L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Figurant parmi les mondes les plus connus de toute la galaxie, Corellia est pour beaucoup synonyme de technologie et de voyage spatial. Pour d'autres cette planète est le symbole des fauteurs de trouble et de tout ce que l'univers compte de hors-la-loi.
#34051
    Matarmeno repensait à la réponse de Leonra, elle n’avait pas été spécialement troublante ou bien pas dans les termes que l’on se représentait habituellement. En fin de compte cela semblait équitable, même. Elle ne pourrait affronter certaines personnes de son passé, c’était au-dessus de ses forces. Compréhensible. Quand Maître Kenobi avait dû affronter Darth Vader sur l’Etoile de la Mort, cela avait dû être une chose compliquée et un tas de sentiments paradoxaux avait dû l’envahir, après tout il avait été son apprenti, quelqu’un de cher avec qui l’on partage ses épreuves, ses joies et ses peines. Rien d’étonnant à ce que, parfois, certains ne se remettent jamais de la perte d’un maître ou d’un élève. Matarmeno n’avait jamais eût à connaître cette question, il ne l’avait jamais affronté et il s’en satisfaisait plutôt. Il ne réalisait pas encore qu’au train où allaient les choses, Leonra deviendrait probablement son élève et que, de fait, ce risque allait se révéler à lui. Mais l’heure n’était pas à ces pensées. Et ils continuaient à progresser dans la fraîcheur d’un début d’après-midi qui promettait de ne pas s’améliorer.

    Leonra manifestait bonté et volonté de bien faire, il le ressentait. Bien entendu, il se fiait avant tout à ses mots, c’était ainsi et il n’y avait pas d’autre choix. Il profitait de la marche pour l’écouter tandis qu’elle lui posait des questions aussi bien sur leur “mission” que sur...Corellia. Relativement surprenant, mais pas inintéressant. La jeune femme souhaitait en apprendre plus sur la planète qui allait l’accueillir, beaucoup aurait fait l’erreur de faire passer ce point au second plan, mais pas elle. Corellia… Comment décrire sa patrie à une étrangère sans paraître vaniteux ? L’on pouvait aisément classer ça comme de l’orgueil mal placé. Il avait l’air visiblement gêné quand il commença à prendre la parole :

      - Corellia est...et bien disons que c’est une planète avec un climat tempéré, déjà, comme vous pouvez le constater.

    Il se détendit, adressant un clin d’oeil à Leonra qui avançait à ses côtés, couverte par le long manteau Jedi et qui s’était visiblement débattu contre le froid avant qu’il ne lui propose.

      - Impossible de parler de Corellia sans parler des corelliens, j’en ai bien peur. Nous sommes des têtes brûlés et nous sommes farouchement attachés à notre secteur tout comme à notre indépendance. Bien sûr le secteur a rejoint la Nouvelle République volontairement, nous faisons partie des membres les plus éminents de cette dernière par bien des aspects mais… Disons que pour décrire les choses le plus simplement du monde : la République peut disparaître mais le Secteur Corellien durera. C’est ainsi que nous concevons les choses et pour beaucoup cela fait de nous de dangereux sécessionnistes. Mais ceux-là oublient que nous n’avons pas suivi Maya Tega quand elle a décidé de claquer la porte de la Nouvelle République.

    Même exilé et reclu, le Jedi avait suivi les aléas de la politique, il avait toujours pensé - et l’avait constaté de manière empirique - que la politique influait sur les Jedi et qu’il fallait toujours se tenir au courant.

      - Le secteur est composé principalement des corelliens, des séloniens et des dralls et nous faisons le nécessaire chaque jour pour que tout ce petit monde continue à s’entendre au mieux. Ce n’est plus aussi facile qu’avant, hélas. Une organisation ‘politique’ nommé la Ligue Humaine cherche à séparer les humains des non-humains. Et à faire que le conflit se déclare entre eux. J’ai bien peur que dans l’avenir cette menace doivent être confrontés par les Jedi Corelliens ce qui ne manquera pas de susciter de vives controverses sur notre rôle et nos objectifs. Et la collusion qui nous lie au gouvernement, j’imagine…

    Il soupira. Les choses allaient de mal en pis ces temps-ci et les Jedi Corelliens se retrouveraient embrigadés de force dans toute cette histoire. Et sans Hayley… Il chassa cette pensée de son esprit.

      - Actuellement le secteur est dirigé par ce que l’on nomme le diktat, c’est Jim Antilles, patron de la Corporation Technique Corellienne et soutien de l’Alliance Rebelle au côté de Garm Bel-Iblis. Le diktat dirige la planète et doit répondre de ses décisions au niveau du sénat sectoriel. La sécurité, quant à elle, est assurée par la CorSec, nous n’avons pas de police républicaine, nous exerçons nous-même notre sécurité. Habituez-vous à la CorSec, certains de leurs membres les plus éminents assurerons la sécurité du Temple et des novices. Je pense avoir fait un peu le tour, mais si vous avez d’autres questions un peu plus précise sur Corellia ou les Jedi Corelliens, n’hésitez pas à les poser.

    Venait le temps d’aborder l’endroit vers lequel ils se dirigeaient.

      - Nous nous rendons dans l’une des salles du district. J’ai reçu un message des autorités : 6 familles nous attendent afin d’intégrer leurs enfants dans notre ordre, mais elles veulent au préalables en savoir plus sur nous et sur nos motivations, l’interview d’Hayley n’ayant visiblement pas dissipé tous les doutes.

    Courte pause.

      - Et vous, dans tout ça, vous m’aiderez à donner un autre point de vue sur ce que nous faisons et ce que nous sommes. Vous pourrez aussi vous placer de leur côté pour tenter de les rassurer. Ou pas, même. Bien entendu que tous ces petits sont des espoirs pour la renaissance de notre Ordre, mais je ne vous forcerais pas à dire quelque chose que vous ne penseriez pas. L’Ordre et ses dogmes ont leur importance, mais gardez une partie de votre indépendance d’esprit afin de pouvoir proposer d’autres choses, une autre vision. Mais évitez le Côté Obscur !

    Et il éclata de rire, un rire franc qui n’avait pas pour intention de se moquer. Leur destination se rapprochait mais il restait du temps à Leonra pour des questions ou d’autres remarques et il espérait qu’elle en profiterait.
#34298
En se rendant sur Corellia, Leonra avait eu peur. Ce n'était pas dans son tempérament, et pourtant c'était exacement ce qui c'était passé. Elle avait eu peur de reprendre contact avec la civilisation, avec les gens, avec les tempéraments, les odeurs, les sensations. Elle s'était tellement recluse, au fil des années, elle avait tellement perdu le lien avec les Hommes, qu'elle avait d'abord été apeurée par cette idée. Et pourtant, elle avait pris son courage à deux mains, et voilà qu'elle était ici. Et que, contrairement à tout ce qu'elle aurait pu imaginer, elle se sentait bien, très bien, au côtés de cet homme là qui lui inspirait autant de respect qu'avait pu lui en inspirait Darth Naego.

Il lui parlait de Corellia, et des corelliens, comme elle le lui avait demandé. Et elle devait avouer qu'elle n'était pas déçue. Elle avait entendu parler, comme une rumeur qui se propageait à travers la Galaxie, de la fierté des corelliens lorsqu'on parlait de leur planète, de leur peuple. Et elle ressentait bien tout ce chauvinisme à peine dissimulé dans les paroles du Jedi. Même si, de par sa fonction, il s'appliquait à garder une certaine mesure. Cependant, elle trouvait très interessant leur sens de la dévotion à leur secteur, malgré quelques dissonances dont il lui faisait part.

Leonra n'avait jamais vraiment été interessée ou happée par le jeu de la politique et des stratégies. Ainsi, bien qu'elle écoutait très attentivement son interlocuteur, elle savait pertinemment qu'elle ne retiendrait pas grand chose de cette partie là. C'était intéressant, elle ne le démentait pas, bien au contraire, mais ça s'arrêtait là. Elle n'avait pas de question supplémentaire, et donc le laissa continuer.

Là, les choses devenaient plus... Intriguantes ? Excitantes ? Leonra ne savait pas vraiment définir l'émotion qui caractérisait le moment. Ils allaient rencontrer des familles qui souhaitaient offrir leurs enfants à l'Ordre, mais qui avaient encore quelques doutes concernant cette grande décision. C'était donc à eux de les aiguiller, et de les rassurer dans leur choix.


- J'espère pouvoir vous épauler dans cette tâche, je ne sais pas si je saurais vous appuyer évidemment, n'étant pas encore très familière de l'Ordre, mais je ferais de mon mieux, pour que ces parents aient autant envie que moi de vous rejoindre. Et je vous le promet, je ne parlerai pas de mon ancienne vie !

Elle rit à son tour, délicate, un éclat qui semblait presque aussi fragile que du cristal. Pour la première fois depuis longtemps, elle riait vraiment, sans se forcer, sans artifice, juste elle, vulnérable et souriante. Un véritable miracle après ces années d'obscurité, une lueur de clarté dans ses yeux.

Ils marchaient toujours, vers leur destination, et elle observait la population dans la rue. C'est vrai qu'elle était touché par la diversité qui s'en dégageait, et elle souriait.


- A partir de quel âge recrutez vous ? Et jusqu'à quel âge ? Lorsque mon ancienne maîtresse m'a... Recrutée ? Initiée ? J'avais une dizaine d'année, et elle avait sous-entendu que j'étais déjà âgée à cette époque. Est ce qu'il y a une limite à ne pas dépasser ? Est ce qu'il y a un moment où les enfants ne sont plus assez réceptifs ? Influençables ? Sans vouloir vous vexer, j'imagine que pour être parfaitement éduqués, il faut que les esprits soient malléables. En quoi consiste votre enseignement ? Y'a-t-il des stades, des étapes, des... Graduations qui jalonnent la vie des enfants ? Les familles vous les confie, mais ont-ils un droit de visite, ou un contact conservé avec leurs petits ?
#34773
    Ses espérances étaient comblées, Matarmeno en était satisfait, un esprit qui avait toujours des questions était un esprit qui avait toujours l’envie de grandir. C’est lorsque l’on ne se posait plus de questions que venait la fin et le long déclin. Leonra était un de ces jeunes esprits avides de savoir et de découverte, dû certainement à son caractère mais également à son passé que l’on aurait pu qualifier de trouble. Sa volonté de changer opérait certainement une volonté d’apprendre depuis un autre point de vue, ce qui était aussi louable que salutaire pour elle, c’est du moins l’avis qu’en avait Matarmeno. Autour d’eux les badauds continuaient d’aller bon train, rien d’étonnant par une si belle journée. Leonra fit la promesse de faire de son mieux pour épauler le Jedi, ce qui déclencha un sourire bienveillant chez le barbu :

      - Je ne me fais vraiment pas de soucis, vous semblez avoir un bon fond, une bonne personnalité, si je ne me trompe pas vous ferez une Jedi intéressante et pleine de qualités, tout à fait à même d’apporter quelque chose à l’Ordre Vert.

    Un peu d’optimisme n’était pas pour déplaire au Jedi, surtout après la sale période qu’il avait derrière lui. Il avait envie de croire en cette femme-enfant, en l’espoir qu’elle revêtait et la bonne volonté dont elle faisait preuve. D’autres questions le tirait de ses pensées, des questions qui induisaient visiblement une certaine gêne chez l’homme, ce n’était pas toujours facile d’aborder ce point de détails dans les us et coutumes Jedi.

      - Par le passé, les Jedi prenaient les enfants le plus tôt possible, une tâche ardue car il fallait arracher les enfants à l’amour de leurs parents dans la plupart des cas, il fallait faire preuve de convictions et révéler combien le potentiel d’un enfant pourrait se révéler crucial pour la galaxie. Mais nous n’avons jamais forcé qui que ce soit à nous céder leurs enfants, beaucoup ont mis en avant ce genre de pratiques nous concernant, tout est faux.

    Sa mine s’assombrit à la mention de ces calomnies. Trop souvent il les avait entendu, trop souvent elles lui avait fendu le coeur. Il poursuivit néanmoins, il lui semblait inconcevable de ne pas satisfaire sa curiosité :

      - Sous l’Ancienne République, passé la dizaine d’années il était inenvisageable pour les Jedi de former un jeune sensitif. L’esprit était trop vieux, trop enchaîné à des tas de mécaniques complexes, trop prompt à l’émotion, surtout. Un danger pour un Ordre qui cherchait à préserver un maximum l’esprit de ses membres du chaos que provoque l’émotion. Pour autant je n’aurais pas pensé que les...Sith procédaient à ce genre de sélections, cela ne me paraît pas cohérent avec l’image que j’en avais.

    Et cette information, plus que toute autre jusque là, parut le troubler. Certainement parce qu’elle remettait en question ses convictions profondes et qu’elle mettait sur un même plan deux factions opposés de longues dates. Les Sith ressemblaient-ils tellement aux Jedi ? Etait-ce cette ressemblance qui entraînait le conflit ? Ne disait-on pas que les défauts que l’on trouvait chez une personne n’était que le reflet de ceux qu’on ne pouvait pas supporter chez soi ? Voilà qui remettait pas mal de choses en perspectives. Il préféra mettre de côté ces sombres pensées pour répondre à Leonra, il n’était pas temps de philosopher sur le rôle des Sith et des Jedi alors qu’elle cherchait à apprendre et à devenir l’une des leurs.

      - Par le passé les Novices étaient séparés en plusieurs clans qui les regroupaient selon une vertu cardinale. Il y avait cinq ou six clans et ils fonctionnaient comme des familles qui…

    Il se tut soudainement, pour finalement reprendre sur un ton où sérieux et autodérision s’entrelaçait :

      - Vous m’interrogez sur le présent et je vous parle de notre passé. C’est terriblement affligeant. Je suis navré, j’ai un caractère des plus nostalgique, déjà jeune j’avais la conduite d’une personne âgée à ce propos.

    Pâle sourire.

      - Les Novices vivront ensemble, dans le Temple, une fois qu’il sera terminé. Nous ne sommes pas assez nombreux pour recréer ce système de clans, aussi tous suivront un enseignement commun. Ils auront également le droit de maintenir des liens avec leurs familles. Etonnant, n’est-ce pas ? C’est un peu encourager l’émotion, quelque part. Mais nous ne voyons pas les choses ainsi, un Jedi Corellien doit savoir pourquoi il lutte chaque jours. La paix et la justice sont de vains concepts si on ne peut pas y attacher des personnes. C’est ce que moi et Hayley pensions, en tout cas. Nous arrivons.

    Et d’un index tendu il indiquait la façade d’un bâtiment plutôt ancien, une horloge sur son fronton et des murs très ouvragés. Ils arrivèrent à l’intérieur, très vite receptionné par une brune dans la trentaine qui affichait un air avenant, leur indiquant que toutes les familles étaient bel et bien là, n’attendant plus que leur intervention. Elle lança tout de même un regard qui oscillait entre méfiance et curiosité face à la présence de Leonra qui ne semblait pas prévue dans son programme, mais les conduisit tout de même jusqu’à la salle où se trouvait les différentes familles.

    Le spectacle de toutes ces personnes rassemblés devant eux dans l’attente de savoir s’ils pourraient accorder leur propre sang à ce nouvel Ordre Corellien était intimidant, même pour le Jedi. Une rapide analyse de la situation lui fit réaliser que tous ces gens savaient déjà ce que réservait l’Ordre Corellien à leurs bambins, il était possible qu’intervenir à nouveau ne serait qu’un rabâchage des plus ineptes. Matarmeno lança un regard à Leonra et eût une autre idée :

      - Chers Corelliens, vous êtes venus ici pour juger de l’intérêt de nous confier vos enfants, à l’Ordre Corellien naissant que je représente et dont vous avez entendu parler plus que de raison. Je ne vous ferais pas l’affront de vous répéter ce qui a été de nombreuses fois dit.
      Je vous présente Leonra Criid, une jeune femme qui souhaite également nous rejoindre, c’est elle qui se chargera de vous expliquer ce qu’elle sait et ce qu’elle attend de cette Ordre, je me chargerais de la corriger ou de la compléter si nécessaire, j’ai foi en sa conviction.

    Une âme pure dans un passé trouble, tous devaient passer par là en ces temps complexes. Il lui adressa un sourire qu’il voulait encourageant, pour qu’elle se lance.
#34992
Si elle écoutait le Jedi Corellien lui parlait ? Non, c'était un peu plus que ça, elle buvait ses paroles. Leonra était comme ça. Elle avait son caractère, ses prises de position, ses attitudes. Elle pouvait s'opposer, réagir, s'offusquer, et même entrer dans des colères noires. Mais lorsqu'elle se donnait à une situation, elle s'y donnait entièrement, corps et âme. Et c'est bien pour ça qu'elle l'écoutait aussi attentivement. Et puis aussi parce que le sujet l'intéressait. Effectivement, elle n'était pas loin de la réalité. C'était bien une histoire de malléabilité des esprits les plus jeunes, de pouvoir leur inculquer des savoirs sans qu'ils n'aient encore vraiment la possibilité d'y réfléchir. Elle comprenait maintenant pourquoi Miraan avait autant hésité avant de la former. Elle avait déjà l'âge de réfléchir, de comprendre, et c'était peut être même pour cette raison là qu'elle avait fini par se détourner de la voie Sith et qu'elle était venue jusqu'à Matarmeno.

Et en même temps, elle sentait bien, dans le fond de sa voix. Elle lisait bien, dans l'intensité de ses yeux. Elle comprenait bien, dans la posture de son corps, qu'elle l'avait atteint avec cette question. Que quelque chose avait bougé au fond de lui, qu'elle avait remué quelque chose, de la même manière qu'on remue la vase du fond d'un étang avec le bout d'un bâton rencontré par hasard au détour d'une balade en forêt. Et mine de rien, un sourire léger apparut au coin des ses lèvres délicates. Oui, elle était fière d'elle pour le coup.

Mais il se remit en selle assez rapidement, retrouvant du poil de la bête pour lui expliquer comment les choses se passaient pour les Novices au sein de l'ordre Corellien. Et pour le coup, cela lui plaisait pas mal. Pour elle qui n'avait pas eu de famille, par la force des choses, c'était satisfaisant, et même rassurant quelque part, de se dire que ces enfants ne seraient pas privés de leur famille. Qu'ils pourraient garder un lien avec leur famille, que c'était même important pour eux. Et elle partageait cette vision des choses. Un point de plus qui la rapprochait de lui, de la même manière qu'imperceptiblement, son corps s'était rapproché du sien en marchant, frôlant presque son bras avec son épaule.

Mais il n'était plus le temps des rapprochements, ils arrivaient. Face à eux se tenait un batiment ancien, qu'elle détailla de manière très rapide, pour essayer d'analyser l'endroit. Ils se retrouvèrent face à une sympathique hôtesse, qui n'avait pas l'air ravie de découvrir le visage de Leonra. Sans doute parce que Matarmeno ne l'avait pas prévenue de sa venue ? Ou alors parce qu'elle ressentait que quelque chose n'était pas pur dans ce corps aux allures d'adulte pas encore sortie de l'adolescence ?

Un instant plus tard, ils faisaient face à des familles. A de nombreuses familles, accompagnées ou non de leurs enfants. Venues écouter et boire, comme elle juste avant, les paroles du Jedi Corellien. Et... Elle les comprenait. Vraiment. Elle aussi, se sentait prête à boire à nouveau son flot, à s'emplir de ses mots. Et pourtant, rien ne se passa comme elle l'avait prévu. Il prit la parole. Et leur dit qu'il ne leur ferait pas de discours.

Qu'elle allait parler.

Leonra tourna rapidement les yeux vers lui, grands comme des soucoupes, comme prise dans les phares d'un speeder. Elle pensait prendre une leçon, apprendre à s'adresser aux gens, savoir comment les convaincre, les faire réfléchir. Mais non, voilà qu'elle était jetée dans l'arène, sans préparation, une cascade sans filet et sans doublure, risquant de s'écraser au moindre battement d'aile de travers.


- Je...

Elle s'avança d'un pas, balayant les personnes présentes du regard. Tout cela l'intimidait, elle avait le plus souvent vécu en ermite avec Miraan, ne se mêlant aux autres que pour rejoindre les autres Seigneurs Sith et leurs apprentis. Jamais elle n'avait été devant une assemblée qui attendait qu'elle s'exprime.

Ils attendaient qu'elle s'exprime !

Avec ça, elle s'était perdue dans ses pensées, et soudain elle réalisait que les regards se faisaient légèrement plus lourds sur elle, comme s'ils se demandaient quel était le mutisme donc elle était atteinte. Elle lanca un regard vers Matarmeno, pour chercher à nouveau le soutien dans ses yeux.


- L'Ordre Corellien est quelque chose de tout à fait nouveau pour moi. Corellia est d'ailleurs quelque chose de nouveau pour moi. En effet, je ne suis pas encore de votre belle planète. Mais je vais le devenir, je vais me battre pour le devenir. Et vous savez pourquoi ? Parce qu'ici, je sais que je vais trouver la Paix. La Paix de mon âme, grâce à Matarmeno, grâce à ses confrères, grâce à l'Ordre. C'est une occasion unique pour se sentir utile, pour appartenir à quelque chose de plus grand que soi. Pour devenir quelque chose, quelqu'un, pour servir. Etre rassemblés, autour d'une idée, d'un idéal, d'une force monumentale.

Par le passé, j'ai appris à être seule, solitaire. A réussir par moi même, à monter les échelons un par un par la Force et la peine. Mais ici, j'apprendrais la cohésion, l'entraide, la fraternité. Je deviendrais vous, vous deviendrez moi. Vos enfants deviendrons nous, et tous ensemble, nous honorerons Corellia.
Avatar de l’utilisateur
By Hayley Curwee
#34999
    Il y eût d’abord un long silence presque médusé où l’assistance observa l’impromptue réaliser l’ampleur de sa tâche, Matarmenno s’était réfugié dans le silence, le silence et l’observation. Sa tâche consistait à jauger la faculté d’adaptation de l’aspirante, car l’évaluation avait déjà commencé. Cela avait même commencé bien plus tôt, lors de l’échange qu’ils avaient eu, il avait pu alors déterminer à qui il avait affaire. C’est bien entendu parce qu’il avait pensé du bien d’elle qu’il avait accepté qu’il la suive et c’était même parce qu’il la pensait talentueuse qu’il se proposait de la laisser convaincre ces familles de céder la vie de leurs enfants à l’Ordre. Certes, ce n’était pas une cassure, il fallait le reconnaître. Comme il l’avait déjà expliqué, les enfants pourraient aller visiter leurs familles, de manière cadrées certes, mais c’était toujours mieux que l’Ordre Jedi du passé qui interdisait tout contact avec ceux qui avaient constitués les proches du Novice. Il s’extirpa bien vite de ces considérations, pour se concentrer sur le discours de la jeune femme, un discours assez poignant qui faisait appel aussi bien aux émotions qu’à la vertu et ce second point était important, car exalter la vertu revenait à faire l’apologie de ce qu’était être un Jedi au fond, un chevalier blanc dont le seul objectif était de protéger les plus faibles contre les abus des plus forts.

    Leonra avait fait un discours bref, mais assez bien dosé pour qu’il décide ces indécis à les rejoindre. Et puis il y avait quand même une stratégie derrière tout ça, il avait bel et bien espéré qu’elle mettrait en avant le fait qu’elle n’était pas corellienne, et ce faisant, elle avait du écorner l’orgueil de pas mal de ces corelliens. Elle, l’étrangère, était prête à vouer sa vie à l’Ordre Vert, alors pourquoi des corelliens ne pourraient pas le faire ?

    Le silence retomba bien vite alors que les derniers mots terminaient de s’écouler hors de la bouche de l’aspirante. Dans l’assistance régnait toujours un silence pesant accompagnés de regards qui cherchaient à obtenir plus de précisions, visiblement. Matarmenno posa sa main sur l’épaule de Leonra, signe qu’il prenait le relais. Il parla d’une voix calme mais où régnait tout de même une certaine autorité :

      - A travers l’Ordre Vert vos enfants seront la fierté de Corellia, ils sont uniques et exceptionnels, ils ont reçu un don que peu de personnes jusqu’ici ont pu acquérir, ce don ils auront la possibilité d’apprendre à le maîtriser autant que de le mettre au service du bien commun et du secteur. S’ils défendront avant tout Corellia, ils seront également au service de la Nouvelle République et plus important que tout, ils pourront étudier la Force pour protéger vos vies. Enfin ils seront traités avec le plus grand respect en plus de pouvoir régulièrement vous rendre visite.

    Il marqua une courte pause, le temps de scruter l’assistance pour sonder à chaud les réactions, elles semblaient prometteuses. Que pouvait-il ajouter ?

      - Leurs actions serviront à rendre le secteur et la galaxie un peu plus sûrs et c’est peut-être bien le plus important. Avez-vous des questions ?

    Et ce regard interrogateur en disait long sur ses espérances. Il conclut :

      - J’espère que nos paroles auront permis de vous décider, c’est un choix important que nous prenons tout à fait au sérieux. Du reste pas d’inquiétudes pour les questions d’ordres logistiques, nous assurerons le gîte et le couvert aux enfants et ils auront un droit de visite une fois par semaine. Le temple de Corellia est actuellement en cours de rénovation avec des équipements tout neuf pour permettre un enseignement dans les meilleurs conditions. Ces enfants seront protégés et choyés autant que faire se peut.

    Il se tourna vers la secrétaire qui était restée à leurs côtés tout le long.

      - Miss Pevencee va passer parmi vous afin de distribuer les formulaires d’acceptation pour ceux qui souhaiteraient les remplir. Je compte sur vous pour faire honneur à Corellia en ce jour historique où un Ordre renaît.

    Il s’inclina, exécutant le salut Jedi et quitta la pièce bientôt suivi par Leonra. Il lui adressa un sourire chaleureux :

      - Je suis très fier de vous, Leonra. Vous avez fait parler vos sentiments et vos espoirs et je suis certains que les familles l’auront perçu, on peut essayer de raisonner les personnes mais il est souvent plus efficace de les persuader, les sentiments sont bien plus vendeurs.

    Après avoir quitté le bâtiment, ils prirent la direction du District Gouvernemental, le quartier où se trouvait le temple en passe d’être reconstruit, mais également les instances administratives qui pouvaient accorder la nationalité corellienne aux immigrés. Il était temps pour lui de décider si elle méritait ou non son soutien pour obtenir ladite nationalité. Sur le chemin il fit la conversation, l’évaluation était continue :

      - Qu’en avez-vous pensé, vous ? J’espère que vous ne m’en voudrez pas, la manière dont l’exercice s’est présenté est un peu cavalier, j’en conviens. Mais c’est formateur et révélateur à la fois.

    Un nouveau sourire, tout aussi chaleureux. Il faisait toujours aussi beau dehors, mais également frisquet, c’est pourquoi il avait laissé Leonra porter sa robe pour se réchauffer. Et puis c’était aussi un moyen de la rassurer sur sa place et l’opinion qu’il avait d’elle, un signal à peine perceptible mais encourageant. Quoique son opinion devait ne plus être réellement secret à présent.

      - Si vous avez d’autres questions, je vous suggère de les poser pendant ce trajet, nous sommes encore loin de notre destination et l’agrément d’une bonne conversation ne me rebute pas, bien au contraire.
#35007
Matarmeno s'adressa un peu à l'assemblée après son propre discours. Elle était forcée d'avouer en l'observant qu'il avait bien plus d'expérience dans le domaine, il était bien plus à l'aise et elle le trouvait beaucoup plus convaincant qu'elle-même. Après tout, c'était logique il était sans doute rodé à l'exercice, et même si elle était convaincue, il se devait de l'être encore plus qu'elle, il représentait l'Ordre, et pas elle, pas encore du moins. Il annonça aux familles que la secrétaire allait passer parmi eux pour distribuer des formulaires. Maintenant, elle se demandait combien d'entre eux allaient franchir le pas et « offrir » leurs enfants à l'Ordre Corellien.

Leur speech terminé, le Jedi quitta la pièce et elle enquilla à la suite. Le sourire de l'homme la fit sourire à son tour, bien avant ses mots, mais lorsque ceux ci arrivèrent, ils réchauffèrent encore un peu plus son âme. Il était content de ce qu'elle avait fait, de ce qu'elle avait pu dire. Quelque part, elle se sentait un peu bête. Elle n'était pas son apprentie, elle était son égale, et n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle se comportait comme une enfant à ses côtés. Dès aussitôt, elle sembla se regonfler légèrement, relevant les épaules et le menton.


- Je n'étais pas sûre d'avoir été sur les terrains que vous auriez choisi si la parole avait été votre. Mais si vous en êtes satisfaits et que cela peut permettre de rallier quelques familles à notre... Votre cause, alors je pense que les choses ont été bien faites.

A nouveau, ils se mirent en route pour une marche vers une direction qui lui était inconnue. Décidemment, ça allait devenir une habitude de se faire guider par le grand barbu à travers la belle Corellia. Peut être même, s'avoua-t-elle intérieurement avec un demi sourire, qu'elle n'avait pas vraiment envie que cette petite virée se termine...

- Je dois avouer que je ne m'attendais pas vraiment à ça. Je pensais avoir une phase d'observation, avant de devoir plonger dans le grand bain. Mais j'imagine que je comprend que vous deviez... Savoir ce que j'ai dans le ventre, si j'ai saisi l'idée de l'Ordre, si mes attentes sont en corrélation avec les votres... N'est ce pas ?

A nouveau, comme avant d'arriver au batiment dans lequel ils avaient rencontré les familles, elle s'était doucement rapprochée de lui sans le vouloir. Il n'y avait pas foule dans la rue, qui aurait pu expliquer que son bras frôle le sien, et pourtant. Elle fronca les sourcils un instant, quelque chose venait de la chiffoner.

- Est ce qu'on ne pourrait pas arrêter de se vouvoyer ? Je sais bien, du moins je me doute qu'il s'agit là d'une marque de respect entre nous, mais... Je me sens tellement vieille en entendant ce « vous ». Elle éclata d'un rire clair, et pour la première fois depuis son arrivée, elle montrait un vrai visage décontracté, joyeux, une image moins contrôlée, et pourtant assez peu sombre. Si cela ne vous.. Ne te... Bref, si ce n'est pas dérangeant, je préfèrerais qu'on se tutoie.

Elle observa un instant le visage de Matarmeno, scrutant une réaction à sa demande. Puis elle posa les yeux sur la rue, essayant de deviner où ils se trouvait. Ce qui clairement était un effort vain, vu qu'elle ne connaissait pas du tout la ville.

- Quelle est notre prochaine destination, au fait ?
Avatar de l’utilisateur
By Hayley Curwee
#35034
      - Vous avez tout à fait saisi la façon dont je préférais jauger vos compétences. Il est bien plus intéressant de confronter la personne au réel pour obtenir une réponse claire sur son comportement et ses réactions. La théorie c’est bien, la pratique c’est explicite.

    Ils continuaient à deviser en marchant, quand la jeune femme aborda une question dont la trivialité surprit le Jedi. Pas dans un mauvais sens, mais plutôt dans le sens où il ne s’y attendait pas. Jedi formé à l’ancienne, il était habitué au vouvoiement, un protocole établissant le respect entre tous les Jedi et même si on côtoyait quotidiennement ses pairs, on ne les tutoyait que très rarement. Cette distance avait-elle encore un sens aujourd’hui ? Devait-elle être changée voire même oubliée ? La question méritait d’être posée, malgré le peu d’impact qu’elle avait les objectifs nobles des Jedi. Difficile de décider seul de cette chose, mais il se promit de mettre le sujet sur la table une fois le temps venu, quant à lui, il décida qu’il essayerait de le mettre en application :

      - On peut arrêter de se vouvoyer si vous le voulez.

    Se rendant compte un peu trop tard de sa bourde, il se corrigea.

      - Si tu veux, je suis navré, il n’est pas dans mes habitudes de tutoyer, même en temps normal, il est possible que cela demande un temps d’adaptation.

    Il lui adressa un sourire un peu désolé, visiblement confus de cette maladresse. Alors qu’il progressait en direction du district gouvernemental, les rues se faisaient plus bondées, les gens plus pressés et donc, pressants. Il fût bousculé par l’un des badauds qui s’excusa presque aussitôt en voyant la tenue du Jedi, affirmant même son soutien à la cause Jedi, ce à quoi Matarmenno répondit par un salut respectueux et des remerciements. Cet acte n’avait l’air de rien, mais il permit au Jedi de se rendre compte qu’un acte qu’il avait jugé ponctuel et anodin devenait épisodique, c’était en effet bien la seconde fois qu’il sentait la main de la jeune femme frôler la sienne, une chose étrange qu’il accueillit avec un haussement de sourcils, profitant de tourner le dos à la demoiselle pour ne pas donner en spectacle son expressivité éclatante. Il était difficile de voir dans ce rapprochement l’expression d’un hasard ou d’une nécessité, il était intervenu dans des rues où leurs espaces personnels étaient respectés. Alors que voulait dire ce geste ? Qu’attendait-elle ? Ce n’était pas d’une importance capitale, du moins ne le croyait-il pas, après tout ça n’empêchait pas l’aspirante d’être motivée et de se conduire parfaitement bien.

      - Nous nous dirigeons vers le district gouvernemental, c’est là qu’est situé notre temple que je vais succinctement vous faire visiter, l’édifice étant encore en travaux de rénovation. Il a perdu de sa superbe au passage de l’Empire, puis est resté dans l’oubli jusqu’à ce que...que l’on remette la question de l’Ordre au goût du jour, disons.

    La pensée subite d’Hayley s’était imposée, naturellement, cette histoire de renaissance venait d’elle après tout. Mais il chassa de son esprit ce souvenir, l’épreuve était encore toute fraîche.

    Au dessus autant qu’à côté d’eux, la circulation allait bon train, l’occasion pour lui de continuer à s’improviser guide :

      - Au-dessus de nous, vous voyez passer le tram lev-mag, il y a plusieurs de ces navettes qui circulent à travers toute la ville, un mode de déplacement sain et non polluant, nous avons à coeur de respecter notre environnement sur Corellia, nous aimons notre planète sous toutes les coutures. N’hésitez pas à prendre le tram lev-mag à l’occasion, on y croise souvent des personnes intéressantes. Mais évitez de vous arrêtez au Secteur Bleu, ce quartier est excessivement mal fréquenté et la CorSec lutte ferme pour ne pas perdre du terrain dans ce coin.

    Difficile de faire comprendre à une nouvelle venue qu’un quartier entier était régi par des criminels et des gens peu recommandables, même s’il se doutait qu’il devrait lui expliquer, un jour.

      - Le district gouvernemental recèle également en son sein les bureaux de l’immigration, c’est là que nous irons pour remplir votre formulaire de demande de nationalité, je vous y accompagnerais pour appuyer votre demande, je pense que cela ajoutera du poids à celle-ci.

    Il se rendit compte qu’il n’avait pas respecté la demande précédente de la jeune femme et tenta de se corriger.

      - Je t’y accompagnerais.

    Ils se rapprochaient du secteur, que pouvait-il dire d’autre pour l’aider à se repérer ici ? Il était peut-être temps d’aborder le contexte actuel qui ne prêtait pas à sourire.

      - La personne que tu as vu à l’holotv, Maître Curwee, elle a embêté les mauvaises personnes en nous remettant sur le devant de la scène. Tu viens d’arriver donc tu n’as sûrement jamais entendu parler d’eux, mais la société corellienne est gangrenée par un groupuscule politique qui tient presque de la milice privée et qui se nomme la Ligue Humaine. Des nostalgiques de l’occupation impériale qui rêvent d’expulser tous les aliens de la planète et que Corellia reprenne son indépendance. Certes, chaque corellien que tu croiseras te permettra de constater que nous aimons l’indépendance, autant individuelle que collective, mais Corellia fait partie de la Nouvelle République et elle ne remets pas en question cette appartenance à l’heure actuelle.

    Il fit une courte pause, reprenant son souffle.

      - Tu seras amené à croiser ces hommes, comme je te l’ai dit Maître Curwee a tapé dans cette fourmilière et ils souhaitent que la flammèche que nous représentons s’éteigne le plus vite possible pour ne pas menacer leurs plans. Méfie-toi d’eux et fais attention à toi avec ces hommes, qui sait ce qu’ils seraient capables de faire s’ils te savent Jedi, ou étrangère à l’origine.
#35040
Leonra était amusée de le voir se mélanger en divaguant entre vouvoiement et tutoiement. Ce n'était pas dans ses habitudes, il le disait lui même, et cela se voyait à des kilomètres. Pour elle, c'était naturel finalement. Elle était entrée assez tôt à dans l'Ordre Sith, Miraan l'avait toujours tutoyée comme si elle était sa propre enfant, et les autres Sith qu'elle avait rencontrés l'avaient tutoyée aussi, sans qu'elle ne sache vraiment si c'était pour l'infantiliser, par habitude ou si c'était pour l'écraser sous leur savoir et leur puissance et tout ce genre de truc. Mais là, le tutoiement qu'elle espérait c'était... Pour créer un climat de confiance, une relation d'égal à égal. S'ils devaient faire équipe un petit moment, elle préférait que l'ambiance soit bonne enfant. Alors face à sa confusion, elle afficha un sourire doux.

Il n'esquissa pas un geste envers elle, malgré le sien, mais elle ne s'offusqua pas. De toute façon, elle ne savait pas comment se comporter, ni ce qu'elle attendait réellement comme réaction. Le seul exemple qu'elle avait, c'était sa Maîtresse, Darth Naego, et son attitude en permanence tournée vers la séduction pour attirer, manipuler, parvenir à ses fins. Leonra elle, n'était pas comme ça. Déjà parce qu'elle n'avait pas « pratiqué » ce type de relation, ce type de jeux entre les personnes, elle n'en avait pas l'expérience ni les capacités. Ouais. Elle ne savait pas à quoi elle jouait. Encore moins si ça valait le coup d'y jouer.

Elle leva les yeux vers le fameux lev-mag, assez impressionnée. Shili était une planète bien moins... Technologique, et on ne trouvait pas non plus ce genre de choses que ce soit sur Andoweel ou sur Korriban. Mais Matarmeno la mit en garde au sujet du Secteur Bleu, et Leonra fronca les sourcils, intriguée par le sujet. Surtout si même la CorSec était en galère face à leur ennemi.

Mais avant de lui expliquer le pourquoi du comment, il lui annonca qu'ils se dirigeaient vers les bureaux de l'immigration, pour demander sa nationalité, et qu'il appuierai son dossier. Tout ça allait vite, et elle en était surprise, mais satisfaite. Enfin. Elle ne savait pas vraiment si elle l'était, ça réveillait en elle une émotion contradictoire, l'impression de s'être extirpée d'un piège pour replonger tête baissée dans un autre. Quelque part, elle se méfiait. Elle n'arrivait pas à être sûre d'elle.


- D'accord.

Elle n'avait pas su quoi repondre d'autre. Leonra se sentait idiote, de n'avoir rien d'autre à dire. Alors elle l'écoutait, encore. Il lui expliquait un peu la situation, plutôt tendue avec celle « Ligue Humaine » et les problèmes qu'elle pourrait avoir avec eux. Et là, la seule chose qui se passa, c'est qu'elle éclata de rire. Mais vraiment. Elle ne se moquait pas de lui, à aucun moment, elle n'aurait même pas osé, mais... Elle ne pouvait pas. Juste pas.

- Sans vouloir te manquer de respect, ou sous-estimer la chose, je pense qu'ils auraient plus à se méfier de moi que le contraire.

Et ça, mon cher ami, c'était typiquement ce qu'on lui avait appris depuis sa tendre adolescence. Ne jamais douter de soi. La puissance du Côté Obscur est supérieure à tout autre, et quiconque ne la maîtriserait pas n'oserait pas se frotter à toi au risque d'y laisser son plumage tout entier. Chassez le naturel il revient au galop. Et tout ça avec un sourire en faire tomber un arbre sans même le toucher. Une gueule d'ange, mais une âme longtemps torturée.

- Tu sais. De là où je viens, on nous apprenait que la peur était notre ennemie, et que la confiance en nous mêne à tout. Que c'est ça qui nous rend invincible.
Avatar de l’utilisateur
By Hayley Curwee
#35058
    - Je comprends, mais les Jedi mettent avant tout l’accent sur l’anticipation. Il est bon d’avoir confiance en soi, mais cette confiance ne doit pas t’aveugler au point de devenir de l’orgueil, c’est le risque qui nous guette et ce risque a conduit bon nombre d’entre nous à rejoindre la Force, par vanité.

    Il avait légèrement froncé les sourcils, c’était une question d’idéologie autant que de principes et on ne rigolait pas avec ces choses là.

      - Je ne veux pas que tu penses que je cherche à t’imposer quoi que ce soit et en même temps je suppose que si tu es venu vers nous c’est que les réponses que l’on t’avait donné auparavant ne te convenais pas, n’est-ce pas ?

    Il marqua une légère pause, la discussion devenait sérieuse et il aurait aimé qu’elle ait lieu n’importe où ailleurs, le faire dans une rue bondée n’était certes pas le meilleur moment pour faire ça, à son sens, mais qu’à cela ne tienne.

      - Les Jedi mettent moins l’accent sur leurs capacités individuelles que sur leurs aptitudes à travailler ensemble, l’individu ne passe pas au-dessus de la communauté, cela fait partie de nos valeurs. Deux individus pris individuellement peuvent se révéler faible face à un troisième, mais le sage nous apprends qu’aussi faibles soient-ils, en s’alliant ils deviennent bien plus fort qu’un adversaire commun qui reste solitaire.

    Il soupira, il ne voulait pas écraser l’assurance de celle qui était venue se porter volontaire pour les aider à servir la cause Jedi, ce ne serait pas juste.

      - Tu es quelqu’un d’extrêmement puissant et tu seras amenée à le devenir encore plus, bien plus que moi à vrai dire. Je ne veux pas te faire de leçon de morale ou quoi que ce soit d’autre, je veux que tu réalises que la vie d’un Jedi est bien plus cloisonnée que...celle que tu avais avant, je sais que nous en avons parlé au début de cette rencontre et que je t’ai exposé combien cet acte n’était pas à prendre à la légère.

    Il s’arrêta au milieu de la place, Leonra l’imitant, se tournant vers elle il posa ses deux bras musclés sur les épaules de la jeune femme, la fixant droit dans les yeux :

      - Je ne veux pas que tu t’engages en ayant des doutes et je ne veux pas que tu crois que je cherche à te bourrer le crâne, encore une fois. Nous sommes prêts à t’accueillir les bras ouverts mais je suppose que cela va demander un petit temps d’adaptation pour toi comme pour nous, pour que nos valeurs se rejoignent sur certains points. Tu n’es plus une gamine, tu es à présent une femme faite, ainsi il est difficile de vider une coupe déjà remplie au contraire d’un enfant qu’il suffit de remplir de savoir et de principes.

    Il ne savait plus trop où il voulait en venir avec tout ça et puis l’observer droit dans les yeux comme ça avait quelque chose d’intimidant, un peu. Il agrémenta d’une tape amicale sur ces mêmes épaules son geste et finit par la lâcher, visiblement confus :

      - Ecoute, euh… Désolé.

    Et il s’enferma dans un silence pensif, ce qu’il avait cherché à dire, c’était qu’il ne servait à rien de prendre des risques inutiles par excès de confiance. En gros, se conduire comme Hayley, songea-t-il, même si le problème de la Jedi était qu’elle passait son temps à jouer au héros pour sauver la veuve et l’orphelin, louable mais casse-cou quand on voyait l’état dans lequel cela la mettait.

      - Reprenons notre route.

    Il l’emmena jusqu’au temple, qu’il lui fit visiter en partie, évitant certaines zones encore en travaux beaucoup trop dangereuses pour que le public vienne visiter. Il essaya de décrire un peu l’histoire de celui-ci, dépeignant parfois des scènes d’un passé qu’il avait connu à l’époque où la Guerre des Clones battait encore son plein, dans sa voix l’empreinte de la nostalgie était omniprésente et on pouvait ressentir combien il regrettait cette époque même si ce qui l’attristait le plus était toutes ces vies perdues à cause d’un traître et d’un Sith. Il se reprit néanmoins bien vite, essayant de ne pas montrer une mauvaise image de lui à l’aspirante, il ne voulait pas donner l’impression d’être un homme uniquement tourné vers le passé mais bien de quelqu’un qui songeait à l’avenir qui pouvait s’avérer radieux avec un peu d’efforts.

    Au bout d’un moment, la visite prit fin et il invita Leonra à le suivre tandis qu’il la menait vers le bâtiment de l’immigration. Il suffisait de traverser la place pour trouver un immeuble à l’architecture moderne mais un brin inquiétant, des patrouilles de la CorSec passaient régulièrement devant l’endroit tandis que d’autres étaient en faction, assurant la sécurité du lieu. Ils passèrent la porte après un contrôle de routine et Matarmenno mena la jeune femme jusqu’à l’endroit où il lui faudrait remplir des papiers pour joindre ou non Corellia. Il tendit le formulaire avec un air solennel, parlant d’une voix qu’il voulait détaché :

      - Maintenant c’est à toi de décider si ce que tu as vu aujourd’hui te conviens ou non et si tu veux en faire partie. Si tel est le cas alors je t’invite à compléter ce formulaire que je joindrais au commissaire chargé de ce service lui signifiant que l’Ordre Vert appuie grandement cette candidature afin que tu rejoignes ses rangs. Si cela ne t’intéresse pas alors nous pourrons nous dire adieux et je laisserais la Force te guider vers ta route sans restreindre ta liberté, en espérant qu’il ne t’arriveras rien.

    Et que tu ne te retrouveras pas dans le mauvais camp, songea-t-il. Il était temps pour Leonra de sceller son destin vis-à-vis des Verts. Et de Corellia.
#35067
Matarmeno était quelqu'un de doux, du moins il l'était envers elle, et même ses paroles à son égard étaient douces, bien que chargées de sous-entendus qu'elle saisissait pleinement. Il n'avait pas tort, si Leonra s'était éloignée de la voie Obscure, c'est bien qu'elle n'y avait pas trouvé les réponses à ses questions, et qu'elle était destinée à explorer d'autres voies pour trouver la sienne. Et peut être que oui, c'était auprès de l'Ordre Vert.

Il lui expliquait finalement l'inverse de ce qu'on lui avait toujours appris, que l'individu était pouvait faire plier les autres par sa seule volonté, il lui disait que force, courage et determination n'arrivaient par toujours à bout de son ennemi, et qu'elle devait apprendre à compter sur ceux qu'elle choisirait pour être ses Frères. Ce n'était pas chose facile, quand on avait appris à se débrouiller par soi-même, mais elle serait sans doute prête à franchir ce pas.

Et de l'autre côté, il lui disait clairement qu'il ne voulait pas la forcer à quoi que ce soit, et elle s'en rendait bien compte. Il prêchait pour sa paroisse, ce qui était normale, mais ne la poussait pas non plus. Il l'a faisait réfléchir, et c'était quelque chose que Leonra appréciait. Après avoir connu l'endoctrinement Sith, un peu de liberté dans ses choix ne lui faisait pas de mal. Même si quelque part elle savait bien aussi que ça pouvait être une technique pour l'attirer.


- Oui, je vois...

Elle avait répondu juste pour répondre, finalement, parce qu'elle n'avait pas grand chose à dire à ce propos. Et puis de toute façon, il lui avait coupé la chique en s'arrêtant et en posant ses mains sur ses épaules. D'abord, elle s'était sentie écrasée, dominée, infantilisée. Et puis après, elle s'était rendue compte qu'il ne déployait aucune force dans ce geste, doux même, au final. Il la tenait sans la tenir -il aurait été facile de se dégager en se baissant tout simplement – mais maintenait le contact visuel en la regardant dans les yeux. Et ce contact mettait Leonra mal à l'aise. Pas parce qu'il l'intimidait, ou que cela la dérangeait non. Mais parce qu'elle se sentait obligée de maintenir le regard, ce qu'elle faisait, et plus elle le fixait, plus elle plongeait dans ses yeux, et moins ses oreilles semblaient percevoir le son de la voix du Jedi Corellien. Deux camps s'affrontaient en elle, l'un lui disait de revenir à la réalité, l'autre la laissant se perdre sans la retenir.

Une tape amicale sur l'épaule la ramena tout de suite dans sa dimension.Il n'avait pas l'air plus vaillant qu'elle, et Leonra se demanda ce que cet instant avait pu éveillé comme émotion chez lui. Ce n'était pas possible qu'il n'y ai qu'elle qui ai été troublée par ce moment, si ? Peut être après tout, elle ne connaissait rien aux relations autres que celle qu'elle avait vécu avec Miraan .

Elle ne répondit rien. Il avait l'air de s'être muré dans un silence qui lui était personnel, et elle ne souhaitait pas le déranger. Peut être qu'il réfléchissait à une de ses missions, à quelque chose... A quelqu'un.

Ils reprirent leur route, et il lui fit visiter le temple. Le seul temple qu'elle avait visité avait été celui du Keff Kasi, et encore, elle était bien jeune à l'époque. Celui de l'Ordre Vert était encore en restauration, mais son histoire était passionnante, et elle se déléctait de chaque détail que son guide lui apportait. Oui, plus elle avançait entre ses murs, et plus sa décision était sûre. Elle ne voulait plus quitter Corellia. Elle voulait participer, se rendre utile, apporter sa pierre à l'édifice.

Il finit par lui tendre un formulaire, et Leonra le saisit pour le lire. C'était celui qui allait attester de sa demande de nationalité. Le premier pas vers ce nouvel avenir, qu'elle voulait plus lumineux, plus... Personnel. Elle releva les yeux vers Matarmeno, qui était plus grand qu'elle, l'obligeant à lever le menton. Cette fois, c'était elle, qui cherchait le contact visuel, pour le capter et ne plus le lui rendre.


- Remplissons le.
La traque

Un bug ? Saleté d’insect venu d’une galaxie alter[…]

La face cachée du destin

Pour un murmure, l'Empereur pouvait se montr[…]

Tiens plus fermement la poignée du sabre, tu […]

[Molavar] Portée par un souffle

La louve avait un protégé. Elle lui garantissait[…]

A nouveau mois nouvelles arrivées. Le Dr Schwartz […]

https://image.noelshack.com/fichiers[…]

La Bataille pour Concord Dawn

Quelques minutes avant le décollage, on sentait t[…]