L'Astre Tyran

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By Ktah
#36999
Soleil couvant l'horizon à l’orée d'une nuit qui n'allait pas tarder à tomber, le vent s'était levé au plus grand plaisir du jeune homme. L'environnement, qui lui faisait face tandis qu'il sortait de la mine, n'avait quant à lui pas changé. Il trainait sa même caisse - pleine de minerai - jusqu'au même comptoir, où l'attendait le même alien insupportable, qui lui offrait ensuite le même ticket de rationnement en échange de ses travaux du jour. C'était l'occasion pour lui de s'étirer un peu, détendant ses muscles épuisés par les efforts quotidiens.

Depuis ses multiples victoires à l'arène, le Chiss avait eu droit à une réduction d'horaires. Ce n'était qu'une petite heure par jour, mais c'était toujours ça de pris. Pas bête, il savait que ce n'était pas de la générosité de la part de son maître, mais simplement une manière de l'économiser en prévision des futurs combats. L'esclave faisait la notoriété de son propriétaire, en effet, il était rare de voir un membre de son espèce appartenir à qui que ce soit. Bien que son traitement l’écœurait, ce foutu collier qu'il portait autour du cou ne lui laissait guère le choix, l'esclave devait se contenter du traitement qui lui était réservé.

Ses pas le menèrent jusqu'à l'espèce de "cantine" aménagée près de son lieu de travail. Lui et ses confrères se tenaient en file indienne, attendant patiemment qu'on leur serve une cuillère d'une bouillie infecte dont il ne sentait plus le goût depuis des années. Il ne prit pas le temps de la déguster, avalant le contenu de son bol d'une traite avant de partir en direction du village.

Le vent l'empêchait de rabattre sa capuche qu'il portait habituellement pour éviter les différents regards. Curieux, étonnés, parfois sadiques, Ktah n'avait plus pris le temps de sympathiser avec qui que ce soit depuis des lustres, faute à cet environnement hostile où personne ne survivait longtemps. Enfin, presque personne, puisqu'il était toujours là après onze longues années de service. Lui-même ne comptait plus les jours, vivant comme un automate, décrivant cette même routine infernale depuis plus d'une décennie.

Une espèce de bidonville, qui n'était autre qu'un comptoir commercial, l’accueillit après plusieurs minutes de marche . Il essuya la sueur qui perlait encore sur son front d'un revers de la manche, puis s'approcha d'un marchand auprès duquel il récupéra un colis pour son maître. Un simple paquet qui contenait sûrement une énième pipe qu'il s'amusait à collectionner. Lui, qui courait constamment derrière le temps, s'étonnait toujours des hobbies des plus riches.

Cette course achevée sonnait le glas d'une énième et fastidieuse journée pour le Chiss. Son regard se posa sur le soleil qui n'allait pas tarder à se coucher, avant de voyager jusqu'aux étoiles qui commençaient à pointer le bout de leur nez. Un soupir vint transpercer son visage inanimé, froid comme le vent qui fouettait son visage et lui rappelait le climat d'un royaume regretté. Ses yeux restèrent plantés sur cette galaxie qui l'attirait tant. Ses pensées, elles, se perdirent dans une collection de souvenirs douloureux.
#37007
« Et il n’y a eu de demandes particulières, de passage des gouvernementaux ou même, je ne sais pas … des gens louches ? »

Le dug la regarda d’un air étrange, tournant la tête d’un côté. Puis il se redressa sur ses pattes arrières, ou fussent ses mains, en désignant avec ses pieds, ou inversement, la myriade cosmopolite qui affluaient çà et là.

« Des gens louches, y’a que ça ici. T’es dans l’espace Hutt, cheffe. »

Le Dug en armure de cuir clouté jouait de son long museau en regardant d’un mauvais œil les aliens à son peuple. Cyborrea n’était pas un exemple intégriste de culture unique et par la force des choses, et son emplacement dans l’espace Hutt, elle était devenue ce genre d’endroit où l’on y trouvait de tout. En réalité, ce n’était pas pour déplaire aux locaux, qui récupéraient les touristes, littéralement, ainsi que leur argent. Ce peuple guerrier ne se faisait pas prier pour créer des arènes à la renommée douteuse et se complaire dans le sang des combats. Ils aimaient cela, comme la coalition Grise avait pu le remarquer, des années plutôt.
Depuis leur départ, ils avaient en apparence disparus de la surface, mais avait entretenu des liens étroits avec certaines administrations. Encore aujourd’hui, ce que furent les gris, désormais Royaume Nelvaanien, avait des relations cordiales avec certains groupes de niche. Des locaux qui avaient vu leur intervention comme bénéfique et surtout profitable. Certains autres, plus passionnés, avaient été convaincus par le dogme anti-esclavagiste. Les derniers c’était avant tout pour par la passion martiale dispensés. Bref, une bonne partie ont resserré les liens, et ce n’était pas pour leur déplaire. Nakal, son interlocuteur, était de ceux qui voyaient dans l’esclavagisme, une aberration raciale. Ancien esclave, il répudiait les agissements de son peuple, même si dans les faits, il s’autorisait à participer à certains combats. Il faisait d’ailleurs parti du centre de formation administré dans l’ombre par les Nelvaaniens. Autant de bonnes choses alors.

« Alors ouvre l’œil. Je ne sais pas ce qu’ils savent, je ne sais pas ce qu’ils veulent exactement. On a déjà été attaqués gratuitement. »

Il grogna un coup et étira un sourire.

« S’il faut se battre … »

« S’il faut se battre, c’est que nous aurons échoué, Nakal. »

Assis sur un banc dos à l’académie, ils regardaient l’étoile couchante se perdre à l’horizon. La reine avait les jambes tendues, lui les membres croisés. Elle laissa aller son regard sur les passants, sans vraiment chercher quelque chose. Jusqu’à ce que son regard soit happé.

« Tiens, l’ascendance est ici ? »

« Qui ? Ah non, ça c’est Ktah. Un gladiateur qui appartient à un groupe de Zyggeriens. »

Elle fronça les sourcils.

« Tu sais que les Chiss sont de très bons espions ? Qu’est ce qui te dit qu’il n’a pas été placé là à dessein ? »

Il haussa les épaules.

« Il est dans l’arène depuis ses dix-sept ans. J’crois pas qu’il soit autre chose qu’un pauvre gamin exilé. Il vient parfois ici pour s’entraîner. Les Zyggerriens lui payent des séances pour le maintenir en forme. »

Le chiss se perdit dans la foule et échappa aux regards des deux observateurs. La reine resta perplexe tout de même. Les Chiss étaient probablement le dernier peuple à être réduit en esclavage. Ils étaient forts et savaient se faire respecter.

« Je suis curieuse. Quand il sera là préviens-moi. Je vais rester dans les parages quelques jours. »
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By Ktah
#37013
Plusieurs journées défilèrent, toutes accompagnées d'une lassitude encrée par plusieurs années de labeur. Les nuits, elles, se voulaient régénérantes. Mais pas seulement d'un aspect physique, bien que ses muscles torturés par les efforts quotidiens en avaient bien besoin. Son quadriceps droit, surtout, qui s'était enflammé il y a quelques jours et qui ne semblait pas vouloir guérir. Il fallait dire que les conditions n'étaient pas optimales. Plus que le sommeil en soi, ces repos permettaient une évasion psychologique primordiale à sa survie, des rêves qui découlaient d'une imagination débordante et insoupçonnée chez le jeune homme habituellement si morne. Cette carapace, naturelle chez un Chiss et développée par le contexte subi depuis onze ans, filtrait ses traits caractériels pour ne laisser au monde extérieur qu'une triste coquille vide. Pourtant, la réalité était tout autre.

Ktah était un optimiste, presque utopiste, persuadé que chaque être méritait son bonheur s'il s'en donnait les moyens. Un regard innocent et pur, gardé d'une enfance qu'il avait vite enfoui en arrivant sur cette maudite planète. D'un côté, le jeune homme avait grandi trop vite, apprenant à survivre dans un environnement hostile inadapté à sa condition. De l'autre, par manque d'étude, d'éducation et de relation, certaines facettes de l'exilé ne purent se développer convenablement. Cette âme qui perdit son nom, sa patrie et sa famille pour observer les étoiles, un acte puéril et irréfléchi, résidait toujours en son sein. Ces nuits face aux étoiles étaient le seul instant où, par inadvertance, le Chiss pouvait laisser échapper un sourire si précieux.

La Corne Wharlithienne résonna sur l'ensemble du camp et l'arracha à son sommeil. Un réveil moins éprouvant que celui de la veille, puisqu'en ce jour l'attendait une activité particulière. Deux fois par mois, le Chiss avait la chance d'éviter ses corvées pour une session d'entraînement à l'académie locale. De nouveau, ce n'était pas de la générosité de la part de son maître, mais une façon d'entraîner le jeune homme à survivre au sein de l'arène. Le combat mensuel approchait, d'ailleurs, et Ktah comptait bien en sortir une nouvelle fois vainqueur. Ainsi, il partit directement récupérer ses deux Kopis auprès de son maître. Un Zygerrien haïssable, sans peine ni considération pour ses esclaves, qui ne manquait pas une occasion pour faire violence à ceux qui le décevaient. La relation s'était tout de même améliorée depuis quelque temps, depuis que ce dernier avait compris l'importance d'un Chiss pour ses affaires personnelles.

Ses armes à la ceinture, le soleil se levant à peine sur l'horizon, Ktah prit la direction de l'académie. L'espace d'un instant, ces journées lui permettaient d'oublier sa condition d'esclave. Enfin... Si on mettait de côté le collier qu'il portait constamment, telle une épée de Damoclès qui pouvait s'abattre au moindre faux pas. Un dispositif ingénieux qui lui ôtait de la tête toute tentative d'évasion. Depuis le temps, il lui fut prouvé à de maintes reprises que cet objet n'était pas du bluff, et le Chiss tenait trop à sa matière grise pour vouloir l'étaler sur le sol. Une trentaine de minutes de marche, pas l'ombre d'une expression faciale, et l'école martiale se présenta à lui.

Il entra sans se faire désirer, saluant les personnes qu'il devait saluer et signant un papier attestant sa présence, puis se dirigea directement vers la salle d'entraînement libre. Une vaste pièce où diverses installations étaient présentes, toutes dans le but d'améliorer les compétences physiques ou militaires de ses occupants. Vêtu de son pauvre haillon, il entama un échauffement composé d'exercices enseignés lors de sa première journée à l'académie. Courses, étirements, il prit le temps d'éveiller ses muscles fatigués pour éviter une énième blessure. Il était prêt.

Ktah se plaça dans un coin de la pièce, allumant les deux sphères d'entraînement qui sommeillaient sur leur socle. Bien qu'il ne comptait pas s'en servir dans cet exercice, il ôta les armes de sa ceinture dans le seul but de s'habituer à leur présence au creux de ses mains. L'intensité des tirs était minime, semblable à une légère décharge électrique, et le but était évidemment de les éviter. Les réflexes et les déplacements étaient sûrement les points forts du jeune homme. Il n'avait jamais pu se l'expliquer, mais l'esclave avait une forte capacité à appréhender les actes d’autrui, surtout lorsque ceux-ci attentaient à sa personne. Fluide, agile, les différents tirs peinaient à atteindre l'esclave qui semblait bien plus acrobatique que puissant.
#37028
Helera fulmina, au gré du vent et des tempêtes, sous l’étoile ardente qui suivait son inlassable course. D’abord les marchés à fruits, légume puis à esclave, se gardant de toute réaction disproportionnée. Quelques Nelvaanien étaient également là, avec elle, pour parlementer d’une entente Nelvaano-cyborréenne. Entente cordiale d’échange de biens de consommations, autre que les esclaves, évidemment. On leur présenta divers sources de la culture des hommes loups, comme des instruments de musiques, des expressions, des plats typiques et même la fameuse fleur bleu aux propriétés vigoureuses sur le corps. En réalité, la reine ne participait pas à ces réunions, non pas par désintérêt, mais simplement pour pouvoir profiter de la ville. Le temps lui était compté sur cette planète et déjà ses missions la rappelaient au bercail. L’autre activité, c’était de glaner des informations sur les meurtriers de son peuple et de son père. Ce dont elle était certaine, c’était que la république n’était jamais venue ici. Ce dont elle voulait savoir à l’inverse, c’était où ils se cachaient et qui pouvait la renseigner. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin.

A l’aube du dernier jour, elle se présenta dans le centre de formation. Comme convenu et à l’heure, afin de vérifier la troisième chose. La présence du Chiss et son état d’esclave. Tenter de comprendre, pousser par une curiosité presque maladive pour l’inconnu. Poussée par la volonté de satisfaire à ses questionnements. Aussi, elle se promena l’air de rien, observant la cours intérieur avec les différentes salles tentant de percevoir le bleu parmi les autres myriades de couleur. Couleur assez atypique pour ne pas passer inaperçue. Elle le vit dans une des cours, dans son coin. Deux sphères d’entraînement gravitant autour de lui.

Helera s’accouda sur un comptoir réservé normalement au rafraîchissement, puis ne quitta pas les yeux de sa cible. Elle n’essayait pas de se faire discrète, ni particulièrement menaçante. Elle observait simplement, silencieuse et juge. Les sphères bougeaient rapidement, tiraient, retournaient à leurs positions d’origines, revenaient … Un balai d’entraînement pour sensitif, normalement du moins. Bien souvent, cette technique était détournée au profit de quelques aventuriers en quête de professionnalisation. Souvent, ils avaient du mal à tenir la distance avec une sphère et à cette vitesse. Mais le Chiss, lui, parvenait à doubler son potentiel et montrer des capacités d’adaptation que peu avaient la maîtrise. La reine fronça les sourcils et l’observa encore plusieurs dizaines de minutes, jusqu’à ce que sa curiosité ne la pousse de nouveau à s’approcher.
Elle s’arrêta avant dans le râtelier d’arme et récupéra un bâton, légèrement plus petit qu’elle. Puis la reine s’approcha :

« Salut. »

Son bâton frappa le sol et elle s’y accrocha.

« Tu as l’air de te débrouiller avec tes armes. Combats-moi, plutôt que des sphères. Je ne vais pas t’abimer, sois tranquille. »

Cela la peinait de lui parler autrement qu’avec les termes de l’esclavagisme, mais c’était probablement l’approche la plus douce qu’elle ait pour ne pas attirer les soupçons. Cela évidemment si ce n’était pas l’ascendance qui l’envoyait. D’ailleurs, elle laissa un commentaire avant de se placer en position.

« C’est étrange qu’un enfant de l’ascendance soit envoyé en espace Hutt. »

Puis elle ne parla plus, peut-être aurait-elle une réponse, sans donner retour tout de suite. A la place, elle fit tournoyer son bâton maladroitement et attendit l’impact. L’honneur était au Chiss, et elle comptait simplement tester ses coups, à lui. Se défendre plutôt que d’attaquer et éprouver ses combinaisons d’attaque.
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By Ktah
#37030
Non pas qu'Helera fut particulièrement discrète, la concentration du jeune homme l'empêcha toutefois de la repérer lors de son entrée dans la cour. Sa vue était focalisée sur les lasers rasant ses joues, ses côtes ou ses cuisses, esquivés grâce à la mobilisation de l'ensemble de ses ressources. C'est lorsque les mots de l'étrangère brisèrent le silence qu'il constata sa présence, recevant pile à cet instant un tir derrière la nuque. S'il avait été seul, un "aïe" lui aurait sûrement échappé, mais ce n'était pas le cas et sa seule action fut de couper les deux sphères avant de les déposer sur leur socle respectif. Quoi que cette personne puisse vouloir, Ktah était un esclave et se devait de bien se comporter.

- Bonjour. Je suis Ktah, propriété de Tusk N'dul.

Une présentation obligatoire et toute aussi sobre que lui, tandis que les yeux cramoisis de l'exilé voyagèrent du visage aux pieds de son interlocutrice. Cette dernière lui était inconnue, mais son apparence trahissait un statut bien plus élevé que le sien. Le respect était donc de mise s'il ne voulait pas recevoir les foudres de son maître. Tout de même vigilant car conscient de la valeur qu'il représentait aux yeux de certains, le Chiss ne transmit pas l'étonnement qu'il subit suite à la demande d'Helera. Un combat ? Armé de ses kopis face à son vulgaire bâton ? Propre sur elle, la jeune femme ressemblait - à ses yeux - plus à une aristocrate qu'une guerrière. L'esclave fit quelques pas sur le côté, trahissant une hésitation certaine quant à la suite des évènements. Devait-il réellement se battre ? Ou se laisser faire ? Voulait-elle simplement se défouler pour satisfaire son égo ? Il ne comprenait pas vraiment.

S'il était humain, ses sourcils se seraient probablement froncés suite à la dernière remarque d'Helera. Qui était la dernière personne à s'être souciée de sa présence ici ? Il ne s'en souvenait pas. Mais l'étrangère marquait un point. En onze années de services, l'enfant de l'ascendance n'avait jamais croisé de membre de son espèce sur cette planète. Le jeune homme n'était pas du genre à s'exprimer sur son passé, rongé par une honte qu'il préférait enfouir qu'affronter. C'est ainsi qu'il décida de passer à l'attaque, ne rebondissant pas sur la remarque de la dame qui - heureusement - n'était pas une question.


Ktah s'élança sur son adversaire, ouvrant l'affrontement par un premier coup du gauche plutôt prévisible. Son but n'était pas d'être surprenant mais puissant, visant à déstabiliser l'emprise d'Helera sur son bâton, avant d'asséner un deuxième coup du droit dans la foulée pour tenter de la désarmer. Le gladiateur n'était pas un génie stratégique mais avait hérité d'une rigueur chissienne exemplaire, qui lui avait fait suivre les différentes formations de l'académie avec sérieux. Cette tentative, trop évidente pour celle qu'il affrontait, témoignait cependant d'une certaine réflexion de sa part avant de passer à l'action.
#37038
Qu’attendre de cet échange ? De cette joute avec le Chiss ? Pas grand-chose, peut-être rien. Un soupçon, une étincelle, une idée incongrue. Peut-être alors était-ce quelque chose de plus incertain, de plus noir. Comme les prémices de la trahison, portée par le peuple si secret dont il était le représentant. Mais, quelque chose n’allait pas. L’infiltration était trop hasardeuse, le but maigrelet et l’expérience du personnage trop faible. Cela ne collait pas. L’alien chargea enfin, protégeant son silence dans un mutisme religieux. La reine en nota la volonté et n’y alla pas contre, pas encore du moins. La jambe gauche en avant, la droite en arrière, le bâton pointé vers lui de manière insolente. Tout portait à croire qu’elle voulait être frappée à cet endroit précis. Et c’était exactement ce qu’il se passa. D’abord une première touche, puissante, sans observer sa défense. Le bâton de la reine tourna autour de son poignet et au lieu de résister à l’impact, l’accompagna. Il revint sur ses appuis et frappa de l’autre côté, ramenant le sabre de la même manière à son point d’origine. La reine accompagna le mouvement par un pas de côté pour éviter malencontreusement de heurter les bords aiguisés.

« Je veux te voir te battre, Ktah, pas jouer au bûcheron. Montre-moi. »

Sur ces paroles, elle fit tournoyer le bâton de métal comme s’il n’était fait que de bois et marcha tranquillement autour de lui. Devant lui, sur le côté, puis dans le dos. Toujours en faisant tournoyer l’arme qui produisait ce son terrible au contact avec le vent. Un souffle agaçant pour les oreilles et pour les sens. C’est au bout de plusieurs minutes de souffrance qu’elle se décida à tourner sur elle-même afin d’abattre le bâton. Ce dernier fut contré par le Chiss qui utilisa ses deux armes pour arrêter l’impact. Sans s’arrêter, la reine frappa avec l’autre bord du bâton, donnant le même résultat.

« Tu as l’habitude de te battre contre plus grand que toi. Pourtant, tu sembles entêté à te servir de tes muscles. Combien de temps tes épaules vont tenir, hm ? »

De nouveau, elle prit un plus grand élan et avec le bâton, fracassa contre les armes du Chiss. Le choc fut terrible et résonna dans la cours. Certains se retournèrent. Helera se recula d’un pas et planta son bâton sur le sol. Elle avait à dessein affaibli son corps et heurté sa sensibilité, son orgueil. Vivre dans ce genre d’environnement, elle connaissait parfaitement et savait comment les gens réagissaient. Comment le savoir ? Tout simplement parce qu’elle avait fait partie de ces gens, quelques années auparavant. Elle savait quelle rage coulait dans les veines, quelle combativité, cette envie de vaincre qui dormait tranquillement, dans l’attente de s’éveiller brutalement. Elle savait à quel point il était primordial dans ce milieu de montrer sa force et d’encaisser les coups. Et parce qu’elle savait cela, la reine voulait le tester, pour mettre fin à ses interrogations.

« Mets-toi assis, Ktah. Ferme les yeux et concentre-toi. Ensuite, peut-être te libérerai-je. »

La reine attendit, le regarda, sans rien dire de plus. Une fois en place, elle commença à marcher autour de lui. Sans un bruit, tournant autour dans un rythme inégal.

« Evite-moi. »

Fut sa seule demande. Une demande qui ne tarderait pas à être acceptée, si tant est qu’il trouve en lui la concentration, la patience et le calme nécessaire. De cette action dépendrait alors beaucoup de choses, et peut-être même son destin.
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By Ktah
#37056
Emporté par la force de ses coups, l’esclave fut déséquilibré par la manœuvre agile de son adversaire. Helera venait d’anéantir son assaut sans puiser dans la moindre ressource corporelle, jouant de son expérience pour contrer très facilement la tentative de désarmement du jeune homme. Il n’eut le temps d’être impressionné par ces gestes, puisque la reine brisa le silence d’une provocation osée.

Était-elle une préceptrice envoyée par son maître pour l’entraîner ? Un membre de l’académie particulièrement doué, qui souhaitait simplement l’humilier ? Ses mains raffermirent leur emprise sur les poignes de ses armes, tandis que son regard carmin suivait les pas de l’inconnue qui tournait lentement autour de lui. Si celle-ci désirait visiblement se battre, ce n’était pas le cas du Chiss qui se montrait encore hésitant.

Le bruit de ce maudit bâton s’arrêta enfin. Dans son dos, à quelques mètres, il sentit l’attaque avant qu’elle n’eût vraiment lieu. Ainsi, le cuir usé de ses bottes grinça sur le sol dans un demi-tour éclair, propulsant dans la foulée ses armes en croix pour bloquer le bâton de l’assaillante. Ses yeux parcoururent la posture d’Helera, devinant avec instinct sa prochaine intention qui venait de la gauche, la neutralisant elle aussi. Ses muscles tiraient, malmenés par ses interventions in extremis et dénuées d’ambition. Il se contentait d’encaisser.

C’est alors que la langue de la Reine se délia, pointant parfaitement du doigt les problèmes du jeune homme qu’il commençait seulement à réaliser. Sa question fut ponctuée d’une énième offensive, brutale et sans pitié, arrachant un gémissement au Chiss dont les épaules paralysées à la suite du choc n’étaient presque plus en mesure de porter ses armes. Un de ses genoux était à terre, celui de sa jambe droite déjà meurtrie, et lui priait de ne pas avoir à le relever. Le souffle lourd de l’esclave résonnait dans la pièce où quelques curieux avaient arrêté leur entraînement pour observer celui du jeune homme. Ktah était physiquement détruit, exténué, lessivé par ces coups qu’il avait mal encaissés. Seul son égo le maintenait face à l’aînée, tremblotant nerveusement de fatigue.

Alors qu’il s’apprêtait à recevoir un coup clôturant l’acte, la requête de l’étrangère vint désamorcer la situation. S’asseoir ? L’expression glaciale du visage bleu laissa échapper un léger mouvement de sourcil, signe de son étonnement, avant que ses mains ne libèrent ses armes et que son second genou ne cède sous son poids. Du fait de son statut, il lui était naturel de suivre les ordres donnés par ceux ne possédant pas de collier, et le captif venait donc d’obéir. La pression qu’il ressentait était inexplicable, le prenant aux tripes et malmenant son cœur. Sans réussir à se l’expliquer, la tête vidée de toute pensée parasite, Ktah ressentait au fond de lui le poids de la scène qui se déroulait en pleine cour de l’académie. L’évocation de la libération ne parvint même pas à capter son attention, contrairement aux mots qui suivirent.


« Evite-moi. »

Le temps s’arrêta. Le rythme de son cœur et de sa respiration se bouleversèrent, passant de l’insoutenable à l’imperturbable. Les douleurs disparurent en même temps que le doute, la pression et l’étonnement. En quelques secondes, l’état du Chiss vola en éclat pour laisser place à une immense force de concentration. Réputée chez les membres de son espèce, celle-ci fut décuplée par l’émergence d’un sixième sens au sein du jeune homme. C’était la première fois qu’il ressentait quelque chose d’aussi puissant, d’aussi concret, une force invisible qui semblait vouloir l’aider à accomplir une tâche paraissant impossible.

Le premier coup de bâton s’arrêta à moins d’un centimètre de son nez. Pas un battement de cil ne put être observé chez l’alien à genoux. Les yeux fermés, les paumes déposés sur ses cuisses, seule sa tête s’inclina sur la gauche lorsque le second fut asséné. La précision n’avait évidemment pas fait défaut à l’aînée maîtrisant son arme, Ktah l’avait bel et bien évité. Lentement, ses paupières s’ouvrirent et libérèrent ses iris écarlates, qui vinrent s’incruster dans ceux de l’inconnue. Des yeux d’une innocence rare, brillants d’un espoir qu’il n’avait jamais perdu.
#37074
La reine tournoya autour du jeune Chiss, visiblement imperturbable. Rien ne semblait pouvoir briser la barrière de glace qu’il s’était érigée. Barrière qu’elle avait déjà pu voir chez plusieurs individus de cette race si mystérieuse. Elevés dans la droiture et la discipline, pire que ce que l’empire imposait à ses enfants. Les Chiss semblaient ne jamais ressentir aucun sentiment ni même faire preuve d’aucune empathie que ce soit. Peut-être que c’était pour cela qu’aucun n’avait connu la Force. Peut-être qu’ils en étaient totalement dépourvues. C’était le genre d’étude qui intéressait particulièrement la grise, même si en l’état, elle n’allait pas ravir un esclave à qui que ce soit. Du moins elle n’avait rien prévu de ce genre-là. Pour le moment, elle se contenta d’abattre son arme devant le visage du Chiss, sans que celui-ci ne sourcille d’un cheveu. Helera fronça les sourcils et fit un tour supplémentaire. Peut-être s’était-elle trompée, son flair n’était pas infaillible. Pour se donner bonne conscience, elle fit de nouveau tourner le sabre et l’abattit sur lui, mais cette fois, il bougea légèrement la tête en arrière. Juste assez pour que le bâton ne frôle le bout de son nez. Alors, elle resta pantoise.

« Hm … Tu as soif ? Suis-moi. »

Elle le mena à l’extérieur du cercle d’entraînement et s’installa à une des tables de la cantine. A cette heure-ci, personne ne mangeait vraiment. Quelque uns discutaient autour d’un encas, mais en définitif, la plupart de la salle était vide. Cet endroit avait une vue sur le cercle d’entraînement, séparé par une simple barrière. De l’autre, les murs du bâtiment s’ouvrant sur la ville et l’allée passante. En l’air, il n’y avait pas de toit, laissant filtrer la lumière de l’étoile. Nakal vint à eux sur ses deux pattes, une serviette sur l’épaule. Vers le Chiss, elle demanda :

« Est-ce que tu manges et bois à ta faim ? Tu peux prendre ce que tu veux, et je serais déçue que tu ne le fasses pas. »

Elle, elle commanda un verre de chocolat chaud, boisson rare, cher et prisée d’une élite de personne. La boisson préférée de la reine et de loin. Suite à cela, elle resta dans le mutisme plusieurs minutes, gardant le regard sur le Chiss, sans bouger, sans montrer le moindre sentiment, sans langage corporel. Mais déjà son esprit bouillonnait de raisonnements et de possibilités. Quand il fut servi, elle commença :

« J’ai besoin que tu répondes à quelques questions. Est-ce que tu es lié à l’Ascendance ? Qu’est-ce que tu fais ici, sur cette planète ? »

Plus vers la spiritualité.

« Est-ce que tu as l’impression d’avoir des … impressions, des sensations étranges par moment. Des sons qui t’apparaissent dans ta tête. Des scènes déjà passés ou futur, ou peut-être des scènes dans d’autres lieux. Et je ne parle pas de rêves. Peut-être as-tu déjà pu anticiper des actions, sans vraiment y réfléchir, par réflexe ? »

Elle écouta avec toute la sincérité dont elle était capable, parlant avec calme et attention, lui laissant le temps de réfléchir, de se poser et même de déguster son repas. Rien ne servait de le presser pour le moment. Son regard bleuté ne sourcillait jamais et restait planté sur lui, sans jamais quitter leur cible. Mais ils n’étaient pas oppressants ni inquisiteurs. Ils se rétrécirent quand elle souriait, s’ouvrirent en grand quand elle découvrait des informations ou restait posément.

« La dernière question que j’aimerai te poser est la suivante : Si je te rachète à Tusk N’dul et que je te rends ta liberté, que ferais-tu ? »
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By Ktah
#37107
L'esclave, le regard rivé sur Helera qui lui demandait de se relever, était en réalité tout aussi pantois qu'elle. Il se releva doucement, perdu dans d'innombrables questions assénées par son cerveau, et se mit à suivre l'aînée après un mouvement de tête instinctif. Que venait-il exactement de se produire ? Assis et les yeux fermés, il avait été capable d'esquiver l'assaut pourtant imprévisible de la jeune femme. Ce n'était pas la première fois que son instinct, ou du moins ce qu'il identifiait comme tel, le poussait à agir de manière exceptionnelle. Cependant, celui-ci n'avait jamais été aussi puissant qu'en ce jour, se manifestant au moment opportun pour lui permettre de réussir l'impossible. Quel était ce talent ? Il lui était impossible de répondre à cette question, mais Ktah était bel et bien conscient que quelque chose sommeillait en lui. Quelque chose de puissant, de protecteur, qui ne se limitait pas au domaine martial.

En grandissant, le Chiss put ressentir cette flamme crépiter en lui à de maintes reprises. Lors de ses combats, certes, mais aussi dans les moments les plus difficiles. Lorsque son monde s'écroulait autour de lui après son exil, lorsque les seuls proches qu'il avait eu sur cette planète s'étaient éteints, lorsque son maître lui répétait inlassablement qu'il n'était rien de plus qu'une marchandise, jamais le brasier n'avait défailli. Celui-ci l'avait conduit jusqu'à ce jour, jusqu'à cet instant précis, et même si les raisons étaient inexplicables avec de simples mots, Ktah en était persuadé. Cet appel qu'il ressentait inlassablement au creux de son estomac résonnait aujourd'hui d'une ardeur sans faille. Peu importe ce qui l'attendait, la femme maintenant de dos représentait bien plus qu'une simple rencontre hasardeuse.

La lumière de l'étoile se reflétait sur les gouttes perlées qui dévalaient son front. Usé par son quotidien et l'entraînement, le climat de cette planète n'avait jamais été apprécié par l'esclave qui souffrait plus qu'il ne le disait de la température bien différente de ses terres natales. Il fut extirpé de sa torpeur par les paroles de son interlocutrice. Celle-ci ne put s'en rendre compte, puisque le visage du jeune homme ne laissa apparaître que le masque forgé par son éducation et la vie qui s'en suivit. Rares étaient les réactions faciales qui réussissaient à le rompre.


- C'est interdit.

Le regard pourpre fuit l'azur d'Helera, se déposant sur la table à laquelle ils étaient installés. Peu importe la gentillesse ou l'approche de la jeune femme, le Chiss n'oubliait en aucun cas sa condition. Les consignes de son maître étaient claires et, pour une fois, logiques. Combien de champion d'arène se voyaient empoisonnés ou assassinés par des maîtres concurrents ? Beaucoup trop. Bien qu'il ne sentît aucune onde négative émanant d'Helera, Ktah se vit dans l'obligation de la décevoir sur ce coup-là. Puis les questions arrivèrent. Devoir répondre, c'était quelque chose qu'il n'appréciait guère. Se dévoiler, parler de lui, c'était en quelque sorte risquer de briser la carapace qu'il avait mis des années à bâtir pour se protéger de ce monde.

- J'ai été banni, exilé puis vendu.

Une réponse qui pouvait sonner bien vide si la reine s’attendait à emballer la discussion. Nul doute que les efforts seraient de mise si elle voulait en apprendre plus à son sujet. Alors qu'il s'apprêtait à s'évader, préparant sa fuite d'une excuse idiote, la jeune femme capta son attention sur le fil. Ce qu'elle s'était mise à décrire correspondait exactement toutes les situations sur lesquelles il ne savait pas mettre un mot. Comment pouvait-elle savoir ?

- Qui êtes-vous ?

L’asservi transpirait la prudence, il ne fallait pas être un mentaliste pour deviner que son attitude se voulait sur la défensive. Cependant, son tempérament glacial fondait doucement sous les pulsions de sa curiosité. Jamais personne ne l’avait abordé sur ce sujet. Encore pire, les seules fois où il avait tenté d’en parler, les gens l’avaient traité de simple rêveur. Ktah décida donc d’en dire un peu plus à la suite de la réponse de la jeune femme sur son identité.

- Cela m’arrive… Tout le temps. Je sens les choses avant qu’elles n’arrivent. Ce ne sont pas des réflexes, c’est différent. Ce sentiment… Cette voix… Elle m’appelle, elle me prévient, elle me protège.

Ses yeux descendirent jusqu’à la paume de sa main qu’il retourna face au ciel. Etrangement, échanger lui faisait énormément de bien.

- Je ne l’ai jamais autant ressenti qu’aujourd’hui. Elle m’a toujours guidé… Et ne m’a jamais trahi. Mais je ne la comprends pas toujours, et je ne sais pas lui répondre… Enfin… Vous comprenez ?

Pour la première fois depuis qu’ils s’attablèrent, les regards des deux êtres se captèrent. Il plongea dans les iris fixées de son interlocutrice, comme s’il cherchait à comprendre pourquoi celle-ci se comportait si gentiment. Sa façon d’être n’existait pas sur cette planète. Pas pour les personnes comme lui. Ces sourires, cette attention, il ne l’avait plus connu depuis des lustres.

- C’est impossible. Je ne suis pas à vendre. Il ne voudra jamais. Je devrai rentrer.

Pourtant, l’enfant plein d’innocence qui n’avait jamais pu grandir l’obligea à rester assis. Ce mince espoir qu’Helera venait de nourrir dévorait les entrailles de l’esclave. Les étoiles l’appelaient depuis sa naissance. D’abord les glaciers, ensuite les mines, Ktah n’avait jamais cessé d’attendre cette fameuse liberté.

- Si je suis libre… Je n’y ai jamais vraiment pensé.

Sincérité d’une pureté cristalline. Ce n’était pas un manque d’ambition ou d’envie même si cela pouvait sonner comme tel. C’était simplement l’aveu d’une âme perdue, survivant au quotidien exhaustif par espoir d’un jour le fuir. Il avait bien évidemment quelques idées en tête, résultat des scénarios qu’il se faisait tous les soirs face aux étoiles, mais ceux-ci paraissaient bien trop ambitieux et ridicules pour être prononcés par une personne de son statut.
#37134
« Interdit ? »

La reine resta circonspecte. Comment manger pouvait-il être interdit ? Etre esclave, c’était obéir aveuglément à un maître, tel un chien, un animal ou un padawan … Il y avait autre chose, probablement lié à sa condition de guerrier. Ses maîtres ne voulaient peut-être pas qu’il prenne de la graisse, ou s’empoisonne … Peut-être suivait-il un régime spécial ? Pour pallier à toutes ces éventualités, elle commanda des fruits et une carafe d’eau. Elle écouta les dires du petit bleu, attentive et intéressée. Banni des Chiss, c’était rare et ce n’était qu’en cas d’un extrême affront qu’ils se séparaient de leurs membres. Ensuite, esclave, c’était un blasphème, même pour eux. Donc il y avait bien pire qu’un manquement à des règles. Ktah était un problème dont on voulait se débarrasser et surtout annuler son existence auprès de l’ascendance. Pourquoi ? Elle le savait, sans vouloir se l’avouer. Pas encore en tous cas.

« Je suis … Une exploratrice. J’ai vu des choses, j’en sais d’autres. »

Le panier de fruit arriva avec les rafraichissements. Pour le placer en sûreté, elle remplit deux verres, avec la même eau, et but dans le sien. Pas de triche possible, étant donné qu’elle avait bien montré ses mains. Quant au fruit, elle en récupéra un et commença à en découper une partie, croquant distraitement tout en écoutant son récit. Elle l’épia tandis que ses yeux descendaient vers ses mains, cherchant une explication là où il n’y en avait pas. Cherchant des réponses au mauvais endroit. Tout correspondait cependant et elle avait en face d’elle un des rares spécimens Chiss encore envie avec ce genre de don. Helera était intriguée.

« Bien sûr que je comprends. »

Sur ces mots, elle coupa dans le fruit et agita les doigts, faisant léviter le morceau entre les deux. Ce dernier resta figé un instant dans l’espace, sous le regard bleuté et rouge des deux protagonistes.

« Ce que tu ressens, cela s’appelle la Force. C’est une énergie, un fluide, qui conditionne notre existence, à tous. Les êtres vivants, les êtres inanimés. C’est un réseau omniscient. »

Sur ces mots, d’autres fruits lévitèrent à leur tour et vinrent graviter autour de la part découpée. Comme un réseau planétaire, un système solaire.

« La plupart des gens ne voient pas, ne ressentent pas. Ils sont aveuglent à cette composante. Mais d’autres, des gens comme toi, irradie à travers ce voile. Comme un phare, ils ont été choisis par le destin, par la Force, pour représenter tous les autres. Ils ont alors une influence sur le monde. Sur l’esprit des gens, des animaux, tout comme sur les objets, en les faisant léviter. Sur l’énergie, la gravité etc. Certains utilisent ce grand pouvoir à de nobles fins, pour protéger ceux dans le besoin. D’autres l’utilisent pour asservir, contrôler et dominer … »

Petit à petit, chacun des fruits retournèrent dans la panière et la part restant vint se poser devant le Chiss. Helera étira un sourire et s’adossa à son siège, croisant les bras et les jambes. Pendant de longues secondes, elle ne dit rien, s’enfermant dans le mutisme. Ses yeux ne quittèrent pas ceux du Chiss, jusqu’à en devenir gênant. Mais elle ne fléchissait pas, derrière son visage angélique, la reine restait impérieuse.

« Rien n’est impossible, pour celui qui nourrit un rêve. »

Une conclusion à ce silence qui sonnait comme le glas ultime d’une procession spirituelle. La conclusion à des années d’ignorance, nourrit par l’enfermement et l’esclavagisme. Mais les clés de sa liberté, en réalité, ce n’était pas Helera qui les avait, ni même n’en avait-elle le trousseau. Cette liberté, c’était à lui de la prendre, de la trouver au fond de lui et de la matérialiser. La liberté, c’était l’espoir et le rêve.

« Tes chaînes ne sont pas celles que tu crois. Ils t’ont fait croire que tu étais un esclave, obligé de les suivre. Pour cela, ils t’ont peut-être frappés, insultés ou humiliés. Mais ta force est restée indemne. Ta force, se trouve là. »

Elle pointa son doigt sur son front.

« Ta volonté brisera les chaînes de ta servilité. Mais je te repose la question, qu’en feras-tu ? Seras-tu le bourreau ou le gardien ? »

Cette phrase sonnait très Sith, et pourtant, était bien réelle et utilisable dans ce cas-là. Helera attendait sa réponse, un sourcil légèrement relevé.
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