L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Mya Tellis
#32104
    Le contrat était clairement énoncé. Et le Seigneur Odion jouait de la situation du tout petit Ordre pour faire reluire sa proposition aux yeux de la Mirialan. Le partage des ressources, si précieuses, était profitable quand leur quête était partagée, mais lorsque l’effort était unilatéralement fourni, la notion de mise en commun s’évaporait. Aussi Darth Ranath s’interrogeait-elle au propos de certaines ressources. Son héritage était sien, et tant qu’elle n’en aurait pas exploré les moindres recoins, il y avait fort à parier que le partage serait néant.

    Mais alors que la Dame Sith débattait intérieurement, le cyborg exposa son objectif, imagé d’une oscillante projection céruléenne. Un holocron. Celui du Roi Adas. Un Sith. Un Sang Pur. Le Sith’Ari. Le regard de Ranath se posa sur son image, un regard avide. Une petite boîte de savoir. Elle la voulait sienne. Elle comprit alors que la réunion des holocrons était pour elle une priorité. Et peu importait la nature de l’holocron. Tout savoir était bon à prendre et à conserver jalousement. Et s’il fallait passer par Odion pour mettre la main sur ces archives, la Mirialan s’en accommoderait. Pour un temps.

    Le regard d’or de Darth Ranath, alors étincelant d’une cupidité sans limite, se posa sur l’Egorgeur. Il y allait fort, pour un début. Il avait trouvé les mots pour la convaincre, le levier nécessaire à faire basculer l’intérêt de la Mirialan du côté du sien. Il n’aurait pas pu trouver meilleur argument que le testament du Roi Adas. Toutefois, la jeune femme se gardait bien d’exposer ses réactions. Seule cette lueur, nichée au coin de son iris, trahissait son désir de mettre la main sur l’holocron, avec ou sans Odion. Sa réponse vint sans un sourire, et sur un ton froid toutefois teinté d’une volonté féroce.

      « Rien ne me ferait plus plaisir. »

    Bien, aller chercher l’holocron était une chose, le conserver en était une autre. La question du qui, du où et du comment se posait. Et bien que Ranath ne souhaitait pas encore aborder le sujet, le débat intérieur battait son plein. Fallait-il mutualiser les holocrons, les placer au même endroit, ou bien cacher à nouveau indépendamment les reliques déterrées. En certaines éventualités résidaient la potentialité d’une trahison fondamentale et grossière qui exposait chacun à la méfiance. Mais n’était-ce pas cela, la sécurité ?

      « Voudriez-vous m’exposer les conclusions de vos recherches ? Ou du moins, m’informer de notre destination future ? »

    Maintenant que le Seigneur Odion avait mis le doigt dans l’engrenage, il se devait de divulguer certains secrets, au moins quelques uns, rien de plus que le nécessaire. Avant toute réponse, la Mirialan laissa échapper encore une suggestion innocente.

      « Il me faudra trouver un exercice à confier à mon apprentie pendant ce temps. Mais je ne saurais cette fois l’envoyer explorer un tombeau sans votre assentiment. »
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By Adrix
#32209
La négociation semblait prendre un tournant très positif. L'attitude méfiante de Ranath s'était métamorphosée dès lors qu'elle avait posé les yeux sur l'holoctron. Sa méfiance palpable s'était muée en enthousiasme prudent. Cette Dame Noire en devenir semblait aussi friande que lui de savoirs oubliés. Cela leur faisait donc un genre de point commun. Bien sûr, cela ne signifiait pas qu'il existait entre eux quelque chose d'aussi puéril que de la confiance, mais entre Sith l'intérêt commun était la chose qui s'en rapprochait le plus.
Le cyborg jaugea son interlocutrice de ses yeux écarlates, sondant silencieusement sa capacité à le poignarder dans le dos. En terme de puissance de frappe elle avait encore du chemin à faire mais Odion n'en savait que peu sur ses talents d'intrigue. Même un bras faible pouvait porter des coups mortels s'il savait attendre son moment. Elle ne partageait évidemment pas le manque de finesse de son apprentie... La renseigner sur le lieu de l'holoctron sans première garantie l'exposait au danger qu'elle s'enfuie avec cette pépite d'information. Mais après tout... ôter tout danger de l'équation rendrait le jeu terriblement ennuyeux.

- Les informations dont je dispose sont assez anciennes. Mais les dernières traces de l'Holoctron se trouvent dans le Secteur Tapani, entre les mains d'un ordre secret au service d'une des maisons nobles locales. Le tracer avec précision pourrait s'avérer difficile...

Ranath voulait confier des « devoirs » à son apprentie pour l’occuper pendant son absence. Eh. Voilà une approche à la formation qui n’était pas sans lui rappeler celle qu’il avait subi « Va par là et débrouille toi ». Si utilisait son exemple comme référence, c’était efficace. Mais pas exactement l’approche qui cultivait le plus de loyauté. Ce dernier détail n’était pas son problème.

- S'il faut vous confier un exercice à votre apprentie, je suggèrerai une épreuve à même de lui inculquer l'humilité. Non pas que sa formation me regarde, mais sa prochaine rencontre pourrait être moins magnanime avec son attitude que je ne l'ai été.

A dire vrai, Odion était à peu près convaincu que la grande majorité de ses prédécesseurs l'auraient transformée en sashimi dés sa première tirade. Vorman l'aurait foudroyé pour son insolence, l'Impératrice lui aurait fit subir mille supplices tandis que Vador ne se serait même pas embarrassé d'une réponse avant de l'éliminer. Krayt quant à lui aurait... Excellente question. Rien de bien pertinent en tout cas.

-S’il vous faut exhumer les trésors de Korriban, soit. Vous avez ma permission. Je réclamerai simplement le droit d’étudier aussi ce que vous aurez récupérer.

========

L’échange entre l’apprentie et le faux jeune garçon fut aussi bref que violent. Malgré ses limitations, Tulak dominait totalement la mêlée, prévoyant chacun des coups portés avant même que son adversaire ne les ait imaginés. Le spectre damné avait connu tant de combats qu’un tel échange tenait davantage de la petite danse chorégraphiée que du duel à mort. Quoi qu’il en soit, il n’était pas déplaisant de retrouver ne serait-ce qu’un peu le frisson du combat. Il n’avait pas encore eu de véritable occasion de tester cette enveloppe charnelle dans des conditions véritables. Ses entraînements avec Odion le frustraient terriblement tandis que cette mise à terre était une douce récréation. Si seulement son corps était en pleine possession de ses moyens, la leçon aurait été infiniment plus humiliante.

-Tu oses parler d’arrogance, toi qui te revendiques Sith malgré ta faiblesse affligeante ?

Tulak Horde voyait le monde comme séparé entre les forts et les faibles. Il n’avait pour ces derniers ni pitié ni sympathie. Ceux incapables de se défendre n’avaient d’autres buts dans l’existence que de devenir les jouets des puissants. L’apprentie qui se tenait devant lui était bouffie d’égo, persuadée que sa piètre maîtrise du combat la plaçait au-dessus des simples mortels. S’il était vrai que comparé au commun de la galaxie, elle était une tueuse hors pairs, pour un ancien Seigneur Sith, la différence était négligeable. Un écart entre deux millimètres ne valait pas la peine d’être considéré pour celui qui mesurait la puissance en mètres entiers. Il devait cependant lui accorder une chose : elle avait au moins su voir le fossé qui les séparait. Mais là encore, même un rongeur savait reconnaître la suprématie d’un loup lorsqu’en face du prédateur. Qu’elle ne soit pas déjà en train d’implorer sa pitié ou de fuir trahissait un certain sens de la fierté ou un manque cruel d’instinct de survie. Il allait donc jouer un peu avec elle.

-Comparé à mon apogée, Odion n’est guère plus qu’un enfant brandissant un bâton. Cela étant…

Tulak se pencha en avant pour charger et se lancer dans un nouvel enchaînement de coups, plus rapide que les précédents. Les sabres écarlates embrasèrent l’air autour d’eux dans un crépitement étincelant. Plus d’une fois la lame de Varadesh frôla sa cible à quelques millimètres sans jamais totalement l’atteindre. Pas un instant le jeune garçon ne sembla s’inquiéter par la dangereuse proximité de la mort, esquivant les fentes avec le strict minimum de mouvement. Les coups de l’apprentie étaient rigides, simplistes… Elle agissait avec toute la rigueur des débutants incapables de s’écarter des instructions d’un manuel. Cela rendait chacune de ses estocades terriblement prévisibles pour un bretteur avisé. Il suffisait de lui présenter des ouvertures pour qu’elle s’y engouffre avec assurance. Le Sith l’appâta dans un coup d’estoc vertical, exposant sa tête pour une frappe mortelle depuis un angle mort. Au tout dernier instant il se déroba d’un pas sur le côté. L’arc de plasma caressa son masque de fer alors qu’il venait de se faufiler dans la défense de son ennemie, lui assenant un violent coup de coude dans l’estomac. Profitant du déséquilibre engendré par le souffle coupé, il la fit trébucher en enroulant sa jambe autour de la sienne. Tout s’était passé très vite, chaque mouvement entraînant le suivant avec toute la fluidité d’une rivière. Tous ces gestes étaient d’une simplicité affligeante mais exécutés avec une précision unique aux spécialistes. Quand l’apprentie eut le temps de réaliser qu’elle était tombée à terre, la pointe brûlante était déjà posée contre sa gorge tandis que Tulak maintenait son poignet armé sous sa botte pour l’immobiliser.

- C’est toujours infiniment plus que de considération que toi n’en mériterais.

Il pouvait la tuer ici et maintenant. Un simple mouvement du poignet était tout ce qui la séparait d’une mort instantanée. Mais tout justifiée que soit cette exécution, Tulak savait qu’elle nuirait à leurs plans futurs.

- J’étais jadis connu sous le nom de Tulak Horde, Seigneur de la Haine. Je régnais sur les nôtres bien avant que notre lignée ne s’appauvrisse ainsi. Que ceux qui se revendiquent aujourd’hui héritiers de la Sith fasse preuve d’une telle faiblesse me dégoûte.

Il écarta sa lame, la laissant se relever, s’attendant presque à la voir bondir sur lui de nouveau pour venger son égo blessé. Mais derrière le mépris qu’il éprouvait à son égard, une idée germait chez Tulak.

-Si ton niveau actuel est là toute l’étendue de tes talents, je m’interroge sur les raisons de ton maître à s’encombrer de ta présence… Es-tu donc satisfaite de tes forces actuelles ?
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By Ciaphas Cain
#32213
Le désespoir. C'était clairement cela que lui inspirait ce Tulak Hord, Seigneur de la Haine et je ne sais quoi d'autre. Le nom ne lui évoquait rien car ses quelques lectures ne remontaient certainement pas assez loin dans le passé pour lui fournir des informations sur la légende vivante face à elle, sans oublier que ce qu'elle avait pu lire était tellement pauvre en contenu qu'il ne fallait pas en attendre quoi que ce soit. Mais les différences de niveaux étaient si flagrantes, si intenses qu'elle ne mettait pas en doute ses paroles.

Son arrogance des premiers instants précédant le début du combat avait disparu aussi rapidement qu'elle était apparue. Hord, qui qu'il soit vraiment, un Seigneur Noir ressuscité ou un mioche entraîné depuis toujours par Odion, la baladait sans se presser ni suer, sans se fatiguer. Il jouait avec elle comme un enfant joue à asticoter un insecte du bout de son bâton de bois, riant de voir la petite bête se contorsionner en vain pour lui échapper. Et la petite bête ne pouvait rien y faire, elle ne pouvait pas renverser la vapeur ou se soustraire à son attention, elle était condamnée à rester là, faible.

Je suis une apprentie. Je n'ai pas le niveau d'un Seigneur ou d'une Dame car ma formation n'a commencé que récemment. Mais j'apprend vite.

Une excuse pitoyable elle le savait très bien. La compassion était une faiblesse et les Sith ne la connaissaient pas. Rien ne pouvait excuser son niveau brouillon et ses talents très sommaires car on attendait d'elle, apprentie de son état, qu'elle se dépasse en toute chose et chaque jour durant. Croire que Hord lui laisserait de la marge ou quoi, c'était se voiler la face.

Soudain, il enchaîna un ballet de coups tous plus féroces et surtout, plus suicidaires les uns que les autres, sans sembler se soucier de sa propre vie pendant qu'il frappait et parait avec une déconcertante facilité. Elle n'avait encore jamais vu ça, même Odion, elle en était presque sûre, ne se serait jamais autant mis en danger pour vaincre. Hord semblait faire peu de cas du danger mortel qu'il courait en s'exposant aux coups de son adversaire, comme s'il appréciait cette proximité avec la mort... Ou bien, dans le cas présent, qu'il n'avait tout simplement rien à craindre de sa part.

Cette prise de conscience la glaça autant qu'elle la plongea dans une colère noire. Il s'estimait tellement supérieur qu'il n'avait pas même besoin de se protéger. Elle tenta bien de le frapper en ajoutant sa rage pour augmenter la violence de ses coups, mais rien n'y fit et elle fut bientôt, sans avoir compris comment, à terre, la main immobilisée par sa botte tandis que ses sabres la maintenaient tranquille. Un simple mouvement et c'en était fini d'elle. Au nom de tout ce qui était sain, de quelle autre arme pouvait bien disposer dans son arsenal ce fou d'Odion?

Pourtant, elle ne cria pas ni ne demanda grâce, pas plus qu'elle ne se mit à pleurnicher ou implorer pardon. Elle lui jeta un regard défiant de ses yeux jaunes or embrasés de colère. Qu'il pouvait l'écraser comme on écrase un moucheron d'un geste de la main ne faisait aucun doute, ça n'était pas pour ça qu'elle baisserait la tête et lui lécherait les bottes. Elle lui accorderait le même respect qu'à Ranath ou Odion, mâtiné d'un zeste de haine et de dégoût mais elle ne se mettrait pas à l'adorer comme un dieu. Le narcissisme était une faiblesse bien connue de leur race.

Vous attendiez peut-être de moi que je me prosterne et que j'implore grâce? Vous vous êtes lourdement trompé. La pitié est pour les faibles, je ne suis pas faible. Et ceux qui demandent grâce ne la méritent tout simplement pas. Je ne demande rien.

Il était temps de jouer un va-tout. Hord semblait instinctivement comprendre quelles bottes elle prévoyait d'utiliser, quelles passes elle effectuerait, quels gestes elle utiliserait. Il fallait donc tenter des mouvements et assauts plus désordonnés, imprévisibles et chaotiques. Il fallait sortir des sentiers battus. Lorsqu'il la relâcha, elle saisit sa chance à peine sa question posée sortit-elle de ses lèvres. Invoquant la Force, elle concentra sa volonté sur un objectif précis.

Surprendre et frapper depuis les ombres, c'était là son vœu le plus cher en cet instant précis. Attaquer depuis un autre point, lancer un violent assaut puis se replier. C'était une tactique qui avait payé par le passé, malgré ses résultats aussi hasardeux que souvent peu valorisants. Elle n'excluait pas qu'Hord puisse comprendre ses intentions et y riposter facilement mais le but, outre celui de tenter de le liquider, était démonstratif. Il fallait lui montrer qu'elle n'était pas un faible qu'on pouvait mépriser et avec lequel jouer. Elle était plus que ça, elle était Sith.

L'apprentie disparut alors. De l'endroit ou elle s'était tenue et à peine relevée, il ne restait que le vide ambiant. Le temps sembla se contracter, comme hésitant à continuer de tourner et ainsi gâcher le silence et la tension régnant actuellement. Hord semblait être bien seul dans la pièce lorsque Varadesh réapparut en silence dans son dos, à moins d'un mètre avant de s'élancer sans bruit sur lui, sabre levé pour frapper dans sa chair fragile. On allait voir si il serait toujours aussi désinvolte avec sa nouvelle vie lorsqu'elle l'aurait transpercé de part en part.

C'était tout du moins le but recherché, mais atteint? Certes pas. Au dernier moment, alors que la lame rouge sang allait l'embrocher au niveau du bas du dos, une lame surgit de nulle part pour bloquer son coup. Elle vit qu'il avait inversé sa prise sur son sabre pour le faire basculer dans son dos. Il ne la regardait même pas, lui tournant toujours le dos mais maîtrisant pourtant son assaut avec une facilité et un calme déconcertants. Elle tenta bien de pousser par la force mais il refusait de bouger.

Elle enchaîna alors un ensemble d'attaques pour tenter de le faire reculer, frappant d'abord contre sa nuque puis son épaule avant de feinter pour atteindre les jambes mais rien n'y fit. Quelle que fut sa tentative, elle se heurtait systématiquement à un mur imperméable qui semblait prévoir chaque attaque à l'avance. Elle abandonna finalement et recula d'un bond quelques mètres en arrière. Lame levée en garde, elle ne le quittait pas des yeux tandis qu'il se retournait lentement.

Votre talent est incroyable, Seigneur Hord. J'imagine sans peine que vous avez dû défaire des légions d'ennemis par le passé avec une telle maîtrise du combat. La gloire et la puissance ont dû vous ouvrir leurs bras accueillants tandis que moi... J'en suis réduite à jouer à être Sith...

Elle baissa la tête, honteuse ou du moins semblant l'être. Il n'était pas facile d'admettre qu'on était bien trop en-dessous du niveau de son adversaire, encore moins lorsque c'était le cas à chaque ennemi qu'elle affrontait. Mais elle releva la tête bien vite et une expression féroce et déterminée se fit jour sur son visage juvénile.

J'en veux plus. Je veux devenir aussi puissante et redoutable que vous. J'en ai assez d'être constamment à la traîne. Apprenez-moi. Rendez-moi aussi forte que vous, Seigneur de la Haine.

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By Mya Tellis
#32275
    Et tout l’intérêt que le Seigneur Odion était parvenu à susciter retomba. Tapani. Un ordre secret. Et c’était tout. Soit le cyborg préférait garder le monopole de l’information, soit il ne savait effectivement pas grand chose. Cela permettait toutefois de se lancer sur la trace de l’holocron. Mais ce n’était qu’un début. Et Ranath ne pouvait que l’apprécier comme tel. Étant donné le tapage fait autour de cette rencontre, elle avait espéré plus. Elle devait hélas se contenter de ce peu.

      « Nous reprendrons la piste là où elle vous avez conduit alors. »

    Le Secteur Tapani. Sept Provinces. Une division propice aux intrigues et aux trahisons. Darth Ranath n’y avait séjourné qu’une seule fois. Appelée comme bien d’autres mercenaires à défendre la cause de l’une de ces maisons, elle avait finalement été congédiée. Maintenant qu’Odion évoquait de nouveau Tapani, la Mirialan s’interrogeait. Quelle maison. Quel ordre secret. Elle ne savait presque rien de ce secteur et de ses innombrables potentiels, elle apercevait seulement une opportunité d’investir l’une de ces familles. L’Egorgeur, lui aussi, devait sans aucun doute y songer.

    Ranath avait elle-même de nouveau évoqué le cas de son apprentie, et le potentiel qu’elle avait à offrir, bien malgré son excès d’arrogance. Varadesh était douée, quoi que pût en dire Odion. Et avec l’aval du Seigneur de Korriban, elle irait, elle, sur la piste de l’épée de Pall. Que le cyborg réclama à un partage des découvertes n’étonna guère la Sith. Korriban était sienne. Aussi acquiesça t-elle.

      « Il va de soi que nos trouvailles seront à votre disposition. »

    Payer le gardien était une nécessité. Ranath espérait cependant que l’épée ne se trouverait plus sur Korriban. Elle n’escomptait trouver qu’une information, qu’elle pourrait partager après l’avoir elle-même éprouvée. Varadesh irait chercher la direction, elle montrerait le chemin et son maître l’accompagnerait jusqu’à la découverte d’un artefact ancestral. Mais, en la pensée de la Mirialan, ceci ne concernait plus Korriban et son cerbère de métal. Peut-être se trompait-elle.

    Quand les derniers détails furent enfin réglés, la Sith prit congé. Odion lui avait attribué des quartiers modestes dont elle comptait bien profiter avant de remonter à bord du Poing de l’Ombre. Elle avait à s’entretenir avec son apprentie. Rien de bien extraordinaire, pensait-elle alors, sans savoir que la Pantoran lui réservait une surprise. Darth Ranath reverrait ensuite l’Egorgeur pour que début la traque de l’holocron du Roi Adas.


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By Adrix
#32355
A la grande surprise de Tulak, la piètre petite apprentie n'éclata pas en sanglots pour implorer sur sa vie une fois à terre. Voilà qui dépassait ses attentes. De son expérience, ceux de son espèce abandonnaient toute fierté lorsqu'ils voyaient leurs illusions de grandeur s'effondrer. Nombre de jeunes Siths se laissaient emporter par l'ivresse de leurs nouveaux pouvoirs et se laissaient charmer par leur prétendue invincibilité. La chute n'en était que plus dure lorsque la réalité venait finalement les ramener à leur place. Et c'est à cet instant précis que les tueurs arrogants se muaient en gamins pleurnichards. Ils se complaisaient dans leur médiocrité comme des vermisseaux dans leur fange, couinant pour inspirer la pitié. L'imagination plus fleurie que jamais, ils inventaient mille raisons pour justifier le pardon et autant d'excuses risibles. Combien de fois avait-il vécu cette scène lors de ses conquêtes. Combien il avait pu mépriser chacun de ces misérables. Des pourceaux indignes de porter le glorieux nom de la Sith.
Hord n'avait aucune patience pour cette danse pathétique des faibles. C'était le droit absolu des puissants que d'écraser ces insectes. Ceux incapables de se défendre par leurs propres moyens n'étaient que du bétail. Un statut que la jeune femme qui se trouvait devant lui venait tout juste de s'épargner. Même face au gouffre évident qui les séparait, elle conservait une flamme de dignité. Il s'agissait probablement davantage de stupidité que d'un sens aigu de l'honneur, mais cela la plaçait marginalement au-dessus des autres vers de terre. Un guerrier devait être prêt à regarder la mort dans les yeux. Seuls ceux ayant conquérit leur peur pouvait espérer avoir une chance contre lui, qui avait déjà goûté au trépas pendant des millénaires.

Téléportation. Un puissant tour de passepasse en effet. Cette technique était relativement peu répandue en son temps, même lui pouvait se laisser surprendre par un ennemi qui disparaissait tout à coup. Une estocade astucieuse qui hélas ne suffisait pas à faire s'écrouler le mur titanesque de l'expérience. Au travers d'une myriade de duels, Hord avait forgé son esprit avec tant de finesse qu'il réagissait aujourd'hui avant même que ses sens ne l'alertent. Parlez d'aura sanguinaire palpable dans l'air, de réflexes méthodiquement aiguisés ou qu'importe, le fait était qu'il sentit le coup s'approcher de son dos à temps pour l'intercepter de sa lame. Le reste du combat prit des allures terriblement humiliantes pour la jeune Sith. Hord n'avait pas besoin de la regarder pour voir ses assauts venir. Ils avaient croisé le fer, ses mouvements étaient prévisibles, maladroits. Le bretteur d'un autre âge lisait en elle comme dans un livre ouvert. Elle aurait aussi bien pu lui hurler chacune de ses attaques au visage.

Et puis soudain, une proposition. Ou plutôt une requête, chargée de honte et de frustration. Une question que le Sith connaissait fort bien.

- Tu désires apprendre à mes côtés ?

Un rire cristallin, déformé par le masque, naquit dans la gorge du Sith. Cette avidité sans limite, cette cupidité farouche pour obtenir plus de puissance. Y avait-il sentiment plus caractéristique de la Sith que ce désir primaire de pouvoir ?

- Des systèmes solaires entiers se sont embrasés dans mon sillage. J'ai mené au combat des légions de Siths dont les plus faibles t'aurais écrasé sans difficultés. Tu es faible Varadesh et bien trop verte pour porter le titre de Darth. Qu'as-tu à m'offrir en échange de mon savoir ? Ta loyauté ? Ton âme ?

Odion semblait occupé à autre chose dans un autre endroit du vaisseau, malgré la fin des négociations. Cela lui laissait un peu de temps pour se distraire.

- Ton seul atout est cette détermination née de ta frustration. Ce qui m'amène à cette unique question. Si tu désires apprendre de moi, arpenter le chemin qui mène à la véritable puissance, qu'es tu prête à lui sacrifier ?
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By Ciaphas Cain
#32365
Le rire glacé et méprisant de Hord retentit comme un tir de blaster dans la tête de la jeune fille et il lui fallut tout son contrôle d'elle-même pour ne pas se laisser aller à effectuer une manœuvre aussi téméraire qu'inutile pour tenter de le tuer. Oh elle n'était pas surprise qu'il se moque d'elle et se délecte de son ascendant, cela semblait être une tare commune à tout les Sith, particulièrement les Seigneurs, que de profiter de leur pouvoir. Elle avait pu l'observer chez Bane, chez Ranath, chez Odion et même chez Zannah.

C'était une faiblesse potentielle dans l'armure d'un Sith car cela témoignait d'un orgueil démesuré. Et l'orgueil incitait à baisser sa garde, à se croire meilleur qu'on ne l'était, à commettre des erreurs. Bien sûr, le Seigneur de la Haine n'était clairement pas ce genre d'imbécile qui se ferait avoir aussi facilement mais un jour prochain qui sait, elle pourrait peut-être lui faire ravaler ses moqueries. L'idée qu'elle pouvait même parvenir à ce résultat avec son aide lui était délicieuse pour ne rien gâcher.

La question qu'il lui avait posé en revanche méritait réflexion. En vérité, elle n'avait jamais vraiment eu le choix de la route devant elle. Même sur Korriban elle n'avait pas vraiment choisi de devenir l'apprentie de Ranath. C'était dans l'ordre des choses qu'elle rejoigne l'Ordre, elle était sensible à la Force et pouvait donc ainsi se révéler utile pour la Mirialan et ses plans. Si elle n'avait pas vraiment pu se dire que c'était un avenir qu'elle souhaitait ardemment, elle ne pouvait pas mentir en prétendant que ce qui lui était promis au loin ne la rendait pas désireuse de continuer.

Le pouvoir, la puissance, la survie et plus que tout, la liberté enfin atteinte, telles étaient les récompenses au bout du chemin. Et cela, elle le voulait plus que tout. Elle voulait pouvoir voir le cadavre de son Maître à ses pieds, porter le manteau de Dame Noire à son tour et ourdir ses machinations tout en étudiant les secrets du Côté Obscur. Son ambition était dévorante et exigeait d'être satisfaite. Alors, sa réponse était limpide :

Je sacrifierai tout pour ce pouvoir. Je veux briser mes chaînes et devenir votre égale. Je veux pouvoir vous surpasser, vous, Odion, Ranath, chacun de vous. Je veux sentir votre vie entre mes mains et en devenir l'unique décideuse. Je veux devenir la Dame Noire et diriger l'Ordre. A vous, Seigneur Hord, j'offre en échange une alliée au sein de l'Ordre. Il viendra un jour ou vous serez satisfait de me savoir dans votre camp. Je suis faible aujourd'hui mais demain je serai forte, pariez sur l'avenir, pariez sur moi.

Elle laissa le silence se prolonger suffisamment longtemps pour qu'il comprenne bien ce que cela impliquait. Une alliée c'était une source de renseignement, un renvoi d'ascenseur quand il en aurait besoin. Et surtout, c'était une lame prête à frapper depuis les ombres. Quel meilleur moyen de s'assurer le contrôle de l'Ordre Sith qu'en ayant dans sa poche celle qui pourrait un jour succéder à son Maître ?

Et puis, nul doute que cela déplaira fortement à Odion de savoir que vous tissez vos propres plans dans son dos. Peut-être pourrez-vous compter sur de l'aide pour défaire celui qui vous a affublé de ce corps aussi faible. Qui sait, je pourrais même vous en trouver un bien plus à votre goût.

Voilà qui pouvait faire pencher la balance en sa faveur, du moins le pensait-elle. En tout cas il semblait ne plus vouloir l'attaquer mais elle gardait sa lame prête, au cas ou. On ne savait jamais avec ces Seigneurs Sith millénaires.

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