L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Monde glacé battu par les tempêtes de neige, la planète abrite aujourd'hui un mélange de Nelvaaniens et de colons issus de l'Ordre Gris. En effet, malgré son éloignement des grandes lignes hyper-spatiales, Nelvaan est aujourd'hui la capitale d'une jeune et discrète monarchie en expansion dans la Bordure Extérieure.
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By Althar Fanrel Keto
#32184
    « J'ai vu ton frère tout à l'heure ... Il avait l'air assez occupé avec les préparatifs pour la réunion ... Le projet d'exploration .. ou expansion, je ne sais pas comment vous le qualifier, a l'air de bien avancer, bientôt le départ alors ? »

Le couple marchait à son rythme, côte à côte, sur le sol raide de Nelvan. La fraîcheur était présente, bien que repoussée en partie par la volonté salvatrice de la Force. Le manque de soleil y était peut-être aussi pour quelque chose. A cette heure avancée de l'après-midi, forcément, les températures déjà basses de la planètes plongeaient vers les abysses, rappelant combien il valait mieux se réfugier à l'intérieur. Mais paradoxalement, le couple royal, lui, continuait de s'éloigner de leur si chaleureuse demeure pour continuer de grimper. Althar, qui ne connaissait qu'une infime partie de cette planète, était pourtant le guide d'un jour pour la silhouette féminine qui avançait à ses côtés. Cela ne faisait pas si longtemps qu'ils marchaient, malgré tout, limitant leur exposition aux éléments par la même occasion. Le plus dur restait la topographie de l'ensemble, plus raide qu'il ne l'aurait voulu pour la précieuse présence qu'il surveillait l'air de rien.

    « Ca doit pas être facile de gouverner quand on connaît tout le monde ... Enfin ... Pour les bonnes décisions, si, mais dans des affaires comme ça ... hmmm ... je ne t'envie pas ... Mais c'est courageux d'étendre ton Royaume ... On pourra aller visiter tu crois ? Ca pourrait être sympa de faire partie d'une des équipes d'exploration ... comme dans les histoires d'autrefois, avec toi devant, le menton haut, sur un landspeeder, les cheveux au vent ... Sexy ... avec ton petit ventre rond ... »

Il eut une pointe de rire et s'arrêta devant la pierre qui servait de marche sur le sentier où ils étaient. Une main tendue vers sa Grise, le sourire aux lèvres, il l'aida de son autre-main sur l'arrière train à grimper avec facilité sur le tout dernier obstacle de leur si dangereux périple. Oh oui, braves aventuriers perdus dans la rugueuse nature sauvage d'un monde indompté. Ou pas du tout. Ils étaient présentement sur l'un des monts sur lequel reposait le château, qui était aujourd'hui l'objet de leur voyage sur ses coteaux à pic. Un exercice fatiguant, et d'autant plus pour une femme enceinte. Mais loin de la pousser ou de la retenir, Althar s'était fait à l'idée qu'il devait s'adapter à elle plus que l'inverse. Même avec son ventre qui s'était arrondi, après les quelques semaines qui les séparent de la découverte, elle en restait toujours aussi active et volontaire. Un bout d'énergie pour lequel il avait mis une croix sur sa conception très ... protectrice de la grossesse. Elle était une louve qu'on ne gardait pas en cage pour son bien, il lui fallait courir, et suer, et faire tout un tas de choses que même lui n'arrivait pas à lui faire calmer. Il n'y avait bien que ses deux passagers qui étaient capables d'un tel miracle. Non, lui n'arrivait qu'après la tempête, il n'intervenait que pour profiter d'un moment de faiblesse pour la dorloter et la gâter de toutes les manières qui soient. C'était presque fatiguant, malgré le sacrifice des heures passées à s'intéresser au reste de ce monde, mais c'était plaisant. Elle lui offrait la meilleure occasion qui soit pour avoir une raison de passer du temps avec elle, et c'est ce qui l'arrangeait. Ce n'était pas toujours joyeux, avec les effets "secondaires" de sa condition, mais c'est ce qu'il préférait. Rien que les heures perdues à la regarder lui suffisait, par moment, d'une main discrète sur son ventre. Bref. L'amour avec un A plus grand qu'un DSI.

Mais aujourd'hui il était l'instigateur de cette sortie. La proposition avait été faite le matin-même, même si cela faisait un petit moment déjà qu'il en avait envie. Un dernier encouragement, couvert d'un baiser d'adieu, et il avait profité de l'absence de sa belle pour préparer les sacs. Et c'est comme ça que chacun se retrouvait avec un bardas, ou presque, bien qu'Helera ait eut l'honneur du plus léger. Tout avait été calculé pour que le voyage se passe sans encombre, et que rien ne soit laissé au hasard. Quitte à faire des choses, autant qu'elles soient parfaites, comme le seraient leurs enfants. Ou Helera. Et c'est comme ça qu'à l'heure dite tous les deux partirent sans qu'il ne précise que vaguement leur objectif. Un trek, ou une promenade. Mais avec des bottes solides, et un baton. Et surtout, un sac à dos princier aussi lourd que le fut une Reine avant de mettre Althar dans son lit. Elle n'avait pas vu le contenu, mais au regard des objets disparus dans les appartements royaux, il était facile d'en déduire ce qui s'y cachait. Des plats, des peaux de bête, des couvertures, pour les gros objets, et tant d'autres choses qui faisaient déborder le pauvre havresac sur les épaules du têtan. Il ne s'en plaignait pas, mais il lui tardait d'arriver tout de même. Ce n'était pas aussi agréable qu'il l'aurait espéré, même si une balade au grand air avec elle faisait du bien.

    « Ok, je pense qu'on est arrivés ! Tu peux poser ton sac, on va rester là ! »

Il s'était pressé pour la devancer, passée la marche, pour s'assurer qu'ils étaient au bon endroit. Après tout, comment aurait-il pu deviner l'emplacement sans y être jamais allé ? En demandant à des Gris, bien sûr. A force d'échanges on finit toujours par apprendre des choses, dont certains beaux endroits. Et ici, finalement, alors qu'il l'aidait à retirer son sac avec un sourire, tous les deux purent jeter un regard vers la vue : Nelvan. Pure et magnifique Nelvan, beauté éternelle d'un monde en plein changement, et foyer d'un couple en expansion. Le soleil n'avait pas encore disparu du ciel, bien qu'il entamait sa descente avec rapidité. L'endroit ? Une plateforme, un promontoire, même, enneigé, et plat, avec une place suffisante pour s'y installer confortablement. Le tout surplombant la ville, et le chateau, sans être trop haut. L'astuce se trouvant dans le fait de s'éloigner de l'énorme bâtisse de pierre plutôt que d'essayer de la surplomber. Et c'est comme ça qu'en crapahutant un peu on finissait par atteindre une hauteur suffisante pour obtenir une vue dégagée sur tout ce qu'il y avait en contre-bas et un peu plus loin. Il y avait quelques nuages, mais rien de suffisant pour en gâcher la vue. Althar admira un instant l'horizon avant de se retourner vers Helera, les mains sur les hanches. Elle devait en avoir marre, la pauvre.

    « La vue est splendide d'ici ... Tu as déjà eu l'occasion de monter ? J'imagine que oui ? Il faut prendre le temps d'apprécier ... »

Il était plutôt satisfait, et gardait cet air enjoué qu'il avait très souvent en sa présence. Après une grande inspiration, ses lèvres finirent par aller trouver sa joue avant de partir s'activer auprès de son sac. Ils pourraient bientôt se poser, c'est ce qui comptait et devenait le plus important pour la mère de ses enfants. Hop, il en sortit une quantité de choses insoupçonnées, ou presque, essayant de ne pas trop en dévoiler à une potentiellement curieuse Grise. Ce qui l'intéressait pour l'instant était une des peaux de bantha, une grande, roulée et accrochée au sac, qu'il prit et étendit à même le sol. Première étape, mais pas la dernière. Il fit un signe de main à Helera pour lui dire d'attendre encore un instant et reprit sa fouille intensive pour finir par tirer deux coussins du sac. Hop, un coup dedans, histoire de les remettre un peu en forme, et il les installa sur la peau de bête. Une véritable invitation qu'il accompagna lui-même par une inclinaison vers Helera, une main tendue vers celle-ci. Le geste s'apparentait bien plus à une forme d'appel à danser qu'à un véritable prête-main, mais bon.

    « Si ma douce Reine veut bien prendre place ... »

Un baise-main des plus doux suffirait certainement à la convaincre que la place était intéressante. Et ceci fait, après lui avoir volé un baiser sur le crâne, Althar repartit vers le sac. Cette fois, il tira l'élément le plus lourd de celui-ci. Et c'est ainsi qu'elle le vit revenir à côté d'elle, à l'endroit qui serait supposément entre eux, avec un espèce de cube. Elle pouvait le reconnaître pour l'avoir déjà vu : un chauffage d'appoint, un de ceux qu'on trouvait à certains endroits de Nelvan, héritage d'une arrivée toute organisée qu'elle fut. Celui-ci provenait de l'astroport, ou ce qui s'y apparentait, et servait à tenir au chaud certaines pièces sensibles lors des maintenances. L'emprunt s'était négocié pour une journée, à grand renfort d'arguments à propos de la Grande Maîtresse, ou même de coup de main potentiel à l'avenir. Tout ça pour ce petit objet au poids démesuré pour sa taille. Mais prévoir est une chose, et réussir une autre. C'est en essayant de le mettre en route qu'il comprit qu'il avait omis une question d'importance à son propriétaire. Et après quelques tentatives infructueuses, c'est vers la débrouillarde du couple qu'il jeta un regard, avant de lui faire un grand sourire.

    « Excuses-moi c'est juste que ... heu ... ça prenait moins de place que des bûches pour le feu ... et .. heu ... c'est histoire de t'occuper le temps que je finisse, c'est tout calculé, tu vois ! »

Et voilà comment on sauva la situation comme un Prince. L'air satisfait il se redressa comme si de rien n'était et repartit vers le sac dans le plus grand calme. Surtout qu'il y avait du vrai là-dedans, elle aurait moins le sentiment d'ennui. En théorie. Lui était déjà reparti à tirer un nouveau nombre d'objets, qui, cette fois-ci étaient des bougies. Blanches et immaculées, toutes neuves, elles seraient parfaites pour l'ambiance très romantique qu'il espérait donner à l'endroit cozy qu'il bâtissait sous ses yeux. Elle put entendre un grognement, cependant, l'instant d'après, lorsque le briquet osa échapper à la main qui essayait de le prendre. Mais c'était déjà cause perdue pour lui, qui fut mis à contribution pour allumer chaque candélabre, placés stratégiquement sur un certain nombre de cailloux tout autour d'eux. Ce n'était pas grand chose, mais cela donnait soudainement à l'atmosphère quelque chose de plus chaleureux et intimiste. C'était presque bon, ne manquait qu'à rapprocher la nourriture du poêle de fortune, ainsi que la boisson. Il pouvait commencer à souffler. La dernière chose qu'il attrapa dans son sac dégarni fut finalement deux épaisses fourrures de bantha. L'une ressemblait à s'y méprendre à celle qu'ils avaient dans leur chambre, et l'autre était hérité d'un emprunt innocent. C'est avec douceur qu'il prit donc la leur pour la déposer sur les épaules d'Helera, volant un baiser dans ses cheveux au passage. Avec délicatesse, et comme la Reine que l'on pare de son manteau d'hermine avant son sacre il fit attention à bien couvrir ses épaules et ajuster ses cheveux par-dessus le manteau. Splendide. Et il ne se posa toujours pas. Roooh, quel pénible. C'était là le problème d'organiser un tel repas, rien n'avait été tellement prévu à l'avance, et encore moins l'endroit. Mais cela avait le mérite de le garder au chaud et en mouvement. Il manquait une dernière chose. Ultime chose. Toute petite, qu'il guetta autour d'eux, et sur le chemin par lequel ils étaient venus. Il marmonna une excuse et se dépêcha d'aller trouver l'objet de son attention à cet instant, non loin, pour revenir tout aussi vite.

Image
Une petite fleur, aux pétales bien ouvertes et d'un bleu qu'on ne trouve que dans un tel climat. Elle serait la touche finale au tableau qu'il venait de peindre avec brio : Helera, installée sur des coussins, près d'un chauffage à plein régime et couverte d'une peau de bête, le tout dans un écrin de chandelles épargnées par le vent qui battait plus bas. Cela lui rappelait quelque peu leurs retrouvailles dans la forêt, ce jour-là, mais en plus ... romantique. Moins spontané mais plus romantique, ce devrait être ça. Son dernier ajout serait donc parfaitement adapté. Il plaça sa fleur entre ses lèvres, le temps de retirer son manteau au profit de la seconde fourrure et fit les quelques pas restants pour pénétrer dans leur monde sur la montagne, symbolisé par la peau de bête étendue à même le sol. Il avait poussé le vice jusqu'à ne porter qu'une de ces chemises têtannes, une de celles qu'il portait un peu moins aujourd'hui. Pour elle il avait même accepté de sacrifier son style au profit de tenues plus inscrites dans la mode de la planète, avec une touche de son monde d'origine tout de même, pour ne pas perdre son charme. Non, cette fois, il était fringuant, et bien déterminé à s'asseoir à côté d'elle, dans un soupir de satisfaction.


Sa fleur reprise en main, son regard se perdit un peu sur cet horizon aux diverses couleurs. Le soleil jouait de son charme, avec satisfaction, pour leur offrir un de ses toiles les plus colorés. Un plaisir pour les yeux qui n'arrivait cependant pas à ravir la palme à celle qui était assise à ses côtés. Ses yeux se portèrent sur cette fleur, qu'il huma doucement avant de sourire.

    « Elle n'égalera jamais la plus belle des fleurs ... mais elle peut peut-être mettre en valeur ses si jolis yeux ... »

Il disait vrai. Une fleur ne valait rien à côté de celle qui comprenait finalement toute sa beauté. Mais comme les mots n'étaient que poussière, c'est avec une main curieuse qu'il effleura sa joue pour chercher son oreille. Une petite caresse, au passage, lui permit d'apprécier la fraîcheur de cette peau avant qu'il ne se décide à placer la fleur dans ses cheveux, calée derrière une oreille protégée du froid. Même si cela modifiait un minimum son image, il n'avait pas l'intention de faire disparaître toute l'autorité qu'elle était en vérité. Pas question de gommer, ni même d'altérer à sa guise celle qui l'impressionnait. Une fleur, peut-être, pour symboliser une soirée, simplement. Une manière pour lui de lui rappeler qu'elle n'avait besoin de rien pour être belle, si ce n'est l'apparat de cette nature sauvage qu'elle contenait. Ses lèvres goûtèrent les siennes, une dernière fois, et il s'installa pour de bon cette fois, non loin d'elle. Le chauffage commençait à être véritablement efficace, et réchauffait suffisamment l'atmosphère pour se laisser aller.

    « Mademoiselle ... Je vous propose donc, en cette belle journée, un coucher de soleil et une vue sur Nelvan-La-Magnifique, agrémentée de son dîner mi-chaud et ... » Il s'interrompit un instant, son regard tournant autour des sacs et des plats, l'air grave. « Mince ... j'ai oublié les couverts ... Hm. De son dîner mi-chaud servi jusqu'à vous par votre ici-présent compagnon, ainsi qu'une farandole d'astres curieux qui brillent comme vos yeux ... Est-ce que tout cela est à votre convenance, Déesse de ce monde ? »

Son sourire s'illumina un peu plus, sans la quitter des yeux. Une entrée en matière des plus modestes pour ce rendez-vous galant qui débutait.

    « Si je peux me permettre un conseil ... Je débuterai par un réchauffage de pieds devant le chauffage, tout d'abord, et une contemplation de la vue qui est ... ha oui c'est quand même haut ... Ne regardes pas vers en bas, c'est ... Hm ... enfin, profitez du panorama, vraiment beau ... A moins que vous ayez déjà une petite faim, ce qui peut, je crois, s'arranger si vous le désirez ... Et n'ayez peur de rien, tout est prévu, même les urgences, rien que pour vous ... Ne reste donc qu'à profiter ... ma Lera ... »

Et oui, c'est ce qui se cachait dans son sac encore un peu plein. Un ensemble de nécessaires d'urgence, pas forcément très sexy au demeurant, qu'il aille d'habits de rechange aux choses plus élémentaires liées à des besoins naturels. Mais l'instant n'était pas à cela, mais plutôt à finalement profiter du moment. Tout allait un peu vite, et il n'avait pas encore pris le temps d'observer ce qu'il avait réellement sous les yeux. La région, vue de si haut, donnait l'impression d'être sans fin. Une immensité naturelle, travaillée par les éléments, que seule la citée en contre-bas venait déranger. Mais loin de donner l'impression d'une mégalopole florissante, elle était plutôt du genre à s'étendre avec respect. Les derniers campements formaient une constellation rapprochée autour des murailles qui n'osait pas encore empiéter sur ce qui l'entourait. La forêt, préservée, en était une preuve comme une autre, bien que la faible pollution suffisait en elle-même à comprendre. Ce monde était aussi doux avec lui-même qu'un nelvan était poilu. C'est peut-être ce drôle de mélange qui en donnait une saveur particulière, dont le fin agrément du soleil couchant nimbait du rouge de l'amour. Un beau présage, pour ce couple qui ne demandait qu'à profiter. Ne restait qu'à voir la discrète main princière se poser sur celle de la Grise, dans cet instant de contemplation, pour comprendre que ce rendez-vous n'avait d'autre but. Il était heureux. Et presque stressé.
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By Helera Kor'rial
#32200
« Il s’occupe de gérer les détails et l’organisation. Loran s’est imposé en tant que leader quand j’ai décidé de fuir mes responsabilités. Il a géré les Gris, leur a donné un nouveau but. Si je suis la reine de ce monde, il est probablement l’homme le plus aimé du peuple. »

Son frère était la partie diplomatie de cette grande aventure nelvaanienne. Helera prenait les décisions qui ne plaisaient pas à tout le monde, il faisait en sorte de calmer tous les partis. Le jeune homme avait grandi depuis qu’elle était partie après son accident. Il s’était élevé, ressemblant davantage à un Jedi qu’elle ne le sera jamais. Elle était fière de lui, fière de son identité, fière d’être sa sœur. C’était un homme bon, qu’il le reste. Quand elle lui avait appris la nouvelle, elle ne l’avait jamais vu aussi rayonnant et l’avait complimenté de tous les côtés. Elle avait renforcé le lien qu’il entretenait avec Althar dans le bon sens. Si ce dernier avait au début des doutes sur son intégration dans sa famille, il pouvait dés lors les oublier. Helera marchait en silence, grimpant les parois avec adresse et calme, alors que son esprit vagabondait déjà dans les hauteurs des grandes cimes montagneuses. C’était un bon jour pour une promenade. Althar avait insisté pour s’occuper de tout. Il avait organisé cette petite randonnée avec toute l’attention qu’elle lui connaissait. Après avoir réajusté son sac, elle saisit la main de sa moitié pour y prendre appuie grimper une marche trop haute. Déjà ses enfants commençaient sa ponction vitale, et elle sentait que cela serait sans doute la dernière randonnée abrupte qu’elle pourrait faire. C’était ainsi, c’était le cycle. De plus, elle ne les mettrait surement pas en danger. A sa remarque, elle esquissa un sourire.

« Ce n’est pas une monarche traditionnelle et je ne prends pas de décisions sans consulter les personnes concernées. C’est différent de ce que l’on peut voir ailleurs. On pourrait, il y a un monde pas trop dangereux que l’on a repéré. Pour les autres, ce n’est que souffre, désert et désolation à perte de vue. Je ne veux pas t’emmener dans un endroit dangereux. »

Elle passa une main sur sa joue et déposa un baiser sur l’autre. Tant de choses encore à faire et pourtant … Pourtant elle avait décidé de prendre du temps avec lui, pour ses enfants et pour lui. Toutes ces choses qui devaient être faites et qui pourtant étaient remises dans les mains d’un autre. Leur famille restait le plus important à ses yeux, et de loin. Une légère brise vint interrompre ses pensées. Les monts supérieurs qui bordaient la ville devait probabement être deux fois plus haut que ne l’était la plus grande tour du château. Leurs ascenssion n’était pas véritablement difficile jusqu’au trois quarts de la hauteur. Ensuite, cela relevait plus de l’escalade. Certains gris l’avaient tenté et y avaient même posé un drapeau ainsi qu’une antenne d’écoute. Finalement, ils arrivèrent sur un a-pic qui surplombait l’entièreté du village et qui présentait une vue bien au-delà. On y voyait les immenses plaines blanches, les quelques forêts éparses au loins les montagnes bleus, lieu d’habitation des Horax. Une fois arrivée en haut, Helera avait pris son temps et s’était plongée dans la contemplation de ce panorama, les mains sur les hanches. Elle prit une grande inspiration et étira un grand sourire.

« C’est la première fois en fait. J’ai poussé l’exploration tout au fond, vers les montagnes. Egalement dans les quelques forêts qui bordent la rivière sur la droite là bas.
»

Un baiser reçu, un sourire en retoour. Qu’il était bon de se promener ici. Entendant tout le bouquan qu’il faisait, la Grise posa son sac et se dirigea dans sa direction pour l’y aider, en vain. Ce monsieur était résolu à se débrouiller tout seul et il y tenait. Très bien, elle n’insisterait pas. Elle frappa plusieurs fois sur la peau de bête qu’elle portait pour y enlever la neige. En dessous, elle portait une veste de jean foncé par-dessus un t-shirt extensible qui épousait les formes de son ventre. En bas, un pantalon pour lequel elle ne pouvait plus serrer les boutons. Ce genre de pantalon de randonné qui résistait à toutes les épreuves. C’était bien le minimum. Althar lui tendit finalement la main pour l’y diriger vers la peau de bête installée et les deux coussins.

« Tu as vraiment tout prévu. »

La nuit allait surement tomber et elle ne voyait pas d’équipement pour dormir. Voulait-il repartir le soir ou dormir ici ? Dans le deuxième cas, cela risquait d’être particulièrement cocasse. Les températures chutaient davantage à la pénombre et cela se révèlerait dangereux. A voir. Il installa des bougies autour d’eux et un réchaud au milieu. Voyant qu’il n’y arrivait pas cependant, elle récupéra l’objet et le mit entre ses jambes pour le bidouiller. Avec sa visualisation de la matière et ses talents d’ingénierie pratique, elle l’alluma en quelques secondes. Voilà, tout était surement prêt ? Non, il reparti. Bon, elle n’insista pas. Elle se coucha sur la peau de bête et regarda le ciel. Elle sentait toujours cette petite brise assez gênante dans ces hauteurs. Elle leva les deux mains vers le ciel et souffla doucement. Lentement, les deux mains tournèrent en même temps que la brise et finalement disparu quand elle les ferma. Quand elle ouvrit les yeux, le Prince s’approcha d’elle avec une rose dans la bouche. Elle en gloussa. Quel romantique celui là. Il vint se poser à ses côtés et reprit la fleur en main.

« Tu es un flatteur mon prince. Le manque d’oxygène t’aveugle surement. »

Helera se laissa faire quand il y glissa la fleur derrière son oreille. Toujours couché, elle se contentait de planter ses yeux dans les siens et de l’admirer comme un tableau, une œuvre d’art. Il l’embrassa et se coucha à son tour. Helera posa une main sur sa joue et y fit glisser ses doigts sans cesser de l’observer.

« Oh c’est parfait monsieur. Il me manque cependant une chose ! Un autre bisous ! »

Elle n’attendit pas qu’il bouge et lui sauta dessus pour l’y embrasser de nouveau tout en entourant son cou de ses bras, tel un serpent sur sa proie. Helera l’embrassa pendant de longues minutes en réalité, car elle en avait envie, car le moment s’y prêtait bien et parce qu’il avait fait tout cela pour elle. Ses jambes croisées avec les siennes, elle s’était à moitié avachie sur lui. Au bout de ces quelques minutes toujours trop courtes, elle posa son front contre le sien et continua de le dévorer du regard en se mordillant la lèvre. Cependant, alors que tout allait bien et que tout ne pouvait que bien se passer, Helera eut un sursaut. Elle se remit sur le dos et de sa main qui aggripait toujours celle d’Althar, elle la plaqua contre son ventre.

« Tes enfants aussi son contents. »

Les premiers coups de pied, de main ou de tête. Pendant plusieurs minutes, ni Althar ni Helera ne parla, juste respirant lentement et sentant les petits coups qu’ils donnaient.

« Ils sont déjà bien vigoureux, je peux te l’assurer. »

Les petits ne se rendaient pas compte de la force qu’ils y mettaient mais Helera pouvait assurément le ressentir. Qu’est ce que cela allait être dans les prochains mois. Elle était si bien ici. Ses yeux retournèrent sur le prince et sa main dans ses cheveux. L’instant finalement se figea et elle l’approcha de son épaule sur lequel il posa sa tête. Ses doigts toujours caressait chaque parcelle de sa peau qui n’était pas couverte et dont elle avait à portée. Le temps semblait se ralentir quelques peu.

« Merci mon cœur, de tout ça. Cela me fait du bien de sortir un peu. Et surtout d’être avec toi. Puisse cet instant être figé dans le temps, et avec toi ne jamais me séparer. »
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By Althar Fanrel Keto
#32249
Leur arrivée s'était déroulée sans accroc, à tel point qu'il s'en étonnait presque. Tout avait suivi, elle n'avait pas eut de soucis avec les enfants, et il ne s'était pas honteusement effondré en ratant une pierre lors de la montée. Leur environnement qui plus est se montrait bienveillant en leur offrant la vue qu'il espérait, et une belle ambiance pour ce moment privilégié. Tout semblait parfait. La discussion sur son frère éveilla chez lui de drôles de sentiments. D'un côté, une forme de gratitude de le voir ainsi prendre la place d'une soeur dont Althar était le principal bénéficiaire, à présent, mais aussi une forme de jalousie primaire à l'idée qu'il soit celui qui était le plus apprécié sur cette planète. C'était logique, et même naturel qu'il le soit, mais pour un Prince placé au coeur de Têta, la chose semblait être un défi. Ou une pique à son souhait de se faire accepter malgré tout sur cette planète, à côté d'Helera la Déesse incarnée de ce peuple. C'était un sentiment humain, il n'y pouvait rien. Sa raison lui avait fait accepter depuis toujours toute l'absurdité de sa situation sur sa planète natale, et surtout le fait qu'il serait toujours le soutien de sa compagne. Un rôle auquel il aspirait avec sincérité, que cela fut Leia ou Helera. Une envie de vivre une vie normale avec une femme anormale. Un besoin de ne pas être le Prince, juste le mari, l'amant, le compagnon. C'était étrange. Certainement un soucis psychologique lié à cette éducation très "particulière" et au rôle qui était censé être sien. Mais oui, Loran, un modèle à suivre. Ce garçon était un frère admirable. Il le pensait sincèrement.

Peut-être bien qu'ils le suivraient alors, dans cette fameuse campagne d'expansion. Un sujet politique curieux, qu'il discutait parfois avec Helera sans trop donner d'avis ou quoi que ce soit. Il apprenait, et écoutait, simplement. Mais se faire entendre dire de choisir une planète sécurisée pour lui ... Il retombait presque en enfance, ou quelque chose du genre. Cela avait le don de l'amuser plus qu'autre chose, surtout en regardant la taille du ventre de celle qui osait lui dire ça. Peut-être qu'un jour il réussirait à lui prouver qu'il pouvait être un aventurier lui aussi, un de ceux qui bravent l'impossible pour les beaux yeux d'une Reine. En attendant ce jour unique et glorieux, il se contenterait de son rôle actuel, et du plaisir qu'il y prenait. Un peu d'installation, une dernière fleur, et un couple heureux finalement installé. Cela valait bien tous ces efforts au regard de la récompense obtenue : un baiser en bonne et due forme, première danse d'un ballet amoureux qui débutait calmement. Oh que non il ne manquait pas d'oxygène en ces prémices, il ne faisait qu'en dépenser avec parcimonie pour s'assurer qu'elle respire bien, entre ses lèvres. Ils se retrouvaient, comme toujours, dans entrelacement que même une progéniture en devenir n'arrivait pas à gêner. Ses mains glissèrent avec douceur sur elle tout autant qu'elle l'emprisonnait elle aussi, et le baiser n'en fut que plus naturel. Même avec ces changements physiques, et la dureté du sol la position se trouva avec facilité, au point de finalement se contempler avec le calme habituel. Peut-être était-ce l'air de la montagne, mais elle semblait particulièrement câline aujourd'hui. Ce n'était pas désagréable de la voir de la sorte, avec cette lèvre malmenée et ce regard de braise que seuls quelques centimètres séparaient de lui. Avec lenteur, face à la tentation qu'elle représentait par cette lèvre maltraitée, il voulut l'embrasser de nouveau.

Mais c'était sans compter sur deux petits êtres venus se mêler à leur vie d'amour et d'eau fraîche. C'était une bonne représentation de ce qu'ils étaient, au final. Un couple qui n'arrivait à pas se détacher, et deux enfants qui se glissaient au milieu pour leur rappeler qu'une idylle n'est pas faite pour durer. Un cadeau de leur biologie humaine qu'il était en passe de découvrir avec le plus grand étonnement du monde. Le ventre était devenu un être mouvant en train de se débattre sous sa main. Ces enfants n'étaient, jusqu'à présent, qu'une notion floue de son esprit, une rondeur fixe qui rajoutait une indéniable beauté à sa compagne. Or, en sentant ces coups sous sa main, il y eut une étincelle. Presque une prise de conscience, une réalité qu'il pouvait toucher dans sa paume de main. Et ça, rien que ça, il n'en revenait pas. Son étonnement éclairé d'une joie innocente était dirigé vers sa Grise, tout aussi silencieuse que lui maintenant qu'elle s'était remise sur le dos. Il n'y avait rien à dire, rien à commenter. Althar s'en trouva presque à rigoler en sentant la pression exercée l'instant d'avant par un tout petit pied humain, au creux de sa main, et ce fut toute sa vie qui s'illumina un peu plus, lui et son sourire béat.

    « Nos petits bébés pleins d'énergie ... nos enfants ... ils tiennent de toi, ils tiennent des Kor'rial ... »

Il voulait rigoler, vivre cet instant avec l'incommensurable bien qu'il ressentait. Cette famille d'hyperactifs ne pouvait amener qu'à des enfants aussi énergiques, ça, c'était impossible d'en douter. Oh oui, il n'était pas en reste de bêtises non plus, mais à côté d'elle, il n'arrivait pas à suivre la cadence ... enfin ... c'était un défi qu'elle gagnait à l'usure. Et ces petits monstres n'en seraient qu'une preuve de plus, un duo gagnant de Kor'rial Fanrel capables de gravir des montagnes avant leurs 10 ans. Cela annonçait les plus beaux enfants. Sans perdre ce sentiment de bien-être qu'il éprouvait à cette idée, il se lova avec tendresse au plus près d'elle, épousant avec douceur les formes d'un corps qu'il ne connaissait que trop bien. Silencieux, il n'arrivait pas à détacher ses yeux du visage de la jeune femme, pas plus que sa main n'avait cessé de glisser avec une extrême tendresse sur son ventre. Cette femme qui avait changé sa vie, et qui lui avait offert du sens. Il aurait pu se laisser aller, là, contre elle, à dormir sous les étoiles, bercé par des caresses qui lui faisaient un bien fou. Ces mains qu'elles laissaient traîner lui donnaient l'impression d'être finalement aimé. De recevoir l'équivalent de ce qu'il offrait à l'être entre ses bras, à l'être pour qui il avait tout plaqué. S'il n'appréciait jusque là qu'on touche à ses cheveux, à elle il lui offrait bien volontiers son crâne pour qu'elle persiste. Tout ceci lui donnait envie de se réfugier contre elle, de respirer cet air qu'ils partageaient, de sentir sa peau contre la sienne. Une fusion totale que la raison n'arrivait pas à calmer, dans ce piège qu'il avait lui-même bâti. Les étoiles, le soleil couchant, les bougies, et Helera. Surtout Helera.

Peut-être qu'elle aussi avait senti ce parfum enivrant d'un sentiment qu'ils partageaient. A tel point que pour une fois, sous le bleu de ses yeux, elle signifia tout le bien qu'elle pensait de ce moment. Toute cette magie, ressentie plusieurs fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, et qu'ils espéraient pouvoir vivre indéfiniment. Le rouge monta aux joues du Prince que tout cela ne rendait pas insensible. Cette façon d'aimer, cette passion permanente, ce goût de leurs moments de complicité ...

    « Je t'aime Helera ... »

Il ne trouva rien de plus intelligent à dire, étrangement touché par la simplicité de ce qu'elle venait de lui dire. Ses yeux perdus dans les siens, c'est son nez, le premier, qui vint chercher celui de la Grise dans la tendresse de leur union. Une caresse étrange à la chaleur évidente tant la distance qui séparait leurs bouches était inexistante. Son propre souffle devenu sien.

    « Je t'aime ... je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime ... »

Elle avait les mots, malgré elle, pour le faire fondre. Oh oui, peut-être bien qu'elle était la plus chamboulée par cette grossesse, mais lui ne manquait pas de ce comportement tout idiot de l'amoureux sensible à ses charmes. Et elle en profiterait bien par le baiser passionné qu'il lui offrit, comme une preuve supplémentaire à ces mots lâchés au vent. Rien n'arrêterait ceux qui s'aiment, pas même le froid ou deux enfants en pleine lutte. Il aimait trop profiter de ses lèvres douces pour imaginer un jour que tout ceci pouvait changer. Leurs sentiments s'exprimaient autant par les mots que par les gestes, quoi qu'en dise le public innocent qui aurait pu les interrompre dans leurs embrassades répétées. Et aussitôt eut-il cessé de l'embrasser que ses lèvres volèrent un nouveau baiser sur celle-ci, avec plus de rapidité. Une envie supplémentaire de recommencer, en sachant que ce ne serait pas raisonnable. Mais la lumière naturelle offrait une esthétique resplendissante à ce visage d'ange. C'est pour cela qu'il n'y toucha pas. Sa main continuait sa balade tranquille sur ce corps en évolution, se risquant même à chercher au plus loin d'un boutonnage en pleine difficulté face à l'avancée de ce mont si impressionnant. Selon la perspective, couchée de la sorte, le trésor qu'elle protégeait sous sa propre peau semblait être être capable de masquer les dernières lueurs d'un soleil ensommeillé. Plus le temps passait, et plus ce petit corps de gymnaste paraissait infime face à la protubérance de deux vies en pleine symbiose avec leur mère. Une telle montagne qui paraissait douloureuse et pourtant si belle à contempler sous la timide et unique protection d'un drap vite éloigné. La beauté de l'acte le plus humain qui pouvait exister. Combien de temps pouvait-il passer à la contempler, elle et la promesse d'une famille si aisément étendue ...

Il soupira presque, comme l'acteur qu'il était, face aux multiples pensées qui le prenaient du fait de cette contemplation. Encore une fois, il s'était perdu dans le silence d'un regard amoureux sur ce corps exploré avec volupté. Son visage, blottit près du sien, retrouvait les amarres d'une réalité très plaisante. Il avait envie de parler, désormais. De lui parler.

    « Dis moi mon Amour .. est-ce que ... est-ce que tu crois que les choses sont déjà écrites ? »

Une respiration, et deux regards qui se jaugent.

    « Ton père dit parfois que si les choses doivent arriver, alors elles arriveront ... Enfin ... que la Force fera en sorte qu'elles arrivent ... »

Son front collé au sien, elle peut très bien sentir le très léger déplacement qu'il opère. Ce n'est plus vers elle qu'il observe, mais vers ce buste. Enfin, la bosse qui en dépasse, de là. Même sa main, si libre jusqu'à présent, a fini par se trouver un point d'ancrage autour d'un nombril repoussé par deux paires de mains joueuses. Son pouce, plein d'affection, sera le seul à venir le réconforter avec toute la douceur nécessaire.

    « Je n'aime pas l'idée que ma vie soit dictée, comme si mes choix n'avaient pas de sens ... Pourtant, savoir que toi et moi serions faits pour nous trouver, et pour nous aimer ... je trouve ça beau. Je trouve ça romantique. Me dire que tu n'as jamais lâché l'affaire, depuis tes premières tentatives de séduction lors de notre première rencontre, ou quand tu te trémoussais sur Dremulae, à moins que ce ne se soit quand tu t'es cachée dans ce sabre, pour habiter mes pensées ... » Il rigola très doucement, pour appuyer l'absurdité de certaines choses qu'ils disaient alors que ses yeux finissaient par retrouver les siens. Ses lèvres allèrent jusqu'à se permettre un baiser sur sa joue la plus accessible. « Nos vies étaient faites pour entrer en collision, et se mettre à .. flotter dans l'espace, l'une autour de l'autre, sans se quitter des yeux ... On était faits pour comprendre, la première fois que tes yeux bleus ont croisé les miens, j'aurai du y voir la flamme d'une Déesse en devenir ... la flamme d'une jeune femme qui est bien plus qu'elle n'osera jamais l'avouer, elle et ses cheveux si uniques ... »

Son nez trouva encore une fois le sien, alors que son sourire était encore plus lumineux qu'il ne l'était jusqu'à présent.

    « Merci d'avoir persisté, d'avoir été là pour moi, de ... d'être ... enfin ... tout ce que l'on a fait, dans ton vaisseau, ce jour-là ... Ma vie n'aurait pas valu être vécu si je n'avais pas compris que mon destin était lié à celui de la plus belle et intelligente femme de cette Galaxie ... Une route croisée un jour, et un avenir heureux le lendemain. J'aime cette magie, et tout ce qu'elle nous offre, tout ce qu'elle m'offre, sous mes yeux ... »

Si ce ventre avait été l'objet de toutes les attentions, jusqu'à présent, cette fois il ne put s'empêcher de ramener sa main vers son visage, quitte à effleurer tout ce qui se trouvait sur son passage. Et finalement, cette joue si douce se trouva être le parfait endroit pour s'assurer que ce mirage n'en était pas un.

    « Ô Soleil de mes jours et lune de mes nuits, toi, souffle de ma vie, les astres ont un jour décidé qu'Althar Fanrel Keto croiserait la route d'Helera Kor'rial, dans l'espoir que quelque chose se passe. Qu'une flamme naisse des crépitements de nos deux existences ... Et aujourd'hui, en nous observant depuis ce ciel aussi pur que l'air nous respirons, elles comprennent qu'elles ont réussies. Elles comprennent que ce qui me lie à toi dépasse la normalité et une quelconque référence galactique ... Je t'aime de tout mon être et de toute mon existence. Si ma vie contient nombre d'incertitudes, il y a une seule chose que je sais, c'est la place que tu occupes dans mon coeur et dans mon esprit, Déesse de mon existence. Nulle Force n'aurait pu savoir que je t'aimerai au point de ne plus envisager ma vie sans toi, Helera Kor'rial. Comment as-tu dit ? Puisse l'instant ne jamais nous séparer, mon Amour ... »

Il y avait peut-être beaucoup de niaiseries dans ses paroles, mais ce qu'il ressentait, et se sentait obligé de dire, tenait d'une sincérité qu'il se réservait pour les grandes occasions. Il aurait pu aller plus loin, et aurait dû le faire, mais ce n'était pas encore le bon moment. Ce n'était qu'un préambule, une douceur pour ce palais qu'il goûtait d'un baiser sans fin, à présent. Tout son être s'était tourné vers elle, au fur et à mesure des paroles, et en plus des mots ses sentiments enfiévrés virevoltaient avec légèreté et poétisme autour de ses mots. Une puissance décuplée à cette déclaration d'amour qui n'attendait rien en retour. Voir ses yeux illuminés, cette étincelle de bonheur habiter le fond des contrées d'azur lui suffirait amplement. Car aussi simplement que des mots auraient pu le prouver, elle portait en elle une preuve bien plus grande. Une preuve que ce baiser plein d'envie ne ferait disparaître, en plus d'en être une des origines, par le passé. Une embrassade qui finissait toujours de la même manière. Mais le passé est le passé, surtout lorsque aujourd'hui encore les choses se passent avec autant de passion. Non, même à cet instant, il y eut un sourire, une fierté, un regard parti de ce visage qu'il couvrait de ses lèvres vers ce ventre que sa main trouvait une nouvelle fois, sans arriver jamais à s'en détacher.

    « Ils ne sont pas une erreur. Ils .. ils ne l'ont jamais été, et ne le seront jamais ... Je dois t'avouer que je me suis posé la question, les premières nuits ... de savoir si ... enfin ... Tu comprends ... puis je t'ai regardé, j'ai mis ma main sur ton ventre et ... hmmm ... nous savions que cela finirait par arriver. Si nous étions contre cette éventualité on se serait protégés, on aurait fait ce qu'il faut ... Au fond de nous, cette idée de fonder une famille, même si vite ... Elle a un sens. Elle a une envie. Je n'arrive plus à envisager un futur où ils n'y sont pas. Où tu ne serais pas leur mère, Helera. »

Ses yeux retrouvèrent les siens, avec un peu plus de gravité.

    « Ils sont la bénédiction finale, la preuve que nous étions faits pour être ensemble, pour nous aimer, et pour vivre cette vie qui s'offre à nous. Ils ne sont encore que de touts petits humains, dans ton ventre, aussi grands que ma main, et pourtant .. pourtant ... J'ai envie de les voir, de les prendre dans mes bras, de leur apprendre des choses ! J'ai envie de leur parler, de leur montrer cette planète, ce Royaume, Têta, et toute la Galaxie ! Je veux qu'ils connaissent ta planète natale, leurs grands parents, leur oncle et toute la famille, aussi grande qu'elle puisse être ! Nos enfants Helera, la plus belle chose que cette Galaxie puisse connaître, ils sont dans mes pensées, en permanence, dans mon coeur, entre nous. Regardes ... ressens ... Ils sont là, n'est-ce pas ? Ils sont liés à toi, dans la Force, dans tout ce que tu fais ? Tu les perçois eux et tous leurs besoins ? »

Il se redressa presque. Ce sujet avait le don de le transporter. Peut-être avait-il fait en sorte de lui-même monter le sujet en épingle dans son esprit, mais il n'y tenait plus. Ses propres enfants. Leurs enfants. Revenu sur ses genoux, il était un homme devant un bureau représenté par cette femme allongée devant lui. A moins qu'il ne soit un masseur devant une cliente, ou un médecin prêt à opérer. Ses yeux ne savaient plus où se poser entre son visage et son ventre, entre ces lieux de vie qu'il plaçait à égale importance. Ses mains, elles, caressaient ce ventre avec une délicatesse à contre-courant de l'énergie déployée par son esprit.

    « S'ils sont agités, c'est qu'ils doivent être contents, non ? Ils doivent percevoir tout ça en même temps que toi, dès que je t'embrasse, dès que je m'occupe de toi ... a moins qu'ils sentent qu'on les aime. Tu les aimes toi aussi, n'est-ce pas ? Tu ... as l'air heureuse. Plus que les premières fois que nous nous sommes vus. Plus que quand je suis revenu. Ton sourire et tes yeux ... J'aime te voir comme ça. J'aime cette Helera qui redevient pleinement elle-même, et qui mérite tant de baisers ... »

Même en voulant se retirer de l'attraction de cette femme il était incapable de ne pas y succomber. Et maintenant qu'il avait retrouvé un certain ascendant, c'est avec une certaine gourmandise qu'il vint embrasser les centimètres de peau qu'elle lui exposait vers le cou, dans un avant goût d'un nouveau baiser langoureux mené par le Prince. Tout ça pour qu'elle ne perde pas le goût des mots qu'il lui formulait, et de cette bouche trop active pour préserver le calme de cet instant.

    « Est-ce que cela te fait mal quand ils poussent ? Est-ce que cela pèse ? Est-ce que c'est plus dur de marcher ? Ils ont l'air vigoureux, ils peuvent l'être, s'ils sont comme toi, s'ils jouent autant des pieds que toi ... »

Cette fois, c'est sur ce ventre que ses lèvres se posèrent un instant.

    « J'imagine tellement quand ils feront leurs premiers pas ... On sera sur la plaine, là bas, l'un face à l'autre, en tenant chacun d'eux debout, et on les fera s'élancer dans la neige, tout couverts de peau de bantha, et ils arriveront à courir pour nous trouver, en rigolant ... Et nous on sera là en souriant bêtement alors que nos enfants auront faits leurs premiers pas dans ce monde ... Tu leur apprendras plein de choses, tu leur montreras comment on se défend, comment on fait des choses avec ses mains, comment on calcule je ne sais quoi ! Moi je leur montrerai comment on parle certaines langues, ou ... heu ... comment on joue au Hutt Ball ! On fera tellement avec lui, ou elle ou ... ou quoi qu'ils soient, nos deux enfants ... »

Il arrivait finalement à se calmer un peu. Ce n'était pas forcément qu'il était excité, ce n'était pas une énergie folle qu'il pouvait avoir ouvertement comme lorsqu'ils se découvraient, au pied d'un lit ou au milieu des bois, mais c'était plutôt un sentiment enfoui, maître d'une hâte qui se manifestait par le foisonnement des idées. Il ne la bousculait pas, pas plus qu'il ne se montrait trop envahissant par ses mots. Mais son rythme cardiaque finissait par redescendre, lui permettant finalement de se plier au-dessus d'elle. Lentement, sans s'appuyer sur elle, sans jamais perdre cette douceur qui était réservée à Helera, il rapprocha son front de la surface de vêtements qui recouvraient son ventre. Dans un soupir, c'est tout son être qui se tendait vers eux.

    « Souhaitais-tu avoir des enfants, un jour, Helera ? Je ne t'ai jamais posé la question ... et nous en avons peu discutés ... Ce n'était peut-être pas le futur que tu t'imaginais ... Tu sais, j'apprends toujours à te connaître, et cette question reste pour un moi un mystère. Ton envie de paix, mais ta capacité à gérer tout un royaume avec autant d'énergie ... Je ne sais pas si tu étais prête à t'engager autant avec moi, et je ne voudrais pas que tout ça soit un fardeau ... Sois honnête, si jamais ... si jamais cela s'avérait être le cas ... »

Il n'avait pas relevé la tête, dans cette interrogation. Elle était sérieuse, et pourtant, il n'y avait pas d'hostilité ou de rancoeur. Peut-être de l'inquiétude, finalement, pour une réponse qu'il n'espérait pas entendre. Après tout, tout se passait bien jusqu'à présent, ce n'était qu'un doute passager, une simple question à éclaircir, quelque chose à balayer aussi sec.

    « On va devoir trouver un moyen d'agrandir ton étage du château, n'est-ce pas ? Ils vivront avec nous tant qu'ils seront petits, mais ce sera pas toujours le cas ... et tous les jouets qu'ils auront, tous les trucs qu'il faut pour s'occuper d'eux, quand on devra ... changer les couches ... Hmpf ... »

Et finalement dans un dernier geste inconfortable, il retira son front pour poser sa joue, sans s'appuyer sur le ventre, et ainsi la regarder. Elle pouvait voir sa grimace à l'idée de changer des couches. Il fallait retrouver un peu de légèreté, après tout.

    « Dis, on pourra éviter de leur donner un nom Nelvaanien ? Déjà, c'est pas facile à prononcer, et puis ... Je sais pas ... Il faudrait que ce soit aussi beau que eux le seront ... Elles ? Ils ? Hm. Tu y as réfléchi ? J'avoue avoir du mal, sans savoir ce qu'ils seront ... Est-ce que ... est-ce que le prénom de ... de ta mère c'est ... une mauvaise idée ? »

Sa joue toujours posée sur cette bosse, il l'observait avec compassion. La question tournait dans son esprit depuis un moment, mais il n'avait pas osé la poser jusque-là. Peut-être était-ce le moment, ou non, peut-être que c'était la pire des choses que d'associer un souvenir triste à une existence heureuse et innocente, mais il devait en avoir le coeur net. Parce que c'était important. Parce qu'elle est importante pour lui.
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By Destin
#32252
« Merci mon cœur, de tout ça. Cela me fait du bien de sortir un peu. Et surtout d’être avec toi. Puisse cet instant être figé dans le temps, et avec toi ne jamais me séparer. »

Comme une prophétie.

Annoncée comme une phrase d'amour, un échange de celle qui aime à celui qui aime, une déclaration vide de véritable sens, un compliment pour signifier le transport d'un instant. Chaque seconde qui perlait sur la toile temporelle finissait comme autant de diamant égrenés sur un tapis céleste, chaque étoile étant un instant d'un endroit pour chacun. Une rivière de secondes incrustées dans du carbone pressurisé. Parfois, les diamants roulaient et rayaient la table, souvenirs de douleur qu'on aurait préféré occulter. Les plus grands maîtres des arts occultes de la divination fouillaient dans ces diamants d'innocence encore inexistants.

Et, parfois, un écho vibrait sur l'un. Un appel, un cri du coeur. Malédiction et protection dans un seul appareil.

« Puisse cet instant être figé dans le temps, et avec toi ne jamais me séparer. »

Cette phrase, si banale. Mais si porteuse de tout. Et qui, sans qu'aucun des deux ne le sache, allait devenir capitale avant la fin de la journée.

Comme une prophétie.




Sans le savoir, vous venez de déclencher une Trame Privée Secrète ! Ces trames Privées ne sont pas dévoilées publiquement et sont applicables arbitrairement par votre Maître de Jeu favori. La suite de vos plans n'est pas remise en cause. Mais y arriver... C'est une autre histoire !
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By Helera Kor'rial
#32265
« Je t’aime aussi Althar. »

De simples mots dont la portée dépassait leur évocation. Cet instant était beau, presque impénétrable. Allongée, Althar à ses côtés, rien n’aurait pu décidément mal se passer. Ou peut être une avalanche venue des hauteurs pour les ensevelir à jamais. Puis il biffurqua sur un tout autre sujet, composé de Force, de destiné et de chaines. Un destin rien de plus enviable à celui des esclaves. Etre observateur de sa propre vie, sans personne pour aider, sans rien pour se guider ou à quoi se raccrocher. Mais la Force, ce n’était pas cela. Tout en expliquant, la main du futur père caresse le creux de formation de ses deux enfants. Là, au fond, écoutant avec attention la conversation de leur parent, tandis que l’oreille sont en formation. Ils les entendent et apprennent.

« La Force est plutôt une toile de fond. Une mer sur laquelle vogue des potentiels, des … choses qui peuvent arriver. Cependant, rien n’est jamais dicté. Toujours en changement est le futur. Tu es maître de ton destin et ce sont tes choix qui t’aligne avec d’autres potentiels, tu comprends ? »

Petit tour d’horizon vers un passé certain. Un passé avec une rencontre impromptue. Oui, rien n’avait été prévue et surement pas de le rencontrer lui. Surement pas d’avoir une grande affection pour un homme emprunt d’une si grande sensibilité que cela l’avait boulversé. Mais à l’époque, il avait une autre femme en tête, une autre muse.

« Je n’ai fait que tenter de te sauver la vie tu sais. Et d’une manière, tu as sauvé la mienne par la suite. Pour le sabre, ce n’était pas moi. Enfin … pas exactement moi. Je ne peux pas voir ce que tu as vu. Mon essence y est a jamais gravé. Ce sabre a connu bien des choses, et combattu bien des ennemis… »

Une relique grise par excellence, symbole de la renaissance, symbole de la guerre. Un sabre qu’elle ne pouvait plus utiliser désormais car représentait un passé houleux, sans aucune mesure. Ce n’était plus possible désormais vu son tempéremment plus calme et ses responsabilités envers son peuple et … sa famille. Front collé contre le sien, elle glissa un baiser sur le coin de ses lèvres. Alors il remonta sa main sans jamais se séparer de son contact puis se lança dans un discours poétiques nimbés de métaphores et autres figures de style. Ce genre de discours dont elle n’arrivait pas à formuler ne serait-ce que la moitié mais dont elle adorait en être le sujet. C’était dans ce genre de discours qu’elle se retrouvait à travers cet homme qui à tout moment pouvait la faire fondre. Encore et encore jusqu’à ce que plus rien en elle ne fonctionne correctement.

« J’adore quand tu me parles comme cela. »

Elle approcha son visage pour un court baiser. Elle resta ensuite en suspension, alternant son regard entre ses lèvres et ses yeux, à quelques centimètres seulement. Juste pour faire grimper la tension. Elle perdit la première car esquissa un sourire et tendit le bout des lèvres pour juste toucher les siennes.

« Et toi leur père. »

Ces deux déclarations se devaient d’être gravées dans le marbre le plus blanc qui soit. L’instant se figea de lui-même tandis qu’il continuait ses longs discours en imaginant le futur. Helera, reposée sur la peau de bantha, le regardait tout en souriant, le dévorant du regard, imaginant toutes les scènes qu’il décrivait. Elle voyait ses deux petits bouts courir dans la neige trop haute pour eux, faisant de grands pas à chaque fois, tombant la plupart du temps. Tandis que leurs deux parents riaient aux éclats en les voyant faire, puis recommencer. C’était tellement beau à imaginer, encore plus quand cela serait possible d’ici quelques mois. Althar se redressa, ce qui la tira de sa rêverie imaginaire.

« Oh oui je les sens. Leur esprit a commencé à se former et m’envoient parfois des signaux un peu … aléatoirs. Juste avec des besoins primaires, c’est vraiment génial. Bien sûr que je les aime, plus que tout au monde je les aime. Je suis heureuse tant que je suis avec toi Althar. C’est toi qui me permets de m’épanouir comme ça. »

La question à laquelle il ne pourrait jamais vraiment comprendre la réponse. Qu’est ce que cela faisait ? C’était bien là tout l’enjeu en définitif de ces neufs mois. Neufs mois pendant lesquels elle n’avait ni n’aurait de cesse de les sentir, petites choses encore à la destiné déjà si grande.

« Ca va, je vais supporter. Par contre, a eux deux ils commencent à me ralentir, cela c’est certain. Je vais bientôt devoir être alitée et c’est bien ce qui m’ennuie le plus… Au moins me restera t-il mes deux pieds à bouger. »

Elle passa une main sur sa joue tout en gloussant. Nouvelle effusion de souvenir puis un repos bien mérité au creux de ses enfants, sur lesquels il déposa un unique baiser. Ils le sentaient, elle en était persuadée. Ils sentaient la présence de leur père, son amour, sa protection. Cela eut pour effet de les apaiser et ils se calmèrent lentement. Leurs esprits échauffés devinent mer tranquille. Puis le doute. Vraiment ? Etait-ce cela qui l’assaillait en ce moment, ce pauvre petit prince déçu des femmes ? Elle réajusta le coussin sous sa nuque afin de se surélever et posa son regard bienveillant sur lui. De ses deux mains elle lui caressa respectivement la joue avec le cou mais également le crane, comme une mère qui déjà s’occupe de ses enfants.

« Quand j’ai perdu mon bras, j’ai … abandonné pas mal de chose qu’une vie pouvait me donner. J’avais abandonné l’amour, la conception, la vie de famille. Je pensais que tout cela m’était interdit et que ma vie ne se résumerait qu’à tenter de sauver mon prochain. Sans jamais avoir un foyer, sans personne qui m’attendrait ou tout simplement à élever. Je veux dire, je voulais des enfants, mais cela est devenu regret. Peut-être que c’est cette frustration qui les a fait naître, plus que le fait que je ne faisais rien pour me protéger… Je ne sais pas. »

Elle fit une pause et regarda les étoiles naissantes dans le ciel.

« Quoi qu’il en soit, quoi qu’il se passe, ma famille sera désormais ma priorité absolue. J’en ai révé des nuits entières, rencontrer quelqu’un comme toi, avoir des enfants avec lui, construire quelque chose … Je ne t’abandonnerais jamais. Ni toi, ni eux. Rien ni personne ne me fera changer d’avis. »

Un étage pour le château, ou juste un aggrandissement. Pour les débuts dans tous les cas, un landeau serait suffisant. Deux landeaux du coup, juste à côté de leur chambre. Ou même dans la chambre ? Au moins, les nuits de veille seraient totalement partagées pour s’occuper l’un et l’autre d’un enfant différent. A voir à l’usage du coup. Visiblement, il ne savait pas.

« Althar, tu poses des questions auquelles tu peux avoir la réponse. Ferme les yeux, écoute-les, ressens-les. Ce sont tes enfants. Une partie de toi est imprimé en eux. Tu peux connaître leur sexe. »

Elle le laissa un temps pour qu’il essaye de les trouver puis finalement donna la réponse. Dans tous les cas, elle guida son esprit jusqu'à ce qu'il comprenne le sexe véritable de chacun. Mère, mais pas dénuée de Force quand même.

« C’est une fille et un garçon. Caitlyn ? C’est comme cela que vous appelez vos enfants ? Avec le prénom de vos parents ? Caitlyn et Rhedatt Fanrel Keto Kor’rial ? »

Helera gloussa.

« J’avais pensé à Lily pour notre fille. Et … Khalane ? Peut-être un peu fantasiste pour notre garçon ? »
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By Althar Fanrel Keto
#32338
Ha le romantisme ... Un défi de tous les jours, pour un couple qui vit ensemble. Parfois c'est un geste, desfois une parole. Par exemple, laisser croire que cette magie dont semble habitée cette planète fut à même de les réunir dans un ensemble parfait, le seul capable d'apporter un bonheur infini à celle qui fut si longtemps prisonnière de sa condition. Mais cela ne prit pas vraiment, elle ne semblait pas comprendre. C'était aussi pour ça qu'il l'appréciait, cette manière d'envisager les choses à sa manière à elle, avec toute cette connaissance sur un univers qui lui paraissait toujours autant obscur. La leçon en elle-même était intéressante. Croire qu'une entité soit capable de tracer des routes, offrir des possibilités, tout ceci a ce quelque chose de fascinant que rien n'arrive à nier. C'est tout autant impossible à prouver que cela ne l'est à die que c'est n'importe quoi. Mais ce n'était pas l'objet de cette soirée au soleil couchant, ce n'était pas leur raison d'être ici. Il acquiesca lorsqu'elle lui demanda s'il comprenait, et lui adressa un sourire. C'était un professeur de choix, au moins, un de ceux qu'il écoutait avec un plaisir non dissimulé. Elle voulait de toute façon mettre tout ça sur le fait de se sauver la vie mutuellement. Cela ne manquait pas d'une forme de romantisme non plus. Le prix d'une vie ne serait que l'amour, et la transcendance des sentiments. Une nuit passée ensemble qui, finalement, aurait brouillée toutes les frontières et permis à cette machine de s'enclencher. Que serait-il advenu sans elle ? Il ne s'était jamais posé la question, et à vrai dire, ne se la poserait jamais. Cette "autre voie" était un néant qui n'avait aucun intérêt aujourd'hui, à l'heure où la famille s'agrandissait. Inutile de chercher en arrière lorsque tout est devant soi. Voilà une bonne manière de le résumer. Quant à elle, qu'aurait-elle fait ? C'est vrai qu'ici ce n'est pas la joie. Seule et maussade, elle aurait sûrement fini par trouver quelqu'un, ou quelque chose. Pour mieux se cacher dans une cause en se lançant à corps perdu. Il n'avait pas besoin de se l'entendre dire pour savoir qu'elle était comme ça. Elle transpirait de cette volonté de duracier qui la rendait aussi impressionnante qu'attirante. Oh oui, même ce caractère de bantha - comme disent certains - pouvait être un atout charme. Et elle, ce n'était pas d'atouts dont elle manquait.

Voilà d'ailleurs une démonstration. Juste un échange avec elle, et tout le reste ne compte plus. Il n'y a plus que des pensées en tout sens, et une envie de l'embrasser. Mais ce ne serait pas respecter tout le reste. Son sabre condamné ? Il faudrait qu'il en discute avec elle, un autre jour. De la poésie et des yeux doux ? La brûlure n'en fut que plus intense, lorsque leurs lèvres finirent par se trouver. Il faut dire que la séduction, entre eux, fut particulière. Cette manière de se rencontrer, de vivre sans considérer cela possible, et finalement l'accepter aussi simplement que cela n'a fait que retirer le plaisir de la voir se laisser tenter sous ses tentatives. Un jeu complexe mais pourtant si prenant que le Prince ne peut s'en empêcher, malgré tout cela, de vouloir le reproduire. Ces envolées lyriques d'un art questionnable en sont une preuve, une envie que lui met en oeuvre, et qu'elle, par ces yeux amusés, ne saurait décliner. Une séduction nouvelle et sincère qu'une femme comme elle aurait dû connaître, au lieu de griller les étapes. Elle aimait cela, et lui se sentait flatté de voir une telle réaction. Voilà ce qu'il se passe dans l'intimité d'un couple, entre simplicité d'une vision fantasmée de l'avenir à quatre, et séduction délicate de celle qui lui fait tourner la tête. Et même s'il ne comprenait pas son rôle dans sa vie à elle, cela ne l'empêchait pas de rougir jusqu'aux oreilles en s'entendant dire qu'il avait une influence positive sur elle et sa vie. S'il est possible de douter d'une relation, parfois, il suffit de quelques mots pour comprendre que douter est stupide. Surtout lorsqu'une famille est en train de prendre forme, doucement, au creux du ventre d'une mère en devenir.

    « Est-ce que ... est-ce que c'est comme toi et moi ? Je veux dire ... Quand on se comprend sans se parler ? Ou bien c'est plus ... envahissant ? Tu crois que je pourrais avoir un lien comme celui que tu auras avec eux ? Ca doit être tellement unique ... »

D'une certaine manière, il lui souhaitait d'avoir cette possibilité unique. Ce lien qui unit ses enfants à elle-même, comme un fil invisible mais immortel entre elle et ses créations. Après tout, leur rôle était bien plus important que celui d'Althar, c'est eux qui la redéfiniraient, bien plus que ne le fera jamais son Prince. Mais il n'a pas pu s'empêcher d'évoquer cette question, quand même, dans un instant de doute. Au fond de lui il se doutait bien que ce ne seraient pas des enfants "classiques". Nés de parents comme eux, aucun référentiel ne correspondrait à ce qui s'annonçait. C'est pour ça qu'il tût son autre question : leur sensibilité. Celle-la, il n'était pas certain de vouloir savoir. De toute manière, ce n'était pas la priorité.

    « Attends ... Alitée ? Quoi ? Toi, Helera Kor'rial, Ohorag Nelvar, Grande Prêtresse de l'Ordre Gris, Eminente Impératrice du Sud de la Galaxie et duelliste invincible des rings de Nelvan tu ne vas plus pouvoir bouger ? Mais comment vais-je faire tous les jours, pour nos balades en couple au milieu de la ville ? Pour aller regarder les nouveaux apprentis avec celle qui leur met des étoiles dans les yeux ? Pour aller essayer de monter ces drôles d'animaux dans ton écurie royale ? Et nos petites danses du soir, qu'en fais-tu, Ô puissante Louve du Haut de la Montagne ? »

Il eut un éclat de rire, amusé par sa propre bêtise. C'est vrai que leurs moments en tête à tête étaient un plaisir qu'il regretterait durant ce temps, mais son corps changeait beaucoup. Avec tout ce qu'elle arrivait à digérer, d'ailleurs, ce n'était pas étonnant. Deux petites bêtes à nourrir ça change tout. Même certaines parties de son anatomie, ce qui ne la rendait que pus désirable à ses yeux. Mais la santé est ce qui compte. Il n'y a même pas de vrai hôpital sur cette planète ... Mieux vaut l'avoir au lit tranquille que debout en pleine souffrance. Un mal pour un bien, présentement. Je suis là pour t'aider, tu le sais mon Amour ... lui chuchota-t-il, avant de l'embrasser avec tendresse. Un rappel inutile, mais qui les rapproche malgré tout. Cela ne l'empêcha pas de regagner sa place au-dessus de ce petit ventre.

    « On fera ce qu'il faut pour que tu te dépenses malgré tout, j'ai déjà quelques idées ... Ce serait vraiment dommage de perdre autant de temps quand tu es au lit n'est-ce pas ? On aura une justification pour que personne ne vienne t'embêter, parce que tu seras trop fatiguée, nue dans ton lit ... Halalala quelle terrible épreuve, devoir te supporter des semaines durant alors que tu ne pourras plus fuir la très fatigante vie de couple que nous menons ... Que vas-tu devenir, Guide de tous les Guides ? Sinon je pourrais aussi te mettre dans un chariot, ou un traineau, et te promener ... Imagines ce qu'il faudra faire pour t'amener jusqu'à la salle de bain, et te frotter le ventre ... Ca va être ... Terrible ... »

Bien sûr, le ton était tout aussi taquin que les mots. Pourquoi prendre avec gravité une telle chose, après tout ? Il ne perdait de toute façon jamais une occasion de profiter d'elle. Mais pour goûter à la joie, parfois faut-il connaître le malheur. Elle en avait eut son lot, bien plus que lui, cela était indéniable. Et depuis qu'ils étaient ensemble, c'était certainement pour elle un changement permanent. Les larmes venues lors de la découverte de ce qui lui arrivait, et le sourire dont elle s'apprêtait chaque jour lui avaient fait prendre que tout ceci avait un sens particulier pour elle. Jamais il ne le remettrait, pas même aujourd'hui. Comment avait-elle pu en arriver à un tel point de désespoir, au final ? A chaque fois qu'ils en parlaient, la question se posait dans son esprit sans qu'il n'arrive à l'imaginer. Il se représentait cette vie, ce visage bercé de ses cheveux sombres, mais ce n'était qu'une image. Une part de son imagination, et des rares souvenirs laissés par la Force. Il n'y en avait pas la portée. Pas d'impact. Pas de cette froideur qu'elle a du ressentir pour en arriver là. Et cela le mettait à une telle distance qu'il lui était impossible de la comprendre. Alors son rôle reprend le dessus : la soutenir. Garder sa tête, au chaud contre ce ventre arrondi, et se laisser bercer par la tendresse de ses caresses. Il était là, désormais, et lui ne la laisserait pas tomber. Ses doigts légers se perdaient sur les contours de son ventre, alors qu'il souriait. Simplement cela, pour lui montrer que ses mots avaient un auditoire sincère. Un homme qui l'écoutait, et qui s'évertuait à comprendre la place qu'il s'était faite dans l'organe dont résonnait le battement sous son oreille. Tristement, les leurs n'étaient pas perceptibles pour un humain, mais mentalement quelque chose lui rappelait bien qu'ils étaient là.

    « Helera ... tu ... tu nous aimes ... » La chose était étrange à dire en elle-même. « A cet instant, tu dis que nous serons ta priorité, tout autant que tu seras la nôtre ... Oui, oui je t'assure, je les entends ... Si tu nous aimes, ma Lera, c'est que ces enfants ne sont pas nés de la frustration. Ce n'est pas comme ça qu'on conçoit un enfant, et je comprends mieux pourquoi tu finis dans cet état avec le premier garçon venu qui oserait te dire, et penser, que tu es la plus grandiose femme de cette Galaxie ... » Un rire. « Non, nos enfants ne sont pas nés de ta frustration. Ils sont nés de notre amour, d'une manière ou d'une autre, Helera. Parce que tu avais des sentiments forts, après notre rencontre, et parce que toi et moi nous avons fait le choix que cela arrive.

    Tu vois, déjà, premier signe, tu m'as enlevé lors de la réunion. Second signe, j'étais dans ton lit, et tu étais la plus belle femme que j'ai jamais vu. Troisième signe, j'ai craqué face à ta séduction subtile et l'idée que tu serais peut-être la dernière femme que je verrai avant mon trépas. Et finalement, dernier signe, le fait que nous ne soyons pas passés à autre chose. Tu aurais pu te laisser séduire par n'importe quel autre homme de cette planète, un de ceux qui font de Nelvaan ce qu'elle est aujourd'hui, parce qu'ils forment, bâtissent, construisent quelque chose pour les autres. Tous ces gens biens qui n'auraient pas eu de mal à aimer une femme toi. Et moi j'aurai pu me morfondre dans une vie sans but, dédiée à ma planète, sans jamais n'arriver à tomber amoureux d'une femme, après la trahison que j'ai subi. Sauf que la Force avait écrite une possibilité, Helera, celle que nous nous retrouvions. Celle où nos pensées étaient tournées vers toi et moi, vers ce qu'il se passerait lorsque nous nous reverrions. Nos enfants sont nés de tout ça, Helera, ce qui est en vérité de l'amour. Les enfants naissent de l'amour, et plus jamais ta vie ne sera celle de la frustration ... Si un jour tu doutes, si un jour tu penses que cela ne va pas, parles moi, penses à eux ... Une chose ne peut être plus certaine que ce que je vais te dire, tout ça a un sens réel ... Je t'aime Helera ...
    »

Le discours était venu un peu sans qu'il ne l'ait souhaité, dérivant d'une plaisanterie sur la conception des enfants à une déclaration enflammée pour celle dont il venait une nouvelle fois de se porter au contact. Ses yeux au plus près des siens, son visage à quelques centimètres de celui de la kuati, il lui souriait, une main perdue dans ses cheveux avec une infinie douceur. Ses mots avaient une matérialité qu'elle devait avoir sous ses yeux, et ne jamais douter. Elle voulait se consacrer à sa famille ? Elle ne serait pas seule. Jamais. Son nez caressa le sien, un instant, et elle eut à se contenter d'un dernier baiser sur le front, avant qu'il ne reparte se poser sur ce ventre. Cet antre si protégé et si aimé, autour duquel il se lovait, et qui était le centre de ses questionnements récents. Ha ces enfants, toujours prêts à tracasser leurs parents.

Il n'avait pas encore le réflexe, ni la facilité et l'aisance qu'elle pouvait avoir sur ces questions. Dépasser ses cinq sens, dépasser simplement le toucher et la vision, pour comprendre. Ces deux pépites n'étaient que des formes vaguement reconnaissables, c'est en tout cas ce que sa raison lui disait. Mais cela aurait été passer à côté de quelque chose. A côté d'une vérité qui ne pouvait être acquise qu'en dépassant les limites du possible pour n'importe qui d'autre. Il s'était redressé doucement, les sourcils haussés, presque déçu de ne pas l'avoir compris plus tôt. Etait-ce vraiment possible ? Il dévisagea Helera, qui lui souriait, et s'obligea à regarder vers l'arrondi de ce ventre que ses mains gardaient au chaud. C'était comme d'habitude, une bonne dose de concentration, beaucoup d'efforts pour ignorer les autres distractions, et essayer d'écouter ce qui ne pouvait l'être selon son esprit trop fermé à cette magie. Avec l'aide de son initiatrice, cependant, la chose fut moins compliquée. Presque naturelle, guidé qu'il fut dans ces limbes inconnues. Ils étaient là, oui, toujours et bien vigoureux. Ce très faible sentiment qu'il percevait au fond de ses pensées en temps personnel prenait source ici. Plus fort, plus concret, ces battements cavaliers encore désordonnés pour ces humains qui n'en étaient pas encore totalement. A côté de cette expérience, les échographies, qu'elles soient 3D ou sonores ou quoi que ce soit d'autre ne valaient rien. Elles n'étaient qu'une pâle imitation de ce que la nature avait de plus beau à offrir, une vague perception figée d'un monde qu'elle était seule à abriter, au milieu de ses entrailles.

Et il sut. Aussi évident que cela fut, aussi clair qu'elle lui permit de le comprendre, il put rouvrir les yeux, silencieux et presque serein. Apaisé, peut-être ? Comme une difficulté qui disparaissait, comme une lumière qu'on venait de rallumer. Une fille et un garçon. Elle et lui. Il en resta presque figé, une bonne minute durant, le sourire aux lèvres. Sous ses doigts, sous ce tissu, il y avait leur fille, et leur fils. Sa respiration s'allongea presque, jusqu'à qu'il se décide à reprendre vie. Avec délicatesse, dans un geste qu'elle ne connaissait que trop bien, le Prince retira les deux tissus qui recouvraient l'objet de ses pensées. Une envie soudaine, un plaisir jamais dissimulé de voir cet incroyable forme, et surtout deux lèvres qui se posèrent, d'un côté et de l'autre. Un geste symbolique, pour les inciter à laisser leur mère souffler un petit peu le temps qu'elle discute avec papa, et surtout pour leur dire qu'il les aimait. Tout ça, ils ne le comprendraient qu'en grandissant, mais oui, il les aimait déjà. Un dernier geste de tendresse pour ce ventre qui n'en restait pas moins celui de son trésor aux cheveux d'argent, et il remit comme il faut chaque vêtement, malgré un dernier jeu autour de ce pantalon qui ne fermait pas. Lentement, presque plus calmement qu'il ne l'était les instants précédents, il se mit à son tour sur le dos à côté d'elle. Mais loin de vouloir l'embêter, il préfère caser cette tête au creux de la sienne, face vers le ciel. Son parfum était plaisant.

    « Je ne t'ai jamais dit que mon vrai prénom était en fait Rhedatt ? Et qu'Althar n'était qu'un surnom pour qu'on arrête de me confondre avec lui ? Peut-être pas, parce que c'est une plaisanterie ... C'était simplement pour .. pour l'hommage ... »

Il cala plus délicatement sa tête contre elle. De cette manière, il reposait assez peu sur elle, mais se trouvait quand même collée contre elle. Les oreilles bien ouvertes, il regardait simplement le ciel.

    « Lily ... C'est joli comme prénom ... C'est chantant. J'aime beaucoup ... je suis sûr qu'on en fera des bavards. Ils rentreront au château le soir pour manger, et à table ils te poseront mille questions après avoir passé l'après-midi avec ton père, où il leur aura raconté autant d'histoires que de plaisanteries ... Lily ... Lily Kor'rial, Princesse de la Neige et des Plaines de Nelvaan ... J'aime beaucoup, bien vu mon Amour. Par contre Khalane ... Hmmm ... J'ai .. hmm .. un peu plus de mal ... Je ne dis pas que c'est laid hein ? Juste moins à mon goût, c'est très ... local ... Je ne sais pas ... Khal ? Kel ? Kael ? Cay ? Calumn ? Chez moi on est un peu bizarres, tout en deux consonnes ... Et le "T" partout ... Je sais pas trop ... Reo ... Mak ... Arte ... Arvis ... Renn ... Anduss ... Pourquoi est-ce que c'est si dur de trouver un prénom convenable pour un garçon ? Tu sais, quoi qu'il devienne, son nom importera peu ... Auros ? Ilrias ? Gordon ? Pfff ... Edo ? Kor ? Andrei ? Drew ? Bon j'arrête ... Il faudrait simplement une source d'inspiration ... Quelque chose ... Dans ta famille, tout sonne kuati c'est ça ? Un prénom long, n'est-ce pas ? »

C'était un véritable défi que de trouver un nom. Surtout en ne sachant pas trop qu'elles étaient les préférences d'Helera. Fantaisiste ... Tout ce qui n'est pas du noyau l'est pour un Prince né dans ce monde si particulier de la noblesse royale. Peut-être que l'idée d'avoir un fils lui faisait peur, comme si par extension celui-ci devrait suivre sa voie. Or, jamais il ne serait capable de lui imposer une telle chose, ni même de lui offrir une telle opportunité. Que seraient-ils, dans ce futur si indéfini ? De vrais prétendants aux trônes dont ils sont les héritiers ? C'était autant une aubaine qu'une malédiction. Personne ne peut souhaiter à ses enfants de vivre cela. Mais à l'inverse, seraient-ils heureux en poursuivant leur propre voie ? Peut-être l'un rêvera-t-il d'espace, lorsque l'autre sera une commerçante tranquille sur un monde quelconque. Que seraient ces enfants ? Leurs parents sont-ils ceux qui déterminent leur futur ? Non. Une chose, plus importante que les autres, le ferait pour eux ...

    « Est-ce qu'ils seront sensitifs ? »

Cette fois, il tourna la tête vers le cou de la Grise pour poser l'interrogation qui importait. Trop impréparé pour le comprendre par lui-même, il voulait en avoir le coeur net. Devait-il avoir peur de cela ? Peur de ce qu'ils vivraient, si cela se savait ? Au fond de lui l'incertitude régnait. Celle de ne pas être à la hauteur, pour ce monde qui n'est pas le sien, et l'incapacité à les aider à vivre cet état. Un enfant sensitif est une chance, une bénédiction, tout autant qu'il est maudit par son don. Lentement, il reprit sa position sur le flanc pour pouvoir se blottir contre elle, au creux de son cou où un baiser pour seul droit d'entrée fut déposé. Son bras passa doucement entre sa poitrine et son ventre pour pouvoir poser sa main sur son épaule. De la sorte, ils se tenaient chauds au moins.

    « Tu les formeras toi ? Ca veut dire qu'ils pourront faire plein de choses très tôt n'est-ce pas ? Et que du coup ... ils deviendront ... des Gris ? Ou des Jedi ? Est-ce que ... est-ce que c'est vrai qu'ils volent leurs enfants à leurs parents ? On va pas nous les prendre, n'est-ce pas ? Je veux dire je le laisserai pas faire, mais ... C'est juste pour savoir ... Heureusement que ta famille pour t'aider à les former dans ce cas, ça ferait tellement de choses pour toi ... »

Son ton était sérieux. Compatissant. Cette crainte valait autant pour eux que pour elle. Tout était en construction, et là encore tout ceci n'était qu'une possibilité parmi tant d'autres, un pilier à leur famille qu'il faudrait sécuriser pour ne pas risquer la chute. Sauf que là, lui n'y connait rien en la matière. Et ces deux enfants, ses propres enfants, ne seraient pas ceux qu'on sacrifierait pour une cause lointaine et magique. Elle sentait certainement tout le manque de repères pour Althar. C'était drastiquement hors de ce qu'il connaissait.

    « Tu t'imagines dans dix ans, ici au même endroit ? Moi couché contre toi, comme ça, avec deux adorables enfants à qui on racontera comment c'était avant ? Tout aura changé, toi, moi, Nelvaan ... mais on sera tous ensemble ... Et on verra bien s'ils auront la même couleur de cheveux que toi ... Ca pourrait être une tradition entre nous, venir ici, de temps à autres, pour respirer ... Enfin j'sais pas, ça me fait trop penser, tout ça ... Avant ça, tu m'apprendras à chanter des berceuses comme tu fais ? Je sais pas si on te l'a déjà dit, mais tu as une voix très douce et très agréable à écouter ... Tu pourrais peut-être faire carrière ... En tout cas tu aurais trois spectateurs à chaque fois ... »

Un dernier bisou dans le cou. Douceur des yeux et des oreilles, bonheur du coeur.
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By Helera Kor'rial
#32354
Doutait-il ? Non. Se demandait-il ce qu’il se passait réellement dans son ventre ? Surement. Cette relation privilégiée qu’elle entretenait avec eux, avec les jumeaux, leurs enfants. Comment décrire une telle chose avec des mots, sans passer à côté de cet infini concept. Pas de début, pas de fin, juste l’existence onirique d’une relation naissante. La connexion d’une mère à ses enfants. Allongée comme elle l’était, Helera étira un fin sourire sur son visage et laissa quelques secondes pour le silence à s’installer. Ce silence si bénéfique. Elle laissa passer ses doigts sur ses joues froides en ne traçant que de petites lignes avec ses extrémités.

« Tu peux tout avoir, si tant est que tu le cherches vraiment. Ils ne sont pas encore totalement formés, c’est comme des impressions, des envies, des sentiments qui me remontent parfois. Il n’y a rien de réellement construit. Disons que c’est … brouillon. »

Pouvait-il avoir autant ? Difficile à dire. Elle savait ce qu’elle ressentait, mais pas vraiment ce que lui avait la possibilité d’avoir. Le potentiel existait, mais il n’était que partie d’un futur probabiliste. Et puis, les enfants allaient naitre. Dans ce lapse de temps, il allait être difficile pour lui d’arriver à un tel résultat. Pas impossible cependant. Sa main resta contre sa joue finalement et ce n’est que le pouce qui s’amusa à traverser le visage, du menton à sa joue, en passant inévitablement par le coin de ses lèvres. Mais tout cela tourna bien vite à la moquerie. Althar ayant trouvé un moyen de la provoquer. Sa main du coup se figea et elle le repoussa légèrement. Son visage se contraria.

« Te moque pas ! Il faut que je protège tes enfants, je n’ai pas envie qu’il leur arrive quelque chose parce que j’aurai fait quelque chose de mal. Pas cette fois. »

Elle étira un grand sourire.

« Et puis, ils ont hérités de la grosse tête de leur père, alors ils sont lourds, tu comprends. »

Helera ricana et finalement l’attrapa de nouveau par le cou et le força à rouler sur lui-même. Althar sur le dos, elle sur lui, elle ne se colla pas totalement. Au contraire, elle resta sur ses hanches en position assise. Une de ses mains arpenta alors son torse recouvert par cette chemise, n’hésitant pas à caresser les muscles à travers le tissu.

« Vu la quantité d’hormones que je produits, ce n’est pas moi qui vais être fatiguée la première. Une lourde tâche t’attend. J’espère que tu ne vas pas me laisser souffrir dans mon coin, hein ? »

Mais visiblement, il avait déjà tout prévu et lui en fit part. Des soirées entières, des journées mêmes. Le fait qu’elle soit plus enrobée la rendait-elle plus désirable ? Visiblement. Le Prince ne semblait pas indifférent à ce changement. Déjà fantasmait-il sur la nudité de sa conjointe enceinte. En réalité, elle ne savait pas si cela allait être possible tout le temps, même si on lui avait confirmé qu’il n’y avait aucun danger. C’était au final plus une question de … gravité ? Oh, ils verraient bien de toute manière. Elle n’allait quand même pas le décevoir.

« Nue devant le feu crépitant, essayant en vain de me réchauffer dans ce lit froid. Oh oui, il va falloir donner de toi… »

Dit-elle, tout en s’approchant doucement de son visage pour y déposer un baiser au creux de ses lèvres. Puis un deuxième. Puis un sur sa joue et enfin fini-t-elle par un mordillement d’oreille. La reine finalement s’arrêta là et lui murmura :

« Par contre l’idée du chariot tu peux oublier tout de suite, vil prince. »

Un ricanement et un ultime baiser avant de se relever. Althar alors déposa ses mains sur le haut de son ventre, l’englobant et le caressant comme un chasseur de trésor avec sa plus belle prise. Est-ce que son propre père avait été comme cela à l’époque ? Est-ce que si une prochaine guerre éclatait et que la sécurité de ses enfants était remise en question, elle prendrait la même décision que lui ? Qu’eux ? Mieux valait-il ne pas y penser. Cette morosité, elle en capta une partie d’Althar qui s’était tut depuis quelques secondes. Elle se défendait de lire dans son esprit sans y être autorisée, mais pouvait aisément capter un regret, une … incompréhension au fond de lui. Finalement, il parla, mais pas pour ce qu’il avait en tête. L’instant d’amusement était retombé finalement et elle se contenta de l’écouter, ses deux mains posées sur son torse, ses yeux dans les siens. Un discours passionnel sur une vérité dont elle avait conscience mais qui était quand même énoncée.

« Je sais qu’ils ne sont pas nés de la frustration. La vérité c’est que je t’ai aimé aux premiers instants. Un amour sourd et inavouable. Ta … sensibilité ma profondément touchée. Tu étais sans doute la première personne que je rencontrai qui avait une telle empathie vis-à-vis des autres. Nos enfants ne sont pas une erreur de parcours et je les aime autant que je t’aime Althar. Je sais aussi que tu les aimes autant que moi. »

Elle esquissa un sourire. Beaucoup moins douée dans les discours romantiques, elle avait au moins le don d’essayer à les formuler. Helera s’écarta de dessus son cavalier et vint se poser à côté de lui, sur son bras gauche, qui l’encercla aussitôt. Allongée sur le côté, elle tendit les lèvres pour un court contact avec lui puis y resta figée au plus près. Vint alors la question sur le sexe des enfants et la réponse tout aussi formulée. Helera l’avait guidée jusqu’à ce qu’il voit. Qu’il comprenne. Qu’il sente. Dans cette position de rapprochement et de symbiose tout autant physique que mental. Il en resta béat pendant quelques secondes. Combien de père avaient l’opportunité de sentir ce qu’il venait d’expérimenter ? Peu. Sans un mot, il se redressa et enleva le tissu qui bordait son ventre pour y déposer des baisers.

« Maintenant que tu as senti leur présence, sers-toi de ce point d’encrage pour les percevoir. »

Althar vint se poser à côté d’elle de nouveau et dans la même position qu’alors, Helera se blottit contre lui, tête contre tête, une main sur son torse. La plaisanterie sur son père la fit sourire, mais ne voulait pas pour autant appeler ses enfants comme leurs grands-parents. Le premier prénom fut accepté. Pour celui du garçon cependant, les difficultés étaient plus marquées. Les propositions fusèrent alors.

« Deux consommes et un « T » ? Chez nous, mise à part la noblesse, on utilise les prénoms que l’on veut, je crois. Carn par exemple c’est très court. Comment on va l’appeler ce petit bout hein ? Thayne ? Il y a le « T », au moins deux consonnes avec deux syllabes. Prénom court en soi. »

C’est alors qu’elle sentit toute l’importance que le petit garçon devait avoir. Les tétiens élisaient-il comme dirigeant de la famille royal un mâle ainé ? Si c’était le cas, alors inévitablement il deviendrait le roi et porterait alors avec lui toute l’importance de son sexe. Si c’était le cas cependant, Helera y trouverait une injustice. Envers sa fille qui était née comme cela et envers son garçon qui n’aurait pas le choix ? Si ces deux enfants tenaient un tant sois peu d’elle, ils allaient sans doute en faire voir de toutes les couleurs à la dynastie Tétienne. Ne serait-ce que pour affirmer leur statut probablement. Question gardée.

« Sensitifs ? Je pense. Tu l’es et je le suis, il y a toutes les chances pour qu’ils le soient. Avec tout ce que cela implique. »

La malédiction de la Force, continuant de se transmettre. Helera ne savait pas si elle était contente de transmettre cela à ses enfants ou justement que cela leur porterait préjudice. Un peu des deux surement ? Althar se tourna face à elle et se plongea dans son cou pour y déposer un baiser appliqué. Sa main vint alors se poser sur son épaule.

« Je ne pense pas que je les formerai. Je vais déjà les éduquer et je n’ai pas envie qu’ils soient une copie conforme de ce que je suis, tu comprends ? Les Jedi n’enlèvent pas les enfants, je crois. Personnellement, ce sont mes parents qui m’ont donné. Et puis, nous sommes plus proches de l’empire que de la république, d’une part, et sur une planète éloignée et inconnue, d’autre part. Personne ne viendra nous embêter avec cela. Je n’ai pas envie que nos enfants tombent dans cette spirale de politique dogmatique. Jedi, Sith, ou Gris. Non. Cette guerre est inutile et n’a pas de fin. Juste … qu’ils fassent le choix de leur vie. C’est tout. »

Pas comme leur parent. L’un ayant été éduqué pour être roi, l’autre pour être une tueuse. Heureusement, le deuxième cas avait beaucoup moins fonctionné que le premier. Le ton redevint alors léger avec des pensées sur le futur.

« Dans dix ans … Ils sauteront de partout peut être et on fera des batailles de boules de neige. Je n’arrive pas à vraiment me projeter, ils peuvent être … tellement de choses … Déformation professionnelle j’imagine que de ne pas arriver à penser à un seul futur.
»


Elle fit la moue mais n’en prit pas mesure, pour finalement croiser ses jambes avec celles du prince et chercher également la zone de droit entre son épaule et son cou, pour y déposer sa tête.

« Carrière dans la chanson. Reconversion totale tu vas me dire. Bof, je préfère que vous restiez mon publique tous les trois, si vraiment vous aimez cela. »

Nouveau gloussement, tandis que l’atmosphère s’apaisa davantage. Et finalement, sa question.

« Comment cela doit se passer sur Téta pour notre garçon ? Est-ce qu’il sera obligé de devenir ton héritier au trône ? Et si c’est notre fille qui le veut et qui en est le plus capable ou que lui ne le veut pas ? »

Helera n’avait pas bougé du creu de son cou et murmurait à peine ses paroles. Elle ne voulait pas hausser le ton et préférait aborder ce sujet avec légèreté. Il pouvait être épineux, alors préférait-elle y prendre des gants.
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By Althar Fanrel Keto
#32508
L'habitude tenace de ce poids plume aux dimensions palpables n'arrivait pas à s'effacer. Loin de trouver ces changements désagréables, il était loin de s'habituer à ce que ce bout de femme ait autant changé, surtout dans cette position. Des mains habituées qui trouvèrent une place changée, toujours plus, et la chaleur de plusieurs vies en communion. C'était une étrange sensation que celle-ci, mais elle ne suffirait pas à mettre à mal son désir pour elle. Et visiblement, l'effet inverse n'était pas attendu non plus. C'était à croire que de mauvaises pensées venaient de l'inspirer pour oser ainsi défier le calme rapport qu'ils entretenaient jusque-là.

    « Tu crois résister à l'énergie combinée de trois Fanrel, ma Lera ? Avec nos grosses têtes c'est peut-être bien toi qui risque d'arriver au bout de tes hormones ... Personnellement je n'ai pas l'intention de baisser les bras, encore moins en sachant qui attend devant le feu ... Mais si tu y tiens nous pouvons débuter dès à présent pour voir qui de tes hormones ou de mes traitements arrive le mieux à te réchauffer en haut d'une montagne, ma belle louve au pelage blanc ... »

Ses mots se perdirent dans un rire qu'elle connaissait bien, éclairant un peu plus encore ces moments particuliers qui faisaient la simplicité de leur relation. Cette facilité à se jouer de l'autre, à plaisanter sur de telles choses ... N'était-elle d'ailleurs pas en train de le faire, par ces images capable d'enflammer son bas-ventre, et ces lèvres brulantes qui se baladèrent sur lui. Il en fallait peu pour lui mettre le rouge aux joues, et l'esprit dans les nuages. Ses mains n'en perdirent pas une miette, trouvant leur place aux endroits stratégiques de ce dos courbé à la peau douce. Mais c'était vain, et électrique, en entendant la vérité sussurrée à son oreille. Un nouvel éclat de rire accueillit l'affirmation, lui-même effacé par ce baiser amusé avec cette idée nettement moins excitante. Heureusement, son esprit pervers imaginait déjà de nouvelles solutions bien plus adaptées, qu'une simple allusion à l'idée de devoir la transporter à bout de bras tel son prince charmant suffirent à concrétiser. Et si elle avait peur de lui peser, lui n'en fut plus qu'enclin à lui dire combien il ferait attention à ce qu'elle ne s'empatte pas trop ... Ne dit-on pas que certaines activités d'intérieur équivalent à un marathon ? Elle le vérifierait bien assez tôt.

Ha, doux enfants, voilà un empêchement heureux qui mettrait à l'épreuve une libido loin d'être éteinte. Deux petites têtes qui requièreront une attention telle que leur équilibre corporel s'en trouverait mis en danger. Mais il ne fallait pas perdre espoir, et espérer qu'une telle chose ne surviendrait pas. Après tout, dans ce ventre qu'il couvrit de baisers, n'y avait-il pas deux parfaits enfants qu'aucun autre ne serait capable d'égaler ? Parfaits en tout point, que ce fut mental ou physique, et voués à de grandes choses ? Son esprit de père, noyé par les phéromones de l'amour inconditionnel qu'il vouait à cette femme, touchait du doigt cette certitude. Si parfaits qu'ils seraient compréhensifs aux besoins de leurs parents, et que tous ensemble ils seraient la famille idéale. Une image parfaite, aussi improbable que souhaitable en ressentant la très infime présence de ces petites choses si près de son esprit. Cette magie si unique et si particulière, à même de lui faire vivre des choses qu'aucune autre femme ne lui aurait permise. Peut-être étaient-ils bénis de cette présence autour d'eux. Tout s'expliquerait, après tout, par ce vent brillant, aussi léger que l'air, venant enrober l'existence de deux simples personnages pour les rendre soudainement exceptionnels tous ensembles. Une image brillante, débordante des sentiments qui venaient animer l'ensemble et souffler cette magie insondable. La Force ne saurait concurrencer ce qui existe entre eux, tous blottis qu'ils redevenaient soudainement pour parler. Un amour tel qu'il ferait naître deux vies. Ses joues rougirent à l'évocation du coup de foudre, et il n'en fut que plus calme à l'idée de se trouver aussi près de celle qui aurait pu ne jamais être dans sa vie. Une idée si inconcevable qu'elle lui donna froid dans le dos. Ca, ou bien le fait que sa chemise ait bougée à force de se déplacer autour de son astre.

    « Hmpf ... Tu vas m'en vouloir ... mais je dois avoir trop regardé d'holofilms d'action ... Ca me fait penser à un homme puissant, un peu criminel, ou je sais pas ... Tu as déjà entendu parler des guerriers Mantalau-rrien ? Avec les armures et tout ? Et bien ça me fait penser à eux ... Ce qui est un peu éloigné de notre petit garçon, je crois ... »

Il n'arrivait pas à s'empêcher de sourire face à sa réflexion, mais ce n'était pas très respectueux. Ses lèvres se posèrent sur la joue de la Grise, dans l'espoir qu'elle ne lui en veuille pas, avant de retrouver la chaleur de son front contre le sien. Un moment de flottement s'ensuivit, forcé par l'intense réflexion qu'était en train de mener le Prince. Quelques prénoms sortirent de sa bouche, en vain, sans arriver à trouver celui qui irait à leur fils. Pourquoi ne leur avait-on jamais dit que c'était aussi dur de nommer un enfant ? Alors même qu'un animal de compagnie est nommé aussi vite qu'on le pense, nommer sa propre progéniture était certainement la chose la plus dure à faire durant les 9 mois qui suivent la conception. Du moins, pour le père. Bien que ce soit là une plaisanterie, la situation n'en était pas moins à un échec.

    « On peut prendre tes propositions pour second prénom si tu veux ... J'ai pas envie que tu penses que je ne les aime pas ... Et pourquoi pas ... Hmmm ... Yredan, qu'en dis-tu ? Exotique et pourtant pas tant que ça ... Un peu un mélange d'esprit kuati au pelage blanc nelvanien, comme cette fameuse Reine du Sud de la Galaxie que tout le monde admire ... Qu'en dis-tu ? »

Son nez vint caresser le sien, dans l'espoir de se réchauffer mutuellement. Peut-être la flatterie serait à même de faire accepter ledit prénom ? Ses lèvres cherchèrent les siennes pour s'assurer de sa réussite, et les choses purent reprendre. Alors même qu'ils ne sont pas plus grand qu'une main d'Helera, ces futurs enfants étaient au centre de toute leurs discussions. Ou en tout cas, de ce que disait Althar. Mais Helera n'avait pas l'air de s'y opposer. A vrai dire, un instant simple, loin de leur carcan du quotidien avait certainement été la meilleure idée pour mettre à plat toutes les choses à même de les torturer. Si à cet instant ce furent les questionnements princiers, bientôt ce seraient ceux de la Reine qui finiraient par poindre au creux de cette bouche. Mais pas tout de suite. Pas avant qu'il ne comprenne ce que seraient ces enfants. Bénédiction ou malheur, perfection ou détestation, avoir des enfants sensitifs dans cette Galaxie offrait uniquement deux possibilités : les aimer pour leur singularité, ou les les maudire pour leur différence. Une différence de traitement que les deux hémisphères incarnaient avec le zèle qui leur était propre. Et aussi improbable que cela put être, les deux parents représentaient l'un et l'autre de ces choix, comme une preuve que le Gris étaient leur couleur. Elle, la sensitive du Sud à même de comprendre la bénédiction de ces êtres. Lui, l'impérial du Nord chez qui on matraquait la haine de cette magie. Or, toute la subtilité et l'ironie de ce couple prenait sens ici : elle était une ancienne impériale fidèle à l'idéologie, et lui un rêveur invétéré fasciné secrètement par la Force. Un couple aussi fou qu'étrange qui était prêt à braver une Galaxie entière pour que leurs enfants puissent vivre leur condition librement.

Sensitifs, oui. Ils le seraient. Et ils le montreraient. A cet instant, il était persuadé du bien-fondé de tout cela. Qu'importe tout le reste, sur Têta ils seraient eux-mêmes, à faire voler leurs jouets dans les airs, à sauter plus haut que les autres, à réagir plus vite que leurs nounous. Ils seraient plein et entier, et ils auraient le choix. Elle l'avait dit, voix de la raison qu'elle fut, et malheureuse descendante d'une souffrance qu'ils ne voulaient pas reproduire. Althar, dans cette compassion sincère qu'il n'arrivait pas à retenir l'embrassa avec douceur sur le front en se serrant contre elle. L'abandon était une de ces cicatrices qui lui étaient impossibles à voir, mais que sa présence arrivait à effacer un petit peu. Il n'était pas une solution convenable à tous ses soucis, mais il tâchait d'être présent lorsqu'il le fallait. Sa main fit plusieurs allers-retours dans le dos d'Helera, avec douceur, et un nouveau baiser colora ses cheveux par sa chaleur.

    « Serais-tu devenue sage, ma Lera ? Tes mots sont justes et bien vrais, malheureusement ... mais c'est pour ça qu'eux seront différents ... Parce que toi et moi ... on a vu des choses, on en a compris d'autres ... et parce que tu as bâti un petit paradis, Helera, eux seront libres ... Ils seront placés sous le signe de la liberté ... et peut-être qu'ils seront formés par quelqu'un que tu auras choisi, qui sait ? »

Le têtan lui adressa son plus beau sourire avant de lui voler un baiser. Un visage lui venait en tête, à cette idée, mais ce n'était pas une garantie ... Peut-être même était-ce une mauvaise idée. Mais à l'annonce de ce qui arriverait très bientôt, une certaine joie s'était affichée chez celui que la vie semblait restreindre à son malheur. Deux bouts de choux seraient l'occasion pour lui de passer une étape, peut-être, dans le bonheur tranquille que tentait de bâtir secrètement Althar en s'efforçant de rassembler cette famille aux liens très relachés. Après tout, la patience du vieil homme avec lui-même lui laissait espérer pareille capacité face à deux enfants énergiques et en mal d'apprentissage. L'occasion pour lui de trouver un nouveau sens à cette vie remplie et remise à zéro il y a si peu de temps. Mais tout ceci ne se poserait pas tout de suite devant eux. Pas avant quelques années. C'était même presque contre-productif d'y penser maintenant, même si à sa manière, avec la douceur de sa voix, elle avait eut le don d'effacer un stress inutile. C'est avec cette sonorité si mélodieuse qu'il enchaîna, comme une réminiscence d'un instant nocturne survenu il y a quelques mois. Ne manquaient que les étoiles, ce jour-là, pour l'apaiser. Cette berceuse l'avait marqué, sans qu'il ne se l'explique. Ne restait qu'à souhaiter que leurs enfants puissent entendre cette mélopée si agréable à leur tour.

    « La Galaxie ratera quelque chose alors ... Mais ne t'étonnes pas s'ils n'arrivent plus à s'endormir sans entendre cette jolie voix, mon Amour ... Encore une de ces choses insoupçonnables que tu caches encore ... »

Installée au creux de son cou, lui aussi avait donc accès à cette zone si sensible où il put voler quelques baisers du bout des lèvres, avec la tendresse attendue de ce couple qui se liait encore un peu plus. Il lui fit de la place au niveau de ses jambes, et réajusta son bras pour lui offrir la meilleur protection qui soit. Retrouver leur bulle, sous les étoiles, dans la chaleur d'un visage au creux du sien, et d'une main caressant avec lenteur les hanches de sa belle. Un petit écrin de vie, une protection princière offerte autour de ce ventre, au milieu de la blancheur de ce monde si froid. C'eut été presque trop parfait, sans qu'ils n'en reviennent à une question plus profonde. Une manière à eux de se préserver des éléments, en se resserrant pour les affronter. La royauté ... Mystères et coutumes, enjeux et croyances, délivrance et naissance. Et une voix discrète, qui l'incitait à aller glisser une caresse sur sa joue, un instant, pour la rassurer. C'est tout aussi calme qu'il lui répondit.

    « C'est ... une bonne question ... que je te retourne, très douce Reine de Nelvan ... ici aussi ils te succèderont ? Sur Têta je crois qu'ils sont d'office dans la ligne de succession, oui ... Tous les deux ... Mais pour savoir qui règnera ... Il faudrait que je me renseigne. Mais si tu as peur que notre fille soit lésée, ne t'en fais pas, les Reines de Têta ont toujours été exceptionnelles et préférées aux Rois, même. Sais-tu pourquoi on appelle la planète de la sorte ? Il y a des millénaires une Reine a fait de grandes choses, unifiant le Royaume sous sa bannière, et surtout en sauvant la République, jeune et faible, des griffes des Sith d'antan ... Depuis lors, plus personne ne doute qu'une femme puisse mener notre Royaume de la plus grandiose des manières ... »

Elle ne pouvait pas le voir, mais il la regardait avec intensité. Bien sûr qu'il se prenait à voir une héritière de Têta dans toutes les femmes qu'il avait aimé, mais il faut dire qu'il n'avait cotoyée que des femmes d'exception. Helera n'y manquait, rapprochant encore plus la singularité royale de Têta à la lutte par le glaive contre les Sith. Un mélange furieux et fascinant que tous sur Têta pourraient faire, lorsqu'il leur présenterait. Peut-être comprendra-t-elle, elle aussi, combien elle marche dans les pas de l'Histoire.

    « Alors si l'un des deux veut le devenir ... Il le pourra, je crois bien. Mais ce qui me travaille le plus c'est pas tant qu'un d'eux veuille le trône, mais plutôt qu'aucun n'ait envie de s'embêter avec ça ... Ils auront leur vie ici, leur calme et leurs travaux dans le coin, ou peut-être bien plus, un métier qui leur plait, une famille, ou que sais-je d'autre ... Halala ... Pourquoi s'enchaîner à un trône hein ? Je ne peux pas le souhaiter ça ... Je sais que tu as du mal à imaginer un seul futur, mais choisis simplement celui que tu souhaites le plus, et tu verras, tu arriveras à te projeter, à croire en l'avenir ... Ici ou ailleurs ... »

Ses lèvres vinrent retrouver leur inspiration dans les cheveux de la Grise, un instant.

    « Il faut qu'on demande au Grand Chaman comment ça se passe ? Ca va être tout nouveau pour eux ... Peut-être qu'ils s'attendaient à des bébés tous poilus ... »

Il ricana, écartant délicatement son épaule pour en tirer le visage féminin qui lui tenait chaud jusqu'à cet instant. Le sourire aux lèvres, amusé, ses yeux ne tardèrent pas à trouver ceux de la loutre endormie qui se cachait là. Ses lèvres finirent par rejoindre les siennes dans un baiser tendre, une main glissant doucement sur ces cheveux pour les réajuster. Un instant, durant ce baiser, son coeur prit la portée de ce qui allait se jouer. Une montée de stress, un coup de pression, un flottement vite rabattu au fond de lui. Ne rien afficher, même dans son esprit. Le maître mot de ce voyage au 7ème ciel. Il relacha finalement son alter-ego sans la perdre de vue. Lui laisser reprendre sa place ou non ? La fixer, rester près d'elle ? Là encore, ce n'était pas censé être comme ça. Mais pourquoi s'acharner à vouloir quelque chose de conventionnel pour eux ?

    « Je me demande quels noms ils porteront ... J'aime bien Kor'rial ... M'enfin bon ... »

Avec quelques difficultés, Althar tourna la tête, de sorte à regarder le ciel. Les étoiles étaient visibles, pour un bon nombre d'entre elles, malgré quelques nuages qui passaient par là. Sa bouche s'ouvrit, mais rien ne vint. Il ne savait pas comment continuer. S'interroger, vraiment, ou ne plus perdre de temps.

    « Ca me rappelle un peu tes yeux, parfois ... Le ciel, et toutes ses lueurs ... Toutes ces choses inconnues derrière une beauté naturelle et ... et ... splendide, tu vois ? Une de celles qui vous fait traverser la Galaxie sans savoir jusqu'où, sans savoir pourquoi, sans savoir ce qu'il se passera ... »

Lentement sa tête retrouva sa parallèle au sol, et la confortable position qui l'amenait à la regarder elle.

    « Je t'ai promis tant de choses, il y a quelques mois ... Des nuits à la belle étoile, une existence différente, la simplicité ... Tant de voyages qui n'attendent qu'une fuite de notre part pour commencer, loin d'ici, loin de tout ... J'ai l'impression de te flouer ... »

Sa main retrouva un instant son ventre, qu'elle caressa avec précaution alors que son regard s'y était posée. Mais très rapidement ses yeux retrouvèrent les siens.

    « Tu mérites tellement de choses, tellement de bijoux, de trésors, de cadeaux, d'attentions et de baisers ... Je voudrais te prouver mon amour de millions de manières, pour espérer être à la hauteur de ce que tu m'apportes ... J'aimerais tellement te le démontrer ... »

Cette fois, il ne lui laissa pas le temps de parler. Ses lèvres furent presque plus brusques, même s'il contrôla la rencontre, et surtout elles furent plus gourmandes. Il voulait un baiser précieux et profond, passionné, un de ceux qui durent longtemps et qui feraient rougir ceux qui les regardaient faire. S'embrasser à en perdre le souffle, pour lui montrer combien il l'aime. C'était palpable, au fond de lui. Son pouls s'était emballé, ses pensées n'étaient plus très claires. Un sabordage volontaire, en somme, à laquelle une seule chose manquait : sa main, disparue de toute place sur ce corps étendu. Où était-elle ? Partie si vite après que leurs lèvres se furent trouvées, en vérité elle n'était pas loin. Avec un peu de discrétion, et de difficulté, surtout, elle était en train de fouiller une poche princière pour en tirer un inconfortable objet. Le tout sans cesser d'embrasser l'objet de ses pensées. Puis avec tout autant d'hésitations, et moins de discrétion, ce fut l'étape la plus difficile. Accrocher le fameuse broche sur la poitrine d'Helera sans que leurs bouches ne s'éloignent. Un moment de galère, à dire vrai, rendu difficile par l'objet en lui-même : le symbole de Nelvan et de l'Ordre Gris. Une lune et sa couronne. Peut-être que tout ceci ressemblait à un mauvais pelotage de sa part, mais elle allait rapidement comprendre.

Il se recula finalement, reposant sa main qui tenait quelque chose sur sa hanche. Ses yeux ne la quittaient pas, et il souriait bêtement. A moitié fier, ou à moitié ailleurs, difficile à dire. Elle en serait la seule juge. Il resta silencieux, tout d'abord, pour la laisser mariner un instant, le temps qu'elle comprenne. Tout se devait d'être parfait. Elle et ses doutes, et lui et ses pensées. Et quelle pensée, sortie des tréfonds de son esprit, un souvenir vieux d'une éternité : sa première vision d'elle. Son premier sourire, ce premier regard, ce premier défi. Le tout premier souvenir qu'il avait d'elle, et qu'il voulait qu'elle voit, fier qu'il était de s'en souvenir encore. Il le chérissait, l'embellissait, mais il s'en fichait. Têta - Helera - Althar. Sa voix finit par venir, marquée d'une certaine fébrilité. Les joues roses, le regard lumineux, et cette proximité qui ferait qu'elle l'entendrait quoi qu'il arrive. Même l'assurance d'un Prince ne suffisait pas pour un tel moment.

    « Helera Kor'rial ... Fille de Caitlyn et Carn Kor'rial ... Soeur de Loran Kor'rial, Grande Maîtresse de l'Ordre Gris, et Déesse de Nelvan ...

    Future mère de Lily et Yredan Kor'rial ...

    Aujourd'hui, cela fait plus d'une année que nous nous connaissons. Des semaines si longues, pendant lesquelles une chose unique, totalement folle et surtout exceptionnelle est née. Un Royaume, d'un côté, et un amour inconditionnel, de l'autre. C'est pour ça que je t'ai invité ici, ce soir, Soleil de ma vie, pour que ton Royaume puisse contempler notre amour. Je suis heureux de la présence de deux témoins avec nous, ce soir, pour assister à cela.

    Lily ... Yredan ... Vous avez changé nos vies à jamais, et pour cela, jamais nous ne cesserons de vous aimer. C'est pour votre nom et votre liberté que je fais cela ...

    Helera ... Ma Lera ... Reine de mon coeur ...

    Veux-tu m'épouser ? Aussi humblement que je le peux, je te le demande, m'acceptes-tu dans ton clan jusqu'à que la mort nous sépare ? Je ne veux plus cacher mes sentiments pour toi, je ne veux plus jamais avoir à mentir ou à être éloigné de la seule personne qui occupe en permanence mes pensées, je veux que la Galaxie connaisse mon amour pour toi ! Ici ou ailleurs, quoi qu'il faille faire, je m'incline face à la plus grandiose et plus belle femme de cette Galaxie dans l'espoir qu'elle m'accepte à ses côtés ... Je serais ton mari, et tu seras ma femme ... Je serais ton Prince, et tu seras ma Reine ... Nelvaan, Têta, un Empire, la Galaxie ... et mon coeur pour te voir sourire à tout jamais ...
    »

Les mots avaient été soufflées comme il le pouvait, mélange de par coeur et d'improvisation saupoudrées de l'appréhension folle d'une réponse. L'acte était symbolique, et le dépassait totalement. Ne restait plus qu'à savoir si elle accepterait la petite chose brillante entre ses doigts, entre eux : un drôle de forme, marquant certains de ses vêtements, et surtout représentant de la Maison Royale d'Impératrice Têta. L'accrocherait-il à son buste, celui-là aussi ?
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By Helera Kor'rial
#32513
Ambiance


« Vraiment ? Ici, sur la montagne ? Devant la Grande Mère elle-même ? »

Helera gloussa devant cette idée. Celle d’une personne qu’était Nelvaan qui les regardait de tout là-haut, les observait et approuvait. Si cela avait été le cas, ca aurait été avec plaisir qu’elle se serait dénudée. Face à elle, face à la nature elle-même, face à la planète pour laquelle elle avait donné son allégence. Pourtant, il ne fallait mettre le charue avant les bœufs, et se tenir sur le Prince c’était une bonne source d’excitation. A tel point qu’il en devenait de plus en plus rouge, que ses arguments commençaient à poindre sous elle. Vil coquin affamé. En revanche, la prochaine remarque la fit hausser un sourcil. De quoi parait-il présentement ? Les guerriers Mantalau-rrien ?

« Je ne vois pas de quoi tu parles mon amour. Mais j’imagine que ça veut dire que ce n’est pas très bien. Les mauvais garçons, ce n’est pas pour nous. »

Elle sourit à son tour sans que le problème ne soit finalement réglé. Un prénom pour leur petit. Un prénom pour un roi, pour un chevalier, pour autre chose ? C’était bien la chose la plus compliquée de cette naissance, pour l’instant. Ca et les coups qu’ils lui mettaient, qui la réveillait la nuit et qui se matérialiseront par les pleurs à leur naissance. Tout cela était bien trop excitant. En revanche, sa prochaine remarque la fit de nouveau glousser et une de ses mains passa de son torse à son cou.

« J’aime ta manière de me dire que tu n’aimes pas cela. Yredan ? Yredan ça me va. »

Helera se coucha tout entière sur lui et l’embrassa, passant une main dans ses cheveux pour les tirer en arrière, le décoiffant inévitablement. Alors ils y étaient, Yredan. C’était très bien comme prénom. Cela sonnait comme l’eau qui coule, comme un débit calme et paisible d’une haute montagne. Cela sonnait comme le guerrier calme, comme le roi sage. Lily et Yredan. Le contact de ses lèvres vint finalement imprimer ce prénom en lettre de feu. L’acté pour sa naissance. Sa deuxième main revint de dessous les profondeurs et entoura l’autre côté de la tête, tant qu’elle avait l’ascendant, pour lui distribuer encore quelques baisers. Puis les nez se touchèrent comme pour ponctuer ce dialogue muet et Helera sourit. Elle était heureuse, à n’en point douter. Heureuse d’être avec cet homme qui lui avait tout donné. Un don sans rien demander en retour. De l’amour, de l’attention, des nuits d’insomnies. Un homme qui finalement l’avait recueilli dans son esprit et écouté. Surtout écouté. Puis accepté, malgré ce qu’elle était, malgré ce qu’elle avait fait. Malgré un passé de débauche et une vie miséreuse, il l’avait prise avec lui, sous son aile, sous ses bras. Quelle meilleure preuve d’amour pouvait-elle avoir ? Quelle meilleure preuve voulait-elle ? Tout cela était vraiment trop beau. C’est à ce moment là qu’elle s’était mise à côté de lui et qu’il l’avait prit dans ses bras, totalement, emmitouflé, alors que sa tête reposait sur son épaule, que ses jambes s’étaient entrecroisées, que sa main robot s’était délicatement posée sur son torse. Il se serra contre elle, elle se serra contre lui, et eut même le droit à un baiser sur le front, tandis quelle remonta sa main jusqu’à sa joue, sans pour autant voir ce qu’elle faisait, ni même le sentir. Ses doigts mécaniques trouvèrent alors son cou, puis sa joue, et de son pouce commença à caresser la peau si sensible à cet endroit. Donner sans attendre en retour, c’était cela aussi leur relation. Chacun donnait sans pour autant recevoir tout le temps. Mais en réalité, elle ne fut pas laisée, puisqu’une main experte vint se poser dans son dos et fit quelques allers-retours, passant par le bas du dos, zone qui à chaque passage poussa son bassin vers le Prince dans un acte semi-conscient de désir et de sensibilité réprimée. Elle en profita pour pousser sa jambe jusqu’à totalement le recouvrir et sa tête à se dissimuler plus profondément au creu de son cou, distribuant des baisers du bout des lèvres. Mais tandis qu’elle commençait à prendre l’ascendant et devenir un peu trop … entreprenante, elle calme ses ardeurs. Ce n’était sans doute pas le moment.

« J’ai toujours été sage, très sage. Je suis même une petite fille sage. »

Elle gloussa de nouveau et distribua un ultime baiser.

« Un paradis avec des gros canons pour la protéger. C’est surtout ça. Mais encore, si les gouvernements ne décident pas de s’en mêler. Encore des secrets à mettre en place tu penses ? Je ne sais pas comment l’empereur réagirait, et je n’ai pas envie de découvrir qu’il veuille nous les enlever. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais à mon avis nous n’avons pas vraiment le choix. »

Vivre dans le secret, ce n’était pas une vie qu’elle aurait voulu pour ses enfants, sachant qu’elle l’avait elle-même vécu. Loin de tout, personne à qui se confier, se méfier de tout le monde. Seul Téta et Nelvaan serait leur foyer. Et encore, est-ce que sur Téta il pourrait s’épanouir comme ils le voulaient ? Helera n’osa pas poser la question. Les choses devraient évoluer avant, et à minima, Téta devrait savoir. Un nouveau baiser pour lequel elle se contorsionna. Elle était bien ici. Rien ne pouvait sans doute entacher la bonne humeur dans laquelle elle se trouvait. Helera rigola à sa phrase sur sa voix.

« Arrête je suis sûre que tu te moques de moi. »

Mais elle s’arrêta là, parce qu’il y avait une autre question par rapport à Téta qu’il fallait élucider. Savoir si la planète allait les accepter et quels seraient leur choix ? Et la réponse ne manqua pas de la surprendre. Dans le bon sens du terme. Surtout au vu de la manière dont il le lui retourna.

« Ah oui ? Je ne connais pas l’histoire. Elle s’appellait Têta ? Comme le nom de la planète du coup ? Aujourd’hui la planète est impériale et est étrangère à la république. Les choses ont de drôles de suite. »

Puis l’histoire de successions.

« Sur Nelvaan cela va dépendre. Je suis la première reine de l’histoire. Ici on se base davantage sur la compétence, que sur la réel parentée, j’imagine. Ils pourront même régner en frère et sœur si les deux le veulent, j’en suis certaine. Non, Nelvaan ne posera pas de soucis. Et si Téta non plus, alors leur avenir est assuré. »

Son regard était tourné vers sa propre main qui de l’index et du majeur, simulait une marche sur le torse du prince, tout en réflechissant à cet avenir si certain. Mais cette main arpenteuse finit à plat, parce que le reste de sa phrase lui fit lever la tête vers lui.

« Ils succederont, sois en certain. Toi et moi sommes liés à nos devoirs. Et par eux, nous avançons, nous progressons. Au final, nous sommes liés à nos trones mais cela ne nous empêche pas d’aller et venir où nous voulons. Ils le voudront parce que nous sommes leurs parents, et qu’ils vont vivre malgré eux en tant que prince et princesse de Têta, et ici descendants des dirigeants. »

Aller voir le grand chaman ? Pourquoi pas. Sauf qu’il ne le savait pas plus qu’elle. Peut-être devait-elle arrêter de courir après le mode d’emploie de la royauté et prendre des décisions qui comptaient, par elle-même. Cela pourrait être un bond avant, et surtout permettrait d’assumer son rôle. Le prince se coucha sur le dos et tourna les yeux vers le ciel, vers les étoiles qui débutaient leur scintillement infini, et qui furent comparées à ses yeux. Cela la fit sourire. Sourire d’amour face à tant de compliments. Elle leva la tête vers le ciel pour suivre son regard et sa main retourna vers son visage pour une caresse. Helera ne répondit pas, parce qu’il n’y avait rien à répondre. Puis un semblant de regrets ? Non, cela elle ne pouvait le laisser dire.

« Au contraire, tu me donnes tellement plus que ce à quoi je suis élligible. Tu me combles déjà mon amour. Sincérement. Tu es dans ma tête, tu sais que je ne mens pas. »

Cela et tout l’amour qu’elle lui portait. Un amour indivisible et absolu. Sauf qu’il cherchait à lui donner plus ? Etait-ce vraiment nécessaire ? Non, elle était déjà tellement heureuse avec lui. Elle n’était de plus pas matérialiste et davantage portée sur la symbolique que la valeur d’un objet. Encore une fois, elle tenta de le contre dire, mais n’eut pas le temps, tandis qu’il fondit sur elle et l’embrassa. Alors qu’elle s’attendait à quelque chose de court, il resta davantage et son cœur accelera. Helera déposa sa paume de main droite sur son torse afin d’écouter les pulsations, puis décida nééanmoin de remonter avec sa voiture jusqu’à son cou. Ses doigts s’écartèrent de sorte à récupérer le plus d’espace possible, pouvoir sentir la chaleur physique, s’en accaparer. Ses lèvres amoureuses prenaient le temps qu’il fallait, mais enserraient ponctuellement les siennes pendant plusieurs secondes, avant de quitter et d’attaquer une nouvelle partie. Son souffle qui par moment se mélangeait au sien, et par lequel elle s’ennivrait. Cependant, pourquoi ce battement de cœur ? Il n’avait pas l’air de vouloir à la grande mère, montrer ses formes. Il tenta de reculer et elle en leva la tête, comme attirée par un aimant et ne rien perdre. Puis finalement, retomba sur la peau de bête, se rendant compte de la broche. Ou plutôt prenant enfin en compte son existence.

« Oh, c’est joli. Comment tu as fait cela ? »

Elle regarda le bijou qui représentait autrefois l’ordre Gris, et qui aujourd’hui était le symbole de son règne, le symbole de Nelvaan. La lune et l’étoile. La nuit et le jour, l’ombre et la lumière. Le côté médian en toutes choses. L’anthracite et le noir. Helera ne l’enlevait pas de son regard, continuant d’observer cette magnificience, tout en le touchant du bout du pouce.

« Merci, c’est vraiment magnifique. »

La symbolique, c’était ce qui lui plaisait. Il commença cependant un autre discours. Dès les premières phrases, elle sourit, car il commençait ses déclarations d’amour d’une manière toujours poétique, puis finalement se dirigeait vers un compliment. Elle l’écoutait et hochait la tête à chaque affirmation. L’année en cours, les royaumes, les enfants, tout ce qu’ils avaient accompli. Tellement de choses. Pourtant, son sourire se tarit à l’évocation de la nécessité d’une action. Et alors qu’elle s’attendait à un autre compliment, la demande tomba, comme une pierre marquée dans leur relation. Une pierre de marbre avec leur nom dessus, innocement et magestueusement disposés dans le jardin de leur union. Helera resta pantoise, et en définitif, n’écouta pas la suite de sa phrase, s’étant arrêtée à sa première question.

« Tu … m… moi … m’épouser ? Avec moi ? »

Des choses dont elle s’était attendue, celle là était sans doute la dernière. Son cœur ne fit qu’un tour et pulsait à grande vitesse tandis que son cerveau tentait de réfléchir à ce qu’il était en train de se passer. Sauf que … il n’y avait rien à réfléchir. L’amour ce n’était pas pensé, c’était agir. Ce n’était pas prévoir, c’était ressentir. Ce n’était rien d’autres que la spontanéité. Rien d’autres qu’une envie soudaine, une pulsion. C’était juste ne plus pouvoir retirer son regard de l’autre, ne plus pouvoir penser à autre chose.

« Oui … Oui je le veux ! »

Elle se releva légèrement et enserra son cou avec ses bras, l’emprisonnant à son entreinte et le harcela de dizaine de baisers. Dont elle entrecoupe chacun d’un « oui » plus ou moins bien prononcé. Une mitraillette de baiser qui se conclurent par une longue étreinte.

« Oui mille fois mon prince, je veux devenir ta femme ! T’aimer, te chérir, te protéger. C’est la plus belle chose que tu pouvais m’offrir, je t’aime tellement ! »

Le mariage. Un bien lointain rêve qui s’était soldé par des regrets, puis par l’oubli. Elle n’avait plus pensé à tout cela, et à ce moment, ses désirs remontaient tous à la fois. Tout ce qu’elle avait toujours imaginé prenait vie, sur une montagne d’une planète lointaine. Ce soir, elle devenait fiancée, et un jour, elle serait mariée. Un autre, elle serait mère. Sa vie prenait enfin une tournure positive. Un sens émergeait petit à petit et tout semblait … magnifique ? Magique, même. Helera s’était finalement décidée à retirer son étreinte. Son cœur continuait à battre, mais plus par l’attente d’une surprise, mais par bonheur. Juste du bonheur et de la joie qui ne demandait qu’à sortir. Sa tension n’en était que décuplée et elle était prête à faire n’importe quoi, si cela était avec Althar. Elle l’aurait suivi, n’importe où, lui faisant une confiance plus qu’aveugle. Ses paroles étaient sources d’évangile. Helera voulait faire partie de sa famille, rencontrer tout le monde, même se soumettre à l’empereur. Tout cela pour que le monde sache à quel point elle était résolue à l’aimer au-delà de là raison, au-delà de la Force. Avec un grand sourire, elle laisse le prince qui accrocha le deuxième bijou sous le premier. La maison d’impératrice Téta, symbole de la royauté. Symbole du pouvoir, porteur de la responsabilité sacrée de protection du royaume. Autant de notions qu’elle ne pouvait que comprendre parfaitement.

« C’est magnifique, cette instant, ce diadème, toi … J’ai l’impression d’être sur un petit nuage. Je vais être mariée … Je vais être ta femme ! »

Cette simple perspective à nouveau formulée se solda par un énième baiser. Puis une idée qui germa dans son esprit, et qui la fit de nouveau sourire. Couchée sur le dos, elle écarta un bras pour que le prince vienne s’y loger.

« Et en plus, ça veut dire une chose. Tu vas devenir roi de Nelvaan. Il faudra rajouter un deuxième siège dans ce château, et peut être même deux autres petits sièges. Gouverner en famille, ça me semble être pas mal non ? »

Cela semblait pas mal, en effet. Puisque chacun était amené à prendre un peu de la gouvernance de l’autre, pourquoi ne pas faire en sorte d’étendre tout cela ? Surtout que Nelvaan n’était pas compliquée à gouverner. Pas de monnaie, pas de corruption, pas d’avarice ni de jalousie. Personne n’avait rien ce que d’autres ne pouvaient avoir. Etait-ce utopique ? Non, parce qu’il y avait d’autres problèmes que les planètes extérieures n’avaient pas. La faune. Chacun vivait avec ses risques, après tout. Comment pouvait se terminer cette soirée ? Si ce n’est avec les deux corps serrés l’un contre l’autre, à parler d’avenir et de prédictions. A parler de bonheur, de rêve, de Force, de la joie à venir et de celle présente. Un moment béni de la grande mère, sous son regard attentif, au plus près d’elle. N’était ce pas cela finalement que la joie ? Encore et encore écris, toujours défini, jamais de la même manière. On en était arrivé à confondre les sens. On en était arrivé à ne plus savoir ce que l’on voulait décider. Finalement, ne pouvons-nous pas être sûr de l’existence d’une chose, d’un concept, d’une idée, quand seulement nous l’avions trouvé ? Cela restait à méditer, dans une langue bien meilleure et avec des mots plus savants. Quoi qu’il en soit, toutes figures de styles à part, c’est sous les étoiles, que devait se terminer cette soirée. Après un repas, des étreintes, une balade, d’autres étreintes, et le moment fatidique ou sonnent les 24 coups. Dans leur chambre improvisée, à l’abris des éléments extérieurs, sur leur épaisse peau de bête, c’est là que devait se tenir la scène de la destiné.
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By Destin
#32515
La destinée avait un nom. Mais ce nom se taisait. La destinée avait un visage. Mais il était maintenant drapé de soie noire. La destinée avait le corps d'un humanoïde. Mais il était maintenant silencieux et gracile comme celui d'un chat. Mais il y avait pire. La destinée avait un poignard d'argent, ciselé en une courbe de parfaite orfèvrerie. Et la destinée se tenait penchée par-delà les ombres.

Le château froid, battu par les vents de neige, loin derrière les âmes, laissait place à une face de neige, balayée de peu sur les côtés par quelque mystère qu'on ne s'expliquait que trop. Sur le versant endormi d'une montagne brise-vent, un espace découvert laissait un oeil de cyclone disponible à la marche aux côtés d'un vent violent qui battait la neige de son doigt perpétuel. Glissée à la suite d'un corridor de tranquillité, quelque chose se faufilait entre les arbres, les roches saillantes et les buissons perce-neige pour suivre un couple insouciant.

La destinée n'avait pas d'existence dans la Force.

Les traces d'un arrêt se voyaient maintenant. Le marcheur stoppa un temps, trouva de quoi se positionner en haut de quelque chose. Un arbre, une roche à pic. N'importe quoi. Il en trouva une. Une estafilade d'arbres dans le sol lui laissa le loisir de jongler sur les sommets. De les voir s'emmitoufler dans des peaux. S'installer pour la nuit. Peut-être même... Argh ! Immondices. Quand l'instant fut le bon, il se laissa pencher. Se laissa tomber. Il atterrit mollement sur les deux corps, piétinait presque sans faire attention un ventre trop rond pour être ordinaire. D'un coup sec, aussi assuré que celui d'un barbier, il trancha les chairs finement, son surin d'argent cisaillant la nuit à la lueur d'un pouvoir qui maintenait au chaud trop peu naturellement.

Pas de panique. Ca ne sera pas long.


Inutile de gigoter. Le travail était parfait. Carotide, sur toute la profondeur. La femme aux cheveux cendrés n'y pouvait rien. Plus rien n'existait maintenant. Le jeune homme au visage poupin se liquéfia doucement et retourna aux borborygmes de nourrisson avec lesquelles il avait dû naître sur Têta. En une minute, tout fut terminé.

Helera Kor'Rial et Althar Fanrel étaient morts. Noyés dans leur sang. Les corps gelés dans le vent, à pourrir là.

Puis, minuit sonna.




Le réveil fut brutal. Il aurait presque fallut se tâter les gorges pour en constater les dégâts. Le couple se réveilla en sueur, à l'abri dans une haute tour de pierre, dans un lit apte à accueillir la conception de jumeaux. On frappait à la porte.

Helera ? Tout va bien ? J'ai entendu crier !

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