L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Aussi loin que remonte l'histoire du voyage interstellaire, Coruscant demeure la planète-capitale, le centre politique de la Galaxie. Entièrement recouverte d'une vaste mégalopole, elle ne produit aucune denrée, et le trafic aérien dédié à la nourriture remplit à lui tout seul le ciel de la planète.
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Exécuteur : Coruscant

Cible : Ardus Khun, 19 ans, Nautolan

Recherché pour : Port d'armes sans autorisation, attitude menaçante en public avec ladite arme, délit de fuite

Prime : 6 000 Cr

Informations additionnelles : L'individu se cache suite à un mandat d'arrêt contre lui. La famille prétend n'avoir aucune nouvelle mais de forts soupçons pèsent sur sa cousine. Il est recommandé de commencer par cette piste, dans le respect de la loi.


Le Bonneteau filait à travers le trafic intense et constant qui régnait en orbite de la Capitale Galactique. Un chasseur novice ou débutant aurait pu être émerveillé par cette vision somme toute peu commune, celle de ces innombrables vaisseaux, transports, cargos et autres croiseurs qui se déplaçaient dans la vide céleste. Pour la majorité des individus, cela restait un spectacle peu commun même après des années d'habitude. Ça n'était pas son cas. Ses yeux observaient tout ce spectacle, analysant, enregistrant, soupesant, déduisant.

Il était déjà venu sur ce monde auparavant, du moins en avait-il l'intime conviction. Las, sa base de données n'en portait pourtant aucun enregistrement ni sauvegarde et lui indiquait le contraire. Il n'aurait su dire ce qui le rendait si sûr de lui mais cette idée refusait de le laisser en paix. Le pistolero fronça les sourcils avant de secouer la tête distraitement. Depuis qu'il s'était réveillé dans cet entrepôt sur Nar Shaddaa, il se prenait souvent à se perdre dans ses pensées et une sorte de nostalgie fort peu opportune.

Ressaisis-toi Wally, t'es un chasseur bordel.

Et il était pas là pour faire du lèche-vitrines et vider les magasins non madame. En tant que chasseur nouvellement revenu dans le circuit, il était venu le temps de repartir au boulot. Une bonne vieille traque, c'était ça qui le motivait. C'était l'une des rares choses qui l'intéressait d'ailleurs, avec les cigares. Ça lui faisait penser qu'il lui en restait plus des masses. Encore un problème urgent à régler, sans oublier son compte en banque proche du rouge.

Bon on ne va pas se mentir, la prime qui l'avait mené sur Coruscant n'était pas fofolle. Valdor alluma le rapport depuis son poste de pilotage pour lire les quelques infos marquées dessus. Nom de l'acquisition, montant de la prime et piste potentielle, y avait tout sous ses yeux et c'était pas grand-chose. 6 000 Crédits, c'était à peine assez pour couvrir ses frais de la Guilde, et je vous parle même pas de l'entretien du Bonneteau. Sa vieille carlingue allait vite se retrouver à la casse si il se dégotait pas de meilleurs contrats. Mais pour ça, fallait déjà montrer ce qu'il valait.

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Première étape, se faire enregistrer par les autorités portuaires. La majorité des petits jeunots débutants croyaient qu'il suffisait d'avoir son permis pour se promener avec tout son bardas tranquille pépère sur les mondes civilisés. C'était à cause de ces bleus bites que le métier avait mauvaise réputation aux yeux de la populace et des gouvernements. Mais non mes lapins, ça marche pas comme ça, faut toujours se faire enregistrer comme chasseur à l'arrivée, ça vous évitera des problèmes plus tard.

Une fois le Bonneteau posé, Valdor alla donc s'enregistrer auprès du douanier, un Humain de 43 ans visiblement et avec des cernes incroyables. Distraitement, le chasseur repéra les petits tremblements des mains et le regard fuyant du bonhomme, signes infaillibles et qui ne trompaient personne. Surement qu'il carburait au bâton de la mort ou un truc du genre. A croire que même sur la capitale, on pouvait pas ne pas tomber sur des camés à des postes pourtant contre-indiqués pour ces types.

Constantin Valdor. Chasseur de primes. Voilà mon permis ainsi que mon arme.
Je vérifie. Quelque chose à déclarer? Vous transportez une cargaison spécifique?
Nope.

Voilà, c'était tout. Une fois les conventions sociales remplies et les papiers vérifiés, Valdor fut libre d'entrer dans Coruscant proprement dite. Quittant l'astroport, le chasseur put alors contempler dans toute sa splendeur la Capitale. Bâtiments et buildings à perte de vue, urbanisation de masse telle qu'on se demandait s'il existait autre chose qu'une ville sur toute la surface et la foule... Bon dieu, la foule humanoïde à peine visible dans les rues et les sous-districts d'en bas, ça faisait bizarre de voir toutes ces fourmis qui grouillent.

Pour l’androïde, tout ça n'avait pas d'importance autre que pratique. En effet, la seule pensée qui lui vint en contemplant un spectacle aussi dingue fut la suivante: comment retrouver une prime bien précise dans tout ce foutoir?

Cette chasse promettait d'être plus délicate que prévue.
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Une aiguille dans une botte de foin comme dit le dicton. A contempler la mégalopole qui s'étend à perte de vue, on se dit que le dicton est encore sacrément loin de la réalité. Et encore, d'après son noyau de données, ce qu'il voyait n'était que la partie visible de l'iceberg. Parce qu'on avait tendance à l'oublier mais Coruscant c'était aussi d'innombrables sous-niveaux et blocs d'habitation souterrains d'ou on ne voyait presque jamais la lumière du soleil. Et plus on s'enfonçait, plus la vie devenait difficile. Des milliards d'individus vivaient sur cette planète.

Trouver une personne précise risquait d'être compliqué. Mais il avait un avantage pour commencer, il avait l'identité de la cible. Suffisait donc d'effectuer quelques recherches pour essayer de situer un peu ou elle se promenait, vivait, traînait. Il y avait plusieurs moyens, certains légaux et d'autres un peu moins. Valdor préférait en général rester dans les clous, aussi préféra-t-il la solution légale. Inutile de commencer la chasse avec les flics au cul si il pouvait l'éviter.

Cela lui prit quelques minutes pour joindre un poste de police non loin du spatioport, à l'intérieur c'était visiblement frénétique à en croire les officiers affairés courant en tout sens et les divers civils et criminels en garde-à-vue ou interrogés. Curieusement, ce spectacle le laissa surpris l'équivalent d'un centième de seconde avant qu'il se reprenne. Le chasseur se dirigea au guichet d'accueil tenu par une flic, une Twi'lek. Par politesse, il enleva son chapeau une fois son tour venu. La femme le toisa de haut en bas de ses yeux sombres avant de cligner des yeux.

Bonsoir, c'est à quel sujet?
S'lut, j'ai besoin d'infos si ça vous dérange pas, officier...?
Suther, Kerri Suther. Tout dépend de ce dont vous avez besoin. Vous souhaitez porter plainte? Déposer un CV? Poser un témoignage?
Un CV? Elle est pas mal celle-là. Non, je suis un chasseur et j'ai besoin de savoir 2 ou 3 trucs pour retrouver ma prime. J'ai son nom mais je sais pas ou il est censé habiter, et tant qu'à faire si vous pouviez me filer l'adresse de sa famille proche, ça m'aiderait pas mal.
Je peux avoir vos permis pour vérification je vous prie?
C'est demandé avec tellement de gentillesse, tenez voilà pour vous.

Valdor tendit la liasse de papier docilement. Il pouvait avoir du bol et être tombé sur une conciliante qui ne l'emmerderait pas trop et lui filerait ce qu'il cherchait ou il pouvait être poissard et être tombé sur une emmerdeuse.

Je ne suis pas sûre que le protocole m'autorise à vous donner des informations privées sur un dossier en cours, chasseur.

Eh ben on dirait que c'était la deuxième solution.

'Coutez officier Kerri, je suis pas là pour foutre le bordel et flinguer à gogo tout ce qui bouge je vous assure. Je répond juste à une offre émise par les forces de l'ordre coruscantii, je suis là pour filer un coup de main moyennant salaire, 'voyez?
Vous essayez de me faire du charme?
Euh non pas spécialement. En fait j'essaie juste de vous convaincre que si on collabore, on a plus de chances d'arrêter ce type avant qu'il dérape vraiment. Un mioche de 19 piges, armé et à priori s'étant mal comporté avec ça, moi je serais vous je serais pas serein qu'il se promène tranquille. Voilà ce que je vous propose, vous me donnez juste les 2 adresses et vous oubliez qu'on s'est parlés comme ça y a pas de risque que vous preniez tout si les choses déconnent. Mais je vous rassure, ça n'arrivera pas, je suis un pro et je bosse de manière transparente.

Moment de vérité. Allait-elle marcher ou faudrait-il qu'il trouve un autre moyen?

Très bien, je vous transmet ça sur votre datapad. Je vous avertis cependant, si vous commettez la moindre erreur ou si les choses "dérapent" comme vous dites, c'est vous que je tiendrai pour responsable, vu?
Parfaitement m'dame. Vous le regretterez pas, promis.
Je l'espère...

Elle avait dit cette dernière phrase sur un ton qu'il identifia comme faussement ingénu. Son clin d’œil appuyé échappa complètement au chasseur qui ne voyait pas bien ou elle voulait en venir. Faut croire que son module cognitif avait encore des ratés depuis son réveil parce que n'importe quel imbécile aurait calé en temps normal qu'il lui avait tapé dans l’œil à la flic.

Peu importe, il avait ses infos et il s'était enregistré comme étant en chasse sur la prime auprès des flics, ça voulait dire qu'il était fiché et donc qu'en principe on viendrait pas lui chercher des noises. En principe. Il pourrait bosser tranquillement. Constantin sortit du poste de police et se dirigea vers une station de tram, laquelle d'après ses recherches sur l'holonet local l'amènerait dans le quartier ou la cible avait été vue pour la dernière fois.

Le transport démarra 5 minutes plus tard, emportant ses passagers et surtout un en particulier vers la destination voulue.
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Le transport le laissa sur le côté de la route avant de continuer son parcours jusqu'au prochain arrêt. Seul dans la rue, le cow-boy solitaire observa un peu les environs pour se situer. Il se trouvait dans les sous-niveaux 150, ce qui compte tenu de la profondeur du monde d'en-dessous, était considéré comme sacrément luxueux par les habitants du coin. Ça avait surement dû être le cas dans un lointain passé quand Coruscant était encore une jeune planète mais c'était plus trop le cas maintenant.

On n'était pas non plus chez les clochards et les mutants dégénérés manquant de tout des niveaux 1000 et plus, mais c'était pas la joie. L'endroit sentait la grandeur passée, c'était évident pour le droïde qui analysait le coin de ses yeux bio-améliorés par ses concepteurs. On ne voyait même plus le ciel et les étoiles, tout ce qu'il y avait au-dessus d'eux c'était un large plafond métallique immense et étendu sur des kilomètres partout en haut. En fait de plafond, c'était le sol des sous-niveaux supérieurs, tout comme le sol sous ses pieds était celui des sous-niveaux inférieurs.

Quel bordel. Coruscant était une fichue ruche dégueulasse et crade qui lui donnait presque envie de vomir, pour peu qu'il en aurait été capable. Entre les gangs, la vie sous terre et la surpopulation, il se demandait bien pourquoi les gens restaient vivre ici. Probablement que la majorité n'avait tout simplement aucun moyen de mettre les voiles, tandis que la minorité bien au chaud à la surface trouvait le coin attrayant. Tous des cinglés de son humble avis.

Le chasseur prit le temps de consulter sa plaque de données ou étaient les adresses de la famille de la cible et sa cousine, que l'avis indiquait comme potentiellement mouillée jusqu'au cou. Il avait décidé d'aller tenter sa chance directement chez celle-ci, il estimait à 66% les probabilités que la cible s'y planque. Son calculateur logique ne lui avait que rarement fait défaut jusque-là, pas de raison qu'il le lâche maintenant hein? Droit devant, à 500 mètres, le bloc sur sa droite, appartement D.

Ni une ni deux, Valdor se mit à marcher à vitesse moyenne pour arriver à destination. Dans les rues il y avait de la vie, pas mal de passants de toutes races dont la plupart vaquaient à leurs affaires. Certains tenaient de petites échoppes le long de la route tandis que certains, certaines même en regardant de plus près, agitaient leurs mains, vêtues de tenues pas très recouvrantes. Il secoua la tête avec dégoût. Il n'avait jamais compris cet attrait qu'avaient les organiques pour les relations tarifées mais ça devait en avoir sinon la demande n'aurait pas été constante. Autant pour la gloire de la capitale galactique en tout cas.

Le bloc d'habitation était un bâtiment à moitié bouffé par la rouille dont les couloirs empestaient la pisse et l'odeur du moisi. Heureusement que ce genre de détails ne le dérangeait pas outre mesure d'un point de vue strictement physique même si ça ne lui procurait aucune joie non plus. T'occupes pas de ça, va toquer à cette porte à moitié désossée et patiente. Ça va pas durer et...

Vous êtes qui? Vous voulez quoi?

La voix était indubitablement féminine, d'après les intonations il y avait de bonnes chances qu'elle soit effrayée, à moitié dans les vapes à cause d'une drogue quelconque et il estimait qu'elle devait être jeune, dans les 20/23 ans à tout casser. La porte s'ouvrit finalement pour laisser apparaître une Nautolan en tenue de travailleuse à l'usine. Elle semblait fort peu avenante et même en colère. Valdor comprit tout de suite qu'elle était à cran, il y avait des chances qu'elle s'attendait à de la visite et pas du genre amicale.

Constantin Valdor m'dame, je cherche votre cousin, Ardus. Vous l'avez vu récemment?
J'l'ai pas vu d'puis au moins un mois celui-là. Il a fait quoi encore? Et vous êtes qui?
Il a fait qu'il doit du fric à Joe les Doigts de Fée et que ce dernier en a marre d'attendre. Tu piges?

Les capteurs du chasseur lui révélèrent le taux d'adrénaline qui régnait dans l'air ambiant et dégagé par la donzelle. Le point de rupture approchait à grands pas. Prudence Constantin, elle va bientôt péter une durite, vas-y mollo.
#31714
Comment ça il doit du fric à Joe?

Le chasseur soupira de manière imperceptible. Les organiques faisaient souvent preuve d'une telle stupidité qu'il en venait sérieusement à se demander comment ils pouvaient réussir à simplement se lever le matin sans avoir un accident mortel. Il parlait pourtant clairement et avec des mots simples mais visiblement ça n'entrait pas dans le crâne de la fille. La drogue ne devait pas l'aider. Encore un concept incompréhensible ça, se bousiller les circuits avec une substance nocive.

Il a emprunté une sacrée somme pour se payer du bon temps dans le quartier de la soie rouge, sauf que les crédits s'appellent revient, tu saisis?
Joe lui avait dit qu'il aurait un mois pour payer avant de lui rappeler, tu mens!

Bon, il avait tenté le coup de bluff, ça n'avait pas marché, tant pis. Son module cognitif lui indiquait que dans son état, la junkie allait d'ici 2 secondes 30 dixièmes lui claquer la porte au nez, ensuite de quoi au choix elle chercherait à s'enfuir, à prendre une arme, appeler la police ou prévenir son cousin. Aucune de ces possibilités n'était bonne pour lui. Aussi comprit-il qu'il était temps de sortir les grands moyens.

Sa main cybernétique vint se poser entre l'embrasure de la porte pour empêcher sa fermeture lorsque la Nautolan tenta de la claquer brutalement. Le choc ne le fit même pas tressaillir, la douleur n'avait aucune prise sur le droïde, quand bien même ses récepteurs internes lui indiquèrent la sensation et les dégâts très légers sur le métal de son membre. Il y avait des avantages à être une machine mine de rien, et il en abusait sans vergogne. Il pénétra alors dans l'appartement proprement dit tandis que la junkie reculait aussi vite qu'elle pouvait.

Malheureusement pour elle, elle était encore tellement perchée qu'elle n'arrivait qu'à bégayer et reculer à 4 pattes à une vitesse prodigieusement lente. Valdor l'observa tenter de s'éloigner de lui par une peur primale que pas même la drogue ne pouvait enlever de son cerveau primitif. Lentement, sans se presser, le chasseur la suivit, ne faisant même pas attention à l'environnement misérable de l'endroit. Finalement, de sa main droite, il l'attrapa par la gorge et la plaqua contre le mur du couloir menant à la pièce principale, faisant tomber un portrait en peinture excessivement laid.

Bon. Maintenant on va pouvoir causer toi et moi.

Les doigts métalliques étaient serrés contre la peau de l'alien, verrouillés pour empêcher qu'elle ne puisse s'échapper. Parfaitement calme et détendu, le chasseur souleva sans le moindre effort apparente d'une ou 2 têtes du sol sa proie. Ses yeux noirs observaient dans un détachement complet la junkie qui s'efforçait vainement de lui échapper. Ces organiques, incapables de comprendre quand la partie était perdue.

Je répète ma question: ton cousin, Ardus, ou il est?
Ksss... Chai pas... Joe avait dit...
Tu n'as toujours pas compris hein. J'ai menti. Je ne suis pas un cogneur de ce Joe, qui qu'il soit. Je suis un chasseur et ton cousin est ma prime. Tu vas me répondre et vite si tu ne veux pas t'attirer d'ennuis.
Chass... Non... C'est pas poss...
Je te montrerais bien mes permis mais j'ai pas de temps à perdre avec toi. Il suffit que tu saches que j'ai toute autorité pour te descendre si je juge que tu fait obstacle dans ma chasse. Tu imprimes mieux là?
Je veux pas mourir!
Personne ne le veut. Même moi je préférerais te laisser en vie. Mais j'ai un travail à effectuer et je le ferais. Accouche.
Il se cache dans une piaule de mon copain dans les -154!
Ah voilà, on avance. Adresse? Comment on entre? Y a un mot de passe spécial? Tu communiques avec lui comment? Qui est au courant à part toi?
L'adresse est sur mon frigo! Y a une porte de derrière au cas ou, suffit d'tirer un coup sec et elle s'ouvre! J'dois lui apporter d'quoi manger ce soir! Je sais rien d'autre juré!
J'espère bien que tu me mens pas. Sinon je reviendrais te chercher et je serai pas aussi courtois.

Toujours l'empoignant de la main gauche, il tendit son autre poing ganté et frappa au niveau de la tempe. Allez hop, fait de beaux rêves. Elle se réveillerait dans quelques heures avec un sacré mal de crâne et une impression d'avoir failli mourir à cause d'un cousin à emmerdes. Avec un peu de chance, elle déciderait peut-être d'arrêter la drogue et les ennuis et se rangerait pour devenir une citoyenne modèle. Ou, ce qui était selon lui plus probable de 89%, elle plongerait de plus belle dans la drogue et les ennuis. Peu lui importait, direction la planque d'Ardus à présent.
#31718
A peine Valdor fut-il sorti du bloc résidentiel qu'il sut que les choses allaient devenir compliquées. Ses capteurs auditifs détectèrent immédiatement les bruits de pas alors qu'il était dans le couloir. A en juger le crissement et l'intensité calculée, il supposait avec une marge d'erreur de 30% que c'était des bottes en cuir de bantha, ce qui ne voulait pas dire grand-chose vu que l'animal était à la base de l'industrie vestimentaire. En revanche, les grognements, les jurons et les intonations sèches qu'il capta lui en disaient bien plus.

Des porte-flingues, il en était presque sûr. Quant à savoir ce qu'ils voulaient et pourquoi, c'était une autre histoire. Projection théorique: il était sur le territoire d'un gang quelconque et ne s'étant pas annoncé chez le caïd local, on lui envoyait un comité d'accueil. Autre possibilité: la Nautolan avait de nouveaux interrogateurs au sujet de son cousin ou même d'autre chose, c'était une junkie elle avait possiblement des dettes envers le dealer du coin.

Le chasseur sortit finalement pour tomber face à un Humain et un Rodien, armés chacun de blaster DH-17 réglés, nota-t-il avec amusement, sur tir mortel. Sous son chapeau, la machine haussa les sourcils d'un air profondément ennuyé, sa main cybernétique clairement visible, posée contre la hanche dans une attitude d'attente tandis que la main droite était très proche du flingue à la ceinture. Il cracha par terre, sans paraître plus choqué que ça d'être menacé par ces 2 types.



C'est pour quoi?
T'es qui toi blanc-bec?
On me pose toujours la même question. Je déteste qu'on me pose la même question constamment. Chasseur de primes actuellement au boulot, c'est tout ce que tu as besoin de savoir.
Et qui t'as dit que t'avais le droit de te promener sur notre territoire au juste?
Si j'avais eu besoin de ta permission, tu crois sincèrement que je te l'aurais demandé? Tirez-vous avant que ça finisse mal les gringos.

Il perçut clairement leur réflexe visant à rapprocher leur main de leur flingue. Le cran de sûreté avait été enlevé, nota-t-il. Pas de bol pour eux, lui n'en avait pas sur le sien.

Pourquoi t'es allé voir Nydalia?
Pour mon boulot. T'as pas besoin d'en savoir plus.
Tu vas nous suivre jusqu'au boss, il va te dire comment ça fonctionne par ici.
Je crois pas non. Pas envie.

Sur ce, le cow-boy ne perdit pas une seconde de plus à discuter avec ces branquignols et dégaina son DL-44, le Pacificateur comme il aimait à l'appeler, avant de lâcher 2 tirs rapides et soigneusement espacés d'une seconde chacun. 2 tirs. Pas un de plus, pas un de moins. Arme toujours en main, il fit quelques pas en avant et se retrouva face aux 2 gredins affalés par terre, gémissant et se tenant chacun le bas du ventre.

Le calcul avait été rapide et simple, blessure suffisamment sérieuse pour les mettre hors-course mais pas mortelle non plus. Il n'aimait pas tuer s'il pouvait l'éviter. Dans la rue, la plupart des curieux s'étaient écartés lorsqu'ils avaient entendu les tirs. La fusillade avait cependant été tellement rapide qu'ils n'avaient eu le temps que de reculer de quelques pas. Un rapide coup de bottes bien appuyé sur chacun des blessés les envoya au royaume de Morphée. Fin de l'histoire.

Le Pacificateur retourna dans son holster tandis que Valdor reprit sa route en sens inverse à son arrivée. Il avait un ascenseur à prendre pour retrouver sa proie. Dernière ligne droite avant qu'il puisse toucher sa prime. Sa base de données lui souffla cependant que son exploit avec ces 2 types pouvait potentiellement changer la donne voire lui compliquer la vie si à l'avenir il revenait bosser dans le coin mais il n'en avait que faire. Ces gangers à la con ne lui causaient aucune inquiétude, il savait pouvoir les gérer.

Sans prêter attention à la petite foule choquée qui s'était rassemblée et murmurait dans son dos, le chasseur quitta le quartier, emprunta l'ascenseur et sélectionna le sous-niveau 154. Dans 10 minutes il serait à bon port, ensuite de quoi il lui faudrait trouver la cible. Déjà ses cogitateurs fonctionnaient pour élaborer un plan qui prenait forme.

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