L'Astre Tyran

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Taris est un monde densément peuplé, urbanisé et pollué à l'extrême. Les classes supérieures occupent les sommets des gratte-ciels tandis que les plus pauvres vivent privés de lumière dans les couches inférieures. Loin du sommet des bâtiments, la surface est principalement composée de marais nauséabonds et de champs d'épaves de vaisseaux.
Gouvernement : Empire
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By Ranath
#35045
    - La face cachée du destin -
    Ironie du sort


    Quelle meilleure définition donner à la Force, sinon la Lumière ?


    Il y avait eu cet affrontement sur Mirial. Les trois créatures s’étaient dressées face à Ranath, surréalistes. Parmi elles, la silhouette. Tout cela avait été si soudain, et si surprenant, qu’on l’aurait dit sorti tout droit d’une imagination délirante. La Sith s’interrogeait. Pouvait-elle créer ces choses ? Était-il une illusion si puissante qu’on put la toucher ? L’on racontait que cela pouvait exister. Mais elle, en était-elle capable ? La raison voulait que non. Alors, quelqu’un, quelque chose se jouait d’elle. Et depuis longtemps, trop longtemps. Le bilan était simple. L’Ordre avait de nombreux adversaires, mais le Maître peu d’ennemis avérés. Il fallait que ce quelqu’un eut connaissance de l’existence de Ranath. Non, pire. De Mya. Ce quelqu’un connaissait Mya. Un Tellis, un Thran, un Jedi. Cette piste plut dans un premier temps à la Dame Sombre. Il était quelqu’un, un survivant, pouvant la contacter, suivant ses faits, et à qui elle avait promis la mort. Une mort lente. Par les viscères, avait-elle précisé. Le conflit qui les opposait n’avait que trop duré. Elle se rendrait sur Taris, et elle le tuerait, comme promis.

    Vêtue comme une rôdeuse, ne s’armant que d’un sabre et d’une dague, la Sith avait, comme à l’accoutumée, tout abandonné sur Dargul. Victime de paranoïa, elle n’utilisait même plus son vaisseau. Le voyage serait un rapide aller et retour. Elle l’éventrerait, de bas en haut. Elle n’avait même pas la prétention de lui soutirer quelque information. La vengeance, pure et simple. Quand le cargo se posa sur Taris, Ranath ressentit tout d’abord monter à son coeur un souvenir aussi chaleureux que malheureux. La pensée du Zabrak n’était jamais entière, toujours teintée d’une tristesse qu’elle n’expliquait pas encore. Mais rien n’entamait sa conviction. Elle ne pouvait se soustraire à l’obligation de sa besogne. Il devait mourir, comme un chien, comme l’ennemi d’un Sith. Le chemin était tout tracé, la Dame Sombre le suivit. Et au bout de la file des voyageurs qui voulaient entrer sur le territoire de Taris, se dressait la première épreuve. La Mirialan en prit connaissance en amont, projetant son esprit devant elle. Ici, l’Empire. Ici, un pauvre Humain fatigué. Un esprit simple qu’on persuada d’une pensée et d’une poignée suffisante de crédits. Hors de question de se soumettre au contrôle.

    Darth Ranath savait où aller. Elle n’avait suivi l’itinéraire que deux fois, pourtant, ses pas la guidaient sans une hésitation. Sous terre, dans cet immeuble, ce terrier miteux, se cachait sa proie. Facile de monter les étages. Facile de pénétrer dans l’appartement. Facile de trouver la cachette. Mais il n’y avait plus personne. Pourtant, il avait été là. Là, elle avait pris son sabre, là elle lui avait dit adieu, de là il l’avait contactée. Et maintenant … une pile de vêtements sur le lit, un vieux datapad, un verre vide. Le vieil homme n’était plus là. Ranath tira son sabre par instinct, et son senseur crânien lui souffla prudence.

      « Il est mort. »

    La Mirialan pivota d’un bloc.

      « Imril ? »

    L’enfant avait bien grandi. Ses yeux étaient devenus si clairs, et ses cheveux avaient conservé leur blondeur insolente.

      « Keijin est mort. »

    Il portait une tunique délavée qui avait dû être verte un jour et un long manteau gris.

      « Qu’est-ce que tu fais là ?

      - Et toi ?

      - Je voulais voir Alek.

      - Le tuer. »

    Un rictus haineux tordit la bouche de l’enfant. Non, ce n’était plus un enfant.

      « Tu n’auras pas ta vengeance. »

    La colère emporta soudain Ranath.

      « Que fais-tu ici ?! »

    La lame rubis rugit avec force et s’abattit sur l’Humain, lui-même parant d’une lame saphir. Il repoussa l’assaillante et se mit en garde.

      « Je t’attendais. »

    Il attaqua à son tour, provoquant un nouveau choc énergétique.

      « Il savait que tu viendrais ici. J’attends depuis des jours. »

    La Sith dégagea la ligne et prit de la distance.

      « Je te pensais mort.

      - C’est tout comme. Tu m’as abandonné ! »

    Nouvelle charge.

      « Il m’aurait tuée ! »

    Nouvelle prise de fer.

      « ASSEZ ! »

    Imril libéra sa lame, et reculant d’un pas, chassa pour éloigner Ranath. Le saphir vrombit rageusement, taillant la joue de son ennemie qui battit en retraite avec surprise. L’Humain se redressa, constatant l’offensive terminée.

      « Tu es son apprenti. Non, sur Korriban, ce n’était pas toi.

      - Sur Korriban, c’était mon apprenti. »

    La vérité foudroya Ranath. Resserrant son emprise sur la poignée de son sabre, elle s’empressa de poser sa question.

      « Tsadqielle est toujours en vie ? »

    L’autre parut surpris.

      « Qui donc ? »

    Un sourire dédaigneux éclaira son visage. Il savait. Ranath était persuadée qu’il savait.

      « Où est-elle ?! »

    Mais il armait déjà une nouvelle attaque. Un Djem So parfaitement maîtrisé. La Mirialan comprit alors. L’histoire se répétait. Les apprentis marchaient dans les pas de leur maître. Morelion, Krayt, et tous les autres n’avaient rien changé. Il n’y avait qu’un maître, il avait transmis sa mission, elle était inscrite au fond d’une mémoire ignorée. La lame saphir frôla de nouveau la peau d’émeraude, réchauffant dangereusement la nuque de la Dame Sombre. Il n’était pas plus fort, mais il avait pour lui la vérité. Elle jura entre ses dents, contrant de peu l’estoc qui fondit sur elle. Momentanément, il la surpassait. Non, il n’était pas plus fort. La haine inspira soudainement la Sith. Avec un cri de rage, elle reprit l’ascendant, parant, balayant et fendant. Mais Imril n’avait que trop bien préparé son coup, et alors qu’elle allait lui trancher la gorge, il se faufila hors de sa portée, et disparut.

    La pièce était vide. Froide. Morte. Il était parti. Lui, la vérité, la vengeance, envolés. Il n’y avait plus que de la colère. Et … et …

    Regarde.

    Tout près.

    Tu as trouvé ?

    Ce que Ranath ignorait, c’était le piège tendu par l’apprenti d’Alek. Leur échange n’avait duré qu’une poignée de minutes. Un Jedi, je crois, avait-il dit. Avec cette arme, là, qui fait de la lumière, avait-il ajouté. Il l’avait retenue un peu, et il avait filé. Tandis que lui se faisait discret, elle enrageait. Trop préoccupée pour se cacher. Une Mirialan, pas de tatouages. Et puis il y avait l’autre, elle était revenue, elle n’arrêtait pas. La Sith ne vit pas venir le danger, perdue dans ses souvenirs, dans le passé. L’adresse ? Oui, attendez. L’Empire serait ravi de trouver là une sensitive menaçante.
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By Harlon Astellan
#35047
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Taris,
Un beau matin


On sentait toute la Force sur cette planète. Habitués qu'ils étaient aux visites chez le médecin de quartier, les habitants ne respiraient plus par rien d'autre que leur propre nez. Ce qui était un vrai danger. Sur Coruscant, on respirait de l'air recyclé, purifié, traité dix fois cent fois dans les usines qui ronronnaient au 500ème niveau, ses tuyères en plastoïde troué déversant de l'air ambiant appauvri en dioxyde de carbone. Ces turbines étaient un rêve sur Taris. Le dioxyde de carbone était un à-côté du quotidien. Rien d'inhabituel. Les plus frileux portaient des filtres surpuissants, mais se faisaient vite rappeler à l'ordre par les autorités : on ne dissimulait son visage que si l'on avait quelque chose à cacher. Alors la politique avait changé, de la prévention au curatif bête et méchant : on donnait des vitamines par ampoules lors de distribution publique, ou à domicile, on prescrivait des médicaments qui stoppaient la nécrose des cellules du poumon. Les Skakoans eux-même ne laissaient leur filtre fermés qu'à moitié. La mortalité était moins forte qu'avant, mais la vie était plus molle. Les cancers avaient disparus, les médicaments faisaient un redoutable effet. Mais la pollution amenait son autre lot de maladies opportunes. L'agent en toussa bruyamment, dans son mouchoir. Parfois, il y voyait du sang. Il avait cette rare affection qui attaquait les muqueuses, et lui promettait des douleurs extrêmes dans les mois à venir. Il avait prévenu sa hiérarchie : on allait le muter à Gala, planète autrement plus respirable, d'ici deux semaines. En attendant, il faisait le nécessaire : contrôler les gens à l'astroport.

« Avancez je vous prie... » Plus vite que ça... « Pour des raisons sanitaires, nous faisons passer un test bactériologique à tous les arrivants sur Taris... Veuillez poser votre doigt ici. Un prélèvement sanguin sera effectué. » Puis, s'empressant de marmonner, sans plus de conviction après 1385 passages aujourd'hui : « C'est sans danger. » Le Twi'Lek posa son doigt, l'appareil sonna négatif. « Merci, vous pouvez circuler. » Taris avait des visites régulières de non-humains. S'ils le débectaient, il tâchait de rester professionnel. « Bonjour citoyenne. » Laïus, toujours, encore... « Pour des raisons sanitaires je... Je... je n'ai pas besoin de vous faire passer ce test. Vous pouvez passer... Et j'accepte ces quelques crédits pour mon devoir parfaitement accompli. » Il regarda les crédits sans trop savoir. Ce n'était pas une bonne idée d'un coup. « Mais pourquoi elle passe, elle ?? » Allons donc ? La suivante dans la file, témoin d'une dizaine de passages, semblait tout à coup très en colère. « Madame, je vous prie de rester calme et de poser votre... - Mais d'où calme, d'où que je dois rester calme ? Pourquoi elle passe sans rien faire elle ?? » L'agent commença de s'énerver. En plus, la femme était une Devaronienne. « Madame, je vous prie de vous calmer ! Elle n'avait pas besoin de... - C'est n'importe quoi ! On favorise les presqu'humains c'est ça ? Parce que j'ai une fourrure j'ai moins de droit ? Appelez-moi le gérant ! - SÉCURITÉ ! » L'agent eut le loisir de s'adonner à son loisir pour briser la monotomie, en attendant les StormTroopers qui emmèneraient l'importune. Ce loisir, c'était la passer à tabac avec sa matraque.

Il allait peut-être demander à rester plus longtemps finalement...




Dans un sous-sol, au niveau 17, on pouvait arpenter une rue comme on en voyait dans toutes les oecuménopoles : plafond en ciel artificiel, du bois contreplaqué détrempé, des lampadères, fonctionnels une fois sur deux à peine, et un permabéton fissuré qui n'avait plus connu d'entreteneur depuis longtemps. La crasse n'était pas impériale ici : juste pauvre. Mais on voyait une différence d'avec la crasse de Coruscant : ici, on payait des protecteurs. Quatre soldats en armure blanche, menés par un officier en tenue noire. Le fusil E-11 était dépassé ici-bas : on s'équipait d'une tenue dorsale et d'un DLT-19 en mode létal. La racaille, elle aussi, se tenait à des rondes aléatoires : le crime s'organisait par peur de l'impérial. Les citoyens attendaient les rondes pour partir devant, ou suivre à l'arrière, assez près pour profiter de la peur de l'uniforme, assez loin par peur de l'uniforme. Entre deux rondes, la Mirialan put passer, et entrer dans un genre d'immeuble qui faisait office de... logement... du moins de squat pour représentant de l'hors-la-loi. « Regardez qui s'isole dans un immeuble sans issue... » Celui qui parlait, c'était un homme comme on en voyait que trop. « Une alien, toute seule... » Etait-ce la peau verte ? Les tatouages qu'il devinait ? Il imaginait déjà un motif de vague entourant deux seins bien bombés, à palper avec force, avant de lui faire sauter quelques dents. Tout se cautionnait ici... surtout chez les gangs de rue qui passaient, eux aussi, entre deux rondes. « Allez mes p'tits droogies... On baise sur Mirial ce soir ! - Sur Mirial, mon frère ? - Enfin... sur du Mirial, mon frère... »




Les bas-fonds avaient leurs rades. Dans ces rades, on avait toutes sortes d'individus, allant du louche taiseux au louche bavard. Les deuxièmes se vantaient de leurs exploits, les premiers se contentaient de ressasser les leurs. L'un d'eux, en face d'une ruelle qui laissait passer quelques gens en quête de drogue bon marché - coupée avec des médicaments périmés, des saletés qui condamnaient toute une génération - entra à son tour. « Un p'tit calva, steuplé. » Cet homme, on le connaissait bien ici. On l'aimait et on le détestait. On l'aimait parce qu'il n'emmerdait personne, il payait des tournées de temps en temps, et il faisait un compagnon de table des plus intéressant. On le détestait parce qu'il était celui qui, ici, se vantait le plus, et qui, en sus, avait de quoi se vanter. S'il enjolivait toutes ses histoires, la moindre tentative de vérifier ses bobards avaient débouchées sur des vérités complètes. Le type se présentait comme un Dieu de la Chasse, et il était bien un Dieu de la Chasse. Vantard, pas menteur. Le genre qui faisait grincer des dents. Il venait ici pour deux raisons : un, il connaissait le patron. Deux, il venait souvent consulter la liste de Chasse à la Prime locale, celle que les autorités voulaient à tout prix faire fermer. On ne touchait pas de commission d'état sur les primes du demi-monde. « Tu payes avec quoi ? - Avec ça ma poule. » L'homme déposa un tissu, vert kaki, tâché de sang vert fluo. « Attend, c'était pour couvrir le nez ça. Voilà le reste... » annonça-t-il, sortant une tête stupéfiée de Rodien, posée à même la table. « La prime sur Dextar-Tire-Qu'une-Fois. C'était 1600 mort, hein ? » Le patron soupira. « Tu ramèneras donc jamais de cible vivante ? Allons bon... 2000 vif, 1600 mort... moins le calva, et la salissure sur le comptoir... - Il était déjà dégueu' ton comptoir... - 1500. » Vendu. Il empocha ses crédits impériaux, les foura dans la poche intérieur de son trench-coat, qui pesait déjà de trop pour aujourd'hui, et s'enfila le calva... cul-sec ! « T'en a d'autres pour moi ? - La limite c'est trois par jour, tu les a toutes prises... Ca te fait combien en salaire ? » L'homme tapota sa poche, et répondit, tout sourire. « Celle-là plus les deux de ce matin... Un bon 4000. Nets d'impôts. » Un bon chasseur. En salaire journalier, ça faisait une paye qui égalait presque celle d'un chasseur comme Dengar à la fin du mois. Avec plus de sérieux, il aurait pu talonner Boba Fett ou Bossk. Auscultant son chapeau qui dépassait de son front d'un bon demi-mètre, sa sacoche pleine d'instruments amusants, il jeta un regard dans la rue, sous la devanture en néon qui clignotant sous le mauvais raccordement électrique. « Tiens, y a pas une prime sur ces camés qui matraquent des passants ? » Le patron regarda par-dehors. « Si... Une prime citoyenne comme on dit. Un rassemblement de gens qui aimeraient marcher tranquillement le soir. » Il les reconnut. La prime n'était pas élevée ; en proportion des revenus des habitants. 3000 crédits pour un groupe de six, c'était moins de la moitié de ce qu'on pouvait attendre. Mais il avait lu la liste des reproches. Saccages. Pillages. Viols. Meurtres. A ce compte-là, il l'aurait bien fait gratis. « Prépare un calva pour quand je reviens. »

Il avait une chasse à faire.




La bande avait grimpé, sans trop faire de bruits, triques en fer à la main, vibro-lame dans l'autre, plaques en phrik récupérés sur des cadavres de Forces Spéciales venues s'aventurer trop profondément dans le coeur de la planète... Tombant sur le dos de la Mirialan, trop occupée à faire des... Ils n'auraient rien su en dire. Se coordonnant, l'un d'eux prit sa matraque... et han ! Soulevant le cou de la femme, tirant en arrière sur sa barre qui comprimait sa trachée. « Et hop ! Ahahah ! - Tenez-lui les jambes ! - Les bras, les bras ! » A six, il fallait pouvoir tenir la bête ! L'empêcher de se balancer, de rattraper le coup ! L'étrangler assez pour lui soutirer des forces, le temps de lui ouvrir tout l'ensemble... de soulever ses jambes, de faire glisser le pantalon. « p#&!n, qu'est-ce que t'es bonne toi ! » Fantasmant... toujours, sur les dessins bien placés, fantansmant sur l'odeur de sueur verte, sur le sel de ses larmes qu'il allait lécher d'un gros coup de langue... Sur la mouille qu'il allait forcer à faire sortir... « Tenez-la bien, on va commencer par une petite... » * PEEEW ! *

ImageAlors qu'il avait la main coincée dans le pantalon, au niveau de la braguette, le torse, lui, était complètement parti. Des épaules partaient un arc de cercle parfait qui rejoignait l'autre 'épaule, tenait les bras en position, mais faisait un au-revoir galant à la tête et aux pectoraux, détachés en lambeaux de chair roussies et éclatés contre le mur du fond. La tête, pendues au sang séché venant du cervelet, affichait une expression de surprise à peine contenue. « C'est con, la prime venait pour le lot... » En un dernier coup, il explosa la zone génitale sur un rayon de cinquante centimètres de celui qui tenait un bras de la malheureuse - qui allait s'en sortir semblait-il - avant de laisser tomber l'engin. Un deux-coups qui demandait des réflexes ensuite. Sortant un poignard long comme son avant-bras, l'homme commença à mettre en pièce deux assaillants, tandis que les deux derniers tentaient de le contourner, oubliant complètement la Mirialan. Le couteau à un tranchant cueillit les gorges des deux premiers, d'un coup tellement précis qu'il tenait du prodige... Puis, se jetant au sol, dans un roulé-boulé de perfection, sectionna la fémorale, puis, planta au haut du pubis, monta d'un trait sur la carotide, contournant avec précision la zone du sternum, ne piquant au passage que les embouts cartilagineux des côtes. Pour le dernier, il fallait procéder vite avant qu'il s'enfuie... Lancer le poignard suffit largement. Le dos du bonhomme faisait une cible facile, du blanc avec des bretelles noires croisées en X au niveau de la 5ème lombaire. L'homme exulta de joie, et sourit comme un maniaque, roulant allègrement des mécaniques, avant de se souvenir qu'une femme avait failli se faire violer par une bande de malades mentaux... « Ça va m'dame ? Ils vont ont rien fait au moins ? »
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By Ranath
#35052
    La détonation retentit comme un coup de tonnerre. Elle avait surpris tout le monde. Mais ce n’est qu’à la seconde explosion qu’ils lâchèrent prise. La Mirialan se releva instinctivement, attirant à elle le sabre qui avait roulé sous la table. Elle ne l’alluma pas. Deux étaient déjà morts. Les autres y passaient aussi. La Sith réalisait avec difficulté ce qui était arrivé. Elle n’avait pas eu le temps d’avoir peur. Son seul réflexe avait été de concentrer toute son énergie, toute cette force … ça leur aurait pété à la gueule. Et après, elle se serait fait un plaisir de leur arracher les yeux, et de leur faire bouffer. Elle avait désormais ce trop plein de fureur, qui faisait battre son cœur plus vite, à évacuer. Une déflagration violente qu’elle n’aurait su libérer ici en présence de son sauveur. À moins qu’il ne servît d’exutoire …

      « Ça va m'dame ? Ils vous ont rien fait au moins ? »

    Tout va bien ?
    Ça va ?

    Ça va.


    De quoi se mêlait-on ? Calme, calme, calme.

      « Ça va ... »

    Non, elle devait exploser quelque chose. L’éclat pourpre quitta son écrin, elle en tenait la poignée à deux mains, et abattit la lame de toutes ses forces sur le lit où ce c#?%!d de traître avait dû crever. Le vieux meuble céda sous l’impact. La lame disparut aussi vite qu’elle était apparue. Ranath se redressa, satisfaite du résultat.

      « Ça va. »

    Elle rajusta le pantalon que ces abrutis avaient tenté de lui retirer, replaça le sabre à son côté, et d’un geste rageur, termina de déchirer la tunique, qu’ils avaient déjà bien amochée, pour la jeter sur les décombres du lit. Enfin, elle referma sa veste sur la brassière qui lui faisait office de sous-vêtement.

    Mya.

    Mya.

      Mya.


    Quelqu’un allait payer pour cette mésaventure. Du côté des responsables, on n’avait que l’embarras du choix. Il y avait l’apprenti du traître, la créature sans visage, mais surtout, surtout, il y avait la louve. Si cette petite idiote avait obéi, si elle avait rempli sa mission, nul besoin de venir sur Taris, de se confronter au gamin, de subir la proximité de ces porcs. Pourquoi n’était pas venue là ? Où était-elle ? Que faisait-elle ? Le vieux Jedi était la priorité. C’était la première tâche qu’elle lui avait confié, non ? Qu’avait-on fait de bien depuis qu’on suçait la patience de la Dame Sombre ? Rien. Rien. Rien. Viens sur Taris, trouve le vieux, trouve l’apprenti. C’était d’une simplicité effarante. Pourquoi n’était-elle pas venue ?!

    Regarde.

    Ça continuait. La Mirialan se frottait les yeux du dos de la main. La douleur revint. La cicatrice irradiait de chaleur. Elle ne savait plus dire si c’était réel ou non. Mais l’expérience du jour prouvait qu’il valait mieux régler le problème rapidement, avant de tomber sur un adversaire d’égale mesure. Tous ces fantômes étaient autant de chaînes qui la maintenaient au sol. Comment les faire taire ? Ils trouvaient toujours un moyen de l’atteindre. Elle aurait payé cher pour ne plus les entendre, ne plus les voir, se couper de tout, cesser d’être. Peut-être, tout simplement, ne plus être.

      « Merci. »

    Ça devait se dire en de pareilles circonstances. Merci de rien du tout, à peine pour le temps gagné. Ne pas traîner. Un dernier regard autour d’elle. C’était dégueulasse. Sans plus un mot, Ranath prit la direction de la sortie, enjamba un cadavre et redescendit les marches grimpées plus tôt. Elle avait à peine la concentration nécessaire à projeter devant elle son esprit fébrile. Elle ne fixait ses pensées que sur une seule idée : partir. D’un regard jeté par la fenêtre du palier du premier étage, elle aperçut dans la rue un rassemblement inhabituel. Des troopers. Elle jura pour elle-même et se mit à couvert. Il n’y avait que deux issues. La porte en bas, et les toits en haut. Par en bas, elle pouvait tenter le saut, un pas dans la Force, et elle serait hors de portée. Par en haut … par en haut, elle ne savait pas, ce n’était qu’une supposition, elle avait vu Imril filer par là. Elle attendit. La réponse à sa question muette vint rapidement, c’était bien cet immeuble qui intéressait les troopers.

    La réalité était toute simple. Son petit excès de colère l’avait vidée. Elle n’allait pas sortir de là si facilement. La Sith ajusta sur son nez le masque de kevlar qui ne la quittait jamais. Lentement, elle descendit l’escalier, ouvrit la porte de l’immeuble, et sauta. Elle se glissa dans la Force, disparut aux yeux de ceux qui avaient le regard tourné par là, et reparut à bonne distance, le long du mur de la rue. Cela ne pouvait passer inaperçu. Seulement lui faire gagner une légère avance. Elle savait la sortie toute proche. Elle n’avait bien sûr pas oublié que le tunnel était désormais obstrué. Elle improviserait. La Mirialan se mit à courir quand elle entendit derrière elle un éclat de voix. L’escalier était tout proche, elle l’atteignit en ce qui ne lui sembla être qu’une paire d’enjambées. C’était en vérité bien plus. Par acquis de conscience, elle vérifia que l’ascenseur était toujours hors d’usage. Il l’était. Sans une hésitation, elle s'engouffra dans la cage de l’escalier de service, pour la troisième fois.

    Les marches, dévorées quatre à quatre par ses pas pressés, la menèrent à nouveau au fond de Taris, au plus bas. L’endroit était une impasse. Ici, les petites maisons étaient vides, plongées dans l’obscurité. Le peu de lumière qui éclairait la place provenait de l’escalier. Un pas de plus, et l’on plongeait dans le noir total. Au fond de la ruelle sans issue, il y avait un mur effondré. La brèche donnait accès au réseau des égouts. À gauche, la sortie, un long chemin qui lui était fermé. Il lui faudrait investir une force colossale pour déblayer les décombres et s’enfuir. Cette force, elle ne l’avait plus. À droite …

    Combien étaient-ils après elle ?

    Va à droite.
    Tue-les.
    Extermine-les.

    Elle mourrait elle aussi. C’était peut-être appréciable.

    Darth Ranath se laissa tomber à genoux, à la frontière entre ombre et lumière.




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By Harlon Astellan
#35057
Le moins qu'on puisse dire, c'était que la gamine avait un genre de répondant. Elle se relevait à peine de sa tentative de viol - c'était quand même vaguement grave comme sujet - qu'elle bousillait déjà du mobilier, pour expulser. Le hic qui aurait du le faire paniquer, c'était l'objet qui bousillait le mobilier : un sabre laser, le genre pourpre, sans équivoque. Le chasseur observait, un sourire en coin sur les lèvres. Il regarda le manège : le sabre laser raccroché, le pantalon réajusté de façon fonctionnelle, et la brassière qui lui serrait les seins, histoire de ne pas être gênée par le balancier mammaire pendant un combat. Il ria franchement. « Décidément, je fais collection... Vous savez que vous êtes la quatrième ? » Pas femme baisée. Plutôt le genre... « Quand je dis quatrième, ça devrait être sixième de façon générale. » Il pointa le sabre laser. « Quatrième Sith, du moins. » Il termina son rictus. « Désolé ma belle, mais ton style de guerrière et tes beaux yeux en rouge et or te trahiront toujours... » Mais elle ne l'écoutait pas. Elle filait à la sortie, puis revenait, regardait à la fenêtre. Il passa lui aussi la tête quand l'occasion lui fut donnée. « Madame Hudson, vieille bique ! Vous avez encore appelé la patrouille ! » Il connaissait bien le voisinage. Il avait crié en direction de la voisine. « Merci. » l'homme salua de son chapeau. « Y a pas de quoi... Mais tu veux p't'être que je t'héberge pendant un temps non ? Ces loustics sont du genre... » Elle était déjà partie dans les escaliers. Et bah ! En voilà une pressée. Il s'élança à sa poursuite et s'arrêta au bord du garde-fou, pour lui hurler franchement : « Hey ! Si tu croises Alemidna Zannar, une Sith Nagai... » Qu'il ne connaissait pas sous le nom de Darth Lyria, mais tout de même, il avait fait affaire avec... « ... dis-lui que ... » mais elle était déjà partie. Plaisir d'offrir...

Puis, il dévala à son tour les escaliers, avant de poser une claymore près de la porte. Les patrouilles n'avaient plus l'habitude du matériel de guerre. Mais s'il en posait une maintenant, il allait réintroduire les vérifications systématiques des endroits dans les bas-fonds... Il grillait un joker de poids en voulant se marrer un bon coup. Il fit juste glisser quelques cailloux, et fouilla dans sa sacoche. Il allait offrir à la donzelle une diversion de la taille de ses burnes. « Hop hop les loustics ! » Il craqua son détonateur et le balança aux pieds de l'officier. « Grena... » Et paf, pâte à crêpes ! Comme un marron laissé au four sans entaille, le groupe vit l'officier partir en pop-corn, repeignant le lampadaire d'une jolie couleur au passage. Les impériaux étaient toujours très urbains niveau décoration. Un street-art de patron. Terminant vite avec seulement son deux-coups non rechargé et sa Carabine Lourde 9118 rodienne, se décida à faire une sortie, et à pulvériser l'équipe qui restait. Ils étaient venus à 4, plus l'officier. Ça paraissait peu. Le tout fasse au bar, duquel sortit le patron. « Bon sang, tu viens de... » L'homme le stoppa net. « Je sais, je sais ! Je vais me faire discret pendant un moment... Ma tête est déjà mise à prix. » Le patron le savait. Le bonhomme était un des rares du rade à être dans la liste des "Plus Recherchés". 500.000 sur sa tête, plus que ce qu'il chassait depuis quelques mois. Avec cette patrouille pulvérisée à la grenade, il passerait vite à la Liste Noire. S'il n'avait pas au moins Dengar aux fesses, il s'en sentirait vexé. « Dit aux gens que je me suis occupé de leurs violeurs. C'était gratuit. » Il mâchouilla un morceau de chique et le cracha aussi sec. « Je reviendrais dans un mois ou deux. » Puis, l'air de rien, le bonhomme repartit chez lui, en passant par les égouts... « Et bah. Tu lâches pas l'affaire toi. » Il pointa un ensemble de cartons sur le côté. « L'entrée c'est par le carton d'électroménager. » Il le souleva, l'invita à passer, avant qu'il y aille lui-même. « Si tu dois crécher un jour ou deux, tu me dis. J'ai un chez-moi là-dedans. Ca paye de la mine, même si on croirait pas. » Il reprit un morceau de tabac à chiquer, et le mastiqua avec dégoût, tout en se grattant sa barbe de trois jours. « Y a un matelas, un sommier, et en bon état. Et de quoi manger. » Il cracha son morceau. « Mais vous autres z'avez pas besoin de manger je crois... »




La Patrouille fut retrouvée par l'escadron appelé par la voisine, qui vint trois minutes après, tout juste. Le détachement était autrement plus conséquent. Autrement plus équipé. Autrement plus professionnel. Des commandos, en armes longue-portée, avec des explosifs en bandoulière. Quatre ShadowStormTroopers. Capteur holographique à la main, à quadriller la zone, interroger les voisins en les intimidant, arrêtant les gens arbitrairement, menaçant le patron du bar. « On a vu un gars entrer... il a tué de jeunes gens... des petits gars qu'on aimait bien dans le coin... » bredouillait-il, « Puis il a détruit la patrouille à coup de grenades et... » marmonnait-il, bras en l'air, ses clients faisant les gros yeux. « Un grand type, à la peau noire... Et des cornes qui sortait de sa capuche ! Les yeux méchants, aux orbites vides, avec un costume-cravate... Le genre tueur à gages... » Une descritpion qui leur convint, vu qu'ils repartirent aussitôt... vers les égouts. Le patron fut mit aux arrêtes pour faux témoignage dans la foulée. L'Empire allait chasser du Sith...
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By Ranath
#35072
    Elle était piégée, sans solution. La Sith avait plus ou moins résolu d’attendre là, que quelque chose arrivât. Peut-être avait-elle envisagé de se glisser dans un trou de souris et d’y dormir un peu. Mais tout ce qui arriva, ce fut ce type. Ranath se releva, pivotant vers lui arme à la main.

      « Et bah. Tu lâches pas l'affaire toi. »

    Il la suivait ? Il n’en fallait pas plus pour l’ouvrir en deux d’un coup de sabre. L’homme savait se défendre, elle l’avait bien vu là-haut, mais en rien il ne pouvait faire barrage à la puissance de la Dame Sombre. Le poing d’émeraude resserra son emprise sur la poignée argentée.

    Il l’invitait.

    La proposition bloquait toute agressivité immédiate, convertissant la rage en un mélange de douce stupéfaction et d’incertitude. Elle hésita. Son regard porta jusqu’à la brèche. Par cette issue condamnée subsistait un souvenir. Un petit éclat de mémoire qui s’éloignait, jour après jour. Ils s’étaient menti l’un à l’autre, formulant une promesse que ni l’un ni l’autre n’aurait su tenir. Un jour, il faudrait faire un choix. Pour Ranath, c’était déjà tout vu. Prisonnière de son propre paradoxe, elle s’accrochait à la seule constante qu’elle eût jamais connu, jusqu’au fanatisme.

    Son sauveur lui proposait une échappatoire. La Mirialan saisit l’opportunité d’une issue, prolongeant sans certitude le sursis. Au-delà du carton, s’étirait un chemin sinueux, qui entre décombres et déchets les mena à la planque promise. Dans pareil trou à rat, on ne s’attendait à un tel confort. Il y avait effectivement de quoi rester trois jours sans devenir fou. D’un regard circonspect, Ranath explorait l’endroit.

      « Comment tu t’appelles ? »

    Le ton de sa voix allait de paire avec méfiance, et paraissait trahir une activité cérébrale double.

      « Pourquoi tu m’aides ? »

    La question lui semblait légitime, bien qu’elle ne s’attendît à aucune réponse particulière. Le fil de sa pensée remontait à rythme lent celui de sa mémoire récente. Cette aide qu’il avait apporté était appréciable, mais superflue. Aider Ranath, c’était en quelque sorte se mêler de ses affaires. Et peu importait la situation, la Sith préférait la solitude en toute circonstance. La solution venait toujours, sans besoin d’aide extérieure. Elle n’allait pas lui en vouloir, non. Elle gardait à l’esprit que ceci n’était peut-être rien d’autre qu’un pavé du chemin.

      « Tout à l’heure, tu évoquais les Sith. »

    Désormais, elle l’observait lui.

      « On a beaucoup parlé de Sith ces temps-ci, avec cette histoire de flotte d’invasion, au Nord. »

    Était-ce à cela qu’il faisait référence ? Ou à d’autres utilisateurs minables d’une Force ténébreuse ? On avait tôt fait de taxer n’importe quel guignol de foire un peu agressif, et qui soulevait des cailloux avec la tête, de Sith. Elle-même n’était pas à proprement parler une Sith. C’était se méprendre que de considérer cette organisation chancelante comme un Ordre. Et les titres de Darth qu’ils se distribuaient comme des images aux enfants d’une classe élémentaire, ces titres avaient été usurpés.

    Quelques questions, donc, lancées sans espoir, pour mieux comprendre l’énergumène.
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By Harlon Astellan
#35083
ImageRien n'échappait à son regard. Jamais rien. Visage, mains, torse, jambes, pieds... Tout ce qui se voyait et se devinait tombait dans son cerveau hyperactif. L'arme à la main fut enregistrée, sourire en tête, sourire de tête, pour accueillir la menace qui ne l'effrayait pas à un seul moment. « Le résultat te déplairait ma belle... » Il réitéra son invitation. Les égouts ? On y passait par là oui. Une fois les grilles découpées. Subtil et pas du tout pour témoigner de son passage... Un mec pas malin découpait l'entrée et y allait. Un mec à moitié malin découpait et prenait un autre chemin. C'était sans compter sur les traqueurs impériaux : ils savaient déterminer avec la crasse récente s'il serait vraiment passé par là. Autant y aller à l'issue qu'ils ne connaissaient pas, et ne connaîtraient jamais. « Suis-moi ! » Il la laissa passer, puis s'y engouffra à son tour, sauta avec adresse dans une flaque d'eau croupie, laissée à macérer des années durant. Il poussa un rat ou deux du pied, marchant en tête, bandoulière cliquetante et arme au poing. Sans aller jusqu'à se presser, il poussa la marche à un bon rythme, tournant à droite, à gauche, descendant des échelles de service... Ils devaient être à un niveau bien inférieur à ce qu'on aurait pensé qu'il soit possible. « Les égouts communiquent sur 30 niveaux. Tout converge vers une turbine à 5 niveaux de là. C'est un chemin vers les meilleurs bas-fonds cet endroit ! » Un dédale pour les aventuriers, un raccourci pratique pour les initiés. Sur une platreforme de service, il tira une série de leviers cachés, avant qu'un mur ne s'ouvre discrètement. « Une planque que j'ai construit pendant deux ans. Mais ça valait l'coup ! » Et pour cause. L'intérieur ne laissait rien paraître de son confort, compte tenu de l'endroit. Verrouillant l'accès derrière eux, il la laissa admirer. Un sol en lino propre, nettoyé par un droïde souris qui passa en couinant, un recycleur d'air qui le rendait frais et bien-odorant, deux frigos neufs, un lit fait au carré, taille du roi, un canapé convertible à quatre places, un terminal holovision, un tapis et une petite bibliothèque, sans compter les rangements à épicerie et vêtements, le tout sur un bon soixante-mètres carré, avec des murs repeints, clairs sous le nombre de spots, et en une seule pièce carrée sans séparation interne. « Hey oui, je gagne de l'argent pour avoir un minimum de luxe tu vois. » Il montra le lit et le canapé. « Tu prends le lit, moi le canap'. Ou à deux dans le lit. » Il la balaya de haut en bas. « Tu manqueras tout sinon. » S'il l'avait entendue, il n'écouta pas la réponse. « Comment tu t'appelles ? » La question subsidiaire. Toujours ! « Bah... j'en ai, des noms. Des vrais, des faux... J'ai plus de vrais que de faux au final, si bien que je saurais pas te dire comment je m'appelles vraiment... » Ses yeux ne riaient plus en disant ça. un garçon avec un gros problème d'identité, visiblement. « Il y en a un que j'aime bien par contre... » Il reprit contenance, souriant de nouveau, pour répondre avec fierté. « On m'appelle John Emsar. »




Le commando se déplaçait en silence. Mais devant les égouts, il fallait se rendre à un genre d'évidence. Le traquenard était réel. Leur équipe ne couvrirait pas assez de terrain avec si peu d'effectifs. Abandonner ? Surtout pas. Mais faire appel à la logique. Passer l'affaire aux services qui misaient sur leur nombre. Les commandos contactèrent la Caserne. Qu'on envoie un régiment StormTrooper. Sur le champ. La mission ? Fouiller les égouts des niveaux 16 à 45.




Ca ne lui évoquait rien. Son nom. Ca le vexa un peu. Fut un temps, il était connu. « Pourquoi tu m'aides ? » Il renifla. « Poulette. J'ai bossé pour l'Empire. J'ai été un de ses meilleur tueur. J'ai même été Moff et Conseiller Impérial. » Pas des conneries. « Pendant tout ce temps, j'ai connu des soldats à la con. Complètement déboussolés, mal formés, et pas dégourdis niveau intellectuel. Mais ceux-là... » désigna-t-il de son index, pointant le dehors "en général", pour faire référence à ce qui les attendait dehors, « Ceux-là ce sont des furieux. Il y a une chasse aux sensitifs armés... et le patron il sait gérer son affaire. Va savoir comment, mais l'armée s'est reprise en main... » Il secoua la tête. « Dégommer des patrouilles va bientôt devenir impossible. » Ca, c'était pour l'explication. « Maintenant, je suis plus vraiment avec eux... Je suis plutôt du genre à héberger ceux qu'il recherche. » Inutile de préciser que sa tête était mise à prix... et que celle de la Mirialan l'était aussi maintenant. A moins que la grenade ait pulvérisé les enregistreurs des casques... mais il en doutait. Il n'avait rien vérifié, ni réduit en bouillie. « Vois ça comme une aide à quelqu'un qui en a besoin. D'ici deux jours, tu pourras sortir. Ou même avant, mais faudra faire discret. » Il posa son barda, se défit de son manteau, son chapeau, sa bandoulière, sa gibecière à grenades et à lance-filet, son gilet adsorbant, ses bottes, son holster de hanche, son holster d'épaule, les étuis croisés de lames dans son dos, son porte-couteaux à la hanche, son poignard à la cheville, le blaster coincé dans son slip et sa chemise. Il resta pieds nus, en pantalon et tricot de corps, alors que la chaise sur laquelle il posait ses affaires croulait sous le poids de son arsenal. « T'sais c'qu'on dit... Sortez couvert ! » Il lui envoya un clin d'oeil et se vautra dans le canapé. Il mit une chaîne musicale, et se servit une bière dans le mini frigo sur le côté. « T'en veux une ? C'est des bonnes. » Il l'invita même à s'asseoir. « Tout à l’heure, tu évoquais les Sith. On a beaucoup parlé de Sith ces temps-ci, avec cette histoire de flotte d’invasion, au Nord. » Il but sa bière et déglutit péniblement. « J'ai bossé avec... Darht Traetius, l'impératrice. J'ai un peu connu Darth Vader. Plus récemment, une autre Sith, mais pas de Darth à te donner... Juste son nom, Alemidna Zannar. » Il n'en dit pas plus. « Et j'ai commencé ma carrière en tuant un Maître Jedi et son apprenti, au couteau, évidemment. » Il rebut une gorgée. « Disons que je sais faire la différence entre Sith, Jedi et Cartomancienne. Quand aux Sith du Nord, c'est de la connerie je suis sûr. J'en aurais su quelque chose depuis le temps... » Il posa sa bière. « Mais hey, je parle je parle... Tu as pas l'air du coin. Tu viens faire quoi ici ? »
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By Ranath
#35122
    Ranath avait déjà eu l’occasion de visiter une partie des égouts, et peut-être même cette fameuse turbine. Elle ne minimisait pas la praticité de l’endroit, mais se serait volontiers passée d’un second passage. À dire vrai, ce n’était pas la crasse ou la fange omniprésente qui dérangeait, plutôt un petit quelque chose sur lequel elle n’aurait su poser le doigt. Le mal être sous jacent à se trouver ici ne put qu’accentuer la surprise muette de la Mirialan à la découverte des appartements secrets de son sauveur. Il s’en vantait, il avait raison. Elle le surveillait du coin de l’œil, sans relever la moindre de ses blagues.

    S’il se présenta, il se montra aussi peu curieux de l’identité de son invitée, révélant par la suite que sa seule qualité de fugitive déclenchait ses actes charitables.

      « Pourquoi avoir … changé de camp ? »

    Oh, il n’était pas obligé de répondre. Après tout, lui-même ne posait que très peu de questions, voire même pas du tout.

    Ranath s’assit à côté de son hôte dans le canapé. Elle n’avait pas tant de matériel à déposer, et gardait pour l’instant aux hanches sa ceinture multifonction. Elle tendit simplement la main lorsqu’il proposa un rafraîchissement, et faisant appel à la force, la seule force du bras de l’ancien Moff, attrapa la bouteille. Tandis qu’il répondait à une question qui n’avait pas été explicitée, mais qui pourtant existait bien, elle inspectait la bouteille. Ça faisait longtemps qu’on avait pas bu de ça. Elle la décapsula et goûta. Pas si mal.

    D’une oreille, la plus attentive des deux, elle prit note du beau monde qu’avait fréquenté le dénommé John. Ah, et oh … on connaissait Zannar. Darth Lyria. La Mirialan songeait à cette rencontre proposée par la Nagai. Elle se plaisait à imaginer la colère de la medium négligée ne trouvant au rendez-vous que l’Apprentie. L’autre vérité voulait que Ranath appréhendait toute rencontre avec la sorcière. Le temps d’une escarmouche, elles avaient été ennemies. Elle, Jedi, l’autre, Sith. Et l’on avait depuis attribué l’obscurité de Mya à Zannar. La Dame Sombre doutait fort que la Nagai put se targuer d’une telle sottise, néanmoins, à la moindre évocation de ce non exploit, on tirerait les sabres au clair, et exit les négociations verbales. Et puis … Varadesh avait besoin de rencontrer Lyria, seule.

      « Tuer un Maître Jedi, c’est pas rien. En toute indiscrétion : qui ça ? »

    Enfin, ça dépendait du maître … On aurait pu alors lever les yeux au ciel, mais la Sith n’en fit rien.

      « Quand aux Sith du Nord, c'est de la connerie je suis sûr. J'en aurais su quelque chose depuis le temps... »

    Le temps de l’assertion, Ranath but une nouvelle gorgée.

      « Ah oui, ça me parait pas si évident. »

    Elle avait dit ça sans conviction, comme songeuse. Une remarque comme une autre, jetée comme ça, qui revenait peu ou prou à confier qu’on n’aimait pas les épinards. Pourtant, elle était convaincue que ce n’était pas de la connerie. Elle en avait la preuve, et elle, elle en savait quelque chose. Sa pensée effleura la réalité physique du sabre qui pendait à sa ceinture. Elle les avait vu, elle les avait suivi. La Mirialan ne pouvait pas l’expliquer. Le Tout-Puissant … le visage d’Haarlock s’imposa soudain. Le Tout-Puissant ne l’était pas, il y avait Komus. Elle retint un instant sa respiration, et inspira lentement. Le Tout-Puissant lui avait arraché des souvenirs, il l’avait utilisée, comme tout bon Sith l’aurait fait, et l’avait fait combattre pour lui. L’objectif de la manoeuvre lui échappait totalement.

      « Mais hey, je parle je parle... Tu as pas l'air du coin. Tu viens faire quoi ici ? »

    Il y eut un temps mort, un court silence avant d’accueillir la question et de la traiter.

      « C’est un comble, je venais tuer un Maître Jedi. »

    La réflexion lui arracha un sourire narquois. Elle posait désormais sur John un regard brillant, presque rieur.

      « Mais je crois qu’il est déjà mort. »

    Le sourire se mua en moue faussement gênée.

      « Tu peux me parler de Zannar ? Tu as dit, récemment. Elle m’a contactée récemment. Tu faisais affaire avec elle ? »

    Qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? Revenir là-dessus, franchement … Si ça ce n’était pas de la perte de temps. Mais c’était aussi histoire de causer, parce qu’on allait pas boire de la bière pendant trois jours en écoutant de la musique.
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By Harlon Astellan
#35132
« Pourquoi... Ahah, pourquoi... » Voyant le bras tendu, il se pencha, de quoi juste ouvrir le frigo, tirer une spéciale ambrée, et décapsuler avec une pichenette. Le gars avait de la force dans les doigts, et pour cause. Bras et jambes étaient des rouages de haute qualité qui contenant assez de matériel pour planifier 50 évasions de centres pénitentiaires de haut niveau. Il servit la bière, qu'elle prit en s'asseyant à côté de lui. John avait toujours eu un faible pour les aliens. le côté... exotique, certainement. Ca lui donnait un côté un peu spéciste sur les bords - il avait, après tout, un préjugé sur les aliens - mais il s'en tapait pas mal. La femme semblait en état de blase complet, juste prête à la baston, en mode "j'arrive et je repars" ... Pas de barda, pas de contact. C'était un arrêt minute qu'elle n'avait planifié qu'avec son coeur. Erreur ! On planifiait soit avec sa tête, soit avec son cul. Jamais avec ce qu'il y avait entre les deux... c'était un juste-milieu pour les cons. « Bah tu vois, l'Empire, on a beau dire... ils laissent des secondes, voire des troisièmes chances. » Il but lui-même la sienne. « Mais entre les usines de droïdes de combat, les canons planétaires, le métal écoulé en tonnes de lingots par jour pas déclarés, et les flottes que j'ai vendues sur LeBonAngle, dis-toi qu'ils ont commencé à se dire que j'étais un peu un enfoiré. » Il écarta les bras. « Z'avaient pas tort. Mais ça reste vexant. »

« Tuer un Maître Jedi, c'est pas rien. En toute indiscrétion : qui ça ? » John souffla bruyamment. « Alors là ! Jamais su son nom... Un Maître et son apprenti, partis sur Mustaphar... L'apprenti m'a chargé comme un con, ça a été l'affaire que d'un revers... Le maître a tourné barje et a fait des moulinets qui m'ont laissé tout un tas d'ouvertures. » Il roula des yeux. Visiblement, il n'en tirait pas une fierté manifeste. « Enfin, c'était pas genre un membre du Conseil... Juste un genre de tocard moyen. » Il éteignit la télé. « Cette télé locale m'énerve... On va faire tourner les infos en continu. » Au début, il les avait trouvées géniales. Puis, avec le temps, il se rendait compte que le pluralisme d'Astellan, c'était inviter des pignoufs qui s'envoyaient de faux fions, venus de la même école, de la même caste, parfois de la même planète... Depuis, il laissait tourner pour se divertir et extraire le minimum d'informations brutes qu'il fallait. « C'est un comble, je venais tuer un Maître Jedi. Mais je crois qu'il est déjà mort. » Il tinta sa bière dans celle de la Mirialan. « A la tienne... ouais, pas marrant... Pas marrant... » Il ne proposa rien. Il n'allait pas aider une Sith à tuer un Jedi. Fallait pas déconner. Ca le concernait pas ce gros bordel. Qu'ils se débrouillent, à se découper en mutualité. « Tu peux me parler de Zannar ? Tu as dit, récemment. Elle m'a contactée récemment. Tu faisais affaire avec elle ? » Il ria un bon coup. Elle voulait le faire parler. Mais surtout, d'une façon inédite. « Pour une Sith, t'es un peu merdique, poulette. » Comme démonstration, il sortit la griffe de son index, qui s'allongea sur dix centimètres, en métal noir luisant, avec une perle qui goutta du bout. « En un, en tant que Sith tu es sensée m'ordonner de te répondre. En deux, me menacer physiquement par la douleur pour m'y contraindre... Des fois même, tu sautes carrément l'étape un. Et en trois, tu me déglingues. » Il finit sa bière. Visiblement, en caleçon et en maillot, il avait la confiance. « Maintenant te bile pas, tu réussirais à rien... Tu sortirais pas d'ici, moi mort ou pas. » Il se frappa le torse avec violence. Il était un de ceux qui piégeaient leur corps visiblement. Mais il n'en dit rien ! « Mais sinon ouais... Elle gérait Senex-Juvex, avant. Maison Vaudron, la famille dirigeante ! Grande Moff et tout. Jusqu'à ce qu'on la choppe elle aussi. La pauvre... On avait formé un genre de Consortium Galactique avec Elrood et Hapès. » Il secoua la tête. « C'est quand Dana Rangre est tombée dans le coma que ça a été la m&?!e totale... De débâcles en débâcles. Mais j'ai eu de quoi épargner. » Il compta sur ses doigts. « Je me suis barré avec 100 millions. J'ai gardé quelques millions pour moi, et filé le reste à Elrood. » Il serra le poing et cassa sa bouteille, sans que ça ne le fasse saigner. « Quand je pense que ce trouduc' de Jean Dagger a tout enflé pour son fric ! Que dalle ! Le Rêve d'Elrood, l'indépendance et l'auto-suffisance... Mes couilles ! Tout pour le pognon... » Il se servit une autre bière. « Tiens, j'ai précisé que j'ai assassiné un Grand Amiral aussi ? »




La garnison locale était au complet. Les rues ne furent jamais plus en sécurité que pendant le défilé des cinq cents têtes, dirigées vers les égouts. Se séparant à chaque branche, jusqu'à ce que chacune soit pleine, on fouilla, par groupes de 4, toutes les issues, toutes les fissures, tous les couloirs de service sur 30 niveaux. Marchand dans la m&?!e en ruisseaux, les bottes blanches devenues marron martelèrent le sol, fusil laser et lampes torches braqués en avant, à toquer sur les murs, essaya les ouvertures de chaque porte qui se trouvait là. On tira dans des verrous, on défonça des logis avec le pied... on délogea des clochards qui comataient à côté de bouteilles vides bon marché, on dénicha des cachettes neuves de kit à glitterslim, on mit à sac un tripot clandestin, brûlant les joueurs et la sécurité de la pègre, qui ouvrirent le feu à l'approche de quelques patrouilles regroupées là par hasard. La mortelle efficacité des StormTroopers eut raison d'une dizaine d'agents de la mafia locale, procéda à l'arrestation de nombreux joueurs illégaux, mis la main sur un butin de quelques dizaines de millions de crédits, et seulement sur la perte de quatre fantassins. Mais, à part ça, les StormCorps ne trouvaient encore rien.




* BIIIP ! BIIIP ! BIIIP ! * John se redressa. Après tout le temps passé à discuter, il en avait oublier la raison de leur venue ici aussi tôt. « Tiens tiens... » Il changea les chaînes, se connectant sur un réseau de caméra, visiblement installé par lui. On reconnaissait l'entrée de leur planque. Investie, par les trois entrées possibles vers le coin, par trois patrouilles. Douze fantassins en armure blanche, décidés à dénicher un truc, en tâtant partout avec minutie. « Et m&?!e ! Ils sont plus malins que je pensais... » Il entreprit de poser sa bière et de se rhabiller. le minimum requis. C'est à dire tout ce qu'il avait déjà retiré. « C'est juste au cas où... Si jamais, il y a une tourelle laser automatique aux quatre coins de la pièce. Elle balayent tout ce qui a pas ma signature génétique... » Il s'ouvrit la main et lui tendit. « Lèche ça, ça devrait aller. » Si ça la dégoûtait, il pouvait encore sa braguette et lui demander de se mettre à genoux...
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By Ranath
#35236
      « Pour une Sith, t'es un peu merdique, poulette. »

    La remarque surprit autant qu’elle divertit. La suite aussi donnait le sourire. Ranath écouta d’une oreille, sans rien en penser. Elle ne se considérait plus Sith depuis longtemps, sans pour autant revendiquer quelque autre étendard. Qu’on vint lui coller cette étiquette sur le dos ne l’émeuvait en rien. Alors oui, pour un Sith, c’était merdique. Elle en prit note. Voilà comment on imaginait les Sith. Cela devait correspondre à un standard, certainement défendu par Odion, Lyria … et Varadesh. La Dame Sombre haussa les épaules - Haarlock avait raison - et sourit.

      « Tiens, j'ai précisé que j'ai assassiné un Grand Amiral aussi ?

      - Raconte moi ? »

    Elle se foutait de Zannar autant que de ce Grand Amiral. Cette prise d’informations n’en était pas une. La Mirialan s’intéressait simplement à ce type qui avait débarqué de nulle part, et qui planquait maintenant parce qu’il s’était mêlé d’une affaire qui ne le regardait pas. D’autres avant lui auraient apprécié avoir cette attention. Une série de questions et d’intérêts banaux, une écoute attentive, ou même simplement une paire d’heures à rien faire d’autre que parler sur un divan, une bière dans les mains. Il y avait tant à regretter. Et pourtant …

    Et pourtant maintenant que Ranath était là, coincée dans un recoin d’égout aménagé, à attendre qu’il se passât quelque chose, ou qu’il ne se passât rien, elle réalisait que nombre de ses chaînes étaient brisées. Elle sortait indemne d’une furieuse bataille. Et … elle était revenue sur Ilum. Tout était si calme et si plat. Les humeurs allaient et venaient ainsi. C’était lorsqu’on se trouvait totalement prisonnier de ses démons que le sort offrait la plus belle accalmie, et peut-être ce qui ressemblait à la sérénité. L’acceptation. La paix. Ça ne faisait pas de bons Sith, John n’avait pas manqué de le souligner.

    La Mirialan imita son hôte, posant sa bière à côté de la sienne tandis que l’alarme criait son avertissement. Avec intérêt, elle porta son attention sur le retour des caméras. Il allait finalement se passer quelque chose, sans doute désagréable. L’autre se rhabillait, Ranath observait le processus de recherche des troopers. Le moindre centimètre carré y passait, aussi trouveraient-ils l’entrée tôt ou tard. L’Humain se tourna vers elle.

      « Lèche ça, ça devrait aller. »

    En réponse, elle lui lança ce regard, celui qui disait clairement sérieusement ? Elle fut d’abord tentée de se laisser aller à un non franc. Mais se ravisa lorsque d’un geste confiant, l’un des soldats souleva le carton qui faisait office de porte d’entrée. Grâce aux écrans, ils pouvaient suivre l’avancée de leurs ennemis, et constater qu’on scannait déjà le tunnel.

      « J’espère que tu te fous pas de moi. »

    Ranath saisit la main humaine tendue et obéit. Elle lui jeta un regard noir. Sans commentaire.

    Le bon sens voulait sans doute qu’on quittât l’endroit. Ils abandonnèrent la planque, conscients de n’avoir qu’une seule échappatoire possible. Tandis qu’ils progressaient de bon pas vers la sortie, ils pouvaient entendre la lente évolution des soldats par les autres accès. Ils devaient se dépêcher, les uns comme les autres. Les uns pour attraper les autres, et les autres pour leur échapper. Avec un peu de chance, ils ne se croiseraient pas. Dans une configuration moins optimiste, les impériaux auraient déjà investi l’intersection quand leurs cibles se présenteraient. Et dans le pire des cas, tout le monde arriverait en même temps, concentré sur l’objectif, surpris par la rencontre. C’est ce qui arriva. Ranath et John débarquèrent au niveau de l’intersection au moment où les premiers troopers en prenaient connaissance et s’organisaient de nouveau en silence.

    Chacun s’était tenu prêt dès le début de l’opération, aussi la surprise ne fut pas réelle. En revanche, la réaction traduisit tout l’imprévu de la rencontre. Sans véritable concertation, et afin de couvrir la sortie des derniers soldats, les impériaux ouvrirent le feu. Ce fut sans hésiter que la Mirialan dégaina. Face aux blasters, pas question d’opposer l’acier. Le laser répondit de son chant grave. La lame légère interceptait les tirs, et tâchait de les renvoyer aux lanceurs, tandis que l’Humain engageait le combat à sa manière. Cette pause, ou bien était-ce la bière, avait permis à la sensitive de recharger les batteries, et non contente de se poster en défense, elle avançait vers l’ennemi.

    Quelques soldats tombèrent sous le retour de leur propre tir, de quoi donner confiance à la Sith dans l’entêtement. Ce fut l’arrivée d’un second groupe de troopers qui lui fit réaliser qu’il était plus que temps de partir. L’affrontement n’avait pas duré, à peine une escarmouche. Les deux hors-la-loi prirent la fuite. Ils s’engagèrent dans la seule issue laissée libre, sous le couvert de la lame pourpre et des ripostes de John. Ils filèrent à la première occasion, détalant jusqu’à la surface, où ils étaient attendus par une rangée d’armures blanches, en joug.



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By Harlon Astellan
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L'homme ne réagit pas vite, mais il réagit avec l'oeil brillant de mille feux. « Un homme... bien... je crois. Mais porteur d'un... » D'un secret ? Oui, mais erroné alors. Il avait suffit d'un quart de vie pour s'en rendre compte. Grunger, grand amiral progressiste, mort pour avoir porté un mensonge. Misère humaine. « Il semblait qu'il... savait trop de choses sur un certain sujet. » L'amertume de sa propre erreur l'en rendait muet. Il se noya la gorge dans la bière et se rembrunit. Il allait grogner une question quand l'alarme vomit son alerte. Fourrant son armurerie sur son caleçon propre et son tricot de corps, il tendit la main, et la Sith se prit à la lécher. « J'espère que tu te fous pas de moi. » Emsar lâcha un reniflement. « Je suis pas programmeur. J'ai foiré l'installation. Elle scanne l'ADN à proximité d'un transmetteur que j'ai dans mes mitaines... » indiqua-t-il en levant les mains, « J'ai jamais prit le temps de corriger le bogue. En me léchant la main tu exclues ton empreinte génétique. » Bogue qui occasionna la survie d'un ennemi dont le sang coulait entre ses doigts... Procrastinateur depuis toujours, Emsar s'en trouvait maintenant fort contrit. De nouveau prêt à lancer un assaut sur l'Empire tout entier, pistolet-mitrailleur à la main, un détonateur thermique assez vilain dans la pogne gauche, il posa son coude sur son entrée cachée, éteignant la lumière au dernier moment. « A trois... » Il poussa et ils filèrent dans le tunnel. Par une cabriole habile, il se trouva au centre des accès, couvrant d'un oeil vif les entrées, couvertes par des sections de recherche décidées à faire un bon travail. Poussant le détonateur dans le conduit de gauche, il se mit à s'occuper de la droite et du devant, ouvrant un feu infernal sur un ennemi qui, bien que préparé, s'en trouverait surpris assez longtemps pour accuser de bonnes pertes.

« MANGE ÇA, PÉDALE ! » Couvrant la zone, à son flanc un sabre renvoyant les traits ennemis, il se rendit vite compte du carnage que leur duo provoquait. Le résultat fut assez satisfaisant, jusqu'à l'arrivée subite d'une section, plus lourdement armée. « Lance-roquettes ! » Ce genre d'engin se contrait dans des espaces moins confinés. « Fonce ! » La seule issue, en face. Laissant la gauche au cratère fumant de la charge thermique assourdissante recouvert de briques cassées et de fuites de canalisations, et la droite à la section d'assaut qui s'amusait à vouloir les enterrer vivants, ils choisirent encore la voie la plus évidente : celle qui restait. « Dans deux minutes on sera à l'abri dans... » ... une autre cache, celle d'un ami. Si les cerclages blancs n'avaient pas envoyé filets et rayons paralysants...




C'est avec un mal de crâne atroce qu'il se réveilla. Il ouvrit ses deux yeux, le cybernétique enregistrant tout en vitesse, en balayant la pièce de son armoire infrarouge. Il devina la silhouette maîtrisée de la Mirialan. « Les menottes énergétiques... » Classique. Le courant était constant et coupait bizarrement la connexion à la Force des ferrés. Il agita les bras et constata qu'il était intelligemment saucissonné lui aussi : ses mains, truffées de gadgets anti-évasion, ses avant-bras recouverts de silicium pur, n'étaient pas entravées classiquement : on les avait tordu de façon à que ses mains ne servent à rien, et ne puissent pas s'en prendre à ses attaches, non pas aux poignets mais aux coudes. « Ils ne t'ont pas blessée ? » Lui-même était peu courbaturé, malgré sa position bien fixe : les pieds ferrés à même le sol, son échine à angle droit, son cou sanglé au sol. Ils n'avaient prit aucun risque. Il constata aussi que son pantalon était en place, mais pas son tricot. Il laissait admirer sa musculature maladroite et ses cicatrices par centaine sous la transpiration et la crasse qui le couvraient. « Combien de temps ça fait qu'on est là ? » Il jaugea à sa faim, sa soif, son mal de crâne, et conclut à une semaine. Il ne se souvenait de rien... rien de précis. Juste, si... « ... protéines et matières gr... ...traveineuses et gélu... ...ci cinq jou... » et le trou noir définitif. « Ils ont dit qui devait nous voir ? »

Levant la tête du mieux qu'il pouvait, il usa de son génie d'observation pour tirer des conclusions sur leur endroit. Aucune lumière naturelle, peu d'artificielles, de l'humidité, des murs au permabéton friable. Ils étaient en sous-sol. Des cages anciennes, en enfilade, avec des barreaux pour séparer les bagnards de leur liberté passée. Un mitard avec des cellules communicantes pour ôter l'intimité entre les prisonniers. Il n'existait que cinq endroits sur Taris pour correspondre. Ensuite, son flashback indiquait qu'il était passé dans une pièce à plafond blanc en dalles de plâtre, sur une table qu'il avait froide en souvenirs... ça en laissait deux. Si on ajoutait le caractère sensitif de la Belle, et le sien, de super-tueur, chasseur de prime illégal et Moff renégat, on était dans un endroit de sécurité maximum. Ils étaient au mitard du centre pénitentiaire Wilhuff Tarkin, au premier niveau, dans le secteur 4. Ce qui l'intrigua, c'était la cage à côté de la femme. Des barreaux fins qui cerclaient un petit lézard qui gazouillait tranquillement.

« Des pas... » Son ouïe informatiquement modifiée nbe le trompait pas. Il releva la tête du mieux qu'il pût pour observer le haut des marches, mais il n'en put rien. Il devait attendre que les visiteurs se manifestent face à eux. Il serait vite expédié, et la Belle serait traitée en sensitive. Les pas filèrent à tranquille allure... jusqu'à lui. Peut-être avait-on donné un regard à sa compagne, peut-être pas. Il était le centre d'attention premier. Il leva la tête, et exposa sa surprise. « Vous êtes surpris de me voir... Moff Emsar. » Il fronça les sourcils. « Je ne savais pas que l'Empereur Astellan se joindrait à moi. »




La conversation finie entre les deux hommes - riche en enseignements - l'Empereur se porta sur Mya. Elle avait droit à une brassière, une culotte en coton blanc, à un lavage corporel qui la tenait propre, et à une posture formelle : droite, dans un champ de stase, les bras le long du corps. Son physique était quelconque, athlétique, sans plus. « Puis-je savoir comment une sensitive s'associe à un Moff renégat recherché pour meurtres, sabotages, haute trahison et chasse illégale ? »
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