L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Korriban est une planète désertique froide. Il s'agit d'un monde sanctuaire pour les Siths car il abrite les tombeaux de nombreux seigneurs Siths légendaires. Les profondeurs de Korriban recèlent d'incroyables et obscurs pouvoirs, et pour cette raison l'Ordre Jedi émit en son temps une interdiction formelle de s'y rendre à l'encontre de ses membres.
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Quel plaisir que de voir l'Egorgeur massacrer à tour de bras ces imbéciles de pillards sans montrer le moindre signe de fatigue. En même temps que lui venait cette pensée, la jalousie en souillait l'admiration involontaire. Comme elle aurait aimé disposer d'une telle affinité avec la Force et disposer du pouvoir de vie et de mort aussi facilement. Un jour prochain, se jura-t-elle, elle deviendrait aussi forte que son compagnon et même bien plus. La route vers le pouvoir était longue et tortueuse et ne s'encombrait pas de quelque morale que ce soit.

Enfin eut-il finalement pu dégager l'entrée du tombeau. Dans la Vallée, les quelques pillards survivants s'étaient arrêtés de tirer, partagés entre l'effroi de voir tant des leurs massacrés avec désinvolture et la soif de vengeance. Cela au moins c'était un concept qu'elle pouvait comprendre et même respecter. Non que cela changea quelque chose à leur sort mais tout de même. Un regard de l'apprentie et du cyborg sur eux les découragea définitivement et ils s'enfuirent en hurlant.

La Vallée s'occuperait de leur sort, Korriban n'était pas tendre avec les profanateurs et les pilleurs de tombes. Déjà le sang disparaissait du sol sableux, avalé par la soif inextinguible de la planète tandis que les corps pourrissaient rapidement. Se détournant de ce triste spectacle, la jeune fille se tourna pour examiner un peu plus l'entrée du tombeau. Un mal profond suintait de l'intérieur, une odeur douceâtre écœurante régnait dans les environs, celle de la corruption du Côté Obscur.

Sans hésiter, elle sortit de son sac le cœur qu'elle tint en main, se sentant parfaitement idiote à rester là, droite et le cristal en main, à attendre quelque chose. Si Odion avait remarqué sa détresse et son ignorance des choses à faire, il n'en dit rien, ce qui en soit constituait une surprise étant donné son caractère irascible et déplaisant jusqu'ici. Les secondes passaient et elle désespérait de trouver un moyen que s'ouvre le chemin devant elle quand le cristal frémit légèrement avant de briller d'une lueur vive.

Une forme indistincte émergea du cristal, humanoïde sans qu'il fut possible de distinguer sa race ou son sexe. Elle portait une bure d'un noir profond et seuls ses yeux, entièrement jaunes, étaient visibles. La silhouette observa les 2 Sith avant de hocher la tête puis se retourna pour contempler le tombeau avant de faire signe d'une main gantée. Une voix désincarnée et vaguement masculine résonna alors:

A l'intérieur vous attendent des épreuves... Seul un Sith peut espérer sortir vivant du tombeau... C'est par la souffrance et le sacrifice que vous obtiendrez ce que vous êtes venus chercher... Suivez la voie du Coté Obscur...

La silhouette disparut aussi vite qu'elle était apparue, les laissant là tout les deux, silencieux et songeurs. Varadesh était agacée et pour tout dire, en colère.

Est-ce que tout les anciens ont l'habitude de parler par énigmes comme ça? C'est trop difficile pour eux de dire les choses clairement? Qu'ils soient maudits!

L'Egorgeur ne répondit pas immédiatement et ouvrit la marche sans attendre, pénétrant à l'intérieur sans peur ni appréhension. Connaissait-il déjà l'endroit ou avait-il déjà visité d'autres tombes au point que semblable activité soit devenue une habitude pour lui? Bonne question, qu'elle se retint de poser histoire d'éviter de le fâcher plus que de raison. Elle croyait sentir couver une menace plus palpable chez lui que dans toute la Vallée, c'était dire...

L'intérieur du tombeau était vaguement éclairé par le soleil de Korriban, au moins à l'entrée. Plus loin par contre, c'était plongé dans le noir et les ténèbres. Pourquoi elle avait pas pensé à prendre une lampe ou un truc du genre d'abord hein? Heureusement, des torches par ci par là sur les murs étaient là pour remédier au problème même temporairement. Restait à espérer que ça n'allait pas mal finir cette histoire. Le cristal dans la poche brillant toujours d'une lueur rouge intense, elle prit une torche et l'alluma, créant une source de lumière bienvenue.

Je sens quelque chose. Une... Présence ou je ne sais quoi. Nous ne sommes pas seuls ici, vous le sentez vous aussi?

Bien incapable aurait-elle été de préciser un peu plus sa pensée. C'était comme une sensation étrange, en bordure de ses pensées, titillant ses sens. Il y avait un truc que son esprit tentait de lui faire assimiler mais ça continuait de lui échapper. Le peu de lumière que dégageait sa torche illuminait les murs du tombeau, tous couverts d'inscriptions et de runes dépeignant les hauts-faits de Darth Bane, commençant par sa naissance et continuant jour après jour de sa vie.

Pareil travail avait dû réclamer d'innombrables années pour être accompli et elle s'émerveilla du temps et de la patience que ça avait dû demander. En fait, elle prenait le temps de regarder et essayer de déchiffrer chaque inscription qu'elle voyait, au point qu'Odion finisse par lui jeter des regards contrariés comme pour lui rappeler pourquoi ils étaient ici. L'heure n'était pas à la lecture ou l'archéologie après tout. Haussant les épaules, elle laissa tomber avant de le rejoindre.

Ils arrivèrent finalement à une intersection séparant chemin de gauche et de droite, l'un menant à des escaliers vers le bas, l'autre vers le haut. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire pour trouver ce qu'ils étaient venus chercher, quoi que ce puisse être. Elle regarda le cyborg l'air de dire "et maintenant"? Celui-ci devait surement être amusé ou méprisant de constater combien l'apprentie était inutile au final. Peut-être même pesait-il l'idée de l'achever d'un coup de sabre.

On devrait peut-être...

Un vacarme assourdissant soudain retentit sous leurs pieds et ce ne fut que de justesse que chacun se décala pour éviter la grille s'étant levée. Ils étaient maintenant séparés l'un de l'autre sans moyen apparent de se rejoindre. La bonne blague, voilà qu'elle perdait son protecteur diablement efficace. Cela dit au moins elle n'avait plus à s'inquiéter qu'il la sabre dans le dos c'était déjà ça.

Mince! Vous allez bien Odion? Saleté de piège, on a failli se faire empaler de peu... J'ai pas l'impression qu'on puisse virer ce truc. Vous croyez qu'il y a moyen de se rejoindre plus loin?

Lui était du côté de l'escalier partant vers le haut tandis qu'elle devrait s'enfoncer dans les profondeurs. Réjouissant. Pourtant, alors même qu'elle songeait à simplement attendre qu'il trouve un truc de son côté, elle croyait entendre une voix loin dans les profondeurs qui l'appelait. Par son nom. Elle se retourna, scrutant les ténèbres sans rien voir de particulier.

Il y a quelque chose qui m'appelle je l'entend. Je dois... Je dois y aller. Comprendre. Voir.

Sans attendre de réponse, l'apprentie emprunta les escaliers, inconsciente du regard que lui jeta le cyborg, inconsciente même de combien le cristal dans sa main s'était mis à luire plus intensément que jamais, dégageant des vagues de pouvoir phénoménales que tout utilisateur des arts obscurs pouvait ressentir sans mal alentour.

Quelque chose s'était réveillé, et ce quelque chose attirait l'apprentie sans qu'elle n'en ait conscience.

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By Adrix
#30776
Le début de cette exploration était, quelques mots, tout à fait ce à quoi le cyborg s'attendait. Ce qu'Odion voyait correspondait aux quelques souvenirs qu'il avait de l'endroit, mais les tombeaux des anciens seigneurs avaient tendance à se ressembler. La jeune apprentie semblait fasciner par la beauté sinistre de ces couloirs maudits. Il faut dire que ces gravures étaient de toute beauté, dépeignant avec un goût et une précision exquise les exploits du maître des lieux. Beaucoup d'esclaves avaient dû être sacrifiés pour obtenir ses fresques, un travail issu du sang n'en était que sublimé. Hélas le spectacle s'offrant à ses yeux était devenu trop familier pour qu'Adrix puisse encore s'en émouvoir.
Les Seigneurs Siths aimaient afficher dans la mort la gloire dont ils jouissaient de leurs vivants. Peut être cela donnait à leur spectre quelque chose à contempler pendant ces longs siècles de solitudes, afin que les souvenirs ne s'estompent avec pas le passage des âges. Ou, plus probablement, c'était potentiellement une simple histoire d'égo, pour impressionner quiconque oserait s'aventurer sans y avoir été invité. A en juger par la petite, qui trainait des pieds pour jouer les touristes, Darth Bane avait du succès. Il fallut un regard agacé de l'Egorgeur pour la tirer de sa contemplation. Odion se surpris à se demander s'il ferait de même pour sa propre tombe. A moins que son esprit ne perdure à jamais comme un spectre informatique, hantant des corps mécaniques les uns après les autres, infiltrant l'holonet comme un virus. Cette existence éternelle, cette fausse immortalité, lui paraissait malgré tout plus séduisante que l'enfermement entre quatre murs, aussi richement décorés soient-ils. Mais s'il devait choisir un endroit pour sa dépouille originelle, c'est sur Géonosis qu'il voudrait la voir reposer à jamais. Un petit temple sacré à sa mémoire serait sympathique.

-Je sens quelque chose. Une... Présence ou je ne sais quoi. Nous ne sommes pas seuls ici, vous le sentez-vous aussi?

Odion ne prit pas la peine de répondre à cette question. Si elle parvenait à sentir quelque chose, n'était-il pas évident que le cyborg l'ait perçu depuis aussi ? "Présence" n'était pas un terme suffisant. Il n'y avait aucun doute là-dessus, Darth Bane était là, quelque part. Il les observait depuis les méandres de la mort, guettant ces proies potentielles. S'il était comme tous les autres, il se languissait de leur chair. Son aura était partout, imprégnant jusqu'aux pierres de l'édifice comme une insidieuse corruption. Mais il n'était pas seul. D'autres esprits, plus discrets les épiaient avec tout autant d'avidité. Cette visite de courtoise ne se ferait pas sans dégâts. Darth Odion renforça ses défenses mentales, se concentrant sur la tâche à venir.

Il se focalisa peut-être un peu trop sur les assauts mentaux d'ailleurs. Car il ne vit pas venir le piège pourtant élémentaire qui s'activa sous leurs pieds. Des pieux surgissant du sol pour former une barrière. La prochaine étape serait probablement composée d'un énorme rocher balayant un couloir. Si l'artifice manquait d'originalité, il n'en était pas moins efficace. La grille qui les séparait était composée d'un alliage à celui qui composait son armure. Intéressant... Une protection capable de tenir même un sabre laser en respect pendant un long moment. Même en déployant toute la force de sa mécanique, Odion aurait toutes les peines du monde à arracher cette grille de ses gonds. Ce qui voulait dire qu'il reviendrait ici pour la récupérer pour ses propres besoins.

Dans la main de l'apprentie, le cœur de Bane s'illumina tout à coup et le changement de cette dernière en fut affecté presque aussitôt. Elle parlait d'une voix l'appelant et avançait dans sa direction avec la dévotion d'un fanatique sous hypnose. Odion observa la scène sans même un haussement de sourcil. Pas vraiment besoin d'être un génie pour deviner ce qui était en train de se passer. Mais Adrix étant un génie malgré tout, cela fonctionnait comme une double confirmation.

*Quelqu'un essaie de prendre son contrôle. Quelle surprise éblouissante. *

Il avait un profond air de déjà vu, et pas seulement parce qu'il avait déjà expérimenté cette exacte situation. Qu'elle puisse tomber si facilement dans le piège malgré son précédent avertissement lui donnait presque envie de lui adresser un nouveau sarcasme. Hélas il était peu probable qu'elle l'entende dans son état actuel.

- ... Si tu te perds toi-même ici, c'est que tu n'avais pas la force de caractère d'endosser le manteau de la Sith.

La jeune fille continua sans prêter attention à sa mise à garde. Peut-être n'était-elle déjà plus en l'état de l'entendre. Adrix n'en avait cure. La vérité était qu'Odion était parfaitement en mesure de la secourir. Il aurait pu utiliser la Force pour lui arracher le cœur des mains, la plaquer contre le mur ou simplement l'assommer. Une expansion de son aura aurait même pu suffire à réduire l'emprise de l'envahisseur sur son esprit. Il n'avait tout simplement aucune raison de le faire. Si elle parvenait à surmonter cette épreuve, alors une apprentie de la Sith aurait montré un peu de valeur et la situation continuerait comme prévus. Si son enveloppe charnelle lui était arrachée par Bane, ou un autre, alors pour le cyborg cela ne serait qu'un changement de compagnon de jeu. Aucune de ces situations ne présentait un désavantage pour lui. Il se moquait de qui pouvait bien sortir de ce tombeau, il saurait tirer profit de tous les cas de figure. Alors pourquoi faire l'effort de lui venir en aide ? Elle n'était pas sous sa garde. Il avait fait plus qu'assez en l'avertissant de ce danger.

- Bon voyage.

Il était clair que le maître des lieux l'invitait à monter l'escalier. Peut-être un piège. Peut-être pas. Le Seigneur de Korriban était curieux de le découvrir et s'aventura sans hésitation dans les boyaux sombres menant à l'étage supérieur. La montée débouchait sur une salle baignant dans une obscurité surnaturelle. Comme Odion s'y attendait, la voix de tantôt ne manqua pas de venir commenter la situation d'un ton impérieux et suffisant.

-Seul celui qui domine ses peurs peut devenir...

- Ne gaspille pas mon temps avec de vulgaires tours d'amuseur, Bane. Je ne suis pas un apprenti que tu peux mettre à l'épreuve. Si tu comptes me jeter en pâture un quelconque défi, épargne-moi au moins les sermons génériques. Je connais déjà nos maximes.

Odion n'avait ni la patience ni le désir de se prêter à nouveau au petit jeu du grand esprit tout puissant imposant une quête initiaque et spirituelle à la jeune pousse de soja en quête de connaissances. Qu'il réserve ça à la morveuse en bas. Bane avait beau être une légende de la Sith, l'Egorgeur ne se considérait en rien comme son inférieur. C'était en tant qu'égal qu'il venait échanger avec le défunt, non en tant qu'étudiant admiratif d'une philosophique qu'il jugeait défectueuse. Il connaissait cette danse déjà bien assez à son goût.

Il y eut un long silence jusqu'à ce qu'une silhouette ne commence à prendre forme dans la fumée. Lentement, une forme humaine commença à se découper dans le brouillard. Quelqu’un était apparu. Quelqu’un dont la vue suffit à faire se serrer le cœur de l’Egorgeur dans un étaux d’émotions complexes.

Gwa-Cir-Delaviel

L’impératrice se tenait devant lui, avec cet air hautain toujours scotché sur ce visage. Les humains la qualifiaient de belle, mais aux yeux du cyborg elle était l’image même de la répugnance. Le miasme noir de la haine commença à remonter à la gorge d’Adrix. Des souvenirs oubliés venaient souffler sur les braises des conflits passés. Son aura obscure se fit pareil à un brasier, léchant l’air de flammes noirâtres. La rage bouillonnait dans son esprit, il se sentait… vivant !
Mais par-delà ce torrent d’émotions négatives, une excitation presque palpable parcourait son échine. Ses doigts tremblaient sur la garde de son sabre et ses sens étaient de retour à leur niveau d’éveil absolu. Celle qui se tenait devant lui n’était qu’un vulgaire mirage, une illusion façonnée dans une tentative vaine de mesurer sa force. Mais ce n’était pas important. Au travers de cette mise en scène stupide, les esprits de Korriban offraient à Adrix l’occasion d’expulser un peu de la frustration accumulée au cours de la dernière décennie. Plus qu’autre chose, il était face à un défouloir.

- Je retire ce que je viens de dire. Cela devient intéressant. On peut passer commande ? J'ai tout un catalogue d'anciens ennemis à terrasser une seconde fois.

A défaut de lui enseigner une quelconque leçon sur le sens de l’existence, il serait incroyablement satisfaisant de croiser de nouveau le fer avec Kroenen, Vorman, Morellion et toutes les autres ordures ayant parsemées son parcours. La satisfaction presque sauvage de les écraser à nouveau était pour Adrix une récompense des plus appétissantes.
Le fantôme de l’Impératrice dégaina sa lame avant de lui lancer une impulsion de Force. Les serres d’Odion s’ancrèrent profondément dans le sol pour encaisser le puissant assaut télékinésique qui menaçait de le jeter en arrière. Ce fantôme ne semblait pas à la hauteur de l’original. Un fait qui ne faisait que rappeler à Odion qu’il n’aurait jamais la satisfaction de pourfendre la vraie.

- Je m'excuse. Je suis d'ordinaire plus calme que cela. Mais je suis juste un peu ABSOLUMENT FOU DE RAGE



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By Ciaphas Cain
#30783
Odion, bouffi de toute son arrogance et sa suprême confiance en lui-même, pouvait bien aller se faire voir, Varadesh l'avait complètement écarté de son esprit. Il n'était qu'une distraction qui la détournait du chemin qu'elle s'était fixée. Du reste il ne semblait pas avoir particulièrement eu envie de lui venir en aide ou même se préoccuper de comment elle allait. L'individu différait tellement de Ranath dans son comportement qu'elle s'en demandait si son maître ne jouait pas un rôle.

La Mirialan la traitait non pas comme un outil ou un objet mais comme une personne et lui témoignait du respect et de la considération, quand bien même il existait une ligne définie séparant maître et apprentie. L’Égorgeur ne s'embarrassait même pas de faire semblant et lui accordait au plus un mépris et une indifférence complets. Un jour, elle lui ferait regretter son attitude déplorable, elle s'en faisait la promesse.

Ses pas descendant le long escalier la menaient toujours plus loin, toujours plus profondément au sein du tombeau. Elle n'entendait plus aucun autre bruit que celui de ses bottes foulant le sable, pas d'autre sensation que celle de sa respiration dans le silence de mort qui régnait. Cet endroit dégageait pour elle une impression qui la taraudait, presque extraordinaire.

Elle avait l'impression de se sentir chez elle. La corruption et la puanteur de l'obscurité régnant ici ne lui donnaient pas de hauts-le-cœur ni de réflexe de dégoût, au contraire. Elle croyait renifler l'odeur des champs de fleurs de la fontaine sur Pantora ou elle avait adoré passer son temps étant enfant. Il y avait comme une impression de rentrer à la maison tandis que ses pas continuaient de la mener loin, très loin.

Les murs étaient parsemés de runes et d'images tout comme à l'entrée, luisant d'une couleur rouge de mauvaise augure. La pensée lui vint brusquement que l'encre utilisée... N'en était peut-être pas vraiment une. Tandis que sa main tenait toujours le cristal, l'autre caressa un des bas-reliefs. Elle approcha même son visage pour renifler. Son intuition avait été juste, c'était peint avec du sang. De quoi, elle n'aurait su le dire, tout comme elle ne comprenait pas bien pourquoi il avait fallu utiliser pareille matière.

Était-ce de cette façon que les Sith se glorifiaient de leurs actes? En exhibant fièrement des trophées macabres et en dessinant des hauts-faits sanglants? Pouvait-elle vraiment vouloir souhaiter devenir pareille lorsque elle serait arrivée au terme de sa vie? Est-ce que tout ça en valait le coup? Cette dernière question la surprit. Evidemment que ça en valait la peine, elle n'était pas ici pour rien, elle obéissait à la volonté de Ranath et...

Obéir.

Un rire grinçant et désagréable se mit à résonner dans tout le tombeau de Bane. Moqueur. Injurieux. Déshonorant. Sans y penser, elle se mit à courir comme pour échapper au son qui la poursuivait ou qu'elle allât. Elle se retrouva bientôt dans une sorte de chambre aux murs espacés et au plafond invisible sous la pénombre qui régnait. Les motifs sur les murs y brillaient d'une lueur rouge plus intense que nulle part ailleurs dans cet endroit et elle sut avoir atteint le cœur du tombeau.

Une large estrade se dessinait devant elle, à quelques mètres. Y trônait un sarcophage en or dont la façade extérieure avait été modelée pour représenter avec une parfaite exactitude celui qui sommeillait en son sein. Le mélange de sculpture et de peinture décrivait ainsi un homme grand et chauve, aux traits tirés dont les contours des yeux étaient cachés par des tatouages complexes évoquant vaguement un soleil. S'il fallait en croire ce qu'elle voyait, le sarcophage représentait l'homme portant une lourde armure noire comme la nuit.

Elle ne connaissait pas bien les anciens langages Sith, faille manifeste de son éducation, bien qu'elle avait pu vaguement en lire un peu via certains livres et datapads de l'académie. Rien de bien folichon évidemment, à peine de quoi connaître l'alphabet Sith de base qu'on enseignait jadis aux enfants de l'Empire Sith. Pourtant, et c'était le plus étrange pour elle, elle parvenait à lire l'inscription sur le sarcophage.

C'était comme si les lettres inconnues se réarrangeaient sous ses yeux ébahis pour former un tout cohérent. Le phrasé était grossier et visiblement vieux d'un millénaire voire plus mais suffisamment compréhensible. Elle avait l'impression toutefois que sa faculté à lire lui venait non pas de ses connaissances précédentes mais bien d'une source plus ésotérique. Comme si son esprit laissait une force extérieure prendre le relais.

Ci-gît Darth Bane, Seigneur Noir des Sith, Fondateur du nouvel Ordre Sith et créateur de la Règle des Deux. Eh bien bingo! Dire qu'Odion me prenait pour une menteuse et une idiote...

Sans crier gare, le sarcophage s'ouvrit, la partie supérieure glissant sur le côté pour laisser entrevoir l'intérieur. Plissant les yeux tout en faisant la grimace à cause de l'odeur, Varadesh se pencha pour mieux voir le cadavre. Il n'en restait guère plus qu'un squelette grimaçant infiniment en mauvais état, engoncé dans une bure marron, les bras croisés sur la poitrine.

Du crâne aux orbites vides surgit un mince voile argenté qu'elle évita en reculant d'un bond loin du sarcophage. Le filament se posa face à elle avant de grandir jusqu'à former la vision de celui qu'elle avait déjà vu dans le désert de Korriban. Bane la toisait sans cacher son mépris, s'estimant clairement même dans la mort comme lui étant supérieur et dirigeant.

Tu es face à Darth Bane, apprentie. Incline-toi devant moi et reconnais ma supériorité.

Elle hésita brièvement avant de prendre une rapide décision. Elle inclina la tête en une légère révérence moqueuse avant de se redresser, le visage neutre mais les yeux pétillant d'amusement. Maître ou pas, Seigneur Noir ou pas, elle n'avait pas l'intention de se laisser faire comme ça. Odion était un monstre effroyablement dangereux et malgré cela elle n'avait pas hésité à faire preuve d'impertinence avec lui. Bane n'aurait pas droit à un traitement de faveur.

Je ne reconnais la supériorité que de qui peut prendre le dessus sur moi. Je n'ai rien à craindre du fantôme d'un homme mort il y a un millénaire.
Crois-tu? Tu n'es qu'une enfant qui ne sait pas dans quoi elle a mis les pieds. Je peux voir l'avenir tracé par Ranath pour toi. Je peux deviner ce qui t'attends.
Vous me l'avez déjà dit, vous et Zannah. Les Anciens sont-ils donc tous à ce point amoureux de leur propre voix qu'ils ne puissent supporter de ne pas s'entendre parler?

C'en était trop pour Bane qui, d'un geste de la main, déchaîna de puissants Eclairs de Force sur l'apprentie impertinente, laquelle ne put s'empêcher de crier de douleur sous le choc, s'effondrant par terre. Haletante, elle eut du mal à simplement se relever.

Ne prends pas ce ton avec moi gamine. Je sais pourquoi tu es venue ici. Ton maître, dans son avidité et sa lâcheté, t'a envoyé piller mes trésors et les lui rapporter. Tu ne vaut guère mieux que les pilleurs dont Darth Odion s'est débarrassé.
Vous ne comprenez rien. Je ne vole rien qui ne nous appartienne pas déjà. Ici et maintenant, nous sommes les Sith. Ce qui était jadis à nos ancêtres nous revient de droit. Nous n'avons pas besoin de votre accord pour prendre ce que nous voulons.
Ah oui? Alors viens donc, apprentie. Viens revendiquer ce qui t'appartient!

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By Adrix
#31070
Un duel violent s'était engagé entre Darth Odion et le mirage de l'Impératrice. Un ballet mortel de lames écarlates embrassa la salle obscure dans des tours pourprés, déchirant le silence dans des étincelles de plasma. Rarement la galaxie avait vu affrontement si violent où les éclairs de Force se disputaient la vedette à des bottes d'escrimes toujours plus audacieuses. Un spectateur inconscient aurait pu se laisser envoûter par la beauté fatale de ce combat où Les sens étaient poussés à leur paroxysme, tandis que la mort frôlait les deux combattants à chaque instant. Les murs du tombeau souterrain tremblaient au rythme des estocades d'une vitesse surnaturelle et les explosions de puissance.
Peu de choses incarnaient mieux le mot "Danger" que l'Egorgeur en cet instant. Ses quatre membres fusaient en tous sens, décrivant des arcs lumineux dont l'organisation chaotique dissimulait des coups calculés avec précision. Ses serres métalliques labouraient le sol dans un fracas mécanique tandis qu'il repoussait sa proie comme le ferait un char d'assaut. Chaque parcelle de son être et de sa concentration était entièrement tournée vers la destruction de son adversaire. Quiconque aurait eut la folie de l'approcher, ami ou ennemi, aurait été immédiatement tranché en deux. Pendant un bref instant, Adrix se laissa abandonner à ce combat dont il avait tant rêvé. Il avait beau savoir qu'il ne s'agissait que d'un ennemi factice, la rage brûlante coulant dans ses veines était un appel auquel il ne pouvait résister. Darth Bane, la tombe, Korriban, même cette morveuse d'apprentie, tout cela avait disparu de son esprit. Seul subsistait dans son champ de vision l'objet de sa vengeance, le narguant de ce sourire qui depuis des décennies alimentait le brasier de sa haine. Simplement poser le regard sur elle lui faisait l'effet d'une poison versé directement dans son cœur, embrumant ses pensées derrière un voile sombre et putride. Les souvenirs de leurs interactions passées dansaient devant ses yeux comme autant d'humiliations, de coups de poignards plantés dans sa fierté. Des blessures qui n'avaient jamais vraiment cicatrisées. En comparaison, le mépris d'Odion pour certains Jedis ou Organa n'étaient que de petites flammèches à côté d'un incendie planétaire.
Au-delà de l'identité de sa proie, cette tension palpable qu'il sentait à chaque fois que leurs lames s'entrechoquaient lui avait terriblement manqué. Il ne se sentait jamais aussi vivant que lorsqu'il dansait ainsi avec la Faucheuse, lorsque la moindre petite erreur pouvait lui coûter la vie. Cette extase presque charnelle, cette communion entre adversaires que tout oppose, prêts à jeter leur existence dans la balance, c'étaient cela qui l'avait autrefois engagé dans la voie de la Sith.

Hélas, cet affrontement était écrit avant même qu'il ne commence. L'illusion avait été façonnée à partir de l'image que l'Egorgeur se faisait de son ancienne némésis. Hélas pour le maître des lieux, l'égo surdimensionné du cyborg le rendait bien plus puissant que sa version fantasmée de Cir-Delaviel. Pour le Seigneur de Korriban, cela faisait bien longtemps qu'il avait dépassé le niveau de son ancien maître. Que ce soit vrai ou non importait peu, dans cette prison de mirages, sa conviction inflexible en sa propre domination devenait réalité.
Ainsi, profitant d'une brève fissure dans la garde de l'Impératrice, guère plus perceptible que le battement d'ailes d'un papillon au milieu d'une tornade, l'Egorgeur lâcha ses sabres pour venir saisir l'Impératrice à mains nues. Un étaux d'acier se referma sur ses poignets et sa gorge tandis que les sabres décrivaient un arc flottant. Le regard écarlate de l'Egorgeur plongea dans celui de Delaviel tandis que le quator de lames, celles de Kroenen, de Maul et de Vorman, la transperçait dans le dos. Sans rompre ce lien du regard, Odion resserra sa poigne. Il sentit du bout des doigts la nuque frêle et blafarde cédée arrachant les derniers souffles de vie à cette engeance démoniaque. Un mélange complexe d'émotion monta en Adrix tandis qu'il sentait sa proie se vider de ses forces jusqu'à n'être plus qu'un corps qui se volatilisa presqu'aussitôt. Un mélange savant de frustration, de soulagement et de mépris venimeux. Le plaisir de cette vengeance imaginaire avait laissé place a un goût de cendres.

-Ma patience pour ces tours d’amuseur est limitée Bane.

A l’heure qu’il était, l’apprentie était probablement en train de lutter pour la préservation de son enveloppe charnelle. Ce qui, de l’expérience de l’Egorgeur en possessions démoniaques lui laissait encore un peu de temps. Aucun Seigneur Sith digne de ce nom ne déroberait un corps sans abrutir sa victime de longs discours sur la grandeur de son histoire et la justesse de sa cause. Il y avait une étiquette de la vilénie à ce genre de choses. Odion était bien placé pour savoir que les grands noms du Côté Obscure aimaient s’entendre parler avant le triomphe presque autant que le triomphe en lui-même.
Il n’avait pas vraiment envie de voler au secours de cette naine désagréable, mais l’insistance de Bane à lui faire perdre son temps comme un vulgaire amateur l’inclinait à lui mettre des bâtons dans les roues plus qu’à le laisser faire.

-Si tu n’as point d’autre challenge à ma mesure, ai au moins la décence de te présenter à moi plutôt que de te cacher pour mieux t’en prendre à une enfant. Je demande une audience en tant que Seigneur de Korriban.

Mais alors qu’il s’apprêtait à quitter la pièce, trois silhouettes sortirent des ombres pour remplacer celle meurtrie de l’Impératrice. L’Egorgeur reserra la prise sur ses sabres. La première était un cyborg enjoncé dans une armure de métal noire, la seconde un alien aux allures insectoïdes et le dernier une réminiscence de feu le général Grievous. Ses yeux rubis se resserrent, dardant les apparitions du regard. Il s’agissait là des individus les plus puissants qu’il ait jamais connu : Lui-même. Ce qu’il avait été, accompagné du monstre qu’il était aujourd’hui.

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By Ciaphas Cain
#31153
Varadesh grogna de douleur lorsque, d'un simple geste de la tête, Bane la rejeta en arrière pour la faire s'écraser contre une colonne. Elle sentit une fulgurante douleur à l'intérieur et entendit le bruit caractéristique d'une côte cassée. Voilà qui n'allait pas l'aider à gérer le face à face avec l'Esprit Sith. Crachant du sang, la jeune fille se releva tant bien que mal, ignorant la douleur. Du haut de ses 2 mètres, Bane la dévisageait avec dégoût et mépris.

Dire que c'est entre les mains d'une faible comme toi que repose l'avenir de l'Ordre. Je pleure de voir comme mes descendants sont devenus encore pires que Kaan et ses laquais.
Peut-être que si vous aviez été suffisamment fort pour survivre à votre apprentie, vous auriez pu vous assurer que ça n'arrive jamais.

Pour toute réponse, la fureur du Seigneur Noir frappa de plein fouet l'imprudente qui encore une fois tomba à terre sous le coup de sa rage. Elle avait beau faire la fière, au fond d'elle, elle savait qu'elle ne pourrait pas le vaincre: Bane était bien trop fort, un monstre de puissance qui aurait aisément pu affronter Odion ou Ranath. Elle n'était qu'une apprentie débutante sur la voie des Sith et n'en savait pas assez. Pire encore, elle n'avait même pas de sabre laser pour se défendre. Elle n'était au final pas même digne de se réclamer Sith...

La paix est un mensonge, il n'y a que la passion.

Toute chose vivante ressent des émotions et vit par, pour elles. Nier ce qui constitue le fondement d'une personne c'est se nier soi-même, se poser des chaînes par peur de ce que l'on est. C'est le raisonnement du faible qui baisse les yeux sous la contrainte quand il devrait les lever vers les étoiles, la flamme de l'ambition brûlant en lui.

La rage grandit en elle, plus encore, la haine la plus pure qui soit. Haine envers Krayt, envers Ranath, envers ses parents, envers tout ceux qui d'une manière ou d'une autre, l'avaient trahie ou abandonnée. Le potentiel brut qui emplissait la Pantoran était puissant et qui sait, surpassait peut-être même celui de son maître. Les émotions qu'elle ressentait la renforçaient et l'emplissaient d'une puissance bien supérieure à ce qu'elle avait connu jusque-là.

Par la passion, j'ai la puissance.

C'est parce que l'on ressent quelque chose qu'on devient plus que ce qu'on était auparavant. C'est en canalisant ces émotions et ces passions de la vie à travers le prisme de la Force qu'on nourrit le feu intérieur qui nous renforce. On devient alors puissant et fort.

Une main posée sur le sol, la silhouette se releva lentement, d'abord avec maladresse, comme hésitante, puis avec assurance et fermeté. Le Côté Obscur bouillonnait autour d'elle, visible pour tout sensitif dans le coin mais ce n'était rien comparé à la tempête qui faisait rage en elle. Varadesh. Sabina. Pantoran. Jeune fille. Tout ça avait disparu temporairement, remplacé par un impératif qui brillait dans son esprit. Il ne restait qu'une nécessité qui la guidait.

Par la puissance, j'ai le pouvoir.

Le pouvoir est ce qui définit un Sith, ce qui le différencie d'un utilisateur du Côté Obscur banal. Le Sith n'est pas soumis aux caprices du Côté Obscur mais modèle celui-ci selon son bon plaisir et sa volonté. Il ne craint jamais de l'utiliser ou de le rechercher car c'est sa raison d'être. Un Sith est maître de tout là ou les autres sont esclaves de tout.

Cela était devenu un duel entre 2 volontés, chacune entièrement concentrée sur la destruction totale de l'autre. Un vent tonitruant, surgi de nulle part, hurlait en cercle autour de Bane et Varadesh, fouettant chair et vêtements sans discontinuer. Mais la jeune fille ne sentait rien, elle avait franchi depuis longtemps l'étape ou elle pouvait ressentir la douleur. Seule comptait la haine qu'elle ressentait et le formidable pouvoir qu'elle savait avoir à sa disposition en cet instant.

Par le pouvoir, j'ai la victoire.

La puissance en tant que telle n'est rien si elle ne sert pas un objectif supérieur. Obtenir le pouvoir pour le pouvoir n'a aucun sens ni intérêt. La différence entre un Sith et un meurtrier tient à peu de choses mais ce sont ces choses qui en font tout l'intérêt. Le Sith n'agit que pour servir ses buts. Chaque acte, chaque mot, chaque geste, est autant un moyen de parvenir à ses fins que de se protéger des êtres inférieurs. Et cet objectif, c'est le triomphe.

Détruire Bane. Il n'y avait rien d'autre qui comptât plus pour elle à cet instant que cette pensée qui brûlait tout son être. Fracturer, exterminer, annihiler, faire disparaître à jamais de l'existence. Les yeux entièrement jaunes de Varadesh exprimaient toute la folie meurtrière qu'elle ressentait pour son ancêtre lointain. Un rayon d'énergie naquit d'elle pour aller frapper Bane mais celui-ci avait également lancé le sien d'un violet intense. Leurs 2 volontés s'affrontaient maintenant, chacune cherchant à dominer l'autre pour mieux la briser.

Par la victoire, je brise mes chaînes.

Tel est le véritable but que recherche tout Sith digne de ce nom. Enlever toute contrainte et toute limite qui pèse sur chacun de nous et devenir un être supérieur que rien ne retiendra ni n'arrêtera. Réaliser son plein potentiel et se découvrir, délivrer les capacités à nulles autres pareilles qui existent en chaque praticien du Côté Obscur.

C'était un combat sans fin que malgré tout elle ne pouvait pas gagner. La Force lui prêtait une puissance qu'elle n'avait encore jamais ressentie mais cela ne durerait pas éternellement et Bane était empli d'un pouvoir inimaginable, bien au-dessus du sien. Il lui fallait chercher un autre moyen de vaincre. Son esprit fracturé attrapa au vol un souvenir enfoui, celui de la Mirialan expliquant comment créer l'arme d'un Sith. Elle savait ce qu'elle avait à faire.

Elle devait surprendre Bane d'une manière à laquelle il ne s'attendait pas. Concentré sur le but de la détruire et éparpiller son être, il avait légèrement relâché son attention et laissé apparaître très brièvement une faille dans ses défenses. Faille qu'elle prit soin d'exploiter au plus vite.

La Force me libérera.

L'objectif ultime est la liberté absolue. Etre capable de faire ce que l'on souhaite sans aucune limite, d'obtenir n'importe quoi quand on le souhaite. Par la Force, briser ses chaînes permet d'enlever les entraves qui freinent le potentiel véritable d'un Sith et ainsi lui permettre de se réaliser enfin. Alors il devient plus qu'un Sith.

Elle ne savait pas pourquoi mais elle savait que l'Esprit de Bane face à elle était plus qu'un simple fantôme et qu'il était possible de le toucher. Il avait donc un point faible comme elle, il fallait juste le trouver. C'était donc le moment de tenter un assaut de la dernière chance. Laissant le Côté Obscur diriger son geste, elle répéta le même usage du pouvoir qu'elle avait utilisé de manière instinctive durant son entraînement avec son maître la première fois.

Elle se téléporta et réapparut non pas sur le côté ou derrière Bane mais bien à l'intérieur de lui. Elle sentit alors que de manière inexplicable, le fantôme intangible avait pourtant une présence matérielle. Ce fut comme si son corps constitué d'énergie obscure implosa sous la pression qu'elle y faisait peser. La dernière chose qu'elle entendit avant de sombrer dans l'inconscience fut le hurlement rageur de Bane.

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By Adrix
#31328
La tension dans la pièce était palpable. Darth Odion toisait d'un air menaçant ces trois échos de son passé, observant avec un mélange de méfiance et de fascination ceux qu'il était jadis. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait plus vu sa propre chair que son véritable corps lui apparaissait comme un souvenir lointain, une mémoire d'enfance désormais étouffée sous des monceaux de métal et de modifications corporelles. Le miasme d'émotions qui grognait dans sa poitrine était complexe. Peu d'êtres inspiraient autant à la fois le mépris et l'admiration d'Adrix que lui-même. Mais, au-delà de leur identité, L'Egorgeur pouvait sentir quelque chose de différent provenant de ces trois apparitions. Contrairement à l'Impératrice, elles n'étaient pas le fruit de la magie de Bane. Un autre esprit était-il intervenu dans cette rencontre ou bien s'agissait-il d'un message du Côté Obscure lui-même ? Ce ne serait pas la première fois que la Force usait de l'aura riche de Korriban pour mettre l'Egorgeur face à ses démons. Si cette dernière option s'avérait correcte, alors il devait faire preuve d'infiniment plus de prudence que face aux piètres illusions d'un de ses confrères.

-Que faîtes vous ici... ? Quelle est la signification de ce nouveau tour ?

Les trois spectres lui lançaient des regards accusateurs, le jugeant avec hostilité. Les armes n'avaient pas encore dégainé, mais ce n'était probablement qu'une question de seconde avant que la confrontation n'explose en un orage d'éclairs écarlates. Le premier à prendre la parole semblait incarner son état actuel. Ses yeux rouges reflétaient sur son armure noire une intense colère. Il dégageait une aura formidable, chargée d'un violent sentiment de dégoût.

-Je suis toi et tu es chacun d'entre nous.

L'original et la copie n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, se défiant silencieusement d'être le premier à frapper. Leurs respirations métalliques se répondaient en écho. Adrix se crispait. C'était comme se tenir face à un miroir et argumenter avec son reflet. La situation était plus étrange qu'il ne voulait l'admettre. C'est le Adrix original qui vint rompre le silence tendu.

- Et aujourd'hui, tu n'es plus rien. Une coquille vide lassée de sa propre existence. Cette jeune apprentie avait raison, tu n'es que l'écho d'une grandeur révolue. Tes amis t'ont désertés, ton peuple t'a abandonné et tes alliés t'ont trahi. Tous tes sacrifices en valaient-ils vraiment la peine si c'est pour finir ainsi, à rouiller sur un caillou désert ?

L'Egorgeur serra le poing. De la bouche d'un autre, ces paroles n'auraient pas eu le moindre effet. Mais les entendre sortir de sa propre bouche, faisant usage d'une voix à la fois si familière et si lointaine, ces accusations prenaient des allures de coups de poignard en plein cœur. Il avait tout donné pour ses objectifs, jusqu'aux plaisirs les plus élémentaires de l'existence. Et pourtant il ne goûtait plus aux fruits de son labeur. Mais le sermon était loin d'être terminé, puisque c'était son homologue présent qui décida de continuer l'assaut mental.

- Je ne peux croire que tu ais abandonné ! Ce ne sont pas là nos méthodes ! Tu avais une chance de faire payer ces vermines pour leur trahison et tu as préféré t'enfermer dans un tombeau de poussière pour te morfondre !

Il dégaina sa lame avant de frapper dans un élan de rage. Les épées lasers s'entrechoquèrent dans un grésillement d'étincelles, si proches que leur lumière en devenait aveuglante.

-Tu as laissé l'échec et l'ennui émousser ta lame ! Toi qui jadis avais toujours le contrôle absolu de ta destinée ! Jamais d'hésitation, jamais de crainte, tu écrasais sans merci tes ennemis ! Une force absolue, une tempête, voilà ce que nous sommes ! Ce que nous devons être ! Nous aurions pu incendier des milliers d'étoiles, mais tu es devenu si faible ! Tu ne mérites plus de porter ce nom !

Adrix rugit de frustration avant de le repousser avec force. Il ne pouvait accepter ces propos et pourtant il ne pouvait pas non plus les renier. Il était vrai qu'une part de son être s'était laissé aller à la mélancolie, préférant traiter par le mépris une lutte qui était pourtant la sienne. Mais son honneur refusait d'entendre cette accusation. Son instinct lui hurlait d'éliminer la source de cette gêne. Un échange de coup prodigieux s'engagea entre les deux incarnations de la même personne. Comme si un accord tactite existait entre eux, ils n'usèrent que de leur paire de sabres principales, ne voulant triompher qu'au travers de leurs talents de bretteurs. A sa grande surprise, Adrix n’avait pas l’avantage face à sa copie. Cette dernière était plus maladroite que lui dans ses estocades, certes, mais ses assauts étaient animés d’une rage supérieure encore à la sienne. Il n’avait plus combattu avec quelqu’un ayant la même force physique que lui depuis des lustres et chacun des coups parés avait la lourdeur d’un rocher. Pendant un bref instant, il considéra l’idée qu’il allait perdre, terrassé par lui-même dans une pirouette ironique. Mais il ne pouvait y avoir qu’un seul Darth Odion. Et la place était déjà prise.
Le Seigneur de Korriban connaissait ses habitudes, ses forces comme ses faiblesses, aussi infimes soient-elles. Il se laissa toucher au bras, et la morsure du plasma ne se fit pas attendre. Frappant avec toute la vivacité d'un prédateur l'apparition avait profité de la faille pour l'entailler, laissant une profonde brûlure sur sa carapace de métal. En réponse à la vive douleur qui envahit son être, le sabre de Darth Odion décrivit un arc long, se faufilant tel un serpent au travers de la défense ennemie pour venir se loger au niveau de sa nuque. La tête du faux cyborg fut tranchée nette, laissant place à une fontaine de sang et d'étincelles multicolores. Blessé, il donna un coup de pied à son reflet déchu dont la carcasse s’évapora dans un tourbillon de poussière.

- Etait-ce satisfaisant ?

Son prochain rival ne serait probablement pas aussi formidable. Remontant un peu plus en arrière, Adrix le Roi de Géonosis le dardait de colère. A l'époque, il ne portait qu'un piètre exosquelette, une copie maladroite de l'armure du Général Grievous. Il avait presque honte de s'être ainsi approprié l'aspect d'un autre de façon si puérile. Mais à cette période, malgré ses performances à des lieues de ce qu'il était aujourd'hui, ce corps lui avait tant permis d'obtenir de la puissance que d'attirer la confiance des Géonosiens. C'était aussi revêtu de cette carcasse de métal qu'il avait à mort les Ordres Sith de Vorman et Sidious, un fait d'arme qui restait encore aujourd'hui le couronnement de sa carrière. Et c'était aussi en son sein qu'était né le brasier de la haine.

-As-tu oublié le feu de notre vengeance ? Ne peux-tu le sentir brûler dans les profondeurs de notre âme ? N’apprendras-tu donc jamais que nul ne sert de s’en cacher ?

Ce passage de sa vie ne représentait en rien l'apogée de sa puissance, mais c'était sans nul doute le temps où il suivait le chemin de la passion le plus assidument. "Par la passion, j'ai la puissance." Il avait incarné ces mots mieux qu'aucun autre Sith contemporain. La seule force de sa volonté avait fait flanché des institutions centenaires. Quand cet incendie avait-il laissé la place à cette poignée glacée autour de son cœur ?

-Ton trône, ton foyer, t’ont été dérobés, et pourtant les coupables respirent encore ! Quelle excuse as-tu pour l’existence de ces jedis ? Servent-ils un dessein plus grand ? Ou te penses-tu incapables de faire ce que j’ai moi-même déjà accompli par deux fois ? Laisse ce feu te consumer à nouveau ! Venge-toi ! Détruit les Jedis ! Balaie leur République ! Annihile l’Empire ! Ne laisse que des cendres

A ces mots la seconde apparition se jeta sur lui, tous sabres dehors. De ce second combat, Adrix ne s’embarrassa même pas. Cette version de lui-même ne connaissait alors rien des arts délicats du Mechu Deru. Il n’était qu’un jouet entre ses mains. Sa carapace d’acier devint en l’espace d’une seconde un cercueil de métal qui broya ce qu’il restait de sa chair. La masse informe et ensanglantée s’écrasa par terre dans un bruit pathétique. S’il n’accorda pas un regard au mirage démembré, Adrix pouvait sentir quelque chose changer en lui après chacune de ces mises à mort. Des sensations oubliées se rappelaient à lui. Il commençait à comprendre ce que la Force essayait de lui exprimer au travers de cette mise en scène. Il s’était écarté du Code de la Sith en se renfermant dans sa méditation. Il y avait fort à faire et la galaxie avait fini par l’oublier.

-Ce n’était pas de la crainte. Un simple sursis.

Le dernier adversaire n’était même pas un danger digne de ce nom. Adrix Nodo, jeune Egorgeur ambitieux, des rêves plein la tête et des idéaux débordant du cœur. Il n’était pas plus fort que cette morveuse de tantôt, peut-être plus faible encore. Pourtant il était aussi le plus difficile à pourfendre. Il était un ultime reliquat de ce qu’il avait été autrefois. Alors qu’il croyait encore en une camaraderie sincère et des amis fidèles. Aujourd’hui, tous ces frères d’armes avaient trouvé la mort dans les conflits ayant parsemé son chemin. Il ne restait plus personne qu’Odion puisse considérer comme un proche, encore moins un ami. Ses émotions positives l’avaient déserté et une part de lui s’en languissait toujours.
Rompre ces liens une fois pour toute, effacer ces dernières traces de sa vie. En avait-il réellement envie ? Il posa à quelques centimètres du coup de l’apparition, assez près pour que chair ne commence à brûler.

-Je suis tout ce qu’il te reste. Les dernières braises de ton humanité. Tu as sacrifié tout ce que tu étais dans ta quête de puissance, mais il est encore temps d’y renoncer. Nous pouvons renoncer à cette existence de sang et de cendres et repartir à 0. Qu’importe tes ambitions, qu’importe tes accomplissements, ils seront tôt ou tard oubliés, emportés par les limbes du temps. Alors à quoi continuer ?

A sa propre surprise, Adrix hésita. Dans le fond, rien ne l’empêchait de quitter cet endroit pour ne jamais y revenir. Il pourrait trouver un monde où s’établir et vivre en toute quiétude, continuer ses recherches pour défaire le mal s’emparant de son âme. Le bonheur était une chimère que pourchassait tous les êtres vivants, en quoi serait-il différent ? Il était clair que la Sith ne lui offrirait jamais rien de tel. Il baissa son arme, baissant le regard.

-Si je t’écoutais, je ne verrais jamais la fin. La fin de cette course furieuse de l’évolution.

-Je vois… Et toi-même ? En quoi évolues-tu ?

A cette question, l’Egorgeur releva la tête. Ses yeux rubis émettaient une fumée pourpre, animés d’une flamme nouvelle. Les murs tremblèrent sous l’émanation d’énergie.

- Je ne suis pas plus un Egorgeur mais bien plus. Je suis le Pouvoir, voilà ce que je suis. Je façonne les règles d’un jeu auquel toute la galaxie se plie sans le savoir. Je suis celui qui fait fléchir les Empires et s’effondrer des mondes. Moi seul observerait la Galaxie à la quintessence de son évolution, l’ultime témoin du chemin de la destinée ! Et son unique maître.

L’Egorgeur enfonça sa main métallique dans le poitrail du fantôme, le transperçant de part en part avec aisance. Ses griffes se gorgèrent de son propre sang, sous le regard implorant de son ancienne identité. Mais ces supplices ne trouveraient plus d’oreille attentive. Darth Odion avait pris sa décision. Et par cette décision, il scellerait le destin de millions d’âmes.

*Je peine à croire que j’ai autrefois pu être un sac de viande si fragile…*

A cet exact moment, il sentit une explosion dans la Force, venant d’en dessous. Il semblerait que l’affrontement entre cette morveuse et Bane venait d’atteindre son apogée. Etrange… Il continuait à percevoir l’aura de la gamine tandis que celle du Seigneur Noir avait notablement diminuée. Se pourrait-il … ? Voilà qui serait surprenant.
Darth Odion se précipita plus bas. La grille de tantôt était redescendue, sans doute parce que la volonté qui la maintenait en l’air avait autre chose à faire. Le cyborg déballa les escaliers pour retrouver l’apprentie évanouie sur la tombe. Les présences obscures autour d’elle étaient folles, les spectres. Adrix bondit à ses côtés, écartant les esprits avides. Il ne pouvait pas en être certain, mais il continuait de sentir la présence de l’apprentie plutôt que celle de Bane. Elle aurait donc gagner son combat…

-Hm… Tu sembles avoir mérité une certaine estime Darth Varadesh

Cette petite avait du potentiel, cela il était désormais forcé de l’admettre. Il avait donc deux options. L’éliminer dès maintenant afin que jamais ce talent ne devienne une menace… Ou la faire fructifier afin qu’elle devienne un nouvel élément chaotique dans cette galaxie. Inutile de dire que la seconde option lui semblait infiniment plus distrayante.
Odion ramassa la carcasse assommée de l’apprentie et empocha nonchalamment le cœur de Bane au passage. Il installa Varadesh contre le mur voisin, le temps que la conscience lui revienne. Amusé, il se tourna vers le cercueil où gisait les restes décharnés d’un squelette usé par le temps.

-Le grand Bane, réduit à l’état de carcasse et roussé par une apprentie. Quelle plaisanterie.

Odion continua son observation, cherchant une éventuelle relique laissée par le légendaire seigneur.

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By Ciaphas Cain
#31345
Varadesh avait connu beaucoup de réveils singuliers au cours de sa jeune vie. La plupart avaient été déplaisants au possible, du genre qu'elle s'était efforcée d'oublier depuis qu'elle avait pris son nom de baptême Sith, un très faible nombre avaient été agréables voire très agréables. Mais jamais, dans toute sa vie, ne s'était-elle encore réveillée avec l'envie de vomir dans un tombeau millénaire avec un cyborg monstrueux la dominant de sa taille, dardant sur elle ses yeux rouges, silencieux, un rictus mi-méprisant mi-amusé sur ce qu'il appelait un visage.

Elle décida que ça n'était clairement pas un réveil agréable du tout, et le catalogua illico en première place de son top personnel des réveils pourris. Encore une belle place dans un top pour l'Egorgeur, surement qu'il en aurait été flatté si elle lui avait raconté. Ou, plus probable, il n'en aurait rien eu à faire. Elle ne put s'empêcher de sursauter à cette vision peu commune et peu désirée. Il avait le chic pour la terrifier autant qu'il la rendait mal à l'aise. Et ça n'était pas uniquement dû à la formidable puissance qu'il dégageait sans paraître s'en rendre compte.

En voyant son armure qui le recouvrait intégralement, l'apprentie ne pouvait s'empêcher de se demander à quel point sa vie devait être singulièrement froide et ennuyeuse s'il était engoncé dans ce métal sans rien pouvoir ressentir. La paix est un mensonge, il n'y a que la passion, disait le Code Sith. Et elle n'arrivait pas à se figurer quel genre de passion il pouvait bien être encore capable de ressentir là-dedans.

Wah faites attention! J'ai bien failli avoir une attaque cardiaque! On ne vous a jamais dit que vous pourriez tuer quelqu'un rien qu'en le regardant?

Secouant la tête, elle se releva tant bien que mal, plus mal que bien d'ailleurs, pour observer un peu les alentours. Bane avait disparu et avec cette prise de conscience vint le souvenir de son affrontement. La quantité de pouvoir qu'ils avaient dégagé avait été incroyable, bien plus qu'elle n'aurait cru pouvoir en détenir en elle. C'était donc ça la véritable puissance du Côté Obscur. Songer qu'un jour elle arriverait à manipuler pareille puissance avec autant d'indolence qu'Odion ou Ranath la fit frissonner d'envie et de jalousie. Combien devait être magnifique la sensation permanente de posséder autant de force!

Elle inspecta par le toucher son corps pour s'assurer qu'elle n'avait rien et ô miracle, cela semblait être le cas. En revanche, elle fouilla ses poches et fronça les sourcils. Le cristal. Il avait disparu, ou était-il? Bane, ce serpent de fantôme, avait-il pu le lui voler pendant qu'elle était inconsciente? Puis le cyborg sembla comprendre ce qu'elle cherchait et, calmement, lui tendit le cristal qu'il lui avait pris. Elle ne comprenait pas. Visiblement il n'avait aucun problème avec le fait de prendre ce qui ne lui appartenait pas, alors pourquoi donc le lui rendre?

Pourquoi me le rendre? J'ai l'impression que vous comptiez le garder pour votre collection personnelle.

Peu importait au fond. Varadesh se détourna d'Odion une fois le cristal en main. Il dégageait toujours une lueur rouge vif et ce fut alors qu'elle sentit quelque chose, non pas dans le tombeau, mais dans le cristal, qui scintillait.

Le temps est venu de forger ton arme, Apprentie.

Elle ne savait pas si la voix n'avait été que dans sa tête ou si l’Égorgeur l'avait aussi entendue. Une lueur avide brillait dans les yeux de la Pantoran. Oui. Le moment était arrivé, enfin. Elle pouvait le sentir à présent. La conception proprement dite. Il était temps. Sans ajouter un mot, Varadesh alla s'asseoir sur l'estrade ou reposait le corps de Bane tout en restant éloigné du cercueil de quelques mètres. Inspirant et expirant profondément, elle fit appel aux exercices de méditation que Ranath lui avait enseigné dans le Poing de l'Ombre avant qu'elle ne parte pour Korriban. Puis elle ferma les yeux et se concentra.

Le rituel prit du temps, beaucoup de temps. Elle n'aurait su en mesurer le passage, bien qu'une fois revenue au vaisseau, elle apprendrait alors que pas moins de 2 journées entières lui avaient été nécessaires pour le mener à bien, ce qui la sidérerait alors tant elle ne comprenait pas comment elle avait pu mettre autant de temps. Le rituel exigeait une grande patience, du doigté, de la minutie et plus que tout, du calme. Or, le calme se mêlait assez mal avec l'ambiance lugubre du tombeau, sans parler du Code et du propre état d'esprit de la jeune fille.

La première journée passée fut surtout consacrée à ses tentatives de trouver la paix et la concentration nécessaires, ce qui était bien plus facile à dire qu'à faire, les commentaires épars, narquois et amusés d'Odion ne l'aidant pas beaucoup. Elle avait comme l'impression qu'il le faisait exprès mais pas seulement par plaisir sadique. Peut-être essayait-il de l'aider à sa manière, en la contraignant à l'exercice et la méditation en l'affrontant verbalement. Elle avait eu un grand mal à ne pas lui répliquer sèchement, peu sympathique qu'il était.

La deuxième journée, elle pensa alors être prête pour se mettre à la tâche proprement dite. Devant elle étaient rassemblés les 4 matériaux primordiaux pour la conception : la cellule d'énergie, la lentille, l'émetteur de lame et le cristal. Elle prit soigneusement le temps d'observer chaque composant sous tout ses angles pour en mémoriser les moindres détails. Lorsqu'elle parvint à se représenter avec une précision absolue les images des objets, elle sut qu'elle pouvait commencer.

Par la Force et en particulier par le biais de la télékinésie, elle se mit au travail. Chaque matériau que lui avait procuré Ranath trouva sa place, un fragment de l'ensemble venant se greffer au schéma qu'elle discernait clairement dans son esprit. Des heures entières lui furent nécessaires car elle ne voulait commettre aucune erreur, sachant bien qu'un échec, si elle y survivait, entacherait à jamais ses prétentions de membre de l'Ordre Sith.

Elle installa le bouton d'activation et les barrettes de connexion au circuit demetris, lequel permettait de moduler l'énergie produite par la lame puis enveloppa ensuite le tout dans une bande isolante qu'elle inséra dans la poignée du sabre, laquelle était de 33 cm, un peu plus grande que le modèle standard pour lui offrir une meilleure prise sur le sabre. Suivirent la lentille, qui permettrait à la lame d'être réduite à une longueur d'un mètre, et le cristal qui donnerait sa couleur d'un rouge vif et intense à la lame. Entre la poignée et la lame vint se placer l'émetteur et sa matrice ô combien précieuse. En guise de conclusion, la cellule d'énergie vint se poser à l'opposé de l'émetteur et, délicatement, toujours par manipulations télékinétiques très lentes et précautionneuses, se brancha au conducteur du champ d'énergie, aux bobines supraconductrices et au port de chargement.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux et les posa finalement sur la poignée, elle sut avoir réussi. Le sabre-laser, son sabre laser, reposait à quelques centimètres d'elle qui était en position de tailleurs depuis 2 jours complets. Fascinée, elle saisit la poignée de ses mains tremblantes sans s'en rendre compte, comme dans un rêve, avant de la porter devant son visage. Puis, les yeux brillant d'une lueur féroce, elle appuya sur le bouton de l'arme et vit jaillir la lame rouge de manière verticale.

Oui... Enfin...

Ce fut en se relevant pour mieux tenir son arme qu'elle sentit les crampes et les douleurs musculaires venir ronger son corps. Elle avait l'impression que son corps tout entier était en feu et ne put qu'à moitié réprimer un hoquet étranglé. Elle eut la force d'éteindre son arme et parvint à rester debout, bien qu'oscillant dangereusement. Elle voyait Odion qui l'observait en silence. Était-ce de l'approbation qu'elle voyait dans ses lentilles rouges ou se faisait-elle des idées? Surement la deuxième solution, le Seigneur Sith n'avait jusque-là pas une seule fois considéré l'apprentie autrement que comme un insecte indigne de son attention, elle doutait que cela eut changé en 2 jours de temps.

La victoire... Brise... Mes chaînes...

Telle était la conclusion du Code Sith, et il en était bien ainsi en ce moment précis non? Elle avait obtenu la victoire en réussissant à créer seule et sans aide son propre sabre, bravant les dangers du tombeau et les moqueries du cyborg, endurant les courants hurlants du Côté Obscur. Elle avait prouvé que son maître n'avait pas commis une erreur en la prenant sous son aile, qu'elle était digne de devenir héritière des savoirs Sith un jour prochain.

Odion avait semble-t-il trouvé quelque chose durant ce laps de temps. Elle ne l'avait plus entendu la rabrouer la deuxième journée et avait supposé qu'il en avait simplement eu assez, mais peut-être s'était-il simplement intéressé à quelque trouvaille volée dans le tombeau. Titubant, elle s'approcha du monstrueux Seigneur de Korriban pour essayer de mieux voir. Cela ressemblait à une vieille carte stellaire, tellement usée par le temps que la quasi totalité de ce qu'elle recelait avait été effacé. Elle n'arrivait à y voir qu'un simple nom, qui n'évoquait absolument rien pour elle.

Thule.

#31469
La Force était capable de bien des mystères parfois. Et plus que tout, elle savait être joueuse. Si joueuse qu'il était difficile de prévoir ce qu'elle allait faire. Cette fois-ci, si elle avait permis au vague être qui restait dans le corps métallique qui était sien de trouver un reliquat d'un passé lointain, elle n'en resterait pas là pour cette fois. Qu'était-ce cette matière voleté là jusqu'à lui ? Parmi l'héritage souillé du Seigneur Noir ne restait que ce qui avait véritablement survécu aux outrages du temps, et surtout aux pilleurs. La richesse, d'abord, avait été la première à disparaître. Puis vint la connaissance, pour qui le savait, était la plus précieuse des choses trouvables en ce lieu. Et finalement, après presque un millénaire ce lieu n'était plus qu'une coquille vide battue par le vent et le côté obscur comme toutes les autres qu'on trouvait sur Korriban. Lui qui avait eut le temps de voir de ses yeux les affres du passé dans les tombeaux antiques de son siècle, il n'y avait nul doute qu'un sort identique attendrait le sien.

L'apprentie Sith, maître de son destin, venait de franchir la première étape de sa périlleuse destinée. Un sabre, un vrai, le sien, à même de confirmer qu'elle était sur une voie qui était sienne. Mais un sabre ne suffit pas. Il n'est qu'une arme, qu'un objet de plus dans cette quête éternelle, dans ce but non-prononcé que le Côté Obscur appelle de ses voeux, en permanence. Elle le sait, tout autant que Darth Odion. Ce n'est pas pour rien qu'il se servait dans cette tombe. Le passé est une arme, malgré tout ce qu'il représente en échec. Mais quelle arme ? Ce vieux papier défraichi, au milieu de quelques autres ramassés ça et là au milieu d'un reste de mobilier d'un autre temps, serait-il la clé de leur avenir ? Sûrement que non. C'est pourquoi il n'hésita pas tellement à passer le témoin à la pantoran pour qu'elle lise les restes au trois quarts effacés de ce qui s'y était trouvé. Quelques chiffres, quelques mots, une forme rongée, et des symboles. Rien de passionnant au regard de ce qu'on trouvait en général sur Korriban. Mais cette fois, quelque chose se passa lorsqu'elle prit entre ses doigts ce morceau de papier (était-ce réellement du papier, pour avoir survécu si longtemps ?) entre ses doigts. Encore à vif, dans une sensibilité toute prononcée pour la Force qui a habité ce lieu, quelque chose se passa. Rapide, inexplicable, presque désagréable. Froid et impersonnel.





    Une twi'lek, rouge. Visiblement pressée, c'était palpable. Le lieu ressemblait à s'y méprendre à celui que les deux Sith contemporains venaient de visiter. Mais les marques du temps, les quelques différences visibles à l'oeil nu sur cette toile incarnée laissaient imaginer qu'il s'agissait du passé. Mais de là à estimer combien de temps, c'était impossible. Un lieu renfermé, creusé à même la roche, était capable de rester identique jusqu'à la mort d'une planète. Mais qu'importe. La twi'lek essayait de ramasser un tas de papiers, vague butin pour une expédition qui semblait ... être un échec : derrière elle, un sabre rouge, et un humain en difficulté, en train de se tenir le buste.

      « Il faut partir ... Rentrer à Dreshdae Maître ! Je sens le venin qui ... qui ... arRrgh ... »

    La silhouette se plia sous la douleur, alors même que celle qui semblait avoir l'ascendant ne semblait plus s'en préoccuper. En effet, entre ses membres mécaniques continuaient de s'empiler manuscrit sur manuscrit, avec urgence. Un bruit, fatalement, attira son regard malgré les gargouillis peu encourageants de celui qui devait être son apprenti. Les mots que Varadesh put entendre, alors, la marquèrent par son urgence, et sa gravité. Bien plus que la plainte de celui qui avait parlé le premier.

      « La Bibliothèque est notre priorité. Il faut mettre tout ça en sécurité avant que cela ne se reproduise, il l'a commandé ... »

    Une forme passa derrière elle, l'obligeant cette fois à se retourner. Trop tard, une lame rouge s'activa, et un bruit de combat. L'atmosphère devient soudainement angoissante. Une bonne angoisse, cependant, de celle qui sont liées à la survie. Elles vous nourrissent si forts que vous vous transcendez ... mais pas cette fois. L'apprenti était de toute façon condamné, elle l'avait compris dès que le Hssiss l'avait touché. Puisqu'il en était ainsi, elle respecterait la volonté du propriétaire de cette tombe. Lui qui fut à l'origine du Grand Plan, lui qui venait de la menacer face à son pillage sans comprendre ce qui était en train de se jouer, au dehors, loin de cet esprit tourmenté. Tout avait été perdu, presque tout ! Leur destinée manifeste, leur avenir glorieux, tout avait été remis en question parce que le soi-disant Seigneur Noir qui l'avait formé avait cru bon se tourner vers le côté lumineux. Un hérétique, un fou dont seule la mort aura pu effacer la honte qu'il venait d'abattre sur l'Ordre Sith. Non, aujourd'hui l'heure était à la reconstruction. Au sauvetage du Grand Plan, et de ce qui pouvait être encore récupéré. Hélas, cela avait un prix. Cet apprenti n'était pas à la hauteur de toute façon, c'est certainement pour ça que derrière elle, sabre à la main, il ne la suivit pas. Elle le sentit s'éteindre dans la Force, sans une quelconque pensée particulière pour cet évènement, tandis qu'elle-même s'effaçait dans les limites de ce songe mystique. Seule voleta derrière elle, derrière cette ombre balayée par le vent, les quelques feuilles qui ne résistèrent pas à sa course soudaine pour la vie ...





Une même feuille qui se trouvait aujourd'hui entre les mains de la nouvelle Sith. Une génération nouvelle, une de plus à être venue dans le tombeau de celui qui justifiait leurs présences, à chaque nouvelle génération. Un cycle, une boucle, et un sentiment particulier. Pourquoi aurait-on voulu sauver cela, si c'est illisible ? Etrange. Mais au fond d'elle, peut-être piquée au vif par la Force, quelque chose lui signifiait le potentiel de cet objet. Un élément de plus pour sa cause, et pour sa propre destinée. Une conviction. A moins qu'être restée enfermée des jours entiers dans une tombe sans se nourrir ni boire, à halluciner des choses par une proximité trop forte avec la Force n'avait fini que par la rendre folle. Ce qui était certainement le cas, en réalité. Mais bon. Sith est synonyme de fou, non ?

Note HRP : L'importance que peut représenter ce gain m'oblige à tempérer la découverte. Etant mentionné qu'à la toute fin du rp, ce serait bien trop simple, n'est-ce pas ? Une piste, peut-être, si tu décides de chercher. Bon rp !
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By Adrix
#31721
L'inspection de l'Egorgeur du gisant s'avéra tristement courte. Au delà du cadavre depuis longtemps dévoré par le passage du temps, il ne restait du Seigneur Noir que des frasques sans grand intêret. Les trésors monétaires avaient depuis longtemps été emportés par les pilleurs, de même que les réceptacles de connaissances. Darth Odion n'était pas vraiment surpris : il ne s'attendait pas à ce que le destin soit clément au point de lui offrir si aisément un nouvel holoctron riche d'enseignements. Au mieux, il espérait récupérer quelques lambeaux d'un savoir oublié apte à être ajouté à son arsenal.
Pour seule réponse à sa prière silencieuse, la Force mit sur son chemin une poignée de papiers antiques... En soit, cette découverte était prometteuse. Il pouvait s'agir de formules alchimiques, d'instructions mystérieuses ou simplement de notes sur la vie du Sith Lord. Odion s'empara des vieilles archives avec une délicatesse qui semblait peu naturelle pour ses doigts griffus. Hélas, la majorité du contenu de ces parchemins rongés d'humidité était illisible. Il lui faudrait du temps pour les étudier... Tiens, mais voilà justement que l'endormie commençait à ouvrir les yeux. Allons voir ça de plus près.

-Wah faites attention! J'ai bien failli avoir une attaque cardiaque! On ne vous a jamais dit que vous pourriez tuer quelqu'un rien qu'en le regardant?

Un hoquet sarcastique agita les épaules de l'Egorgeur face à ce sursaut de pur effroi. Il était presque déçu de ne pas avoir œuvrer dans ce sens plus tôt. Si l'apprentie était morte sur le coup rien qu'en le voyant, il aurait eu des raisons de rire pour toute la décennie à venir. Amusé par l'idée, il ne put s'empêcher de fouiller dans sa mémoire en quête d'une telle prouesse à son actif. Son palmarès était tel que même lui ne pouvait se souvenir de chacune de ses mises à mort sans un peu de réflexion. Hélas, il avait beau chercher, rien de comparable ne lui revenait. Il avait peut être déjà provoqué des crises cardiaques mais zigouiller un couard au coeur fragile n'était pas un accomplissement dont il pouvait s'orgueillir. Il fit une note mentale pour ajouter le trépas par contact visuel à la liste de ses choses à faire. Sa liste des "Moyens de tuer à expérimenter" s'allongeaient mais que voulez-vous, même un assassin devait savoir varier les plaisirs sous peine d'émousser son amour pour sa profession. Or c'était tout à fait le genre d'exécution humiliante dont Odion était friand.
Se caressant le menton d'un air songeur, Odion remarqua la recherche frénétique de son interlocutrice. Elle avait l'air d'une adolescente ayant perdu son comlink. Ah, oui, il avait presque oublié. Avec un désintérêt qui tranchait avec le côté sacré de la relique, Adrix sortit le précieux cristal rouge d'un repli de sa cape avant de lui tendre avec une quasi nonchalance.

-Pourquoi me le rendre? J'ai l'impression que vous comptiez le garder pour votre collection personnelle.

-Je n'en ai pas l'utilité. Et puis... Si j'avais voulu te dérober ton bien, il aurait été superflu d'attendre que tu sombres dans l'inconscience.

Le coeur de Bane était une relique historique mais pour le cyborg c'était là toute l'étendue de sa valeur. L'artefact ne réagissait pas à son contact, probablement parce que la volonté de Bane, au travers du cristal, n'avait rien à tirer du cyborg. Le corrompre serait un vain effort et Adrix n'était pas suffisamment friand de l'héritage de la Règle des Deux pour quémander une alliance. Quand bien même, il pouvait parfaitement se rendre directement dans le tombeau sans l'escorte d'un caillou brillant. Il n'avait que faire d'un "souvenir" de sa visite et ce coeur lui était plus utile entre les mains de cette gamine qu'à prendre la poussière sur son étagère.

*Hm ?*

Il en était là lorsque sa "camarade" fut soudain comme pris d'une nouvelle transe. Le cyborg émit un soupir excédé à l'idée qu'elle puisse de nouveau se faire posséder. Il allait finir par croire que le cerveau de cette apprentie était plus fréquenté qu'une cantina... Et presque autant en libre-service. Mais il se ravisa de sa moquerie en la voyant faire. Ce rituel il le connaissait bien, l'ayant lui arpenté il y a des années de cela, au côté d'un maître dont il peinait désormais à se remémorer le visage. Les jours passés aux côtés de son premier mentor semblaient si lointains, presque des rêves en comparaison des "professeurs" qui lui succédèrent. Elle était en train de vivre une étape clé dans son développement de Sith : Son sabre laser. Ce rite iniatique était d'une importance quasi sacrée. Presque par réflexe, Odion porta une main à la collection qui reposait dans son manteau. Ceux qu'il avait fabriqué lui-même y trônaient aussi, même s'il leur préférait aujourd'hui ceux dérbés à Kroenen. De nombreux de trophées représentant autant de vies volées et de futurs brisés.

Odion était intrigué, plus par le côté nostalgique du geste que par réel intêret pour la création de la petite peste. Elle qui se targuait d'être Sith était enfin en passe de mériter un tant soit peu ce titre, ce spectacle seul méritait un petit détour. Mais le cyborg n'allait pas la laisser en profiter si simplement. C'est pour cette raison qu'il l'abreuva de commentaires pendant toute la première partie du processus, tant pour mettre sa concentration à l'épreuve que pour tromper son ennui. A sa manière, il testait, sondait les limites de sa communion avec la Force à cet instant capital.
Peut-être à son propre insu, son attitude avait dérivé de l'humiliation gratuite à un comportement qui se rapprochait davantage à comment il traitait les nouvelles recrues de l'Ordre. La différence était mince mais bien réelle. Il y avait du potentiel dans cette petite, comme un diamant brut n'attendant que d'être taillé... Enfin, dans l'état actuel, Odion parlerait plutôt de charbon. Genre mine de crayon mal dégrossie. Elle avait encore du chemin à parcourir pour qu'il puisse la considérer comme une véritable gemme. Mais le fait était qu'elle avait su s'attirer au moins la curiosité du cyborg. Ce dernier se demandait avec une pointe d'avidité ce qu'il serait capable de faire de cette matière première si elle tombait entre ses griffes.

Voyant que ses tentatives ne parvenaient plus à la déséquilibrer de manière intéressante, Odion consacra le jour suivant à étudier les restes de parchemins. Il tentait de reconstituer les parties manquantes en puisant dans le contexte des autres parties, mais toutes les capacités de calcul de l'univers ne l'auraient pas aidées à déchiffrer cette mixture. Il y avait simplement trop de trous pour reconstituer un ensemble cohérent, encore moins un texte digne d'intérêt. Seul revenait un nom régulièrement, intriguant, fascinant, mais tout juste hors de sa portée.

Lorsque l'apprentie eut terminé son œuvre, Odion lui lança un regard approbateur. D'une impulsion de Force, il lui arracha presque son nouveau sabre des mains pour en examiner la structure de plus près. D'un oeil expert jumelé à une armada de capteurs, il l'apprécia sous toutes ses coutures. Son poids, sa structure interne, tout était... Parfaitement acceptable selon ses critères.

-C'est une bonne arme. Tu es désormais un peu plus digne du titre que tu revendiques.

Et aussi naturellement qu'il le lui avait dérobé, il rendit son bien à la demoiselle probablement agacée par ce nouveau larcin. Ne voyant pas de raison du contraire, il la laissa aussi regarder la carte qu'il était en train de décortiquer... Et à sa grande surprise elle sembla de nouveau aspirée par de puissantes visions intérieures.

*Par les dunes de Géonosis, son âme est réellement aussi fréquentée qu'une cantina*

Mais plus que le côté un poil parodique de cette répétition, c'était le contenu de cette vision qui l'intriguait.

-La Force t'a gratifiée d'une vision. Parle.

Il ne fut pas nécessaire d'insister beaucoup pour que l'apprentie livre le contenu de ses dernières hallucinations. Intriguant… Incomplet certes, mais non moins fascinant. Beaucoup de ces indices semblaient pointer vers l’Académie, à moins qu’il ne s’agisse d’ailleurs. Etait-ce là une piste à suivre pour retrouver ce monde perdu que mentionnait la carte ? Il serait intéressant de creuser cette possibilité. Mais avant tout cela, il avait quelque chose à régler… Se redressant de toute sa taille, le Seigneur Sith sembla reprendre sa stature et son aura initials.

-Je veux que tu me conduises auprès de ta maîtresse. J’ai à m’entretenir avec Ranath, j’ai pour elle une proposition qui devrait attirer son intérêt.

Adrix avait des projets en tête mais sa seule personne était limitée dans la mise en place de ces derniers. Une association avec ce « nouvel ordre », aussi risible soient leurs puissances individuelles, pouvait s’avérer fructueux pour les deux partis. Il emmènerait Tulak avec lui, mais préférait pour le moment dissimuler sa présence à l’apprentie, ou du moins sa véritable nature.

-Nous pourrons emprunter mon croiseur pour quitter cette planète en emmenant ton transport.

Leur interlocuteur restait maître de lui, apparem[…]

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