L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Ce vaste complexe d’un luxe inouï, réservé aux grandes fortunes et aux hommes de pouvoirs, fut bâti sur les eaux d’un lac aux pieds d’une chaîne montagneuse, aux confins des grandes plaines de Malastare. De forme circulaire, en son centre trône le Grand Palais, gigantesque structure en degrés abritant, tout au long de ses huit plus hauts étages, le centre névralgique des activités de Griba le Hutt. Les privilégiés possédant les moyens de s’offrir un séjour dans cette cité de rêve y trouveront de quoi s’adonner à leurs plaisirs les plus raffinés.
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    La mélodie des réceptions perpétuelles disparait à mesure qu’Il se retire. Ménageant Ses convives et leur si précieuse susceptibilité, Il emprunte un ascenseur secondaire, près des alcôves désertées de la grande salle. Deux autres le suivent, en silence. L’un perplexe, anxieux, l’autre outrageusement détendu, une éternelle cigarette aux lèvres. Lui ne peut que sourire, pleinement satisfait de ces derniers jours.

    L’inauguration fut un succès absolu. Prévue pour une durée de deux semaines, le Grand Palais ne désemplit toujours pas, les quelques tristes quittant Malastare étant irrémédiablement remplacés par de nouveaux arrivants, guidés par les conseils avisés de leurs amis en retraite sur Ses terres. Cette effervescence, issue d’une séduction orchestrée de longue date, allait faire du Mont Evona la plus grande destination des bien nés et des parvenus de toute la Galaxie. Et tous ces pions, trop occupés à dépenser leurs fortunes pour quelques frissons bien méprisables, allaient œuvrer, bien malgré eux, à leur domination prochaine.

      « Zieb ? Assurez-vous que personne ne nous dérangera. »

    Le ton est ferme, malgré Sa joie intérieure.

      « Bien, Seigneur Griba.

      - J’insiste ! Absolument personne. Nous devons parler. Et c’est important... »

    Le petit gran n’a pas idée de ce qui commence à se jouer autour de lui. Il ne sait rien de son maître, de Ses projets, de Son ambition. Pour l’heure, tout lui a été caché. Il ne travail que pour un magna du luxe fortuné ayant pris sa retraite – pour autant que l’on puisse qualifier ainsi cette entreprise – sur un monde éloigné du Noyau, dont le seul but est de divertir Ses puissants amis. Et lui, privilégié parmi les siens, a l’honneur de veiller à ce qu’absolument tout soit parfait. Une salle de bain défectueuse ? Un lit ayant cédé sous la passion de trop vigoureux amants ? Un écoulement des réserves de whisky de la réserve de Whyren ? Une suite considérée comme trop modeste par ses nouveaux locataires ? Il lui incombe de réparer, corriger et faire oublier tous ces désagréments. C’est ainsi que lui, le fils cadet d’un modeste restaurateur de la capitale, s’est retrouvé à côtoyer les plus grands mondains de l’espace républicain, buvant à leurs tables et riant de leurs boutades qu’il apprit à goûter. Nul ici, à par son maître et son étrange associé, ne connaît son passé si commun. Il lui est alors facile, avec l’aide et les moyens offerts par son maître, de se glisser dans ce grand bain d’opulence, vierge de tout passé jugée ici infamante.

    Mais il lui faut maintenant apprendre. Ses compétences et sa fidélité doivent être testées, séance tenante, pour le bien de Ses affaires. Pour l’heure Zieb n’est guère important, mais bien utile. Griba méprise Ses amis festoyant quelques centaines de mètres plus bas, ce misérable troupeau de portefeuilles. Il ne les connaît pas, pour la très vaste majorité, et ne le désire pas. Il y a des outils pour cela. Comme Ka Zieb. Oui, il va bien falloir qu’il comprenne le monde dans lequel il est entré en travaillant pour Lui.



    Le silence règne dans Son bureau. Au plus haut de Ses appartements, du Grand Palais même, les trois, installés autour de Son immense bureau, gardent le silence. Bjasuv fume et boit, comme à son habitude, et le Gran, ne sachant trop où se situer et ignorant la raison de sa présence ici, fixe avec obstination le sol. Lui, un étrange rictus fixé à Son visage, scrute de Ses deux grand yeux le malheureux employé. Il est désormais temps…

      « Alors, Monsieur Zieb ? Comment vous sentez-vous ? Satisfait de vos nouvelles fonctions ? L’inauguration ne vous as pas causé trop de soucis j’espère ? »

    Il ne sait rien de Lui. Sa présence sur Malastare est récente, Ses employés n’ont pas eu le loisir d’apprendre à le connaître, pas même leur superviseur.

      « Tout à fait, Seigneur. Je tiens encore une fois à vous remercier pour la confiance que vous avez placée en moi et…

      - Mais c’est tout naturel. Je vous prie de croire que je suis très attachez à votre épanouissement. Comme à celui de tous mes employés, cela va de soi, mais le vôtre m’est plus cher encore. Bien que nous ne nous connaissions que fort peu, je… »

    Un soufflement d’exaspération le coupe.

      « Alors... Les ronds d’jambe, d’accord, mais… Disons que ça ne vous pas très bien, Monsieur. Enfin… Sans vous manquer de respect… Seulement... ‘pouvez pas juste lui donner vos ordres, que je retourne en bas ? Enfin… Si ça ne vous dérange pas trop… »

    Fixant Son serviteur, Il se prend à penser à l’arkanien qui le mit au monde. Peut-être aurait-Il dû exiger une bête machine. Un être incapable de ce genre d’irrespect….

      « Mmh… Oui. Peut-être… Bien ! Monsieur Zieb… »

    Il se détourne, fixant les majestés de son domaine.

      « …J’ai d’autres projets voyez-vous, fort éloignés de toutes les futilités proposées ici. Des projets… Qui peuvent m’être préjudiciables. Fortement préjudiciables, si, d'aventure, ils se trouvaient révélés. Me comprenez-vous ? »

    Pas le commencement d’une réponse.

      « Parfait. J’ai donc besoin d’alliés. Vous imaginez que les plus puissants se trouvent en bas… C’est ici que vous entrez en jeu. J’ai besoin de vous pour m’aider à trouver la perle rare. Celui qui aura l’honneur, tout comme vous, de travailler pour moi. Mais, comme vous pouvez vous en douter, tout ceci doit rester secret, je ne puis donc pas faire une allocution publique, sous peine de me condamner dans un futur proche. Je veux donc que vous retourniez en bas et que, usant de votre charme et de vos capacités à discuter avec ces gens, vous m’organisiez une entrevue, ici même, et le plus vite possible. Disons… Étant donné l’état général de mes convives… Dans trois jours. Oui, trois jours... »

    La réponse tarde, mais une voix faible, gênée, presque triste, finit par se faire entendre.

      « Mons… Seigneur Griba… Je… Euh… Je veux dire… Permettez-moi de parler franchement mais… Je suis pour le moins surpris par ce que vous venez de me dire. Nous… Enfin… Vous êtes très connu au sein de la Nouvelle République, même des gens modestes et… Et bien… Vous, tout comme votre père… Euh… Êtes connus comme étant des individus… Euh… Pour ainsi dire uniques au sein de votre… Espèce… Oui… Et donc… Vous imaginez ma surprise quant à ce que je semble comprendre de vos futurs… Projets ?... Enfin… »

    Un simple frémissement.

      « Tu ne sais rien de moi, petit gran… »

    Il se retourne, l’air sévère, et se penche par-dessus le bureau.

      « Absolument rien ! »

    Ka Zieb semble ne plus respirer. Il ne bouge plus, apparemment conscient de sa situation pour le moins délicate.

      « Hmm… Dites-moi, vous les grans êtes… Très attachés aux vôtres, non ? »

    Son imposant regard se tourne vers Bjasuv.

      « A la capitale, de l’autre côté des plaines, pas très loin du spatioport. Tu vois ? Il y a une vieille boutique, un restaurant j’crois bien. Ce serait pas de ta famille tout ça ? Me semble même que ce sont tes parents, non ? Et tout l’reste de la p’tite famille aussi j’crois bien. C’est beau d’ailleurs, de tous vivre sous le même toit comme ça. Et puis… Bon… C’plus pratique pour moi. »

    Un gémissement ignoble traverse la pièce. Des tremblements s’emparent du malheureux.

      « Ohohoh... Allons, Monsieur Zieb. Ne vous en faites pas. Il ne leur est rien arrivé. Je ne suis pas aussi cruel. Je veux juste m’assurer de votre totale loyauté et vous montrer par la même occasion l’étendue des… Garanties que je peux prendre. »

    Le pauvre ne sait plus que faire, ni que dire. Il reste là, la bouche ouverte, les oreilles basses, fixant son maître. Il finit par hocher la tête. La soumission est enfin actée.

      « Parfait… Parfait… Allons, Bjasuv, sert lui un verre. Et quelque chose de fort ! Il le mérite je crois. Ohohoh… Nous allons accomplir de grandes choses ensemble, Monsieur Zieb, j’en suis persuadé. »

    C’est faux. Le gran ne compte pas. C’est un outil, un pion ; comme tous les autres, certes, mais aisément sacrifiable. Ils trinquent à cette nouvelle alliance.



    La fête bat toujours son plein. Ka Zieb, remit de ses émotions, rejoint la masse des invités. Ils ne seront bientôt plus que des clients, mais l’heure est encore aux festivités de l’inauguration. Qu’importe, il a une mission. Après tout, la réputation des Hutts est connue d’un bout à l’autre de la Galaxie ; l’échec n’est pas permis, et la victoire généreusement récompensée.

    Du reste, il n'a guère le choix.
Modifié en dernier par Griba Orvonn Sulla le mer. 10 oct. 2018 23:35, modifié 1 fois.
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By Amertume
#34078
L'avantage quand on travaille avec une menace de mort au-dessus de la tête qui nous touche non seulement nous-même mais en plus toute la famille en sachant qu'il n'y a aucun moyen de la protéger des foudres du patron, c'est que ça motive sacrément beaucoup pour satisfaire le patron. Sinon c'est un coup à ce qu'on retrouve jamais les corps. Ou en plusieurs morceaux. Ou juste une partie et le reste disparu. Quand il s'agit de montrer que ça ne rigole pas, les Hutts ont une imagination débordante après tout c'est bien connu. Sacrés eux !

Le pauvre employé de Son Excellence Griba le Sérénissime et Excellentissime suait abondamment malgré ses efforts pour le cacher. Et en dépit de ses efforts, il n'arrivait pas à se persuader que c'était parce qu'il devait faire chaud dans le casino. Cela faisait déjà 2 jours qu'il travaillait intensément sur la tâche qui lui avait été confiée, à savoir repérer et isoler quelques candidats potentiels pour devenir les pig... Partenaires, pardon, de Sa Gracieuseté. Plus facile à dire qu'à faire comme on s'en doute. Le bougre ne dormait quasiment plus et mangeait et buvait très peu au point qu'il avait failli défaillir sous la déshydratation ce matin même.

Il ne restait plus qu'un jour. 26h standard pour apporter satisfaction au maître avant qu'il ne décide de lâcher son chien fou furieux sur sa pauvre famille innocente qui n'avait rien demandé. Mais pourquoi avait-il accepté ce poste ? Qu'est-ce qui lui avait pris ? Ses vieux parents le lui avaient pourtant bien dit des années plus tôt. "Fiston, ne fait jamais confiance à un Hutt, ça te mènera à la tombe." Excellent conseil papa, dommage qu'il n'ait pas été suivi sinon il n'en serait pas là.

Bref.

Zieb broyait du noir dans son bureau et commençait à songer sérieusement à, au choix, se tirer une balle ou tenter de prendre la fuite avec toute sa famille, nonobstant le fait qu'il y avait fort à parier que cette dernière était sous étroite surveillance en attendant qu'on ordonne que le couperet tombe. Alors que tout semblait perdu, le destin, la Force, la chance, appelez ça comme vous voulez, se manifesta soudainement pour sauver la tête - et pas que la sienne - du gran. Cela se manifesta d'abord par un appel prioritaire sur sa ligne. Il aurait voulu ne pas répondre pour continuer de réfléchir mais il n'avait aucune excuse crédible pour fuir son travail, aussi accepta-t-il, se résignant bon gré mal gré. Bien lui en prit comme on va le voir par la suite.

Monsieur ? J'ai ici un client qui souhaiterait parler à un responsable.
C'est à quel sujet ?
Il affirme être très important et qu'il n'apprécie pas de ne pas pouvoir profiter de tout les services qu'il exige en tant que VIP.
Vous avez son nom ?
Briar Cudgeon.
Un instant, faites-le patienter quelques minutes.

Alors alors, Cudgeon Cudgeon Cudgeon... Qui c'est celui-là, jamais entendu parler, peut-être un simple imbécile vantard exigeant ce qu'il n'avait même pas l'argent et le prestige nécessaires pour avoir. Ou peut-être un gros bonnet. La chance la plus insolente venait-elle de frapper à la porte de Zieb ? Alors qu'il consultait ses fichiers et l'holonet pour trouver des informations sur l'individu, il s'aperçut que sa main tremblait un peu. Il fronça les sourcils puis se contrôla avant de reporter son attention sur l'holo-écran. Et là... Une bombe atomique juste sous ses yeux.

Employé de la TaggeCo, directeur de la division marketing. TaggeCo : entreprise autrefois une puissante mégacorporation, aujourd'hui sur le déclin depuis une sale affaire ayant conduit au sabotage de la majorité des usines existantes dans tout le territoire républicain, sans compter la perte d'un anneau planétaire sur une des lunes de Coruscant rien que ça. Un gros poisson à ferrer et au bout de la ligne, une entreprise qui, bien que n'étant plus que l'ombre d'elle-même, dispose d'assez de soutiens, de prestige et de renommée pour convenir au glorieux Griba.

Oui. Oui oui oui oui. OUI. OUI !

Des ordres furent immédiatement donnés pour ouvrir au bon Cudgeon un accès au Grand Palais et une suite VIP ainsi que, bien évidemment, tout les plaisirs et services disponibles. Dans le même temps, tout excité, le bon Zieb s'empressa de prévenir le grand patron. Il avait bien travaillé là. Pas vrai ?
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