L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Arkania, dans le système Perave, est une planète au climat inhospitalier. Couverte de toundra et de glaciers, elle abrite cependant de nombreuses mines qui sont sa principale source de revenus. Arkania est également connue pour ses centres d'expérimentation génétique qui furent à l'origine de la création de nouvelles races.
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By Elizabeth Civicius
#32353
    Les plats étaient élégamment présentés, composés de mets raffinés et délicatement épicés. Quoi qu'on eût choisi, il était difficile de ne point en apprécier la saveur. Toutefois, la discussion s'achevait sur une note amère qui ne manquait pas de faire oublier la qualité de l'assiette. Mais tout bon diplomate qu'il était, Harlon trouva quelques mots pour adoucir les dernières bouchées.

    Cette pitoyable troupe de gras bourgeois lui faisait-elle envie ? L’opéra. Un divertissement des plus nobles. Quelques fables colorées chantées pour faire oublier combien terne était cette vie. Un fin sourire se dessina sur les lèvres de l’Arkanienne.

      « Pensais-tu à une autre escapade trépidante ? »

    Sa main se lova au creux de la paume humaine.

      « Car jamais ici tu ne trouveras une place digne de ce nom à réserver à l’opéra la veille de la représentation. Notre seul statut nous fera entrer demain soir. »

    Et elle eut, de l'autre main, un geste rond appuyant tout le ronflant des titres ainsi évoqués.

      « Tu n'as rien contre les fauteuils de la galerie ? Sinon nous devrons nous contenter de la loge d’honneur … »

    La boutade fut accompagnée d'une moue moqueuse. C'était à Harlon de choisir. Une autre soirée anonyme, ou un divertissement d’agrément à la visite diplomatique. Intérieurement, Elizabeth avait déjà fait son choix, mais le garda secret, piquant de sa fourchette la dernière bouchée de son premier plat.

    La question suivante laissa l’Arkanienne surprise. Elle était des plus banales, et pourtant ce soir, elle lui sembla sortir de l’ordinaire. Et trouver une réponse allait être … si difficile. Il y avait tant de choses, qu'elle voulait voir, qu'elle voulait faire. Tant de frustrations accumulées pendant une décennie. Premièrement, elle voulait le voir lui. Elle voulait lui parler, et entendre sa voix. Poser encore un regard sur lui. Elizabeth leva les yeux vers Harlon. Ce n'était pas lui. Il n'était pas aussi beau, pas aussi attentif, pas aussi chaleureux, pas aussi commun. Il n'était pas cette image faussée mais parfaite à laquelle la jeune femme s’accrochait tant.

    L’horreur frappa soudain Elizabeth. Elle avait tant voulu qu'il lui ressemble. Elle avait projeté en lui les souvenirs de son défunt amant, idéalisé avec le temps, élevé sur un inébranlable piédestal mémoriel. Elle avait peur d’en chasser le mort. Car si un instant elle cessait de penser à lui, les contours déjà incertains de son visage s’effaceraient, et pour de bon, elle oublierait l’expression si douce de celui qu'elle avait tant aimé. Que représentait alors son amour pour Harlon ? N’était-il qu’un moyen de prolonger par procuration une relation fanée trop tôt ? L’ignoble doute figea l’Arkanienne, dont la fourchette ne décolla en fin de compte pas de son assiette.

    Il existait cependant, à propos d’Harlon, une pensée agréable, une de celles qui, pour une seconde seulement, éprouvaient le coeur. Elle se présentait quand il était trop loin, ou trop proche. Quand il faisait étalage de sa force, autant mentale que physique. Quand il se montrait vulnérable, ne fusse que le temps d’un battement de cils. Cette pensée ne le concernait que lui. Il était alors totalement dissocié du fantôme qui hantait l’Arkanienne, et l'objet d'un amour sincère.

    Cet amour, Elizabeth l'avait éprouvé pour Harlon avant de prendre conscience qu'il chasserait l’affection portée au défunt. La culpabilité avait longtemps travaillé à séparer les deux amants, puis la peur d'oublier avait trouvé un moyen de concilier vie et mort en la même relation. Jusqu’à ce soir. Pour danser, il n'y avait eu qu’Harlon. Et puis il avait posé cette question. Que veux-tu ? Elle voulait revoir Elion. Elle voulait qu’il ne fut jamais mort. Elle voulait voir naître son enfant. Et la tenir dans ses bras.

    Elizabeth se sentit défaillir. Elle reposa son couvert, et planta dans les yeux d’Harlon un regard triste.

      « Si. J'aimerais, au printemps, aller à Illia. Apprécier la fraîcheur de la lande encore enneigée, et assister à la naissance des premières fleurs. Elles sont blanches et si lourdes que les branches des arbres plient sous leur poids. »

    Un soupir.

      « Et peut-être qu’ainsi en retrait, je trouverai le moyen d’oublier ce qui m’attriste. »

    Sa seconde main vint rejoindre la première, au côté de celle d’Harlon.

      « Mais tu ne seras pas là, alors … »

    La phrase demeura en suspens, espérant que son destinataire trouverait lui-même les quelques mots manquant. Alors … si Harlon n’était pas présent, même six mois de repos ne mèneraient à rien. Malgré leurs violentes disputes, et le peu de temps partagé ensemble, il était un soutien. En une décennie, Elizabeth n’était jamais parvenue au terme de son deuil. Lui était capable d’effacer sans douleur les cicatrices passées. Et même s’il n’avait pas suffisamment de temps ou d’attention à lui accorder, elle lui confiait son coeur si timide. Il était peut-être le plus à même de le soigner.

    L’Arkanienne adressa à son ami un sourire gêné.

      « Je recommence, pardon. »

    Les joies n’étaient que de courte durée en la compagnie d’Elizabeth. Elle ne savait apprécier la simplicité d’un moment sans une note de mélancolie.
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By Harlon Astellan
#32416
Une escapade trépidante ?

Et bien, s'il se trouvait quelque parc boisé... peut-être pourrions-nous partir en quête de quelque chose de trépidant.

Une légende familiale dit qu'on y trouve quelque chose de particulièrement revigorant.


Ah. Oui, réserver à l'opéra se faisait dès qu'on entendait parler de la représentation. Sauf pour les abonnés.

J'imagine qu'il faudrait rester incognito. Mais je serai surpris que personne dans la salle ne ne reconnaisse aussitôt. Surtout toi. Il se trouvera trop d'élite pour espérer un anonymat total.


Il fallait quand même poser la question.

Que préférerais-tu ?


Mais son autre question sembla... déplaisante. Il l'avait posée comme une envie d'en savoir plus naturellement, de discuter des petites ambitions qui reposaient l'esprit et le corps, mais voilà qu'un tourbillon psychique tourmentait l'esprit de la jeune arkanienne. Sur des rides flétries, on lisait le martellement trop rythmé de la peine, des souvenirs de mal et de la perte de soi. Qu'avait-il pu dire de si dérangeant ? Que voulait-elle qui fût si implacable à son esprit troublé ? Il se sentit mal, mais n'osa rien demander, de peur d'empirer ce qui était déjà semblable à une dague courbe plantée au flanc.

Mais la réponse vint malgré tout, avec une neutralité si chargée qu'on la devinait mensongère. Ou du moins non, on la sentait réelle, mais incomplète. En diversion d'autre chose de plus enfoui. Ferait-elle un jour le récit de ce qui empoisonnait son coeur ? Pourrait-elle faire glisser son passé comme une maîtresse laisse glisser sa nuisette ? Laissée au pied des amants comme il en va de coutume. "Oublier ce qui m'attriste". Pouvait-elle plus efficacement nouer sa gorge qu'en prononçant telles paroles ? Ce qui naquit en son ventre ressemblait à s'y méprendre à une envie de régurgiter ce plat dont il appréciait le goût avec une pensée lointaine. Eût-on servi un steak haché et une poignée de vulgaires frites qu'il aurait mâchonné sa bouchée à la même manière que maintenant, comme un bovin qui regarde l'horizon sans expression. "Mais tu ne seras pas là, alors..."

Alors...


Alors ? Pouvait-il faire pire ? Lui dire qu'il serait occupé ? Qu'il avait plus urgent à faire que regarder des fleurs s'épanouir ? L'interrogation de ses hémisphères lui hurlaient son devoir. Mais ses ventricules, eux, lui hurlaient qu'il n'était rien de plus urgent que d'aller, au printemps venu, accompagner Elizabeth à Illia - où que ça soit - pour aller voir des fleurs s'épanouir aux lueurs matinales d'un printemps trop fugace.

Alors j'y serais. Au printemps, à Illia. A apprécier la fraîcheur de la lande encore enneigée, à assister à la naissance des premières fleurs. Voir les branches craquer sous le poids des neiges éternelles et des fleurs trop coriaces. A la main que j'aurais choisie.


Il n'avait plus faim. Le maître d'hôtel s'en offusquerait, mais il n'eût comme geste que celui d'écarter son assiette à peine entamée.

Elizabeth... qu'est-ce qui provoque tel émoi ? Quelle est cette source de chagrin qui t'enchaîne ?

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