L'Astre Tyran

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By Ranath
#35124
    La réaction toute prévisible de l’Apprentie ne se fit pas attendre. Elle saisit la calligraphe à la gorge, serrant de sa force brute, et de sa rage. De toutes les questions hargneuses que put poser Varadesh, Amyelle ne répondit à aucune. Le seul son qui émanait d’elle était ce râle contraint, qu’on aurait pu soupçonner volontaire, ou simplement de souffrance. Dans un premier temps, Ranath ne réagit pas. La vie de la jeune Sœur n’était que relativement menacée. Mais quand le reproche se tourna vers elle, la Sith jugea bon d’intervenir. Dans la configuration actuelle, un coup de sabre aurait suffi à balayer tout danger. Varadesh était trop agrippée à la Mirialan, et bien trop aveuglée par sa colère pour envisager quelconque parade. De sa fausse main, son maître l’aurait tranchée en deux comme un vulgaire tas de chair, état dont elle peinait encore aujourd’hui à se détacher.

    Une main d’émeraude se posa sur la fosse cubitale de l’Apprentie, tandis qu’une autre glissait son pousse en creux de la paume qui enserrait la gorge d’Amyelle. Contraignant lentement mais sûrement le bras à plier selon son articulation, et de fait la prise à lâcher, Ranath s’interposa sans violence entre les deux gamines. La calligraphe libérée se recroquevilla aussitôt dans un coin de la pièce, elle était hors jeu. Le Maître désormais était seule avec son élève. Sa voix lui parvint sans agressivité.

      « Pourquoi n’as-tu jamais demandé ? Je ne suis qu’une Jedi ratée. Mya Tellis, née sur Mirial en moins vingt quatre. J’ai commencé mon apprentissage dès mes cinq ans sur Coruscant. Rescapée de l’Ordre 66, je me cache pendant vingt ans. Mon maître meurt assassiné par un Sith. J’ai juré de les exterminer tous et suis retournée sur Coruscant pour devenir une Ombre Jedi. »

    La main de Ranath se glissa jusqu’à la gorge de Varadesh.

      « Je ne le deviendrai jamais. Le Seigneur Krayt a mis fin à ma crise identitaire, voyant d’abord en moi une arme contre les Jedi, puis son héritière. Il n’y a pas de soupçon à avoir. Demande-moi simplement. »

    Le regard d’or de la Mirialan avait trouvé ancrage dans les yeux de la Pantoran, et sa pensée se liait déjà à l’esprit de la jeune apprentie, jusqu’à ce point où il devenait difficile de discerner pensée et parole. Ranath s’assurait ainsi d’être totalement connectée à Varadesh, et chassait toute intervention parasite.

      « Nous travaillons pour toi, Varadesh. Cet ordre est le tien. J’ai mis du temps à le comprendre mais ça ne fait aucun doute. Je ne serai jamais cette Dame Sith puissante qui règne sur la Galaxie. Tu obéis maintenant parce que je te domine, mais ça ne durera pas. Tu me surpasseras. Tu mèneras l’Ordre Sith jusqu’à la suprématie. Prends le temps de méditer sur ce point, et je suis sûre que tu comprendras que j’ai raison. »

    La main d’émeraude avait gagné la joue, l’autre tenait toujours le bras, sans force.

      « Est-ce t’abandonner que te donner l’opportunité de gagner Thule pour toi seule ? Te faire rencontrer un maître puissant qui deviendra ton vassal ? T’offrir d’explorer le Temple Noir de Dromund Kaas ? C’est ton empire que tu construis aujourd’hui. »

    Elle lui sourit doucement.

      « Veux-tu bien accepter que cette année passée loin de toi était nécessaire ? Nous avons bâti les fondations. Permets-moi maintenant de te donner mon attention la plus totale. Cesse de lutter contre moi. »

    Les pleurs de l’enfants éclatèrent plus forts encore. La Mirialan se détacha de Varadesh et s’approcha de l’enfant hybride qui hurlait. Elle la souleva de son berceau, l’observa un instant, et la porta aux bras de sa mère.

      « Réalise combien tu m’importes. »

    Ranath se détourna de la Pantoran. D’une main ferme, elle releva Amyelle qui se tenait encore la tête entre les genoux.

      « Assez maintenant, parle-moi de la Grande Sœur. »

    L’autre la dévisageait avec crainte.

      « Elle voulait la Lumière pour Ophillia. Je crois qu’elle donne les enfants orphelins aux … choses. Elle voulait faire pareil avec Ophillia. »

    Les créatures étaient donc bien réelles, non issues de l’imagination de la Sith.

      « Que sont-elles ?

      - Je ne sais pas. Nous, les Soeurs, nous ne savons pas. Mais il y a … le temple des astres … à Graava.

      - Au pôle ? »

    Ranath sembla soudain surprise tandis que l’autre hochait positivement la tête.

      « Varadesh, voudrais-tu confier ta fille à Amyelle qui rejoindra Isabo sur Dargul pendant que nous terminons d’exterminer la vermine de cette planète ? »
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By Darth Varadesh
#35232
S'il n'y avait eu l'intervention en apparence détachée de la Mirialan, il était probable que l'apprentie aurait étranglé la calligraphe à petit feu, attendant une réponse qui ne pouvait venir en raison de sa poigne de fer et qui du même coup engendrait toujours plus de frustration et de colère chez elle. De 2 gestes simples, la pression exercée par le maître sur la main de son élève fut telle qu'elle fut bien forcée de lâcher la gorge empoignée, envoyant du même coup s'effondrer au sol la jeune femme haletante et reprenant difficilement son souffle. Les yeux de Varadesh brillèrent de colère en voyant lui échapper Amyelle mais il était vain de chercher à la saisir à présent.

La voix de la Dame résonnait clairement autant dans ses oreilles que sa tête, au point qu'il était impossible de déterminer si elle parlait ou communiquait par télépathie. Elle expliquait maintenant en résumé sa vie jusqu'à maintenant, prouvant combien il avait été futile de croire qu'elle se méfiait de son apprentie au point de taire ces informations. La vérité était ridiculement plus simple, il aurait suffi de poser la question. Mais de la même façon, cette question n'aurait probablement jamais été posée ou pas avant longtemps. D'une part parce que la jeune fille se serait attendue à un silence comme réponse et d'autre part car il était question d'intimité.

On pouvait lui reprocher bien des choses mais pas de laisser sa curiosité maladive aller trop loin. Chacun avait son passé avec lequel vivre, elle était bien placée pour le savoir. Quand bien même elle avait eu ses propres soupçons sur celui de son maître, ceux-ci n'étaient restés que cela et n'avaient pas eu de vraie importance dans l'opinion qu'elle s'était faite de la Mirialan. Qu'elle eut été une Jedi n'était pas si surprenant, nombreux étaient ceux à avoir succombé au côté obscur et embrassé la cause des Sith au fil des millénaires. Qu'elle eut été une rescapée de la Purge l'était déjà un peu plus, tout comme le fait qu'elle s'était fixée comme but de tuer tout les Sith avant de passer de l'autre côté.

Toutefois, le plus surprenant pour la Pantoran fut d'entendre ces aveux quant à l'avenir qui se dessinait pour elles. Ranath cherchait-elle à lui passer du baume au cœur pour mieux faire passer la pilule ou était-elle sincère ? Était-ce digne des Sith que de penser que la Dame Noire n'était pas digne de sa charge, quand bien même cette affirmation émanait de l'intéressée en personne ? Ils avaient fait de l'arrogance et l'égocentrisme des vertus à cultiver et la modestie une faiblesse intolérable. Admettre son incapacité à assumer le manteau de Seigneur Noir des Sith n'était assurément pas une chose judicieuse, encore moins devant témoin.

Comment peux-tu dire ça ? Il ne peut y avoir qu'un seul Seigneur Noir ou une seule Dame Sombre qui dirige l'Ordre et c'est toi, maître.

Il ne s'agissait pas là de faire preuve d'amertume ou de désillusion, pas plus que d'ironie. Purement et simplement, le Fort était reconnu comme tel et ne pouvait nier sa nature. Ranath se voilait la face si elle croyait vraiment n'être qu'une passerelle servant à élever son apprentie. Le titre de Dame Sith était pleinement investi du pouvoir du côté obscur et bien sot était celui qui pensait pouvoir l'enlever comme on enlève un manteau dont on ne veut plus. La Mirialan dirigeait et dominait, la Mirialan ordonnait et la Mirialan régnait sans discussion possible. Même un monstre comme Odion ou Lyria se retrouvait à devoir composer avec elle et la traiter comme la tête pensante de l'Ordre. Fallait-il une preuve supplémentaire ?

En revanche, la prise de conscience fit à Varadesh l'effet d'un boulet de canon. Chaque fois qu'elle avait été livrée à elle-même, elle n'avait jamais envisagé que la brutale façon d'enseigner des Sith qui était en cause, au mieux ou simplement l'absence de considération de son maître, au pire. Jamais elle ne s'était dit que peut-être, il s'agissait d'une nécessité pour que chacune fasse ce qu'elle avait à faire de son côté avant que leurs chemins ne se croisent à nouveau pour ne plus se quitter ou seulement temporairement. La compréhension lui fit écarquiller les yeux et la colère reflua lentement, remplacée par un sentiment de honte.

Elle s'était conduite comme une enfant écervelée et capricieuse, exigeant tout comme si tout lui était dû, sans chercher à comprendre les raisons de ces absences répétées. Brusquement gênée, elle fuit le regard de son maître, ses yeux dorés luisant d'une lueur d'embarras. Que son enfant lui fut ensuite remise par la Dame, pleurant à chaudes larmes, la soulagea plus qu'elle n'aurait pu l'admettre, lui permettant de ne pas avoir à soutenir ce regard plus longtemps. Combien elle devait être une déception de tout les instants pour son mentor ! Se détournant à moitié, l'apprentie en profita pour chuchoter des paroles de réconfort à la petite, caressant le visage juvénile et y déposant de doux baisers.

De devoir l'abandonner à Amyelle pour prêter main-forte à Ranath lui avait brisé le cœur, un sacrifice qu'elle avait pris comme un mal nécessaire dans son apprentissage, une triste nécessité tout comme la mort de Cain. Revoir maintenant sa propre fille dans ses bras qui s'endormait à nouveau, lentement, ses minuscules mains saisissant un doigt de la jeune fille en un réflexe purement enfantin tandis que des yeux à peine ouverts fixés dans le vide ne cessaient de s'ouvrir et se fermer, tout cela éveillait en elle des sentiments refoulés depuis qu'elle avait appris sa condition, un an auparavant. Pourrait-elle se pardonner un jour de s'être détournée de sa propre enfant ?

Perdue dans ses sombres pensées, elle n'en entendit pas moins la brève discussion entre les deux Mirialans ainsi que la question qui lui fut adressée. Jetant un regard mauvais à Amyelle, Varadesh étira lentement un sourire sinistre et de mauvais augure.

Si j'apprend qu'elle s'est à nouveau enfuie avec Ophillia, je la retrouve et je lui ferai regretter d'avoir croisé ma route.

Infliger la douleur n'était pas dans ses habitudes mais elle était prête à faire une exception si on lui donnait une bonne raison de le faire. Avec soin et douceur, elle déposa l'enfant de nouveau endormie dans son berceau, qu'elle tendit à la calligraphe. Lorsque celle-ci fit mine de le saisir, les mains légèrement tremblantes, l'apprentie en saisit une de celle qui était encore libre et serra assez fort pour lui arracher une grimace de douleur.

Une seule raison Amyelle. Je n'ai besoin que d'un minuscule prétexte. Tâche de ne pas m'en donner.

Les 3 demoiselles quittèrent prestement le domaine, abandonnant derrière elles cet endroit mal entretenu et pauvre. Elles accompagnèrent Amyelle jusqu'à l'astroport, ou la Pantoran paya de sa poche généreusement un transport qui ferait un aller-retour jusqu'à Dargul sans poser de question. Varadesh resta ensuite dans le hangar à observer le vaisseau s'envoler et monter haut dans l'atmosphère jusqu'à disparaître totalement, pensive, puis elle quitta l'endroit aux côtés de son maître.

Il y a une chose que je ne comprend pas. Ces créatures prétendent servir la "Lumière". Pourtant, elles ont tué les sœurs au sanctuaire, torturé la grande prêtresse qui, selon Amyelle, était leur alliée ou associée et qui leur fournissait des enfants. Tout ça ne colle pas, cette histoire de Lumière n'a aucun sens si on y relie ces créatures.

Notez que ça ne la dérangeait pas. On lui demandait d'aller purger Mirial d'abominations qui, non contentes d'être dangereuses pour elles, pouvaient bien en avoir également après sa fille et par-dessus le marché, se prenaient pour supérieures aux Sith au nom d'une Lumière des plus douteuses. Une telle arrogance méritait un châtiment implacable. Aux sommets trônaient uniquement les Sith et personne d'autre. Ces pourceaux allaient regretter leurs actes. Maître et apprentie quittèrent le spatioport et louèrent un véhicule pour se rendre à destination. Ensemble.
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By Ranath
#35244
    Amyelle quitta Mirial. On lui avait accordé quelques minutes pour dire au revoir à ses proches parents qui l’avaient accueillie. Ranath ne confia pas à Varadesh que la calligraphe avait fui sous son ordre. Elle entretenait la colère d’un côté, la peur de l’autre. Résultait qu’Amyelle se rendit sans faute sur Dargul, où Isabo l’attendait. L’Humaine prit en charge l’enfant et l’installa dans la chambre de sa mère. Et la Comtesse fit une offre à la calligraphe, elle lui proposa un travail.




    Le Maître et l’Apprenti glissaient à pleine vitesse sur la plaine gelée à bord d’un speeder de location. Ranath s’était tenue relativement silencieuse jusqu’aux interrogations de la Pantoran. Elle traduisait à haute voix les réflexions muettes de la Dame Sombre. Cette histoire de Lumière était insensée si l’on considérait l’évidente obscurité qui animait ces créatures. Une explication pouvait cependant être donnée. La Mirialan inspira brièvement.

      « À l’instar des Mirialans, beaucoup de populations considèrent la Force comme une divinité. Ils la vénèrent, lui prêtent une existence et une manifestation palpable dans ce monde. Il existe nombre de groupuscules extrémistes qui ont conscience de l’existence de la Force et qui lui donnent une interprétation propre à leurs croyances. Je crois que c’est ce à quoi nous sommes confrontées. Une poignée de fanatiques. »

    Elle se donna un instant supplémentaire pour rassembler ses souvenirs immédiats.

      « Elle est partout. Elle relie les êtres entre eux. Sans Elle, pas de vie. Elle est la vie. Quelle meilleure définition pouvez-vous donner à la Force, sinon la Lumière ?

      Voilà ce qu’elles m’ont dit. Il n’est pas question de Force Lumineuse, pas question de Jedi. La Grande Sœur a échoué, je ne sais pas à quoi, mais elle a été punie.
      »

    Il y eut encore un silence. La Dame Sombre observait la lande défiler autour d’elles.

      « De ce que j’ai compris, la Grande Sœur donnait des enfants au Temple de Graava. Les Mirialans obéissent à une doctrine stupide, mais ils ne sont pas de nature mauvaise. La Lumière de Mirial est corrompue. Ces choses ne sont pas des Sith, Varadesh, mais elles sont assurément obscures. »

    Le regard de la Mirialan se posa sur l’apprentie. Elle laissa échapper un rire narquois.

      « C’est tout à fait le genre de mission qu’effectuerait un Jedi. Mettre un terme à la menace du Côté Obscur qui pèse sur Mirial. Au détail près que je me fous de ce qui arrive à cette planète. Si je pouvais rallier ces tarées à ma cause, je le ferai. Mais nous ne le pouvons pas. Elles me connaissent, je veux savoir comment. Je veux savoir ce qu’elles savent exactement. »

    Ranath menait le speeder droit vers le pôle. À mesure de leur progression, le paysage devenait de plus en plus blanc. Cela avait commencé avec une fine couche de givre, puis de véritables coques gelées accrochées aux rochers, et maintenant, de la neige, à perte de vue. Si elles avaient croisé au départ de leur voyage quelques tribus nomades, il n’y avait ici plus personne. Et après bien des heures de voyage, les hautes montagnes de Graava se dressèrent devant elles.

      « Je ne suis jamais venue ici. Je ne sais que ce qu’on raconte de l’endroit. »

    La Mirialan poursuivit le chemin aussi haut que le permettait le véhicule, et c’était au pied d’un funiculaire d’apparence rouillée. Elle indiqua devoir se hisser là-dedans pour atteindre le temple, et trouva bon d’ajouter …

      « Prépare-toi au combat, nous ne sommes pas les bienvenues. »

    Assises toutes deux l’une à côté de l’autre, la voie du funiculaire leur offrait une vue imprenable sur les plaines enneigées du grand nord mirialan. Le trajet dura encore une heure, tant la montagne était haute, et l’engin était lent. À mi parcours, les nuages devinrent trop épais pour qu’on pût distinguer quoi que ce fût du paysage. Et à mesure qu’on gagnait de l’altitude, la présence de l’ennemi se révéla par une menace silencieuse.

    Mya.
    Tu as trouvé ?
    Tu dois voir.
    Et tu comprendras.


    La cicatrice pulsait à nouveau d’une douleur pinçante. La Sith se retint d’y porter la main. Au lieu de cela, elle se tourna vers Varadesh.

      « J’aurais dû te parler de ça bien avant, je suis en conflit avec ces choses depuis longtemps. Mais je n’imaginais pas que la menace se trouvait ici. Je savais la Grande Sœur pernicieuse, pas à la solde d’un tel ennemi. »

    Mais la Pantoran avait elle aussi son lot de murmures.

    Elle ment.
    Elle te ment.


    Le funiculaire stoppa brusquement, il était arrivé à destination. La porte s’ouvrit, et le temps que le duo prit à quitter la cabine donna l’occasion à quelques ombres de se glisser sur le quai de pierre battu par le vent glacial des hauteurs. Plus haut, à quelques marches de là, les portes du temple, creusé dans la roche, étaient ouvertes. Quatre Mirialans, hommes et femmes, visage découvert, se ruèrent sur les intruses, vibrolames à la main.
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By Darth Varadesh
#35257
Que des individus normaux, bouffis de leur nature craintive et superstitieuse, puissent voir en la Force une force divine n'était pas surprenant. Elle-même, au tout début, lorsqu'elle avait compris de quels pouvoirs elle disposait, n'avait pu s'empêcher d'y voir quelque magie étrange et de source miraculeuse. Il était somme toute logique que les gens du commun cherchaient toujours une réponse dans les choses qui les dépassaient et du réconfort dans l'idée d'une puissance supérieure les jugeant, les protégeant et les guidant. Cela, elle pouvait le comprendre, bien qu'en vérité il n'en était rien. La Force n'était qu'une source de puissance que ceux qui en étaient dignes pouvaient exploiter à leurs propres fins, rien de plus.

Mais tout de même, vénérer la Force et lui apposer un caractère lumineux alors même qu'on se comportait comme un sociopathe névrosé en parallèle, c'était paradoxal. Haussant les épaules, l'apprentie s'étira dans son siège avant du véhicule qui se déplaçait à travers les plaines arides de Mirial. Ce monde semblait passablement inhospitalier et vide, ou étaient donc les autochtones et leurs villes ? Rien d'étonnant à ce que son maître n'apprécie guère d'y passer du temps, il n'y avait rien à faire, rien d'intéressant et le climat n'était pas des plus agréables. Naturellement capable de vivre à des températures très basses, elle supportait d'autant plus mal les températures élevées. Le climat de Mirial était infernal pour elle, littéralement.

Peut-être que cette vieille folle vénérait ces créatures et leur offrait des enfants en sacrifice pour les apaiser et dans l'espoir d'obtenir leur bénédiction ou leur protection ?

A cette idée, Varadesh eut une moue de dégoût. Elle pouvait se délecter de tuer lentement une proie en l'écrasant sous le poids de son pouvoir, trouver excitant de voir la dernière lueur de vie quitter les yeux d'une victime ou être remarquablement dénuée d'empathie pour qui que ce soit mais l'idée de sacrifier des enfants à des bestioles aussi immondes par contre... Peut-être que l'idée d'être responsable d'un enfant, en plus d'en être encore une somme toute, devait lui être insupportable. Allez savoir, bien malin celui ou celle qui saurait deviner ce qu'elle a dans la tête cette petite peste.

Tu rallierais ces choses si tu le pouvais ? Vraiment ? Alors qu'elles sont manifestement folles, meurtrières et dégénérées ?

Perplexe, la Pantoran promena son regard doré contre celui de son maître un bref instant avant de se concentrer sur la route. Elle n'aurait pas très bien su comment réagir si Ranath avait rallié ces choses. Probablement aurait-elle fait quelque chose de très stupide, comme tenter de les tuer malgré le déplaisir que cela causerait à son maître. Quand on vous dit qu'elle est vraiment agaçante quand elle s'y met, on ne plaisante pas. Au moins le speeder avait-il l'avantage de ne pas avoir de toit, aussi le vent soufflait-il suffisamment à leur vitesse contre le véhicule pour rafraîchir quelque peu les températures ordinairement élevées. Soupirant de soulagement, la jeune fille était songeuse.

Y avait-il là une leçon à retenir de la part de son maître ? Peut-être voulait-elle dire que tout allié était bon à prendre, peu importe son identité ou son passif avec les Sith, du moment qu'il pouvait être vraiment utile et malléable. L'idée ne lui paraissait pas mauvaise, bien que l'appliquer aux créatures qu'elles allaient abattre prochainement lui semblait déjà plus difficile. Ou alors Ranath ne faisait que discuter avec son apprentie et il n'y avait aucune leçon particulière à retenir. Pas impossible non plus ça. Elle ne réalisa que tardivement que les environs avaient considérablement changé tout comme le climat, passant de températures élevées - et insupportables - à basses et d'une environnement désertique à enneigé. Sentant les flocons de neige lui tomber sur les cheveux, elle ne put s'empêcher de sourire. Voilà, ça c'était déjà bien plus vivable.

Assises dans l'espèce de funiculaire qui semblait d'un autre âge et bon pour la casse, les 2 Sith se murèrent dans le silence, chacune occupée à ses propres préparatifs pour ce qui allait suivre. En entendant crisser et grogner le métal du transport qui peinait à se déplacer et ses occupantes avec, Varadesh ne put s'empêcher de grimacer. Manquerait plus que ce truc se décroche sous son propre poids et ne les envoie s'écraser des dizaines de mètres plus bas. Une belle fin pour l'Ordre Sith assurément. Alors qu'elles approchaient lentement de leur destination, un temple creusé à flanc de montagne visiblement, les voix revinrent la harceler, ou les harceler, impossible à dire pour ce qui était de son maître mais elle en entendait de son côté.

Oui, Ranath mentait surement. Ce n'était pas une surprise, c'était la Dame Sombre, elle maniait naturellement le mensonge et la vérité aussi aisément qu'elle respirait. Rien de neuf sous le soleil. Si ces voix voulaient vraiment la retourner contre son maître, il faudrait qu'elles fassent mieux que ça. Même alors qu'elle avait tenu Amyelle entre ses doigts, sa colère n'avait pas même approché de la frustration nécessaire pour la soulever, alors ce fait des plus notables...

Tiens tiens, on dirait que nos hôtes tiennent à ce que je sache que tu mens. Je me demande quel sera leur prochain argument, "Ranath est une Sith" ? "Ranath tue des gens" ? "Ranath est dangereuse" ? Imbéciles.

Mais voilà que déjà on venait les accueillir et visiblement, l'accueil allait être aussi glacial que les températures locales. Rien qui ne la dérangeait particulièrement, elle s'était sentie revivre dès le moment ou on était passé en-dessous de zéro. Encore quelques températures en moins et elle se mettrait en t-shirt. Affichant un sourire carnassier, l'apprentie saisit son sabre laser qui s'alluma dans un vrombissement chantant. Elle échangea un regard avec la Mirialan, une étincelle d'amusement au fond de ses yeux puis, sans se presser, avança à la rencontre de leurs nouveaux amis. Rien de tel qu'un petit meurtre pour s'échauffer avant la véritable épreuve.

2 des Mirialans se jetèrent immédiatement sur elle tandis que les 2 autres tentèrent d'écharper la Dame Sombre. Les pauvres n'avaient pas réalisés qui ils affrontaient et il était trop tard maintenant pour eux. Varadesh doutait que son maître serait d'humeur à les épargner et elle de son côté ne l'était pas. Il lui fallait décharger un peu de cette rage qui couvait. Ces pauvres idiots allaient servir d'exutoire tels des moutons envoyés à l'abattoir. Esquivant aisément le premier coup de vibrolame, l'apprentie pécha toutefois par excès de confiance, pensant son second assaillant trop lent pour suivre l'assaut de sa camarade.

Mal lui en prit et c'est avec peine, d'un bond maladroit, qu'elle se mit hors de portée du coup, sans avoir entièrement réussi à l'éviter. Elle remarqua que le tissu de son haut était partiellement déchiré juste sous l'aisselle droite. Il y avait même une légère coupure avec de minuscules gouttes de sang qui en coulaient. Rien de bien grave mais cela la fit froncer les sourcils. Trop imprudente, trop arrogante, trop sûre d'elle, elle était partie du principe que ces individus n'étaient rien et ne constitueraient pas un danger. Visiblement, leur foi en leurs maîtres leur prêtait la force de se battre. Soit, s'ils voulaient jouer, elle connaissait elle aussi quelques tours.

Levant son sabre, elle plongea en avant et, de la main gauche, propulsa une charge d'énergie contre l'un de ses assaillants. L'énergie déployée repoussa d'un mètre le Mirialan, qui secoua la tête comme pour reprendre ses esprits avant de la relever et se précipiter pour répondre à l'attaque. Le temps qu'il fasse un pas, la Sith avait tranché le bras de sa camarade qui tenait la vibrolame, laquelle hurla de douleur tout en tenant le moignon proprement tranché de sa main valide. Un rictus sauvage sur le visage habituellement séduisant de la jeune fille, Varadesh mit fin à ses cris d'un geste de la lame puis se tourna vers l'autre, garde levée.

Il tenta des assauts violents et désespérés, la colère et le chagrin lui prêtant de la force tout en lui enlevant toute capacité de raisonnement. L'apprentie se délectait de la peur qu'elle sentait monter chez lui tout comme elle se délectait de la rage qui montait en lui. Les Sith se nourrissent de terreur palpable, cela n'avait jamais été aussi vrai que lorsqu'ils affrontaient un adversaire inférieur et sentant sa fin venir. Jouant avec lui au moyen d'esquives et de feintes semblant maladroites, Varadesh faisait bon usage du Niman, se fatiguant peu au prix de peu d'opportunités offensives. Bien sûr, face à un ennemi aussi néophyte, elle aurait pu le vaincre aisément mais aimait jouer avec lui.

Un regard lancé du côté de son maître lui apprit tout ce qu'il y avait besoin de savoir, que le problème avait été réglé par là. Il n'était donc plus temps de se divertir. Roulant des yeux et jetant un regard méprisant à l'énergumène, elle s'en débarrassa en 3 feintes rapides suivies d'une décapitation propre et expéditive. Le corps s'effondra dans la neige, son sang souillant la blancheur immaculée du sol. A peine essoufflée, l'apprentie éteignit son sabre qu'elle garda en main puis rejoignit son maître devant les lourdes portes. Il était grand temps maintenant de se faire annoncer.

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By Ranath
#35262
      « Je mens ? »

    La Dame Sombre pouffa avec dédain.

      « Elles ne comprennent pas ce que nous sommes et ce qui nous lie.
      Elles sont habituées à manipuler des esprits ordinaires.
      »

    Le comité d’accueil du temple n’était pas en reste. On avait organisé toute une cérémonie, et cela promettait d’être haut en couleur. Les danseurs se répartirent équitablement entre leurs invitées, les jugeant d’égale puissance. Erreur. Tandis que Varadesh tuait un adversaire, Ranath était capable d’en abattre trois. Peu importait ! L’issue n’en serait pas différente.

    La Sith esquiva le premier coup porté afin de rompre la distance avec son premier opposant. Elle le saisit au col et le jeta à bas. L’autre avait eu le temps d’approcher et armait déjà sur la ligne. L’acier de la dague siffla en quittant son écrin métallique, elle dansait autour de son ennemie sans jamais la rencontrer, rendant vains tous les efforts du piètre combattant. Une dague contre une épée. Ça ne pouvait rien valoir, mais la Dame Sombre avait déjà pénétré la garde adverse et se maintenait très près du Mirialan qui ne parvenait pas à reprendre de la distance. Il n’était toujours pas mort, mais n’avait pas le temps de se demander pourquoi. Son comparse avait prit le temps de se relever et revint à la charge. Sa lame fusa en direction de la Sith, qui dévia enfin l’attaque d’un coup sec. La pointe se ficha dans le ventre de son compagnon d’arme avec force. La surprise paralysa l’imbécile qui mourut d’un profond piqué dans la jugulaire. Le sang gicla en abondance, souillant la neige piétinée par les appuis du combat.

    Les quatre sbires morts laissaient la voie libre vers les portes. Elles étaient ouvertes, pas totalement, suffisamment pour laisser passer trois ou quatre hommes de front. Les deux Sith, tous sens en alerte, pénétrèrent dans l'édifice dont le seul mur artificiel paraissait être celui de la porte. Tout ce qui s’offrait désormais à leur exploration était de roche brute, sombre, parfois suintant d’eau claire. Même à l’intérieur, il faisait froid. Sur la lumière naturelle, les halos des feux qui ornaient les parois prenait rapidement l’ascendant. Il n’y avait ni mobilier, ni décoration, ni apôtres de la Lumière. D’apparence, un seul chemin leur était possible, celui d’un escalier creusé dans le granit, qui montait encore d’une trentaine de marches et débouchait sur le cœur du temple. Une nef garnie de nombreux braseros, aux murs peints de formes géométriques singeant les tatouages typiques de Mirial. Au centre, trônait un promontoire cerclé de fagots de bois sec. Un bûcher funéraire pour le guerrier endormi qui gisait là. Ce guerrier que Varadesh avait affronté et de rage tué. Il était donc bien mort.

    La Dame Sombre s’immobilisa. Son regard courait autour d’elles, du sol au plafond voûté. Son esprit allait de même. Il n’y avait personne. Et le lieu imposait le silence. Le regard de la Mirialan se posa finalement sur son apprentie. Mais sa pensée n’était pas pour la Pantoran. Je veux cet endroit. La convoitise. Comment soumettre à sa cause en une journée cette bande de dégénérés. Alors que Varadesh prônait l’extermination, Ranath entrevoyait la conquête. Ce temple était tout ce que Mirial avait de bien à offrir : une grotte de haute montagne. Il suffisait de briser les freins qui retenaient le funiculaire, et plus rien ne relierait ce lieu au reste du monde, plus rien. L’envie brillait dans les yeux de la Dame Sombre. Plus de la moitié des habitants de cette planète était sensible à la Force. Tant de potentiel. En plein Empire. Tant pis. Et la Force ici, sous la roche, pulsait doucement et assurément. Aucune allusion au Côté Obscur ne soumettrait ces idiots. Aucune promesse de puissance. Aucune menace de violence. La Sith jura en silence.

    L’écho de pas rapides résonna soudain à l’autre extrémité de la nef. D’un dégagement, certainement un couloir adjacent, émergea une silhouette vêtue d’ocre. L’Humain s’immobilisa en apercevant le duo obscur.

      « Que faites-vous ici ? »

    La question interpella la Sith. N’était-il pas au courant qu’il y avait quatre cadavres en bas devant la porte ? Pour seule réponse, elle tira au clair son sabre dont le chant emplit la voûte. L’autre écarquilla de grands yeux et se précipita dans la direction opposée, d’où il était venu. Darth Varadesh avait raison. Exterminer. Le Maître avança vers le fond de la nef. On entendait déjà les pas se presser dans sa direction. Ils apparurent par les deux accès disponibles, armés, parfois sensitifs. Les sabres tranchaient et faisaient fondre la chair. Chacune des deux Sith emprunta un accès, un long couloir jusqu’à la prochaine salle, toujours aussi vide. Derrière elles ne restaient que des cadavres. Ils étaient faibles. Trop faibles pour servir.

    La lumière dans la pièce devint soudain intense, comme si une foule de projecteurs avait été braquée sur le Maître et l’Apprentie, les aveuglant assurément. La Mirialan leva la main pour épargner ses yeux. Elle n’aperçut qu’au dernier moment l’ennemi bondir vers elle. Sa lame stoppa l’attaque de justesse. Son adversaire, à l’instar des créatures qui avaient ravagé le petit temple de la plaine, portait un masque qui ne laissait rien voir de son visage. Aussitôt le combat engagé, de parades en ripostes, la Sith perçut la pensée de la créature. L’affrontement devint autant mental que physique, elle devait se préserver de l’intrusion. Tout à fait pareillement, une créature bipède s’était jetée sur Varadesh, sabre à la main et lui opposait une farouche résistance. Ces apôtres-ci n’avaient rien de commun avec les pions qui s’étaient portés à la rencontre jusque-là. Ceux-ci savaient se battre et manier le sabre laser avec précision. Ils étaient acharnés et puissants, rendaient chaque coup, décelaient les failles de la défense, et fendaient pour toucher. La joute s’annonçait difficile.

    Tout comme son maître, Varadesh devait faire face sur les deux fronts. Tandis qu’on s’acharnait pour la trancher en deux, une pensée étrangère s’immisçait en son esprit. À chaque nouvelle seconde qui filait, l’apôtre de la Lumière se muait en autre chose, lentement, de manière si subtile qu’on aurait eu du mal à percevoir la mutation. Insidieusement, le combat de Varadesh contre la créature devint un affrontement contre son maître, celui dont elle avait tant rêvé. Et la Ranath qui se tenait devant elle ne lui laisserait rien passer. Pas un faux pas, pas un raté. La Pantoran était sur le fil. Une erreur et c’était la mort. La lumière dans la salle était si absolue, qu’il était impossible pour les deux Sith de renouer le contact visuel. Elles étaient isolées, chacune dans leur combat. Ranath se battait contre une Varadesh. Et Varadesh se battait contre une Ranath. Et toutes les quatre affichaient leur rage de vaincre et de tuer.
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By Darth Varadesh
#35273
Sitôt les corps encore chauds à leurs pieds, le duo passa les portes sans attendre afin de s'enfoncer dans les profondeurs du temple. Il ne semblait y avoir personne ni rien de particulier excepté un court chemin en escalier montant jusqu'à une estrade couronnée d'un promontoire avec ce qui ressemblait à un bûcher funéraire. L'odeur de la viande brûlée était perceptible entre mille, facilement reconnaissable pour qui utilisait un sabre laser capable de découper la chair en générant une chaleur intense. L'odeur était cela dit bien plus forte et intolérable, l'endroit puait. Ici et là des runes gravées sur les murs dont certaines ressemblaient vaguement aux tatouages que portait à l'occasion Ranath. Pas de doute, elles étaient sur la bonne voie.

Il est donc mort. Bien. J'espère que ça a fait du mal à ses copines quand elles l'ont vu se faire sabrer en deux.

L'apprentie eut un large sourire à cette pensée, contemplant avec amusement le cadavre qui brûlait lentement mais surement. Elle ne ressentait aucune culpabilité pour avoir tué ce... Truc ? Il s'était dressé face à elle comme un obstacle, avait tenté de la liquider et de s'en prendre à sa progéniture. En sachant maintenant que la vieille bique leur envoyait des orphelins depuis des années, il n'était pas difficile de songer que le même destin aurait guetté l'enfant. Bande de tarés, tous autant qu'ils sont. Un obstacle à éliminer, rien de plus, pour sa propre sécurité, celle d'Ophillia et celle de l'Ordre. Il n'y avait pas de mal à en éprouver de la satisfaction.

Elle sentit le regard insistant de son maître posé sur elle et se tourna pour la regarder. Il y avait une vilaine lueur vorace au fond des prunelles de la Mirialan. A quoi pouvait-elle bien penser tandis qu'elle observait autour d'elle pour détailler ce temple ? L'endroit était intéressant comme lieu de retraite coupé de tout mais c'était bien là son seul atout. Pour le reste, il ne serait utile qu'une fois nettoyé de ses habitants dégénérés et encore, il ne fallait pas oublier que se promener en territoire impérial n'était pas bon pour la santé quand on était un individu sensible à la Force. Trop risqué.

La voix d'un humain à quelques mètres de là rompit le fil de ses pensées, enfin quelqu'un à interroger pour en savoir plus, pour peu que son maître soit disposée à faire preuve de clémence temporairement. En entendant la lame jaillir, elle songea que ça n'était visiblement pas le cas. L'autre s'enfuit sans demander son reste, poursuivi par le duo qui avançait sans se presser. Il n'y avait nulle part ou fuir pour les imbéciles résidant ici, leur fin était inévitable et proche. Elles furent vite séparées, chacune empruntant l'un des couloirs du fond pour explorer plus efficacement. Et chacune fit des rencontres palpitantes en chemin.

Peu importait leur nombre au final, même les quelques-uns qui étaient sensitifs n'étaient pas de taille face aux Sith et l'un après l'autre, ils tombaient tous. Économisant ses forces au moyen du Niman, Varadesh se débarrassait aisément de chaque acolyte qui se jetait sur elle avec force cri de défi et injure jetée à la face de l'intruse. Mais le résultat était toujours le même et se soldait par le hurlement d'agonie suivi par le corps qui s'effondre au sol, immobile et ensanglanté. Tel les blés que l'on bat, les serviteurs des créatures régnant ici étaient fauchés sans la moindre pitié. Ils n'avaient même pas droit à une once d'attention de la part des Sith qui ne leur accordaient même pas une pensée, frappant et tuant de la même façon qu'un forgeron abat son marteau, sans y penser, par automatisme.

Et puis d'un coup, alors qu'elles arrivaient chacune au bout du couloir transformé en abattoir, une silhouette se jetait sur chacune d'elle, armée d'un sabre laser et autrement plus dangereux que les agneaux sacrificiels plus tôt. Dès les premières passes d'armes, la jeune fille sut que son ennemi était au moins aussi fort qu'elle voire bien plus encore. Un défi bien plus prenant que les misérables vermines sans valeur, enfin. Souriant légèrement, elle s'abandonna totalement au combat, se remémorant les leçons de Hord, le plus grand duelliste de tout les temps. Bien qu'encore inexpérimentée, elle commençait à saisir de mieux en mieux les subtilités qui se cachaient derrière chaque parade et chaque botte, chaque passe d'armes, chaque mouvement.

Un affrontement au sabre laser était comme une danse particulièrement complexe, il fallait savoir saisir les nuances propre à la danse en cours et le comportement de chaque protagoniste. Là ou d'autres voyaient dans un affrontement physique une simple joute opposant celui qui aurait le plus de puissance brute ou le plus de chance, elle pensait plutôt que tout se résumait au talent et aux capacités d'analyse. Savoir trouver le point de chute, la minuscule faille au bon moment était une chose, encore fallait-il pouvoir en profiter. Il fallait se connaître soi-même parfaitement tout comme il fallait comprendre l'ennemi. C'était bien sur ça qu'elle pêchait le plus, peinant à se comprendre elle-même.

Tandis que les coups pleuvaient, les choses évoluèrent une nouvelle fois, se gâtant d'une certaine manière. Ce qui n'était qu'une silhouette en robes amples et masquée se brouilla avant de devenir une femme qu'elle ne connaissait que trop bien. La peau verte, les tatouages sombres, les yeux dorés, le visage alliant charisme, menace, beauté et laideur en un tout indéfinissable et inséparable. Oh oui, elle connaissait ce visage autant que le sien. Chaque jour elle le voyait, que ce soit en rêve, en chair et en os ou par la pensée. Le visage de celle qu'il lui faudrait très probablement un jour tuer pour prendre sa place et revendiquer son pouvoir comme étant maintenant le sien. Lentement, un sourire mauvais s'étira sur les lèvres de la Pantoran. Si elle croyait l'avoir désarçonnée elle allait être déçue.

Oh, j'ai toujours rêvé de t'embrocher moi-même depuis ce jour sur Yavin ou j'ai fait semblant. Tu ne sais pas le cadeau que tu m'offres.

Le duel redoubla de férocité tandis que les énergies du Côté Obscur s'immisçaient dans les 2 duels en cours, prêtant une force et une soif de tuer toujours plus grande aux Sith. Le pouvoir était si doux et ses promesses murmurées de façon imperceptible dans leurs têtes si séduisantes. S'abandonner à la fureur et la haine, ne faire plus qu'un avec le côté obscur, s'ouvrir à lui entièrement, devenir un véritable avatar de la Force Obscure, ne plus rien ressentir d'autre que la joie des combats, la faim de carnage, le rire d'être le dernier survivant debout et l'extase de tuer sans culpabilité ni remords. La maxime si chère aux Sith chantait dans leurs esprits comme une sirène les invitant à se noyer dans ses profondeurs. La paix... Est un mensonge.

Pour autant, si puissant fut ce chant et si grand fut le pouvoir qu'il leur prêtait, Varadesh sut qu'elle ne parviendrait pas à vaincre la fausse Ranath, comme elle savait ne pas être en mesure de vaincre la vraie ni aucun des Sith qu'elle avait rencontré jusque ici. Toujours ils lui seraient supérieurs et plus puissants et toujours ils la vaincraient. Cette prise de conscience ajoutait la frustration à la fureur et engendrait toujours plus de haine, qui l'aveuglait et lui faisait commettre des erreurs, tout juste assez minimes pour ne pas entraîner sa mort ou sa neutralisation mais pas suffisamment pour lui éviter des blessures légères. La lame de la fausse Ranath avait déjà creusé des sillons sur son épaule gauche et ouvert une profonde entaille à la jambe et il s'en était fallu d'un cheveu qu'elle se fasse décapiter.

Il fallait faire quelque chose. Le combat pur était magnifique et elle riait intérieurement de se sentir aussi vivante alors même qu'elle peinait à défendre sa vie et savait sa fin inévitable. Il y avait finalement bien peu de choses qui la faisaient se sentir aussi vivante. Mais tout cela ne pouvait pas durer, il fallait trouver une solution. Il y avait bien quelque chose de possible mais qui allait nécessiter une coordination et un timing impeccables avec son maître occupée à essayer de massacrer son sosie. Au détour d'une passe d'armes particulièrement violente durant laquelle elle manqua de trancher la main de son ennemi, l'apprentie projeta sauvagement et sans la moindre délicatesse sa pensée dans le crâne de la Dame Sombre.

Ça ne marchera pas, il faut trouver autre chose, quelque chose qui les distraie suffisamment pour nous offrir une ouverture. Que dirais-tu d'échanger nos places ?

Telles étaient les armes du Côté Obscur et des Sith. La puissance brute n'était rien si elle n'était pas assujettie à un esprit aiguisé et rusé. La tromperie, le mensonge ouvraient bien plus de portes que la simple force. Alors, sans y réfléchir et ce malgré la pression immense exercée sur son esprit, Varadesh canalisa le pouvoir en elle, allant puiser dans les réserves qu'il lui restait. Reculant d'un bond afin de mettre de la distance entre elle et l'illusion, elle tendit la tête de côté, profitant du lien qui l'unissait à son maître pour la sentir, là, de l'autre côté du mur. Tendant une main d'ou le sang coulait, comme une offrande sanglante à quelque divinité païenne, elle agit sans réfléchir et disparut soudainement. Aussi soudainement réapparut la véritable Ranath, maintenant opposée à son imposteur tandis que la véritable Varadesh s'affrontait elle-même.

A notre tour.

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By Ranath
#35277
    Un nouvel adversaire se jeta sur la Dame Sombre. Il n’était pas l’un de ces minables pantins mais portait le masque métallique des créatures. La lame de lumière rencontra le pourpre avec fureur. Mais la Sith rendait les coups, s’acharnait sur ce simulacre de menace. Ce pion-ci, plus dégourdi que les précédents, n’égalait pas ses maîtres, ceux-là même qui avaient attaqué le petit temple de la colline. Darth Varadesh rencontrait également son lot de problèmes, ce qui ne manqua pas de faire sourire son maître. Cependant l’amusement se dissipa quand le masque prit forme humanoïde. Le métal devint lentement bleuâtre, puis se dessinèrent les traits d’un visage, un visage bien connu. Le changement était imperceptible, comme si Varadesh s’était toujours tenue là, combattant son maître. La Sith en grogna de déplaisir. Trop tôt pour affronter le petit monstre. Elle ne voulait pas de cet affrontement, pas déjà. Pendant un instant, la Dame Sombre crut croiser véritablement le fer avec la jeune Sith, mais bien vite, le style de la Pantoran lui manqua. C’était grossier, Varadesh était bien mieux que cette copie un peu fragile. Avec rage, Ranath repoussa son assaillant. Sa colère s’éleva à un niveau tel que l’adversaire en fut rapidement débordé. Cette mascarade avait assez duré. Mais alors qu’elle allait acculer la créature, la pensée de son apprentie chatouilla son esprit. Un échange ? Quel jeu amusant !

    Au signal de la jeune femme, Darth Ranath se fondit en la Force. Elle disparut aux yeux de son premier adversaire, et surprit son second par ce changement radical de style. Voilà qu’elle se combattait elle-même. Elle croisa son propre regard. Constata sa propre absence de tatouages. Jaugea sa propre haine. Et rendit au centuple cette colère, foudroyant du regard cette fausse Ranath qui désormais semblait hésiter. D’un coup sans grâce, elle la fit reculer. D’une taille violente, la déstabilisa. Malgré tout, l’autre tenait bon, parait encore et ripostait quand elle le pouvait. Cette Ranath était médiocre. D’une faiblesse à vomir. Et le jeu ne divertissait plus. Mais la créature avait bien des ressources en réserve. Elle en savait beaucoup, beaucoup trop. Le visage de Ranath se mua lentement en celui d’une femme plus jeune, une Mirialan toujours, aux yeux bleus, aux tatouages intenses. La surprise provoquée força à la Sith une hésitation qui lui coûta un temps de retard et le risque de se voir trancher une main. La lame de lumière frôla le poignet d’émeraude. Une avancée bien téméraire de la part de la Jedi. La lame du Sith vrombit avec force, œil pour œil, et trancha le poignet adverse. Contrainte par la douleur, la créature tomba à genoux. Son cri attira aussitôt l’attention de sa comparse, qui le temps d’une seconde, en oublia Varadesh, et périt par sa lame.

    Le sabre éteint de la créature roula au sol. La main de Ranath fondit sur le masque et l’enserra brutalement. Son autre main tenait fermement la lame pourpre à hauteur de l’oreille de sa victime. Mya se tenait à genoux aux pieds de la Sith qui lui maintenait le crâne en arrière. La pensée obscure se jeta à l’assaut de l’esprit meurtri par la douleur du combat. La mort imminente. La peur. L’échec. L’illusion plaquée au visage de la créature se dissipa peu à peu. Le visage de Mya s’effaça et le masque refit surface. La pensée de la Sith s’aventurait plus loin. L’affrontement. Le conflit. L’ordre. Une mer d’émotions. Pas de paix. L’ascenseur. Là-haut. Interdit. La Dame grogna de rage alors que son esprit s’enfonçait plus avant. Le Maître. La peur. L’ordre. La Lumière. Le Maître. Ranath rappela brusquement à elle son esprit. Et d’une pirouette du poignet, inspirée par les enseignements de son maître bien aimé, mit sa lame en mouvement. Celle-ci s’éleva au-dessus du crâne de la créature masquée, en suivit la courbe régulière et acheva le cercle en sectionnant œsophage, trachée et colonne vertébrale. Le corps sans tête s’effondra sur lui-même, la tête roula sur quelques mètres, jusqu’à en perdre son masque. La créature était une Mirialan dont la peau du visage avait été sévèrement brûlée, et ses yeux crevés avaient été remplacés par d'inélégantes prothèses. Sa bouche était tordue en un rictus douloureux, et de son nez coulait encore du sang tiède.

    Darth Ranath observa un moment ce visage dénaturé. En silence, elle assimilait les maigres informations recueillies. Son regard glissa jusqu’à l’Apprentie qui se tenait elle-même immobile à deux pas du cadavre de son adversaire. La Dame Sombre lui tendit la main. Viens. La jeune Pantoran obéit, approcha son maître qui avait éteint son sabre. Toutes deux se tenaient dans la lumière des projecteurs outrageusement puissants qui tapissaient le mur du fond de la salle. Ranath attira Varadesh près d’elle. Contre elle. Sa main se glissa dans le dos de l’Apprentie, sous ses omoplates, et la maintenait avec fermeté. Elles étaient de la même taille, bien que le Maître se fut toujours représenté son élève plus petite qu’elle-même. La Dame Sombre constata également combien les muscles de la jeune Sith devaient encore souffrir pour atteindre son propre niveau d’entraînement. Ses seins même, qu’elle sentait contre les siens, plus petits, n’avaient pas encore soufferts de vingt années de combat. La voix du Maître brisa le silence. Pas un murmure, pas un cri. Quelques mots à haute voix, adressés à tout autre, et qui résonnèrent doucement dans les hauteurs.

      « Ici règnent les ténèbres. »

    La Vague de Force explosa autour d’elles. Elle souffla les brasiers allumés contre les murs. Elle brisa les ampoules des projecteurs. Et la pièce toute entière se trouva plongée dans l’obscurité la plus totale. Dans le noir, la voix du Maître s’éleva d’un ton toujours égal.

      « Au sommet de cette montagne, au sommet de ce temple, siège un Maître. Il se prend pour un Sith. Il a corrompu l’âme de Graava et dupé les Mirialans qui vénéraient la Lumière. Il prend la fuite et nous n’avons certainement pas le temps de l’en empêcher. »

    L’esprit de la créature avait livré ses secrets. Des sentiments enfouis, refoulés, pourtant bien présents. Et maintenant …

      « Il a confié à son apprentie la lourde tâche de nous abattre. Et la voilà qui hésite. Elle sait qu’elle va mourir. Mais elle doit obéir. »

    Ranath avait lâché Varadesh. Il y avait désormais manifestement trois présences plongées dans le noir. En tendant l’oreille, l’on percevait le souffle saccadé de l’ennemi. La pensée de la Dame Sombre tourmentait déjà l’esprit de la créature, forçant sa concentration et nourrissant son appréhension. La lame pourpre quitta de nouveau son refuge, éclairant les alentours directs et révélant la silhouette de l’ennemi. La lame blanche rugit en réponse et sa porteuse se mit en garde. Le Maître laissa échapper un soupir dédaigneux.

      « Allons, tu affrontes de vrais Sith. Tu mourras lentement et dans la souffrance. Sois raisonnable. »

    Et Darth Ranath se jeta sur la créature masquée. Débutait une danse mortelle dans laquelle Varadesh trouverait aisément sa place. C’était un excellent exercice, le combat en duo. La Mirialan l’avait souvent pratiqué avec Wyyrlok, puis contre Wyyrlok. S’illustrant par un Djem So toujours plus affirmé, la Sith riait de ce combat gagné d’avance. Elle avait glissé une pensée à son élève. Ne la tue pas. Et elle jouait désormais avec sa prochaine victime. Elle rayonnait de rage et de cruauté. Et harcelait aussi bien verbalement que mentalement, à la manière de ces immondes créatures au visage brûlé.

      « Qui est ton maître ? »
          Qui est ton maître ?

    D’une ouverture initiée par la Mirialan, la lame de Varadesh rompit finalement le sabre adverse. Une des trois lumières s’éteignit. L’autre recula aussitôt, désarmée, perdue. Elle s’était battue avec acharnement et sentait désormais sa mort prochaine. La Sith réduit la distance qui les séparait à néant et saisit la gorge de son ennemie, son sabre menaçait toujours.

      « Mya …

      - Pitié ? »

    La main de la Sith glissa de la gorge au menton, souleva le bas du masque et le jeta au loin. Ce visage là n’avait pas brûlé. Le sourire qu’étira la Dame Sombre n’avait rien de rassurant. Son envie de meurtre suintait en une aura malsaine. Elle tenait désormais sa victime par les cheveux, tirant en arrière pour la contraindre en la plus désagréable des positions.

      « Haaa … petite conne … qu’est-ce que tu fous là ? »

    La jeune Mirialan ne devait pas avoir bien plus de vingt cinq ans. Et manifestement, ces deux-là se connaissaient.

      « Le Maître …

      - Mène-moi à cet imposteur. »

    L’autre ne répondit pas. La Sith raffermit son emprise.

      « C’est ta seule chance de survie. »

    Des larmes coulaient sur le visage olive de la jeune apprentie. Elle montra finalement une direction, et Ranath la poussa en avant.





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By Darth Varadesh
#35299
La ruse avait fonctionné et la surprise ébranla sérieusement cette fausse Varadesh qui ne parvint pas à se reprendre assez vite pour tenter d'embrocher la petite Pantoran à peine apparue et quelque peu essoufflée. Celle-ci eut un large sourire mauvais à l'adresse de son pseudo-sosie sans cacher le mépris qu'elle lui inspirait. Copier son apparence c'était facile mais la copier elle c'était autre chose, si ce truc avait vraiment été elle, il n'aurait pas hésité à attaquer et peu importe si c'était une mauvaise idée. L'apprentie restait irréfléchie et fonctionnant largement à l'instinct plus qu'à l'analyse, quand bien même elle s'efforçait de tempérer ce trait de caractère à présent, avec un succès relatif.

Alors, on sait plus quoi faire d'un coup ?

Sans hésiter, Varadesh se jeta sur son sosie, enchaînant les assauts féroces et dénués de finesse. Pourtant, elle parvenait en même temps à chaque fois à parer ou esquiver les ripostes de son ennemie, d'une telle justesse qu'on aurait pu croire que la Force ou la chance était avec elle. Tel était l'avantage trop méconnu du Niman, qui permettait d'économiser ses forces tout en paraissant toujours s'en sortir d'un cheveu sans la moindre classe. Un style grossier, simple - certains diraient simpliste - et fonctionnel qui ne s'embarrassait ni de prestige ni d'élégance, simplement s'attacher à protéger et faire vaincre son utilisateur.

D'un autre côté, cela l'empêchait de porter un coup décisif et le combat continuait donc. Toutefois, là ou elle avait compris que la fausse Ranath serait impossible à vaincre, la fausse Varadesh ne projetait pas la même impression de puissance. Il était donc possible, avec un peu de culot, de risque ou de bol, de l'envoyer dans l'autre monde. Ce coup de bol arriva lorsque l'autre créature hurla de douleur, poussant son adversaire à tourner brièvement la tête en direction du mur qui les séparaient, par inquiétude ou par empathie. Pauvre idiote. Comme une vipère, vicieuse et sans aucune considération pour les principes de combat honorable, l'apprentie bondit et planta sa lame dans le cœur de son ennemie.

Si tu avais été moi, tu aurais savouré d'entendre Ranath à l'agonie au lieu de t'en inquiéter. Tu n'es pas digne de prendre mes traits, minable mimétique.

La lame ressortit dans une gerbe de sang et la créature s'écroula, incapable de proférer un son avant de basculer dans la tombe. Un problème de réglé, parfait. La jeune fille prit le temps de s'emparer du sabre de son ennemi, trophée macabre mais ô combien précieux. Le premier d'une longue collection avec un peu de chance. Elle suivit le chemin jusqu'à ce que, quelques mètres plus loin, les 2 couloirs se rejoignent en un seul. De nouveau réunies, maître et apprentie s'observèrent sans mot dire, l'une obéissant à l'injonction silencieuse et se rapprocha jusqu'à ce qu'elles soient assez proches l'une de l'autre pour que leurs nez se frôlent presque.

Ce qu'il se passa ensuite étonna considérablement l'apprentie. La main de la Dame vint la saisir à la taille, dans le dos et elle la serra contre elle d'une façon qu'on aurait pu croire presque maternelle. Mais qu'est-ce qui lui passait par la tête ces derniers temps ? A ce rythme, elles allaient bientôt se parler comme de vieilles amies. Quelle idée bizarre. Puis la Vague de Force fut sur elles et sa déflagration détruisit à peu près tout dans la vaste estrade et les couloirs derrière elles. Mais elles ne subirent aucun dommage, protégées par le pouvoir et la volonté du maître tout-puissant. Les sourcils jusque-là froncés par la surprise se haussèrent et le visage juvénile s'éclaira de compréhension et de délectation. Tant de puissance chez la Mirialan, l'envie brûlait l'apprentie.

Il semblait, à en croire les propos tenus par Ranath, qu'elles n'étaient pas seules. Elle n'avait rien senti pour sa part mais faisait confiance au maître pour ce genre de choses. Bien lui en prit car déjà de nouveaux ennemis débarquaient dans le noir. Cet affrontement dans l'obscurité la plus totale, uniquement éclairée par les lames énergisées, était inédit pour Varadesh, qui eut quelques difficultés au début à comprendre et localiser leur adversaire, cette apprentie du maître des lieux à en croire la Mirialan. Au bout de quelques passes d'armes, elle parvint à compenser son attitude, aidée en cela par la Dame qui ne laissait aucun répit à l'inconnue. Et affronter un Seigneur Sith n'est pas exactement une promenade de santé comme chacun sait.

Quand Ranath attaquait, Varadesh suivait de côté, les deux harcelant un ennemi dépassé en nombre et en compétence, à peine capable de survivre aux assauts successifs et sans temps mort imposés. Qu'il était bon de se sentir aussi avantagée et forte, contre un ennemi faible et sans espoir de vaincre. En quelques secondes, l'affrontement fut terminé avec la fameuse apprentie jetée à bas, cheveux tirés violemment en arrière par une Ranath décidément possédée, à en croire son expression de joie sadique et ses yeux brillant d'une cruauté dépassant l'entendement. La beauté de la scène était à couper le souffle et la Pantoran observait, fascinée.

Une amie à toi, maître ? Décidément, nous allons de surprise en surprise aujourd'hui.

Poussée sans la moindre finesse de l'avant, la jeune Mirialan avançait en boitant, talonnée de très près par le duo qui aurait pris un malin plaisir, c'était évident, à l'éliminer d'un coup de lame rapide. Le chemin les mena toujours plus haut dans la montagne, jusqu'à, à tout les coups, un sommet ou les attendrait le maléfique Maître à qui elles botteraient le cul avant de lui ouvrir la gorge et d'envoyer voler son cadavre dans le vide. Oui, c'était un bon plan ça. A plusieurs reprises, alors qu'elles passaient de pièce en pièce, elle crut ressentir la présence d'êtres vivants non loin mais elles ne croisèrent pas âme qui vive. La peur les retenait peut-être de les affronter ou bien leur gourou leur avait-il recommandé de les laisser venir, certain de pouvoir les vaincre ? Si c'était le cas il allait être déçu.

Elles débouchèrent enfin au sommet du temple bâti en haut de la montagne. Ici, il faisait un froid incommensurable, au point que chaque respiration projetait de l'air gelé et la neige tombait en flocons minuscules mais innombrables sans s'arrêter. Ravie, Varadesh se prit à repenser à son enfance chez elle un temps durant en regardant ces flocons jusqu'à se rappeler ou elles étaient. Si le maître des lieux escomptait avoir un avantage en se planquant dans un endroit gelé, il allait déchanter, la Pantoran n'étant pas le moins du monde gênée par les basses températures tandis que la Mirialan était bien trop emplie d'adrénaline pour en être incommodée.

Le sommet du temple était à ciel ouvert et ne comportait aucune structure ni aucun mur, excepté ceux de l'entrée d'ou elles venaient. Au fond avait été taillé dans la pierre un trône surélevé à quelques mètres de hauteur afin que tout arrivant qui pénètre en ces lieux prétendument sacrés ne soit subtilement écrasé par la magnificence des lieux et en désavantage face à l'occupant qui observait depuis le trône. Un tel orgueil était au mieux pathétique, au pire proprement insultant. Il n'était rien ni personne qui puisse se gausser de juger les Sith de plus haut qu'eux ni se prétendre leur égal. Sabre en main, l'apprentie songea que le moment de se lancer à l'assaut n'allait pas tarder et elle jeta un coup d’œil à la Dame.

Un geste, un signe, un ordre mental ou verbal et elle trancherait la gorge de l'apprentie Mirialan ou se jetterait sur l'imposteur.

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By Ranath
#35336
    Une amie ?

    La vision du dôme frappa soudain le Maître. Le dôme, doré, si beau, protecteur. L’inconscience, l’inconsistance, l’ignorance. Quelle agréable sensation. L’Apprentie ne s’en rendait pas compte, mais sous l’épaisse colère de Darth Ranath, persistait un mal être certain. Ce lieu, ce temple, alimentait l’inconfort, entretenait le doute. Tout ici était faux. Tout empestait le souvenir et l’illusion. Ici, il y avait Mya. Quelqu’un l’avait amenée ici. Elle avait survécu et subsistait ici, dans ce temple. Quelqu’un lui prêtait sa conscience. À cette pensée, la main d’émeraude chercha autour de son cou, le caillou vermillon. Rien. Elle s’en souvenait maintenant, une fois encore, elle l’avait enlevé. Le poids sur les épaules de Ranath s’envola soudain. Plus rien.

    La pensée de la Sith se tourna vers la jeune Mirialan qui marchait devant, la tête basse. Elle pénétra son esprit pour la seconde fois. Geignant plaintivement, la gamine s’arrêta. La Dame Sombre la poussa en avant sans mot dire, maintenant le contact mental. Elle vit ce qu’elle n’avait pas perçu précédemment. Ici bas, un verrou demeurait fermé. La réalité frappa le Maître. Cette paumée les avait tenues en respect dans la plaine, elle n’était pas un adversaire si éphémère. Ce n’était pas fini. Elle n’était pas vaincue. La Sith ne dit rien, ne montra rien. L’ascenseur les mena au sommet. Le temple était un dédale de couloirs tantôt plongés dans la pénombre, tantôt outrageusement éclairés. Il fallut encore longer d’interminables coursives avant d’espérer approcher l’imposteur.

    Il attendait là-haut. Il suivait mentalement la progression de son élève et de ses invitées. Il trônait au centre d’une nef bien trop grande pour sa seule personne et sa médiocre connaissance de la Force obscure. Derrière lui, sur toute la hauteur du mur, la seule source de lumière, une baie vitrée offrait une vue plongeante sur la mer de nuages laiteux qui couvrait le grand nord mirialan. Impossible d’en douter, cet endroit se trouvait au sommet. Les trois sensitives passèrent le seuil de l’arche qui marquait l’emplacement de la porte, il se leva pour les accueillir.

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      « Bienvenue à vous, disciples. »

    En guise de ponctuation, il écarta les bras. Nul doute, sur ce point encore, ce n’était pas un Mirialan. La Sith l’identifia comme un Iktotchi, la présence de ces longues cornes verticales et le teint sombre de l’individu appuyant son analyse. Elle savait également ce peuple enclin à la prémonition. La venue des Sith ne devait pas surprendre ce maître. Un soupçon d’inconfort gagna alors la Dame Sombre. Chaque pas était connu d’avance. Toute anticipation était contrée. Le plus sûr était peut-être de ne pas bouger. Et de le laisser parler.

      « La Lumière vous accueille en son sein. Depuis toujours Elle est votre alliée. »

    Il entreprit, avec lenteur, une marche après l’autre, un mot pour chacune, de descendre de l’estrade de grès qui portait son trône, à l’autre bout de la nef.

      « Sans Elle, vous ne verriez rien. Elle vous apporte la vérité. »

    Le poing de la Sith se crispa sur la poignée de son sabre.

      « Et vos ténèbres n’y changeront rien. Car Elle a frappé votre rétine. Elle a gravé en vous et pour toujours des images que vos paupières fermées ne peuvent effacer. »

    Un doigt d’émeraude, l’index, caressa l’interrupteur du sabre rubis. L’autre réagit presque aussitôt.

      « Je sais, vous ne voulez pas La voir. »

    Ses mains, qu’il présentait à ses invitées, pivotèrent vers le ciel, et sa silhouette se dédoubla une première fois. Puis chacun des deux Iktotchi imita le premier, et chaque copie créa ainsi son image, jusqu’à remplir la salle entière d’une foule fanatique. Tous ces apôtres de la Lumière, tous identiques, articulaient en coeur.

      « Je ne cherche pas à convaincre ceux qui ne veulent pas voir. Les hérétiques ne méritent pas ma patience. »

    Instinctivement, la Sith pivota. La jeune Mirialan avait disparu, dissimulée par la foule des apôtres. Il n’y avait alors plus qu’une chose à faire : trouver l’original, et le tuer. Mais alors qu’elle allait intimer à son apprentie d’agir, les illusions se jetèrent sur elles. Les lames jaillirent soudain, l’une ambre, l’autre rubis, pour repousser leurs assaillants. Quelques cadavres d’apôtres découpés dégoulinèrent en une purée visqueuse et rougeâtre, pas moins répugnant qu’un amas de chairs fondues. Tout ceci n’était pas réel. Rien de tout cela n’avait un sens. Ranath s’acharnait. Son sabre tranchait dans les crânes illusoires. Mais cela ne donnait rien. Il n’y avait rien à faire. Du coin de l’œil, elle aperçut son apprentie tomber, saisie de toutes parts par les apôtres. Ils la plaquèrent au sol pour contraindre ses mouvements et l'assommer finalement. La Sith abandonna tout combat, et se laissa prendre à son tour.

      « Tu es faible. »

    Surprise par la soudaine passivité de la Sith, la horde des apôtres s’apaisa. Des mains saisirent les bras de la Dame Sombre. Ils lui lièrent les mains et la firent mettre à genoux. Elle coopéra. Les illusions, alors, une à une, s’estompèrent. Les deux Sith étaient maîtrisées. Il ne resta que le maître des apôtres, et son élève, tous deux côte à côte, au pied de l’estrade. Les disciples du temple affluèrent soudain, ils étaient si nombreux. Ranath crut même reconnaître des visages parmi eux, des cadavres abandonnés au rez-de-chaussée. Il se passait quelque chose d’étrange ici.

    La Pantoran avait eu droit au même traitement que son maître. On avait lié ses mains dans son dos et l’avait installée à genoux. Pour la réveiller, si ce n’était déjà fait, on lui infligea une gifle qui résonna sous la voûte de la nef. Les disciples apportèrent deux lourds brasero de fonte noire dont le feu produisait de hautes flammes aux nuances complexes. L’apôtre de la Lumière et son élève approchèrent. Il leur adressa un sourire carnassier mais ne dit mot. La vue de ces deux-là le dégoûtait. Darth Ranath sentit la pensée de l’Iktotchi effleurer la sienne. Elle s’en détourna aussitôt. La capacité naturelle de vision de l’imposteur était décuplée par la pratique sensitive. Avant même de savoir quoi faire pour se sortir de là, la Sith dirigea sa pensée sur la première chose qui lui vint à l’esprit. Lina. Tout ceci devait bien avoir un lien. Quelque chose reliait Lina à cet endroit. Toute la conscience de Ranath se tourna vers Lina. Où était-elle ? Que faisait-elle ? Elle n’était pas morte, pour sûre. Sa tombe, la tombe d’un enfant, était vide, pleine de terre. Alors, où ? Et comment ? Mais surtout, pourquoi ? La Mirialan ferma les yeux, tant elle voulait son appel intense. La Force, autour d’elle, vibra doucement. L’apôtre fronça les sourcils, s’écarta du duo, et d’une invective sèche, ordonna.

      « Allez-y. »

    Deux des disciples saisirent la Pantoran aux aisselles et la portèrent vers le feu. Voilà sans doute comment ils finissaient le visage brûlé et les yeux fondus. Mais cela n’intéressait pas la Dame Sombre. Elle ne songeait ni au brasier, ni à Varadesh. Il n’y avait que Lina. Et la Lumière. Elle était partout. Entre chaque être et chaque chose. Entre elle et Lina. Entre elle et le brasero. Et elle avait une vision complète de la scène qui se déroulait juste devant elle. Mais elle coopérait pleinement. L’esprit de l’Iktotchi la lâcha. La pensée de la Sith fusa aussitôt, renversa le brasero destinée à la Pantoran. Les braises, les flammes vacillantes enflammèrent les robes des disciples qui lâchèrent l’Apprentie.
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By Darth Varadesh
#35347
Comme tout bon dirigeant maléfique d'un culte dégénéré, le maître des lieux se drapait dans une fausse cordialité et comme s'il n'était pas surpris de voir débarquer des Sith chez lui un beau matin comme ça pour défourailler tout ce qui bouge. Tout cela faisait partie du plan, évidemment, il avait tout prévu, tout vu et savait exactement comment tout allait se passer. Entre le décor témoignant de son narcissisme, son trône ridiculement surélevé et lui qui s'approchait lentement, tout ça sentait bon l'holo à gros budget d'une simplicité enfantine comme en produisaient les grosses enseignes de divertissement à la chaîne. Navrant, elle aurait bien aimé assister à autre chose que du déjà vu.

"Disciples". A qui croyait-il s'adresser celui-là ? Pensait-il vraiment pouvoir convertir à sa cause d'aliéné des Sith ? On ne lui avait donc pas expliqué un peu dans sa vie comment ça se passait avec de genre d'oiseaux ? L'apprentie eut un sourire méprisant, amusée que l'imbécile pût être si à côté de la plaque. Cette histoire de Lumière était d'un ridicule sans nom et ne faisait que prouver qu'il était grand temps pour le bonhomme de prendre sa retraite. Définitivement et de façon radicale. Il n'existait pas de Lumière dans la galaxie, uniquement la Force et ceux qui avaient le pouvoir de s'en servir pour façonner leur destin à leur convenance. Et seuls les Sith en étaient capables, certainement pas ce fou.

Connaissant mon maître, vous allez vous prendre son opinion en travers du torse.

Les signes avant-coureurs ne trompaient pas il faut dire. La silhouette de la Mirialan qui s'était tendue et figée en apercevant le bougre, la main qui avait glissé jusqu'à la poignée du sabre et tripotait le bouton d'allumage de la lame d'énergie, l'expression orageuse de mauvais augure qu'elle ne connaissait que trop bien sur le visage de la Dame... Tout ça allait finir dans le sang, les larmes et la douleur. Ceux de l'Iktotchi il fallait l'espérer, pas les siens elle avait déjà donné merci bien. Cela dit, l'imprudent se dédoubla ensuite un grand nombre de fois et ses copies se jetèrent toutes sur le duo. Immédiatement, les choses devinrent beaucoup moins drôles et ce fut sans hésitation que les Sith plongèrent dans la mêlée, toutes lames dehors, détruisant les illusions l'une après l'autre.

Ça n'allait pas suffire, évidemment. Il y en avait trop, beaucoup trop. Ils étaient partout et chaque illusion détruite laissait place à 2 autres prenant sa place. C'était comme du tir au pigeon sauf qu'ici le pigeon n'était pas d'humeur à se laisser abattre sans rendre les coups. Elle tenta bien d'apercevoir Ranath mais, coincée au milieu de la foule de faux prophète, elle ne voyait rien au-delà de cette marée. Sentant sa défaite inévitable, l'apprentie redoubla d'efforts, jurant et crachant des malédictions en sachant la victoire impossible. La horde la prit finalement, l'envoyant à terre et la frappant au visage. Toute lumière disparut et seul resta le néant tandis qu'elle sombrait dans l'inconscience.

Celle-ci ne dura pas bien longtemps avant qu'une douleur vive ne la ramène au monde éveillé. Grognant de douleur, Varadesh cracha du sang sur le disciple qui l'avait frappée, occasionnant une autre gifle. Elle ne se démonta pas ni ne baissa les yeux, jetant un regard enragé digne d'une bête sauvage. Toute plaisanterie avait pris fin et l'ennui laissé placé à une haine qui menaçait de la posséder, réprimée à grand-peine. Bien qu'impuissante actuellement, elle ne songeait plus qu'à guetter une opportunité de se libérer afin de pouvoir tuer. Rien d'autre n'avait plus d'importance que de prendre chacune des vies misérables présentes en ce lieu à présent.

On la souleva alors et sur ordre de l'autre fêlé, rapprocha son visage de braseros allumés. En apercevant le feu qui brûlait, elle eut un haut-le-cœur et prit peur malgré la rage dans laquelle elle était. Mourir brûlée vive ou être simplement défigurée par la chaleur du feu avait de quoi horrifier n'importe qui après tout. Elle se débattit comme une folle pour tenter d'échapper à la poigne de ses geôliers, en vain. Elle avait bien croisé le regard de son maître tandis qu'ils la menaient à son châtiment mais ç'avait été comme de regarder une junkie aux yeux vitreux et complètement absente, qui ne pouvait même pas réaliser ce qu'il se passait à quelques mètres d'elle. Rien à espérer de ce côté, la Dame avait semble-t-il perdu l'esprit et était déconnectée.

Alors que les disciples la forçaient lentement à baisser le visage pour le rapprocher des braseros et que déjà l'apprentie voyait sa jeune vie défiler devant ses yeux en même temps que la flamme se rapprochait d'elle, elle sentit une manifestation de pouvoir dans l'air et contre toute attente, sourit en réalisant qui réagissait soudainement. Le brasero se renversa et brûla les robes des disciples qui la lâchèrent pour s'égailler en tout sens en tentant d'éteindre les flammes. C'était sa seule chance de se sortir de là. Tendant les mains toujours ligotées, elle attira à elle les sabres confisqués et trancha ses liens rapidement. Varadesh se tint finalement face au groupe de cultistes, sabres allumés et tendus dans leur direction, puis courut à toutes jambes sur eux, distribuant des coups au hasard.

Elle ne cherchait pas vraiment à les tuer, bien que chaque coup qui faisait mouche la réjouissait, plutôt à les forcer à s'éloigner d'elle tandis qu'elle se précipitait vers la Mirialan toujours à genoux à quelques mètres. Elle ne servait pas non plus vraiment des 2 sabres, parfaitement consciente qu'elle ne savait absolument pas utiliser la forme Jar'Kai. Elle ne faisait qu'agiter celui de Ranath pour donner l'impression de s'en servir, rien de plus. Après ce qui lui sembla une éternité de découpage de chair et autres tueries improvisées, l'apprentie se retrouva enfin devant son maître. Un coup de sabre lui enleva ses entraves puis le sabre fut rendu à sa Dame. Enfin, les deux Sith se trouvèrent dos à dos contre les disciples.

Je sens leur peur et leur confusion. Et cette fureur qui règne... C'est magnifique maître. Le côté obscur est si puissant, si omniprésent... Oh...

A nouveau le chant de sirène des énergies obscures résonnait dans leur tête et s'il y avait fort à parier que le maître des Sith savait aisément y résister, son apprentie avait bien plus de difficultés, son contrôle rudement mis à l'épreuve par la haine et la soif de sang qu'avaient fait naître en elle l'Iktotchi et ses manœuvres. S'ouvrant au côté obscur, la Pantoran se gava de sa puissance et se jeta sur les disciples effrayés, se délectant de la terreur qu'ils ressentaient et fauchant leurs vies misérables sous sa lame énergisée. Bientôt, il ne resta plus grand-monde car ceux qui ne tombèrent pas sous les coups des Sith s'enfuirent promptement. Le maître des lieux quand à lui ne semblait pas particulièrement angoissé ni surpris ou gêné par la tournure des événements. Toujours plus avide de tuer, assoiffée de sang, l'apprentie tourna son visage ensanglanté vers lui et fit un pas dans sa direction, les yeux dorés brillant d'une lueur meurtrière.

C'est votre tour à présent.

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