L'Astre Tyran

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Balmorra est un monde-usine de grande envergure au climat tempéré. Considéré comme hautement stratégique par la Nouvelle République pour ses capacités de production, son sol et son atmosphère ont cependant été largement pollués par ses immenses déchèteries industrielles à ciel ouvert.
Gouvernement : Confédération des Systèmes Unis
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By Ranath
#33491



    Héros




    Balmorra. Pourquoi revenir sur Balmorra. Cela n’avait été qu’une escale. Un imprévu. Un petit détour. Après les révélations de la louve, Ranath s’était juré de ne jamais revenir ici. Culpabilité ? Pas une once. Toute cette histoire n’avait rien à voir avec elle. L’autre s’était laissée avoir. Momentanément, elle était devenue faible et vulnérable. Ou bien l’avait-elle toujours été. Sa punition était la meilleure des leçons. Comme l’était celle de Sabina, pensa aussitôt la Sith. Un froncement de nez.
    Ne baisse jamais ta garde.

    Alors elle était revenue. Ici. Là où la tombe lui était apparue pour la première fois. La tombe d’un enfant. Les affres obscures de Ziost lui avaient révélé l’identité de l’enfant. Mya, croyait-elle. La pierre, pourtant, était celle de Lina. Longtemps Ranath avait envisagé de retourner sur Mirial, pour, de ses ongles, gratter et creuser jusqu’au cercueil. Profaner la tombe de sa sœur.
    La Force me guide.

    Ici, sur Balmorra, il y avait ce fantôme. Il avait accompagné la vision de ses pas. Peut-être l’avait-il déclenchée. Pas un être de Force. Un individu, bien réel. Une présence. Comme sur Taris. Non, c’était différent.

    * * *


    Était-ce déjà la nuit ? Ou encore un peu le jour ? Sous les nuages chargés d’une pluie crasseuse, chaque ruelle était plongée dans l’obscurité. Ranath avait abandonné la traque. Il n’était plus là. Il n’y avait rien sur Balmorra. Recroquevillée sur le rebord de la fenêtre d’un entrepôt désaffecté, la Sith réfléchissait.
    Tu as peur ?
    Constamment

    Une voix dans la rue attira son attention. Un murmure rauque. Puis une note légère. Le regard d’or glissa jusqu’en bas. Ils étaient deux. Un homme et une femme. Un Devaronien et une Farghule. L’un avait les mains baladeuse, et l’autre gloussait. Loin d’un ronronnement de bonheur, la jeune femme se laissait aller à des grognements provocateurs. Lui s’avoua vaincu.

      « C’est encore loin ta piaule ?
      Juste là. Allez, tu ne le regretteras pas.
      Je peux plus attendre. On le fait là.
      Là ? Dehors ?
      Allez, y a personne. »

    Elle s’écarta. Le silence calma un instant les ardeurs de l’impatient qui formula une nouvelle proposition.

      « Là-dedans alors. Ils l’utilisent plus depuis des années. »

    Toujours pas de réponse.

      « T’auras un supplément.
      O.K. »

    La Farghule revint au contact, sa main disparut entre eux. Ils passèrent ensemble la porte métallique qui grinça et se referma. La Mirialan, du haut de son perchoir, laissa échapper un soupir las.
    Je me casse.

    Elle allait quitter son coin, se hisser sur le toit et disparaître. Mais l’arrivée d’un speeder dans la rue coupa son élan. Moteur éteint, deux silhouettes descendirent. Quelques mots échangés, une claque sur les fesses. Elle s’éloigna, remontant la rue vers un petit immeuble. Lui s’adossa au véhicule et alluma une cigarette. La pluie se mit à tomber. Dans l’entrepôt, l’affaire du Devaronien était conclue. À l’abri des regards, il paya, ajoutant comme promis un supplément conséquent. D’un pas qu’il crut discret, il quitta l’endroit. La porte grinça et se referma. Il descendit la ruelle, et prit le chemin de la maison.

    Il fallut de longues minutes à la Farghule pour se refaire une beauté et sortir à son tour. En face, l’autre jeta sa cigarette et traversa la chaussée.

      « Narella. »

    Comme surprise, elle releva la tête et se figea.

      « Donne. »

    Il tendit la main. À contrecœur elle lui donna sa paie. Il compta.

      « C’est tout ce qu’il t’a filé ? Tu te fous de moi. Tu te fais sauter là-dedans et tu prends rien ? Donne. »

    Deuxième échange. Un regard noir contre une poignée de crédits.

      « C’est pas beau de mentir. »

    Il rangea l’argent et lui décrocha un sourire carnassier. Brusquement, sa main calleuse saisit l’épaule de la Farghule. Il la plaqua contre le mur de béton, posant son autre main sur sa bouche.

      « C’est mon tour. »

    Elle le repoussa d’un geste, feulant avec agressivité. La réprimande fut d’autant plus violente. L’homme n’hésita pas à se servir de la crosse de son blaster pour calmer la véhémence de sa victime. Elle tomba. Il la releva. Et maintenant qu’elle était sonnée, il allait pouvoir finir sa journée sur une note positive.

    Darth Ranath avait dégainé l’une de ses dagues sans y songer. Elle jouait avec la lame tandis que sous ses yeux, se tramait l’horreur. Ses réflexions étaient cyniques, si bien qu’elle avait un instant imaginé passer son chemin. Mais la peur l’avait retenue. Pas sa peur. La peur de la Farghule. Jusque-là accroupie sur le large rebord en béton de la fenêtre, la Sith se laissa tomber. Les huit mètres qui la séparaient de sa cible ne représentaient qu’un ridicule sursis. Un battement de cils, à peine.

    En fin de chute, la lame perfora le crâne de l’importun avec un craquement sec. Elle s’enfonça dans l’organe cérébral, réduisant en bouillie sanguinolente son maigre contenu. Des oreilles, des yeux, du nez et de la bouche gicla du sang vicié. La réception du saut entraîna l’homme, déjà mort, au sol. Sa colonne vertébrale céda au niveau de la nuque.

    En se redressant, la Sith retira sa dague du crâne du cadavre. La tête suivit d’abord le mouvement, puis retenue par tout un corps inert, laissa échapper la lame et retomba au sol. Narella, acculée contre le mur, ne pouvait détacher son regard du pantin désarticulé qui gisait sur le trottoir et si vidait de son sang dans le caniveau.

    La Mirialan, en quelques mouvements rapides, détroussa le cadavre de ses crédits et essuya sa lame sur son pantalon. En tendit à la Farghule les quelques poignées accumulées dans la journée par son bourreau.

      « Casse-toi. »

    Mais le regard de Narella s’était posé sur Ranath, et elle n’avait pas l’intention de bouger d’ici.
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By Ranath
#34130
    Si la Farghule avait choisi de rester là à veiller le cadavre de cette pourriture, ce n’était pas l’intention de Ranath. La Sith, presque aussitôt, se détourna, mais la voix chantante de la jeune femme la retint.

      « Attends … »

    Un coup d’œil en arrière.

      « … ils vont venir, ils vont me tuer, ils … »

    De nouveau la Mirialan faisait face à la Farghule déboussolée. En agissant, elle l’avait condamnée. La Dame Sombre le réalisait désormais.

      « Qui ça ? »

    Narella ne répondait pas, trop occupée à chercher un ancrage pour son regard fuyant. Elle n’osait poser les yeux sur le cadavre. Elle n’osait croiser le regard de sa sauveuse. Ranath s’approcha et lui agrippa fermement le bras.

      « Qui ça ? »

    Le contact ne manqua pas de faire réagir la Farghule qui recula et retrouva ses esprits.

      « Les gars de Belian. En fin de journée ils ramassent tout ce qu’on gagne. Ils nous trouvent grâce aux comlinks, et ça ne rate jamais … »

    La Sith lui fit signe se taire.

      « Qui est Belian ?
      Belian c’est … tu connais pas Belian ? Mais … »

    Elle avait l’air désemparé et il ne fallut pas longtemps à la Mirialan pour comprendre que Belian était celui qui se tenait au centre de ce réseau crasseux dont Narella n’était qu’un pion. Quelques secondes de silence à peine.

      « Ils savent où tu habites ? »

    La Farghule acquiesça d’un discret mouvement du menton. Ça devenait intéressant.

      « Donne ton comlink. »

    Elle hésita un instant, puis d’une main tremblante le détacha de sa ceinture, mais ne le lâcha pas.

      « Pourquoi … ? »

    La main tendue insistant, elle légua son bien, comme curieuse et soulagée de pouvoir se débarrasser d'un poids certain. Et la Sith le jeta avec désinvolture du côté du cadavre.

      « Mais …
      Allez, montre-moi où tu vis. On va régler ce problème avec Belian. »

    Machinalement, l’esprit embrumé, la jeune femme se mit en route, et s’arrêta aussitôt.

      « Mais ils vont venir … les autres aussi vont être en danger.
      Tout ira bien. »

    La Mirialan avait l’air si sûre d’elle, la Farghule ne pipa plus mot et montra le chemin. Peut-être enfin le cours des choses allait-il prendre un virage inattendu.

    * * *


    C’était peut-être l’un des quartiers les plus crasseux de la ville. Les néons des lampadaires grésillaient, pour ceux qui n’avaient pas déjà rendu l’âme. Narella vivait dans une petite résidence bordée d’un terrain vague, ou bien une casse à l’abandon, avec quatre autres filles de son genre. Dès que la Farghule passa la porte, l’une d’elles l’interpella.

      « Eh ben t’étais passée où ? Arly n’arrête pas d’appeler, il te cherche. Il va passer ici. C’est qui ça ? »
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By Ranath
#34224
      « C’est … euh … une nouvelle. »

    Les autres pouffèrent.

      « Avec cette dégaine ? »

    Jusqu’à rire carrément. Narella affichait un air désolé. Avait-elle mal fait ? Mais la Mirialan ne semblait pas s’être offusquée de la réponse. Elle se contenta de poursuivre sur sa lancée.

      « Je vais attendre Arly avec toi. »

    La Farghule grimaça.

      « Attends, viens, je vais te montrer ma chambre. »

    Et elle la fit changer de pièce, ferma la porte.

      « Pas devant les autres, elles vont s’inquiéter. »

    Le regard fixe de la Sith la mettait mal à l’aise.

      « Pourquoi tu fais ça ?
      Je veux rencontrer Belian.
      Y a sûrement plus simple pour le voir, non ?
      C’est un moyen très efficace, tu verras. »

    Narella parut soudain effrayée.

      « Mais je ne viens pas, moi, j’ai rien fait !
      Si, j’ai besoin de toi.
      Mais non ! Qu’est-ce-que je fais là-dedans, je veux pas ! »

    Ranath lui présenta ses paumes pour lui signifier de se calmer. Elle devait fournir quelques explications et formuler une proposition crédible.

      « Ça te plait, ce que tu fais ? »

    Elle sembla hésiter, baissant le nez avant de répondre.

      « Pas vraiment. Mais ce n’est pas si facile de s’en sortir.
      Tu voudrais travailler pour moi ? Tu n’aurais plus à rendre de compte à Belian. »

    Là encore, elle se montra curieuse, bien que réservée.

      « Comment ça ? »

    La Sith prit une brève inspiration, et s'exprima à voix basse.

      « Ça fait un moment qu’on surveille Belian, et …
      Mais tu m’as demandé qui c’était !
      Oui, je sais, je n’ai pas été honnête avec toi. Belian est connu de nos services, on …
      Vos services ? Quels services ? Mais tu es qui ?
      Narella, s’il te plait. »

    La Farghule affichait désormais une moue dubitative. Elle n’y croyait pas. Elle ne savait pas. Devait-elle y croire. Elle ne pouvait pas faire confiance à la Mirialan, trop méfiante de nature, trop prudente. La Sith tendit doucement son esprit vers celui de Narella, elle effleura sa pensée avec discrétion, se fraya un chemin jusqu’à ses convictions.

      « Narella, je m’appelle Mya, je suis un Chevalier Jedi. »

    Dans le même temps elle décrocha de sa ceinture son sabre, le laissa voir à la jeune femme qui retenait son souffle.

      « Mais tu l’as tué …
      Oui, je sais, tu étais en danger. »

    La Farghule ouvrit la bouche, la referma. Ranath rangea son sabre.

      « Je dois trouver un moyen de maîtriser le réseau de Belian sans le faire disparaître. Il vaut mieux le contrôler discrètement et l’orienter vers des activités sans conséquences. Si nous le mettons hors jeu, un autre prendra sa place et il faudra recommencer. Tu comprends ? »

    Elle hocha simplement la tête.

      « Mais il ne doit pas savoir que je suis un Jedi, personne ne doit savoir.
      Et moi ?
      Eh bien, je n’ai pas le choix, j’ai besoin d’un allié. Bien sûr tu seras placée sous protection.
      Je peux … aider les Jedi ...
      Oui, mais je compte sur ta totale discrétion. »

    Un autre hochement de tête silencieux. Pui après réflexion.

      « Qu’est-ce qu'on fait quand Arly arrive ?
      Tu me promets de ne pas t’inquiéter ?
      D’accord ... »




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By Ranath
#34528
      « Alors viens, allons attendre Arly dehors. »

    Narella hésitait encore. Elle venait d’accepter le fait que la Mirialan était peut-être un Jedi, et c’était déjà beaucoup. Mya se leva, elle regardait déjà au-dehors, mais la Farghule prenait son temps.

      « Ne t’en fais pas, ça ira. »

    La jeune femme hocha finalement la tête, encore une fois, une façon simple d’acquiescer, tout en maintenant ses réserves. La confiance ne pouvait être totale, pas dans l’immédiat du moins. Mais la Sith devait faire sortir la Farghule, il fallait que le lieutenant de Belian pût la reconnaître, et l’associer à elle. Tout cela n’était qu’improvisation, du point de départ, le meurtre de ce violeur, jusqu’à la ligne d’arrivée, les bénéfices de Belian dans les caisses de l’Ordre Sith. Intérieurement, la Dame Sombre souriait. Se faire passer pour un Chevalier Jedi, c’était risible. Elle doutait néanmoins figurer encore sur la liste du Temple.

    Au pied du petit immeuble, sur le pas de la porte, Narella trépignait. À gauche, à droite, son regard allait et venait, guettait l’arrivée des hommes de main du mafieux local. À côté d’elle, Mya attendait patiemment, elle avait renoncé à calmer la jeune femme. Enfin, un speeder apparut au bout de la rue, ses phares éclairant le permabéton encore humide de la dernière pluie, et à son bord, cinq hommes. Ils descendirent tous, l’un d’eux alpaga immédiatement la Farghule.

      « Narella, petite catin. »

    D’un geste vif, il jeta à la figure le comlink trouvé près du cadavre.

      « Qu’est-ce que t’as foutu ? C’est qui ça ? »

    Et d’un doigt pointé il désigna la Mirialan.

      « Arly, pardon, c’est pas du tout …
      Ta gueule ! »

    La gifle la fit aussitôt taire. D’une main il dégaina son arme, et avec cette habileté naturelle, la fit sauter au creux de sa paume pour en saisir le canon et frapper violemment sa victime d’un coup de crosse. Un premier coup. Un deuxième. Narella, qui s’était recroquevillée, s’autorisa un miaulement plaintif, aussitôt réprimandé d’un troisième coup, que la Jedi contra de l’avant bras.

      « Ça suffit.
      T’es qui, toi ? »

    Il arma le poing, abattit la crosse sur Mya. Un pas sur le côté, elle attrapa le bras à deux mains, envoya le coup de pied dans les côtes. Les autres types dégainèrent aussitôt leurs armes, la Jedi leur présenta son sabre. Sans réfléchir, et sans en attendre l’autorisation, ils ouvrirent le feu. Postée entre les blasters et la Farghule, la Mirialan faisait barrage de sa lame. Tout en parant les tirs, elle avançait sur les tireurs. Elle faucha le premier canon, un deuxième, sécha d’un coup de coude l’un des hommes qui s’approchait de trop, et désarma finalement le dernier larron. Derrière elle, Narella avait trouvé refuge dans un recoin du linteau de la porte, et le lieutenant s’était remis de son coup de pied.

    Quand il avait trouvé le cadavre, et le comlink de la Farghule, il était immédiatement venu ici, bien décidé à ficher une balle dans le crâne de cette s#?&e. Il avait voulu jouer un peu, la tabasser avant de la descendre, il n’avait pas pensé que l’autre s’en mêlerait. Personne ne se mêlait jamais de ce genre d’affaires. Ses hommes avaient eu la bonne réaction, la buter, ils auraient tué Narella ensuite. Mais il n’était plus question de ça maintenant. Il fallait l’amener à Belian. S’il lui tirait une balle dans la tête maintenant, et il en avait l’opportunité, croyait-il, ça viendrait aux oreilles de Belian, et il faudrait expliquer pourquoi on avait abattu, dans la rue un parasite aussi encombrant. Pour ce cas là, on préconisait un broyeur ou un bidon d’acide, mais ça, c’était Belian qui devait décider.

    La Jedi pivota vers lui, sans une hésitation il frappa, le plus fort possible. La crosse percuta la tempe de la Mirialan, qui lâcha son arme, et roula sur le sol. Bien que sonnée, elle tenta de se remettre sur pied, du coin de l’oeil, elle aperçut le lieutenant ramasser son sabre, le laissa faire.

      « Debout crétins ! Emmenez-les ! Lui aussi ! »
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By Ranath
#34671
    Après un trajet qui sembla durer une éternité, maux de tête en cause, le speeder s’arrêta devant un petit immeuble, tout aussi délabré que celui où vivait la Farghule. On fit descendre Ranath et Narella, bien que cette dernière ne fut plus vraiment en état de marcher par elle-même. On les fit entrer dans ce petit immeuble, et longer le couloir qui succédait au hall d’entrée. On leur fit passer une porte, et là, asseoir Narella sur un banc. À chaque mouvement brusque, la Farghule laissait entendre un miaulement plaintif, si bien que la Mirialan en vint à se demander si on ne jouait pas un peu la comédie de ce côté-ci. Elle n’eut toutefois pas le loisir de questionner, on la changeait déjà de pièce.

    Une nouvelle porte, une nouvelle pièce, et celle-ci était un bureau. Tout ce qu’il y avait de plus commun, la tapisserie délavée en plus. Tous les autres avaient suivi, tous les gars étaient entrés avec Arly et Ranath, même celui qu’elle avait amoché dehors. Derrière le bureau, assis sur cette chaise aux coussins molletonnés, il y avait un type. Des cheveux bruns, presque noirs, une mâchoire carrée, et un regard profond. Il émanait de lui une certaine autorité, personne ne pipait mot ici. Il avait cet air sévère des meneurs, mais au fond, il parut à la Sith un rien … terre à terre.

    Arly prit la parole.

      « Belian, c’est la garce qu’a buté Maco. »

    La Sith se redressa. Elle n’était pas fière d’elle, mais pas mécontente non plus. Ce Maco était un salaud. Et si ça lui valait de rencontrer Belian, c’était une bonne chose. L’autre la regardait fixement, avec l’espoir de la toiser, mais le regard de la Dame Sombre ne vacillait pas, et Belian dut bien revenir à son lieutenant.

      « Et pourquoi vous l’avez pas refroidie ? »

    Arly s’autorisa un pas vers le bureau et déposa l’arme du Jedi.

      « Qu’est-ce que c’est ? »

    Il le prit, l’inspecta.

      « C’est son arme, on pense que ça peut t’intéresser. »

    Lui, penser. Non, il ne pensait à rien. Il ne savait pas ce que c’était, et Belian n’était pas plus apte à comprendre de quoi il s’agissait vraiment.

      « On a pas arrêté d’en voir y a quelques temps à l’holovision, tu sais. Une lame laser. »

    Il regrettait qu’Arly n’eut pas fichu une balle dans la tête de celle-là. Son regard glissa jusqu’à la Mirialan.

      « Qui es-tu ? Que veux-tu à Narella ? »

    Il y eut un bref silence, le temps de prendre une brève inspiration. Réfléchir vite et répondre posément.

      « Narella travaille pour moi. »

    L’autre moqua.

      « Eh non, Narella travaille pour moi, elle rapporte même beaucoup d’argent … »

    Sourire entendu.

      « En effet, elle fait beaucoup de sacrifices pour intégrer au mieux ton réseau. Ça fait un moment qu’on surveille tes activités et c’est principalement grâce à elle.
      Très bien. Je te remercie, je vais pouvoir nettoyer tout ça, et ne plus en reparler. »

    Il fit signe à Arly qui dégaina son blaster tandis que deux autres s’approchaient pour lui saisir les bras. La Sith n’attendit pas le contact pour tendre la main vers son arme et l’attirer à elle. La lame illumina la pièce, d’une vrille sépara tête et corps des deux plus proches victimes. Le lieutenant tira, feu aussitôt retourné à l’envoyeur qui s’effondra. Les trois autres écopèrent d’une exécution plus sommaire. Restait Belian, qui s’accrochait à son siège, il n’avait même pas osé, ou pensé, à dégainer son propre blaster.

      « Fais venir Narella. »

    Un homme de main passa la porte du bureau, Narella avec lui. Il la poussa vers le centre de la pièce, et se trouva figé d’horreur. Avant qu’il n’eut ouvert la bouche, la Sith l’avait fait taire de sa lame. Ils n’étaient plus que tous les trois. Narella, Belian, et Ranath. La Farghule et l’Humain étaient sans voix.

      « Tu as de la chance, Belian. »

    Il papillonna, bafouilla.

      « Ah … ah oui ? »
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By Ranath
#34683
    La lueur qui illumina son regard trahissait l’espoir qu’il nourrissait de s’en sortir indemne.

      « Tu n’es pas notre cible, tu n’es pas dangereux. Nous cherchons à coincer bien plus gros. Mais toi, ton réseau, sont utiles au bon déroulement des opérations. Tu n’étais pas censé découvrir tout ça. Je dois reconnaître que c’est bien joué de ta part. Cependant ça t’oblige désormais à coopérer. »

    Et voilà qu’il ne comprenait plus rien. Qu’avait-il découvert ? Oui, évidemment qu’il l’avait découvert. Pourquoi coopérer ? Avec qui ? Pour quoi faire ? Tant de questions, laquelle poser en premier ? Il ouvrit la bouche une première fois, sans émettre un son, laissa claquer sa mâchoire, la rouvrit, mais trop tard.

      « Alors tu vas confier à Narella la gestion des filles. »

    La Farghule sursauta, mais ce n’était rien en comparaison du bond que fit Belian.

      « Quoi ?! Pourquoi ? »

    La Sith, encore relativement calme jusque là, éleva la voix.

      « Tu me fais perdre du temps, attire l’attention sur moi. Estime toi heureux que je continue de composer avec ton caractère. »

    Si elle pouvait parler fort, lui aussi.

      « Et c’est qui ce plus gros que tu vas coincer ? On peut savoir ?!
      Non, Belian, tu ne peux pas le savoir.
      Je refuse ! … et si je refuse ?! »

    L’Humain sentit soudain peser sur lui le regard de la Mirialan. Elle avait rangé sa lame, un geste qui avait tout d’abord conforté le truand dans sa colère, une colère qu’il regretta aussitôt qu’elle s’avança vers lui, contourna le bureau et le saisit au col. Il aurait pu se débattre, la repousser, la flinguer. Mais ce qui lui arrivait, relevait du surnaturel. Il entendait sa voix, au-delà de ses tympans, elle envahissait ses pensées. Une litanie à peine audible, mais oppressante. Elle le tenait fermement, et plantant son regard d’or dans les yeux effrayés de Belian, lui donna sa réponse, sifflante entre ses dents.

      « Si tu refuses … »

    D’un pivot stable elle ouvrit la ligne, bouscula l’Humain qui trébucha pour heurter bruyamment le parquet de bois synthétique. Il tomba nez à nez avec le cadavre raide de son lieutenant. En tremblant, il rechignait.

      « Tu as dit que je t’étais utile … tu ne peux pas …
      Tu ne m’es pas indispensable. Fais un choix, vite. »

    Il n’osa pas regarder mais il l’entendit, la lame quittait de nouveau son écrin, avec ce vrombissement terrifiant qui, semblait-il, l’accompagnait habituellement. La Sith fit un pas, puis un autre. Au-dessus de son épaule il put sentir la chaleur de l’arme menaçante, et du coin de l’œil, il aperçut sa lumière.

      « D’accord, d’accord ! Dis moi ce que je dois faire. »

    La lame disparut aussitôt. Il soupira sans discrétion.

      « C’est très simple. Narella devient l’un de tes lieutenants, tu lui confies la gestion de tes bordels, et autres maisons de passe, les autres filles aussi dépendront d’elle.
      Ça ne marche pas comme ça, je ne peux pas faire ça.
      À partir de maintenant ça marche comme ça, débrouille-toi. Ne t’avise plus de me contredire. Tu as compris ? »

    Il hocha la tête nerveusement. Enfin, il s’était redressé, et bien que toujours assis par terre, il observait désormais la Sith.

      « Donc, tu fous la paix à Narella, tu la laisses gérer cette partie de ton petit trafic. Et bien sûr, veille à ce qu’il ne lui arrive rien, tu serais tenu pour responsable. »

    Il acquiesça de nouveau.

      « Si tu parles de tout ça à quelqu’un, je le saurai. Si tu me désobéis, je le saurai. Si tu tentes quoi que ce soit pour te débarrasser de moi, ou de Narella, je te tue. »

    Cette fois il ne bougea pas.

      « Encore, une petite chose … Tout ceci, tes affaires, ton business, tout ça est illégal, tu le sais. Alors, tu ne verras pas d’inconvénients à ce que je prélève une légère amende sur tout ce pognon sale que tu brasses. Et si, par le concours de ta bonne volonté, nous parvenons à coincer notre cible, sois assuré que ton procès trouvera une issue confortable. »
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By Ranath
#34705
      « D'accord, d'accord. »

    Il se tortillait maintenant un peu, les questions qu’il avait à poser le démangeaient.

      « Et … ça peut durer combien de temps ? »

    La Sith le foudroya du regard.

      « Ça nous prendra le temps qu’il faut. »

    Il n'ajouta rien. Finalement, après avoir fait répéter deux fois Belian, lui en avoir collé une pour avoir bafouillé à l'évocation de l'amende, et l'avoir menacé pour que les changements furent opérés sur le champ, Ranath et Narella sortirent du bureau, quittèrent le petit immeuble et prirent la direction des canaux. Tandis qu'elles longeaient une rue peu passante, la Farghule vida son sac.

      « Tu as menti.

      - Oui.

      - Pourquoi ?

      - Pour rencontrer Belian.

      - Mais pourquoi, tu ne le connaissais pas. »

    La Mirialan arrêta de marcher, forçant Narella à faire de même et à se tourner vers elle.

      « Il ne le méritait pas ? Et les autres, des violeurs ?

      - Donc tu imagines qu'en mettant la main sur les deux bordels de Belian tu vas changer le cours des choses et sauver toutes ces filles de la prostitution.

      - Non. »

    La Sith reprit d'un pas lent, passant devant l'autre qui la regardait d'air un ahuri.

      « Quoi alors ? »

    Elle se dépêcha de la rattraper pour entendre la réponse.

      « Tu peux simplement faire en sorte qu'elles vivent mieux, avec une meilleure paie et une meilleure protection.

      - Oh, je vois, la charité. Et la part que tu ponctionnes ?

      - Pour faire pareil ailleurs.

      - Mais …

      - C'est de l'argent que je prends à Belian, ça ne te regarde pas.

      - Tu ne penses pas qu’il viendra renflouer ses coffres chez nous ? Ça ne te vient pas à l'esprit ?

      - Tu n'auras qu'à me le faire savoir. »

    La Farghule ne trouva plus rien à dire. Elle ne comprenait pas les objectifs de la Mirialan, ni même pourquoi elle lui avait fait ce cadeau. Elle était propulsée au milieu de tout ça, sans explication.

      « Ne voudrais-tu pas être libre, et oeuvrer activement pour cette liberté ? Ne vois-tu pas que le grand plan dont tu fais partie ne prévois pour toi aucune issue ?

      - Le grand plan ?

      - Il y a des milliards de personnes dans ton cas, qui pourraient faire valoir bien des revendications s'ils se levaient tous ensemble. Mais ils pourraient aussi très bien se faire écraser comme des insectes par les gouvernements. La peur les enchaîne. »

    L'autre hochait machinalement la tête.

      « Je veux insuffler au monde une peur plus grande encore pour renverser le simulacre d'équilibre que d'autres ont choisi pour nous. Tu comprends ?

      - Oui, je crois.

      - J'ai besoin d'un réseau, j'ai besoin de personnes comme toi.

      - Comme moi ?

      - Oui, tu es forte. C'est pour ça que j'ai décidé de me mêler de ton sort.

      - D'accord … »

    Elles marchèrent encore longtemps en silence. Jusqu’à trouver une cantina correcte dans laquelle prendre un repas copieux que Ranath offrit à Narella. Le soir approchant, cette dernière proposa le gîte à la Mirialan, elle préféra néanmoins la tranquillité d'une chambre louée par cette même cantina.

    Le lendemain, la Farghule fit faire à son invitée le tour du propriétaire. Belian possédait deux maisons de passe qu’il remplissait de filles à la classe tout à fait discutable. Également une maison close un rien plus chic dans l'espoir de pêcher du notable généreux. Et enfin supervisait une douzaine d'électrons libres qui erraient la nuit sur les trottoirs.

      « Tu te sens à même de gérer ça ?

      - Oui, pour l'avoir fait, je sais très bien de quoi elles peuvent avoir besoin. Je ferai attention.

      - Je vais te donner la fréquence sur laquelle tu peux me joindre. En cas de problème je viendrai t'aider. »

    Narella, lèvres pincées acquiesçait.

      « Tu embaucheras des hommes de main pour la sécurité. Et tu demanderas cinquante mille à Belian. C'est ma part. »
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By Amertume
#34729
La peur, clé de voûte de toute bonne organisation criminelle pour tenir la laisse à ses employés et esclaves, était une arme puissante mais dangereuse car à l'instant ou elle ne fonctionnait plus, la méthode devenait éculée et plus du tout productive. Par une ironie suprême, les syndicats du crime partageaient la doctrine de la peur avec une autre organisation, plus obscure, plus sombre mais tout aussi déterminée, meurtrière et infiniment plus dangereuse. Toujours les Sith avaient régné en s'appuyant sur la terreur qu'ils inspiraient aux autres, se drapant de la peur comme on se drape d'un manteau.

Ils partageaient également avec les criminels une autre caractéristique, à savoir que rien n'était sacré. La fin justifiait et justifierait toujours les moyens. S'il fallait s'abaisser à jouer les macs-à-dames pour un jour ravir le trône galactique, ainsi soit-il. Dame Sombre ou Seigneur Noir, seul le pouvoir suprême comptait et les moyens de l'obtenir étaient légion. L'argent ouvrait bien des portes et derrière ces portes se cachaient d'autres moyens de se rapprocher toujours plus du prix ultime. Rien de surprenant alors de voir la maîtresse des sombres adeptes de la Force s'abaisser à rafler les parts du marché de la prostitution d'un monde quelconque, un parmi une infinité.

Pour l'heure, la peur qu'elle inspirait au petit chef de cette branche du marché parallèle sur Balmorra suffisait pour qu'il soit mis au pas, docile et loyal. Mais la loyauté, une Sith ne le savait que trop bien, était chose éphémère et surtout pas à prendre pour acquise. Elle avait affirmé à Belian qu'elle savait tout sur lui et de ses agissements à chaque instant et il n'avait aucune raison de ne pas la croire. Mais son orgueil de petit lieutenant d'un cartel, additionné à son ressentiment, commençaient déjà à peser dans la balance, se disputant le contrôle à la peur qu'il éprouvait pour la Mirialan aux yeux d'or.

Pour l'heure il obéirait, Narella allait devenir la tenancière des bordels et quelques filles de joie des trottoirs, il allait la protéger de ses patrons comme il pourrait et il truquerait les livres de comptes pour qu'ils n'aient pas vent de la déduction envoyée aux "impôts", quitte à sacrifier certains de ses gars pour apaiser ses chefs si des questions venaient à être posées. Tout, plutôt que de risquer de se faire étriper par la verte ou le boss. Mais un jour prochain, l'étrangère aurait une mauvaise surprise un jour ou elle passerait pour faire le point et elle aurait alors droit à un petit comité d'accueil.

Elle croyait pouvoir le soumettre comme un petit toutou ? Pour qui elle se prenait au juste ? Jedi ou pas, elle mourrait comme tout le monde une fois criblée de tirs de blasters ou de coup de vibrolame. Le tout était de préparer convenablement le plan avant de passer à l'acte. Ça viendrait, Belian était patient. Et pour endormir la vigilance de l'autre psychopathe il savait comment procéder. La Mirialan allait avoir une bonne surprise quand elle constaterait le joli paquet de fric qu'il lui céderait en guise de tribut. Elle oublierait peu à peu de se méfier de lui, le croyant brisé. Et quand elle baisserait la garde, good bye. Oui, à bien y réfléchir c'était vraiment un super bon plan ça.

- Gain de Narella la tenancière de bordels comme PNJ de faction (Ordre Sith);
- Gains mensuels de + 150 000 Cr' pour la fiche Ordre Sith, ajout du Champ de Revenus : Parts du trafic de prostitution de Balmorra. Les Revenus passent à + 330 000 Cr', les Dépenses restent à 73 000 Cr', les Bénéfices mensuels passent à + 257 000 Cr';
- Loyauté de la branche du cartel au pouvoir sur Balmorra obtenue, dévolue à la prostitution de la capitale planétaire. Au moins provisoirement.
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