L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Les défaites de Yavin et Endor n'ont pas entamé la foi du gouvernement de Yaga Minor dans la doctrine impériale. La Nouvelle République suppose d'ailleurs que les quartiers de l'Ubiqtorat sont toujours dissimulés au fond des grottes et des forêts de cette planète qui abrite également de puissants chantiers navals.
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By Harlon Astellan
#34458
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Yaga Minor,
Ubiqtorate


« J'ai du mal... » pédalait-il, « ... VRAIMENT du mal à comprendre ce qui a pu vous passer par la tête. Quand vous avez repéré une cible, c'est quoi le protocole ? - ... envoyer une requête d'assistance immédiate... - ... au Bureau des Opérations... ça paraît tellement clair pourtant ! Et il faut que vous alliez vous fourrer partout où il faut pas. » Le vélo d'entraînement, générateur d'un courant électrique constant qui alimentait la machine, seule à décider des arrêtes, des pentes, des résistances de la machine, stoppa sa course qui durait depuis 57,84 kilomètres, adressa un message d'adieu à son chevaucheur assidu et le laissa aller librement. Le vélo mitoyen, accueillant un cavalier présent depuis plus longtemps, mais n'enregistrant que 12,45 kilomètres, quitta aussi son utilisateur avec un message le réprimandant. L'exercice était courant, mais en ce moment, la salle n'était habitée que de trois personnes. Vêtus de maillots de corps gris striées, salis aux aisselles, et de short d'entraînement qui macéraient leurs organes virils, les trois messieurs venaient d'enchaîner plus d'une heure d'entraînement à la salle de sport de l'Ubiqtorate, comme il était requis par les circulaires internes, insistant sur la forme physique de chacun des employés. Mais pour éviter les secrets déplacés, chacun avait son heure : chaque grade disposant de son créneau horaire précis. Les supérieurs pouvaient se mêler aux grades plus bas. Cette heure, c'était la dernière de la journée : on y voyait, au nombre de 7 maximum, les Directeurs des Bureaux. Trois hommes qui géraient plus de la moitié du pouvoir des Renseignements Impériaux. Celui du Bureau des Analyses, qui recevait le sermon, celui du Bureau des Opérations, qui le sermonnait, et celui du Bureau de l'Organisation Interne, qui l'enregistrait et en tirait les conséquences qu'il fallait. « On en parlera une autre fois... On a un truc maintenant... » commença-t-il, visiblement peu ravi de son emploi du temps à trois parsecs de distance de ses envies de l'instant, « Une nomination de ch'sais pas qui. - Piston ? - Va savoir. »




Dans les locaux des Renseignements, fumer était interdit. Les gens devaient attendre le soir pour fumer, chez eux, en conformité avec les règles sur les copropriétés ou locations quand applicable. Le Directeur se faisait la réflexion en pensant à ce qu'il avait envie de ne pas fumer. Il ne fumait pas et ne voulait pas fumer maintenant. Mais il y pensait d'un coup. Un acte aussi trivial que fumer était interdit dans toutes les couches officielles de l'Empire. La raison était moins triviale que simplement assainir l'atmosphère - bien que s'épargner les effluves âcres qui se dégageaient du tabac de piètre assortiment était un sacré plus - mais résidait dans la volonté d'épargner aux agents de sécurité de dépiauter chaque cigarette pour y trouver des documents miniaturisés sur flimsi qu'on voulait sortir des locaux. Les motifs de cette fraude étaient aussi nombreux, voire plus, que le nombre de galeux s'en allant négocier les secrets internes au deuxième réseau de renseignement galactique.

« Faites rentrer. » La pièce était claire, même pour une architecture impériale. Les néons blancs éclataient les murs gris et la table en quartz de synthèse noir lustrée, irradiant de cette lumière divine qui ne manquait jamais d'affaiblir tant les yeux que les esprits de ceux qui les toisaient pendant les réunions. Que les néons fussent placé derrière les chefs et par ricochet face aux employés n'avait jamais semblé être calculé. Et pourtant. La personne convoquée put rentrer dans la pièce. Ariès, agente... Chiss, mandée à l'Ubiqtorate au retour d'une courte mission pour y être reçue par trois personnalités de l'Empire. le premier, bien sûr, le Directeur du Bureau des Opérations, dont dépendait Ariès. La deuxième, Helera Kor'Rial, Moff Impériale, moins décisionnaire qu'observatrice, puisqu'encore en observation des rouages internes à l'Empire sur injonction de l'Empereur, et d'un Vice-Amiral affecté aux troupes personnelles de l'Empereur. On distinguait ce dernier à son uniforme classique, mais traversé par une bande bleue le long de ses manches, remontant sous sa nuque et croisant les lignes sur ses cervicales. Cet insigne honneur, celui d'avoir été choisi par l'Empereur, indiquait toute l'importance qu'il y portait, bien qu'il ne fût pas présent lui-même. « Agente Ariès ! Venez je vous en prie. » Les manières se perdaient. Pas de siège ici, ni de table bien utile. Le Vice-Amiral avait une jambe passée sur la table, un datapad posé sur sa cuisse pour lui servir de support, le Directeur et Kor'Rial devisant tranquillement, debout, les fesses appuyées sur la même table. La réunion promettait d'être rapide. « Je ne sais pas si on vous a dit ce qui vous amenait là...? »
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By Helera Kor'rial
#34496
Une salle sobre, trop peut-être. Une seule table en plein centre. Probablement plus cher que tous les meubles inexistants du local. Sans chaise, rien. Helera avait été envoyée là, ce fut un ordre. Alors la reine aux cheveux blancs avait obéi. Un mot qui semblait perdre de son sens ces derniers temps. L’obéissance croisée avec la compétence, formait un cocktail que tous les dirigeants s’arrachaient. Tous voulaient la cultiver, peu l’avait. L’empire ne faisant alors pas exception. Non pas qu’il ne promulguait pas ces valeurs, non loin s’en faut. Simplement, que tous les mondes n’étaient pas à arme égale sur ce sujet. Et de ces mondes venaient des citoyens qui non plus n’avaient pas la même conception. Alors on triait, et on en venait à se rendre compte que c’est ce même tri qui devait être revu. Les hautes sphères, du moins celles que l’on avait bien voulu lui montrer, étaient partagées. Entre ceux qui, comme elle, voyaient dans l’obéissance une forme d’ordre et de progrès. Et les autres qui cherchaient profit par leur émancipation. Deux mondes qui se confrontaient de plus en plus, sachant que la deuxième devenait de plus en plus monnaie courante. A croire que l’obéissance devenait une tare qu’il fallait corriger.

Helera dans ce bureau, était confrontée directement à ces deux mondes. Directeur des opérations, un gars qui avait créé le propre bureau sous lequel il avait pu passer. De l’autre, vice-amiral, nommé par l’empereur lui-même. Probablement pour ses faits d’armes, sa distinction et ses valeurs. Il arborait l’uniforme à la ligne bleu, prouvant alors qu’il était au-dessus de la masse. Ces deux personnages faisaient tâches l’un sur l’autre, venant de deux mondes, se méprisant intérieurement l’un et l’autre. Tout était question d’apparence et de connaissance. Au milieu, une reine, ayant clairement choisi la voie de l’obéissance et de l’ordre, sans qu’aucun ne soit en mesure de le reconnaître. Elle était une femme, elle était un Moff, elle n’était là que pour ouvrir les jambes. Une fois acquis, ce n’était pas si difficile à comprendre.

« Directeur du bureau des opérations, ce n’est pas comme celui des Analyses. Mon confrère gère des rats de bibliothèques. Ils passent leur vie derrière leurs écrans à analyser, comme le nom l’indique, des centaines de données qui transitent dans l’empire et à l’extérieure. »

« Oh je vois. » Faussement surprise par sa déclaration, la prenant très clairement pour une idiote. « Vous surveillez la galaxie… Mais qui surveille vos agents, dans ce cas, leurs faits et gestes, leur allégeance ? »

Un ange passa. L’autre resta figé, un sourire sur le coin des lèvres.

« Ne vous inquiétez dont pas de cela. L’empereur m’a nommé parce que je sais ce que je fais. »

Menteur.

« Qu’en diriez-vous d’en discuter autour d’un verre, ce soir ? »

Helera étira son plus beau sourire, puis retourna la tête vers l’agente qui venait lui sauver la vie.

« Nous verrons. » Lacha-t-elle.

Sa concentration fut immédiatement tournée vers la nouvelle venue. Le directeur n’en perdit pour autant pas contenance. L’accroche était lancée.
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By Ariès
#34597
La jeune femme revint d'une courte mission sans grande prétention. Comme à l'accoutumé, elle fut convoquée à l'Ubiqtorate afin de faire une réunion-bilan. Le débriefing réunit de nouveau le Trio habituel. Composé de la principale intéressée, l'agente, faisant son rapport à ses supérieurs. Vint ensuite l'agent Sénior nommé "Viva", Agent Référent qui la suivait depuis ses débuts. Adressant toujours un clin d’œil ou un sourire à l'égard de l'agente qui comme à son habitude n'y prêtait guère attention. Et enfin le Chef d'Equipe chargé d'une cellule planétaire. Son visage et sa corpulence changeaient d'un rapport à une autre mais rarement le sexe. Code vestimentaire oblige, Ariès portait un uniforme cintré à l'extrême. Le débriefing fut expédié en quelques minutes, le Chef d'équipe passa le plus clair de son temps à regarder son datapad que son interlocutrice. L'agente semblait aux yeux de l'humain comme un élément intégrant du décor, cela était certes peu gratifiant mais elle avait fini par en avoir l'habitude. Le plus important n'était pas sa présence mais la qualité de son rapport et ce qui en découlait. Une fois sortie de la pièce où le bilan venait de s'achever, la Chiss n'avait plus qu'à se dévêtir dans les vestiaires et remplacer cet uniforme qui ne lui servait que dans de rares occasions. Mais avant qu'elle n'est pue se rendre au vestiaire, un de ses confrères la reteint, lui informant que sa présence était requise. Les quelques informations qu'elle put glaner n'étaient guère encourageantes. Non loin de là, l'attendaient trois personnalités de l'Empire. Que pouvaient-elles bien lui vouloir ? Étaient là pour la féliciter ? L'écraser face contre terre ? Seraient-ils là pour lui reprocher les fautes graves qu'elle avait commis par le passé ? Leur reprocheraient-ils le blâme qu'elle avait reçu pour usurpation d'importance ? Rien n'était moins sur.

Passant le pas de la porte automatique, la Chiss se retrouva dans une pièce baignée dans la lumière. Voir dans l'obscurité été certes un point fort pour les Chiss mais tout comme les Humains ceux-ci craignent une surexposition à la lumière. S'est donc après un certain temps d'adaptation que la jeune femme put voir en face d'elle les trois personnalités qui l'attendaient. La première personne fut reconnue aisément, il s'agissait bien du Directeur du Bureau des Opérations, dont dépendait l'alien. La seconde lui était inconnue mais son écusson gris, bleu, rouge et jaune. La femme à la chevelure argentée était donc une Moff. Pour finir un Vice-Amiral fut facilement discernable mais comparé à ses confrères, de longues bandes bleus parcouraient ses manches jusqu'à ce qu'elle se rejoignent aux cervicales. Le tableau qui se présentait à l'agente était impressionnant mais pas moins inquiétant. L'insigne particulière du Vice-Amiral avait de quoi intimider. Tous les hauts gradés de la Marine Impériale n'avaient pas l'honneur d'être choisis personnellement par l'Empereur. Tout cela lui rappelait avec une certaine amertume, l'épisode de l'holo-conversation avec l'Empereur. La fin avait été dramatique pour l'agente. L'échange qui allait suivre serait-il le même ? Seul l'échange qui allait suivre lui donnerait raison ou dans le cas contraire tort. Bien évidement avant qu'une quelconque parole ne soit dite, la Chiss respecta le protocole à la lettre. Il serait fort fâcheux de commettre une seconde fois un impair qui faillit bien lui coûter la tête. Une fois le protocole achevé, ce fut donc le Vice-Amiral qui débuta les hostilités.

Agente Ariès ! Venez je vous en prie..

L'alien s'avança de quelques pas, laissant ses supérieurs la toiser de toute leur hauteur.

Je ne sais pas si on vous a dit ce qui vous amenait là...?

La question à un million de Crédit. Enfin l'on rentrait dans le vif du sujet.

Je l'ignore Vice-Amiral. Aux vues des personnes ici présentes dans cette pièce, je peux supposer que le sujet est important.

Il était temps de dissiper l'épais brouillard qui entourait la raison de sa venu en ce lieu.
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By Harlon Astellan
#34615
« Je l'ignore Vice-Amiral. Aux vues des personnes ici présentes dans cette pièce, je peux supposer que le sujet est important. » D'emblée, énorme malaise. Les deux hommes - et certainement la femme incluse dedans - purent hausser les sourcils. « Je ne suis pas Vice-Amiral... - C'est moi qui suit Vice-Amiral. Regardez, voici ma plaque... - Et accessoirement, je suis votre directeur. Vous pourriez quand même vous adresser à moi quand je vous parle... » Le dossier de l'agente contenait cent mentions de ce genre. Des bourdes, encore et toujours. Les Chiss avaient la fâcheuse tendance de ne jamais s'adapter aux coutumes humaines. Propos politiques, sens de la diplomatie, respect de la hiérarchie dans sa rhétorique... Autant de choses qui leur passaient au-dessus. A leur grand désavantage. « Vous savez que des gens ont été virés pour moins que ça... » crut-il bon de continuer, « Mais bon. Votre dossier comporte quelques mentions que nous tenions à vous présenter ici ce soir. » Il pointa le Vice-Amiral, qui, guettant le geste de la main du Directeur, adressa un sourire mi-amical mi-moqueur à Ariès en pointant son insigne sur la poitrine. Datapad sur la cuisse, passé dans la main, il énuméra doucement. « Mission d'accroche, dites du Rêve Corellien, échec partiel. Mission Roi de Paille, réussite, mission Cendres Eventées, réussite, mission Nuit Brillante, réussite... » Il posa le datapad. « Comme je l'ai déjà dit à votre patron, je pense que ceci mérite une belle promotion. » Les deux hommes hochèrent la tête. « Je le pense aussi. » Il accorda un regard à Helera. « Moff Kor'Rial ? Vos impressions ? » Il fallait se douter de leur quantité.

« Agente Ariès. Compte tenu de vos succès, l'administration impériale a décidé de vous accorder de l'avancement. » C'était logique. Après quelques missions pleines de succès, il était d'ordinaire qu'Ariès prenne la position d'un agent comme "Viva". Agent Sénior Ariès, pas mal non ? « Agent Ariès, vous voilà donc promue... » tout ce suspens, pour rien, comme toujours... « Au grade de Chef de Planète ! » Regard des autres. « Toutes nos félicitations. »
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By Helera Kor'rial
#34620
Helera étira un sourire tout en baissant la tête. Petit moment de malaise tandis que les deux hommes prirent un malain plaisir à descendre la Chiss. C’était un milieu ou l’erreur n’était pas admise. Surtout pas ce genre d’erreur. On dédoinait le petit bleu par une comparaison avec sa race. Un peu présomptueux, mais cela lui laissait encore le bénéfice du doute. La reine releva alors la tête et le buste, dans une posture plus droite et plus noble. On n’était pas dans une cour de récréation ici après tout. Les bras croisés, elle écouta les mentions qui lui étaient attribuées. Toutes plus impressionnantes les unes que les autres. A ceci près que malgré le nom, Helera ne savait pas de quoi il en retournait. On l’avait fait venir pour qu’elle assiste à cette réunion. Sans qu’il n’y ait vraiment de raison pour mélanger amirauté et renseignement impériaux. Peut-être pour leur rappeller à son bon souvenir, qui sait ? Toujours est-il qu’elle profita de cette réunion imposée pour créer des liens et faire des contacts. Des deux, le Vice-amiral était celui qui l’intéressait le plus. Les espions, ce n’était pas son fort. Question d’expérience.

On la questionna, elle tourna alors la tête tour à tour vers ses collègues, puis vers la Chiss. Dans un soubresault de sourcils, elle lança :

« Il est encore trop tôt pour donner mes impressions, directeur, vice-amiral. »

La promotion tomba à la suite. L’escalade des grades fut fulgurante. Elle passa d’agent à chef de planète. Helera fronça les sourcils et se tourna lentement vers le directeur des opérations. C’était une belle promotion. Un peu trop belle cependant. Il y avait quelque chose sous les artifices. On n’était dans l’empire, d’une part, et avec les espions, d’autres parts. Finalement, il n’y avait que l’amiral qui était en dehors de ce jeu. Et encore que. L’habit ne faisait pas le Jedi. Helera agita la tête face à Ariès pour la congratuler. Sa curiosité fut alors piquée sur cette femme qui venait de franchir tous les échelons de la hierarchie d’un coup. Qu’avait-elle qui soit à ce point là prodigieux ? La reine allait devoir s’en assurer elle-même. En plus de lui poser quelques questions, disons … personnelles.

« Félicitations, Cheffe de planète Ariès. »
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By Ariès
#34638
La lumière, il y avait décidément trop lumière dans cette pièce. Le contre-jour était trop important, malgré sa capacité raciale à voir dans le noir, discerner un visage aux traits aussi sombres en contre-jour lui était impossible. Elle ne pouvait que distinguer leur silhouette. Celle de la Moff était bien évidement reconnaissable entre toutes mais celles des deux autres humains ne l'étaient pas. La Chiss ne pouvait que discerner deux corps sculptés par un exercice physique régulier. Et ce fut cet handicap qui l'induisit en erreur, ne pouvant discerner le visage de son interlocuteur ; la Chiss s'adressa au Directeur du Bureau des Opérations en l'appelant Vice-Amiral. Erreur de sa part qui lui valu un commentaire de la part de son supérieur. Commentaire qui ne la fit pas sourciller le moins du monde. L'erreur était sienne, elle avait hélas joué de mal chance, les circonstances n'avaient pas été avec elle mais peu lui importait. Lorsque les remarques se turent, les deux humains reprirent le cours de la conversation à sens unique.

Votre dossier comporte quelques mentions que nous tenions à vous présenter ici ce soir.

Pointant le Vice-Amiral, celui-ci prit en main la suite de la conversation tout en adressant un sourire narquois. Datapad en main il énuméra les missions effectuées par l'agente tout en soulignant la réussite ou bien l'échec de celle-ci.

Mission d'accroche, dites du Rêve Corellien, échec partiel. Mission Roi de Paille, réussite, mission Cendres Éventées, réussite, mission Nuit Brillante, réussite...
Comme je l'ai déjà dit à votre patron, je pense que ceci mérite une belle promotion.


Je le pense aussi.

Deux personnes sur trois étaient aptes à promouvoir l'alien et ce fut sans surprise que le Directeur du Bureau des Opérations demanda l'avis de la Moff.

Moff Kor'Rial ? Vos impressions ?

Voguant d'un visage à un autre, le regard écarlate de l'agente s'arrêta sur la Moff, d'on seuls les reflets argentés de sa chevelure étaient visibles parmi la pénombre obscurcissant son visage.

Il est encore trop tôt pour donner mes impressions, directeur, vice-amiral.

Agente Ariès. Compte tenu de vos succès, l'administration impériale a décidé de vous accorder de l'avancement. Agent Ariès, vous voilà donc promue...

Ariès serait donc promue au rang d'Agent Senior, du moins ce fut ce qu'elle pensa dans un premier temps jusqu'à ce qu'après de longues secondes qui parurent des heures, la sentence tombe.

Au grade de Chef de Planète !

La chose semblait irréaliste, comment se faisait-il qu'elle soit promue à un rang aussi élevé ? Avoir un rang de plus qu'à l'accoutumé était une possibilité qu'elle avait envisagé, mais prendre six galons d'un coup était une chose qu'elle n'avait pas pu prévoir. Cela était trop beau pour être vrai, il y avait forcément quelque chose de dissimulé derrière cette promotion. Mais quoi ? Elle ne pouvait le savoir.

Toutes nos félicitations.

Je vous remercie Vice-Amiral.

Ariès remercia par la suite le Directeur tout en inclinant la tête.

Monsieur le Directeur

Malgré cette..."heureuse" surprise qui était de taille, la Chiss resta impassible. Pas le moindre rictus, pas la moindre expression de joie ou de soulagement. Un calme plat et glacial. Pour la jeune femme, l'heure n'était pas aux réjouissances mais aux questionnements. Tout ceux-ci cachaient forcément quelque chose. Il n'y avait pas d'autres explications. Comment une femme qui plus est alien et loin d'être la plus commode et la plus appréciée par ses pairs pouvait-elle se retrouver propulsée au statut de Chef de Planète ? Quelque chose clochait, il n'y avait pas d'autres explications. La chose était trop belle, lorsqu'on vous donne quelque chose de trop beau sans de grandes explications ; c'est qu'il y a souvent un revers à la médaille. Un revers soigneusement dissimulé. Peut-être était-elle paranoïaque de se poser de telles questions, mais dans son milieu il fallait sans cesse être sur ses gardes, sans cesse se poser des questions.

La congratulant d'un mouvement de la tête, la Moff Kor'Rial se tourna vers l'alien à la peau bleutée avant de la féliciter en personne.


Félicitations, Cheffe de planète Ariès.

Aucune réaction particulière à noter, le trio semblait ne pas être surpris. Mais une chose attira l'attention de l'agente. Son regard...Le regard de la Moff semblait être chargé de question. Quoi de plus normal après tout. Une promotion mirobolante venait d'être décernée à une alien. Tout Impérial censé se poserait la question et essayerait d'avoir des explications. Ariès resta de marbre devant compliment de son homologue, son attitude glaciale n'avait rien d'aimable. Dans un ton monocorde, la Chiss se contenta d'un remerciement sommaire suivit d'une question.

Je vous remercie Moff Kor'Rial.
Si je puis me le permettre, quelque chose semble vous rendre perplexe Moff Kor'ial.


Autant aller droit au but et ne pas tourner autour du pot.
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By Harlon Astellan
#34651
« Je vous remercie Vice-Amiral... Monsieur le Directeur. » Directeur qui renifla avec condescendance, sans trop regarder la Chiss. « Et bah, voilà, justement, le Directeur, il a du travail... Vous verrez avec le Vice-Amiral truc pour vos galons, vos nouveaux uniformes... bref. » Il salua la dame poliment, salua de loin le Vice-Amiral qui lui rendit son bref salut avec un sourire, et quitta la pièce au pas de course. Le Vice-Amiral se fendit d'un rire chaleureux qui avait de quoi mettre à l'aise. Il contenait toute l'ironie de la situation, et perçait même le geste antipathique du Directeur. « Il est très agacé, Cheffe. » Il lui fit signe de s'approcher. « Déjà, on va baisser ces lumières, elles me chauffent le dos depuis vingt minutes, je vais cuire mon uniforme... » Trouver le tamiseur dans cette pièce révéla de l'exploit, mais il fini par donner une teinte grise aux néons blafards qui tombaient du plafond trop haut pour chacun. « Vous voyez, la Moff Kor'Rial ici présente est en observation. Sur ordre de son supérieur. » Il expliqua avec une pointe de moquerie dans sa voix, mais son sourire aguicheur, son oeil pétillant d'intelligence et ses épaules rentrées l'empêchaient de paraître hautain ou grossier, tout au plus taquin. « Elle apprend ce que la politique signifie, et comment elle se traduit. » Il fouilla dans sa poche tout d'un coup, grimaça de ne rien trouver du premier coup, lâcha un juron ou deux et fini par sortir les plaques de l'Agen... de la Cheffe de Planète Ariès. « Voilà votre plaque. Je vais vous demander de la mettre maintenant... Mais aussi de garder l'ancienne. Et de l'entretenir. Vous saurez bientôt pourquoi. » Deux carrés gris et deux carrés blancs, son leg pour l'instant.

« Je vais rester là avec la Moff Kor'Rial, lui expliquez un peu ce qui vient de se passer. Vous, vous allez vous diriger vers la salle de réunion B13013. Vous connaissez la Boîte, pas besoin de vous guider. » Il attendit qu'elle soit partie pour commencer à expliquer à la Moff de quoi il en retournait. « Voyez, des fois, on peut promouvoir quelqu'un d'un autre service, bien qu'on n'en ait pas le droit, si on fait pression où il faut. Là par exemple, devinez qui a demandé cette promotion... »




La salle de réunion B-213 était à quelques pas de la salle présente. L'Ubiqtorat se partageait entre deux endroits : les postes en surface, et les postes en orbite. En surface, on donnait le préfixe A, en orbite, le préfixe B. Ensuite, on donnait le premier chiffre pour l'étage, les deux derniers pour l'emplacement. On allait donc de A0001 à B27147. Le bâtiment en surface s'enfonçait en terre sur des dizaines d'étages, et en orbite, le hangar était au milieu de la hauteur de la station. Le lieu de débarquement n'était jamais le niveau zéro. Ariès avait tenu réunion en salle B14086. A un étage de l'endroit où elle devait aller maintenant. Pas très loin en perçant la coque, loin si on ne connaissait pas le réseau de turboflits et de couloirs de traverse. Elle eut l'intuition d'arriver quand elle aperçut deux Gardes Rouges posant devant la porte. L'inscription sur la porte était la bonne. Les Gardes lui offrirent un accueil muet en pointant leurs piques vers son visage couleur d'azur, avant de vérifier son niveau, par ses nouveaux cylindres et sa nouvelle plaque. Quand ils furent certains qu'elle fut fiable, et qu'elle fut la personne demandée, elle put entrer dans la pièce. Vaste, ovale, baignée dans une semi-pénombre, elle n'était barrée que d'une table en ellipse bardée de quelques sièges à hauts dossiers, et d'un ensemble d'holoprojection central. Une salle réservée aux chefs. Des terminaux sortaient de devant chaque emplacement, prêts à accueillir les datapads des invités.

Mais la pièce centrale restait celui qui trônait, parfaitement à l'aise, devant un ensemble de pads, de flimsis, son blaster posé sur la table. L'homme n'était pas de la maison : il portait une armure en métal gris foncé, posé sur un ensemble de pièces de vêtement de haute facture, noirs à revers pourpre, frappant ça et là le symbole impérial qui lui allait comme un gant. Une figure qu'elle devait bien connaître. « Cheffe de Planète Ariès. Je vous en prie, asseyez-vous. » L'Empereur Astellan venait de lui indiquer le siège... juste à sa gauche.
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By Ariès
#34668
Le Directeur semblait clairement irrité. De quoi ? La jeune femme ne pouvait le savoir. Qu'avait-elle fait pour s'attirer la mauvaise humeur de son supérieur ? Elle avait pourtant respecté le protocole à la lettre, Ariès n'avait pas fait de fausses notes. Du moins l'agente le croyait. Le changement de comportement soudain de l'humain n'était pas dû au comportement de ses deux partenaires, mais bien de la Chiss. Preuve qu'une fois encore la culture et le tempérament Chiss étaient radicalement différents de ceux des Humains. Ce fut d'une manière assez déplacée que le Directeur se retira.

Et bah, voilà, justement, le Directeur, il a du travail... Vous verrez avec le Vice-Amiral truc pour vos galons, vos nouveaux uniformes... bref.

Faisant une brève salutation de la main à ses deux confrères, le Directeur s'en alla. Peu de temps après le Vice-Amiral s'esclaffa sans retenue tandis que la Chiss regardait la scène avec incompréhension.

Il est très agacé, Cheffe

Faisant un signe à la jeune femme, celle-ci s'approcha d'un pas lent en sa direction.

Déjà, on va baisser ces lumières, elles me chauffent le dos depuis vingt minutes, je vais cuire mon uniforme...

Baissant la luminosité de la pièce l'agente savoura cet éclat doux qui ne lui agressait plus le regard à l'aide de ses rayons assassins. Voyant enfin le visage de son interlocuteur, l'impériale se détendit quelque peu.

Vous voyez, la Moff Kor'Rial ici présente est en observation. Sur ordre de son supérieur. Elle apprend ce que la politique signifie, et comment elle se traduit.

Ariès avait compris la Moff était nouvelle. mais elle n'arrivait à mettre la main sur la raison de son scepticisme.

Voilà votre plaque. Je vais vous demander de la mettre maintenant... Mais aussi de garder l'ancienne. Et de l'entretenir. Vous saurez bientôt pourquoi.

"Vous saurez bientôt pourquoi" disait-il. Elle savait qu'il y avait quelque chose d'étrange et le Vice-Amiral venait de lui donner raison. Elle saurait très bientôt, mais le plus tôt serait le mieux. L'agente détestait les surprises.

Je vais rester là avec la Moff Kor'Rial, lui expliquez un peu ce qui vient de se passer. Vous, vous allez vous diriger vers la salle de réunion B13013. Vous connaissez la Boîte, pas besoin de vous guider.

Bien.

Ainsi donc l'agente apprendrait seule la surprise.


Voguant au sein de l'Ubiqtorat, prenant un turbo-élévateur pour atteindre le bon étage ; la Chiss se fraya un chemin jusqu'à la salle de réunion. Ce fut les tuniques écarlates des deux gardes gardant la salle qui lui mit la puce à l'oreille. Jetant un bref coup d'oeil en direction de celle-ci, Ariès vit bien l'inscription B13013. Elle ne s'était pas trompée de salle de réunion. Ça ne lui disait rien qui vaille, avoir une surprise d'un Supérieur était souvent de mauvais augure, mais une surprise venant de l'Empereur... Serait-elle qu'allait-elle être ?
S'approchant du lieu dans lequel elle était conviée, ce fut sans grand étonnement que les deux gardes impériaux lui barrèrent le chemin. Muets comme des tombes, ils brandirent leurs piques en direction de son visage. Ariès ne broncha et resta stoïque, laissant les deux individus faire leur travail, vérifiant que l'alien ait bien l'autorisation de rencontrer l'Empereur. Tout fut passé au peigne fin et lorsqu'ils furent certains que la jeune femme soit bien la personne convoquée.

Lorsqu'elle s'introduisit dans la pièce, rien de particulier n'attira son attention. La salle était assez classique, l'agencement et le style de la pièce étaient typiquement impériaux. Le ton des murs et des meubles était froid et terne. Une large table ovale trônait en son centre entouré de quelques sièges et équipé d'un holoprojecteur au centre de celle-ci. La salle serait bientôt remplie de chefs et sûrement pas des moindres. Faisant zigzaguer ses yeux de terminal en terminal, ses deux iris rougeoyants s'arrêtèrent sur un monticule de pads sur lesquels était posé un blaster. Ses yeux se posèrent sur la main du propriétaire avant de remonter lentement vers le visage. Avant qu'ils n'atteignent leur destination, ils tombèrent sur un accoutrement métallique. Une armure faite d'un métal à la teinte gris foncé accompagnée de vêtements de qualités aux couleurs noirs et pourpres. Au sommet du pectoral droit teintait le symbole impérial au grès des assauts de la main de l'Empereur. Et lorsque cette courte inspection fut finie, ses yeux s’attardèrent enfin sur le visage de l'humain.

Des yeux verts et des cheveux marron tirés en arrière, une barbe assez fournie, mais néanmoins très bien entretenue. Un physique typiquement humain, aucune fantaisie particulière autant corporelle que décorative. L'expression qu'il dégageait était neutre, petite froide par moment. Ce qui était certain c'était qu'il n’arborait aucun rictus, aucun sentiment ne semblait échapper à son contrôle. Un vrai bloc de marbre. Elle avait déjà perçu cette froideur lors de leur première conversation holographique, mais une fois l'un en face de l'autre, l'impression n'en fut que plus saisissante. La dernière conversation qu'avaient eux les deux impériaux s'était terminée de façon assez dramatique pour l'agente. Par chance ou bien par miséricorde, Ariès ne reçut qu'un blâme pour une faute qui était loin d'être légère. Il était certain que la Chiss ne commettrait pas deux fois la même erreur. Elle s'inclina donc genoux à terre, tête baissée avant d'avoir la permission de se relever.

Cheffe de Planète Ariès. Je vous en prie, asseyez-vous.

L'Empereur lui indiqua siège. Un siège juste à sa gauche. Sans brocher, l'agente fit le tour de la table d'un pas lent jusqu'à la place qui lui était destinée. Pendant ce trajet la Chiss regardait discrètement et à plusieurs reprises l'arme siégeant sur la table. Cela ne lui disait rien qui vaille. L'arme ne remplirait pas son rôle défensif, mais plutôt offensif. Il était certain qu'elle serait utilisée contre quelqu'un dans le but de le sanctionner, mais qui ? Le tir lui serait-il destiné ?

...

Ariès se garda de tous commentaires, de toutes questions. Il était préférable qu'elle reste sagement assise et muette. Les mains croisées l'une dans l'autre, le regard voguant d'un point à un autre ; s'attardant quelques fois sur l'armure que portait son supérieur sans jamais trop s'attarder au risque de se faire remarquer. Autant la jouer profile bas afin de ne pas voir le scénario de leur première conversation se répéter.
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By Harlon Astellan
#34677
L'évidence hurlait aux oreilles des atomes qui s'égayaient par milliards autour des deux impériaux d'échelles si éloignées, que la Chiss ne s'attendait pas à une telle entrevue. Si les Gardes Rouges, uniques protecteurs de l'Empereur Galactique, étaient un indice clair d'avant rendez-vous, ils pouvaient tout aussi bien être "prêtés" pour une occasion spéciale. La journée s'annonçait spéciale de toute façon. Harlon la suivit avec insistance, tout le temps que dura son trajet jusqu'au siège. S'il s'écoutait analyser ses vis-à-vis, l'Empereur eut juré qu'elle n'aurait rêvé que de se liquéfier et de s'enfuir par une bouche d'aération plantée dans le sol. Quand elle fut enfin assise, que son malaise semblait au paroxysme, il décida de signer quelques flimsi. Sans un mot, ne serait-ce que pour expliquer qu'il était à elle dans une minute. Il tapotait sur deux datapads à la fois, signait çà et là des documents, et prenait parfois une pose pensive. Quand il finissait une tâche, ses affaires rejoignaient une pile située à sa droite, en face du siège mitoyen. Quand la pile fut pleine, et que le vide s'était installé en face de lui, il se décida alors à se tourner vers Ariès. « Prenez ce blaster. » Il le fit glisser d'un coup sec de la main devant le nez Chiss. « Démontez-le, puis remontez-le. Et tirez-moi dessus. » Il rajouta, l'air de rien : « Il n'est pas chargé. » Il sortit un chronomètre et lui indiqua quand le faire. Il ne fit aucun commentaire sur le temps nécessaire à le faire. « Bientôt, vous aurez l'impression que ceci sera devenu inutile. Que gérer des cellules ne requiert aucune pratique. Rien ne serait plus faux. Vous devrez au contraire vous perfectionner. Pousser la chose plus avant. Servir de modèle pour vos hommes. » Harlon, à son tour, démonta et remonta le blaster, avant de tirer sur la Chiss. En un temps record, évidemment.

« Votre dossier ne mentionne pas que vos réussites. » De près, elle pouvait constater les racontars divers de la populace. Le visage froid, fermé, l'expression insensible et impénétrable de l'Empereur le rendait muet comme un poisson. Il fallait se rattacher à ses mots pour deviner ses pensées. « Il mentionne plusieurs manquements aux protocoles internes. » Un datapad qui n'était pas empilé sur le côté glissa sous le nez de l'Empereur. « Manquement aux protocoles d'échange avec la hiérarchie, vous vous souviendrez de quoi je parle. Manque de considération des rapports avec ses supérieurs, pour votre façon peu orthodoxe de rendre vos rapports, et Sens des priorités en mission à revoir, par un certain Agent Pèlerin. » Le datapad repartit de plus belle sur la table. Il était maintenant à disposition d'Ariès, qui pouvait voir les commentaires, mais aussi leurs auteurs. « Il a fallut l'intervention d'un de vos amis pour qu'on étudie votre cas. Il est clair que c'est votre... culture qui est la cause de vos manquements, plus qu'une vraie preuve d'irrespect. » Quel ami ? L'Empereur n'allait pas le dire. « Vous n'allez pas devenir Cheffe de Planète immédiatement. Pendant une période de trois mois, nous allons vous assigner un interprète venu de la Bordure Extérieure pour approfondir avec vous votre connaissance des us et des coutumes entre humains. »

Ce n'était pas fini. « En sus, avant que nous voyons à quelle planète nous pourrions vous affecter... » Cela pouvait être Coruscant comme Raxus Prime, le prestige allait ressortir de la bonne volonté de la Chiss. « ... vous allez m'accompagner dans une mission diplomatique dans les Régions Inconnues. Le Grand Amiral Thrawn est occupé, ce qui laisse bien peu de Chiss pour nous aider dans cette mission. » Elle allait enfin connaître la vérité. « Vous allez me servir d'aide de camp pour un voyage diplomatique dans les territoires de l'Ascendance Chiss. A cette occasion, j'aurais besoin de connaître en détail vos relations avec eux, ce qui vous a poussé à en partir, et ce qui pourrait vous motiver à y revenir sous un uniforme étranger. »




« ... l'Empereur en personne ! » Il secoua un peu les mains. « Il y a des cas, où les profils de gens prometteurs, pour une raison ou une autre, ressortent en priorité, et remontent échellon par échellon. L'Agent Pèlerin a un copain dans les services personnels de l'Empereur, il lui a parlé d'une Chiss qui aurait besoin d'une... comment il a dit, bonne séance de dressage je crois... ou bonne séance de claquage, un truc comme ça. C'est remonté jusqu'à moins, et j'en ai parlé à l'Empereur. » Il expliquait avec calme, posément, répétait au besoin. « La phase politique, c'est de forcer le grade supérieur, d'un coup en sautant les étapes, en faisant pression sur le supérieur qui peut tout faire capoter. Le Directeur Général est dans la poche, d'office, mais il délègue beaucoup aux Dirbran* pour les nominations internes et la gestion RH. Ca veut dire faire que le Dirgé** impose la nomination, mais aussi que les supérieurs directs n'instruisent aucune procédure pendant la période. Imaginez, un lieutenant apprend qu'on veut faire faire un saut de grenouille à un de leurs subalternes qu'ils peuvent pas piffer... Ils ont qu'à ouvrir une enquête interne sur un motif bidon, pour mobiliser les effectifs liés à ces procédures, rendant impossible la promotion le temps de la procédure. Ou de la faire expédier, mais c'est plus compliqué, et trop transparent. Là, c'est une nomination sortie de nulle part, et point. »

* Dirbran : Directeur de Branche dans le jargon
** Dirgé : Directeur Général dans le jargon
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By Ariès
#34755
Les secondes s'égrainèrent jusqu'à ce que l'Empereur eut enfin fini de signer ses datapads. Lorsque sa besogne s'acheva l'humain se tourna vers la Chiss, la conversation put enfin commencer.

Prenez ce blaster.

L'agente fut surprise lorsqu'elle vit le blaster glisser jusque devant elle.

Démontez-le, puis remontez-le...

Sans un mot l'impériale démonta et remonta le blaster machinalement comme on lui avait appris jadis à l'académie impériale. La tâche était un vrai jeu d'enfant pour la jeune femme mais la suite allait se corser pour elle.

...Et tirez-moi dessus.

A cet instant le mouvement de l'agente tout comme le reste de son corps se figea. Son regard rougeoyant se tourna vers l'Empereur tandis que celui-ci posa un chronomètre sur la table.

Il n'est pas chargé..

L'arme pointé en direction d'Astellan, la Chiss ne fit rien tandis que les secondes s'écoulaient. Chaque secondes lui parurent une éternité. Le temps semblait s'être arrêté afin de lui accorder le temps d'une réflexion. Était-ce réel ? Ou tout ceci se déroulait-il dans son esprit ? A l'instant présent elle ne pouvait le dire.

...

La gâchette semblait figée, impossible pour Ariès de presser la détente. Ce mouvement était pourtant simple, ce n'était pas la première fois qu'elle tirait sur quelqu'un ; arme chargée ou pas. Tandis qu'elle restait paralysée, une foule de question lui firent en tête. Pourquoi Diable l'Empereur souhaitait-il se faire tirer dessus ? Ariès avait confiance en son supérieur, il ne prendrait pas le risque de se voir braquer une arme chargée sous son nez. Cependant. Pourquoi avoir fait cette requête ? Souhaitait-il tester la loyauté de la Chiss ? Voulait-il voir si l'alien était capable de suivre les ordres ? Ou espérait-il déceler en elle une quelconque germe abritant la trahison. Peut-être s'attendait-il à ce qu'Ariès lui tir dessus sans hésiter. Après tous nombreux sont ceux qui pensent que les aliens ne sont pas dignes de confiance.

...

Aucunes réponses ne lui vinrent à l'esprit. Retour à la case départ. Que faire ? Jetant un rapide coup d'oeil au chronomètre la jeune femme à la peau bleutée vit une trentaine de seconde tout au plus. Si elle pressait la détente aurait-elle un blâme ? Serait-elle exclue de nouveau ? Elle ne souhaitait pour rien au monde revivre une telle chose. Mais si elle ne tirait pas, cela serait-vu comme un signe de contestation, un refus de suivre les ordres de son supérieur, l'issue serait la même en fin de compte...

...

Se mordant l'intérieur de la joue, la Chiss stoppa ses tremblements. La prise sur son arme était totale. Le doute semblait s'être envolé. Comment s'était-elle permise de douter ? Ce comportement était indigne de son espèce. Indigne de son rang. Ce signe de faiblesse...Elle pensait s'en être débarrassée de Monsieur Aukhyns. Le regard tourné vers l'Empereur, le visage inexpressif ; Ariès pressa la détente sans la moindre difficulté. A cet instant le chronomètre s'arrêta.

55 Secondes


Bientôt, vous aurez l'impression que ceci sera devenu inutile. Que gérer des cellules ne requiert aucune pratique. Rien ne serait plus faux.
Vous devrez au contraire vous perfectionner. Pousser la chose plus avant. Servir de modèle pour vos hommes.


L'Empereur prit le blaster que venait de poser l'agente avant de le démonter et le remonter à nouveau. La différence fut le temps de réaction d'Astellan. Sans la moindre hésitation il braqua l'arme en direction de l'agente et sans le moindre tremblement, sans le moindre doute ; il tira sur la Chiss. La seule réaction de l'agente fut une légère crispation de la mâchoire.

Votre dossier ne mentionne pas que vos réussites. Il mentionne plusieurs manquements aux protocoles internes. Manquement aux protocoles d'échange avec la hiérarchie, vous vous souviendrez de quoi je parle.

Ariès savait bien évidement où voulait en venir l'humain. Comment pourrait-elle oublier cet événement ? De toutes les erreurs que la jeune femme ait pu commettre, celle-ci était de loin la plus colossale. Colossale erreur qui faillit lui douter sa place et sa tête à n'en point douter.

Manque de considération des rapports avec ses supérieurs, pour votre façon peu orthodoxe de rendre vos rapports, et Sens des priorités en mission à revoir, par un certain Agent Pèlerin.

Agent Pèlerin...Cet individu ne lui inspirait du dégoût et du mépris. Il représentait à lui tout seul ce qu'il y avait de plus laid chez un humain. Dès le premier regard, Ariès sut quel genre d'homme il était. Un individu repoussant. Lors de sa mission, la jeune femme avait espéré que l'impérial ait passé par dessus bord ou bien qu'il fut égorgé par les pirates mais il n'en était rien. Tout au long de la mission, la Chiss du se coltiner cette personne qu'elle méprisait au plus haut point.

Il a fallut l'intervention d'un de vos amis pour qu'on étudie votre cas.

L'agente était dubitative n'importe qui aurait pu rapporter son comportement à un supérieur. Mais cet "ami semblait être quelqu'un de spécial. Qui était-il ? Que voulait-il ? Ariès connaissait-elle cet individu ? Était-il possible que cet individu soit "Viva" ? Trop tôt pour le dire...

Il est clair que c'est votre...

Race, espèce. La Chiss voyait déjà le mot se dessiner sur ses lèvres. La race, un argument mainte et mainte fois mit en avant par ses confrères et ses supérieurs.

...culture qui est la cause de vos manquements, plus qu'une vraie preuve d'irrespect.

L'Empereur marquait un point. Cette fracture culturel, Ariès la vivait tous les jours. Les références, la culture, la manière de se tenir, de parler, de vivre. Tout était différent entre Chiss et Humain.

Vous n'allez pas devenir Cheffe de Planète immédiatement. Pendant une période de trois mois, nous allons vous assigner un interprète venu de la Bordure Extérieure pour approfondir avec vous votre connaissance des us et des coutumes entre humains.

Ses doutes étaient donc fondés, l'impériale savait qu'il y avait anguille sous roche. La promotion avait été trop belle pour être vrai. Il y avait forcément une contre-partie. L'Empereur souhaitait que l'agente approfondisse ses connaissances sur les coutumes humaines, qu'il en soit ainsi.

En sus, avant que nous voyons à quelle planète nous pourrions vous affecter. Vous allez m'accompagner dans une mission diplomatique dans les Régions Inconnues. Le Grand Amiral Thrawn est occupé, ce qui laisse bien peu de Chiss pour nous aider dans cette mission. Vous allez me servir d'aide de camp pour un voyage diplomatique dans les territoires de l'Ascendance Chiss.

Lorsqu'elle ouïe " les Régions Inconnues" son corps entier se tendit telle une arbalète. Son visage jadis inexpressif n'affichait plus que de la froideur, une froideur extrême.

L'ascendance Chiss. Voilà une éternité qu'elle n'avait entendu le nom de sa Nation. En quelques mots Astellan venait de mettre à mal l'épaisse couche de glace qui recouvrait l'agente telle une armure. Sous ce masque de froideur, sous cette armure à première vue impénétrable se cache une alien en état de faiblesse, apeuré à l'idée d'être de nouveau exclu de la société. Elle qui avait réussi à éliminer cette partie faible d'elle même en enterrant avec elle son passé. Voilà que l'Empereur venait de la faire resurgir. Et avec elle un sentiment qu'elle avait réussi à garder éloigné. La peur. La peur de ses débuts dans l'Empire. La peur de cette épée de Damoclès qui se trouvait au dessus de sa tête, la peur de l'exil qui la tourmentait. Cet épisode de sa vie qu'elle ne voulait pour rien au monde revivre.


A cette occasion, j'aurais besoin de connaître en détail vos relations avec eux, ce qui vous a poussé à en partir, et ce qui pourrait vous motiver à y revenir sous un uniforme étranger.

Elle qui avait tant bien que mal montré la face dorée. L'Empereur venait en une claquement de doit révéler le revers de la médaille. Un revers moins étincelant, un revers plus sombre, plus obscur. Ariès avait mis du temps à cicatriser, même aujourd'hui certaines plaies étaient encore ouvertes. Il lui fallut d'un claquement de doigt pour les rouvrir. Rouvrir ces plaies qui la lacèrent depuis l'intérieur.
L'Exil lui avait absolument tout pris... il ne fallut qu'un mot pour tirer un trait indélébile sur son avenir au sein de sa Nation. Et de cela elle en souffrait encore et bien plus maintenant que les souvenirs refaisaient surfaces. Car si pour un Humain la mort est quelque chose de dramatique pour un Chiss l'exil est pire encore.


...

Ce fut le silence qui accueillit l'humain tout d'abord. Le regard rougeoyant de l'agente était plongé dans celui de son supérieur mais pourtant, celui-ci ne regardait pas l'humain. Il regardait autre chose. Les fantômes du passé, les souvenirs en-fouillis, les craintes, les doutes. A cet instant précis Ariès aurait voulu disparaître telle de la fumée balayée par un mouvement de main. Mais hélas c'était impossible.

Après les doutes et les craintes vinrent l'amertume et la colère. Pourquoi ? Pourquoi les humains mettent-ils toujours le nez là où ça ne les regardent pas ? Pourquoi vouloir déterrer un passé qui a pris des années à mettre sous terre ? Pourquoi cherchent-ils à chaque fois à la fragiliser alors que la jeune femme tente tant bien que mal à se reconstruire ? Pourquoi elle ? Pourquoi ?! Pourquoi ?!

Les poings se refermèrent, les sourcils se froncèrent, la mâchoire se crispa. Ariès ressentait de la haine, du mépris, un sentiment tout ce qui a de plus humain. Et c'est devant cette réalité que la Chiss se figea. Pendant un instant elle avait éprouvé les sentiments qui ressortaient des visages de ses confrères. L'espace d'un instant elle était devenue comme eux. Non...Non...Elle valait mieux que ça. Elle ne devait pas s'abaisser à leur niveau. Prenant enfin la parole, Ariès parla enfin, après tout elle était cernée, elle ne pouvait pas s'échapper de l'Empereur.


Ma relation avec l'Ascendance...
Je n'en ai plus. Je suis une étrangère pour eux, une paria tout au plus. Je ne suis même pas certaine qu'elle se souvienne de moi...
L'Ascendance ne représente plus rien pour moi.


Mensonge.

Mon passé et mon avenir en son sein sont morts l'instant où elle a décidé de me bannir.
Rien...
Rien ne m'a poussé à quitter ma Nation...S'est elle qui m'a poussé à la quitter. S'est elle qui m'a trahi. S'est elle qui...
...
Peut-importe...
Cela n'a plus d'importance désormais...


La Chiss se mit dos à l'Empereur. Était-ce une marque d'irrespect volontaire ? Non. Pour la Chiss, Astellan n'était plus dans la pièce. Le regard dans le vide, sa langue se délia sans trop en dire. L'agente semblait parler à un homologue invisible.

Nombreux avaient vu en moi la flamboyante Flamme Rouge. Mais le flambeau que je représentais ne tarda à pas à briller d'une flamme vacillante menaçant de s'éteindre à tout moment. Nul n'aurait pu contester l'avenir brillant qui s'offrait à moi...
Dès notre plus jeune âge, on nous apprend que les rôles dans la société Chiss sont plus importants que ceux qui les détiennent et que notre culture inspire un sens aigu du devoir et un fort dédain pour ceux qui ne se soumettent pas à la discipline. Les besoins du plus grand nombre l'emportent sur ceux de quelques-uns. Avec un mode de vie et une culture comme la notre, nous les Chiss développons une obéissance et une discipline sans égale. J'étais comme l'un d'entre eux. Jusqu'à ce que mes géniteurs aient un opinion divergeant. L'Ascendance est une Nation au tempérament calme et pacifique, son expansion suit ce schéma de pensée.
Mais ils pensaient autrement. Ils pensaient qu'avec la flotte que nous avions une expansion plus agressive était nécessaire. Pour eux ce comportement pacifiste était un signe de faiblesse. De par leur rang, ils ont voulu propager leur idéologie. Bien évidement ce n'est pas passé inaperçue aux oreilles des Grandes Familles.
Ils ont aussitôt prit les choses en mains et ont étouffé l'affaire avant nous mener à un "procès" soigneusement encadré et en privé bien-sur. Et puis nous fûmes banni, sort réservé aux traîtres et aux moins que rien...

Sachez que...Rien. Rien ne me motive à revenir là-bas même sous un uniforme étranger.
Ne vous attendez pas à voir la moindre chaleur dans le cœur d'un Chiss... Mes congénères sont pourvus d'un terrible sang froid qui a de quoi en désarçonner plus d'un. Même dans les situations les plus catastrophiques, voir un Chiss paniquer est quelque chose d'inconcevable. Ils restent de marbre devant les situations les plus désastreuses. Je ne suis plus comme eux. J'aurais aimé le rester mais...Je ne suis plus comme eux. Les années passées loin de ma Nation et le mode de vie hors Ascendance ont mis à mal le tempérament que j'avais dans ma jeunesse. Je passerai pour une paria, une faible devant eux. Même sous l'uniforme impérial, je doute de pouvoir fouler le territoire de l'Ascendance et encore moins être appelé par mon nom...

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