L'Astre Tyran

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Arkania, dans le système Perave, est une planète au climat inhospitalier. Couverte de toundra et de glaciers, elle abrite cependant de nombreuses mines qui sont sa principale source de revenus. Arkania est également connue pour ses centres d'expérimentation génétique qui furent à l'origine de la création de nouvelles races.
Gouvernement : Neutre - Accointances avec l'Empire
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By Harlon Astellan
#35055
On lui tendit donc un casque. L'Empereur le regarda avec circonspection. Elizabeth le mettait déjà à côté de lui. Jouer le rabat-joie ? Ou mettre un casque. L'Empereur choisit vite. « Je suis navré, mais je ne peux décemment pas m'avancer couvert, quelle que fut la circonstance. » Un Chef devait être visible en permanence. « Je me dois de décliner cette directive. Je prends à témoin ma suite... » désigna-t-il d'un geste bref, « ... pour vous dédouanner de tout accident qui pourrait survenir impliquant des chutes de pierre. Mais comme vous le dites, cette zone est sans danger. » Rabat-joie ? Non. Empereur. Il aurait pu demander à ce qu'on fasse venir un bouclier à particules personnel, qu'il s'équipe de ce qu'il fallait. Autant, il n'en fit rien. Ils avaient perdu assez de temps déjà. Pour récupérer un diamant qu'il ne pourrait jamais porter en pendentif - mais qui allait ravir le service diplomatique des Renseignements - et satisfaire la curiosité morbide d'un directeur qui passait trop de temps à se frotter les mains. Il semblait sincèrement ravi de voir l'Empereur, et son portrait-parlé ne le rendait pas dangereux à ses yeux. Mais il dégageait une atmosphère malaisante.

La première partie laissait Harlon dubitatif. Tout avait été fait pour assurer un confort de... visite. Comme si l'endroit était moins fonctionnel qu'agréable dans l'envie de son architecte. Quelle idée ! Dans les cavités creusées avec largesse, sur un sol lissé et dur, on distinguait un hangar, de quoi se soigner et de quoi se... relaxer. Mais qu'est-ce que c'était que ce délire, un centre de villégiature avec activités souterraines ? Ce qui le fit tiquer, c'était l'absence de porte dans le hangar à speeder. Speeders qui eux mêmes semblaient relativement peu adaptés au-dehors. Harlon remarqua des boucliers cabossés à l'avant et sur les côtés, un toit coulissant, des réacteurs anti-grav situés en-dessous et pas à l'arrière, et des grillages aux fenêtres. « Ces speeders servent pour la prospection au fond des conduits récemment mis à jour ? » Il savait déjà la réponse positive. L'Empereur était perspicace. L'autre fierté de la mine, c'était les robots qui peinaient à la tâche, ne stoppant leur besogne que le temps d'aller recharger les batteries. Un reniflard, un petit robot truffé de senseurs de pointe, qui courait et plantait des balises dans les endroits où son "nez" avait reniflé un bon bloc exploitable. Le dégommeur, tranquille animal avec burin super-sonique et foreuse à roche, dégageait le gros, que les suivants puissent faire l'affaire. Surtout pour le porteur, avec des pinces ajustables en longueur et largeur, passant du fin au massif, pour tirer les pierres brutes, les charger dans les chariots en file, tournant d'un bout à l'autre, en ordre serré. Tout remontait au centre depuis les mines, sans discontinuer. C'était une merveille d'industrialisation, et la présence humaine qui réparait les pots cassés. Enfin, "humaine"... façon de parler. Lesquels façons de parler exposèrent un peu leur travail devant la visite officielle. Le visage dur d'Harlon, en température constante, scrutait une populace majoritairement composée d'Arkants. Même leur chef, un ingénieur au visage buriné, artificiellement pâle du manque de vitamine D, étant de ces gens, qui tenaient des Arkaniens leurs manies, et des humains leurs mains et leurs yeux. « Le lac souterrain est accessible depuis quatre jours, » termina-t-il pour son exposé, époussetant sa tunique qui venait encore de servir au travail. « Vous voudriez jeter un oeil ? » Harlon consulta Elizabeth du regard. Elle semblait intéressée. Il devait se l'avouer aussi : le détour devait en valoir la peine. « Nous en serions ravis. » Son Garde avança tout de suite la main. Sans un mot. Les Gardes ne parlaient plus maintenant. Leur rôle n'était pas d'élever la voix. Au contraire. Ils avaient intégré l'esprit impérial maintenant. Leur rôle premier, protéger, sans mot dire, était respecté de bout en bout. On ne les entendait faire un bruit que sur demande. Le geste n'échappa pas à l'Empereur toutefois. « Je tâcherai de faire attention.0 » Et, se donnat-il le temps d'ajouter : « Et puis, que pourrait-il bien nous arriver ? »




La vue valait le détour, en effet. L'eau était translucide, les roches dans un état impeccable, les stalagmites rejoignaient et enlaçaient tendrement les stalactites, et quelques diamants visibles éclairaient l'endroit de mille feux. « Vous comptez vraiment exploiter cet endroit ? » Imaginer l'eau draguée en-dehors, les roches percées et les diamants arrachés parut soudain comme un crime. « Vous avez là un monument millénaire... Quel dommage cela serait de le souiller... » Il se tourna pleinement vers le directeur. « Permettriez-vous à mes équipes de faire une reproduction complète de l'endroit avant toute exploitation ? A moins que vous n'en ayez déjà à disposition... Je serais honoré de conserver une copie de l'endroit pour les archives impériales. » C'était, à dire vrai, un présent plus grand que la pierre qui venait d'un filon mitoyen de l'endroit.

Mais bien vite, il fut évident que l'endroit ne serait jamais cartographié. Les pierres luisantes se mirent à luire en mouvement. La roche tomba, souillant l'eau d'une clarté exemplaire. Le mur du fond commença de se désagréger. Une stalagmites se détachant, se contracta, dans un craquement sourd et poussiéreux. Et ce qui semblait une méduse de roche s'ouvrit en grand. S'une une fente noire au milieu d'une ellipse de ténèbres, nimbées de flammes. Un squelette, de chair et de roche, commençait de s'éveiller.

Un Dragon sortait de son sommeil.




Le mouvement, le simple mouvement de se retourner, avait suffit à provoquer une secousse sismique qui affola tout un tas de capteurs. La Navette de l'Empereur sentit la décharge jusque dans le cockpit, où les pilotes en uniforme gris avaient étalé une carte papier de la galaxie pour calculer des voies hyperspatiales. Se regardant, ils tentèrent de joindre le vaisseau mère en orbite. « Destroyer Imperator, ici la Navette Fureur de Nouane. Avez-vous des analyses sismiques à nosu transmettre ? » Le Destroyer mit un temps à répondre. « Navette, ici Destroyer Imperator... confirmons activité sismique imprévue aux coordonnées 154'473 - 593'398. » Un secteur de distance de là. Cela venait-il de... Bigre ! La Mine !




De l'autre côté, les Gardes commencèrent à paniquer. De la façon la plus professionnelle possible. « Déblayez cette voie immédiatement ! » Les Gardes formaient déjà un cercle concret pour déblayer. Deux d'entre eux avaient posés leur matériel, et dégageaient les pierres à la main, armure dehors, cape jetée en arrière. Le Capitaine donnait ses ordres avec clarté, pointant du doigt chaque Arkant qui aurait pu avoir l'air de savoir les aider. « Apportez des explosifs ! Pas de thermobarique ! » Mais la mine, travaillant au baradium, n'avait rien de très adapté aux espaces confinés dont il fallait sortir l'Empereur - la Monarque n'était pas leur problème. « Navette Fureur de Nouane ? Besoin d'aide matérielle immédiate. Faites venir des explosifs protoniques. » Le Garde ajouta même, jaugeant les entrées diverses qui menaient jusqu'à l'endroit. « Faites venir deux Bipodes au secteur 154'473 - 594'398. Conduit de mine numéro quatre. »




« Attention ! » Réflexe. Toujours. Un soldat réagissait au quart de tour. Dégainait son DL-44, mode létal dehors, il enserra Elizabeth de son bras gauche, la tournant pour faire barrage de son corps. Il n'eut pas à le penser, juste à le faire. Quand le pire arriva... Sous les secousses, la roche céda sous leurs pieds, et les envoyèrent au sol. Tenant toujours Elizabeth, il se sentit glisser, sentit sa tête ricocher contre des pierres humides... En tombant, il perdit connaissance.




Les Garde sne précisèrent rien de la mobilisation de ce matériel. On se doutait que quelque chose n'allait pas. Mais la Garde géra tout. Le matériel militaire demandé fut même conduit par eux directement. Un Garde Rouge se propulsait d'office avec un grade de Commandant. Pas besoin de se faire obéir avec des menaces. Juste avec un ordre clair et précis, comme maintenant. Le tout était de déblayer tout ça avec les missiles de tête et les canons laser. Pilotant avec adresse dans les conduits qui ne laissaient que vingt centimètres de débattement, ils finirent par garer les deux "coquilles d'oeuf" devant le tas de gravats. Et, le temps qu'on voit si les explosifs étaient mieux indiqués, on tira sur les roches.




Harlon se réveilla au milieu des rochers. Il avait mal à la tête, au torse, et dans les jambes. Se relevant péniblement, il constata qu'Elizabeth semblait encore inconsciente. Ou alors ne voyait-il pas bien. A tâton, il retrouva son blaster tombé, et tenta de se relever. La douleur qui le tirailla venait de la jambe. Son beskad s'était enfoncé dans son mollet. Il tira son fichu pendu à son épaule, noua un garrot sous son genou, et déplia sa jambe d'un coup sec. Le sang coula allègrement, avant qu'il ne se décide à fouiller dans sa ceinture pour quelque chose d'utile. Là ! Un petit cicatriseur des StormTroopers. Il ressouda grossièrement sa chair et stoppa le saignement. Il aurait besoin du reste pour Elizabeth. Il remarqua alors que la lumière déclinait petit à petit... Les bâtons lumineux qu'ils avaient emmené commençaient à mourir... Et avant qu'il ait pu voir si Elizabeth allait bien, le noir se fit. Il pesta, et commença à respirer plus fort. « Elizabeth ? » Il fallait qu'il entende quelque chose, n'importe quoi. « Elizabeth ! » Et, c'est après cela qu'il eut un trait de génie. Il porta la main à sa ceinture et... Oh non ! Sa porte de sortie ! Il se mit sur les genoux, prenant soin de ne pas trop tirer sur son mollet blessé, et fouilla le sol... après quelques minutes il le retrouva, et soupira un grand coup. D'un geste sûr, il alluma son sabre laser Sith. La lame éclaira les environs d'une lueur rouge puissante, stable et éternelle, et il put retrouver Elizabeth dans le noir. « Impossible de remonter par là... » Il regarda le lieu de leur chute. La pente était raide, et des pierres obstruaient le passage, hors de portée. Un miracle qu'ils soient vivants. « Il va falloir trouver un autre chemin... » Et éviter, si possible, une bête qu'on espérait ne voir qu'en squelette suspendu.
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By Elizabeth Civicius
#35061
    Il faisait si noir en ouvrant les yeux qu’on aurait cru être encore endormi. Les paupières battirent une fois. Deux fois. Et la lueur du halo rouge parvint à la rétine. C’était une lumière chaude qui de son rayonnement révélait la silhouette d’Harlon. Elizabeth porta lentement la main à son crâne. Ses doigts cognèrent maladroitement le casque, et retombèrent sur le torse. L’Humain vint vers elle.

      « Tu … tu vas bien ? »

    Elle se redressa tant bien que mal, tâtonnant autour d’elle à la recherche d’un appui. La mémoire lui revint soudain. Le dragon. L’Arkanienne se mit sur pieds, plus vite qu’il n’aurait fallu. La caverne vacilla un peu autour d’elle. Déjà, Harlon était à ses côtés. La main de la Reine se porta au poignet de l’Empereur.

      « Attends … »

    Elle lui fit abaisser la lame laser, tout en protégeant ses yeux du revers de son autre main. L’obscurité gagna du terrain, et le regard de l’Arkanienne grimpa vers les hauteurs. Accroché à la paroi, telle une chauve-souris, le reptile procédait à un toilettage complet de ses écailles. Pour Elizabeth, il était réduit à cette tâche rougeoyante au niveau de son gosier, cette boule de lave qu’il gardait en lui, prêt à cracher sur ses ennemis. Du reste, elle ne voyait rien. Pas d’ailes, pas de queue. Juste son gosier et le haut du poitrail.

      « Il est toujours là-haut … Où est Manlor … ? »

    L’exploration visuelle reprit de plus belle. Il suffit à l’Humain d’élever à nouveau le sabre au-dessus de lui pour apercevoir le cadavre de l’Arkanien, le crâne écrasé sous un bloc rocheux tombé du haut de la cavité. Elizabeth, bien maladroitement, se fraya un chemin jusqu’à lui. Elle s’accroupit à côté du corps encore tiède qui gisait panse vers le ciel. De ses huit doigts agiles, la Reine vida les poches du mort. Il n’y avait pas grand chose. Il y avait l’essentiel. Les deux boîtiers de plastique noir avaient en commun leur petite dimension. L’un était un appareil de communication courte portée, l’autre était une sonde gaz-pression. Les deux semblaient encore fonctionner.

      « Et l’autre ? »

    On ne retrouva pas le corps de l’ingénieur. L’Arkanienne revint auprès de son aimé.

      « Impossible de remonter par là... Il va falloir trouver un autre chemin... »

    Ensemble, ils entreprirent de descendre un peu plus bas. Ils longèrent le bord du lac, avançant lentement entre les cristaux et les stalagmites. D’une observation simple, ils comprirent que l’eau s’écoulait par un tunnel étroit qui perçait au point le plus bas de la caverne. Voilà donc l’issue qu’ils pouvaient emprunter. Sinon, il y avait toujours l’option d’escalader la roche jusqu’au terrier du dragon.

    Alors qu’ils en étaient à s’interroger sur praticabilité de l’endroit, un bruit métallique lointain retentit dans les hauteurs. En réponse, le reptile émit un grondement sourd et se jeta d’un bond en direction de son antre. Il y disparut un instant pour broyer rageusement l’intrus qui pénétrait son territoire. Aussitôt, et toujours plus en colère, il reparut dans la caverne, se laissa aller à un long hurlement strident et libéra un jet de flamme à la hauteur de son humeur. Il y avait toujours ces deux-là, en bas, qui le narguaient. L’animal se laissa tomber au bas de la grotte, laissant à peine le temps aux bipèdes de descendre dans le tunnel. Ils étaient pris au piège, mais hors de portée du dragon.

    Tant pis ! Il trouverait un autre moyen ! Il s’éloigna. Il allait attendre … Quelques minutes, et il aurait de nouveau assez de carburant pour cracher son feu par ce conduit … et griller ces mulots ! Pour l’heure … il avait faim. Et il restait dans la caverne, deux mises en bouche encore fraîches …

    Dans le tunnel creusé par l’eau, l’on pouvait évoluer voûté, ou sur les genoux. Il n’y avait là de la place que pour un demi homme, ou trois quarts d’une Elizabeth. Tout en avançant, l’Arkanienne surveillait le comlink. L’appareil ne recevait aucun signal, et ne pouvait en émettre par delà ces murs de granit. En outre, son communicateur personnel n’avait pas survécu à la chute.

      « Harlon … ? Je t’aime … »




    En haut, on déblayait l’entrée. Ce n’était pas la chose à faire compte tenu de la nature du nouveau protagoniste récemment entré dans l’aventure. Tandis que les Gardes Rouges réquisitionnaient les ouvriers, la Garde Royale explorait d’autres options. La mise à disposition des cartes, bien évidemment. Et selon les derniers relevés, il y avait un autre accès. Il y avait cette percée, tout juste courue par le T1 désormais disparu. Et puis, il y avait la vieille mine. Il fallait repartir au premier filon, faire sauter le scellé, et s’en aller explorer les veines mortes de la montagne. En premier lieu, on ordonna de convertir la percée en tunnel. Autre mauvaise idée, compte tenu, et caetera. Et ça pouvait prendre des heures. Ensuite, on fit sauter le scellé du premier filon.
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By Harlon Astellan
#35070
Le sabre aidant, il aida Elizabeth à se relever, après qu'elle lui demanda comment il allait. « Ça va. » Pas question de mentionner le mollet. « Rien de cassé ? » Il tapota sa ceinture, incapable de mentionner son contenu. De son sabre, il observa un peu l'intégratité physique de la Moanrque. Elle avait bien fait de mettre un casque. Lui-même ne s'épargnait pas une céphalée qui allait le rendre difficilement opérant maintenant. « Attends... » Elle lui prit la main, et abaissa le sabre. Il suivit le fil avec soin... les sabres ne pesaient pas le poids de leur lame, du moins pas celui-là... manier l'objet était comme manier une poignée de sabre, sans lame. L'équilibre était si différent que le maniement devenait beaucoup moins intuitif. Ses talents d'escrimeur ne lui permettaient pas de faire le malin avec un outil pareil. Surtout pas avec des secousses régulières qui manquaient le faire trébucher. Comme elle levait les yeux, il admira le plafond de la caverne. Ils étaient donc descendu de si peu ? Il pensait qu'ils avaient filé à des dizaines de mètres en bas. Mais non. Ils avaient glissé de deux mètres à peine. Il se prit la tête, dans l'espoir d'y retrouver un peu de contenance. C'était humide. Il pointa le sabre devant sa main. Elle était noire. Rouge sur rouge. Il sut tout de suite ce que c'était. « Où est Manlor ... ? » Il fouilla le coin, sans rien trouver. Elizabeth le trouva avant lui. Il commençait maintenant à avoir un oeil couvert par le cuivre vital qui lui servait de véhicule à oxygène... Il reprit son petit appareil, localisa la plaie, et tenta de souder au milieu des cheveux. Ca lui fit mal, il n'y voyait rien, et il sentait que ça serait horrible pendant un moment. Mais au moins cela ne coulait-il plus quand il essuya avec un morceau de sa cape.

« Et l'autre ? » Il se consacra de nouveau à sa femme. Oui, sa femme. Elle semblait prendre la situation avec un calme homérique. C'était impressionnant, et troublant à la fois. Lui-même ne paniquait pas ; mais il était terrifié. Il affrontait un dragon d'un genre inconnu. Il n'y avait pas de honte à laisser sa peur pousser son instinct de survie. Elle, ne semblait même pas capable de faire autre chose que parler avec calme, comme si tout cela c'était normal. Très banal. Un dragon au-dessus d'eux, et elle ne songeait même pas à se laisser trembloter. Remarquable. Il réagit à une pulsion soudaine et l'embrassa, directement, et sans s'attarder. Par mégarde, il avait du y glisser de son propre sang. Tant pis ! Au milieu des rochers, longeant le lac, il y avait visiblement une petite caverne qui descendait plus profond encore dans les mines. L'humidité, extrême dans l'endroit, était renforcée par l'écoulement de l'eau cristalline, libérée d'un barrage léger par un mouvement préalable de la créature. Le passage pourrait bien devenir inondé et servir de tombeau, s'ils se laissaient prendre au piège.

Une explosion. Braf ! Et un jet de pierres, qui tomba sur un museau qui allait s'agacer. Se hissant d'un coup, faisant trembler les fondations du monde, le lézard ailé croqua du métal, et le recracha aussitôt. On avait troublé son sommeil. Et maintenant, un rai de lumière paraissait d'en haut. Impossible d'en voir plus. Mais quand la bête se laissa retomber, le couple tomba au sol, à plat ventre, et le sabre alla rouler, sans s'éteindre. Pratique ! Harlon rampa vite pour le récupérer, et aida Elizabeth à se relever. Le ruisseau nouveau filait au milieu d'un passage qu'il avait vu trop grand. « On se ferait piéger là-dedans... » Mais ne l'étaient-ils pas déjà... Le dragon, soudain, sembla s'intéresser à eux. Trop tard pour fuir. La bête avait maintenant de quoi cracher son feu. Les avoir dans le tunnel. Il n'avait pas de bouclier pour s'en protéger. Il aurait du... il aurait du en apporter un ! « Harlon ... ? » Réfléchir vite, agir vite... Mais que faire ? Il regarda Elizabeth, espérant une idée, de génie, ou pas, n'importe laquelle... Ce qu'il vit dans la lueur rouge était un visage triste. Mais... comblé, tout au fond. « Je t'aime ... » L'humidité eut raison de lui. Une goutte d'eau venue du plafond perlait depuis son oeil sur sa joue maintenant. Car elle ne pouvait venir que de là, n'est-ce pas ? « Moi aussi je t'aime... maintenant, et pour longtemps encore... » Il l'embrassa de nouveau, sabre à la main. Son baiser fini, il put se retourner face à la créature.

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Prêt comme jamais. « Viens çà, infect animal... » Provoquer, pendant qu'il fouillait son dos, à la recherche de sa clef vers le succès... « Tu retourneras au passé dans un instant... » Sa clef, il la tint enfin. Un détonateur thermique. Il attendit que la bête d'approche assez près, ouvrant la gueule pour croquer un morceau... Harlon arma son appareil et le lança dans la bouche grande ouverte.




Le verrou sauté, il fallut s'y résoudre. Un bipode venait de se faire hacher, et dedans, les deux gardes qui pilotaient, coupés en deux. Leur état était stable néanmoins, et même dans un état aussi catastrophique, leurs chances de survie étaient complètes. On avait vu des corps plus coupés que cela survivre jusqu'à l'âge de grand-père. Ils seraient cybernétiques le restant de leurs jours, mais ils vivraient bien cette condition. Ils le devraient... Ils iraient en retraite, et serviraient d'instructeurs dans les corps d'élite de l'Empire. La fin de leur servitude auprès de l'Empereur, et une utilité retrouvée ailleurs. Cela arrivait. Ce n'était pas grave.

Le corps de la Garde Rouge s'engouffra dans le tunnel avec un armement complet. Pas de lance sur cette opération sauf à la ceinture. Pas de pique de force, laissée à la navette Sentinelle qui s'était posée avec les deux bipodes. On parlait de fusil lourd à répétition. De lance-fléchettes avec lance-grenade monté sous le canon. D'un lance-missile protonique à l'épaule. D'une tourelle E-Web transportée par trois Gardes, eux-mêmes armées de DLT-19 en bandoulière. Les capes étaient relâchées, et on avait laissé à 'lair libre les armures rouges, qui imitaient avec une certaine ironie les écailles de leur adversaire. On avait tout embarqué sur les speeders adaptés. Envoyer des sondes. Partir à l'aveugle, en plusieurs groupes. Un autre groupe devait tenter de forcer un barrage animalier assez sévère...

La Garde d'Arkania fut intégrée au processus, mais on les laissait surtout évoluer pour leur Monarque. L'EMpereur se sauvait séparément. Ainsi désorganisés, ou plutôt, sans soudure directe du fait des Gardes Rouges, l'opération commença à se compliquer. Secourir l'Empereur, et la Monarque, allait devenir difficile.
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By Elizabeth Civicius
#35073
    L’animal était un monstre, une bête immense à la musculature développée et carapacée d’une armure plus dure que la pierre. Il était un chasseur passionné, pas l’un de ces carnassiers idiots qui couraient babines au vent au derrière de leurs proies. Du détonateur thermique, il ne fit qu’une bouchée, le happa comme une friandise qu’on lui aurait jeté. Les deux mulots virent le gosier du géant rougir. Et comme pour les narguer, il se tourna avec grâce vers le haut de la caverne. Se dressant sur ses membres postérieurs, et ouvrant grand ses ailes, il fit face à la Garde. Aucune de ces vermines ne put réagir à temps. Le dragon ouvrit sa gueule, leur cracha feu et détonateur au visage. Le gaz enflammé frappa la paroi, s’introduisit par la brèche et embrasa l’oxygène de la toute nouvelle veine du quatrième filon. La peau de tous ceux qui ne s’étaient pas rangés avait fondu et ne ressemblait plus qu’à la croûte d’un fromage laissé trop longtemps au four. S’il restait des Gardes Rouges, ils se tenaient à couvert.

    Le reptile bondit encore, s’élevant au sommet des murs de roche auxquels il s'agrippa. Son regard revint sur Astellan. Alors ? Minable Humain. Sa gueule s’ouvrit pour laisser échapper un hurlement strident, comme un rire à note unique. D’un oeil, il surveillait la brèche, l’entrée des Gardes, et de l’autre, il toisait l’Empereur. Il était ici chez lui, dans son royaume, son nid. Il n’appréciait pas que le chevalier brandît sous son nez cette lame brûlante qui ronflait comme une sauterelle des landes. Il ne voulait plus s’approcher, n’ayant que très moyennement trouvé ludique la boutade de la grenade. La chaleur lui gonflait à nouveau la gorge, mais il garda cette fois en réserve son arme. C'eût été si facile de les roussir depuis le surplomb …

    Toujours fermement accroché à la paroi, au plus haut, le lézard se mit à se trémousser. De droite à gauche, et de gauche à droite, il se balançait sur ses prises. Quand il estima avoir pris suffisamment d’élan, il envoya sa lourde queue frapper la roche au-dessus de son nouveau jouet, ce petit Empereur. Manger chaud, oui. Manger vivant, non. Cela n’avait aucune sorte d’intérêt. Ça gesticulait sur la langue. La chute de gravats força la femelle à s’éloigner de son mâle. Ils étaient désormais séparés. Elle, elle tâcha de remonter un peu, le chemin n’était pas loin, les Gardes n’auraient aucun mal à la récupérer. Mais lui … Toute cette énergie déployée pour venir le chercher, lui, ravissait le dragon. Si son intellect était limité, il soupçonnait néanmoins l’importance du personnage. La bête se laissa tomber au fond du puit. L’impact produisit un bruit sourd et une secousse digne des prémices d’un séisme. Le silence s’abattit sur la caverne. Elizabeth eut même le temps de tendre inutilement la main vers son aimé, bien trop loin d’elle pour la saisir, le suppliant de remonter au plus vite. Mais ce n’était qu’un jeu. Le chat s’était caché derrière le divan, attendant que la souris fît mine de bouger. Le dragon reparut tout aussi soudainement pour défier l’Empereur. Il le dominait de toute sa hauteur, et rien cette fois, ne contrarierait le destin.

    Plus tôt, Harlon s’était demandé, pourquoi la peur ne l’emportait pas sur le calme apparent de sa future épouse. Le pragmatisme. C’était un réflexe de survie essentiel, certes dopé d’adrénaline. Et si, se tenant derrière l’Humain, l’Arkanienne avait eu peur du dragon, si elle avait tremblé quand il avait gobé le détonateur, si elle s’était écriée quand le plafond était tombé, elle gardait toujours à portée cette part effrayante de rationalisme. L’urgence ne l’incapacitait pas. Et c’était peut-être bien là son seul atout à la guerre. Chassant un pan de son manteau, elle dégaina, et tira. Le trait toucha la bête au cou. Insuffisant pour le blesser, mais assez pour le faire enrager et perdre un instant le fil de son plan animal. S’en suivit une série de tirs de différents calibres, venant d’en haut, de la sortie des bipèdes. Rien de tout ceci ne pouvait l’atteindre. Mais pour le grand final, il voulait être tranquille. Alors, le reptile porta à nouveau son attention sur l’armée de rats qui perturbait son quart d’heure ludique, et il la vit. L’arme qui allait avoir raison de lui. La buse haute pression qui gouttait déjà d’eau claire. Dès qu’on avait su pour le dragon, on avait fait tirer depuis le carrefour les tuyaux de lutte contre l’incendie. Les veines n’en étaient pas directement équipées, car le risque de feu était très limité ici. Mais il existait bien un réseau d’eau artificiel sous terre. Et l’on avait retardé la mort de l’Empereur assez longtemps pour armer le canon de fonte cuivrée.

    Comme si sa vie dépendait de ce réflexe, le monstre vida toute sa réserve brûlante sur les trois soldats qui maintenaient le tuyau. Dans le même temps, l’un d’eux avait actionné le levier d’ouverture, et le brouillard d’eau sous pression fit office de bouclier. Fort heureusement, on avait plus d’eau que le dragon de feu. Quand il eut réduit à l’état de vapeur tout le liquide qu’il put, l’animal se dégagea de la ligne. Le jet le poursuivit, lui arrosa le dos, les ailes, enfin la tête. Il poussa un cri d’horreur. Il aimait la pluie, il aimait la neige, il aimait ce lac en bas, mais ça, non. Il rugit avec force, tenta une attaque à griffes déployées, renonça. Il avait perdu. Il prit la fuite. Se faufila en toute hâte jusqu’à son terrier. On l’entendit râler une dernière fois. Plus tard, quand on le chercherait, on ne le trouverait pas. L’exploration approfondie de l’endroit révèlerait une cheminée percée au droit du nid et qui assurait une sortie vers les sommets enneigés.

    Elizabeth, du mieux qu’elle put, se précipita au devant d’Harlon. Elle encadrait délicatement de ses mains le visage de l’Empereur, demandant à plusieurs reprises s’il allait bien, s’inquiétant de la provenance de ce sang déjà séché.
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By Harlon Astellan
#35079
Une fin ridicule. L'Empereur se couvrait de honte avec cette intervention. Il jeta son oeil sur les hauteurs, et gratifia les lanciers d'eau d'un regard empli de haine. Ils venaient de priver l'Empereur d'un instant d'orgueil éternel. Harlon Astellan, armé d'un sabre laser, terrassant un Dragon Arkania, seul, lui ouvrant la gorge, le dépeçant et lui tirant son trésor en écailles, avant d'en parer ses fidèles serviteurs. Quelle histoire à raconter ! L'Empereur, roulé sous terre, avec pour seules armes son courage et un sabre laser volé sur le cadavre d'un Sith. Il aurait pu figurer dans les livres d'histoire avec ça. Au lieu de quoi on mettait en fuite le monstre avec une lance à incendie. Et quelle était cette peur étrange ? A vivre de neige et de froid sur un lac souterrain, et un jet haute pression le faisait fuir d'un coup. Il grinça des dents. Autant oublier toute l'histoire ! Hors de question d'inventer son héroïsme. Il balayerait l'anecdote du dragon plutôt que de mentir sur son incapacité à lui trancher la glotte, et à se baigner dans ses tripes fumantes.

Le retour d'Elizabeth le fit redescendre sur terre. Elle lui prit la tête à pleines mains, tandis que lui-même n'y allait qu'avec la gauche. La droite restait agrippée sur le manche du sabre. « Tout va bien pour moi... » siffla-t-il, entre la douleur de son crâne et celle de son mollet, « Dis-moi plutôt comment toi tu vas... » Et que quelqu'un fasse descendre au moins une corde !




On dénonçait des morts. Deux Gardes Rouges happés en deux, en train d'être stabilisés dans le bloc chirurgical du Destroyer amiral de son escorte. Deux autres avaient fini carbonisés. Les armures avaient absorbés la majorité de l'impact colérique du lézard, et ne laisseraient que des brûlures sérieuses aux jambes et aux bras. Les têtes n'auraient rien de plus que des traumatismes liés au feu pendant quelques temps. La Garde Arkanienne s'en tira moins bien. Une demi-douzaine de brûlés, sévères cette fois. On proposa des soins impériaux pour les malheureux. Ce fut accueilli gracieusement, mais refusé : la reconstruction des Arkaniens dépassait encore celle des Impériaux. Pour longtemps. Un TR-TT était en état de semi-fonte, l'autre était... croqué. La remontée des deux chefs d'Etat se fit dans un véhicule anti-grav, pour les ménager. Le retour à la lumière laissa admirer les deux gens. Elizabeth finissait avec de vilaines écorchures aux bras, aux jambes, et aux épaules. Leurs vêtements étaient en pièce, et ils étaient si sales qu'on les aurait prit pour d'antiques mineurs partis fouiller à l'aveuglette les filons. « Bon sang, Elizabeth ! Il faut te soigner tout de suite... » Mais ce fut un Garde Rouge qui osa s'interposer dans ce moment considéré. « Empereur... - ... Parlez. - Vous avez besoin de soins immédiats. » L'Empereur haussa les épaules. L'un d'eux, caustique, porta à son niveau un datapad éteint, écran brillant en plein sur son crâne. En se ressoudant le cuir chevelu, il avait refermé une plaie beaucoup plus vilaine qu'il l'avait figuré, et avait emprisonné des cheveux par touffes dans la cicatrice. Il aurait cru voir un genre de grand brûlé, les poils soudés dans la chair fondue, et la vision ne lui plût pas. « Faites venir des droïdes chirurgiens. »

Dans le local de repos, on avait poussé les tables, les chaises, les fournitures pour le personnel, sans ménagement, et on avait installé le petit nécessaire. Elizabeth et Harlon, comme invités spéciaux. « Protégez l'entrée. » Le sergent de la Garde était ferme. La Garde Royale Arkanienne, preuve d'ouverture cette fois que le danger était écarté, fut invitée à garder le local avec eux. Un garde resta au début, pour faire le rapport sur ce qui s'était passé. Harlon l'enregistra sans rien dire, et le congédia poliment, mais fermement. Il terminait de se faire réparer dans le calme au milieu de ces droïdes amenés par navette expresse. Des FX-7, pour assister le DD-13, le "droïde boucher" qui allait s'occuper d'Harlon. Pour Elizabeth, on avait disposé un droïde MD et un GH-7. « Prenez soin d'elle... Votre existence en dépend. » Il savait les droïdes attachés à leur existence. Après une anesthésie rapide, on lui rasa, avec dextérité, une partie des cheveux, on rouvrit la plaie, on nettoya tout, désinfecta, on ressouda proprement, et on couvrit le tout avec un pansement curatif. « DANS UN MOIS OU DEUX, VOS CHEVEUX SERONT REPOUSSÉS, COMME AVANT. » Harlon acquiesça. Il regarda un peu comment allait... sa femme. Oui, sa femme. « Ca te va bien, ce style... » Il lui sourit et l'embrassa. Les coupures n'étaient pas profondes. Il n'y aurait même pas de cicatrice. Il passa son doigt sur son épaule dénudée, admirant la peau blanche soignée au kolto. « Ne le dit à personne... C'est un remède magique... » A délimiter la zone de ses doigts, dans le dos de sa femme - oui, sa femme - il posa ses lèvres un peu partout, les décollant avec un léger bruit de succion à chaque passage. « C'est passé ? »




Heureusement, tout était couvert par la marée de gardes, les stores et la panique à l'extérieur. Les Destroyers en orbite avaient tôt fait de quadriller la zone de leurs scopes, à la recherche de la bête, histoire de la transformer en descente de lit pour tous les Moff qui existaient encore, et ceux à venir. Les indices thermiques n'avaient pas assez de contraste, surtout avec une surface sous la neige en permanence, pour qu'on y voit la moindre chose inhabituelle. Le Dragon s'était... envolé. Enfin, envolé... Le directeur fut annoncé mort par les équipes qui descendirent constater l'étendue des dégâts. L'entrée du quatrième filon, autrefois petit et débouchant sur un lac, donnait maintenant sur une énorme caverne mouillée et détruite, qui s'étalait en contrebas, et n'offrait que le vide dès qu'on passait la première étape. C'était une ouverture naturelle grosse comme trois hommes pour déboucher sur une bulle dans la roche. Il y avait la place de faire une usine à cet endroit, une fois qu'on aurait posé une passerelle... Mais pour cela, remplacer le directeur.

Au sortir de l'infirmerie de fortune, Harlon afficha son diamant étoilé aux yeux de tous, et le serra dans sa main. Finalement, il allait peut-être le garder. En souvenir d'un combat manqué. « Ce jour est marqué de la mort tragique d'un capitaine d'industrie d'Arkania. Cette mésaventure, qui failli coûter la vie à la Monarque et à moi-même ne doit pas faire oublier ce présent fait d'un peuple à un autre. Rien ne sera porté envers une planète qui mérite toutes nos considérations... » Un message à ses troupes, dont il avait entendu le rapport pendant qu'il se faisait recoudre la tête, « ... et toute notre collaboration. » Il marqua une pause, et annonça tout de go ce qu'il aurait du dire au monde bien avant. « Maintenant, j'aimerais passer du temps avec ma future épouse. » Même les Gardes vacillèrent. La presse ne couvrait pas l'événement. Tant mieux. Cela resterait dans un cercle très privé. Des mineurs, des contre-maîtres, des droïdes chargeurs et des Gardes Rouges. « J'ai demandé sa main il n'y a pas deux jours encore. Cette journée est la marque de notre espérance d'une vie longue et prospère... » Et heureuse. Mais ce n'était pas très impérial de le dire. « Qu'il soit frappé un dragon comme emblème de notre union... »

Se tournant, pleinement, prenant ses mains dans les siennes, les embrassant avec amour, un sourire sur les lèvres et dans les yeux. « A notre échappée belle. »
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By Elizabeth Civicius
#35125
    Heureusement, ils ne trouvèrent pas l’animal. Elizabeth n’avait rien dit, mais à tout prix, il ne devait pas être trouvé. Et quoi ? Ils l’auraient abattu. Le symbole d’Arkania. Où avait-on la tête. La Reine aurait interféré en faveur de la bête. Mettez-le en cage, attachez-le, mais ne le tuez pas. Vous ne pouvez pas le tuer. Il était le symbole de sa Maison. Elle en aurait ordonné à Harlon, l’aurait renié. Tuer le dragon c’était amorcer un incident diplomatique. Ordonner à l’Empereur c’était assurer la rupture de toute alliance, toute. Il n’aimait pas qu’on lui commandât, il ne le tolérait pas. Mais ils n’avaient rien trouvé. Et s’ils avaient trouvé, ils n’avaient rien dit. C’était mieux comme ça. Ne rien dire. Elizabeth, souriante et muette, caressait simplement la joue de son aimé tandis qu’il appliquait le remède magique.

    Si pour Harlon le combat était manqué, pour les Arkaniens, et notamment leur Reine, la chose était toute autre. Elle s’était tournée vers sa propre Garde dont Oberan brillait par son absence, pour une fois.

      « Les dragons avaient disparu depuis des siècles, ils refont surface aujourd’hui. N’y voyaient là aucune superstition. Mais considérez-le, ce jour malheureux est béni. »

    Quelques mots qui ne feraient sans doute sens qu’aux oreilles arkaniennes. L’Empereur devait comprendre qu’il y avait du bon à cultiver l'orgueil des patriotiques natifs d’Arkania. S’il ne le comprenait pas, tant pis, il n’avait pas à s’en inquiéter outre mesure.

    La déclaration suivante surprit même Elizabeth. Elle ne l’attendait pas. Pas ici, pas maintenant. Elle en sourit doucement, sans rougir. Elle avait toujours considéré que c’était à l’Empereur de mener à bien la communication de leur relation, puis de leur union future. Lui était Empereur, et elle rien du tout. La chose ne ferait aucun tort à Elizabeth, alors qu’il en causait un grand à Harlon.

    La stupeur générale passée, on proposa à chacun des deux dirigeants la disposition d’appartements de fonction somme toute assez confortables, ou un retour rapide à la civilisation urbaine. Ce que préféra la Reine à toute forme d’attardement dans la mine. Elle n’émit qu’une retenue, confiée à Harlon seul.

      « Il serait convenable de présenter mes condoléances à l’épouse de Manlor. Tu n’es tenu de rien, comme tu veux. Après, rentrons. »

    La chose prit environ une trentaine de minutes. La veuve n’était en rien boulversée par la mort de son mari. Elle avait toujours su qu’il finirait ainsi, en crêpe sous un caillou. Sur un ton tout à fait détaché, elle discuta avec la Monarque pendant un temps. Désormais à la tête du clan Manlor, elle renouvelait son soutien à Civicius. Enfin, on rentra. Elizabeth demanda à son fiancé s’ils pouvaient voyager seuls. Une fois enfermée avec lui, elle lui prit les mains.

      « Tout va bien ? Tu aurais voulu l’abattre, ce dragon ? »

    C’était une question un peu creuse, uniquement dévouée à faire admettre sa frustration à l’Empereur. L’animal avait finalement fui comme un lâche, cela pouvait laisser un sentiment amer.

      « Et … c’est un sabre laser que tu as ? »

    Elle n’en avait pas parlé le moment venu, en bas dans la caverne. Pas de temps pour les questions gênantes là-bas.

      « Depuis quand l’as-tu ? »

    Elle lui tenait toujours les mains, et les interrogations ne révélaient aucune méfiance. Pourtant il y avait matière à douter. Harlon avait-il une quelconque affinité sensitive ? C'eût été fort surprenant.
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By Harlon Astellan
#35143
« Les dragons avaient disparu depuis des siècles, ils refont surface aujourd’hui. N’y voyaient là aucune superstition. Mais considérez-le, ce jour malheureux est béni. » Harlon ne réagit pas. Il ne changea même pas sa température corporelle. Mais il avait des raisons de vouloir hausser un sourcil. Elle venait de dire que l'apparition d'un Dragon, que la présence d'un cracheur de feu qui avait fait fondre la peau de leurs hommes devait être saluée ? Qu'était-ce là, du masochisme ? Si elle voulait souffrir par plaisir, il aurait pu trouver plus simple que l'invocation d'un Dragon millénaire qui avait manqué de les happer dans un jappement. Bon appétit ! Et maintenant on appelait à le protéger... l'honorer peut-être même. Harlon ne comprenait pas. Une bête se chassait... les porter en étendard ne changeait rien au fait qu'on pouvait les chasser. Un Scan 3D de son cadavre, et une animation holographique suffirait à lui rendre vie. Il n'en dit rien. Ensuite de quoi, il prit la main de sa femme - oui, sa Femme ! Il arrêterait de le dire quand les gens auront saisi l'idée - et voulut l'attirer à l'écart, fendant la foule venue leur rendre hommage. Ce qui arriva fut féérique. Sans qu'il eut besoin de le dire, de le signaler... Chacun comprit. Les mineurs, un à un, commencèrent de retirer leur casque, baissant la tête, juste ce qu'il fallait, pour rendre hommage au couple. Et la Garde Rouge, sur l'initiative des plus jeunes membres, mit genou à terre sur leur passage. Harlon fixa sa femme avec fierté. Elle était intégrée au tableau depuis un instant. Et c'était merveilleux.

Mais le devoir de la Monarque lui inspira de lui chuchoter à l'oreille qu'il y avait une veuve à consoler. Enfin... pas comme il l'entendait d'ordinaire. Pas de veuve à "occuper" après une mort tragique. Et, bien sûr, purement accidentelle. Emboîtant le pas d'Elizabeth, il alla à sa suite rencontrer celle qui, prévenue de la situation précaire de son mari - encore supposé vivant à ce moment - était venue à la demande des autorités. Pendant un moment, il pensa qu'on ne lui avait rien dit. Mais il s'avéra qu'en fait, elle s'en fichait juste. Entre Elizabeth qui affrontait un Dragon yeux dans les yeux, la Garde Royale qui paraissait en croiser chaque matin, et la veuve qui haussait les épaules, Harlon s'avoua ne plus rien comprendre. Il avait passé sa vie avec une réputation d'Homme de Glace, un dénominatif qui avait son équivalence féminine chez Ysanne Isard. Pas pour rien. Il débarquait d'une Galaxie forte de Cent Mille Milliards d'humains qui le voyaient comme un être froid et distant, pour finir sur un monde où tout le monde était froid et distant. Qu'est-ce que c'était que cette culture ? Après Elizabeth, il s'adonna à l'exercice également. Il salua, présenta ses condoléances, et elle les accueillit avec un air blasé. De celui que les femmes ont quand elles signalent qu'elles veulent juste aller se coucher. « Soyez assurée que votre mari sera rappelé comme d'un pont scellant l'amitié entre nos peuples. » dit-il en pensant à son diamant étoilé. Il n'aurait pas pu dire alors si elle se foutait du mari, de sa mémoire, de son symbole, ou d'un mélange. La corvée finie, Elizabeth lui demanda s'ils pouvaient rentrer... seuls. Seuls ? Par défaut, il répondit "oui". Mais il ignorait s'il devait piloter lui-même la Navette, ou juste laisser les pilotes et se passer d'Escorte... Ce n'était pas très protocolaire. La Garde Rouge allait le voir comme une humiliation. Ces gens avaient dépensé la vie d'un camarade pour le servir. Et ils allaient être laissés de côté... au profit d'un caprice de femme. Entre les deux, Harlon choisissait de combler sa femme. Mais la Garde ? Il faudrait la ménager.

Quand ils sortirent, il comprit que "seuls" allait devenir un genre de nécessité. Les Gardes avaient exagéré leurs demandes. Sept navettes Sentinelles et deux Lambdas déchargeaient des troupes pour sécuriser la zone. Trois barges TITAN déposèrent autant de TB-TT, les TR-TT se déployant autour du périmètre. On aurait cru assister à un assaut planétaire. Harlon se tourna vers le sergent Rouge. Il n'était pas ravi. « Qui a lancé une invasion sans mon aval ? » La question le laissa pantois. Le casque aida à son stoïcisme. « Nous préférions ne prendre aucun risque avec une créature d'aussi grande taille, Empereur. » Harlon confirma : pas de risque de quoi que ce soit. Il se retourna vers la zone envahie, ne posant ses questions que de dos. « Les autorités locales savent qu'un régiment complet se déploie sur Arkania ? » Le Garde ne répondit pas. « Je m'en occupe. » Il prit la main de sa femme, l'enjoignant à le suivre. Il se tourna alors vers une petite butte, qui allait le faire dominer la scène, et le rendre bien visible. Montant à la force des mollets, il se posta en hauteur, cape déchirée au vent, à moitié de profil, le visage englué dans le soleil qui le frappait de dos. « SOLDATS ! » Puissante. Il voulait sa voix puissante, et elle lui offrait donc la puissance. Les premiers rangs, en ordre de bataille, station debout, dévisagèrent l'horizon, ne se décollant que de leurs chefs quand ils furent sûrs de la silhouette. Les lieutenants exigèrent de savoir pourquoi ils les intéressaient si peu. Ils remarquèrent ensuite, et calquèrent leurs hommes. Petit à petit, chaque carré de soldats se tourna pleinement vers les deux dirigeants. Le spectacle le laissant toujours sans voix. Il n'y avait rien de plus beau dans un paysage que l'Armée Impériale, disciplinée de nouveau, se mettant au garde à vous devant leur chef. Chef qui leva le bras gauche, main tendue, pour les embrasser tous. « LA CRÉATURE... A ÉTÉ VAINCUE ! » Pas de réaction. Pas encore. « CE JOUR EST JOUR DE GLOIRE. PASSEZ LE MESSAGE. L'EMPEREUR ASTELLAN ET ELIZABETH CIVICIUS TINRENT TÊTE AU DRAGON ARKANIEN. » Dernier éclat de la journée. « VIVE L'EMPIRE ! » Réaction, cette fois. Mais il ne l'attendait pas. Ils tendirent le bras gauche, serrant le poing, bien haut, armes toujours en place de travers. A l'unisson. Une marée humaine.

Une armée humaine. « VIVE L'EMPEREUR ! »




Les troupes rembarquèrent donc, et en vingt minutes, il ne resta plus rien sur le site, si ce n'est les débris et les derniers témoins, laissés à nettoyer et constater. Pour voyage seul, il proposa une navette vide, avec juste les pilotes pour les ramener. Ils n'allèrent pas au cockpit, pour rester seuls. Il ne dit rien, mais tint la main arkanienne tout du long. Songeant. Il broya ses idées jusqu'à ce qu'ils furent seuls, au Praxeum de nouveau. Elle lui reprit les mains avec frénésie sur place. Elle devait aimer le cinquième doigt. Il aimait ne pas l'avoir chez elle en tout cas. « Tout va bien ? Tu aurais voulu l'abattre, ce dragon ? » Il lui sourit, et rendit l'étreinte manuelle. Sourire triste. « Oui, j'aurais voulu. Pour le trophée. » Juste pour cela. Le loisir d'avoir tué un dragon. Lui seul. « Et ... c'est un sabre laser que tu as ? Depuis quand l'as-tu ? » Elle prenait des risques. Il soupira, et se sentit l'envie soudaine de faire une sieste. « Au retour de l'attentat. Un Sith s'était glissé sur mon vaisseau. Je l'ai démasqué. Il est mort sur le champ. J'ai revendiqué son arme. » Pour faire court, et sans mentir. Ce sabre était une prise de guerre. Il comptait bien s'en servir pour couper des têtes de Sith. Il avait tenté des moulinets d'escrime avec. Le poids de la lame manquait, et rendait l'objet exceptionnellement dangereux. Il avait demandé conseil à un Garde. Il avait raisonné de sagesse. « Je déconseille que vous utilisiez cette arme pour le combat. Vous pouvez vous entraîner avec, et parvenir à le maîtriser. Mais sans l'instinct qui va avec leurs manipulateurs, vous pourriez y laisser un membre avant d'en maîtriser le style. » A moins d'un prototype qui simulait l'absence de poids, il voulait éviter de prendre des risques. « C'est juste pour impressionner. Je ne m'en sers jamais. » Ses talents d'escrime se retrouvaient plutôt ,dans ce magnifique Beskad pendu à sa ceinture. « On devrait peut-être prendre une douche pour se décrasser. » Il l'invita même à être écologiques. Prendre la douche à deux respectait la nature et les nappes phréatiques.
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By Elizabeth Civicius
#35291
    Elizabeth hocha la tête en recevant l'explication de son ami. Elle n'avait rien à dire de plus sur le sujet. La chose l'avait intriguée, et elle avait reçu réponse pertinente en retour. La Reine se mura dans le silence, la tête pleine de pensées désarticulées. La dernière remarque lui fit réaliser combien leur état était piteux. Elle sourit sans un mot et se blottit contre Harlon. La navette les ramena à la civilisation, la vraie, et à leur douche.


    Après la rencontre avec le dragon arkanien, tout eut l’air beaucoup plus calme. Même les invectives de l’opposition avaient une autre saveur. C’était le calme après la tempête d’adrénaline. L’idée fausse que le danger était éloigné. Un certain confort. Ou bien l’euphorie d’une union future. Il y avait un peu de tout ça, et cela rendait Elizabeth plus communicative, et plus confiante. La fin de la semaine fila à toute allure. La suite du programme fut respectée à la lettre. La Reine la vivait sans ennui ni impatience, dans la douceur de l’instant présent. Elle appréciait sans tristesse ces derniers jours avec l’homme qui prétendait l’épouser. Et quand fut venu le moment du départ, et de la séparation, elle le regarda partir, le coeur lourd d’émotion, mais fort d’une promesse toute neuve.


    L’impatience se manifesta à nouveau lorsque les vaisseaux impériaux disparurent dans les nuages. Aussitôt, les deux petites mains pâles se joignirent nerveusement. Et ni une ni deux, la Monarque reprit le cours de sa vie amère. Il y avait à faire. Elle traita tout avec hargne. Arkania s’arma rapidement, un investissement certes limité mais non dissimulé, qui ne causa ni réaction ni tracas aux proches voisins d’Olim. La Nouvelle République semblait s’être désintéressée du cas de la planète enneigée, sans doute perdue à ses yeux au profit de l’Empire. Civicius voulait exterminer les pirates de Yaka. La flotte ne prit jamais les airs. C’est le Dominion qui fut éliminé. D’une coalition toute entendue, quelques bien pensants éradiquèrent les derniers vestiges des délires républicains d’un ancien Monarque trop progressiste. Elizabeth rendit sa couronne, et se libéra de toute obligation directe envers sa nation. Civicius siégeait au nouveau Dominion avec dix-neuf autres de ses congénères. Mais que ce fut Elizabeth, Calena ou Kadmo n’avait pas d’importance. La Reine achevait un cycle.


    Quand tout fut réglé, quand elle eut acheté une propriété au bord d’un lac scintillant, quand elle eut fait gommer les traces sur sa peau de son passé envahissant, quand elle se fut assurée de la loyauté d’une poignée d’amis, quand elle eut converti sa garde en milice, Elizabeth se tourna vers le ciel blanc, un sourire discret sur les lèvres. Elle allait se marier.


    Fin


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By Harlon Astellan
#35321
Glisser une main sur sa joue, sentir le grain perlé sous ses propres cals, comme un palefrenier caressait la joue de la fille du noble. Image ridicule. Point de palefrenier, la nuque arrosée de soleil brun à rouler de la paille sur une campagne éclatée sous l'horizon de Nez Peron. Il était un seigneur des pays chaud, venu se perdre et se complaire en admiration d'un voile de tulle de terres gelées. Il fit courir ses doigts, sans ressentir de gêne publique. La désapprobation serait grande. Ses ennemis partout, à l'affût. On ne compterait plus les rangs de ceux qui se pousseraient derrière les colonnes, surin en main, attendant avec passion l'arrivée du chef prodigue dont on allait freiner d'un coup sec la carrière si grandiose. Le Seigneur du Nord, chef incontesté des steppes vides, danserait alors, coiffé d'un chapeau à grelots au banquet des ripailleurs, venus s'enorgueillir de leur gibier sur lequel ils festoieraient pour le temps qu'il leur restait à fouler le sol impérial. Avant que l'arrogance et l'oisiveté ne les oblige, à leur tour, à regarder par-delà leur épaule, des fois que les ombres qui glissaient sur les murs ne furent pas les leurs.

« Je te quitte aujourd'hui... » lâcha-t-il enfin, « ... mais c'est bien la dernière fois. » Son doigt tourna en un coup, et fila une mèche rebelle, qu'il rangea d'abord derrière le lobe attaché à la mâchoire... avant de le retirer, et de l'entortiller. Une obsession de l'imparfait, de l'asymétrie, de cette masse immaculée qui la coiffait avec tant d'élégance. « Quand je reviendrai, tu m'accompagnera. Et tu seras ma femme. Moi ton mari. » Il lui prit alors la main. « Je serai à toi. » Jamais il ne fut aussi prêt de tout. L'image qui s'en suivit ne fut qu'un début, un détail. La suite du baiser, c'était le trône conjoint. Les deux coupoles posées sur le marbre d'un palais de capitale. « A très vite... mon amour. »




La tête, chargée, trop chargée, restait encore dans le besoin du compartimentage. Son coeur restait sur Arkania. Sa tête le suivait là où ses pas et ses mains le portaient. L'exercice du pouvoir s'en trouvait allégé. L'humanité, offert en prime sur l'autel Arkanien, restait alors en sommeil dans ce qui devait rester une ligne dure, la fermeté prévalait à chaque instant, la pitié et la compassion absente de son enfantement législatif. L'Empereur, de plus en plus déchargé de ses obligations auto-attribuées, ne signait plus que des ordonnances qui, chaque matin, offrait deux poids dans la balance civile : la main droite serrait le cou, la main gauche remplissait la panse, les poches et les yeux. Il signa enfin son ultime décret, à diffuser partout dans l'Empire : les médias indépendants, encore trop décadents, n'existaient plus. En sus, il diffusa sa ligne de gouvernance expéditrice. Des arrêts de mort. Quelques listes de diffusion courte, des noms en aurebesh qui pointaient tantôt sur des dirigeants aux ambitions personnelles devenues trop claires, et trop distantes de son idée de la gestion impériale, mais aussi, en accord avec son décret, de journalistes, de rédacteurs en chef et de magnats de la presse. Des fortunes complètes allaient être saisies, au nom du Peuple, pour servir à payer une machine de guerre sans cesse grandissante. « Amiral. » Le pont n'offrait jamais qu'un refuge temporaire. « Oui, Empereur ? » Les flimsi - un format pratique, léger, traditionnel, impossible à pirater - passèrent d'une main gantée à une main tremblotante, alors que le regard vert figé de l'Imperator restait à fixer le voile bleu qui les ramenait sur Yaga Minor. « Transmettez ces missives à mon Etat-Major. Qu'ils fassent ça en parfaite discrétion. Rien ne doit filtrer. - Bien, Empereur. - Et contactez Windcaller, » ajouta-t-il, toujours aussi froid, « ... dites-lui qu'elle vient de retrouver son poste de présentatrice vedette. - Fort bien, Empereur. »

Le vide. Sous ses yeux. Devant ses yeux. Derrière ses yeux ? « Fort bien... Empereur... »

Et ainsi s'en fut-il.

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