L'Astre Tyran

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Monde glacé battu par les tempêtes de neige, la planète abrite aujourd'hui un mélange de Nelvaaniens et de colons issus de l'Ordre Gris. En effet, malgré son éloignement des grandes lignes hyper-spatiales, Nelvaan est aujourd'hui la capitale d'une jeune et discrète monarchie en expansion dans la Bordure Extérieure.
Gouvernement : De Jure Empire - De Facto Neutre
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By Helera Kor'rial
#36310
Ambiance


La flottille de transport fendait lentement le ciel, semblant surfer sur les nuages et côtoyer les rares espèces aviaires capables de voler. Les troupeaux de Bantha levèrent le museau en ruminant, observant avec une certaine fascination cet astre métallique aux reflets bleutés. Les conifères ployèrent l’échine quand il les survola, conscients des présents qu’il transportait. Ils se prosternèrent devant le vaisseau royal. Lui continua sa route, passant au-dessus des premières tentes et huttes métalliques. On entendit son réacteur dans tout le village et on le reconnut sans même le voir, car il était le seul de la galaxie à produire ce son si particulier. Le Scavenger continua sa route vers l’immense montagne et se posa sur l’une des quelques plateformes d’atterrissages. La neige s’envola et laissa place à sa majesté, tandis que la montagne vomit plusieurs soldats. Armés de leur vouge, pique ou hallebarde, enfermé derrière une épaisse armure, les gardes tempêtes royaux se placèrent de part et d’autres de la rampe descendante. Derrière eux, quelques Nelvaaniens en longue robe timidement cachés sous leur capuche. Une femme aux cheveux rouges, le ventre rond et le regard tuméfié.

La rampe toucha le sol et elle sortit, les cheveux blancs attachés dans sa nuque. Un juste au corps isolant bleuâtre, couvrant seulement le bras organique et laissant le gauche à l’air libre. Des gants serrés protégeant ses doigts royaux et un brassard de communication sur le bras droit. En bas, un legging blanc tout autant isolant terminant sur des rangers. Helera n’adressa qu’un bref regard à l’assemblée qui l’attendait, le regard dur et la mine sévère. Elle seule fut capable d’apercevoir ce qui arriva ensuite. D’abord un sensitif marchant avec des béquilles, n’ayant pas plus de vingt cinqs ans, le jeune avait été mutilé sévèrement et portait sur les parties visibles de son corps les stigmates de mauvais traitements. Derrière lui, un deuxième sensitif tout autant marqué par les blessures et par la privation de nourriture. Les fossettes creusées, les membres semblables à des bâtons cassant. La reine ne se fit pas prier pour ordonner :

« Des couvertures, consignez les à l’infirmerie. »

Au loin, elle croisa le regard de sa belle-sœur et ne lui offrit rien qu’elle puisse interpréter. Helera se refusa à tout commentaire, fussent-ils informels. D’autres soldats suivirent alors rapidement de la navette et encadrèrent les deux rescapés, les aidants à marcher, les portants dans le cas du jeune. Enfin, cette procession se termina par un dernier corps porté par un brancard en lévitation artificielle. Le corps était recouvert d’un linceul blanc et l’on constatait que la taille n’était pas celle d’un être humain ordinaire. Non, c’était un être diminués, mort pour sa cause. Quand il passa devant elle, Helera baissa la tête mais ne dit mot. Alors la rampe se referma et elle conclut, sans avoir bougé.

« Allez avec eux, laissez-moi seule. »

Les gardes tempêtes se relevèrent et escortèrent les blessés et soldats à travers les boyaux de la montagne, laissant Helera seule avec sa pensée. Mais il en resta un qui se détacha de la masse. Le vieux Nelvaanien armé de sa canne s’approcha en silence et se tint face à elle. Il posa sa main sur son épaule et elle se laissa tomber, le front contre son torse.

« Ils sont tous morts, Grand Chaman. Tous été torturés et exécutés et je n’ai rien pu faire. »

« Aussi sage que tu sois, Krinar, tu n’aurais rien pu faire. Pas même la Grande Mère ne l’a pu. »

Il entoura les épaules de la reine de son bras et elle l’imita. Les paroles du Chaman sonnaient creux en elle et il ne restait que la douce amertume de la vengeance comme baume au corps. Cette attaque fut celle de trop et elle ne comptait pas rester sans rien faire.

« Dans quelques jours seront organisés les funérailles de mon père, ainsi que la cérémonie de commémoration pour les disparus de la flotte. J’aimerai que l’empereur soit là. Je dois lui envoyer un message en personne. »

A cet empereur, elle avait annoncé la fin des opérations quand la station fut sécurisée. Elle avait attendu que ses troupes ne se présentent et avait transféré tous les prisonniers de bons cœurs. Des soldats fuyards, elle n’avait pas demandé de compte. Des officiers restants, ils étaient désormais aux mains des renseignements impériaux. Helera savait ce qui leur était réservé, mais il avait existé en ce moment une telle colère en elle qu’elle aurait souhaité les faire souffrir milles fois ce qu’ils étaient probablement en train d’endurer. Alors mieux valait rencontrer l’empire que son courroux, s’était-elle dit. Mais là encore, il ne fut pas étanché. Tout devrait se régler avec Astellan à ses côtés. Prendre une tournure ou une autre, mais trouver la conclusion que cette histoire méritait.
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By Harlon Astellan
#36319
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La lecture allait se terminer. « ... ET IL EST INDIQUE QUE LE PROCES DE DUGALLES SERA L'EVENEMENT LE PLUS MEDIATISE DE L'ANNEE. » Les répercussions des actes de Dugalles étaient parfaites. L'Empire n'avait même pas eu à bouger sur Anaxes pour que la situation s'enlise, empire, et ne pointe sur un débouché qui, du côté d'Omas, se traduisait en scénario catastrophe. Même pour les actes de Werner, Harlon avait du se fendre d'un communiqué pétri d'ironie. Pour Dugalles, il avait suffit d'attendre. Le public républicain avait fini par avoir vent des actes de l'ancien gouverneur. Et il paraissait plus choqué que ce que les Moff avait feint de ressentir pour les Nelvaaniens. Autant le sort des homme-loups passait au-dessus des têtes d'un certain nombre. Autant l'affront ne devait pas rester impuni.

La patience d'Harlon avait une source inconnue. Mais les observateurs commençaient de s'agacer de cette passivité, qu'ils prenaient, à tort, pour du laxisme flagrant. Les Moffs étaient, pour la plupart, des gens compétents. Mais comme Helera elle-même avait pu voir avec l'échantillon auquel elle proposait jadis des plans au long terme sur des échanges territoriaux, les mécaniques de l'enrichissement passaient pour eux par le pillage plutôt que par la semence de graines à croissance lente mais sûre. Et là était la force véritable de l'Empereur, comme celle de ses prédécesseurs : il ne tirait ses plans que sur un investissement maximal. Et les meilleurs résultats s'obtenaient en concordance avec les brandies : avec une mise en fût séculaire.

Les fruits de sa passivité tomberaient bientôt. En fait, ils commençaient déjà : la crédibilité de la Nouvelle République était sérieusement attaquée. Devant des actes commis aussi impunément, les peuples feraient vite le parallèle avec des méthodes d'un précédent gouvernement qui trônait à Coruscant... Et la nationalité du gouverneur sanguinaire n'arrangeait rien. Un natif du Noyau. Les tensions sociales entre gens du Noyau et de la Bordure se ravivaient petit à petit. Nelvaan, planète primitive reculée, tournée volontairement vers l'Empire, contre Anaxes, la planète conquérante qui ne respectait rien par la main de son ancien dirigeant... Même avec un tel procès, Omas allait se retrouver face à un choix décisif : demander à l'Empire de négocier, ou prendre le risque de voir les autres régions de la Bordure se tourner vers qui les respectait assez...

Mais il fallait donner du temps aux braises de raviver les feux. Faire jouer son tison de temps à autre, mais rester en attente de la saison sèche. « Bon. Retire-toi maintenant. » Le droïde s'apprêta à en faire ainsi. Avant qu'une commande ne lui vienne, et ne le pousse à rester. « LA MONARQUE DE NELVAAN ENVOIE UNE CONVOCATION... AUX FUNERAILLES DE SON PERE. » Songer, un instant... il n'avait pas envie de faire le voyage jusque là-bas. Il venait de se marier, et avait envie de passer un peu de temps avec sa compagne. Envoyer... Harlon ? Non, elle verrait la différence dans la Force. Ou son Orek. Il devait bien tendre la main. Partir avec Elysia ? Elle mettrait des semaines à lui donner une réponse. Il irait seul, en la prévenant à la dernière minute. Comme elle devrait s'y accoutumer. « Fais préparer mon vaisseau. Départ dans une heure. » Il retourna vers la vitre, mais pour y trouver une inspiration cette fois. Il décrocha son comlink. « Kanos, prép... » ... il le remit au ceinturon. Il allait devoir se débrouiller. Il tourna les talons et se dirigea vers sa navette. Il portait toujours son armure. Son sabre, son beskad. Ses affaires ne demandaient rien de plus. Juste un change déjà présent dans sa navette. Départ dans une heure ? Non. « Ordre au personnel. Départ de la Flotte dans une heure. Ma navette doit être prête à mon arrivée. » Il connaissait son pas, il connaissait son palais, il connaissait son hangar. Il couvrirait la distance en trois minutes.

Tout avait intérêt à être prêt...




Sa navette fut prête in-extremis. Le rythme infernal des équipiers avait eu raison de la colère de l'Empereur de ces derniers temps. Depuis son retour après un court voyage au Sud... Il était apparut plusieurs fois... mais... différent. Inhumain. Distant. Des gens étaient morts. Mais on ne sentait aucune patte cruelle. Juste... une tâche à accomplir. Des meurtres mécaniques, presque détachés du plan empirique. Plus personne ne prenait de risque maintenant. L'Empereur se faisait obéir de nouveau, sans que persone ne tente sa chance en protestation.

L'Empereur était suivi de près par quatre Gardes, comme à chaque fois qu'il sortait de ses quartiers. Les Gardes, sans un bruissement de tissu, le filaient discrètement mais avec fidélité. Il en oubliait leur présence assez souvent, et s'étonnait encore de les voir en colonnes dès qu'il tournait la tête. « On part. » Le temps de rejoindre la flotte. Il devinait la panique à bord. Les soldats haussant les épaules, les troupes de choc en train de s'exercer, de monter la garde, ou de se reposer à tour de rôle, les officiers en pleine tempête administrative, les agents en pleins calculs savants des routes hyperspatiales qui froisseraient le moins de territoires neutres possibles. « Connexion avec l'Impératrice. » La pauvre. Les pauvres. Sa femme, effacée, comme on pouvait s'attendre d'une culture qui laissait les femmes sur le côté. Silence, femme, et sois belle pour ton Empereur de mari. Mais pas ici... Vice-Amirale, Major, Conseillère Impériale... Un respect forcé pour les éléments les plus dissidents et... "traditionalistes" de l'Empire, mais ils devraient s'y plier, tant qu'un Astellan serait en vie.

« Ma chérie... Ma chère épouse... Je suis navré de n'avoir pas pu te trouver avant mon départ en urgence... Je dois assister aux funérailles du père d'un de mes Moff dans la Bordure Extérieure. Mon voyage risque d'être long... Tu vas me manquer. Je te contacterai tous les jours. Prends soin de toi... et ne déclenche aucune guerre en mon absence ! » Il termina son message. « Message transmis... ... ... Retour de l'accusé de réception. » Bon. Maintenant, une dernière chose. « Harlon. » Oui. « Mets-toi en place. Ne sors que lors d'évènements publics. Protège Elysia, coûte que coûte. C'est d'accord ? - * Et ce, même si le choix m'était laissé. * » Massad avait fait un beau travail. Il avait doté son double d'un cynisme qu'il ne connaissait chez personne d'autre.

Maintenant... Direction Nelvaan.
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By Helera Kor'rial
#36341
Ambiance


La reine ajusta ses collants puis les recouvrit d’une robe longue cintrée à la taille, recouvrant l’intégralité de son corps. Elle tomba sur le sol sans un bruit, sans un souffle. Noir comme la suie, noir comme le charbon, noir comme ses regrets. Ses bras cherchèrent le trou des manches et son regard remonta sur son reflet, jusqu’à croiser ses propres orbites. Pendant un instant, le temps se figea et le bleu de ses yeux fut tout ce qu’elle crut apercevoir. La reine garda la pause, sans un mouvement du visage, un clignement d’œil, un mouvement de sourcils ou une esquisse de ses lèvres. Mais sa main organique, elle, était serrée en un poing dont les tendons ressortaient à vif et créaient les spasmes dont elle était agitée. Le regard fut lâché alors et sa tête trouva les pierres du sol un meilleur réconfort. Sa robe ne souffrit pas d’une si longue attente et rappela sa présence à sa propriétaire, en glissant sur le rebord de sa peau. Helera termina alors son œuvre et se retourna vers l’intérieur de sa chambre. Le lit n’était pas fait, des vêtements trainaient sur le sol, une étagère avait été fendue et la cheminée était remplie de suie. Tout cela fut aussi organisé que son esprit, pris dans la panique de sa propre existence, cherchant des réponses là où il ne voulait pas.

Pourtant, elle était calme en apparence, contenue. Sur le lit, elle récupéra le cercle de métal grisâtre, paré de quelque enluminure mêlant naturel et artificiel. Elle le plaça sur sa tête, emmêlant ses cheveux pour l’y garder fixe et droite. Puis termina vers la commode composée de quelques rares outils de beautés. Sur les lèvres, elle fit ressortir la couleur d’origine par un ton naturel sans tonalité. Sur le bord de ses pommettes, un phare tout autant léger pour faire ressortir la lumière. Mais tout cela sembla ne pas faire ressortir rien du tout. Car elle trouva que son reflet n’était rien d’autres que le pâle reflet de sa vulnérabilité et de son incapacité à protéger les siens. Il n’était présent que pour lui rappeler que toutes ses tentatives pour rester dans l’ombre se soldaient par des échecs et de nouveaux morts. Pourtant cette fois, il y avait une différence à toutes les autres. Car les tambours Nelvaanien sonnaient dans sa tête et hurlait justice. La reine s’arma d’un collier très clair pour contrasté la robe et d’un bracelet à la gemme bleu pour la main gauche. Enfin, elle s’arrêta devant la cheminé et plongea la droite dans les cendres. Alors une ultime fois, elle compléta ce portrait cerné de fatigue et de remord par une couche noirâtre de cendres, dont elle entoura les yeux. Ainsi tout fut terminé, pour le pire de ce qui restait.

Sur la piste d’atterrissage, le vent ne soufflait pas, l’étoile brillait de sa radieuse lumière et les nuages avaient décidé de ne pas intervenir. Une journée contrastée qui pourtant se devait d’être passée. Car même si dans son cœur grondait de telles tempêtes qu’elles en auraient emportées toute la ville, la reine se devait de garder toute sa contenance. La fille, elle, devait rester digne pour son père et ceux tombés. Elle n’avait croisé personne dans la journée, prenant soin d’éviter tout contact. Elle cherchait la solitude, que les gardes tempêtes ne purent lui accorder qu’en témoignant de leur silence, comme à leur habitude. Sur cette piste, elle était seule avec les hommes loups imposants. Seule et sans personne, c’était sa volonté. Quand le vaisseau arriva, la neige se souleva par volute, mais elle ne bougea pas, contrairement au bas de sa robe qui virevoltait. Des soldats qui sortaient de la rampe, si tant est qu’il y en est, les gardes tempêtes leur laisseraient la place. Puis vint le moment où elle aperçut l’empereur. La reine resta fermée, le visage non pas triste, mais opaque. Tout autant qu’elle ne fit pas balader son esprit autour de l’éminence. Car elle ne pouvait tout simplement pas, par risque d’exploser.

Aussi n’oublia-t-elle pas les procédures en vigueur et salua dignement l’impérial genou à terre.

« Bonjour, votre majesté impériale. Je vous remercie d’être présent aujourd’hui. Si je vous ai fait venir, ce n’est pas seulement pour la commémoration de nos disparus, mais également pour que vous assistiez à la réponse que Nelvaan pourrait donner. Je suis personnellement intéressée par votre concours et votre appréciation du résultat. J’espère que ce programme vous convient. »
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By Harlon Astellan
#36346
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Dans un éclair qui éventra le ciel, la narration décida de passer outre les mille formalités qui accompagnaient une descente de navette vers sa destination. Se passant même de décrire, une énième fois, comment la flotte de l'Empereur passait la Galaxie pour arriver sur Nelvaan, une planète au voyage dangereux compte tenu de son investissement logistique et temporel. Harlon n'allait pas faire l'aller-retour chaque semaine. Et à la prochaine mort d'un proche, il ferait ce qu'il faisait pour les autres chefs de secteur : il enverrait un émissaire spécial porter ses condoléances. Les autres Moff commençaient à voir d'un mauvais oeil ce genre de traitement de faveur.

Mais une autre affaire portait les pas de l'Empereur. Bien différent de tout ceci. « Moff Kor'Rial. Mes condoléances. » Austérité. Il n'était qu'austérité et colère. Il passa sur l'apparence de la Moff. Elle était incomplète, avait bâclé son ensemble, et ne jouait que l'obligation de représentation. Une poupée de chiffon mal habillée, avec des yeux tracés à la suie par un cure-dent cassé. Il ne fit aucun commentaire sur cet appareil. Le mensonge transpirerait l'ironie cuisante, et la vérité ne serait pas plus agréable à entendre. Et quand bien même s'en moquerait-elle avec certitude... ce n'était pas le moment. « Nous discuterons de l'administration plus tard. » Etait-elle retournée par cette... fin ? Perdre sa famille, oui... mais la tristesse venait avant tout de la somme des sentiments qu'on prêtait aux défunts. Le grotesque de la mort du père d'Harlon l'avait affecté, un temps seulement. La perte en elle-même le laissait aussi glacé que ses victimes. Helera Kor'Rial aimait-elle son père ? « Il était un sensitif de Kuat. » La curiosité le piquait. Avec, bien sûr, une arrière-pensée politique derrière chaque question. « Sous quel rite serait-il traité ? »

L'Empire laissait les rites locaux s'appliquer. La mort ne l'intéressait pas, tant qu'il exploitait la vie qui la précédait. Mais aux apatrides, aux délocalisés, et aux indécis, un rite funéraire "ordinaire" était assuré, et ce gratuitement : une crémation à l'air libre, durant une cérémonie à la cantonade, prêchée par un représentant de l'Etat, généralement un Préfet, qui accordait un sermon et donnait les noms des disparus, par groupes de vingt.

« Conduisez-moi. »




Son ensemble était habituel. Il ne se sentait plus de changer de ligne vestimentaire. Il n'était pas une gravure de mode. Il aurait pu, mais il était Empereur. Il ne donnait pas le "la" des fripes impériales, il revêtait le poids d'atours qui lui seyait le mieux, son armure, sa cape, ses pantalons, sa jupette de lattes, sa chemise. Mais sa variation du jour était la domination du noir. Et, plutôt qu'une cape pourpre frappée du cimier impérial, un simple drap noir. Il marquait la couleur du deuil, et trouva là une belle occasion de saluer les gens présents à la cérémonie, sans s'attarder avec eux. Ils échangèrent des politesses, aux autres proches du défunt, il adressa des condoléances renouvelées, et il continua de suivre le processus.

Jusqu'à la cérémonie en elle-même.




Il y avait fait ce qu'il lui avait été demandé de faire. Jusqu'à ce qu'il puisse glisser à Helera : « Voulez-vous que nous parlions... en privé ? »
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By Helera Kor'rial
#36355
Ambiance


Et la tempête de glace rencontra la tempête de feu. L’empereur n’avait sans doute pas l’envie d’être présent à cette cérémonie. Pas plus qu’Helera n’avait souhaité le voir participer à ses affaires familiales. Mais il était des sujets qui requéraient bien la souffrance de l’un et l’autre. Aussi la reine resta tout autant de marbre et dans un mouvement de main ample l’invita à la suivre. Il fit quelques remarques sur sa natalité, n’y voyant là rien d’intéressant à répondre. Ce n’est quand la fin d’une de ses phrases grimpa dans les aigues qu’elle prit la parole.

« Comme ceux avec lesquels il a vécu. Une crémation simple. »

Rite Nelvanien, rite Jedi, ceux potentiellement inculqué de ces derniers aux premiers. Quoi qu’il en soit, le corps n’avait plus lieux d’être et la neige recouvrait la terre sur une bonne partie. Impossible de tenir ici des cimetières et les tombes sitôt posées en terre seraient gelés. La mort n’était pas négative dans la culture des Nelvaaniens, mais marquait le début d’un nouveau voyage. C’était l’entrée dans les plaines enneigés de l’au-delà, pour participer à la chasse sans fin aux côtés de tous les ancêtres tombés avant. Et ce, sous le regard avisé de la grand-mère, assise sur son trône de glace, le regard bienveillant. Pour son père, ce fut simplement des mots qu’elle ne pouvait prononcer devant un empereur.

Aussi le conduisit-elle sans cérémonie sur l’a-pic, le rocher des rites, surplombant le village. Le chef de Tinkyla était présent, le Grand Chaman, Booros, également. Les deux trônaient de part et d’autre du grand bucher, remplacé par un lit de bois, sur lequel reposait son père recouvert d’un drap. Le corps fut tout simplement en trop piteux état pour le laisser au simple regard. L’empereur ne fut pas traiter autrement que comme l’invité qu’il était. Personne ne lui fit de courbettes à s’en casser le dos, ni ne cherchèrent à attirer son attention. On était sur Nelvaan, la planète où l’homme le plus puissant de la galaxie en était réduit à l’état de simple mortel. On ne manqua pas de le saluer cependant et d’honorer sa présence par de gentilles salutations. Non pas cordiales, mais bien au-delà. Encore une fois, sa simple présence signifiait beaucoup et fut considérée comme l’ami de la famille, à bien des égards. Même si la réalité en était tout autre. C’est parmi eux que l’empereur fut invité à se placer, aux côtés de Loran, un bras en moins et sa conjointe au ventre très rond. Avec quelques familles de la flotte dont les corps n’avaient pas été retrouvés.

En bas, le village s’était tue et toutes activités avaient cessés. Quelques lueurs dansantes scintillaient parmi les huttes et les maisonnettes. Tous témoins de la cérémonie, pleurant à travers la personne du Jedi, tous les disparus. La reine s’avança alors, les mains jointes.

« La Flotte Trenor a été mise en place au terme de la saison sèche, après que nous soient parvenus les cris de désespoir d’un peuple en danger. Tous étaient des volontaires, armés par cette seule conviction qu’aider son prochain était le premier pas vers une unicité. Ils étaient persuadés que propager le bien serait la porte ouverte vers de plus belles choses encore. »

La voix de la reine résonnait à la fois dans les alentours, mais également à des fréquences que seul l’esprit peut capter, propageant alors son discours sans artefact électronique.

« La Grande Mère nous a tous donné ce don d’empathie. Nous sommes tous empreint de cette capacité à chercher l’équilibre pour l’intérêt commun. Et la flotte Trenor en est l’exemple le plus parfait. Ils nous manqueront à tous. Nos sœurs, nos frères, nos mères … et nos pères … »

Elle fit une pause et baissa la tête.

« Mais que votre cœur jamais ne fasse résonner les tambours de la chasse pour de mauvaises raisons. Car ce serait bafouer les valeurs de ceux qui nous ont quitté. Trahir nos esprits et les leurs. Ceux qui aujourd’hui se sont envolés à son côte et qui nous regardent. Ne les décevons pas par nos choix. Ne les décevons pas … »

La reine leva alors la main au ciel et des éclairs zébrèrent le firmament d’arbres électriques, grondant et vociférant à travers les nuages. Alors les nuages absents firent leur apparition. D’abord blanchâtres et légers, ils se transformèrent en cavaliers divins qui tournoyèrent en attendant la venue des prochains. En leur centre se tenait le tas de bois et le cadavre immobile. Le chaman leva sa canne haute dans le ciel et la frappa dans la neige. Une fois, deux fois, en rythme lent et soutenu. Le chef de clan brandit sa lance et fit de même. S’en suivit les guerriers, les chamans, les artisans et les anciens gris. Enfin, les tambours entonnèrent une tirade funéraire, marche des défunts, à la fois entraînante et solennelle. Le cœur de la reine tambourinait dans sa poitrine sous le vacarme assourdissant. Elle découvrit dans son dos une sorte de bâton cylindrique et parfaitement ouvragé. D’un côté, une lame blanchâtre fut dégainée, irradiant le ciel de sa présence. Sitôt après, les sabres lasers des gris firent leur apparition dans la ville en contre bas, là où les Nelvaaniens avaient leur lance. Loran également termina par dégainer fébrilement sa lame orangeâtes, soutenue par sa femme, dont la lame était jaune.

« Nous n’oublierons pas ceux qui sont tombés et pourquoi ils l’ont fait. Yvelia Trenor, Ralkam Mak, Leonide Sohu, Karm Kor’rial … »

La longue liste continua sur une centaine de nom et quand tout fut terminé, elle se retourna enfin vers le buché. Alors en guide de dernier adieu, elle déposa un baiser sur le front recouvert de son père en lui glissant quelques mots :

« Tu peux rejoindre maman désormais. Je t’aime papa … »

Et elle plongea la lame dans la base du buché qui s’embrasa. Il y eut alors un silence de mort d’un coup. Plus rien ne bougea, pas un bruissement. Si ce n’est le vent qui en spiral faisait monter les poussières et les cendres. Etonnamment pas d’odeur de chaire en putréfaction, pas de crépitement d’une viande sur le grill. A la place de cela, le lin accueilli les flammes comme un manteau et lentement, le corps en dessous s’évapora. Helera étira un fin sourire et leva la tête au ciel, expirant lentement.




La cérémonie terminée, elle rejoint l’empereur sans un mot. Les familles des Nelvaaniens étaient autorisées à s’y recueillir, tandis que les hurlements des loups en contre bas commençaient à s’élever dans le ciel. En guise de dernier adieu, pour leurs aïeux tombés. Aussi prit-elle l’empereur à l’écart, sans montrer quoi que ce soit qui puisse lui être reproché plus tard.

« Nous n’avons que peu de temps, car déjà se prépare l’ultime réunion qui décidera de l’avenir de Nelvaan. Nombreux chefs de clan ont répondu à l’appel et cherchent justice. Certains ont perdu des membres de leur famille et même si la vengeance est prohibée, ils gardent en leurs cœurs les braises de la douleur… Les autres trouvent inacceptables ce qui leur a été fait et croient revivre la guerre noire. »

Elle croisa les mains dans le dos, gardant toujours une allure droite et noble.

« Lors de cette réunion, nous écouterons les dires des deux derniers survivants. Et nous devrons ensuite trancher sur ce qu’il convient de faire. Quelle qu’en soit l’issue, une guerre totale n’est pas envisageable pour nous, si tant est que la république soit en cause. Ni même souhaitable. En revanche, je me fais la porte étendard de la pensée commune. Nous trouverons les responsables, coûte que coûte. »

Le regard bleuté irradiait de veinules grisâtres, marque de sa détermination la plus forte.
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By Harlon Astellan
#36374
Dans un monde de courbettes à s'en casser le dos, et en petites mouches voletant pour attirer son attention, l'Empereur se rendait compte d'un contexte : il était à une place de deuil. Et personne n'avait la tête aux cérémonies. Lui non plus d'ailleurs. Il n'allait pas fesser les joues de qui se sentait trop triste pour se souvenir d'un protocole ronflant qu'il avait rétabli pour le bien du décorum et de l'endoctrinement au long-terme. Il salua calmement et silencieusement les Nelvaaniens de haut-rang qui se tenaient là, sa main engouffrée dans les pattes massives des homme-loups au sourire triste et sans canine. Il adressa également ses condoléances au frère d'Helera - en toute logique, étant son frère, le père d'Helera devait aussi être le sien... logique logique - et à sa femme. Enceinte jusqu'aux yeux. Un vieux mort, un enfant vit... Le juste ordre des choses.

Harlon s'installa et écouta. Il ne dit rien. Il n'avait rien à dire. C'était un moment où L'Autre devait parler. Et à lui d'attendre. Il devait bien ça, pour une fois.




Le désir de se venger. Sans céder aux sentiments faciles qui en découlaient. Partir coudes au corps, dans une folie meurtrière, quelle sombre idée qui ne menait à rien de plus qu'à un plus grand tableau de chasse pour qui devait avoir le sourire tracé sur la glotte. Réfléchir son action, la faire mûrir, et garder la tête et le coeur froids, seul issue à un combat qui pouvait faire atterrir les vengeurs au pilori des places publiques qu'ils avaient juré de purifier par le feu. Peut-être la descendante Tega aurait-elle un avis sur la question ? « Nous en parlerons à cette réunion. » Il allait aborder le sujet. « Ma présence est aussi porteuse du gain d'un nouveau guerrier, pour combler la perte d'un des leurs pour votre... Clan. » Clan, tribu, royaume... Tant de qualificatifs, pour un lopin de terre perdu aux températures négatives pourtant si proche de Tatooine, de loin son antithèse. « A mon dernier voyage, j'avais juré de tenir parole. A mon retour, j'accomplirai le Rite de l'Orek, pour prouver ma valeur à la Terre Mère. » S'il avait bien retenu ses leçons... Il recomposait de mémoire. « Au peuple de Nelvaan de juger si mon avis à cette réunion devrait être celui d'un Empereur lointain, ou d'un Membre de la meute. » Jouer la corde tribale. Utiliser des mots qui, à défaut d'être les mots exacts de la pratique rituelle, portaient un semblant de pertinence eut égard du contexte planétaire. C'était là le don du diplomate ignare : improviser avec son oeil et son vocabulaire pour que son message paraisse assez ciblé pour devenir pertinent en localité. Sorte d'étude revisitée de l'effet Barnüm.

« Nous verrons cela plus tard si vous le préférez. » Mais pas après son départ. Tel était son "prochain voyage sur Nelvaan" et il comptait respecter sa parole. Pour une raison politique : l'Empereur tenait toujours parole. En bien... ou en mal. Pour des raisons personnelles : l'Empereur tenait à cette parole, en particulier. Et pour des raisons... théologiques. Kanos sur les traces des rites galactiques, Harlon s'approchait des rites qu'il pouvait observer de près, et en personne. Le Palais de Vador... Et le rite de l'Orek Nelvaanien. Peut-être y trouverait-il un vecteur pour s'imprégner de cette... Force. « Je vous laisse me guider. »
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By Helera Kor'rial
#36381
Helera écouta les paroles porteuses de nouveauté. L’empereur demandait à prendre part à la grande chasse. Il demandait à devenir un membre de la tribu à part entière et donc pouvoir prétendre à tous les privilèges que cela entraînait. Mais était-ce vraiment nécessaire ? Et quels étaient lesdits privilèges ? Celui de pouvoir chasser avec les clans ? Celui de pouvoir assister aux rites d’adoubement et de l’âge adulte ? Non, l’empereur n’en avait rien à faire cela, bien avant de lui demander, Helera savait que sa méconnaissance des rites entraînait la demande. Soit, louable, mais trop peu inspirée pour autant.

« Vous êtes bien évidemment le bienvenu à pratiquer les rites. Mais il est de mon devoir de conseillère de vous avertir du danger qu’ils représentent pour vous. De vous dépend l’empire, là où nous ne sommes liés qu’à Nelvaan et que notre disparition n’aurait que peu d’impact. Maintenant que j’ai fait mon devoir, nous aurons tout le loisir de discuter de ces rites. »

La reine n’était pas que cela, et son statut de conseillère de Force pas encore révoqué malgré son décès annoncé, était toujours actif. Aussi savait-elle faire la part des choses entre Nelvaan et l’empire, le mysticisme et l’ordre. La religion et l’agnosticisme.

« Votre avis comptera tout autant que n’importe quelle autre personne assis avec nous. Il n’y a pas de faux semblant sur Nelvaan, pas de messes basses, pas de déshonneur. Aussi soyez certain que vous êtes notre égal. Mieux encore, vous êtes celui qui connait les rouages de la politique. Votre voix sera écoutée avec beaucoup d’attention. »

Helera étira un fin sourire et d’un mouvement du plat de la main, l’invita à passer le premier en direction du château. Désormais que l’esprit des morts était en paix, ils devraient choisir la manière dont ils allaient leur rendre justice.




« Nous n’avons jamais vu d’écussons ou de signe depuis l’attaque du vaisseau républicain. Ils ont délibérément tué des soldats républicains voulant nous prêter main forte. Ensuite de cela, ils nous ont gazés. C’est à ce moment-là que j’ai perdu la trace des membres de la flotte. J’étais tout seul, perfusé dans le dos, tenu en l’air. Ils ont essayé de connaître l’emplacement de Nelvaan, connaître des informations précises dessus. Mon père a servi de monnaie d’échange, mais jamais nous n’avons trahi notre honneur. »

Le frère au bras amputé, amaigri et au teint blafard cherchait à garder une apparence digne. Chose qu’il n’arrivait pas du tout à assumer. Son allure était trop pitoyable, malgré des vêtements propres, pour que l’on ne sente pas une once de compassion à son égard. Si tant est que l’on soit doué de ce genre de sentiment. Les chefs de clans et chamans présents étaient tous assis autour des tables composants la sale qui avait servi de buffet. La reine était directement en face de la victime, la tête cachée dans les mains. A sa droite, l’empereur.

« Nos gens n’ont pas été rançonnés, ni n’ont eu de chance de s’en sortir. Ils les ont juste torturé, tué et démembré. Jorass et moi aurions probablement subit le même sort, si jamais vous n’étiez pas intervenu. »

Jorass étant le gamin de deux décennies, assis derrière lui, une jambe en moins, caché sous une mine tout autant misérable.

« J’ignore le sens de tout cela et comment l’on peut faire preuve d’autant de cruauté. Nous n’avions pas d’armes, nous n’avons pas répliqué. Je ne sais pas si la république est derrière tout cela, mais ces pourris sont encore en liberté. Et qui sait à combien d’autres peuples ils feront subir ce que nous avons subi ? »

La reine releva la tête et fixa l’assemblée du regard. Elle attendait les remarques avant de poursuivre.

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