais qu’il doit me fuir moi. »

Elle valait mieux que cela, il ne fallait pas abuser sur les mensonges. Si le côté obscure était stratifié, elle était déjà tout en bas, plongeant encore et toujours. L’ombre n’était que la manifestation des ténèbres qui s’agitaient autour d’elle, bien plus oppressant et dangereux que ne le serait le côté obscure de surface.
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By Ciaphas Cain
#34175
Décidément, la subtilité et Jeny ça faisait deux. Varadesh n'eut guère de difficulté à esquiver les détritus que l'humaine lui lança au visage lorsqu'elle apparut de nulle part. Elle soupira intérieurement, composer avec ce chien enragé et indiscipliné était une vraie plaie. Si Ranath avait voulu éprouver sa patience en l'obligeant à se coltiner cette cinglée, mission accomplie, sa patience était largement écornée. Cette fille n'était bonne qu'à semer le chaos et la destruction partout ou elle passait, ne laissant aucune place pour la subtilité ou les méthodes plus « élégantes » dirons-nous, quelle tristesse.

Pas le temps de faire quelque commentaire, non qu'elle en eut un d'ailleurs, que les choses se précipitèrent. En l'apercevant sortir des ombres de la nuit, plusieurs des militaires la mirent immédiatement en joue tandis que Grégor et l'un de ses officiers sortaient du bâtiment. L'officier réagit mal, comme il fallait s'y attendre, lorsqu'il se rendit compte que la responsable du massacre était là sous leurs yeux. Il n'eut cependant pas le temps d'aller plus loin que de l'injurier avant qu'elle ne passe à l'action, à sa manière directe et expéditive.

Varadesh observa l'humaine rassembler ses forces et se jeter à une vitesse surhumaine prêtée par le côté obscur sur l'officier avant de le maîtriser sans effort apparent. Avec la verve et la rage qui semblait constamment couver en son sein, elle mit les choses au point. Tout cela aurait dû également énerver l'apprentie mais curieusement il n'en était rien. Elle observait la scène comme de loin, détachée, songeant qu'en fait, Jeny leur avait probablement rendu service en jouant les furies comme elle venait de le faire. Elle avait montré sa force et combien il ne fallait pas la sous-estimer ni la chercher. Et, par voie de fait, qu'il ne fallait pas les chercher toutes les deux. Elle eut un sourire furtif en songeant à tout cela.

Le rire de l'humaine la ramena à la réalité alors qu'elle était perdue dans ses pensées. Jeny les avait senti un instant plus tôt qu'elle mais il n'y avait aucun doute. Un pouvoir flottait dans l'air et la source n'était aucune d'elles, cela voulait donc dire qu'il y avait quelqu'un d'autre doué d'affinités avec la Force. Elle tourna la tête dans la direction que la jeune femme lui indiqua et vit approcher à pas lents, mesurés et soigneusement calculés les silhouettes drapées de bures noires et blanche. Des runes complexes et des représentations étranges y étaient visibles partout sur les vêtements.

Cela aurait pu sembler inquiétant au premier abord mais en étendant sa volonté, Varadesh se rendit compte qu'ils n'étaient sensibles au côté obscur que de manière très superficielle. A peine disposaient-ils de la capacité de sentir son pouvoir et canaliser leurs émotions de façon brute et incontrôlée. Même elle, à ses débuts sur Korriban, avait disposé d'un potentiel bien plus grand qu'eux n'en auraient jamais. Elle rit également, partageant brièvement l'hilarité de Jeny. Ils n'étaient que des ombres, de pitoyables copies à peine dignes de se tenir devant elles.

Satisfait, Commandeur ? Vous saurez à l'avenir comment vous comporter avec elle j'espère.

Le militaire au visage tanné observa successivement les 2 jeunes femmes avant de porter son attention sur les prêtres qui s'approchaient. Ses troupes mirent un genou à terre, murmurant des paroles indescriptibles, probablement pour implorer pardon et bénédictions de leurs bergers. Eisenhorn pour sa part s'inclina mais rien de plus, ce qui laissait entendre que s'il respectait l'autorité des prêtres, il ne pliait pas l'échine devant eux. Une information intéressante. En aparté, elle répondit à la question de Jeny.

Il ne sait que ce qu'il a besoin de savoir, que tu es avec moi, rien de plus.

Grégor s'en était allé discuter à voix basse avec le meneur du trio de prêtres tandis que Varadesh les observait. Plus elle le faisait et plus son mépris pour ces individus augmentait. Les militaires, bien que faibles puisque aveugles au pouvoir de la Force, pouvaient faire de précieux serviteurs et avoir une grande utilité. Mais ces prêtres n'étaient rien tout en se galvaudant d'un pouvoir qu'ils ne possédaient pas. Pathétique.

Leur pouvoir est à peine suffisant pour qu'ils puissent se prétendre adeptes du côté obscur, c'est pitoyable. Si c'est là ce qui est censé rappeler à la population ce que sont les Sith, ils n'ont vraiment aucune idée de qui ils servent vraiment.

Brusquement, le Commandeur s'écarta pour laisser passer le trio qui vint se poser face au duo féminin. Il y eut un silence de quelques instants durant lesquels chaque groupe examina l'autre sans mot dire puis le prêtre qui portait une bure blanche releva son capuchon, laissant apercevoir un visage quelconque, uniquement remarquable par les sillons creusés dans ses traits. Ses yeux abordaient la couleur jaune-orange typique de ceux qui avaient plongé dans les profondeurs du côté obscur bien que leur teinte ne soit pas aussi dorée que ceux de la Pantoran. Il s'inclina rapidement, ses yeux alternant entre l'humaine et l'alien.

Salutations aux représentantes de l'Ordre Sith. Le Magus Magir, Valdrekk Elias, a appris votre arrivée et vous transmet son respect le plus profond. Il nous a envoyé afin de solliciter que vous le rejoigniez au Temple pour vous entretenir avec lui.

Après un rapide regard à Jeny, Varadesh répondit sur un ton légèrement narquois.

Et cet Elias n'a pas jugé utile de venir nous rencontrer en personne mais d'envoyer des serviteurs ? Se croit-il être au-dessus de nous peut-être ?
Non ma Dame, c'est simplement le protocole qui veut qu'il en soit ainsi. De plus, le Magir est actuellement pris par la cérémonie des prières journalières au Temple et ne pouvait donc se soustraire à ses obligations.

L'apprentie grogna. Des prières. Tout cela était d'un ridicule sans nom. Le Côté Obscur n'avait pas besoin de prières ou de vénération quelconque, sa nature même était au-delà de considérations aussi primaires. Comme s'il suffisait de supplier la puissance de la Force pour qu'elle intervienne. Seuls les individus forts et déterminés pouvaient l'invoquer et le plier à leur volonté pour briser leurs chaînes. Ce culte puéril la dégoûtait profondément mais elle savait être pragmatique et reconnaître l'utilité de ce genre de chose. La religion sur Thule n'était rien d'autre qu'un instrument de contrôle du peuple qu'il leur fallait conserver si elles voulaient pouvoir réclamer ce monde et tout ce qu'il contenait.

Soit. Alors tu vas nous mener à lui sur le champ. Il est temps que votre Magir se souvienne ou est sa place et qui sont ses maîtres.
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By Jeny Mikerley
#34194
Jeny laissa passer les trois compères au costume blanc. Elle plaça ses mains sur son bassin et haussa un sourcil, attendant qu’ils ne brisent le silence. Attendre que ce soit eux qui fassent le premier pas, dans une mêlé spirituel pour le contrôle psychologique. Elle renifla l’air machinalement, respirant le parfum des bougies encensées à l’humidité. S’incrustant et s’accrochant aux fibres de leurs vêtements. Une tenue impeccable, pas un pli, pas même l’ombre d’un poil ou d’un cheveu. Jeny grogna, accompagnant le bruit des alarmes derrière le groupe de sensitifs. L’un d’eux prit la parole, aussitôt taclé par Varadesh, toujours dans l’idée de montrer une pseudo supériorité. Telle la sith qu’elle était, linéaire et prévisible. La réponse qui suivit fit toquer la petite négligée qui s’approcha :

« Un protocole ? Des prières ? Vous priez quoi au juste ? L’avènement d’une pseudo entité qui saura vous sauver si vous vous abandonner à elle ? C’est encore des conneries ça. »

Il y eut un silence, pendant lequel les deux encapuchonnés et leur confrère restèrent fixés sur elle, le visage neutre, sans mot dire. Leurs yeux pianotèrent comme un ver luisant nourrisson essayait d’illuminer de son existence. Jeny roula du regard.

« Me regardez pas comme ça, allons-y, qu’on en finisse. J’espère que votre prêtre sait vraiment de quoi il parle. Bien que je ne m’attende pas à grand-chose … »

Sur ces paroles, l’un d’eux s’approcha brusquement, le torse se levant et s’abaissant aux grés de sa respiration soutenue. Ses yeux perduraient dans la lueur orangeâtre, tandis qu’une de ses veines pulsait le long de son crâne. Ses mains serrées dénotaient finalement une prise de position offensive. Jeny réagit aussitôt et son corps s’évapora à travers les ombres menaçantes qu’elle déployait, prêtes à frapper. L’instant se figea sans que ni l’un, ni l’autre, n’attaque. Finalement, une silhouette féminine tout de blanc vêtu posa une main sur l’épaule de l’importun. Celui-ci considéra cet organe étranger un moment, puis Jeny, dont les cheveux s’étaient dressés en même temps que son allié. Raison ou couardise, il se retourna.

Ils partirent devant, Jeny et Varadesh derrière. Elle attendit que les choses se passent, ne faisant rien, ne tentant rien. L’ombre ne s’était pas rétractée et traînait derrière comme une fumée nauséabonde et menaçante. Montrant bien qu’elle était surnaturelle, qu’elle était au-delà de leur pathétique existence mortelle, et que son accroche n’était pas liée à la vie. Tout était dans l’artifice et elle comptait bien user sans vergogne de son état. On les mena à travers la capitale, dans un des bâtiments adjacents, une haute place spirituelle, semblable à celui que les jedi utilisaient. Pourtant à des années lumières de là. Une ressemblance pour le moins insolente. Elle jeta un coup d’œil à l’immense structure pyramidale, puis vers Sabina. Si cette dernière prenait du plaisir à contempler tout cela, et que le côté obscure émanant de cet endroit pouvait l’enivrer, ce n’était pas du tout son cas. Non pas qu’elle ne le sente pas, mais cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Une tâche de fond dans son esprit, un brouillon rudimentaire.

ImageDes arches furent traversées, des colonnades et autres enluminures artistiques. Partout des prêtres, le visage caché, les mains jointes, dissimulée sous de longues manches. Ils étaient des statues, prêts à frapper. Mais rien d’intéressant non plus là-dedans. En revanche, l’homme tapis derrière son pupitre de pierre, dans la grande salle suivante, lui, il était intéressant. Pourquoi ? Parce qu’il n’était comme les autres. Préférant une tenue pourpre, contrastant avec ses fidèles. Des cheveux inexistants, une barbe taillée, un regard mesquin et dur. Voilà à quoi il pouvait être résumé. On leur demanda de s’arrêter, attendant que le maître digne de terminer sa lecture. Puisque sur ce pupitre, un grand livre, un vrai, y était posé, et de ces lignes qu’il parcourait de ses yeux, des sons, comme des murmures, s’y échappait, de sa bouche concentrée. Des tirades incompréhensibles, un charabia ténébreux que seul ses adeptes pouvaient appréhender. Un langage qui pourtant, lui rappelait quelque chose. Cela dura plusieurs secondes, peut-être une minute, puis il s’arrêta aussi sec. Il ferma le livre lentement, sans un bruit, s’arrêta sur la couverture et leva les yeux vers elle.

« L’on m’a rapporté que deux Sith se seraient introduit dans notre belle ville. Et que l’une d’elle nous faisait l’honneur d’être une Dame Sombre. Sachez que j’en suis honoré. »

Il ne s’inclina pas cependant, mais fit le tour du pupitre, se plaçant devant, les mains jointes devant son bassin.

« Une Dame Sombre, qui plus est, venant à peine de devenir femme. Étonnant. »

Jeny fronça les sourcils. Il se tourna vers elle à ce moment-là, d’une manière trop brutale pour être naturelle.

« Et que dire de sa fidèle apprentie, dont la tendance à la destruction n’a d’égale que sa propension à se donner en spectacle. »

Elle grogna en retour. Il continua, plus sèchement.

« Que voulez-vous ? »
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By Ciaphas Cain
#34217
Image


En silence elles avaient suivi les prêtres, montant dans un véhicule qui les amènerait au lieu dit pour la rencontre. Varadesh avait accordé un regard bref à Jeny durant le trajet mais elle avait semblé ailleurs encore une fois. Et il y avait cette chose curieuse qu'elle sentait s'accrocher à l'humaine. Elle avait l'impression distincte que la capacité unique de la jeune femme était presque indépendante de sa volonté voire dotée d'une conscience singulière. Elle n'avait jamais entendu parler d'une chose pareille mais il était compliqué de pouvoir étudier tout les secrets des anciens Sith d'un autre côté.

Contrairement à ce qu'elle aurait pu penser, le speeder ne les emmena pas hors de la ville ou dans ses quartiers périphériques mais remonta le long de son centre-ville. C'était là, au cœur d'Hurom, que trônait la silhouette du Temple Sith, immense forteresse tout autant que symbole de pouvoir et de dominance, celle de l'Ordre Sith. Le véhicule se gara devant l'entrée pavée d'un long et pesant escalier à parcourir pour pouvoir espérer gagner l'intérieur. Sans un mot, les 2 femmes suivirent les prêtres jusqu'au bout du chemin. Lorsqu'ils furent arrivés devant les portes, Varadesh s'accorda quelques instants pour lever les yeux et contempler la structure, fascinée.

Korriban lui avait fait un effet semblable, les murmures et les courants du côté obscur y évoquant ce qui jadis avait dû être un monde rayonnant de l'énergie du côté obscur. Dès leur arrivée sur Thule elle avait senti le potentiel brut bien plus grand de ce monde mais ça n'était rien comparé à ce qu'elle sentait maintenant qu'elle était là. Le temple irradiait le pouvoir du côté obscur au point d'en être presque incandescent et elle s'en délectait. Tant de puissance ici qui ne demandait qu'à être domptée et utilisée, cela la fit brièvement sourire à cette pensée. Avec ce qui était emmagasiné ici elle aurait pu faire beaucoup de choses, des idées qui lui étaient récemment venus et qu'elle n'osait pas creuser jusque-là.

Il fut temps de laisser de côté l'examen rapide de l'endroit pour reprendre la route et suivre les prêtres jusqu'à leur dirigeant, le fameux Elias. Ils croisèrent de nombreux disciples du maître des lieux dans les longs couloirs et les salles qu'ils traversèrent et Varadesh en sentait de plus nombreux encore qui étaient là, cachés mais bien présents. A l'évidence, on ne leur faisait pas confiance, ou peut-être que les résidents étaient simplement curieux de voir ces nouvelles venues. La main de l'apprentie ne restait jamais éloignée de la poignée de son sabre laser, par mesure de sécurité. On n'était jamais trop prudent après tout.

Vint enfin le tête-à-tête avec le maître des lieux. La première impression qu'elle eut en contemplant l'homme vêtu de robes différentes, plus riches et stylisées que ses ouailles, était une légère déception. Bien qu'impressionnant physiquement, l'homme ne semblait avoir rien de plus pour lui. Il n'était qu'un homme tout comme les autres prêtres, perdu dans sa vénération d'un pouvoir qui le dépassait. En bref, un serviteur parmi d'autres. Pourtant, lorsqu'il parla, elle changea rapidement d'avis.

Le ton totalement dénué de respect et d'obédience de l'homme était inacceptable, appelant un rappel des règles et du rapport de force déséquilibré entre eux. Il n'était pas le leader mais l'exécutant qui servait d'autres plus forts que lui. Et sa remarque sur la jeunesse de la Pantoran ne lui valut guère plus d'amitié de sa part, sans compter sa façon de rabrouer Jeny qui, supposait-elle, devait donner envie à l'humaine de lui voler dans les plumes.

Vous vous oubliez. Vous vous adressez à l'Ordre Sith, vos maîtres. Baissez d'un ton ou vous regretterez amèrement vos paroles.

Elias la regarda, détachant son attention de Jeny brièvement. L'ombre d'un sourire narquois jouait sur ses traits marqués par le temps et autre chose. Une désagréable impression vint alors en tête à l'apprentie, comme si elle avait mis le doigt sur quelque chose qui la taraudait mais qu'elle n'arrivait pas à l'expliquer. Ce fut alors qu'elle put voir les yeux de l'homme distinctement, jusqu'ici cachés par l'atmosphère peu éclairée de la salle ou il les avait accueillies. Ils étaient d'or, un or qu'elle ne connaissait que trop bien. Interloquée, elle comprit alors que, bien loin de ses disciples, le magus maîtrisait le pouvoir du côté obscur !

Je ne sers que ceux qui sont suffisamment forts pour prouver qu'ils sont de vrais Sith, pas ceux qui se revendiquent comme tels sans rien afficher de leur héritage.

C'en était trop. Varadesh se concentra, rassemblant son pouvoir pour le lancer à la gorge de l'effronté, levant la main... Et s'effondra presque immédiatement, violemment repoussée en arrière sur plusieurs mètres par un tentacule de puissance invoqué par Elias. Hoquetant, elle tenta de se redresser, incapable de comprendre comment il avait pu la prendre de vitesse.

Vous n'aviez certainement pas cru que votre pitoyable mensonge prendrait sur moi ? Les esprits inférieurs peuvent bien être soumis par de petits tours de passe-passe mais je ne suis pas un imbécile. Vous n'êtes pas la Dame Sombre. Et cette furie qui vous accompagne n'est pas votre apprentie, pas plus qu'elle n'est une Sith. Vous n'êtes rien, l'une comme l'autre.

Le choc passé, l'apprentie était furieuse. Furieuse que le mensonge fut éventé, furieuse de s'être faite maîtriser si aisément et par-dessus tout furieuse de constater que tous ne s'inclinaient pas devant elles. Le moment était finalement venu de se salir les mains semblait-il. Elle tendit la main en direction de sa taille, saisit son sabre laser et l'alluma, les yeux dorés étincelant de vilaine manière. La rage menaçait de la submerger. Alors que Jeny se jetait sur Elias, Varadesh préparait déjà sa prochaine attaque.

Vous vous êtes parjuré, Valdrekk Elias. Vous paierez pour votre trahison, au prix fort.

Il éclata de rire, amusé par la menace.

Vos paroles sont aussi creuses que vos pouvoirs sont bas. Vous êtes faible. Je n'ai pas renié ma foi envers le côté obscur et l'Ordre Sith mais vous, vous n'êtes ni l'un ni l'autre. Je refuse de me soumettre à plus faible que moi. Si vous vous pensez capable de me prouver le contraire, tentez votre chance.

Varadesh s'élança, sabre levé, la haine au cœur et une envie de tuer en tête.
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By Jeny Mikerley
#34220
Ambiance


Varadesh s’élança, avant même que Jeny ne soit en mesure de frapper la première. La sauvage faisant preuve de tempérance. L’apprentie d’impulsivité. Une inversion des rôles. L’homme au crâne luisant encaissa la charge de la femme bleue, tandis que Jeny resta au milieu de la pièce, les poings serrés. Visiblement, c’était le message d’attaque, l’assaut contre les pantins. Un assaut non concerté qui prenait essence dans … une envie ? Une envie et une pulsion purement Sith, ou purement immature. Attaquer sans connaître la force de l’adversaire, sans avoir établi une seule stratégie. Jeny était peut-être une sauvage, mais elle avait fait la guerre. Et cela lui avait valu de grandir plus rapidement. Car dans la guerre, il n’y avait que les idiots qui fonçaient tête baissée. On restait soudé, où l’on mourrait seul. Sa conjointe l’apprendrait à ses dépens. Qui était la plus sauvage désormais ?

On approcha, les apprentis, les suivants, les guerriers, des gens. Lentement, dissimulés sous leur capuche. Des lames tirées au clair, pas de sabre. Elle ne bougeait pas tandis que l’ombre flottait autour d’elle immobile, regardant avec des yeux vitreux le combat se déroulant au loin. On posa alors une main sur son épaule, on la toucha. Elle se saisit de cette dernière tira d’un coup sec, dégaina sa dague de son autre main, tourna sur elle-même et fit gicler le sang. Deux autres chargèrent, bras armé tendus en avant. Elle s’approcha entre les assaillants, trompant leur allonge, planta sa lame dans la gorge de celui de gauche, lui attrapa la main qu’elle dirigea vers le torse du deuxième. Un troisième armé d’une longue épée l’abattit verticalement. Jeny attira à elle le dernier disciple pour s’en servir de bouclier. Le sang gicla de nouveau, ce n’était pas le siens. Elle le jeta sur l’homme à l’épée, attira sa dague avec la Force et aussitôt la lança vers un groupe, tuant sur le coup l’un dans la masse. Elle s’approcha de l’homme à l’épée, à terre, tandis qu’il se débattait à extirper son collègue. D’un coup sec, elle lui écrasa la gorge avec son talon.

Mais ils arrivèrent de partout autour, un flux, cinq, dix peut-être vingt. Plus encore. Tout le temple comme une seule vague, épée au clair et prêt à en découvre. Un cercle fut vit formé autour d’elle. Son regard pourpre tourna sur chaque silhouette. Lentement, très lentement, elle tira une des dagues figées dans le torse du cadavre. De son autre main, elle attira de nouveau la dague qui fondit à travers le groupe pour se figer dans sa main. Sa respiration était lente, mesuré. Les évidences. Ils étaient trop nombreux. Le silence, mis à mal par les coups de sabre au lointain. Le sabre. Jeny était redoutable avec une dague, mais avec un sabre entre les mains, son sabre. C’était probablement la première fois qu’elle le tirait depuis son changement. D’un mouvement leste, elle le récupéra et le regarda quelques instants. La lame jaunâtre en sortit sous le regard incrédule et somme toute apeuré de ses assaillants. Qui oserait l’attaquer dans ces conditions ? Plus de monde que ce qu’elle avait pensé. Un coup à l’arrière, évité, tranché. Par devant, tranchés. La vague se referma, le sabre dansa, les membres volèrent. Quelques entailles, ça et là, de sa part, quelques coups volontaires, un retrait pour en tuer deux de plus. Mais le nombre eu vit raison d’elle. Le sabre lui fut confisqué, une lame se planta dans son abdomen, l’autre dans son épaule, une dernière dans le dos. Elle tomba dans le sang, entre deux visages ahuris séparés de leur corps. L’ombre n’était pas là. Les vieilles habitudes avaient la vie dure, elle esquissa un sourire.

On la traina jusqu’à l’escalier, vers le grand maître, seul. Où était Varadesh ? Pas loin. Morte ? Surement pas.

« Ces morts iront trouver le chemin des centaines d’esprits des parjures et des faibles. La question est désormais de savoir si vous irez les rejoindre toutes les deux. »

Un tissu dans les mains, il les essuyait avec patience, enlevant le sang de ses phalanges. Jeny nota également l’absence de sueur sur son crâne. Il n’avait même pas été fatigué… Il s’approcha plus proche d’elle et se mit à son niveau, lui prenant le visage avec deux doigts.

« Ta copine s’est bien battue. Mieux que les disciples de ce temple. » Dit-il en regardant les encapuchonnés derrière elle.

Disciples qui reculèrent pour ne laisser que le maître.

« Toi tu sais ce qu’est le côté obscure, elle, elle ne sait rien. J’ai vu l’ombre en toi, je l’ai senti. Tu pourrais te joindre à moi et je t’aiderai à comprendre l’étendu de ton … potentiel certain. A mes côtés, nous pourrons prendre le contrôle sur ce monde. Puis plus tard de la région galactique. »

Jeny tourna la tête vers Varadesh, cette dernière la regardait. Elle ne vit rien sur son visage. Rien qui ne lui indique si elle avait un plan. Quant à Jeny … Des murmures furent prononcés, la tête baissée. Presque inaudible. Il rapprocha alors son oreille. Elle se jeta alors sur sa gorge et planta ses dents dans sa trachée. Le repoussant contre les marches d’escalier, faisant gicler … Rien. Sa gorge se mit à brûler, ses poumons semblaient bloquer. Elle toussa, cracha du sang, le sien.

« Prévoir sur son ennemi, c’est la clé de la victoire. Vous serez brisés et me rejoindrez, avec ou sans votre consentement. »

Jeny suffoqua sur les marches d’escalier, cherchant de l’air, ignorant le poison qui brûlait en elle. Son regard trouva celui de Varadesh. Il n’y avait pas trente-six solutions pour se soigner. Il y en avait même une vingtaine, attendant patiemment l’heure de leur trépas.
Conjonction au Zenith [Harlon]

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