L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Mya Tellis
#34687
    Dargul
    Prologue

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    Le temple dressé sur la colline. La pluie battante de l'hiver. L'herbe haute et verte avant la sécheresse. Les pierres tombales. Et un millier de fantômes. Un millier de regards braqués sur elle. Et le regard de Mya courant entre les rangs. Elle vit chacun de leur visage, chacune de leur tristesse. Tous debout. Un pour chaque pierre. Sauf une. Le regard de la Mirialan tomba sur cette pierre esseulée, abandonnée par son fantôme, il se posa sur l’épitaphe qui n'était qu'un mot, un prénom.

    La Sith se réveilla en sursaut, se redressa dans son lit. Elle n'eut pas le temps de prendre la mesure de son inconfort, principalement dû à la sueur qui trempait sa chemise. Ce regard qui tombait sur la pierre, s’ouvrit sur la chambre, au centre de laquelle se tenait la silhouette. Tout de noir vêtue, une large capuche rabattue sur son visage. Mya ne retint pas son cri, qui mourut à peine eut-il franchi ses lèvres. Sa main vint à sa gorge, enserrer le caillou poli du désert mirialan. Elle put voir son visage, elle qui était si loin et si proche à la fois. Elle put voir ses yeux qui n'avaient pourtant aucun éclat. Dans l’obscurité de la chambre, elle voyait tout, ne voyait rien.

    La main qui se posa avec douceur sur l'épaule de la Dame la tira du mauvais rêve. Le temps d'un battement de cil, la pauvre Isabo se trouva contrainte, plaquée contre le mur, couteau sous la gorge.

      Mya …

    La Sith lâcha prise. Ce n'était qu'Isabo. Son regard parcourut la pièce plongée dans la pénombre.

      « Qu'est ce qu'il y a ? »

    La réponse ne vint pas. Elle se tourna vers l'Humaine.

      Tu as fait un cauchemar …

      « Encore en train d'espionner ? »

    La jeune femme acquiesça d'un signe de tête.

      « Je dois retourner sur Mirial. Ça ne peut plus attendre. »

    Elle ne pouvait l'avouer, mais Ranath se laissait malmener par cette ombre depuis déjà trop longtemps. Elle l'avait fui. Sans succès. Puis cherchée. Sans plus de succès. Finalement, c'était toujours elle qui décidait quand se montrer. Précisément comme un maître qui décidait quand convoquer son apprentie.


    * * *



    Dans le bureau, Isabo avait installé le dispositif de communication. Il servait peu. Il y avait des chances que la réception en fut mauvaise. Mais cela ne pouvait plus attendre, Ranath l'avait dit. Quand tout fut prêt, le Maître adressa un sourire froid à la Comtesse.

      « Laisse-moi. »

    Et sans un mot, sans une pensée, l'Humaine sortit. La Dame enregistra son message.

      « Varadesh. Depuis des mois nous oeuvrons chacune pour la croissance de l'ordre. Il est temps que je te fasse part de nos avancées. Et il est temps que tu me fasses un rapport détaillé de tes dernières missions. Retrouve-moi sur Dargul dès que possible. Suis les instructions que je t'envoie. A bientôt. »

    Restait à attendre. Et l'attente fut longue. D'autant plus longue que la Sith n'occupa son temps qu'à attendre. Son Apprentie l'obnubilait. Quand enfin le speeder envoyé chercher Varadesh à l'astroport s'arrêta devant le manoir, le calvaire prit fin. Un autre commençait aussitôt. La Pantoran passa la porte, refermée par Isabo qui tentait de se faire la plus discrète possible. Le Maître attendait dans l’entrée, vêtue d'une robe anthracite qui épousait ses courbes sans incommoder les moeurs mirialans, des Jedi mirialans. Elle tendit les mains pour serrer doucement celles de son apprentie.

      « Comment vas-tu ? »

    Et avant que la question ne fut posée, introduisit l’Humaine.

      « Je te présente Isabo Daerenth, Comtesse de son titre, mais avant tout une amie. »

    La concernée salua en silence. Elle n'osait pas parler, et pas encore penser. Mais son esprit déjà cherchait le contact de celui de l'Apprentie.

    Ranath revint à la Pantoran.

      « Viens. »

    Les deux femmes s'isolèrent dans un salon en rez de jardin.

      « Installe-toi. Tu veux boire ou manger quelque chose ? »

    Elle serait servie.

    La Mirialan vint s'asseoir en face de son élève.

      « Parle-moi de Thule. Comment est-ce ?

      Et Jeny ?
      »

    Le regard d’or de la Sith courait sur la peau céruléenne, cette seule couleur lui avait tant manqué. Et la mélancolie que déclencha le timbre de voix de la Pantoran fit regretter à Ranath nombre de ses choix, dont certains que l’apprentie n’avait pas manqué de contester bien en amont, sans même en avoir conscience. Varadesh avait toute l’attention de son maître.

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By Darth Varadesh
#34690
Note : Ce rp se passe chronologiquement après Hapès. Comme celui-ci est toujours en cours, je tâcherai d'en faire mention le moins possible.

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La lumière rouge sang du sabre illuminait les ténèbres, perçant le voile d'ombres environnant à chaque mouvement qu'il faisait. Auparavant solitaire, la silhouette encapuchonnée qui effectuait ces passes d'arme se retrouva soudainement accompagnée. Avec une violence inouïe, une seconde silhouette se jeta sur elle, traçant un sillon de sa propre lame qui vint se briser contre la sienne. Sabre contre sabre, chair contre chair, le duel avait débuté. Chaque coup qui était porté l'était avec une sauvagerie contrôlée, une rage à peine réprimée, portée par un intellect assoiffé de haine. Et cette haine était mutuelle, grandissait, enflait chaque instant un peu plus, gorgeant ces 2 ennemis jadis alliés.

Au détour d'un coup de lame, la capuche de la première silhouette fut tranchée suffisamment pour laisser entrevoir les tatouages complexes sur la peau, luisants sous la lumière du sabre qui les éclairaient. Et des yeux d'un jaune malveillant qui jetaient des éclairs, furieux de cette intrusion, furieux de cette trahison dont ils étaient témoins. Redoublant d'efforts, elle repoussa l'assaut de son ennemie, projetant son pouvoir et sa pensée tandis qu'elle tendait de transpercer la traîtresse. Sa haine était motivée par le sentiment de trahison et de rejet qu'elle ressentait, trompée qu'elle avait été.

De son côté, l'autre silhouette évoluait de façon fluide et simple, presque maladroite comparée à la première. Et pourtant, elle parvenait à esquiver chaque coup qui lui était porté comme si c'était un coup de chance. Mais la chance ne durait jamais éternellement et l'issue du combat ne se jouerait pas d'une façon aussi triviale. C'était par la démonstration de puissance pure que l'une survivrait tandis que l'autre trépasserait. La lame de la tatouée se fendit et trancha dans la chair, arrachant un cri de l'autre qui recula. Ses yeux à elle aussi étaient jaunes et il s'y lisait de la douleur, du chagrin et de la rage, le tout si entremêlés qu'on n'aurait su dire ce qui dominait en elle.

Crachant un juron et une malédiction, elle se porta de nouveau en avant. Le sang coulait de sa blessure, un sang rouge venant souiller la peau d'un bleu profond. L'élève se jeta de nouveau contre le maître et la danse de mort reprit de plus belle, tandis que le passage de flambeau, l'héritage, se transmettait de la seule manière possible chez ceux de leur espèce. Alors qu'elle blessait à son tour son ennemie qui avait jadis été son univers, elle croisa son regard et tout à coup, éclata de rire. La trahison était un fruit amer mais en ce jour parmi les jours, elle savourait la peine qu'elle causait à la verte. Et cette peine lui procurait de la force, revigorait ses membres fatigués, chassait sa propre tristesse.

Les yeux de la Dame Sombre luisaient comme elle s'apprêtait à cracher son jugement sans appel sur son apprentie, prête à appliquer la peine capitale pour cette traîtrise. Les 2 lames se levèrent de part et d'autre...




Et elle se réveilla, trempée de sueur dans son lit, essoufflée qu'elle était, tremblant encore de ce qu'elle avait vu. Un rêve, ce n'avait été qu'un simple rêve, rien de plus. Ah bon, en était-elle vraiment certaine ? Le rêve lui avait semblé si réel pourtant, si crédible. Était-ce réellement un rêve ou une vision d'un avenir inexorable qui attendait, patient, qu'elle ne vienne à lui ? Cela l'amena à se poser la question suivante qui lui venait naturellement : voulait-elle qu'un tel avenir ne se produise ? En toute franchise elle l'ignorait. Selon les jours et ses humeurs, il lui arrivait de souhaiter en finir avec Ranath ou de la retrouver pour boire à la source de sa connaissance avec avidité.

Elle quitta le lit, sortit de sa chambre et alla s'asperger le visage d'un peau d'eau. Elle avait une mine épouvantable, fatiguée qu'elle était. Depuis sa rencontre avec Lyria, les cauchemars avaient été légion et ne faisaient qu'empirer. La proximité d'une Sith si puissante tourmentait son sixième sens et provoquait chez elle des visions tantôt terrifiantes, tantôt horribles, tantôt dégoûtantes mais jamais agréables. Fallait-il y voir là un autre signe révélateur ? Peut-être. Perdue dans ses pensées, elle ne réalisa pas immédiatement que son astromech tentait de la contacter depuis le cockpit.

Soupirant rageusement, elle frappa contre le miroir, le brisant en de multiples morceaux et crachant de frustration autant que de douleur. Evidemment, elle s'était blessée légèrement et dut mettre un bandage rapide. Ensuite elle rejoignit l'avant de son vaisseau pour voir ce qu'il y avait. La réponse fut aussi surprenante qu'elle déclencha des émotions contradictoires chez la jeune fille. La Dame Sombre l'appelait à venir à elle, sans qu'il n'y eut de discussion possible. Et une fois encore, joie et irritation se lovèrent dans son cœur, s'affrontant pour le dominer. Pourrait-elle jamais clairement définir ce qu'elle ressentait pour son maître ?

Allez Phinéas, direction Dargul. Non, je ne compte pas te vendre en pièces détachées, ou vas-tu chercher des idées aussi saugrenues ?

L'explorer disparut à travers la nuit céleste, partant pour répondre à un appel qui ne pouvait être ignoré.

Préparer ces retrouvailles aurait dû être un exercice délicat en soi mais curieusement, ce ne le fut pas. Malgré une certaine nervosité, Varadesh décida qu'il ne servirait à rien de s'habiller comme une fichue princesse ou une fonctionnaire quelconque. Elle n'avait qu'à simplement s'habiller et se comporter comme elle était au quotidien. Aussi se rendit-elle une fois arrivée à Dargul à l'adresse fournie, un manoir qui semblait relativement luxueux de l'extérieur, quoique par endroits un peu mal entretenu, signe qu'il devait être habité depuis peu... Ou juste mal entretenu. Ranath l'y attendait, accompagnée par jeune fille humaine pas beaucoup plus vieille qu'elle-même ne l'était.

La Mirialan avait une robe ni trop osée ni trop fournie tandis que la Pantoran avait simplement un pull violet aux manches retroussées jusqu'aux coudes et un jean bleu clair. Pour un peu on l'aurait prise pour une simple touriste paumée dans un univers qui n'était pas le sien, celui des riches propriétaires du manoir. Remarquez c'était un peu l'idée et c'était aussi comme ça qu'elle était, dans le fond. Les robes, capuches et autres tenues de l'ancien temps ça ne lui allait pas aussi bien qu'à son maître. Elle ne se sentait à l'aise qu'en tenue de civile quelconque. A peine fut-elle arrivée que Ranath lui prit les mains en un geste de bienvenue curieusement tactile et sincère qu'elle ne lui connaissait pas.

Comme quelqu'un qui aide un autre Maître à préparer un coup d'Etat d'ampleur régionale. Et toi ?

Fatiguée, pour ne pas dire épuisée, quelque peu sur les nerfs face à la pression de ce genre de campagne, inquiète, soupçonneuse, méfiante, excitée, exaltée, frénétique. Tout cela et bien d'autres choses encore. Ce n'était pas tout les jours qu'on vivait ce genre d'aventure, pour le meilleur et pour le pire. Lui fut alors présentée la fameuse Isabo, petite chose tellement innocente et fragile qu'on ne pouvait que se demander pour quelle raison elle traînait avec une Sith. Un regard doré et un hochement de tête poli qui ne parvint pas tout à fait à cacher sa méfiance. Amie ? De la Dame ? Voilà qui était peu réjouissant. Dans son esprit, amie résonnait comme rivale, ennemie, adversaire. Un obstacle sur le chemin toujours fluctuant de l'apprentissage, toujours dangereux et mouvant.

Bonjour Comtesse Daerenth, les amies de mon maître sont mes amies.

On n'en doutait pas une seconde.

Les iris dorés la gratifièrent d'un regard langoureux tandis que ses lèvres formulèrent un léger sourire, mi-amusé mi-sarcastique. Oh, pauvre petite chose, il est clair que Ranath ne t'a rien appris des dangers que tu cours en la fréquentant. Elle lui semblait si facile à casser la pauvre Isabo. Peut-être que ça finirait par arriver un jour. Maintenant versée dans les arts obscurs, l'apprentie ressentit l'esprit de la gamine qui tentait presque involontairement de toucher le sien. Fronçant les sourcils tandis qu'elle suivait son maître, elle étendit également le sien à sa rencontre, projetant sans honte son aura, jadis frêle et presque douce, aujourd'hui plus forte et beaucoup plus obscure.

Il n'y avait pas de mal à ce que la petite ne prenne enfin conscience de qui elle fréquentait après tout. Le contact visuel fut toutefois rapidement coupé lorsqu'elles furent isolées dans une pièce. Enfin seules. Le maître et son apprentie. Elle hocha la tête négativement à la première question, elle n'avait pas faim ni soif. Plus précisément, elle préférait garder sa conscience au clair pour cette entrevue. Il ne faisait pas bon de prendre le risque d'abaisser ses défenses même de façon infime devant la Dame. Assise bien droite, mains croisées sur la table, l'apprentie soutint le regard de la Mirialan, s'efforçant de rester calme au moins en surface.

Thule. Oui. Nous avons réussi à la faire basculer de notre côté, rappelant au seigneur de guerre en place, un certain Gregor Eisenhorn, que son monde et son peuple ont toujours été liés à l'Ordre. Ça n'a pas été sans difficultés, il a fallu que nous parvenions à atterrir à la surface après avoir été pris en chasse par leurs défenses, puis il a fallu les convaincre de nous mener à leur chef et ensuite nous avons rencontré le grand prêtre de leur temple Sith. Cette partie a été la plus délicate des négociations, si j'ose dire. Il a tenté de m'assassiner et de retourner Jeny contre nous, en vain.

Nous l'avons abattu, même si ça n'a pas été sans mal. Il avait un grand nombre de fidèles qui ont tenté de nous barrer le chemin. Après quelques jours de récupération, nous avons repris les négociations avec Eisenhorn et il a accepté. En revanche, il a exigé une compensation en échange de sa loyauté. La moitié des gains en argent ou artefacts pour lui et les siens d'une part et d'autre part, l'assurance que rien de ce que nous exigerons de lui ne menacera Thule ni son peuple. J'ai accepté, sachant qu'il n'y avait pas d'autre moyen. Je pense qu'il est malléable et qu'il saura bien te servir. Il m'a également donné quelques documents sur datapad que voici : les formules de création des cristaux de sabre laser Sith, un parchemin qui semble parler de la confection d'amulettes enchantées Sith et des noms et coordonnées de mondes de la Caldeira Stygienne : Upekzar, Korriban, Dromund Kaas, Rhellg, Athiss et Ziost.


Elle fit une pause à ce moment, autant pour laisser Ranath digérer le résumé que pour réfléchir à comment elle allait aborder la suite, quelque peu délicate. Il y avait des chances qu'elle se fasse réprimander pour ce qu'elle allait dire mais bon, c'était un risque à courir.

Il s'avère également que pour obtenir sa loyauté, j'ai dû lui mentir. Non pas sur les promesses faites - qui n'engagent jamais que ceux qui y croient - mais sur mon identité. Il n'aurait jamais accepté de s'incliner devant une simple apprentie, aussi ai-je dû me faire passer pour ce que je ne suis pas. J'ai dû lui faire croire que j'étais la Dame Sombre.

Voilà, elle l'avait dit. C'était fait, elle s'en sentait libérée, d'une certaine manière. Le mensonge ne la dérangeait pas outre mesure d'habitude, mais là c'était autre chose. S'attribuer des mérites et des pouvoirs qui n'étaient pas les siens la dérangeait infiniment plus, d'autant qu'il était question du trône des Sith, une position qu'elle se savait encore très loin de mériter. Vint ensuite la seconde question. Jeny. Hmm. Sujet délicat s'il en était. Que dire sur la jeune femme ? Là encore, des émotions contradictoires à son sujet. De la confiance ? Pas exactement. De la méfiance ? Assurément. De l'amour ? Pas un seul instant. Du désir ? Oui, ainsi que de la passion. Difficile de tirer une conclusion satisfaisante à partir d'un tel magma d'émotions.

Je pense qu'elle est instable, dangereuse, une bombe à retardement prête à exploser à tout instant. Elle en est consciente, ce qui ne fait qu'empirer les choses. Elle est difficile à contrôler, bien que j'ai fini par m'assurer une certaine loyauté de sa part, du moins je crois. Je crois que tant qu'il y aura une Dame Sombre ou un Seigneur Noir pour canaliser ses tendances auto-destructrices, elle sera utile à tes plans. Mais je crains que même avec ta vigilance, elle puisse basculer dans la folie et devenir une ennemie aussi acharnée qu'impitoyable. Je recommande de la surveiller de très près et de se tenir prêt à exercer la sanction ultime si jamais ça devient nécessaire. En attendant, elle reste une alliée puissante. Je n'avais jamais entendu parler de facultés dont elle fait preuve.

Le silence qui retombe ensuite. A la différence de beaucoup de ceux qui ont eu lieu, celui n'est ni agréable ni inconfortable. Il est, c'est tout. La Pantoran rend son regard à la Mirialan et les 2 paires d'iris d'or se jaugent et s'examinent mutuellement. A quoi penses-tu donc, Dame Sombre ? Quelles sombres pensées, quels plans machiavéliques, quelles idées obscures jaillissent dans la matière grise de ton cerveau ?
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By Mya Tellis
#34707
    Le Maître écouta, patient. Darth Varadesh avait gagné Thule, à un prix que la Dame Sombre jugea excessif. Cependant il y avait du vrai dans les mots de l’Apprentie, à propos des promesses. La Sith apprécia néanmoins sa prise de précaution personnelle quant à certaines de ses affaires. Et au sujet de ce petit mensonge …

      « Tu n’as pas mal fait. »

    Non, en effet. Si Varadesh était la Dame Sombre, alors Ranath pouvait aisément se faire passer pour leur dieu. Un sourire ravi, de ce ravissement malsain qui suivait une victoire sournoise, se dessina sur les lèvres foncées du Maître. Attention cependant, si la colère ne s’exprimait pas, elle était bien là. Car la fin ne justifiait pas tous les moyens, et la vanité de Varadesh réoxygénait le brasier mourant de la haine de la Mirialan.

    La solution, n’oublie pas, tu as la solution.

      « Montre-moi. »

    Elle tendit la main en direction du datapad afin de prendre connaissance des informations collectées par Varadesh. Tout en parcourant les documents, la Dame Sombre se leva pour gagner le secrétaire désuet en bois qui trônait dans un coin de la pièce. Dans un tiroir, elle prit son datapad personnel, ainsi qu’une petite boîte de bois gravé. Une fois la copie des données initée, elle revint vers l’Apprentie avec le petit coffre, laissant les datapads à leurs affaires sur le meuble.

      « N’as-tu pas obtenu d’informations sur la Faucheuse dont tu m’avais parlé ? »

    Thule était un atout de taille, mais la vision partagée par Varadesh faisait mention d’une arme puissante qui avait suscité l’intérêt de la Mirialan. Soit elle savait quelque chose et ne l’avait pas mentionné, soit le temps imparti pour remplir la mission ne lui avait pas laissé le loisir de faires des emplettes. Le sourire persistait, bien que désormais plus discret.

    La Sith, assise en face de Varadesh, le dos droit, prit une brève inspiration. Ses doigts d’émeraude délièrent le loquet du coffre pour en soulever le couvercle, et elle en extirpa l’holocron pyramidal. D’un geste souple, et par le biais de la Force, elle le présenta à l’Apprentie, suspendu dans l’air au-dessus de la table.

      « Te souviens-tu de l’holocron d’Ajunta Pall ? Prends-le. Étudie-le. Le Seigneur Noir y a consigné ses mémoires. Je t’aiderai à l’ouvrir. Je n’impose qu’une seule règle concernant cet artefact … il doit rester ici. »

    Isabo était, pour l’instant, officieusement chargée de garder la poignée de trésors ramassés par Ranath, et il n’était pas question de voir l’holocron quitter le manoir.

      « Tu peux venir ici aussi souvent que tu le souhaites. Et tu peux faire confiance à Isabo, elle m’est fidèle. »

    Tout comme Jeny l’était, à la différence que la louve était une créature dangereuse et incontrôlable. Une fois encore, la Pantoran voyait juste, une analyse qui ravissait son Maître. Une bonne raison de lui laisser accès à l’holocron et à une partie du savoir du Seigneur Noir. Ranath devait alimenter l’esprit de son élève de nombreuses connaissances, les anciens récits devaient être connus. Et celui de Pall avait ça d’intéressant qu’il contait une partie de l’histoire sith. La Mirialan attendit que Varadesh prit l’artefact, et lui laissa un temps pour apprécier son contact, la couvant du regard. Quand l’Apprentie sembla de nouveau receptive, elle reprit.

      « Je n’ai pas suivi ton conseil, tu sais. Je suis allée courir après ces Sith de Sang Pur. Pour presque rien. J’ai néanmoins fait quelques découvertes intéressantes que nous trouverons moyen d’exploiter dans un avenir proche. Pour l’heure, je vais te montrer ce dont nous disposons déjà. »

    Alors que la pensée de Darth Ranath trainait déjà autour de l’esprit de Varadesh, la connexion s’affirma et le contact télépathique devint plus intense. Mettant à contribution sa mémoire active, la Sith partageait l’aperçu de ses récentes acquisitions. Les exploitations de Nouvelle Ator ; les pilotes de Malastare et leur réseau de contrebande ; les commerces douteux sur Balmorra et la Farghule déterminée ; Kala qui œuvrait sur Nar Shaddaa, surveillée par le petit Cathar à l’air sournois ; et Rengo, le chasseur brutal, qui s’emparait de toute une précieuse cargaison.

    Les images firent place aux remarques de la Dame Sombre, dont la voix résonnait maintenant avec douceur dans la pièce.

      « Ça peut ne paraître rien, mais c’est nécessaire. Nous devons jouer sur plusieurs plans, et tandis que nous nous immisçons sur Thule, en Tapani, en Hapès, nous devons aussi tisser une toile discrète entre les mondes que nous ne pouvons pas encore asservir. Nous serons partout. Chacun est aveugle, ne sachant pas qui nous sommes, mais ensemble ils formeront un réseau solide. Ce travail n’est pas gratifiant, mais il y a encore beaucoup à faire. Et j’aimerais que tu y prennes part d’une certaine manière. »

    Cette certaine manière ne servirait pas nécessairement l’Ordre, du moins pas directement, pas comme l’on pouvait sommairement l’entendre.

      « Je vais te faire don d’une somme d’argent conséquente, qui ne seras en rien reliée à l’Ordre. Tu l’utiliseras pour tes frais personnels, pour ton vaisseau. Et je te conseille d’en placer une partie en investissement. Rends-toi indépendante, vis-à-vis de moi, vis-à-vis de l’Ordre. Nous pouvons perdre une partie de nos ressources, nous pouvons tout perdre, mais toi ainsi tu auras aussitôt de quoi réagir. Il est essentiel que toi, pilier central de l’Ordre, tu prennes ce genre de précautions. »

    Par la suite, la Pantoran ferait bien ce qu’elle voudrait de cet argent, ce n’était après tout qu’un conseil.
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By Darth Varadesh
#34732
Grande fut sa surprise et c'est peu de le dire lorsque la Mirialan ne la remit pas à sa place pour son écart de conduite. Elle aurait été portée à croire que, blessée dans son orgueil que son apprentie puisse oser se prévaloir de ce qu'elle n'était ni ne méritait, cette dernière lui aurait signifié son courroux de la plus frontale des manières. Elle vieillissait peut-être... Ou alors elle avait autre chose en tête. Il était possible que le maître pensait différemment et n'avait que faire de ce genre de détail. Ou bien sa punition allait-elle être plus subtile que ça, c'était aussi possible.

Tendant le datapad faisant le point sur le dossier et contenant les quelques gains matériels qu'elle avait récupéré de la part du seigneur de guerre, elle laissa le temps à la Dame Sombre d'en prendre connaissance et de le recopier sur un autre. Les 2 datapads finirent rangés dans le coffre par la suite. Sans commentaire. Elle avait pris à la place un coffre de bois avec de curieux symboles gravés à sa surface. Intriguée, l'apprentie y jeta un regard discret et intéressé. Elle avait la vague impression d'entendre comme un murmure discret, étouffé et presque imperceptible qui en émanait.

Son attention centrée sur le coffre, elle n'entendit que tardivement la question posée et sursauta quand la réalité reprit le dessus. Détachant difficilement son regard du coffre, elle réfléchit. Finalement, la première question piège n'avait pas tardé à arriver on dirait. Il allait être compliqué de répondre sans passer pour une idiote qui avait simplement oublié cet objectif. Il faut dire qu'avec tout ce qui s'était passé dernièrement, elle avait eu autre chose à penser que cette fameuse Faucheuse Noire. Mais il faudrait bien venir au sujet à un moment ou un autre.

Eisenhorn nous a montré l'ancienne zone ou elle avait été crée et mise en marche. Il n'y restait que des ruines des laboratoires ou ils créaient cette arme et tant d'autres du même acabit. A part des débris, il ne restait plus rien de la Faucheuse elle-même mais j'ai eu une sensation étrange en me promenant parmi les ruines. J'ai senti comme un bourdonnement, semblable à ce qu'on peut éprouver dans la Vallée des Seigneurs Noirs sur Korriban. Je pense que cet endroit recèle toujours de la valeur, même si j'ignore encore comment nous pourrions nous en servir.

Finalement, avec une lenteur théâtrale et probablement calculée, la Mirialan sortit l'objet de la boîte et la déposa sur la table. Varadesh regarda alors, fascinée, la forme pyramidale se déployer et léviter légèrement, sa structure faite d'un métal doré brillant comme l'or mais qui n'en était probablement pas. Elle n'écoutait qu'à moitié les instructions de son maître, comme attirée qu'elle était par l'holocron qui exerçait sur elle une fascination étonnante. Elle l'avait déjà vu plusieurs mois auparavant et déjà elle s'était sentie très intéressée. A présent, l'intérêt était à son comble.

Un objet si petit, si peu important en apparence et pourtant détenteur d'un savoir et d'un pouvoir incroyables. En son sein existait l'héritage du premier des Seigneurs Noirs qui s'étaient arrogés le contrôle et le titre de Sith. Cet objet n'avait pas de prix et sa valeur était inestimable. Arrachant son regard à grand-peine de l'holocron, les yeux de la Pantoran, pétillants d'excitation, croisèrent ceux de la Mirialan. Elle se sentait revigorée et, s'il fallait être honnête, honorée par ce cadeau. Elle hocha la tête en un remerciement sincère, presque trop d'ailleurs. Ou était passée sa réserve d'avant ?

Merci Maître. Je tâcherai de me montrer digne de ce présent.

Il lui tardait déjà d'étudier plus avant l'holocron, d'interagir avec lui et son protecteur, d'en apprendre plus sur son contenu et sur les Sith de l'ancien temps. Cela lui permettrait peut-être de mieux comprendre son propre rôle et ce qui était attendu d'elle. A peine le temps d'assimiler ce cadeau que déjà la Dame enchaînait, évoquant d'abord les fameux Sith Purs (par rapport à qui ? Ces soit-disant grands ennemis dont plus personne n'entendait parler depuis près d'un an, singeant les véritables Sith ?) puis liant ensuite leurs 2 esprits, lui montrant ses nombreux actes depuis des mois et des mois.

Ensuite de quoi, elle lui expliqua ce qui était attendu d'elle pour la suite. Cela fit froncer les sourcils à Varadesh, particulièrement lorsqu'elle réalisa les implications des propos de son maître. Il fallait qu'elle devienne indépendante et libérée du reste de l'Ordre, autonome et capable de se débrouiller seule. Si l'idée n'était pas mauvaise en soi, afin de permettre qu'en cas de coup dur il subsiste un héritage vivace de l'Ordre et son avenir, elle trouvait étonnant que la Mirialan prenne soudainement de telles précautions. Y avait-il quelque chose qu'elle taisait et qui l'inquiétait ?

Avons-nous quelque chose à craindre de particulier qui puisse nous menacer ?

Quelle question amusante. Il n'y avait que l'embarras du choix dans la petite liste, l'Empire, la Nouvelle République, les Jedi, les criminels... Et c'était sans compter leurs propres rangs. Odion, Lyria, même Jeny, ils étaient tous dangereux et susceptibles de se retourner contre elles d'un moment à l'autre pour une raison ou une autre. On pouvait même y ajouter Ranath et Varadesh, chacune pouvant être l'ennemie mortelle de l'autre. Rien d'étonnant à ce qu'il y ait tant de précautions constantes. Prudence et méfiance étaient leurs meilleures défenses contre un monde extérieur qui ne leur voulait que du mal.

Si les choses devaient en arriver au point ou il ne resterait que moi, que devrais-je faire ? Devrais-je trouver un apprenti pour lui transmettre mon savoir ? Quel serait mon rôle ?

Un apprenti ne savait que peu de choses de ce qu'on attendait de lui en général. Il apprenait, progressait, assimilait. Il buvait à la source de son maître, avidement. Il luttait pour obtenir chaque graine de savoir et de puissance. Il savait qui étaient les Sith et leurs revendications. Mais quoi faire et dans quel lointain but, c'était autre chose. Le regard de la jeune fille ne cessait d'aller de Ranath à l'holocron et inversement. Elle n'arrivait pas à savoir ce qui la fascinait le plus entre ces 2 choses.
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By Mya Tellis
#34763
    L’holocron était une récompense d’une grande valeur, et l’Apprentie en avait bien conscience. Elle se souvenait peut-être, que son maître le lui avait promis en échange de l’épée de Pall. Varadesh avait échoué, elle y avait même perdu son sabre. Mais sa performance sur Yavin IV, et le grand pas vers Thule, valaient bien l’holocron. Ce n’était pas se dédire, après tout. Il manquait néanmoins la Faucheuse. On était d’humeur magnanime. Et Ranath gardait à l’esprit que l’Apprentie, fort méritante, devait être gavée de savoirs.

    La suite mêlait pragmatisme et idéalisme, une recette bien paradoxale, autant pour le maître que pour l’apprenti.

      « Tout est menace. Les gouvernements, les ordres de la Force, nos propres collaborateurs. Tout peut basculer soudainement, nous pouvons l’anticiper, mais nous avons aussi des ennemis, qui ne se sont pas encore déclarés, et qui peuvent nous blesser grièvement. Méfie-toi. De tout, sans en donner l’air. »

    Même de moi, tout comme je me méfie de toi. La Dame Sombre savait son élève lucide sur la situation. L’esprit de Varadesh était vif, et sa pensée pertinente.

      « Tu ne serais pas obligée de trouver un apprenti. Néanmoins, je te le recommande. Pour toi, pour l’Ordre. S’il ne restait que toi, ton rôle serait alors le mien. Tu hériterais de tout, de nos contacts, de nos amitiés, de nos secrets. Tu devras te méfier de chacun, car tous ne seront pas d’accord avec le changement soudain. »

    Tout irait à Varadesh, absolument tout. Ranath travaillait pour son propre compte, bien évidemment, mais la finalité était dédiée à la Pantoran.

      « Tu deviendrais la Dame Sombre, et seule la Sith te soufflera ta mission. Je crois que nous devons travailler, pour l’heure, à prendre le contrôle d’organisations profitables, du réseau de contrebande jusqu’au parti politique. Nous n’épargnerons rien ni personne. »

    La Mirialan se leva encore. Isabo avait préparé le deuxième datapad avant l’arrivée de l’Apprentie. Ranath le ramena du côté de la table.

      « Prépare-toi à endosser cette responsabilité. Tu dirigeras bientôt l’Ordre Sith. Je crois pouvoir me targuer d’avoir insufflé en toi suffisamment de colère pour nourir ta passion et inspirer ton pouvoir. Encore un peu de pratique, ainsi que de patience, et tu seras prête. »

    Un sourire, à la fois charmant et effrayant, illuminait le visage de la Dame Sombre.

    La Sith pianotait sur l’écran, semblant réfléchir.

      « Que dis-tu … d’un million. De crédits. Que cela ne te fasse pas tourner la tête. Achète quelque chose de profitable. Et réfléchis dès à présent à un lieu sûr et secret où tu pourrais te rendre au besoin. »

    Elle leva le nez vers Varadesh, dont le regard se promenait entre la relique et son maître.

      « De mon côté, je songeais à acquérir un vaisseau. Mon Maître avait pour projet de loger son ordre dans une forteresse mobile, un croiseur discret par exemple. Que pense-tu de son idée ? »
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By Darth Varadesh
#34775
Se méfier de tout et tous mais collaborer avec tout et tous. Un paradoxe frappant et difficilement compréhensible, un numéro d'équilibre délicat auquel elle se livrait pourtant inconsciemment depuis le premier jour sur Korriban. L'exemple le plus frappant en était Ranath, sa sauveuse, son maître, sa tutrice et plus encore d'une part mais, d'autre part, l'objet de sa rancœur et de sa haine, une source de jalousie profonde, d'envie et de fureur pour ce qu'elle était et pour ce qu'elle lui avait fait. C'était précisément cette relation si complexe, si contraire à toute logique et tout bon sens qui caractérisait les Sith.

Elle incarnait le futur et l'avenir de l'Ordre tandis que son maître en était à la fois le passé, le présent et le futur. Tôt ou tard, l'une des deux devrait céder sa place et s'effacer et ce changement ne se ferait probablement pas en douceur. Chacune avait besoin de l'autre tout en sachant qu'elles finiraient par rompre leur relation de façon sanglante. Il y avait quelque chose de vicié, de sale, dans ce rapport qu'elles entretenaient. Un lien vital et qui pourtant peu à peu les tuait, d'une certaine façon. La Mirialan ressentait-elle des regrets à se comporter ainsi avec elle ? Si c'était le cas, ça ne changerait rien. C'était ainsi qu'il devait en être, pour le meilleur et pour le pire, on ne pouvait séparer le bon grain de l'ivraie qu'en agissant ainsi.

Je ne suis pas prête. Ni pour avoir un apprenti ni pour être Dame Sombre.

L'aveu était étrange et lui était comme de l'acide coulant sur sa langue. Perpétuellement dépassée par les Sith qu'elle rencontrait, toujours en retard et loin derrière, Varadesh ne supportait pas cette situation et en ressentait une intense frustration. Pour autant, il lui fallait bien reconnaître la vérité. Était-ce de la faiblesse que d'avouer cette incapacité, ce manque d'assurance ? Non, car cela ne signifiait pas qu'elle n'avait pas l'ambition de le devenir un jour. L'ambition était une bonne chose, tout comme la soif de pouvoir et la volonté de revendiquer toujours plus. Mais admettre ses limites c'était le premier pas pour les dépasser, les vaincre, pour aller au-delà. L'imbécile ignorant et orgueilleux au point d'ignorer ses propres faiblesses n'avait pas sa place parmi les Sith.

J'ai besoin d'en savoir plus. J'ai besoin... De progresser. De comprendre. D'atteindre les sommets auxquels je suis destinée. Apprends-moi, transmets-moi. Tu es toujours absente, occupée, tu me laisses seule et dans le noir, sans vision ni instructions.

Sa voix était devenue implorante, presque triste. Le maître devait enseigner à son apprenti. Il devait lui apprendre mais il ne devait sous aucun prétexte lui lâcher quoi que ce soit car l'apprenti devait mériter chaque parcelle d'enseignement. Mais ici la chose était différente, le maître n'enseignait pas ou presque jamais. Perdue dans un univers qu'elle peinait à comprendre, la jeune fille se débattait avec les chaînes de ses propres faiblesses, incapable de les briser sans indication même infime de la méthode à appliquer.

Bien sûr, on pourrait arguer qu'adresser des reproches à une Sith était le meilleur moyen de se retrouver dans une poubelle en plusieurs morceaux. Mais c'était oublier l'une des premières leçons qu'elle lui avait inculqué, à savoir être toujours sincère avec la Dame. Cela fonctionnait dans les 2 sens, la Mirialan ne se gênait pas de lui dire le fond de sa pensée, par les mots ou les actes et la Pantoran en faisait de même. Sa peur et son respect de son maître retenaient simplement habituellement sa langue d'aller trop loin. Il fallait croire que ça n'était plus le cas ou bien que la situation lui était trop incommode pour qu'elle se taise.

Elle ne put s'empêcher d'arborer un sourire amer à la dernière déclaration de celle-ci toutefois. Insufflé de la colère en Varadesh ? Elle ne croyait pas si bien dire, depuis maintenant une année au moins, l'existence de l'apprentie se construisait autour de la haine qu'elle lui vouait. C'était la soif de vengeance pour le mauvais traitement et les insultes, qui lui rappelaient un passé douloureux, qui la motivait. Leurs regards se croisèrent et une étrange communion sembla les lier un instant. Peut-être leur relation conflictuelle fonctionnait-elle si bien parce que l'une comme l'autre avaient été brisées par la dureté de leur vie., formant un rapprochement tacite.

Je dois t'avouer quelque chose, étant donné que tu parles de crédits. Je... J'ai déjà une certaine somme sur un compte à mon nom, Serena Jama. Alors que j'avais fait un petit détour sur Korriban, je ne sais même plus pourquoi, un individu étrange est apparu, expliquant qu'il travaillait pour des exécuteurs testamentaires. Je dois avouer que je n'ai pas tout compris, il me semblait tellement improbable qu'il puisse débarquer comme ça sur Korriban et m'avoir retrouvé alors que j'use de faux noms... Il connaissait même mon vrai nom de Sith... Bref... Il m'a annoncé que j'avais hérité des possessions de Ciaphas Cain, l'homme qui m'a amenée à toi.

Elle soutint le regard de son maître, réprimant à grand-peine le torrent d'émotions qui commençait à couler dans son cœur.

Cain est mort, je l'ai tué. Il m'avait contacté quelques jours avant que tu me convoques. Il voulait... Je ne sais pas, il croyait pouvoir me faire revenir à ses côtés, m'arracher à toi. Il savait, pour Korriban, pour toi, il menaçait de tout dire aux Jedi. Je ne savais pas quoi faire pour le convaincre de n'en rien faire mais je savais qu'il ne devait pas parler. Le secret est notre meilleure arme, c'est ce que tu m'as appris non ? Alors je l'ai rejoint chez lui à Chandrila, j'ai feint d'être d'accord et de tout abandonner et puis... Je l'ai tué. Quel autre choix avais-je ? Il fallait le faire taire.

Il fallait le faire, mais toutes les justifications qu'elle pouvait s'adresser ne feraient pas si facilement taire les voix qui l'accusaient de son crime. Trahison, meurtre de sang froid. De celui qui l'avait sauvée d'une vie d'esclave, qui l'avait recueillie, respecté, protégé. Qui l'avait amenée à la femme qui lui révélerait son destin, un but dans sa vie, un sens. Et pour toute récompense, pour tout salaire de sa bienveillance et sa protection, presque paternelle, il avait récolé la hache du bourreau qu'il ne méritait pas, le jugement expéditif le plus injuste qui soit.

Elle détourna le regard. Elle ne voulait pas que la Mirialan aperçoive l'ombre d'une larme qui commençait à couler le long de sa joue. Elle ne voulait pas qu'elle comprenne combien elle se sentait rongée par la culpabilité, par le remords, par la honte. Parce qu'alors elle aurait été vue comme faible. Et elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas, être faible. Survivre, avancer, coûte que coûte. Tout ne devait revenir qu'à cela, le reste ne pouvait pas, ne devait pas compter. S'essuyant le visage d'un revers de la main aussi discrètement que possible, l'apprentie se leva et se rapprocha de l'écran puis, avec la permission de Ranath, se mit à taper sur le clavier pour effectuer quelques recherches.

Il faudrait... Quelque chose de gros si possible, j'ignore quels sont nos effectifs mais un petit cargo pour 2 ne suffira probablement pas. Peut-être un Croiseur Consulaire ou un cargo YZ-775, tout deux de la CTC. Il y aurait également possibilité de se tourner vers une frégate X-401 F de la Chandrillan Corporation. Je pourrais peut-être même obtenir une réduction pour ce vaisseau-là, je connais quelqu'un de l'entreprise...

Elle rougit très légèrement, vaguement gênée à l'idée d'aborder ce sujet délicat. Mieux valait éviter de trop aiguiller la Mirialan, elle n'osait pas imaginer sa réaction si elle apprenait pour la jeune Prima.
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By Mya Tellis
#34777
    Il n’y avait aucune faiblesse dans la lucidité de la jeune femme. Elle n’était pas prête, son maître le savait. Et le reconnaître était à porter à son crédit. Cependant, il n’était pas trop tôt pour aborder le sujet. Cela donnait l’occasion d’y réfléchir sérieusement, et pas de manière légère comme on pouvait imaginer un apprenti rêver à la place du maître.

      « J'ai besoin d'en savoir plus. J'ai besoin... De progresser. De comprendre. D'atteindre les sommets auxquels je suis destinée. Apprends-moi, transmets-moi. Tu es toujours absente, occupée, tu me laisses seule et dans le noir, sans vision ni instructions. »

    Encore une fois, Varadesh avait raison. Elle avait été toute seule longtemps mais s’en était très bien sortie. Des regrets, non, mais une volonté de procéder différemment.

      « Je sais, pardonne-moi. »

    Elle retint un geste vers la Pantoran. Ce fut tout. Pas de niaiseries ni de confessions, pas de sentiments dégoulinants. Chercher le repentir auprès d’elle était une erreur à ne pas commettre. C’était se rendre ridicule pour ne rien récolter en retour, rien d’autre que son dédain. Assez, elle en avait déjà assez eu, du mépris de Sabina. Elles se l’échangeaient à grandes volées, à qui détesterait le plus fort.

    Un soupir.

    Le sourire mi figue mi raisin de la jeune femme se trouvait être la traduction parfaite du sentiment de la Dame Sombre. Ce n’était pas une fierté que d’avoir inspiré tant de haine. Il n’y avait pas de quoi s’en vanter. C’était cependant la triste vérité, et en résultait une praticienne performante. C’était déjà ça. Toujours pas de remords. Ils s’étaient effacés, avec le temps. La Mirialan avait eu des regrets, la minute qui suivit le premier revers, elle avait tenté de les exprimer, en vain. Alors elle avait rangé ça dans un coin. Ça resurgirait, sans aucun doute, ça deviendrait la cause d’un conflit, une vieille rancœur traînée, lessivée. Ça viendrait de l’une, ou de l’autre. Du côté du maître, on avait admis une certaine tendance à la jalousie. Un grand pas.

    La question de l’indépendance financière fut vite réglée. Si Sabina rechignait à mettre la main sur un million, c’était que Cain lui avait certainement cédé plus, bien plus. La Sith n’en fit pas le commentaire, préférant écouter le récit, et percevoir la tristesse. On pouvait sécher ses larmes, mais l’âme, elle, criait ses maux.

      « Ne cache pas ta peine. La disparition d’un être cher est toujours douloureuse. »

    Toutes les morts étaient douloureuses pour Ranath. Sa mémoire ne semblait en oublier aucune, et chacune venait la hanter une fois la nuit tombée.

      « Tu as agi par nécessité. Je me permets de penser que les Jedi n’auraient pas été mécontents de savoir à quoi j’occupe mes journées. »

    Le Conseil savait ce qu’il était advenu de leur Chevalier disparu. Hayley savait. Pour autant, la Sith n’avait jamais reçu la visite de son ancien maître, ni même d’un autre Jedi. Était-ce la chance ? Ou l’inconséquence des bien-pensants ?

      « Tu nous évites bien des désagréments. »

    Que savait Varadesh à propos de Mya ? Fallait-il lui raconter cette histoire sans intérêt ? Rien n’était moins sûr. L’ancienne Jedi conservait précieusement ses petits secrets. Non pas que la honte la prit, mais simplement par prudence. La déchéance d’un Jedi provoquait bien des émotions, même chez les Sith. Satisfaction chez les uns, haine profonde chez les autres. Autant garder l’information pour soi.

    La chose que pouvait déplorer Ranath, c’était d’avoir perdu un potentiel associé. Un type un rien lucide, mais quand même pas bien malin, qu’on aurait pu exploiter un peu. Un genre de Kehera. Ne disait-on pas un de perdu, dix de retrouvés ? Les occasions de s'acoquiner avec les pirates de son genre ne manquaient pas. La Sith avait juste pensé le faire plus facilement avec Cain.

    D’un œil attentif, la Mirialan suivait les recherches de Varadesh. Elle avait de la suite dans les idées.

      « Tu connais quelqu’un ? »

    Le Maître lui offrit à admirer un air faussement surpris, un rien perplexe.

      « Nous avions la Prima Tega. Et je crois savoir que tu avais fait plus ample connaissance avec sa pupille. »

    Il n’y avait là aucun sous-entendu, un simple constat. Pendant que Ranath conversait avec la Prima, Alayna et Sabina avait couru la fête. Mentalement, la Sith les avait superficiellement suivies. Elle ne pouvait en déduire que ce qu’elle avait vu : les deux gamines avaient passé du temps ensemble.

    L’évocation de la Confédération et de sa Prima réveilla chez la Mirialan une douleur diffuse. Son cœur s’en trouva un instant comprimé. Maya Tega avait été un être incroyable. Incroyablement humaine, incroyablement surprenante. D’une détermination sans égal, et courageuse. Le temps de se faire promettre une mort violente par un Sith sanguinaire, la Dame Sombre s’était laissée inspirer par la Prima. Son décès, appris par le biais de l’holovision, l’attristait, plus qu’elle ne l’aurait voulu.

      « Nous avons besoin de deux vaisseaux. Un cargo, aux dimensions raisonnables, pas besoin d’armement outre mesure. Le Consulaire ferait très bien l’affaire. Et pour nous … la Frégate serait parfaite. Mais, je dois bien te l’avouer, et c’est désagréable à dire, c’est pour l’instant hors de nos moyens, même avec un rabais.

      Qui connais-tu là bas ? Je suis curieuse de savoir ce qu’il peut faire pour nous.
      »

    La question réglée, la Mirialan rendit son datapad à Varadesh, celui qui contenait les coordonnées acquises sur Thule.

      « Tiens. »

    Elle le lui tendit, songeant que l’Apprentie en savait désormais autant qu’elle.

      « Nous allons retourner sur Mirial. »

    C’était dit sans émotion.

      « Mon différend avec la Grande Sœur prend des proportions dangereuses. J’aimerais que nous allions chercher Ophillia. Elle pourra rester ici, ou où tu voudras. Et j’ai besoin d’Amyelle. »

    Pourquoi ? Comment ? Ce n’était vraiment pas le sujet.

      « Nous partirons demain matin. Tu n’y vois pas d’inconvénient ? »

    Et une invitation …

      « D’ici là, si le cœur t’en dit, je pourrais te montrer comment ouvrir l’holocron. »
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By Darth Varadesh
#34788


Pardonner ? Pardonner quoi ? Pardonner qui ? Il était du privilège du Seigneur Noir et de la Dame Sombre d'être au-delà du jugement des autres, même s'il n'était pas digne du pardon. Celui ou celle qui devait être le maître incontesté des Sith, le sommet de la chaîne alimentaire galactique, celui-là n'avait pas à être pardonné. Il était au-dessus de telles considérations, de la part d'une simple apprentie plus encore. Tout comme le Rancor ne pouvait être jugé par le rat-womp, la Dame Sombre ne pouvait l'être par son apprentie. Si jugement il y avait - et il y en avait logiquement - il n'avait pas plus de valeur que l'opinion d'un Jedi pour la Dame.

Cette relation n'avait aucun sens. Aucun but, aucune finalité, aucun avenir, rien de positif ni de sain. Coincées dans une spirale de haine l'une pour l'autre, de dégoût et de rage, seul un vague respect avoué à contrecœur et une pure soumission de l'une à l'autre par la force permettait d'en maintenir la stabilité toute relative. Chaque jour empirait les choses, chaque instant en précisait la fin tragique, terrible et sombre mais nullement surprenante. Il en allait ainsi des Sith et de leur destin, il n'y avait pas besoin qu'il y eut de l'empathie, de l'attachement ou de l'amour, il ne fallait que la domination du maître sur son apprenti et la transmission du savoir pour assurer l'avenir, un avenir pour un Ordre fort.

La haine de Varadesh pour Ranath était parfois si grande qu'elle l'étouffait. Et parfois elle était si faible qu'il s'en serait fallu de peu pour que le pardon ne vienne. Mais chaque fois, elle s'en trouvait empêchée par quelque impératif inconscient. Le plus triste résidait en ce que la jeune fille comprenait parfaitement que la Mirialan eut réagi aussi violemment et qu'elle était, en partie, d'accord avec ses paroles. Mais le geste avait rouvert une blessure profonde qui ne guérirait peut-être jamais. Et là était la source du conflit. Alors, lorsqu'elle vit la main de la Dame faire mine de se rapprocher d'elle, grande fut sa surprise.

Je te pardonne.

Un murmure soufflé bas, très bas, si bas que peut-être il ne serait pas entendu. Pardonnait-elle uniquement le temps perdu, passé seule ? Ou plus encore ? Le savait-elle elle-même ? Probablement pas. Le brasier des émotions qu'elle ressentait pour Ranath ne cesserait jamais de brûler. Et la haine, peut-être, ne reviendrait que lorsque viendrait le terme de leur lien, lorsque le fort devrait se lever pour mettre à bas le faible et prendre la succession qui lui revenait de droit. La chaîne ne devait jamais être rompue, il fallait toujours que seul le meilleur, le plus capable, le plus rusé, le plus fourbe et le plus déterminé ne règne.

Plus surprenant encore fut le propos d'ensuite. Elle avait craint une remontrance pour ce signe de faiblesse qu'était la tristesse. Qu'on lui aurait expliqué d'une voix neutre et le visage impassible qu'il valait mieux aller de l'avant et laisser le passé au passé. Qu'il n'y avait pas besoin de s’appesantir sur la douleur. Tout cela ne l'aurait pas choqué après tout, car c'était la vérité. Comment alors expliquer cette simple phrase de réconfort qui n'en était pas exactement une mais sonnait comme telle. Quel était le but derrière cette parole ? Comment affirmer qu'il s'agissait d'une manipulation ou une réaction normale, banale ?

Un temps de silence pendant qu'elle effectuait ses recherches sur le terminal. Elle tourna la tête, surprenant l'air étonné de la Mirialan. Elle appréciait cette expression, un peu comme un charognard se délectait de surveiller un mourant jusqu'à ce qu'il succombe pour venir se repaître de sa chair, elle appréciait de voir lorsque son maître était pris en défaut, même de façon infime. Personne n'avait prétendu que tout allait bien chez la Pantoran après tout... Elle prit une expression vaguement gênée et fit une petite moue.

Je connais quelqu'un qui je pense doit avoir le bras suffisamment long pour nous apporter son aide, dans ce domaine et dans d'autres. Je préfère ne pas dévoiler son identité pour le moment, je pourrais me tromper... Et puis, c'est toi qui viens de me dire de trouver mon autonomie vis-à-vis de tous, même toi, après tout.

Elle offrit un sourire espiègle à la Dame, le genre de sourire la faisant tout à fait ressembler à la jeune adulte qu'elle était encore, le genre qui donnait envie aux uns de se damner pour elle et aux autres de la tuer pour l'avoir. Quand le maître ordonne, on obéit n'est-ce pas. Elle se redressa de sa position accroupie devant l'holo-écran, frôlant de très près le bras de la Mirialan au passage. Ce contact manqué devait probablement être le geste le plus ressemblant à de la sympathie depuis le début de cette conversation. Édifiant.

Mains croisées au niveau de la poitrine, la Pantoran ne put cacher sa perplexité ensuite. Mirial ? Pourquoi faire ? Des mois déjà qu'elles en étaient parties. L'apprentie avait voulu y retourner à plusieurs reprises, seule s'il le fallait, pour la revoir. Mais elle ne s'y était jamais résolue, il y avait toujours eu quelque chose à faire, une tâche à mener à bien, une instruction qu'on ne pouvait pas refuser. Balivernes, ça n'aurait pas pris plus de 2 ou 3 jours d'y aller et d'en revenir, tout ça n'était que des excuses. La vérité était qu'elle ne savait toujours pas quoi penser d'elle. Comment l'aurait-elle pu ? Comment devait réagir un Sith face à sa propre progéniture ? La preuve vivante de son échec, sa transgression, sa faute ? Par la honte ? La contrition ? La culpabilité ? La fierté ? La défiance ? Comment, comment ?

Faut-il s'attendre à des complications ? Cette vieillarde causera-t-elle des problèmes, elle et ses disciples ?

Amyelle lui avait semblé sympathique et digne de confiance pour sa part. Les autres elle ne les avait pas trop vu ni fréquenté, mais elles avaient été là pour son accouchement. Quant à la Grande Sœur... Elle avait vaguement eu l'impression d'une tension entre elle et son maître et avait senti qu'elle n'était pas en grâce aux yeux de la vieille femme. Peut-être celle-ci avait-elle su déceler sa nature profonde, malgré l'avertissement de Ranath et leurs précautions. Il faudrait peut-être s'inquiéter d'un comité d'accueil quelque peu froid, voire pire encore, comme une tentative de les chasser du sanctuaire. Elle haussa les épaules en réponse à la question de ce qu'elle en pensait. S'il le faut.

L'holocron... Oui, j'aimerais l'étudier avec toi. Qui était exactement Ajunta Pall ?

De vagues explications sur l'individu glanées dans l'académie poussiéreuse de Korriban et guère plus. Tant de savoir avait été perdu avec la chute de l'Impératrice, tant de connaissances dispersées dans des endroits secrets et bien gardés. Traetius, dans sa stupide arrogance, avait préféré cacher tout le savoir acquis que de permettre aux Sith d'y avoir accès. Idiote. Elle avait bien mérité sa déchéance aussi rapide que définitive, preuve de sa faiblesse. Ce n'était surement pas Dame Lyria qui dirait le contraire, songea-t-elle avec amusement.

Ranath lui fit signe de la suivre et, l'holocron en main, la mena à une pièce adjacente vide, conçue pour la méditation. Elles se mirent en place l'une à côté de l'autre et la Mirialan posa le trésor au sol, non loin devant elles. Une fois encore, Varadesh s'en trouva fascinée par l'artefact et son regard ne cessait d'aller de la Dame à l'holocron et inversement, ses yeux dorés brillant d'excitation et d'avidité. Ce n'était pas uniquement le fait de pouvoir apprendre à accéder aux secrets de l'holocron qui attisait sa joie mais bien le fait de voir son maître là, à ses côtés, enseignant et apprenant. Un maître et son apprenti. Cela lui avait tant manqué depuis les premiers jours sur Korriban. Tellement manqué.
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By Mya Tellis
#34796
    C’était un demi mensonge, Ranath ne proférait pas l’entière vérité. Son différend avec la vieille femme en était resté au stade de leur dernière visite, à savoir une cohabitation froide et distante, quelques remontrances, un brin de défi. La récente anxiété de la Dame Sombre n’était que peu liée à la Grande Sœur, elle pressentait autre chose, voyait venir un danger encore divulgué. L’implication des Mirialans n’était pas certaine. Cependant, la longue explication qui menait à la conclusion « allons sur Mirial » aurait apporté son lot de questions et de doutes, peut-être de reproches. Et Ranath n’avait pas de temps à perdre avec les retenues de quiconque concernant ses visions. Elle avait déjà fait l’erreur avec Helera, elle ne recommencerait pas. Aussi allaient-elles au devant de l’inconnu, espérant retrouver l’enfant sans difficulté, mais sans savoir ce qui les attendait vraiment au temple.

    Le Maître prit une brève inspiration.

      « La culture tribale mirialan veut que la Force soit duale, divisée par les deux aspects Bien et Mal. Tandis que le pan lumineux est masculin, plein de bonté et de franchise, le pan obscur est féminin, emprunt de perfidie et de malfaisance. Néanmoins, c’est vers l’Équilibre qu’on cherche à tendre, parce que la Force, toute bipolaire soit-elle, est équilibrée. »

    La Mirialan offrit à son apprentie une moue dubitative avant de reprendre l’explication.

      « Par conséquent les femmes se doivent d’être plus pieuses que les hommes, pour compenser leur obscurité naturelle. Et de manière générale on considère qu’une femme doit être mariée, à un homme évidemment, afin d’endiguer sa malfaisance, toute aussi naturelle. Vois-tu ? »

    Une nouvelle inspiration, un peu plus longue. Elle passait sur le vocabulaire mirialan, Aya la Force, et tout le reste. De toute façon les Mirialan ne s’exprimaient qu’en Galactique en présence d’étrangers.

      « Bien, donc le cas de la Grande Sœur, et par extension de ce temple, est tout à fait particulier. Voire exceptionnel. Ce sont de vraies nonnes, vouant un culte sans restriction à la Lumière. Elles sont loin d’appliquer le principe fondamental de l’Équilibre, totalement dévouées à la cause lumineuse pour une compensation plus globale des plaies de Mirial et de son peuple. En somme, des fanatiques. »

    Elle eut un geste de la main, comme pour faire taire toute potentielle question de la Pantoran.

      « Ophillia ne risque rien. Les Sœurs ne sont qu’à peine sensibles à la Force et à toutes ses nuances. Elles ne perçoivent même pas la nature d’un être de Force, seule la Grande Sœur en est capable. L’esprit d’un enfant est malléable, je voudrais seulement que nous allions la chercher avant qu’elle ne soit en âge de comprendre les inepties de cette folle. »

    Le Maître saisit l’holocron, elle en avait presque terminé avec son explication. Encore un conseil …

      « Méfie-toi de la Grande Sœur, méfie-toi de la Lumière. »


    * * *


    Le Maître invita l’Apprentie à s’asseoir par terre, sur le tapis tissé qui s’avérait être le seul objet présent dans la pièce. Les deux grandes fenêtres qui donnaient sur une partie isolée du jardin avaient vu leurs verres d’origine remplacés par un vitrail teinté de bleu, de vert et de jaune, ce qui plongeait la pièce dans un clair-obscur agréable pour les yeux. La voix de la Mirialan rompit le silence qui ici était souverain.

      « Ajunta Pall était le premier Seigneur Noir. Un Maître Jedi, tout d’abord, puis un Jedi Noir. Il y a environ sept mille ans. »

    L’histoire, racontée par Ranath, avait un ton de comptine.

      « Il a un temps côtoyé les Sith de Sang Pur, et c’est en les soumettant qu’il devint Seigneur Noir des Sith et fonda son empire, celui que nous appelons aujourd’hui l’Ancien Empire Sith, dont Ziost était la capitale. »

    La Sith esquissa un sourire en anticipant la suite.

      « Cet holocron était en possession de Darth Krayt. Il me l’a légué avant son départ, et m’a confié la tâche de faire prospérer l’Ordre pendant son absence. La trahison de Darth Odion, et le soutien que je lui ai apporté, ont quelque peu coupé court à tout espoir d’héritage du Nouvel Ordre Sith, nous livrant ainsi à nous-même. Je suis allée chercher l’artefact sur Ziost, là où mon maître l’avait caché pour moi. »

    Elle en profitait pour signifier avoir un temps d’avance, connaissant déjà la Caldeira avant l’investigation sur Thule.

      « Il contient les mémoires du Seigneur Noir, en autres, les débuts de l’Empire Sith. Je l’ai déjà ouvert et débloqué la plupart des verrous. Je vais te montrer comment procéder, et tu pourras procéder d’une manière équivalente sur d’autres artefacts. Il y a cependant une barrière que je n’ai pas franchi, je voulais que tu puisses faire l’expérience véritable d’un artefact piégé. »

    Le sourire de la Mirialan était toujours là, il n’avait plus rien à voir avec ses habituelles manifestations obséquieuses, mais révélait plutôt une émotion sincère. La pensée du Maître se glissa auprès de l’esprit de l’Apprentie. Elles étaient liées, depuis le début, et il était facile pour elles de renouer un contact télépathique fiable.

      « Tu le ressens, l’holocron a une présence et une aura sensible. Tu peux te lier à lui, par la pensée, exactement comme on se lie avec quelqu’un pour converser sans mots. Essaie. »

    La Dame Sombre était déjà au contact de l’artefact. Elle constatait que les verrous étaient effectivement clos, comme elle l’avait voulu après sa dernière lecture, elle avait refermé l’holocron pour le montrer à Varadesh.

    Ce premier contact avec l’entité, celui que la jeune femme était sur le point d’établir, faisait l’effet d’un électrochoc renversant. L’apprentie, happée par la pensée, serait plongée dans l’obscurité totale, déboussolée, sourde et aveugle. La lumière reviendrait lentement, révélant la présence de l’holocron en un endroit propre à chacun. Pour Ranath cela avait été la forteresse, tout simplement. Plaquée au sol, contrainte par une force extérieure, il suffisait à la Pantoran de se relever, et de trouver l’artefact.

    Il y avait trois étapes connues de Darth Ranath. La première était l’obscurité. La deuxième la confrontation à la mort donnée et à ses cadavres. Et la troisième les réminiscences d’un passé douloureux et parsemé d’échecs. Face aux démons de Sabina, la Sith ne pouvait rien, elle se contentait de soutenir l’esprit de son élève, et veillait à ce qu’il n’arrivât rien à sa protégée. Au-delà de ces trois paliers, Pall livrait ses secrets et posait son énigme pour accéder au dernier savoir.
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By Darth Varadesh
#34811
Cette histoire sur la culture des Mirialans était intéressante et instructive. A en juger par l'expression à mi-chemin entre la désapprobation et le dégoût de son maître, elle n'était absolument pas d'accord avec la plupart des principes de ses semblables. Il faut dire qu'il y avait de quoi, si elle trouvait plutôt censée la séparation de la Force en 2 côtés, - ils suivaient bien le Côté Obscur et les Jedi le Côté Lumineux après tout - cette histoire de femmes naturellement mauvaises et hommes naturellement bons était d'un ridicule sans nom. Elle avait suffisamment croisé d'hommes pour pouvoir affirmer le contraire. Il n'y avait aucun côté meilleur que l'autre, les 2 étaient pourris. La différence se situait au niveau des individus.

Les Mirialans n'ont probablement jamais beaucoup prêté attention aux gens plutôt qu'à leurs divagations. Sinon ils se seraient vite rendus compte combien il est risible de diviser en bon et mauvais les gens tout comme la Force. Et j'imagine que ces messieurs bénéficient d'un extraordinaire laxisme dans la société mirialan puisqu'ils sont "naturellement bons et bienveillants" ? Pitoyable.

Elle eut un sourire sarcastique. Les hommes, toujours prompts à imposer leur volonté et leur domination "naturelle" au moyen d'affirmations religieuses sorties de leur cul. Elle se demanda si Ranath avait dû subir un mariage forcé et une contrition pour sa malveillance soit disant naturelle dans son passé. Cela aurait pu expliquer les relents d'amertume qu'elle croyait percevoir chez la Sith. D'un autre côté, ces croyances moisies n'étaient pas si fausses que ça si on considérait qu'une Mirialan se trouvait être Dame Sombre des Sith. Mieux valait ne pas partager cette réflexion à haute voix.

Elle fronça cependant les sourcils lorsque vint l'explication des résidentes du sanctuaire ou sa progéniture avait été laissée. Encore cette histoire de Lumière ? Mais pourquoi les gens qu'elle rencontrait étaient-ils tous aussi déconnectés de la réalité ou carrément cinglés ? Comme si quelque chose d'aussi manichéen et simpliste que la Lumière avait un sens, ces religieuses avaient passé trop de temps enfermées dans leur temple au lieu de s'intéresser à la manière dont se passaient les choses dans le vrai monde. S'aveugler aussi volontairement la mettait en colère, elle qui avait payé le prix fort pour ouvrir les yeux.

Si ce sont des fanatiques vouées à leur Lumière, il y a de grandes chances pour qu'elles ne nous laissent pas repartir avec Ophillia, particulièrement si leur supérieure a discerné ce que nous sommes vraiment. Nous devons être de vraies abominations à ses yeux, je doute qu'elle permette qu'une enfant "innocente" suive la même route que sa mère...

Qu'à cela ne tienne, s'il faudrait en arriver à un plan B requérant la violence et la manière forte, elle ne s'y soustrairait pas. Songeant soudainement à l'idée que son enfant puisse lui être arrachée et envoyée hors de portée, la jeune fille ressentit une bouffée de colère sourde. La complexité des émotions qu'elle ressentait, profondément contradictoires, ne parvenait pas à totalement étouffer ce qui était bien naturel mais qu'elle réprimait inconsciemment, son instinct maternel. L'enfant était la sienne, elle lui appartenait et ceci était la seule chose qui comptait.




La petite pyramide dorée posée sur le sol devant elle continuait de la fasciner. Elle ne la quittait pas du regard tandis qu'elle écoutait attentivement l'histoire que lui contait son maître. Elle trouvait le tout captivant, sa soif de connaissances ne pouvait qu'être satisfaite d'entendre ces récits du passé. La curiosité lui fit relever la tête pour observer le profil aquilin de la Mirialan, ses pupilles d'or scintillant d'un étonnement léger.

Alors, nous les Sith, nous descendons indirectement des Jedi ? Nous sommes nés parmi eux et avons trouvé notre propre voie par la suite ? Les Sith n'ont pas toujours été les Sith au sens ou on les entend maintenant ?

Quelle drôle d'idée. Elle avait toujours pensé qu'un peu à la manière des Jedi, les Sith s'étaient élevés de rien, de simples individus étudiant de leur côté la Force et apprenant à manipuler le côté obscur qui, par la suite, avaient découvert l'existence des Jedi et que de là, chaque camp avait compris qu'il ne pourrait exister que l'un d'eux en même temps. Savoir qu'ils étaient issus des Jedi était un peu déboussolant, peut-être parce que cela impliquait que sans Jedi, pas de Sith. D'un autre côté, cela prouvait également la faiblesse des Jedi.

La voix de la Dame la ramena à la réalité puis elle sentit une présence étrangère dans son esprit. Chaude, réconfortante d'une certaine manière, puissante, l'esprit de son maître lui tournait autour d'une façon presque protectrice. Pourtant, elle le savait, ça n'était pas exactement le cas. On pouvait qualifier les Sith de beaucoup de choses mais certainement pas d'être tendres avec leurs apprentis. La vie et ses difficultés devaient s'apprendre à la dure pour pouvoir les affronter seul par la suite. Ranath ne faisait que l'accompagner pour surveiller et intervenir uniquement si les choses allaient trop loin. Vigilante, sans faille, éducative mais pas protectrice.

Projetant aussi délicatement que possible son esprit vers l'holocron, l'apprentie fut étonnée lorsqu'elle en toucha les bords, constatant la chaleur anormale que dégageait l'artefact. Cette sensation n'était que dans sa tête mais dénotait d'un pouvoir latent, comme si quelque chose y était renfermé, quelque chose de conscient, à défaut d'être vivant. D'abord hésitante, elle tendit de nouveau sa pensée cette fois pour plonger dans les milliers de circuits minuscules composant la matrice de l'holocron. Cela lui fit l'effet d'un coup de poing en plein ventre qui lui coupa le souffle et la propulsa en arrière. Du moins fut-ce l'impression, en réalité elle était toujours assise, bien qu'elle toussa involontairement.

Elle partit de nouveau à l'assaut de la matrice et y pénétra pleinement. L'action était particulièrement risquée car cela ne manquerait pas d'éveiller le gardien de l'holocron en plus de potentiellement provoquer le verrouillage voire l'effacement des savoirs enregistrés dans ses profondeurs. Et cela ne manqua pas. Entendant un rugissement dans son esprit, l'apprentie se sentit comme aspirée hors de son corps pour s'écraser tête la première contre un sol invisible. Autour d'elle, les ténèbres. Non, pire que ça, le néant. Un vide obscur qui promettait un destin pire que la mort : l'oubli. Piégée éternellement dans ces tréfonds sans fin, elle ne pourrait que contempler les barreaux de sa prison sans jamais pouvoir s'en libérer. La paix de la mort et du repos lui seraient refusées, spectatrice impuissante et sans possibilité d'agir. Comme...

Elle s'immobilisa. Les sanglots qui se mirent soudainement à résonner lui semblaient familiers. Terriblement et atrocement familiers. C'était le chagrin d'une petite fille de 13 ans qui pleurait ses parents assassinés et sa jeunesse dévorée, une petite fleur délicate dont on avait forcé l'éclosion de ses pétales pour en humer le parfum sans délicatesse ni douceur. Ces souvenirs, peu importait ses efforts pour les oublier, ces souvenirs ne disparaissaient jamais. Le temps pouvait guérir les blessures lentement, les refermer mais les cicatrices restaient. Et parfois, la douleur remontait le long des nerfs jusqu'au cerveau et au cœur. Elle commença à marcher, aveugle dans le noir, sans aucune idée d'ou aller. Probablement nulle part.

Ce fut presque de justesse qu'elle évita les corps à ses pieds, esquivant d'un bond sans aucune grâce. Elle se pencha pour voir ce sur quoi elle avait buté et recula presque immédiatement. Rongés par les charognards, les visages comportaient suffisamment de ses propres traits pour qu'il n'y eut pas de doute possible. Réprimant une envie de vomir à grand-peine, Varadesh continua sa route, marchant de plus en plus vite jusqu'à se mettre à courir. Il n'existait pas de notion de dimension ni d'entrée ou de sortie dans ce labyrinthe mental qui cherchait à se refermer sur elle. Rien qu'un brouillage de ses sens et repères destiné à la plonger en pleine confusion pour la piéger à jamais. Les pleurs avaient repris, plus forts que jamais. Même en se plaquant les mains contre les oreilles, elle n'arrivait pas à les faire taire. Ils ne s'arrêteraient jamais, ils ne s'arrêteraient jamais, ils ne s'arrêteraient jamais !

Des images lui revinrent alors, involontairement. La première fois. Quelle soirée horrible. Puant l'alcool et sans la moindre pitié, il avait pris d'elle tout ce qui lui plaisait avant de la passer à un de ses compagnons comme on se passe une télécommande. La soirée avait semblé sans fin et il lui avait fallu réprimer ses pleurs, de crainte qu'ils ne la frappent plus encore. Quand ils en avaient eu fini, ils s'étaient endormis en ronflant, totalement avinés. Elle avait passé la nuit à sangloter, nue, enchaînée sur le matelas. Le lendemain n'avait pas été plus clément pour elle, pas plus que la journée suivante ni les suivantes. Les journées comme les nuits n'étaient ni reposantes ni paisibles pour elle et les autres emprisonnées dans la base de Worna.

Les frissons de peur redoublèrent d'intensité lorsqu'elle tourna la tête. Ou que portât son regard, elle se rendit compte que des scènes de son passé se rejouaient encore et encore, sans fin. Des images dures, bien trop désagréables et terribles à accepter. Elle s'effondra, tremblant de tout ses membres et se prit la tête dans les mains. Incapable de ne plus ni voir ni entendre ce qui se produisait autour d'elle, elle se mit à hurler d'horreur. Comment pouvait-elle se sortir de cet enfer, construit à partir de sa propre vie ? Comment se libérer des chaînes d'un passé si violent, si terrible, si horrible qu'il continuait de vous harceler ? Comment pouvait-on se libérer de soi-même ? Toute paix était impossible en ces lieux. Un rire inhumain résonnait, au-dessus du vacarme des cris et des pleurs, le rire du gardien vainqueur.

Son esprit toujours bloqué dans les méandres de l'holocron, le corps de Varadesh tremblait comme une feuille en pleine tempête et son front était inondé de sueur. Ses yeux dorés étaient grands ouverts et vitreux, ne cillant pas ni se fermant. Par intermittence, elle crachait du sang sans même s'en rendre compte, comme un automatisme. Il serait probablement condamné à dépérir rapidement si son esprit devait finir piégé dans l'artefact. Alors elle serait prisonnière d'un tourment sans fin et son destin, celui qu'on lui avait promis, prendrait fin et ne se réaliserait jamais. La Dame Sombre trouverait quelqu'un d'autre pour assurer son héritage et la survie de l'Ordre et on l'oublierait comme on jette un déchet dans la poubelle, sans plus y penser et...

Non.

Son destin était tracé. D'apprentie, elle deviendrait à son tour un jour Dame Sombre. De Dame, elle porterait les Sith et commanderait aux serviteurs du côté obscur. Les mondes tomberaient devant elle, les savoirs anciens deviendraient siens et elle ne connaîtrait plus aucune limite. Plus de peur ni de danger, elle serait invincible, immortelle, parfaite. Une véritable et digne Sith. Les lambeaux de sa psyché brisée s'accrochèrent à cette pensée, la transformant lentement en une certitude immuable. Elle n'était pas faible ni inutile, elle n'était pas un objet que l'on utilisait avant de le jeter ni un boulet. Elle était Darth Varadesh. C'était par la douleur et la souffrance qu'un esprit se forgeait et atteignait les hauteurs, par l'épreuve qu'il se confrontait à ses limites. Celle-ci n'en était qu'une de plus.

La fureur l'embrasait, menaçant de la consumer. Vaincue par un minable holocron, dernier témoignage d'un individu mort des millénaires plus tôt et dont il ne restait pas même de la poussière aujourd'hui ? Non. S'accrochant férocement au brasier de haine qui la rongeait, la Pantoran fixa sa conscience sur la seule ancre qui lui restait dans le monde réel. Ranath, Ranath, Ranath. Sa Némésis. Son ennemie, son pire danger. Celle qui finirait par tenter de la tuer pour assurer sa propre survie. Comme une prière récitée en boucle, le nom de son maître lui donnait de la force. Consumée elle l'était à présent. Elle n'entendait plus les rires qui s'étaient tus tout comme les pleurs et les hurlements. Elle crut sentir une froide approbation et une phrase qui sortit de ses lèvres, là-haut dans le monde physique.

Pas d'émotion plus pure que la haine. Pas de chemin plus droit que celui de la rage. Par la victoire, je brise mes chaînes.

A l'état brut, son pouvoir était un fleuve tumultueux dangereux mais facilement contrôlable. Manié correctement, il devenait un océan en pleine tempête que rien ne pouvait arrêter. Le potentiel de vaincre la Mirialan était là, n'attendant que d'être aiguisé pour un jour la surpasser. Gorgé d'énergie obscure, le corps de l'apprentie eut un haut-le-cœur et un hurlement d'agonie franchit ses lèvres. A grand-peine, elle se retira de l'holocron et ouvrit les yeux, les vrais. Son visage était un masque de larmes qu'elle n'avait même pas eu conscience de verser. Combien de temps s'était-écoulé depuis le début de cette petite leçon ? Elle tremblait toujours, inconsciemment. Elle jeta un regard ou se mêlaient confusion et réminiscence douloureuse à la Dame.

Ce... C'est... Terrible... Incroyable... Magnifique... Terrifiant...

Il lui fallait reprendre ses esprits.
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