L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Les défaites de Yavin et Endor n'ont pas entamé la foi du gouvernement de Yaga Minor dans la doctrine impériale. La Nouvelle République suppose d'ailleurs que les quartiers de l'Ubiqtorat sont toujours dissimulés au fond des grottes et des forêts de cette planète qui abrite également de puissants chantiers navals.
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By Harlon Astellan
#34817
« Commandant. » Il tapota son insigne accroché au torse. Pas sergent, en effet. Molotch n'était pas un Commissaire aux Officiers. Il était impuissant face à lui. La politesse était de rigueur. Le respect des grades aussi... « Tâchez de ne pas trop l'abîmer. Les StormCorps voudront le récupérer en un seul morceau. » Il ajouta, l'air mortel et las, « Le Général IG-8976 n'est pas quelqu'un de commode. » Yaga Minor, de sa position spéciale, avait la garnison la plus étoffée de l'Empire. Une légion et deux régiments se partageaient la planète. La légion prête à partir en assaut, ce qu'elle avait été amenée à faire récemment. Il restait néanmoins un Général suppléant pour coordonner les deux colonels qui se chargeaient de la surveillance. Les Généraux StormTroopers étaient des sales bêtes pour le Bureau. D'une part, en tant qu'anciens cadets, ils étaient souvent proches de leurs hommes, et donc leurs officiers.

Et pire encore, ils savaient se battre, et viser droit. Les généraux avaient une réputation dans ces corps là : s'ils étaient juste généraux, c'était parce qu'ils étaient trop vieux pour entrer dans la Garde Royale. C'est dire le niveau. « Le caporal Lir'Thaz va vous raccompagner. Il vous déposera devant les locaux du Bureau. » Il salua l'agent et se reporta sur la Conseillère. « Commandant Païkhan, troisième régiment, septième bataillon, à vos ordres. » A partir de là, facile de trouver le Major de qui il tenait ses ordres. « Conseillère, agent, au nom de l'Empire, je vous souhaite une bonne journée. »




Helera Kor'Rial avait raison. L'affaire allait se transmettre. L'officier ne disait rien, restant muet comme un poisson toute la journée. Rapidement, un escadron de StormTroopers, dirigé par un soldat nerveux à l'épaulière dorée - un commandant - pénétra dans les locaux du Bureau, alors que devant attendaient quatre transports bien chargés. Ils ne semblaient pas là pour plaisanter. Deux journalistes de passage tirèrent des caméras à main pour capturer la scène. Du rififi au sommet de l'Empire ? "Des StormTroopers investissent le BSI". Ensuite l'escalade. "Pourquoi ce débarquement ?" - "Un témoin raconte : Il y avait quatre blindés dehors." - "Prise d'assaut au siège du Bureau de la Sécurité Impériale" - "Les StormCorps assurent la justice impériale" - "947 anecdotes sur le Bureau que vous ne connaissiez pas" - "Ce que fait ce StormTrooper va vous choquer !". Misère du journalisme.

L'escorte ramena l'officier en place dans sa garnison, où il serait jugé - ou non - pour ce qu'il avait fait.

Personne ne laissa échapper un son.




Quai 17,
22h37


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L'approche de pied ferme, main sur le galon et oeil en bas des hommes avait tôt fait d'avorter ce qui devait être un projet confidentiel. La Conseillère n'avait rien pu tirer, si ce n'est l'intuition que son grade ne suffisait pas à savoir. L'hélixiomètre avait sonné pour l'une. Mais pouvait-on lier les autres à une simple condition de sensitif ? La Force ne se "reniflait" pas. Sinon, de nombreux Seigneurs Sith, parfois proches des Jedi au point d'en avoir le plus haut conseil des plus hautes figures de leur ordre dans leur bureau quotidiennement auraient été arrêtés dès leur premier jour de travail. Si les hommes, femmes et espèces autres avaient des apparences fort éloignées des standards criminels, leur culpabilité autre était peut-être encore à déterminer. C'était peut-être cette même intuition qui poussait Molotch à enfreindre la règle d'or de tout service officiel : "Réfléchir, c'est désobéir". Son terminal avait retourné une liste des départs de trains de marchandises - de ces listes auquel le public n'avait pas accès - et avait retrouvé une trace du Quai 17.

Code : Tout sélectionnerJour 422 : QUAI 17 : TRANSPORT DE MATERIEL MILITAIRE. DEPART A 08:00 HM
Jour 422 : QUAI 17 : TRANSPORT DE MATERIEL MILITAIRE. DEPART A 16:00 HM
Jour 423 : QUAI 17 : TRANSPORT DE MATERIEL MILITAIRE. DEPART A 00:00 HM
Jour 423 : QUAI 17 : TRANSPORT DE MATERIEL MILITAIRE. DEPART A 08:00 HM
Jour 423 : QUAI 17 : TRANSPORT DE MATERIEL MILITAIRE. DEPART A 16:00 HM
JOUR 424 : QUAI 17 : TRANSPORT DE MATERIEL MILITAIRE. DEPART A 00:00 HM


Il fallait se souvenir que Yaga Minor poursuivait sa révolution terrestre en 23 heures pour ne pas se tromper d'heure. Beaucoup vivaient sur des mondes à 26 heures. Et d'autres à des horaires intercalaires. Aussi l'armée avait-elle une base horaire à 24 heures : minuit en Heure Militaire, ou HM pour les listes, voulait dire se décaler petit à petit. Au matin, le train était parti à 10 heures, Heure Locale. En Heures Militaires, il était 8 heures. L'Agent Molotch allait commencer sa planque et commencer la filature à 3 heures du matin. Au plus fort de la nuit, même les néons urbains n'auraient su lui afficher son véhicule noir aux yeux de ceux qui se penchaient pour observer.

Le Quai, bien éclairé, voyait défiler quelques soldats blancs, secondés par des officiers qui changeaient à chaque heure. Aucun ne semblait aussi teigneux que le petit roux du matin même. Les soldats ne semblaient pas nerveux, malgré la marchandise qui défilait. A peine une dizaine de gens défilaient sur chaque point d'emport. Mais déjà, la Conseillère comprit qu'on l'avait flouée : tous les wagons se remplissaient de dizaines de gens. On n'en avait débarqué qu'un au matin. Le reste avait filé à destination, à son nez et à sa chevelure. Les StormTroopers ne se gênaient pas pour les bousculer de temps à autre, lançant un Avancez ! sec avant de se reporter sur le suivant. Des figures diverses se succédaient, sans jamais tomber dans l'extrême richesse ni l'extrême pauvreté. La classe moyenne dominait avec clarté dans ces rangs de l'inconnu. Quand les Wagons furent tous remplis, en quelques instants, des compresseurs commencèrent à faire verrouiller les sas.

Il faudrait faire vite. Il y avait un créneau qui filait sous l'oeil des gardes, et des deux TR-TT, statues immobiles veillant au grain sur le départ de la cargaison secrète. Une rangée de lumière s'alluma progressivement, clignotant sur la longueur, avant de se stabiliser, au même temps que le train laissait évacuer une colonne de gaz de combustion de plasma. Des StormTroopers quittèrent le Quai à ce moment, en ordre un peu confus, laissant les officiers soulagés de leur tâche pour un tiers de la journée à peine. C'est alors qu'il se mit à neiger. « Fichtre, avec ça, les senseurs vont s'affoler. » Il fit signe à des troupes hors du champ de vision de la Conseillère qu'il n'était plus la peine de compter sur les scopes pour un moment. La neige allait brouiller les senseurs les plus basiques pour l'instant. De toute façon qui aurait voulut suivre un train ?




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Sous la neige, le train filait au-delà des centres surpeuplés qui bordaient les complexes administratifs. La tête de l'Empire sur Bastion, on avait su placer le Coeur Impérial sur Yaga Minor. Un immense complexe de bâtiments administratifs, où les lieux d'entreprises privées restaient rares, où la concentration de fonctionnaires dépassaient les 98%, et où les magasins leur étaient dédiés. Presque vingt millions de gens y travaillaient, pour le compte des affaires centrales de l'Empire. Il fallait les loger, les nourrir, leur donner un bureau. En périphérie de ce complexe se situaient les gratte-ciels qui piquaient les nuages, accueillaient gens riches, parfois gens pauvres, et barres d'entreprises qui empilaient leur siège social sur le siège social du concurrent.

La planète était couverte à 80% de villes empilées sur des centaines de niveaux. Les 20% restant se couvraient de montagnes pelées aux roches noires et ternes. Des roches dans lesquels on trouvait des vagabonds, quelques villages de fortune régulièrement pillés par les troupes impériales à la recherche de contrebandiers et de criminels en fuite, mais surtout de lignes de LéviTrain, plantées à flanc de montagne, le temps de finir le trajet jusqu'à une autre zone trop densément peuplée. Dans ces zones, la filature était la plus compliquée. Les caméras, braquées sur tous les points cardinaux, principaux et intermédiaires, auraient pu avoir le speeder de Zygmunt en un temps record. Pour autant, la couverture neigeuse lui donnait l'opportunité de suivre, mais à petite distance, le train qui filait à toute allure. Dans ces montagnes, la vitesse du train repartaient sous la barre des deux cents kilomètres par heure. Rien d'insurmontable, mais la neige couvrait les yeux des deux parties. Il fallait le noter. On se demandait même comment la Conseillère pouvait bien faire pour supporter le trajet. A elle de nous le dire !

Il fallut moins d'une heure pour arriver sur site.




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Ce quai-ci était plus bondé. Mais surtout moins facile d'accès. Les lumières se voyait de loin. A flanc de montagne, la base à laquelle s'arrêtaient les wagons était en plein milieu de cette zone déserte qui faisait défaut à Yaga Minor en temps ordinaire. Les points fixaient le lointain, sans percer la couche de blanc qui s'étalait devant les tubes de tourelles turbolaser qui scrutaient avec attention les cieux. Anticiper l'arrivée sur site par la décélération du convoi était la meilleure chose à faire, que de s'arrêter devant des tourelles qui n'auraient cure de l'appartenance du visiteur incongru, fut-il du Bureau.

Il fallait que chacune des parties puisse maintenant passer le cap de l'arrêt du train, et observer ce qui dépassait d'une montagne plongeant dans un lac suspendu.
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By Zygmunt Molotch
#34827
S'il avait pu avoir des doutes sur la nature des marchandises des trains repérés durant son investigation, voire même de l'existence des fameux trains après le coup de ce matin, ceux-ci furent instantanément levés sitôt qu'il eut repéré quelque chose d'intéressant sur le quai avec ses macro-jumelles. Des dizaines et dizaines d'individus des 2 sexes et de multiples races, dont aucun ne semblait être pauvre ou riche ni d'une allure de criminels. Tous poussés sans ménagement par les troopers direction les wagons ou ils grimpaient avec difficulté. Et c'était sans compter les 2 TR-TT qui surveillaient silencieusement tout ce petit manège. Si tout cela n'était rien, pourquoi donc prendre la peine d'allouer autant de troupes pour tout ces gens ?

La neige allait pas mal compliquer sa tâche toutefois. Certes elle empêcherait sa détection par les scanners du lévitrain et ainsi que soit sonnée l'alerte à son encontre. D'un autre côté, elle allait également neutraliser les siens. Il lui faudrait donc se fier majoritairement à ses yeux durant le trajet. Et évidemment, les sens d'un humain étant plutôt rudimentaires, particulièrement de nuit avec de la neige de partout, ça n'allait vraiment pas être une partie de plaisir. Heureusement, il savait conduire aussi bien qu'un corellien - comprendre, dangereusement sans finir dans le décor - et était bien décidé à ne pas lâcher ce train. Plus les choses évoluaient et plus sa curiosité le poussait à continuer. Avec un peu de chance, la vérité lui apparaîtrait bientôt.

Le paysage qui s'offrait à lui tandis qu'il filait le train était à mi-chemin entre le morne et le magnifique. D'habitude peu friand du décor terne des buildings et autres immeubles aux couleurs monochromes dont raffolait l'architecture impériale, Molotch ne pouvait s'empêcher d'admirer ces roches d'un noir profond et la neige qui recouvrait les montagnes à perte de vue. Le blanc de la neige lui rappelait d'anciens souvenirs enfouis profondément qu'il s'était efforcés d'oublier depuis, un temps ou, jeune garçon, il n'avait à se soucier que d'éviter les projectiles que lui lançaient Wystan et Norah. Ces réminiscences ne troublèrent pas pour autant sa vigilance et le caridan prenait soin d'éviter les zones couvertes par les caméras qu'il voyait.

A son avis, il avait réussi son coup et était resté hors de vue du périmètre mais il n'était pas omniscient. Il se pouvait donc qu'il eut été repéré brièvement par l'une ou l'autre durant le long trajet qui les menait toujours plus loin à travers la planète. Mais ou allait donc ce train et pour faire quoi ? Des questions sans réponse qui le tiraillaient toujours plus. Plus d'une fois il faillit perdre complètement de vue le train, si prudent qu'il était d'éviter à tout prix les caméras et entravé par la neige qui tombait sans relâche. Mais à chaque fois que cela arrivait, l'agent mettait les gaz et fonçait comme un dément, passant par les minuscules angles morts des caméras au point de risquer un crash puis, une fois le contact visuel repris, ralentissait et restait à bonne distance. C'était un jeu délicat et dangereux mais il avait l'habitude de jouer à ce type de jeu.

Bon, voyons un peu ce qu'on peut faire...

D’où il était avec ses macro-jumelles, le quai ou s'était arrêté le train était au pied d'une base à flanc de montagne, en hauteur à plusieurs dizaines de mètres au moins. S'il se rapprochait plus avec son véhicule il risquait de se faire repérer et éliminer illico par les tourelles. Il allait donc falloir continuer à pied et avancer prudemment, sans oublier une petite séance d'alpinisme. Heureusement qu'il avait gardé ce fusil E11 avec option grappin, ça allait lui faciliter la tâche. Pas qu'il était trop balourd ou pas doué pour l'escalade mais ça représentait une sacrée ascension et quelque chose lui disait qu'il aurait bien besoin d'être en forme une fois là-haut pour éviter de se faire descendre.

Lorsqu'il sortit du véhicule, Molotch frissonna instantanément à cause des températures très basses. Heureusement qu'il avait un manteau tenant assez chaud, du moins l'espérait-il. Resserrant le manteau contre son corps et enfilant des gants au passage, l'agent s'assura de bien avoir son blaster à la ceinture, ses macro-jumelles accrochées au cou et le fusil E11 accroché dans le dos par une lanière. Il allait avoir besoin de tout ça... Sans plus attendre, il entreprit la longue marche qui allait le mener jusqu'au bas de la montagne. 10 minutes plus tard, légèrement essoufflé, il leva la tête en même temps que le fusil, visa soigneusement puis tira. Le grappin solidement accroché - espérons - fit le reste, le faisant s'élever rapidement. Il eut comme une impression de déjà-vu qui le fit brièvement sourire avant de s'accrocher au rocher attrapé puis commença son escalade jusqu'à arriver au niveau de la base impériale.

Ça semblait plutôt mal se goupiller vu d'ici, entre les grillages qu'il supposait électrifiés, les patrouilles de Stormtroopers et les nombreuses tourelles, trouver un angle mort pour se faufiler allait être bien compliqué. Prenant de nouveau les jumelles, Molotch observa attentivement l'ensemble du périmètre afin de trouver une façon d'entrer. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, avisant le quai ou le train stationnait, il vit une silhouette en armure noir profond et reconnut la Moff. Eh bien, décidément, les grands esprits se rencontrent. Quoiqu'à se rappeler ses propos de ce matin, la jeune femme semblait tout aussi déterminée que lui à connaître la vérité. Un point à lui reconnaître. Il se demanda brièvement comment elle comptait pénétrer à l'intérieur puis se ravisa. Il avait plus important à penser pour l'heure.

Il y avait un moyen même si c'était dangereux. Épaulant à nouveau son fusil, l'agent visa une tour de garde qui dépassait des murs barbelés voire pire et tira. S'il ne pouvait passer en escaladant ces murs, autant passer par-dessus en rampant le long de la tyrolienne nouvellement crée. Cela lui demanda un effort certain, peu habitué qu'il était à ce genre d'acrobatie malgré ses fréquentes séances de sport et de renforcement musculaire pour rester en forme. Grognant tout bas sous l'effort, il s'accrocha aux bords de la tour puis entreprit d'en descendre lentement et avec précaution. Une fois à terre, il cacha le fusil et les jumelles dans un coin, ne gardant que son pistolet caché sous le manteau et commença à progresser lentement, dos voûté et pas feutrés.

Avec tout le temps perdu sur ses acrobaties, les prisonniers n'étaient déjà plus nulle part en vue et il ne savait pas par ou ils étaient partis. Dans le doute, trouver un plan du bâtiment ou des pancartes indicatrices. Molotch se mit en recherche d'une indication pour l'aider à se repérer tout en s'efforçant d'éviter patrouilles, projecteurs et tourelles. Un exploit difficile à maintenir, ça n'était probablement qu'une question de temps avant qu'il finisse par se faire cueillir.
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By Helera Kor'rial
#34853
Le Nexu ainsi perché observait tranquillement les alentours. Sans jumelle pour la guider, ni de vision de nuit. Tout était dans l’espace entre les espaces, là où l’empire avait tort de ne pas jeter un œil. Elle observait perchée, que les pauvres malheureux rentrent dans leur wagon, sans rien d’autre que leur jambe pour se soutenir. Rien d’autres que leurs yeux pour pleurer, sans comprendre ce qu’il faisait là. L’évidence de la situation lui crachait au visage, sans qu’aucune solution finale ne soit désormais annoncée. Des preuves, et seulement des preuves. Le transport se mit en branle quand le dernier wagon fut rempli. Et avec le bruit des moteurs vint la douceur de la neige. La reine prit quelques secondes pour apprécier les flocons qui nimbèrent son visage et ses cheveux. La Grande Mère était là, paisiblement accrochée à la voute céleste, l’incitant à poursuivre son aventure. Pour la sauvegarde des idéaux qui lui étaient si chers. Et des personnes qui mourraient pour cette cause qu’ils ne connaissaient pas. La reine rouvrit les yeux, au moment où le départ fut annoncé. Les soldats et officiers s’écartèrent, tandis que les premiers wagons quittèrent lentement le quai. Helera choisit ce moment pour intervenir. A pas de chat, elle sauta sur une deuxième plateforme de wagon désaffecté, sans son wagon, se propulsa vers un panneau d’éclairage, qui lui servit de fronde et se lança sur le train.

Elle se réceptionna tant que mal, et glissa sur le toit gelé, jusqu’au précipice de l’autre côté. Sa première main lâcha, son bras tourna sur lui-même, elle se retrouva dos au wagon. Dans cette nuit, il était impossible de savoir la profondeur du précipice qui se présentait à elle. Mais il n’était pas non plus idiot de considérer qu’une telle chute serait fatale. Lentement mais avec application, elle lança sa deuxième main sur le rebord du wagon et s’y cramponna, dans un rictus de douleur dû à l’exercice. La reine était largement assez entraînée pour ce genre d’exercice, tant que la chorégraphie était exécutée avec précision. Le moindre faux pas, et c’était un allé simple pour rejoindre la grande mère. Autant que la vitesse qui augmenta, le premier tunnel où elle avait repêché l’agent se présenta. Accrochée sur ses deux mains, elle se hissa rapidement le long du rebord jusqu’au fond du wagon. Là, elle changea de bord, et se faufila entre les deux. Un seul petit espace qui la protégerait du vent et des agressions dû à la neige. Le froid n’était pas tellement un souci, tant qu’elle puisait dans ses forces. Dans le cas présent, tout n’était pas illimité non plus, et elle espérait que le voyage ne s’éternise pas. L’avenir en serait témoin, elle attendit.

Pour la suite, il ne fut rien de probant à noter. Les paysages se ressemblaient les uns avec les autres, dans cette montagne isolée de tout. Parfois, elle voyait au loin les lumières d’une cité aux hautes tours, parfois, une autre montagne venait casser cette vision. Parfois encore, il n’y avait rien à voir. C’est au bout de quarante-sept minutes que le train commença à ralentir. Ils étaient allés beaucoup plus loin que la matinée. On n’était pas sur le quai Tarkin, donc. La reine se releva de son perchoir, sauta sur la paroie d’en face pour prendre appuie et récupéra le bord supérieur de son wagon. Lequel lui permis de se hisser sur le toit. Là, elle observa rapidement les bords de la falaise, jusqu’à ce qu’elle perçoive de la lumière. Ce n’est que lorsque les premières lueurs de la civilisation apparue qu’elle sauta sur le flanc de la montagne, à quelques centaines de mètres seulement de la base. La reine heurta violemment la roche, elle dégringola sur plusieurs mètres en contrebas, et se retint par chance à une roche qui sortait de la montagne. Cette dernière ne résista pas longtemps et se décrocha, malgré son poids plume. Helera s’accrocha à une simple prise et de l’autre main stabilisa la chute de la roche, tordant son visage pour réduire l’impact du caillou. Une fois fait, elle souffla la fumée condensée qui lui sortait de la bouche et commença son ascension horizontale.

Dans la base, il n’y avait rien de plus que dans n’importe quelle autre. Rien n’était montré à l’extérieur et rien non plus ne pouvait transparaître. C’est limite si l’on voyait les signes impériaux. Quand elle arriva à vue de cette dernière, il n’y avait déjà plus personnes d’autres que les patrouilles et les véhicules. Trop tard. La reine jura et observa tranquillement la base, les tourelles de défenses et … L’agent qui descendait de l’une d’elle. Elle inclina la tête de côté et fronça les sourcils. Etonnant que ce genre de personne élevé dans le rang, soit assez fous pour le quitter. Sa curiosité ainsi piquée, elle s’approcha lentement, enjamba les voutes de permabéton qui supportait la masse de métal, et se laissa tomber quelques mètres plus bas sans un bruit. L’humaine s’approcha du prochain précipice, vérifia qu’aucune caméra ne pourrait troubler sa tranquillité et se laissa de nouveau tomber vers la prochaine plateforme, débouchant sur le sol. Elle passa derrière les premières machines, ce genre de grandes pinces censées sortir les cargaisons des trains, inutilisées, dont la base était composée de quatre pieds de métal. Elle repéra l’homme au long manteau probablement gênant quelques mètres plus loin, l’ayant perdu brièvement de vu. La reine s’approcha précautionneusement de lui, laissa passer une patrouille et le rejoint. Elle tapota sur le haut de son épaule, il se retourna main sous l’uniforme, une arme probablement, et s’apprêta à pousser un cri. Ou non d’ailleurs, mais elle l’interpréta ainsi. La Moff lui bloqua la parole en posant la main sur sa bouche et se saisit de la main armée, tout en le poussant contre le mur adjacent. La reine était gelée sur sur armure, reliquat de son voyage passé. Surprendre quelqu’un dans ce genre de situation n’était pas le plus malin qu’elle ait trouvé à faire, et elle s’en excusa mentalement platement, pour qui fut à même de comprendre ses pensées. Elle ne le regarda pas dans un premier temps, observa la patrouille précédente qui revenait vers son point de départ.

Finalement, elle s’extirpa en se décala à son tour contre le mur et commenta à voix basse, très basse.

« Vous ne lâchez pas l’affaire, vous. C’est appréciable. »

Une esquisse de sourire, dans l’ombre du bâtiment. Mais déjà la reine observait les alentours, au cas où il fallait fuir rapidement. Pas le temps de faire connaissance, cet allié de circonstance devrait s’adapter. Et non l’inverse, pour sûr.
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By Harlon Astellan
#34864
Une patrouille forte, c'était peu souvent ce qu'on pensait. une garnison devait tourner avec un personnel réduit. Les hommes en faction se baladaient au maximum à quatre. A tourner dans les coins, parfois se séparant en deux groupes, pour qu'ils discutent en binôme des nouveaux fusils expérimentaux testés dans les régions sensibles. L'attention se relâchait après minuit, pour atteindre le point mort à l'aube, avant la relève. L'improbable duo avait tiré la bonne heure. Au-delà des patrouilles, des tourelles, dont les yeux en tubes pointaient sur les cieux, fixement et sans mouvement, mais ces tourelles étaient bien inoffensives pour deux rats qui grouillaient à leur pied. Le vrai risque, c'était qu'au milieu d'un ensemble de tuyères grises, on voyait souvent trop tard le TR-TT qui se découpait, et gardait l'entrée d'une porte anti-explosion qui s'ouvrait dans un grincement strident. Ils étaient à plusieurs centaines de mètres, pourtant ils purent entendre le fracas de leur tympan quand la porte coulissa. Les endroits pour se cacher ne manquaient pas, ils pouvaient observer le manège. Du trains e déversèrent une cinquantaine d'individus. Normaux, semblait-il. Vêtus en civils encore. La sécurité à la porte était renforcée. Quatre TR-TT de part et d'autres, derrière de lourds barbelés surmontant des grillages doubles, une haie de Troupiers blancs accompagnant les invités surprise.

« Hey, c'est quoi ça ? » La voix venait de derrière eux. Un troupier qui déboula à deux mètres de là, et ramassa un fil dénudé. « Encore ! - Préviens le service technique, qu'ils viennent réparer ça. » L'installation tournait bien, mais un fil dénudé donnait en général une mauvaise alimentation à quelque chose. Autant réparer maintenant sans savoir quoi, avant de regretter de ne pas l'avoir fait en le découvrant. La patrouille reprit son chemin habituel. Inconvénient : la porte semblait le seul moyen de rentrer. Si on exceptait les conduits d'aération qui serpentaient de partout, et dont certaines voies d'accès étaient accessibles en relative discrétion, ou les passerelles par lesquelles circulaient les patrouilles, qui foraient la montagne depuis des cavités naturelles jusqu'à l'intérieur, creusé plus régulièrement. La première était longue, admettait de passer par des pales coupantes de la taille d'un speeder six places, la deuxième plus rapide, plus confortable, mais demandait une neutralisation discrète de quatre soldats, dont la disparition allait alerter le QG interne d'ici peu, qui relevait les hommes toutes les heures. Une heure avant la prochaine relève, en admettant que l'heure soit le début d'une heure civile... ça leur laissait une petite demi-heure pour entrer.




Yaga Minor,
Quelques Mois plus tôt.




La foreuse avait terminé. D'une marche avant, elle revenait en marche arrière, désireuse de sortir à l'air libre, même si la poussée en arrière admettrait quelques vols de particules fines. La tête crantée qui tournait depuis une heure avait bippé : une foreuse mitoyenne finissait de creuser à dix mètres de là. « Quelle galère ce boulot... - Plains-toi, tiens ! C'est cher payé vu le boulot... Creuser une cage de délimitation, c'est pas non plus... » Non, mais il avait encore le droit de se plaindre. Ce chantier était conduit par le Corps d'Ingénierie, premier employeur BTP impérial. Normal, il était dévoué à la machine impériale, civile mais surtout militaire. Les employés les plus simples, lui y compris, petit foreur et terrassier à mi-temps chacun, étaient dans une confidence qui allait avec un salaire plus élevé que ses homologues du privé. Il gagnait autant qu'un diplômé d'université. Sacrée opportunité, en échange de son silence. « Ah, l'équipe du génie revient... » pointa son collègue en désignant une équipe d'ingénieurs, harnachés comme des mineurs de Glitterslim, le front empli du sueur, haletant comme un cabot en mal de gamelle d'eau. « Tiens, regarde... ils vont y aller déjà ? - Y perdent pas de temps. » Après une série de vérification, encadrée par des ingénieurs, des chefs de projet et des soldats ennuyés, un responsable, en costume de patron et chaussé d'un casque anti-choc, appuya sur un bouton qu'il tenait dans sa main gauche.

Une série de micro-explosions, comme autant d'éclairs de guitare électriques, vint frapper les tympans de chacun. Le génie avait posé des charges soniques. Des halos bleus sortirent de certains endroits, pointés aussitôt sur un plan 3D à ciel ouvert. Des coins à colmater. Il y eut ensuite des applaudissements, et on commença de sortir des rafraîchissements sortis de glacières personnelles. En à peine deux jours, l'équipe venait de creuser une cavité de 7,5 millions de mètres cube dans une montagne qui ne s'était pas effondrée.

Chacun but sa bière avec envie ce jour-là. Ils l'avaient mérité.

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