L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Monde glacé battu par les tempêtes de neige, la planète abrite aujourd'hui un mélange de Nelvaaniens et de colons issus de l'Ordre Gris. En effet, malgré son éloignement des grandes lignes hyper-spatiales, Nelvaan est aujourd'hui la capitale d'une jeune et discrète monarchie en expansion dans la Bordure Extérieure.
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By Helera Kor'rial
#34388
Les pattes frappaient la neige et soulevaient des gerbes de poudreuses tandis que le vent filait à travers les pans de ses vêtements. Faisant voler sa veste en arrière et vibrer les poils de bantha qui lui parait le tour du cou. L’animal fonça à toute allure à travers les immenses plaines de Nelvaan et son cavalier à moitié debout montrant la voie de son regard perçant. Cela faisait bientôt une heure qu’ils étaient partis de la petite ville du bord du fleuve. Le village comptait désormais un petit port de pêche. Les locaux avaient appris de la capitale la manière la plus simple pour produire les filets. Tressés avec un mélange de déchets de pailles, de poils de bantha, le tout collé avec de la graisse, solidifié avec du feu et plongé dans la neige. Cela créait de longues tiges qui une fois assemblé faisaient parfaitement la paire. Mais ce n’était pas pour cela qu’elle avait chevauché. C’était pour organiser les échanges des dites ressources alimentaires avec celles végétales produites à la capitale. Somme toute assez sommaire, comme négociation, puisque sa parole faisait foi dans tout. Le plan était plus grand et permettait d’approvisionner chaque personne sous sa coupe d’autant de diversité alimentaire que possible. Cela afin que chacun se porte dans la meilleure santé possible. A son sens, c’était aussi cela le rôle d’une reine.

Protéger et servir. Les mots de la Grande Reine résonnaient en elle comme les trompettes célestes. Aussi battantes que les foulées du fathier. La journée n’était cependant pas encore terminé et il lui fallait encore régler les affaires de division parcellaire, de gérer l’approvisionnement des nouveaux arrivants et évidemment de demander à l’armée de la Grande Mère de monter un camp en dehors de la ville. Non pas qu’ils propageaient le désordre, le respect était leur doctrine. C’était plutôt que cela créait des embouteilles à travers les ruelles étroites dans la ville. De plus, ils étaient incapables de ranger toutes les lances, d’organiser toutes les chasses etc. Il allait lui falloir un intendant, autre que son frère qui n’arrivait plus à compiler ses heures de professera et la gestion des stocks. En plus de cela, il y avait toutes les personnes qui cherchaient à partir vers les colonies, ceux qui en revenaient. En bref, les problèmes de la société moderne. Déjà il serait aisé et non pas de trop de créer des postes à responsabilité. Passons.

Elle arriva sur Tinkyla quelques heures après son départ. Le temps dans la plaine était somme toute assez clément. Malgré quelques brises qui faisaient volter ses cheveux attachés, le ciel était clair et les nuages inexistants. Le vent provenait alors des lointains monts et de la chaine qui entourait de ses bras la zone. Helera prit une grande inspiration et mit pied à terre au niveau de l’écurie, là où elle rentra son ami. La reine prit quelques dizaines de minutes pour brosser l’animal, lui donner à manger et à boire et le réconforter par des paroles douces. Elle termina sa conversation avec l’animal par un croisement tête contre tête. Son lien avec lui était toujours aussi présent, et probablement le plus important avec un semi conscient. Celui avec le roi Horax était plus lointain et l’accord était … ce qu’il était. Lointain.

Cela étant finalement terminé, elle sortit de l’étable, s’étira, et posa son regard sur le royaume. L’activité grouillait, la vie suivait son cours. Tout allait bien, dans le meilleur des mondes.
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By Amertume
#34408
Une journée comme une autre pour la reine, passée à prendre soin de son peuple adoptif et à s'assurer que tout allait bien. Il y avait une paix indéniable à trouver dans le paysage glacé et battu par le vent des villages Nelvaaniens, d'observer ces natifs vivre en accord avec leur environnement et sans jamais se soucier de ce qui pouvait bien exister là-haut parmi les étoiles. Un peuple simple qui, malgré son rattachement au glorieux Empire, ne se préoccupait que de sa propre existence harmonieuse et tranquille. Revenir des réunions avec les Moffs pour se plonger dans ces tâches en comparaison insignifiantes devait être une vraie libération pour l'humaine.

Le ciel semblait bien calme aujourd'hui, ce qui sortait de l'ordinaire vu les grands vents hurlant souvent. Tout semblait indiquer qu'une journée ordinaire pour une reine bien moins ordinaire allait se dérouler. Mais comme on le sait, les choses ne sont jamais aussi simples. Le premier signe de manifestation fut quasiment imperceptible, une lueur argentée aux pieds de la jeune femme, qui disparut sitôt qu'elle fit mine de tendre la main. Puis un grognement de sa monture dans l'étable l'avertit qu'elle n'était pas la seule à avoir senti que quelque chose n'allait pas. Rien de visible pourtant, les signes ne l'étaient pas aussi aisément. Pour cela, il fallait voir par les yeux de l'esprit.

Le don et la malédiction qui caractérisait ceux comme Helera à sentir les flux de la Force lui fut des plus utiles. Finalement, alors qu'une brise plus forte que les autres souffla sur la silhouette, rabattant ses cheveux sur son crâne, elle les vit apparaître l'un après l'autre. D'abord les contours puis les détails et enfin les visages aux museaux caractéristiques. Les crocs visibles et les yeux brillant d'une intelligence supérieure ne laissaient planer aucun doute. Ils étaient une quinzaine et inclinèrent la tête en signe de respect.

Ohorag Nelhar, nous te saluons.

Si c'était une vision elle était très réussie, tout semblait bel et bien réel. Mais après tout, la louve avait déjà visité ce monde étrange ou tout était changeant et mouvant. Ici, c'était Orek, demeure des esprits protecteurs des Nelvaaniens et de la Grande Mère. Par quel miracle y avait-elle basculé alors qu'elle n'était pas dans l'un des lieux sacrés dédiés à cet usage restait un mystère complet toutefois. Qui pouvait le dire au fond, les voies de la Force sont impénétrables.

Ohorag Nelhar, nous t'apportons un message de la Grande Mère. Elle a besoin de toi en ce jour.

Celui qui avait parlé était l'un des esprits chamanes à la fourrure d'un noir profond. Plus grand que ses semblables, il mesurait bien 2 mètres de haut et était au moins aussi costaud qu'un certain général gris. Il portait un simple pagne et de nombreux tatouages en forme de constellations étaient visibles sur son torse, ses bras et ses jambes. Comme ses frères, il avait de grands yeux d'un bleu presque blanc, luisants. Ses tatouages semblaient constamment bouger, comme animés d'une vie propre. A en juger par un rapide examen visuel, tout les chamanes arboraient de semblables décorations mouvantes.

Ohorag Nelhar, enfant de la déesse, fille de Nelvaan, la Grande Mère souhaite que tu la rejoignes sur le Toit du Monde, loin à l'est d'ici, seule et sans autre arme que ton courage et ta ruse, tes griffes et ta patience.

Un nouveau chamane avait parlé. Ils semblaient tous avoir la même voix et pourtant des inflexions subtiles, à peine perceptibles, dénotaient des différences entre chacun. Encore quelque chose à porter au crédit de sa présence en Orek. Est-ce que tout ça était réel, pouvait-elle se demander ? Peut-être, peut-être pas, quelle importance ? Pouvait-on vraiment tout savoir de la Force et ses ramifications, au fond ?

Ohorag Nelhar, chasseresse parmi les chasseurs, as-tu des questions à poser aux Nelkar rassemblés devant toi ?
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By Helera Kor'rial
#34429
Helera renifla l’air, à la recherche d’une odeur particulière, d’un bruissement qui aurait pu indiquer la présence d’autrui. Son regard fut attiré sur le sol, rien. Réverbération de l’étoile sur un morceau de métal ? Elle fronça les sourcils en entendant les Fathier s’exciter et ruminer dans leurs boxs. Pas un regard dans leur direction, ce n’était pas là. Le vent changea de direction, fouettant ses cheveux. La Force vibrait d’une puissance bien connue. Son regard se ferma lentement, tandis que ses cheveux étaient balayés dans tous les sens. Quand elle rouvrit les yeux, ils étaient là, autour d’elle. La reine passa a vu tous les membres de l’assemblée. Manquait-il du monde ? Probablement pas. Les chamans de la planète avaient lancé l’appel. Helera baissa la tête et porta une main à son torse.

« Bonjour, chamans. »

Il ne fallait pas trop poser de questions pour ce genre de phénomène. Les chamans seuls décidaient de quand et comment. Elle n’était que le réceptacle où tout convergeait. Rien de plus. Rien de moins non plus. La reine croisa ensuite ses bras sur son torse, attendant que le message ne soit délivré. A l’extérieur, elle devait probablement paraître immobile comme un poteau. Tout le monde s’en ficherait de toute manière. D’abord, le message de la grande mère. C’était étonnant que ce ne soit pas elle qui soit venue la voir. Après tout, elle était la Force. Tuer la Grande Mère revenait à tuer la Force. Comme elle l’avait senti dans l’empire, après tout. Peut-être quelque chose menaçait ? Sans arme ? Alors ce n’était pas une urgence.

De toute manière elle gardait toujours le sabre laser avec elle au cas où. Et comme chacun le sait, ce n’est pas une arme. Elle doutait en avoir besoin cependant. L’urgence de la situation semblait ne pas l’être assez non plus. A l’Est, qu’est-ce qu’il y avait ? Le village d’où elle venait. Et plus loin encore, la fin de la chaine des montagnes bleues. Parmi elles se dressaient l’énorme masse de terre de plus de quinze kilomètre de haut. Là où l’on ne voyait jamais le sommet, même en plein jour sans nuage. Le sommet tellement lointain n’était visible qu’avec des appareils spécialisés. Impossible de se poser à haut à cause des températures extrêmement négatives, du manque d’oxygène et de la pression insuffisante. Autrement dit, c’était dangereux et impossible sans combinaison. Ou sans la Force. Mais la Grande Mère exigeait.

« Aucune question. Je rassemble mes affaires et je pars tout de suite. Que la Force soit avec vous, Chamans. »

Qu’y avait-il à demander ? Des explications ? Pourquoi faire ? La Grande mère et sa volonté dépassaient toutes les considérations. Si elle exigeait, elle allait sur le champ. Point. Une obéissance qui aurait plu à l’empereur, mais qui ne lui était en aucun cas destiné. Le lien se rompit après un ultime salut. Il n’y avait pas trente-six choses à organiser. Dans un premier temps, combinaison de voyage en plastacier moulé, surmontant un tissu épais qui adhérait à la peau. Deuxièmement, masque à oxygène avec plusieurs bouteilles de secours. Troisièmement, un sabre laser. Quatrièmement, des vivres. Une préparation de quelques dizaines de minutes qui aboutirent à un seul résultat.

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Pas d’animaux à où elle allait. Pas d’être vivant à part elle. Alors c’est une moto-jet qui fut empruntée. Ou donnée, à voir. La Reine exigeait à son tour. Et sans prévenir autre personne que sa famille, c’est une course à pleine vitesse qui débuta, vers les sommets du toit du monde.
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By Amertume
#34506
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Parmi les plaines enneigées et au sol dur de Nelvaan, la silhouette solitaire d'une motojet roulait à travers les chemins - quand il y en avait - parfois avec un peu de difficultés selon la nature du terrain, parfois non. Une longue journée de conduite attendait la pilote esseulée avant qu'elle n'arrive en vue de son objectif car la région indiquée ou l'attendait son destin était très loin de son point de départ. Le voyage était monotone faute d'avoir à qui parler et les paysages peu diversifiés de la planète n'étaient pas pour faire passer le temps. Mais cela n'était probablement pas pour déranger la grise.

Enfin, alors que la nuit était tombée depuis une bonne trentaine de minutes, la fin du voyage - ou son début selon le point de vue - était proche. Le plus haut sommet de Nelvaan était à portée de vue maintenant que la motojet était au pied de la montagne. En basic, la traduction en était le Toit du Monde, terme se rapprochant le plus du sens originel. Les Nelvaaniens lui donnaient un autre nom dans leur langue, ils l'appelaient Nar Khazrog Nelvar, la Main de la Grande Mère. Leurs croyances prétendaient que c'était ici que la déesse-mère était née et avait vécu ses jeunes années, que de cette montagne elle avait décidé d'engendrer ses enfants pour peupler le monde, leur offrant la vie et un toit pour vivre en paix.

La montagne était assurément gigantesque, d'une hauteur telle qu'on ne distinguait même plus le ciel là ou sa pointe montait encore et encore. Vu d'en haut on aurait dit comme une main qui s'élançait vers le ciel pour toucher les étoiles. Ici, les températures étaient encore plus basses que partout ailleurs sur Nelvaan et le vent et les tempêtes soufflaient bien plus fort qu'il était imaginable. Certaines tribus croyaient que le vent hurlant sans cesse était en fait la Grande Mère qui s'exprimait à ses enfants. Si c'était le cas, aucun chaman n'était jamais parvenu à déchiffrer ses paroles et encore moins à les comprendre.

Il n'y avait pas de chemin dessiné parmi les sentiers escarpés et dangereux de la montagne, pas de repères pour se déplacer ni d'aide quelconque. Celui qui souhaitait emprunter la voie de Nar Khazrog Nelvar devait le faire avec une extrême prudence et se fier uniquement à lui-même et ses capacités, lesquelles seraient mises à rude épreuve. Outre les tempêtes et le vent, des chutes de neiges avaient lieu de régulièrement, ainsi que des avalanches, sans oublier la température glaciale qui pouvait vite transformer un homme en glaçon s'il ne faisais pas attention.

Mais Ohorag Nelhar n'était pas une personne ordinaire après tout.

Alors que la jeune femme entreprenait son ascension, bravant les éléments et affrontant stoïquement les dangers, le vent se mit de nouveau à hurler, fouettant sa combinaison de ses coups cinglants, creusant même à certains endroits de la combinaison de légers sillons qui endommageaient peu à peu sa seule protection. La roche était également traîtresse sous ses bottes, tantôt solide et consistante, tantôt s'effritant et cédant sous son poids. Après ce qui sembla être des jours entiers passés à grimper sans jamais voir le bout du tunnel ni même apercevoir le haut de la montagne, le vent, qui s'était légèrement calmé au cours du périple, hurla de nouveau ses notes aiguës.

Cette fois toutefois, il y avait une légère différence. Cette fois, en tendant l'oreille et en se concentrant, il était possible de discerner des syllabes et des mots. Comme une imprécation ou une supplique, le vent portait l'appel de quelque chose ou quelqu'un. Des mots reconnaissables à grand-peine, hachés : Suis... Sentier... Cavernes des... Elus... Et soudain le vent s'apaisa jusqu'à ne plus souffler plus fort qu'une simple brise. La tempête elle-même qui avait fait rage sans discontinuer s'atténua juste assez pour laisser voir à quelques centaines de mètres plus haut l'entrée d'une caverne ou d'une grotte, ouverture creusée dans la roche de la montagne.

Son destin l'y attendait.
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By Helera Kor'rial
#34571
La moto jet solitaire filait à vive allure, levant derrière elle des gerbes de neiges. Les Bantha levaient sa tête à son passage, les sapins pliaient l’échine devant la reine, les fleurs bleus se mettaient à genoux. Sous sa combinaison, elle sentait le vent violent qui la fouettait, adulant son passage, s’écartant entre une haie en son honneur. La nuit à son tour se leva pour accueillir la reine, qui dans un dernier effort, arriva sur les hauts plateaux du Val. C’est là que ce dressait la montagne inhabitée qui soutenait le ciel. Demeure de la déesse, royaume de tous les élus défunts. Tous ceux qui avaient été peint sur les murs de la grotte. Tous ces héros qui pour Nelvaan avait donné leur vie. Cette montagne, c’était le Nar Khazrog Nelvar, la main de la Grande Mère. De mémoire de Nelvaanien, jamais personne n’avait réussi à monter si haut. Le manque d’oxygène en était la cause principale, les dangers qui résidaient, tout un tas d’autres conséquences.

La reine déposa sa moto-jet, dont elle n’était pas certaine de pouvoir réutiliser au retour. La température descendait en ces hauteurs à plus de vingt degrés sous le zéro. Cela faisait geler le fluide de refroidissement qui alimentait les anti-grav. Mais peu importait, car l’urgence de la situation ne lui permettait pas de souffrir de quelques problèmes techniques. La reine remonta sa combinaison jusqu’à son cou, s’équipa de son respirateur buccale, ajusta les bouteilles d’oxygène sur les côtés de sa taille, vérifia la présence de son sabre, horizontale dans son dos puis le matériel dans son dos. Un dernier regard vers l’objectif, et l’ascension débuta.

L’avantage de la reine sensitive était multiple. De un, sa forme physique lui permettait de ne pas se laisser sous l’effort. De l’autre, sa maîtrise de la Force l’empêchait de geler, tout en chassant les vents derrière un bouclier étanche. Tout cela entouré par une volonté sans faille, pour une personne extraordinaire, qui se revendiquait normale. Pas après pas, l’ascension sur les sentiers s’arrêta après le premier kilomètre. Ensuite, tout devint horizontal. La reine s’équipa d’un bonnet, sortit des piolets de son sac, et continua l’aventure. Le rythme fut plus lent. Pic après pic, tout pouvait la tuer, la précipiter dans le vide, la lacérer ou l’écraser. Derrière ses râles d’efforts, elle essayait de percevoir les signes que la Grande Mère ne la menait pas tout simplement vers la fin. Rien ne lui indiquait comme tel, alors elle continuait.

Une prise glissant, une pierre qui lâche, malgré son poids plume, c’était alors la dégringolade quelques mètres plus bas. Ainsi se raclait-elle ponctuellement contre la paroi, endommageant sa protection. Et puis cette dernière était endommagée, plus sa peau était à vif face aux éléments extérieurs, et plus elle devait puiser dans ses ressources pour se maintenir hors de danger. Un cercle vicieux qui aurait raison d’elle sur le long terme. Pourtant son esprit restait convergé vers l’appel reçu. Il n’y avait que cela qui importait. La sagesse de la Grande Mère était infinie, aussi fallait-il y prêter une oreille attentive. C’est cette oreille attentive qui lui fit entendre les paroles sacrées. Sous les bourrasques contrôlées, la voix chantait. Le signe qu’elle cherchait. Un sourire derrière son camouflage de tissu, une paroi à grimper, et elle se retrouva enfin à la verticale, devant le trou béant d’une caverne.

Les muscles tétanisés, le corps endoloris, la reine ne réfléchit pas plus longtemps. Ses bras croisés sur le torse, grelottant sous la fraîcheur, elle s’avançait lentement à l’intérieur de l’inconnue. Elle craqua un bâton lumineux et le leva à hauteur de visage.

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By Amertume
#34727
Le tunnel sombre devant elle était baigné par la faible lueur du bâton lumineux, à peine capable d'englober sa silhouette et à plus de 2 mètres devant elle. Pourtant, on n'était plus aux temps anciens ou ce genre de technologie permettait de voir très peu, les tubes d'aujourd'hui pouvaient illuminer bien loin autour d'eux, gorgés par une savante technologie. Quelque chose aspirait la lumière que dégageait le tube pour n'en laisser filtrer qu'une mince volute. Comme la torche isolée, le petit bâton menait son porteur à travers les ténèbres et ne laissait que peu entrevoir autour de lui, suggérant et laissant à interprétation plutôt que montrant.

Quelques détails restaient perceptibles pourtant. Les murs de la caverne étaient indubitablement faits d'une roche naturelle, celle de la montagne et pourtant parfois certains angles dans leur formation semblait suggérer qu'elle avait été taillée par quelque main douée d'un sens artistique, sculptée par la volonté de quelque obscur visiteur par le passé. Parfois des runes vaguement visibles, luisant d'un éclat intense lorsque le bâton passait à côté puis disparaissant ensuite pour ne plus reparaître. D'autres fois des dessins primitifs représentant des silhouettes mi-canines mi-bipèdes, à la fois très simplistes dans leur représentation et empreints d'une réelle beauté, comme si la naïveté du peintre d'alors apportait une touche d'authenticité à défaut d'être réaliste.

La progression était fluide et rapide, bien que sans se presser non plus. Il faisait légèrement moins froid à l'intérieur, la caverne abritant du vent et de la tempête faisant rage au dehors mais il n'en régnait pas moins des températures très inférieures à ce qu'un corps humain ne pouvait supporter. A la réflexion, il était probable que même des créatures conçues pour vivre dans des températures extrêmes telles les Talz ou les Pantorans auraient pesté dans un tel endroit. Le chemin dans la montagne semblait être une ligne droite menant au cœur de l'ensemble. Il était intéressant de noter que parmi la neige qu'elle devait traverser, de nombreuses traces de pas y étaient également visibles et on ne parle pas ici des siennes laissées derrière elle. Y avait-il d'autres personnes vivant ici ou était-ce autre chose ?

Finalement, le chemin déboucha sur une grande arcade, une sorte d'amphithéâtre naturel suffisamment vaste pour pouvoir accueillir 2 ou 3 maisons entières en terme de superficie. Au bout du tunnel dont elle venait, à l'entrée de l'arcade, un feu ronflait doucement, dégageant une fumée qui s'évaporait lentement dans l'air et une chaleur qui semblait aussi appétissante que le steak de bantha qui y cuisait. Une silhouette s'y réchauffait déjà, encapuchonnée tout comme la reine et entièrement emmitouflée sous les fourrures pour ne pas geler sur place. La capuche se releva en entendant les bruits de pas de la nouvelle venue et des yeux invisibles se posèrent sur elle pour l'évaluer.

Cela fut comme de sentir le poids d'un regard sans âge, comme si ce dernier ne la jaugeait pas simplement elle mais plongeait son attention jusque dans son âme, apprenant tout d'elle et digérant chaque once de ce qu'elle était et pensait à une vitesse incroyable. Pourtant, alors que venait cette sensation étrange d'être disséqué sur place, elle sentait qu'il n'y avait pas de jugement, pas de critique, simplement une acceptation de ce qu'elle avait de bon et de mauvais en elle. C'était une sensation troublante, pas désagréable mais pas exactement bienvenue non plus.

Bienvenue, voyageuse. Vous avez faim ? Froid ? Venez donc vous rapprocher un peu et profitez de mon hospitalité. Nous sommes à Nar Khazrog Nelvar et il ne sera pas dit qu'une enfant ne trouvera pas ni repos ni soutien.

Qui que pouvait être cette mystérieuse personne, elle ne lui voulait en tout cas pas de mal. Impossible pourtant de se débarrasser de cette impression de déjà vu, fugace et pourtant tenace, refusant de la quitter. Qui était-ce ? La réponse pouvait se trouver dans la question, quoique sous une autre formulation.
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By Helera Kor'rial
#34731
Ambiance


Sa respiration reprenait peu à peu ses droits et l’air gelé emplissait ses poumons, avant d’être artificiellement réchauffé dans son œsophage par la Force. La Force … Cet endroit en était baigné. L’on disait de Nelvaan que la spiritualité se dégageait de chaque pierre, chaque arbre. Que quelque chose vous observait constamment, mais pas de manière hostile ou intrusive. Une présence réconfortante qui donnait force et courage. Et bien ici, c’était la convergence de tout. Helera sentait le voile entre l’onirique et le réel s’aminscire. Un rêve ou la réalité, elle n’aurait su le dire. Elle agita son baton devant elle et plissa les yeux, étendant son esprit vers l’au-delà, mais rien. Tout était muet ici, tout était sombre. S’appuyant contre le mur, elle progressa à travers le boyau de pierre et de roche, incliant parfois le corps pour passer dans les interstices les plus étroits. Sa main maîtresse guidait la lumière, tandis que l’autre caressait les environs. Quelque chose retint alors son attention. La pierre, bien que froide, ne rapait pas. Elle était lisse, comme un galet. Surprise, la reine attira la lumière et observa la manière dont les rebords avaient été aplanis. Froncement de sourcil. La reine suivit la zone jusqu’à des entailles dans la roche. Des entailles artificielles, à n’en point douter. Elle continua, s’avança encore à travers le dédal. Son regard ne quittait pas les traces, jusqu’à tomber sur un … dessins ? Sa peau caressa alors l’encre momifiée comme l’on caresse le visage de son amant. Son visage s’approcha et elle renifla. La lumière vint alors sur d’autres silhouettes, puis d’autre, encore et encore. Helera recula pour contempler toute la splendeur de la peinture.

« Woah. » Proclama-t-elle.

Des dessins comme elle n’en avait jamais vu. Partout. Des scènes de chasses, encore plus vieilles que celle de la grotte de Tinkyla. Des banthas dessinés, les mains de la grande mère.

« C’est impossible … Comment ont-ils pu vivre si haut ? Moi-même j’ai dû mal à rester réchauffée. »

Et pour ainsi dire, elle était une maîtresse en matière de survie dans les milieux gelés. Même étant dénuée naturellement d’un système de protection.

« Voila que je parle toute seule maintenant. »

Elle détourna le regard et rapprocha ses bras contre son torse. Son energie diminuait d’instant en instant, mais elle ne doutait pas. La Grande Mère savait ce qu’elle faisait en l’envoyant ici. Ses plaies étaient désormais gelées et le sang ne s’y écoulait plus. Elle continua alors à travers les dédales de la montagne. Ici, il n’y avait pas de neige, mais l’on pouvait clairement sentir que quelque chose était passé. Oui, quelque chose, ou quelqu’un. Humanoïde, ou enfermé depuis des générations. Un horax ? Impossible. Plusieurs mètres plus loin, la reine déboucha sur une grande salle, avec des arches naturelles, véritable stalagmite de glace qui grimpaient au plafond. Elle avança au centre de la pièce gigantesque et tourna sur elle-même, observant les ténèbres du ciel avec un sourire béat sur le visage.

« Tout simplement magnifique.
»

Puis elle remarque la lueur au loin. Un feu de camp ? Par des températures descendant à plusieurs dizaines de degrés sous le zéro ? Impossible. Physiquement impossible. Helera s’approcha lentement, sans peur ni appréhension. Elle tomba alors sur ce vieux monsieur qui la fixait. Sûrement depuis plusieurs minutes, depuis son entrée. Personne ne pouvait vivre ici. Personne d’autres que des gens comme elle. L’effet qu’il lui produisit la laissa surprise et sans équivoque emprunte à des milliers de questions. Mais la Force avait de cela qu’elle n’était pas source de précipitation.

« Oh oui, froid. Je vous remercie. »

Elle ne demanda pas son reste et s’approcha. Plus jeune, elle aurait alors cherché à comprendre d’où venait le feu, comment cette personne faisait pour vivre ici. Puis, elle avait grandi. Prenant en maturité et en sagesse. Elle avait alors pu séparer deux choses. La physique du monde et la magie qui tournait autour de la Force. Tout ici était exactement à sa place et n’avait pas à être questionné. C’était ainsi. Elle étira un sourire sous sa capuche et tendit les mains sur le feu, devant lequel elle s’assit en position de méditation.

« Elle est partout et je la sens qui appelle. Je suis Helera Kor’rial, je viens de Tinkyla. Quel est votre nom ? »

Il n’aurait pas alors été étonnant que cette personne sache déjà tout cela et qu’il attendait sa venue. Comme on le disait. Tout était exactement à sa place.
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By Amertume
#34804
Nul besoin de me remercier chère enfant. Librement donné, librement accepté. Par ce froid tenace, il est naturel de se serrer les coudes entre voyageurs.

La capuche n'avait pas bougé mais l'impression d'être observée par ce regard si particulier n'en avait pas diminué pour autant. Un frissonnement qui pouvait être dû au froid remonta l'échine de la jeune femme. Des multiples couches de fourrures sortirent des bras engoncés dans un manteau également en fourrure, tendant les mains pour la saluer au premier regard mais qui vinrent saisir les siennes avec une force et une vigueur surprenante. Le contact se prolongea quelques instants durant lesquels la jeune femme ressentit l'impression d'être emportée dans le sillon d'une tornade cataclysmique puis celle de planer dans un ciel dénué de nuages.

Vous êtes frigorifiée. Il ne fait pas bon se promener par ici sans être vêtu chaudement. Votre combinaison n'est guère suffisante.

D'un geste, l'inconnu montra la pile de fourrures qu'il portait puis la jeune femme.

Prenez m'en quelques-unes et mettez-les sur vous. J'insiste. Ici, sur le Toit du Monde, un voyageur a besoin de toute l'aide possible pour survivre. Servez-vous si vous avez faim, il est cuit juste à point.

Elle nota que malgré ses propos, l'inconnu ne toucha pas à la carcasse ni n'en prit un morceau. Il se contenta de rester immobile, à observer le feu qui brûlait et réchauffait. Le silence se prolongea de longs instants.

Pourquoi êtes-vous ici, Helera Kor'rial de Tinkyla ? Que cherchez-vous ?

Il n'avait pas répondu à sa question. Son identité, après tout, n'était pas forcément importante, si ? Enfoncé dans les profondeurs de la montagne, on ne pouvait presque plus entendre les hurlements de la tempête qui faisait rage au-dehors ni les éclairs qui grondaient, frappant le flanc de la montagne rageusement, comme si quelque volonté souhaitait jeter à bas la montagne pour la faire se briser contre la terre. Et pourtant elle n'y arriverait pas. Tout était à sa place, tout était équilibre. Rien ne manquait, rien n'était de trop.

Votre accent ne provient pas de Tinkyla. Pas plus que d'une autre région de Nelvaan. Vous venez d'ailleurs. Kuat. Pourquoi n'y vivez-vous plus ? Il rit brièvement. Oh, ne m'en voulez pas, je suis un voyageur comme vous et j'aime explorer de nouveaux horizons. Evidemment, cela fait de moi un incorrigible curieux. Qu'une native du Noyau ne vienne se perdre ici, sur un monde si lointain, voilà qui me fascine.

La Force résonnait en ces lieux mais différemment de d'habitude. Elle n'était pas un murmure angoissant et menaçant comme sur Korriban, pas les flashs aveuglants et presque brûlants de Coruscant. Elle semblait plutôt être comme une intonation chantante, ni trop forte ni trop basse, ni trop brute ni trop aveuglante. Simplement pure, naturelle, simple. En équilibre. A sa place.

Comment s'appelle-t-il ? Oh je vois. Astellan. Un nom débordant de noblesse et de fierté, fort, celui d'un conquérant. Et j'y vois pourtant autre chose. De la sévérité, une tendance à la cruauté qui pèse sur mon âme, un mal-être profond et inconscient. Pensez-vous qu'il soit une bonne chose, pour vous et votre peuple ?

L'inconnu se lève lentement, pesamment, comme s'il éprouvait des difficultés à bouger. La silhouette et le visage bien qu'impossibles à détailler, sont indubitablement ceux d'un homme. Il domine la jeune femme assise de sa hauteur mais ne projette aucune menace. Il est probable que s'il le devenait soudainement, elle n'aurait aucun mal à le neutraliser ou se défendre. Mais cette sensation d'être examinée à la loupe n'en est que plus pressante et devient presque étouffante. Comme dans un livre ouvert, elle a l'impression qu'on lit en elle avec une facilité déconcertante.

Qui croyez-vous que je sois, Helera Kor'rial de Kuat ? Helera de l'Ordre Gris. Helera du Maelstrom. Helera de nulle part. Helera de l'Empire. Helera de Tinkyla. Helera de Nelvaan.
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By Helera Kor'rial
#34810
Helera n’étira qu’un sourire avant de se blottir devant le feu, relâchant peu à peu la pression sensitive qu’elle exerçait sur son corps pour se tenir réchauffée. Un repos spirituel bien mérité après l’ascension de la main. Elle n’évita pas le regard du mystérieux bonhomme quand celui-ci l’observait, n’étant pas spécialement gêné par sa présence. Il continuait à l’observer, fixer en elle, juger qui elle était. Tout cela était bien silencieux et sans juré. Helera ne plaiderait pas, elle accepterait simplement. Il n’y avait nul humain sur Nelvaan. Personne qu’elle n’eut connu elle-même. En voir un ici, relevait d’une impossibilité que seule Nelvaan rendait possible. Quand il lui proposa de quoi s’habiller, elle ne fit pas de manière et s’équipa de la peau en plus. Quand il lui proposa de quoi manger, elle en récupéra à même la broche qui cuisait lentement. Plongeant presque sa main dans le feu à des endroits où une personne normale n’aurait pu aller. La reine rechargeait ses batteries par le feu. Helera l’observait sans mot dire, de la tête au pied, sous son air vénérable. Elle se demandait si cet endroit n’était pas un Nexus. Dans ce cas, tout ici relevait de la tromperie. Seule la grande mère était guide alors et elle la laissait mener la danse. Parce que la confiance qu’elle lui vouait était sans faille. Un fanatisme de simplicité.

« Je suis là parce que je le dois. Elle m’a appelé ici. »

Helera était persuadée qu’il savait de qui elle parlait. Un Elle qui pouvait tout aussi bien être un il. On disait la grande mère par abus de langage, parce que le mot planète, en basic ou en Nelvaanien, avait une connotation féminine. Une planète donc, une divinité, appelant à la représentation d’une Grande Mère, et pas d’un Grand père. A prendre avec des pincettes donc, quant aux dimensions archéologiques et théologiques qui furent de la Grande Mère ce qu’elle est actuellement. De plus, Helera l’avait vu, cette grande Mère, dans ce cercle de glace, sur son trône céleste. Mais derrière son aspect, il n’y avait pas de genre. Rien qu’elle puisse être à même de deviner. Sa voix était le vent, sa volonté était la glace.

La reine tira un sourire tout en se frottant les mains au-dessus du feu.

« Je n’y étais pas à ma place, tout simplement. Je ne voyageais pas pour vous tout vous dire. Avec le recul, je me dis que j’errais, tout simplement. Maintenant, j’ai trouvé mon foyer, et je ne compte plus partir. »

Son regard se hasarda sur les parois de l’amphithéâtre naturel, observant les dessins, les lignes tracées. Lignes bleus comme elle pouvait en porter sur son corps. En un tatouage qui partait de son épaule droit jusqu’à son poignet. Un tatouage que peu avait vu, d’ailleurs. Issu des rites de forces, de courage, d’acceptation, les marques devaient disparaître avec le temps. Mais la reine avait demandé à les graver sur son corps. Pour que jamais elle n’oublie. Le nom de l’empereur fut alors évoqué. La méfiance du propos à peine perceptible. Il doutait, elle ne pouvait lui en vouloir, c’était censé.

« Je pense que l’empereur peut apporter beaucoup, pour nous, comme pour la galaxie. Il ne demande rien, il n’exige rien à Nelvaan. Il a même insisté pour que le sol ne soit pas pollué par des installations de défenses obligatoires. Non, je pense sincèrement qu’il est quelqu’un de bien et je le suivrai dans ses décisions. Puissent-elles être toujours animées par la sagesse plutôt que par le désir… »

Une prière au futur, celui qu’elle voulait laisser à ses enfants, au peuple et à Nelvaan. Rien n’en était pour autant certain. Puis, la dernière question. Helera piocha encore dans la viande par petits bouts, tandis que ses doigts tremblant étaient de nouveau vigoureux.

« Est-ce que cela a de l’importance ? »

Elle tourna son regard vers lui. Il pensait de la même manière qu’elle, et elle avait demandé un nom pour pouvoir le nommer. En revanche, ce qu’il était n’avait pas tellement d’importance. Elle se prêta au jeu après avoir terminé sa bouché.

« Un voyageur en quête de piété peut-être, emprunt du désir de se reposer après une longue vie de découverte et d’émerveillement ? »

La reine étira un sourire.

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