L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Darth Lyria
#34277
[Villa Maad – Sheddu Maad – Amas d'Hapès]
[Un an après la bataille du Goulot]


Elle s'était fait discrète, très discrète. Après l'attaque du Goulot et la révélation d'une infiltrée Jedi au sein de la flotille pirate, Darth Lyria avait attendu et attendu le retour des agents lumineux. Elle avait même contactée Skywalker, espérant qu'il tombe dans son piège. Sans succès... Ses plans pour le Consortium hapien avaient donc été mis sur la glace entre-temps, mais l'heure avait maintenant sonnée. Plus de trace de Jedi, la voie était alors libre pour la seconde phase!

Faisant les cents pas dans son bureau aménagé dans la villa de la Maison Maad, Lyria ne savait pas trop comment procéder. Darth Krayt, Seigneur Noir des Sith, s'était aux dernières nouvelles replié sur Korriban. Non. Il s'était lancé dans l'une de ses nombreuses croisades. Où pouvait-il bien être? La Dame avait bien tenté une première fois de faire entrer ses hommes incognito dans l'Amas d'Hapès. Mais la témérité et le manque de sang froid du Seigneur Sith avaient forcé l'avortement de la mission et Lyria avait dû mobiliser de nombreuses ressources pour effacer les traces de ses erreurs.

Laissant glisser son index sur son massif bureau, Lyria, pensive, eut soudain une révélation. Le Côté Obscur lui communiquait l'aura machiavélique de son plus proche rival, Darth Odion. S'il y avait un être capable de porter le coup de grâce au Consortium c'était bien le souverain de Korriban.

La nuit était tombée depuis longtemps sur la capitale de Sheddu Maad. La villa était endormie – si ce n'était à l'exception du duc qui poursuivait ses expériences jusqu'à très tard – Lyria pouvait procéder sans crainte de se faire découvrir sa véritable identité. Adjacent son bureau, la Sith avait fait aménager une petite pièce où elle cachait certains documents, objets et un transmetteur-récepteur holographique. Rien de très compromettant, la vaste majorité de son butin Sith était stocké sur Dathomir, loin des regards indiscrets et sous la surveillance de sorcières triées sur le volet.

S'enfermant dans cette pièce, Darth Lyria tenta de joindre Odion. Sans l'apprécier outre mesure, la Dame savait lui reconnaître ses capacités de guerrier et le considérait comme son égal. Chose plutôt rare pour une Sith.

Bref, le message introductif allait comme suit:


« Seigneur Odion, mes hommages. Vous devez être surpris que je prenne contact avec vous, mais il s'agit d'une mission pour le bien de l'Ordre. L'opération Cristal est prête à être complétée, mais il me faut des renforts. Je présume qu'en votre capacité vous pouvez accomplir cette requête? »


L'opération Cristal était le nom de code donné autrefois par l'Ordre Sith pour la corruption du Consortium hapien et la mise en place d'un pantin répondant directement aux Sith.


« J'attends votre retour. »


Voilà un simple appel dans le cosmos. Darth Lyria resta un moment pensive et plongea son esprit dans le maelström constant qu'était le Côté Obscur. Quelque chose n'allait pas... Au-delà de la mort de Darth Oxious quelques années plus tôt, l'Ordre Sith avait connu un déséquilibre. Or, tout semblait à nouveau à sa place. Les forces obscures étaient calmes, une observation que la sorcière n'avait pas faite depuis longtemps.

Mais où était Krayt?
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By Adrix
#34279
Le quotidien d'un Seigneur Noir Cyborg assoiffé de destruction était très occupé. Il fallait manigancé un coup d'état, planifié une nouvelle pandémie galactique, étudier les abysses de pouvoirs obscures défiant la raison et bien d'autres encore. Pour quelqu'un qui avait passé près d'une décennie enfermé dans une académie abandonnée à ruminer sa destinée, Odion ne se trouvait aujourd'hui guère plus le temps de tout faire. Sa quasi-immortalité ne faisait pas de chacune de ses secondes une ressource moins précieuse. Son corps qui ne nécessitait plus vraiment de sommeil ou de nourriture était en cela une bénédiction. Il pouvait consacrer chaque instant à guérir le mal qui le rongeait de l'intérieur.

L'alchimie Sith reposait sur un principe simple. Tout peut être transformé, tout n'est que potentiel. La chair n'était en rien différente de l'argile, modelable à souhait pour quiconque sait réellement la sculpter.

"Prenez trois mesures de sang. Une de la personne que vous aimez le plus. Une d'une personne que vous détestez. Et une de vous mêmes"


Voilà les mots qu'Odion avait retrouvé avec l'holoctron de Blackhole. Une simple litanie qui résumait fort bien le caractère sinistre de cette science viciée. A l'époque, le cyborg n'avait su trop quoi faire de cet énoncé. Aujourd'hui encore il le trouvait confus, imprécis. Guère plus qu'une recette de cuisine à moitié terminée. D'autant que dans son cas, les trois individus mentionnés s'avéraient être lui même. Mais à défaut d'autre choses, le Seigneur de Korriban en avait tiré au moins une information précieuse. L'efficacité des ingrédients employés dépendait d'un savant mélange de chimie, de puissance émotionnelle et de créativité. Pour cette raison, il n'existait pas de denrée plus précieuse et polyvalente pour un alchimiste que son propre sang. Véritable vaisseau de leur essence, l'hémoglobine permettait de lier profondément les sombres pratiquants de cet art à leurs créations. Parce qu'il ne pouvait d'exister d'attachement plus fort pour un Sith qu'envers sa propre personne, une infime partie d'eux même vivait au travers de leurs formules, emmenant avec elle la puissance nécessaire pour maintenir en état les mutations contre nature.

Odion s'afferait donc à expérimenter sur son propre fluide vitale, étudiant avec attention le liquide rougeâtre qui reposait dans l'éprouvette devant lui. Il y avait quelque chose de mélancolique de ce simple echantillon. Fusionné avec son armure, depuis combien d'années n'avait-il pas réellement saigné ? Et que dire des minuscules nanomachines qui circulaient librement dans ses veines, à la manière d'un virus ? Son sang était-il encore assez pur, assez vivant, pour être utilisé à la création d'un familier ? Il s'apprêtait à le découvrir.

Lentement, il s'empara de la fiole et y fit circuler son aura. Le sang écarlate commença à bouilloner doucement, comme pris d'une vie nouvelle. La conscience d'Odion explorait les couloirs entremêlés de sa propre chair. Il pouvait y sentir l'étincelle faiblissante, l'éclat de conscience qui attendait en son sein. Il lui suffisait de tendre la main pour ranimer cette flamme intérieure. Une tâche sombre, comme un vide, se répandit à la surface de la fiole à la manière d'une tâche d'encre, menaçant de l'engloutir.
Et tout à coup, un vieux commlink émit un bip qui lui fit perdre à Odion sa concentration. Presque aussitôt les portes si durement ouvertes se refermèrent et le sang retourna à son état inerte.

    « *....* »

Odion prit une grande inspiration, contenant l'agacement qu'il sentait bouilloner dans le creux de son estomac à la vue du précieux liquide gaspillé. Exploser de colère maintenant ne servirait à rien. Cela ferait certainement du bien, mais ce serait vain.
D'autant que le communicateur indiquait quelque chose... de singulier. Il s'agissait de la ligne sécurisée, établie jadis lors de l'établissement de l'Ordre de Krayt. Cela faisait des années qu'il n'y régnait plus qu'un silence de tombe. Et pour cause. Le soit disant Sith'ari était en train de se terrer quelque part dans les régions inconnus, humilié à jamais par la correction qu'Odion lui avait infligée. Son Ordre était mort avec sa fuite. Le cyborg s'approcha avec curiosité. Le fou serait-il revenu le défier à nouveau ? Adrix accueillerait pareille nouvelle avec joie. Il ne s'était jamais satisfié d'humilier quelqu'un une seule fois.

Mais ce n'était point la silhouette holographique de Krayt qui accueillit le Seigneur sith mais celle ô combien plus fluette de Dame Lyria. Un frisson glacé parcouru l'échine du cyborg. La sorcière faisait partie des rares individus que l'Exterminateur considérait comme un genre d'égal, quand bien même il n'y avait guère d'affection entre eux. Il respectait ses capacités, même s'il voyait planer au dessus d'elle le spectre tant hait de l'Impératrice. Ainsi la Dame Sombre était toujours en ce monde ? Après des années de silence, le cyborg avait simplement assumé qu'elle avait disparue de cette réalité. Cela arrivait à ses fréquentations parfois. Souvent même. Pour ne pas dire systématiquement. Qu'est-ce qui avait bien pu arriver à Veras d'ailleurs ?

« Seigneur Odion, mes hommages. Vous devez être surpris que je prenne contact avec vous, mais il s'agit d'une mission pour le bien de l'Ordre. L'opération Cristal est prête à être complétée, mais il me faut des renforts. Je présume qu'en votre capacité vous pouvez accomplir cette requête? J'attends votre retour. »

.... Oh. Voilà qui était inattendu. Et drôle. Ainsi la Dame Sombre avait passé tout ce temps dévouée à sa dernière mission, sans se douter un seul instant que Krayt était tombé depuis des lustres. Et elle l'appelait aujourd'hui à l'aide pour la terminer. L'ironie de la situation n'échappait pas à Odion.

    « - Mes hommages, Dame Lyria. C'est un plaisir inattendu que de vous savoir encore des nôtres. Cependant je crains que dans votre éloignement prolongé vous n'ayez manqué quelques développements récents. C'est donc sans réel regret que je me fais messager. Lors de votre absence, l'Ordre est tombé. Krayt n'est plus. Je l'ai chassé moi même avant que son incompétence ne nous détruise tous. Je suis certain que vous comprenez la nécessité de ce geste. »

Et si ce n'était pas le cas, elle pouvait toujours envoyer un courrier à son bureau des plaintes à côté de Tulak et aller se gratter, se retint-il d'ajouter.

    « - L'Ordre n'est plus, mais nos alliances perdurent. Du moins j'aime à le penser. Hélas je ne suis pas en mesure vous porter assistance en personne pour l'instant. Cependant, l'apprentie de Krayt a continué le chemin de la Sith, sous la forme d'un nouvel Ordre. Je ne doute pas que cette nouvelle "Dame Sombre" saura vous interesser... Je vous transfère un moyen de les contacter. Considérez cela comme un présent. Vous trouverez leurs capacités... adéquates. »

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By Darth Lyria
#34280
La réponse d'Odion ne surprit pas outre mesure la Dame Sith qui avait bien senti quelques chamboulements au sein de la Force. Krayt était trop faible pour être la tête de l'Ordre, elle s'en était bien rendu compte lorsqu'elle avait appris le décès d'Oxious. Or, voilà qu'une autre personne avait décidé de jouer au plus fort et de rassembler les utilisateurs du Côté Obscur... Une Dame Sombre qui plus est! Darth Lyria fronça les sourcils à cette annonce faite par le cyborg.


« Darth Krayt était trop faible pour accomplir la volonté du Côté Obscur de la Force. Son exile était l'une des seules issues possibles. »


L'autre étant de l'éliminer complètement.


« J'ose espérer que nos chemins se croiseront bientôt, Seigneur Odion. »


Et l'image holographique de la Nagai disparut.





Pour ce qui était de cette nouvelle Dame Sombre, Darth Lyria serait beaucoup moins formelle. Elle n'avait rien à devoir à cette Sith qui s'était auto-proclamée chef. Un unique message, simple, fut donc envoyé aux coordonnées fournies par l'Égorgeur. La Sith s'assura que l'envoi du message soit fait via des serveurs cryptés, donc impossible d'identifier son auteur. L'hologramme serait partiellement brouillé, pour éviter que l'on puisse identifier Zannar qui, pour l'occasion, releva la capuche de sa cape, voilant également son visage.


« Ma Dame. Le Seigneur Odion m'a fait part de votre fulgurante ascension au sein de l'Ordre Sith. Peut-être me connaissez vous, je l'ignore, mais sachez qu'une alliée se terre dans l'Amas d'Hapès, prête à accomplir la volonté du Côté Obscur. Rejoignez-moi à ces coordonnées. »


Le message était accompagné de la localisation de la station Roqoo, en bordure de l'Amas. Des codes prioritaires de la Maison Maad étaient également fournis. La sécurité ne devrait pas poser de problème.

Le lendemain, Alemidna Zannar-Maad demanda à ce que sa navette soit préparée pour un voyage éclair à cette même station Roqoo. La Sith y attendrait patiemment la nouvelle Dame de l'Ordre.
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By Mya Tellis
#34285
    À bord du Scavenger, en approche de Sullust.

    Darth Ranath s’était isolée dans sa cabine. Komus occupait ses pensées. Il la hantait. Allait-il manger Sullust ? Allait-il les détruire elles aussi ? Tiendrait-il sa promesse ? Une éternité de souffrances. Un frisson parcourut l’échine de la Mirialan, son comlink appela aussitôt.

      « Sibi ? »

    Image

    C’était si rare d’entendre sa voix. De l’entendre vraiment, avec ses oreilles et non avec son esprit. Malgré la greffe, Isabo ne parlait pas beaucoup, seulement quand cela devenait nécessaire.

      « Je t’écoute. »

    Il y eut un silence, comme si l’Humaine attendait encore la réponse. Sa voix traversa à nouveau le petit haut parleur.

      « L’Odonata a reçu une communication. »

    L’Odonata. Un sourire se dessina sur les lèvres de la Sith. Cette gamine était obéissante.

      « Transfère-la moi. »

    Isabo ne répondit rien, mais dans les secondes qui suivirent, le message s’annonça sur le comlink. Ranath coupa la communication en provenance de Dargul, et visionna le message reçu.

      « Ma Dame. Le Seigneur Odion m'a fait part de votre fulgurante ascension au sein de l'Ordre Sith. Peut-être me connaissez vous, je l'ignore, mais sachez qu'une alliée se terre dans l'Amas d'Hapès, prête à accomplir la volonté du Côté Obscur. Rejoignez-moi à ces coordonnées. »

    L’intitulé pour le moins surprenant laissa la Mirialan pensive. L’idée même d’un contact relayé par Darth Odion la fit grincer des dents. L’Égorgeur parlait. Et la requête induite par son indiscrétion relevait plus du piège grossier que d’une proposition sérieuse. La Sith visionna une deuxième fois le message.

    Rejoignez-moi.

    Non.

    Ça ne montrait pas son visage, ça donnait des ordres. Ce n’était pas parce qu’on se prétendait relatif d’Odion qu’on devenait crédible. Au contraire … eut même tendance à songer la Dame Sombre.

    Ma Dame.

    Au moins celle-ci savait-elle un rien à qui elle s’adressait. Toutefois, et fort malheureusement, bon nombre d’ennemis savaient qui était Mya. Cela ne lui donnait donc aucun crédit. On pouvait bien être un pantin de Morelion, déguisé pour l’occasion d’un message maladroit.

    L’Ordre Sith. Fulgurante ascension.

    Que savait-elle vraiment ? Darth Krayt avait nommé Darth Ranath Dame Sombre le jour où il l’avait jugé digne de diriger à ses côtés. Wyyrlok, Main de l’Ombre, et Ranath, Dame Sombre, avaient oeuvré pour la cause du Nouvel Ordre Sith du Seigneur Krayt. Elle avait été désignée comme héritière du Seigneur Noir, elle avait reçu son savoir, sa connaissance et certains de ses trésors. On l’avait nommée à ce rang. Mais cela ne signifiait rien pour ces chiens de Sith. Tous ces bâtards dégénérés rongés par l’arrogance de leur pouvoir.

    La volonté du Côté Obscur.

    C’était à vomir. Elle en aurait giflé la petite silhouette vacillante. Là était leur faiblesse. Elle les détruirait, tous, sans distinction, ces rats prétentieux. Et cette impertinente, qui ne se montrait ni ne se nommait … Le troisième visionnage fit l’effet d’une claque à la Mirialan. Elle. Elle. Elle.

      Allez, montre-moi de quoi tu es capable !

    La Sith s’assit lentement sur sa couchette. Elle ne pouvait détacher son regard de la minuscule silhouette se tenant au creux de sa paume.

      Et si les Jedi …

    Elle porta machinalement son autre main au contact de sa gorge. L’absence du collier la déconcerta, elle baissa la tête, comme pour voir son torse, à la recherche de la pierre.

      … prête à accomplir la volonté du Côté Obscur. Rejoignez-moi à ces coordonnées. »

    Et l’évidence la frappa.

      … ne voulaient pas mon bien, mais servir que leurs propres intérêts ?

    Darth Lyria.

    Des souvenirs de Mya, celui-ci était l’un des plus violents.

    Korriban. Un Zabrak. Darth Lyria. Krayt. Krayt, son maître. Pardon, maître … Son sauveur. La rage de Ranath s’amenuisait, à mesure que sa peine grandissait. Pendant de longues minutes, elle demeura immobile, à observer le comlink inactif dans sa main.

    La Dame Sombre se leva finalement, et fouilla dans les affaires qu’on avait rassemblé pour elle sur Nelvaan. Et parmi les vêtements et les produits de première nécessité, elle trouva ce qu’elle avait spécifiquement réclamé. De l’encre et des pinceaux. Assise face au miroir sommaire sa cabine, la Mirialan ornait son visage d’un tracé noir. De ses lèvres noires, coulait jusqu’à son cou un trait tout aussi noir, rectiligne, sans défaut. Ses yeux étaient soulignés avec plus de finesse, il en dégoulinait également quatre lignes épaisses qui s’estompaient au milieu des joues. Quand elle eut terminé, la Sith coiffa ses cheveux d’un haut chignon et jeta sur ses épaules son manteau fétiche. Ainsi parée, elle demanda à enregistrer un message privé à destination privée, ce qui lui fut accordé.



      « Chère consœur. Ne pouvant me rendre en personne à votre rencontre, je fais de Darth Varadesh ma messagère. En mon nom et en celui de l’Ordre Sith, elle se présente devant vous afin d’entériner notre alliance. Avec tout mon respect. »




    L’enregistrement terminé, la Mirialan ouvrit une requête à l’intention de l’Intrépide.

      « Darth Varadesh. J’ai pris connaissance de ton rapport. Tes prouesses me flattent et m’honorent. Nous nous retrouverons bientôt, il est des choses dont nous devons discuter. »

    La Dame Sombre observa une courte pause.

      « J’ai reçu récemment un message on ne peut plus vague et de provenance inconnue. Je te le transfère, ainsi que les coordonnées qu’il contient. Je pressens que son émetteur est Darth Lyria. Une Dame Sith qui oeuvrait au côté de mon maître. Je ne peux pas la rejoindre pour le moment, et j’aimerais que tu lui transmettes mes amitiés. Fais-lui parvenir ce message. »

    La communication contenait également l’enregistrement de Ranath.

      « Et vois si elle a besoin de notre soutien. Tu représentes l’Ordre Sith. »

    Il y eut un silence, un peu plus long que le précédent.

      « Si toutefois le rendez-vous s’avérait être un piège. Tue-les. Tous. »



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By Ciaphas Cain
#34342
Mais quel holo bidon, c'est quoi cette daube ? Qui a écrit une bouse pareille ?

D'un geste sec, la Pantoran éteignit le visionnage de l'holo-film qu'elle avait regardé dans la zone réservée à l'espace de détente de son vaisseau. Allongée confortablement sur le canapé moelleux, elle avait décidé de passer le temps en regardant un film qui lui avait semblé sympathique et divertissant à défaut d'être un chef d'oeuvre, une adaptation d'un best seller galactique à ce qu'il semblait. Et elle avait perdu 2h30 de sa vie devant cette aberration de mauvais goût, de niaiserie et de nullité. Il était difficile de croire que ce truc pouvait avoir eu un tel succès critique auprès des gens.

Cela ne faisait que la conformer dans l'idée que la galaxie était peuplée par un sacré paquet de profonds imbéciles. Elle ne voulait même pas se rappeler du titre ni de quoi que ce soit d'autre, mieux valait oublier tout ça le plus vite possible. De toute façon, fort heureusement pour elle, le petit astromech lui indiquait en bipant comme un fou qu'elle avait reçu un message. Tout vaudrait mieux que de ressasser cette nullité absolue, elle entra donc dans le cockpit de pilotage et écouta le message.

Elle frissonna en entendant la voix de son maître. Depuis combien de temps n'avait-elle plus entendu ces sonorités si froides et en même temps cachant des émotions couvant sous la surface ? Combien de temps depuis que la calme et puissante présence de sa Dame Sombre l'avait rassurée autant qu'elle l'avait effrayée, imposant l'ordre et l'obéissance non par la force mais simplement parce qu'elle était indubitablement le maître ? Il était grand temps qu'elles se retrouvent, l'apprentie avait soif de boire à la coupe du savoir de son maître et d'apprendre toujours plus.

Malheureusement, sa déception allait être bien grande car les retrouvailles ne seraient pas pour tout de suite. A la place, ordre lui était donné de voguer en toute hâte vers des coordonnées mystérieuses pour rencontrer une Dame Sith. Encore une ? Décidément, il y avait des Sith de partout ces derniers temps, dire qu'ils étaient censés être une espèce menacée, c'était à n'y rien comprendre. Aussi grande était sa déception, celle-ci disparut lorsqu'elle lut entre les lignes du message et comprit le sens implicite des paroles de la Dame Sombre.

Elle représentait l'Ordre, ce qui n'était pas rien. Elle était donc placée comme étant clairement son visage et sa représentante. Elle serait aux premières loges pour agir et modeler les événements en faveur non seulement de l'Ordre, des plans de son maître mais aussi des siens. Et surtout, elle pourrait également apprendre auprès de cette fameuse Dame Sith, si ce n'était bien sûr pas un piège. Tant de possibilités, tant d'ouvertures. Elle sourit, réjouie. Elle envoya rapidement une réponse à la Mirialan:

Ordres reçus et compris mon maître. Qu'il s'agisse d'un piège ou d'une véritable opportunité, la volonté de l'Ordre, ta volonté, sera faite.

Très court mais il n'y avait guère à dire. Une fois encore, il lui était difficile de parvenir à coucher sur le papier tout les sentiments puissants et contradictoires que lui inspirait la Dame Sombre. Et puis les Sith n'étaient pas du genre à souffrir de platitudes quand une réponse simple suffisait.

Allez Daxter, on y va, on a un rencard !




2 jours plus tard, la lumière solitaire de l'explorer voguait à travers le vide de l'espace, non loin de la région connue comme étant l'Amas d'Hapes. Varadesh avait fait ses devoirs et appris tout ce qu'elle pouvait durant le voyage, notamment le fait que cette zone était entièrement neutre politiquement et isolationniste, peu encline à se préoccuper du reste de la galaxie qu'elle estimait par ailleurs largement inférieure. Il semblait que le régime en place se prénommait Consortium d'Hapes et était dirigé par une Reine-Mère, ce qui était notable en soi, d'autant plus que, chose étonnante pour l'apprentie, tout le Consortium était dirigé par... Les femmes, issues de la noblesse et contrôlant tout tandis que les hommes n'avaient guère de pouvoir.

Un fonctionnement insolite en soi qui l'intriguait quelque peu. Quand au reste, elle l'apprendrait bien assez vite, d'une manière ou d'une autre. Le scanner détecta soudainement en bordure de l'Amas une structure, probablement une station spatiale. Et il n'y avait pas que ça dans le coin mais également ce qui ressemblait à une flotte de défense. Isolationnistes, rappelez-vous. Heureusement que le message de Ranath contenait des codes permettant de passer sans trop d'encombre, sinon ça aurait été mal parti.

Un message de la part d'un des vaisseaux hapiens la somma d'atterrir dans l'une des baies d'atterrissage de la station et la prévint d'attendre qu'une équipe d'inspection examine son vaisseau pour vérifier qu'elle n'était pas contrebandière ou autre criminelle de droit commun. Les natives n'avaient pas l'air de plaisanter, ça annonçait du lourd pour ce qui était de l'ambiance. Une fois le vaisseau posé, la Pantoran prit le temps de vérifier qu'elle était habillée assez bien pour ne pas être perçue comme autre chose qu'une simple civile puis quitta son vaisseau et attendit non loin du sas de sortie.

Mieux valait montrer patte blanche devant ces gens tant qu'elle ne savait rien de plus. Un groupe de soldats hapiens dont la moitié étaient des femmes ne tardèrent pas à l'accoster, armés et la mine austère, véritablement austère. La première chose qui la frappa en les voyant arriver fut de constater la beauté incroyable des hapiens. Ce qu'elle avait pu glaner de ce peuple ne cessait jamais d'insister sur leurs attraits physiques, technologiques et culturels bien supérieurs à beaucoup d'autres peuples mais elle ne se serait jamais attendue à ce que ce soit si flagrant.

Le choc de la découverte passée, il fallait bien reconnaître qu'ils ne différaient guère des autres races qu'elle avait pu croiser. Comme n'importe qui, ils pouvaient saigner. Et si ça saigne, on peut le tuer si besoin est. Bien qu'ils ne la tinrent pas immédiatement en joue, les hapiens avaient leurs fusils en mains et ne semblaient pas du genre à hésiter avant de tirer. Des professionnels dévoués à leur tâche qui ne se laisseraient pas corrompre, mieux valait montrer patte blanche. La sergente la toisa avec un regard glacé et hautain mais le ton de sa voix, sec, n'affichait pas le mépris qu'on aurait pu attendre de ce genre d'autochtones.

Gardez vos mains bien en évidence et pas de gestes brusques. Vous êtes en espace hapien et dépendez donc de notre juridiction. Restez tranquille pendant que nous procédons à inspection de votre vaisseau.
Faites-vous plaisir, je n'ai rien à cacher.

L'hapienne rit brièvement, comme si elle avait toutes les raisons d'en douter. Ce qui était vrai, mais Varadesh n'allait certainement pas tout déballer pour ses beaux yeux. D'un geste rapide, elle envoya 2 de ses troupiers fouiller l'intérieur. L'examen prit de longues minutes durant lesquels la Sith resta calmement là, mains dans les poches et à regarder un peu partout autour d'elle l'air de rien. Jouer la petite fille un peu tête en l'air lui était très facile même si elle doutait pouvoir embobiner les hapiens, au moins pouvait-elle peut-être les adoucir légèrement. Enfin, les gardes sortirent en secouant la tête.

Bien, il semblerait que vous soyez clean là-dedans. Maintenant, passons à vous.
Je vous demande pardon ?
On ne laisse entrer personne sur notre territoire qui soit armé ou en possession d'objets dangereux ou prohibés.
J'imagine que je ne peux pas déposer une plainte ni m'en tirer ?
Aucunement.

Elle soupira puis leva les bras, laissant l'hapienne la fouiller et palper chaque partie de son corps pour trouver quelque preuve accablante. En prime elle fut scannée. Ces gens étaient vraiment très professionnels. Et lorsque la sergente remarqua la poignée du sabre laser, cachée par le replis du long manteau que portait la Pantoran, elle voulut s'en saisir immédiatement. D'un bond, Varadesh recula pour se mettre hors d'atteinte. Hapiens ou pas, rendez-vous ou pas, hors de question qu'on lui prenne son sabre laser. Les soldats réagirent immédiatement et braquèrent leurs armes sur elle, menaçants.

Ecoutez, ça n'est rien du tout vous n'avez pas à vous en faire. Et il faut que vous sachiez, je suis venue ici parce qu'on m'y a invitée, mon contact ne va surement pas tarder... Pas besoin de s'énerver...
Mains en l'air et pas un geste ou nous vous abattons.
Non mais vraiment, ne faites pas de bêtise...
Soldats, en joue.
Je vous dit que ça n'est rien du tout...

Un geste rapide de la main et elle tenta d'influencer les esprits des hapiens. Hélas, ces militaires étaient d'un tout autre bois que les gens crédules qu'elle avait auparavant influencé ainsi. Tout au plus gagna-t-elle un sursis de quelques secondes durant lesquelles ils froncèrent les sourcils mais ça ne durerait pas bien longtemps et ensuite, les choses allaient se compliquer. Si cette mystérieuse Dame Sith voulait bien se donner la peine d'intervenir, c'était le moment ou jamais.

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By Darth Lyria
#34345
« Au repos mesdames! Il s'agit d'une invitée de la Maison Maad. »


La voix avait sonné comme un coup de tonnerre dans le corridor principal menant au sas de la baie d'atterrissage où était posé le vaisseau. À quelques mètres des soldates et de la Pantoran, trois femmes s'approchaient à grandes enjambées. À droite, cheveux blonds, une très grande femme aux yeux bleus et au regard perçant, uniforme militaire impeccable, la commodore Anastasia Ermy fit signe aux militaires de reculer de la visiteuse. À droite, la plus petite des trois, Piriena Frietz à la peau noire et à la combinaison de combat digne de tout bon mercenaire avait la main droite posée sur son propre pistolet blaster.

Finalement, au centre, la tête bien droite, les cheveux blancs remontés en un chignon, le regard planté dans celui de Varadesh, la dame Alemidna Zannar-Maad, drapée de riches étoffes noires, semblait vouloir être ailleurs qu'en plein milieu d'une futile dispute frontalière.


« Commodore, je crois avoir des raisons de penser que... »

« Vos impressions sur cette femme sont infondées », glissa dame Zannar-Maad sans lâcher des yeux la Pantoran.

« Mes impressions sur cette femme sont infondées », répéta machinalement celle qui avait procédé à l'inspection. Si Varadesh reconnaissant un certain tour de passe-passe digne d'une utilisatrice de la Force, il lui était impossible de détecter l'aura de cette dame.

« Très bien, cette invitée peut donc nous suivre sans problème », ajouta la Nagai, hapienne d'adoption.


La militaire hocha de la tête, imitée par les autres personnes en charge de la sécurité sous le regard incrédule de la commodore.


« Commodore Ermy, je crois que votre présence au centre de contrôle est à nouveau réclamé, madame Frietz et moi-même nous occuperons de notre invitée. »

« À... À vos ordres, madame. »


D'un geste de la main, Alemidna invita finalement Varadesh à les suivre, elle et Piriena. Derrière les trois femmes, le sas se referma dans un sifflement sec.





Le silence enveloppa Varadesh, seul le bruit des pas sur le sol métallique perturbait la sérénité de la station Roqoo. Personne n'ouvrit la bouche. Alemidna, Varadesh et Piriena tournèrent à droite à l'embranchement avec un autre corridor, une autre porte s'ouvrit à leur gauche donnant sur un autre corridor et seules Midna et son invitée la franchirent, Frietz restant dans la coursive principale.

Aussitôt la porte refermée derrière elles, la Nagai leva sa main droite et le sabre-laser de la Pantora s'y logea. Sous le choc, Varadesh s'immobilisa, mais Midna fit quelques pas de plus en admirant l'arme qui tournoyait lentement à quelques centimètres de sa blanche main.


« Vous n'êtes pas cette Dame Sith dont le Seigneur Odion m'a parlé », lâcha-t-elle sans même se retourner.


Le sabre s'alluma alors, la lame rouge projetant son aura sur le visage sans faille de Darth Lyria.


« Donnez-moi une bonne raison de ne pas vous découper en pièces et de les faire dériver dans le vide interstellaire des Brumes transitoires... »


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By Ciaphas Cain
#34348
Le destin ou la Force devait se payer sa tête en rigolant bien fort lorsqu'il décida de sauver la jeune fille en faisant intervenir la maîtresse des lieux tout de noir vêtue. Il s'en était fallu de peu qu'elle finisse abattue ou contrainte de commettre un crime ou deux dans un espace ou elle n'avait aucun droit selon les locaux. D'un autre côté, le trio nouveau venu n'était clairement pas là pour plaisanter à en juger par leurs manières. La blonde et la noire étaient aisément identifiables comme des porte-flingues, dangereuses par leurs compétences mais guère plus. En revanche, la troisième...

Elle ne sentait pas clairement l'alignement de cette femme aux cheveux blancs mais il n'était pas nécessaire d'être sensible à la Force pour comprendre que la plus dangereuse et celle qui donnait les ordres, c'était bien elle. Et ces robes d'un noir profond... Franchement, y avait-il meilleur moyen de se faire pincer comme étant affiliée aux méchants qu'en se promenant habillés traditionnellement comme eux ? Et on venait lui faire la leçon sur les bienfaits de la discrétion après ça, quelle blague.

La suite ne fit que lui confirmer qui commandait vraiment. Un ordre donné machinalement, venu aussi naturellement que le fait de respirer, suivi d'une accentuation de cette autorité par une démonstration de pouvoir flagrante. Assurément, la femme en noir était capable de plier à sa volonté qui elle voulait sans difficulté. Il ne faisait presque aucun doute que c'était elle que Ranath l'avait envoyée rencontrer, bien qu'il fut aussi possible que ce soit son apprentie. Dans ce cas, mieux valait ne pas songer au pouvoir de la Dame Sith. Sans un mot, elle suivit la femme en noir et la femme noire.

Le silence était lourd et menaçant, ça n'était pas difficile de s'en rendre compte même pour l'apprentie débutante qu'elle était. Pas un son, pas un bruit en dehors de leurs pas contre le sol, même les bruits de respiration étaient quasi inaudibles. Mouvement vers un corridor puis on tourne et on tourne encore et enfin on s'arrête et finalement, ne resta rapidement que la femme en noir tandis que l'autre restait en arrière, surement pour monter la garde et accessoirement bloquer l'issue. Aucune chance de fuir par là, mais de toute façon il n'y en avait aucune tout court.

Son arme fila en direction de la Nagai sans toutefois finir dans sa main, flottant non loin de là avant de s'allumer d'un coup juste sous le nez de la Pantoran. Une tentative d'intimidation et de montrer qui était la meilleure un peu grossière mais pas moins crédible. Il était évident que des 2, ça n'était pas l'apprentie qui s'en sortirait si combat il devait y avoir. Mais il y avait au moins une chose positive à sa situation fâcheuse : ça n'était vraisemblablement pas un piège comme l'avait craint son maître. Restait maintenant à trouver les mots pour se dépêtrer de ce guet-apens.

Déglutissant à peine, habituée maintenant aux situations ou un compatriote la menaçait de la tuer en un clin d’œil avant de l'abandonner là sans lui accorder plus d'une pensée, elle n'avait pas peur. Enfin si en fait, évidemment, mais elle savait contrôler et juguler cette émotion. Se remémorant la réprimande de la Mirialan lorsqu'elle avait eu vent de ses moqueries envers Odion, Varadesh inclina la tête, une main sur le cœur, dans une attitude respectueuse sans pour autant virer à la soumission pure et simple. Respecter mais ne pas jouer les lèches-bottes, c'était le meilleur moyen de perdre toute crédibilité aux yeux d'un Sith.

Parce que si vous agissiez ainsi, vous supprimeriez l'apprentie de la Dame Sombre des Sith, lui faisant ainsi perdre tout le temps qu'elle a consacré à me former et attisant son courroux. Et ce serait un gaspillage inconsidéré que d'entrer en guerre l'une contre l'autre, considérant que vous n'avez pas cherché à contacter mon maître sans une bonne raison. Si vous me permettez ?

Les mains bien en évidence, l'apprentie se concentra et du fond de l'une des poches de son blouson, sortit un disque de données qui se mit à léviter lentement en direction de la sorcière Sith. Une démonstration tout aussi puérile que celle de la Nagai mais quel meilleur moyen de montrer que chacune maîtrisait la Force ? La bouche de la Pantoran se fendit d'un sourire fragile.

Darth Lyria, si vous êtes bien celle que l'on m'a chargé de rencontrer, voici la réponse de Darth Ranath à votre appel. Vous y constaterez sans mal, en la consultant, que l'Ordre Sith a décidé de vous accorder son attention. Et vous pourrez considérer que le temps que vous ayez besoin de soutien, moi, Darth Varadesh, vous assisterai de mon mieux possible.

Nouvelle inclinaison respectueuse, en reconnaissance du lien de vassalité temporaire. Il n'y avait qu'une seule Dame Sombre mais sa parole était loi et sa parole ordonnait de servir cette consœur mystérieuse. Rien de plus simple dans leur nouvelle relation.

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By Darth Lyria
#34360
Le disque valsa directement contre le mur d'acier et éclata en milles morceaux.


« Son apprentie... », murmura d'abord la Nagai sans jamais se retourner.


Les néons clignotèrent prestement puis un nouveau silence de glace tomba entre les deux femmes. Le sabre-laser de Varadesh s'éteignit et tomba lourdement aux pieds de l'apprentie alors que Darth Lyria se retournait pour lui faire face de toute sa grandeur. Les poings et la mâchoire serrés, la Nagai respirait calmement.


« L'Ordre Sith passe près de disparaître de la Galaxie et lorsque l'une de ses plus puissantes adeptes demande à rencontrer celle qui s'auto-proclame Dame Sombre, on ne lui envoie qu'une vulgaire apprentie?! »


Le petit corridor fut soudainement plongé dans le noir. Des tuiles du plafond furent arrachées par la Force et fracassées contre les murs dans un chaos et un vacarme tout autour des deux femmes. Un dix secondes de tumulte défouloir pour la Sorcière Sith qui pénait à accuser réception du message de Darth Ranath.

Tout cessa aussi brusquement. Les deux femmes au coeur d'un champ de débris métalliques, de fils électriques sectionnés et de petites volûtes de fumées. Darth Lyria soupira, se passa machinalement une main dans les cheveux et fit signe à Varadesh de la suivre à nouveau.


« Que savez-vous du Côté Obscur de la Force, Darth Varadesh? »


Les deux femmes marchaient l'une en arrière de l'autre, s'enfonçant dans les entrailles de la Station Roqoo. Après quelques minutes lors desquelles l'apprentie exposait ses récents apprentissages, Darth Lyria s'arrêta devant un simple panneau de contrôle. Elles n'avaient pas croisées âme qui vive dans ce coin de la station, ni recroisé la mercenaire Piriena Frietz. La Nagai pianota un code confidentiel, posa sa main contre un scanner adjacent et une pièce secrète se dévoila sous leurs yeux.

Lors des travaux de rénovation de la station, Darth Lyria avait fait construire un petit sanctuaire à l'abris des regards. Composé d'un bureau, d'une petite salle de méditation et d'un coffre-fort, les quartiers secrets de la Sith lui servaient à s'adonner aux arts du Côté Obscur de la Force sans être déranger par les affaires du Consortium. Les deux femmes prirent place dans la salle de méditation, debout, l'une face à l'autre.

Darth Lyria regarda de haut en bas la Pantoran, les mains derrière le dos. Elle semblait courageuse, insouciante peut-être, comme bien d'autres jeunes Sith avant elle. Était-ce ce qui l'empêchait d'ailleurs d'aspirer à plus, se demanda Lyria. Ne pas avoir réussi, à l'instar de cette Darth Renath, à mettre la main sur une jeune apprentie capable d'accomplir sa volonté? Lui manquait-il l'étoffe d'une Dame Sombre capable de corrompre la plus jeune génération?


« Que souhaitez-vous accomplir ici, Darth Varadesh? Et ne me répondez pas une foutaise du genre "la volonté de mon maître". Les Sith sont des créatures d'ambition, de grandeur, de pouvoir. Vous êtes prédestinée à sortir de l'ombre de votre maître; il doit y avoir un commencement à toute chose, aussi bien que ce voyage le soit pour votre destiné. »
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By Ciaphas Cain
#34372
La Nagai avait au moins un point commun avec celle qu'elle critiquait si vertement, toutes deux étaient capables de péter une durite pour pas grand-chose avant de soudain redevenir aussi calmes et glaciales qu'une statue. De ce point de vue, pas doute, Lyria et Ranath étaient semblables, ce qui n'était pas exactement une bonne nouvelle du point de vue de l'apprentie. Parce que si elles avaient d'autres points communs comme au hasard une tendance à soulager leur colère sur elle, ça n'augurait rien de réjouissant pour son avenir proche.

L'ironie ne manquait pas de lui venir en tête, échapper même temporairement à une folle furieuse pour tomber entre les griffes d'une autre. La Force avait vraiment un sacré sens de l'humour. Prudemment, une fois que la crise fut passée, elle se pencha à genoux pour reprendre son sabre en main. Elle le garda éteint mais ne le rangea pas à sa ceinture sous le manteau long. Respectueuse de la hiérarchie d'accord, imprudente quand même pas. Mieux valait garder son arme prête à être activée et utilisée avec celle-là.

Si je peux me permettre, le fait que Dame Ranath ait envoyé son héritière ne témoigne-t-il pas justement de l'intérêt qu'elle porte à votre demande ? Mon maître est occupée sur de nombreux fronts ma Dame. Il n'est pas question de vous diminuer à ses yeux.

Connaissant un peu la Mirialan à l'esprit tortueux et aux buts insondables, c'était probablement le but exact de la Dame en envoyant son apprentie. Mais autant essayer de calmer le jeu histoire d'éviter de se prendre un retour de bâton pour Ranath. Le moment de tension sembla passé puis la Nagai lui fit signe de la suivre, ce qu'elle fit en restant à quelques pas en arrière, autant par respect pour son rang que par prudence. Ce faisant, elle réfléchit à la réponse qu'elle fournirait.

Je connais le Code Sith ma Dame. J'ai étudié auprès de Darth Ranath sur Korriban pendant plusieurs mois avant que nous ne dussions quitter la planète. J'ai brièvement connu Krayt et son larbin avant que mon maître et Darth Odion ne les chassent tout deux au loin. Je sais que le Côté Obscur est ce qui nous rend supérieur à tous, ce qui atteste de notre droit légitime à régner sur tout. Je sais que contrairement aux Jedi, nous reconnaissons la supériorité du Côté Obscur sur tout mais que nous n'en sommes pas les esclaves là ou eux se complaisent dans leur servage de la Lumière.

J'ai exploré un vieux tombeau sur Korriban et Yavin 4, j'ai affronté les esprits de puissants Seigneurs Sith d'antan, j'ai obtenu de l'un le savoir, de l'autre une relique ancestrale. Et j'ai compris par la suite que si le savoir donne le pouvoir, il exige toujours un sacrifice en échange. J'ai sacrifié ce que j'avais arraché à Darth Bane pour obtenir une récompense plus grande encore. Je sais que je n'en suis qu'au début de mon apprentissage, que de lourdes épreuves m'attendent encore et que je n'ai fait qu'effleurer la puissance du Côté Obscur.


Leurs pas les menèrent toujours plus loin à travers la station au point de passablement désorienter la Pantoran qui n'aurait pas été entièrement sûre de retrouver son chemin dans ce dédales de couloirs sans indication ni ornementation particulière pour la renseigner. Elle se demanda si ça n'était pas précisément le but, peut-être que la partie de la station ou elles étaient avait été conçue pour perdre ceux qui n'auraient rien eu à y faire. Bientôt toutefois elles furent arrivées devant un sas fermé que la Nagai déverrouilla en tapant un code puis par scanner à empreinte digitale. Elle ne voulait vraiment pas que quiconque se promène dans le coin.

L'endroit lui évoquait un genre de planque discrète ou vivre tranquillement sans que personne ne sache que quelqu'un était là. Une salle de méditation, un bureau et un coffre dans le fond de la salle, pas de doute c'était bien l'idée. Elle sentit le regard de la Nagai qui l'examinait sans se soucier d'être discrète. Pourquoi l'aurait-elle été après tout ? Des deux, c'était elle qui menait la danse et était capable d'écraser l'autre en un battement de cœur après tout. Varadesh s'efforça de rester droite dans ses bottes pendant l'examen visuel, donnant l'impression de regarder le visage de la Dame mais en réalité elle fixait son épaule. Vieux truc pour ne pas être nerveuse dans ce genre de situation.

J'ai bien peur de vous décevoir en vous répondant que je suis ici avant tout pour m'assurer que les ordres de mon maître, en l'occurrence vous rencontrer et vous aider, ne soient la raison première de ma présence ici. Toutefois et je ne vois aucune raison de vous le cacher, j'espère obtenir quelque chose de plus durant mon séjour à vos côtés. Je peux me tromper mais j'ai l'impression que vous et mon maître vous connaissez assez bien. Toute information dont vous disposez à son sujet ne pourra que m'aider le jour ou je devrai réclamer ce qui me revient de droit.

Et si ça n'est pas le cas, si je me trompe à ce sujet... Même moi qui ne suis qu'une apprentie débutante formée sur le tard, je peux sentir à quel point vous êtes puissante. Vous êtes dangereuse et emplie d'obscurité mais pas exactement comme mon maître. Apprendre de vous, voilà qui est une perspective alléchante. Apprendre tout sur le Consortium, comprendre comment manipuler les individus qui composent une nation et obtenir ce que je veux, évoluer parmi les cercles du pouvoir et affiner mes propres talents : voilà encore de bonnes raisons d'être ici.

Telle est donc l'offre de mon maître et la mienne. Apprenez-moi, permettez-moi de progresser toujours plus loin dans les arcanes du côté obscur. En échange, vous disposerez de ma loyauté dans vos projets concernant l'Amas et peut-être même au-delà. J'ai bien conscience de n'avoir pas autant de valeur pour vous que tout vos serviteurs mais je suis pleine de ressources. Et comme vous l'avez peut-être constaté, je suis une femme comme vous, ce qui dans une société aussi particulière que celle des Hapiens, me place d'ores et déjà dans une position favorable. Peut-être me trompé-je là encore néanmoins.


Silence, elle retint inconsciemment son souffle. Quel est le verdict du juge ?

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By Darth Lyria
#34394
Un silence était de nouveau tombé entre les deux Sith après la longue réponse de Varadesh. Toujours bien droite, Lyria senti l'aura de la Pantoran tenter de percer son voile couvrant ses propres affinités avec le Côté Obscur. La jeune voulait réellement savoir à qui elle avait affaire...


« Bien... Bien! »


S'exclama finalement la Nagai en levant soudainement les mains dans les airs. La tension descendit d'un cran. Darth Lyria acceptait finalement l'offre de l'Ordre et tâcherait d'y tirer un certain profit.


« En effet, Krayt était un faible », laissa d'abord tomber la Duchesse comme à regret.


Après tout, c'était elle qui avait eu la vision selon laquelle le Seigneur Sith serait celui qui les amènerait tous vers la gloire d'antan. La Force lui avait joué un bien mauvais tour...


« Et à vrai dire, je ne connais pas votre Maître, Varadesh. J'ai eu trop à faire ici pour m'intéresser de près aux luttes intestines d'un Ordre qui, me semblait-il, était voué à disparaître. Du moins temporairement... »


La sorcière Sith s'assit au sol, les jambes croisées et invita la Pantoran à faire de même. Lyria avait ressenti l'échec de la sonde mentale de l'apprentie et cela pouvait constituer un premier pas vers un apprentissage. Car pour manipuler efficacement les gens, atteindre leur esprit demeurait la première étape.


« Vous souhaitez en apprendre plus sur moi et c'est tout à votre honneur, Darth Varadesh. Mais vous ne vous y prenez pas de la bonne façon. Voyez ceci comme une première leçon et une manière pour moi de constater l'étendue de votre savoir du Côté Obscur. »


La Nagai ferma alors les yeux, abaissa légèrement sa garde et laissa Varadesh s'essayer à nouveau à lire son aura.


« Allez plus loin, Varadesh. Laissez le Côté Obscur, la Force, vous raconter certaines bribes de mon histoire... »

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