L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Haya Fuu
#35239
Le commercial faisait défiler devant les yeux de son futur client quelques exemples de sols qui pouvaient être installé dans la salle de vie du Yatch que ce dernier souhaitait remettre à neuf.
"- La résistance aux chocs et aux rayures de ce produit n'est plus à prouver. Quant au côté esthétique, je crois qu'il suffit de le regarder pour comprendre.", d'un mouvement de poignet, le jeune homme fit s'accrocher la lumière sur la petite plaque de démonstration qu'il tenait. "Le meilleur reste que l'on peut aisément jouer sur les coloris pour faire un rappel, par exemple sur les contours des hublots ou les encadrements de portes."
"- Oui, on connait.", avait sobrement répondu son interlocuteur. "C'est vrai qu'à l'époque, ils proposaient peu de variantes, et elles étaient assez sombre."
"- En effet, les teintes se limitaient à de l'ambré plus ou moins sombre pour le fond. Tenez, celui-ci en marbre blanc et veinures argent, sobre et élégant. J'ai vu le rendu sur des socles de banquettes, c'était simplement impressionnant."
"- Avec du TranXpace on est rarement déçu.", avait sourit la jeune femme au bras du futur client.
"- Avec du TranXpace on n'est jamais déçu vous voulez dire.", corrigea le commercial en lui rendant son sourire. "Personnellement je suis content que l'on ai enfin certains de leurs produits à notre catalogue."
L'arrivée de produits de milieu de gamme de TranXpace au catalogue de l'E.L.I. constituait un avantage pour le commercial. Ernst avait du batailler durement pour décrocher le droit de distribuer certains de leurs produits. Pour ce qui touchait au Haut de gamme, la cible principale de la jeune entreprise n'avait pas vraiment les moyens de se les offrir, à moins d'un extra.

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Célébration, voilà un prénom qui n'était pas particulièrement commun sur Loretto. Nouvellement installée dans un petit appartement de la périphérie de la capitale, la jeune femme cherchait encore un peu ses marques. Quitter le cocon familial n'avait pas été évident, mais les impératifs liés à son nouveau job d'apprentie tatoueuse l'avait amenée à s'éloigner des espaces qui l'avaient vu grandir, principalement au grand damne de sa mère, qui voyait son dernier enfant prendre son envol.

Pour le moment, son activité principale consistait à prendre les rendez-vous et nettoyer le salon. LE temps dont elle disposait à côté lui servait à travailler ses croquis. Son patron lui avait donné un an pour arriver à faire évoluer la qualité de ses créations. Le temps imparti passé, soit elle pourrait commencer à s'exercer sur de la peau synthétique, soit il lui faudrait trouver un autre emploi.

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Sa plus grosse pièce, car elle ne comptait pas en rester là, était une fleur faite sur le dos de sa main gauche. Pour l'avoir, elle était allée jusqu'à se faire une fausse attestation de ses parents, et avait payé un acteur pour jouer le rôle du père bienveillant. De retour chez elle, elle avait tenté de faire passer sa main bandée pour un accident, mais la supercherie n'avait pas tenue plus d'une journée. Elle devrait se rappeler la soufflante de ses parents pour le reste de sa vie.

De son côté, Sparky faisant le tour des tatoueurs, se faisant passer pour un client indécis. Sparky était du genre louche mais pas trop. Ses cheveux bruns taillés courts étaient toujours désordonné, et ses bras de vastes étendues vierges sur les quels tout artiste aurait aimé s'exprimer. C'est pour ce la qu'il avait été choisi pour cette mission pour le moins étrange : On lui avait fourni des caractéristiques physiques, corpulence et forme de visage principalement, et il devait trouver autant de jeunes femme possibles avec ses caractéristiques. Célébration était jusqu'ici la seule à faire l'affaire.


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Ernst avait beau avoir un bon carnet d'adresse, et maintenant un atelier à disposition, il avait toujours du mal à se faire ouvrir les portes du principal chantier naval de Loretto, même avec la mise à sa disposition d'un tout nouvel atelier. Non pas qu'il fut moins bon que la concurrence, mais cette dernière était installée depuis bien des années, et le secteur de niche dans lequel il était installé fonctionnait beaucoup à la réputation. En temps normal, il lui aurait fallut beaucoup d'efforts et de sacrifices pour se faire un nom.

Au sein des hautes instances de la Confrérie, le doute planait encore. Si elle voulait tirer le maximum de son investissement, l'organisation criminelle allait devoir faire peu d'interventionnisme économique. Ainsi les principaux concurrents étaient déjà identifiés, et A.1.A. n'avait eu aucun mal à localiser leurs principaux sites de production. D'ici quelques jours, il y aurait moyen d'avoir, sinon des plans précis, au moins une idée relativement exacte des implantations.

Côté financier, Caviar devait retrouver les propriétaires des entreprises visées. La Confrérie n'excluait pas de faire de la croissance horizontale si une bonne occasion se présentait, toutefois l'investissement initial avait bien creusé le budget, et il serait difficile, pour ne pas dire impossible, de financer une simple offre d'achat.

TranXpace. Ce nom n'évoquait généralement que peu de choses au grand public. Pourtant cette entreprise était un acteur non négligeable dans l'industrie spatiale de luxe sur Loretto. D'ailleurs les animateurs des visites de leurs locaux, organisées une fois par semaine à l'intention de ses prospects et clients, ne manquaient pas d'exemples de créations authentiques pour faire rêver. Son implication dans le très haut de gamme se limitait toutefois à l'alimentation de sa vitrine. Dirigée par une vielle famille, l'entreprise ne se sentait pas particulièrement investie de la mission de faire rayonner son savoir faire au delà des frontières planétaires de Loretto.

La structure administrative n'offrait aucune surprise, avec des fonds partagés entre les principaux acteurs familiaux de l'entreprise. Un grand-père vice-président, le père directeur général, la mère en directrice administrative et financière, le fils à la direction commerciale, la fille à la création. Le gendre, quant à lui, occupait une place de moindre importance et travaillait à la conception. Tout cela provoquait certaines jalousies au sein des employés, et les primes de fin d'année étaient généralement attribuées au cercle restreint des membres de la famille.

Ce qui avait permis le développement de la petite entreprise était une série de brevets déposés par le grand-père. Ce dernier, alors simple ingénieur, avait réussi à mettre au point une technique de gravure qui consistait à incruster des filaments métalliques dans différents supports. Cette technique offrait un rendu visuel particulièrement saisissant, mais surtout il se targuait de pourvoir garantir à vie ce rendu. Le seul inconvénient était que cela nécessitait quelques éléments de production rares et couteux. On n'avait rien sans rien.

Les quelques visiteurs qui s'étaient présentés ce jour là ne pensaient certainement pas passer une matinée mouvementée. L'accueil était organisé dans le hall principal, avec petit fours et boissons pétillantes. Chacun y allait de son commentaire sur les créations originales exposées. Certains avaient fait le déplacement personnellement, d'autres s'étaient contentés d'envoyer quelques larbins jeter un œil, peu importait tant qu'il y avait toujours de nouveaux prospects.

Après quelques minutes, le fils se présenta dans un costume impeccablement taillé. Son regard clair était perçant, et contrastait avec sa chevelure sombre et encore bien fournie. Sa voix portait bien et il pu rapidement attirer l'attention des convives. Il entama une sobre présentation de sa personne et de l'entreprise qu'il dirigeait, souhaitant à chacun une visite dont ils se souviendraient longtemps. Et s'il faisait référence au fait que chacun aurait la possibilité de profiter du savoir-faire de l'entreprise, ce qui devait marquer les esprits fut la déflagration qui emporta toute la vitrine du hall.

Les personnes les plus proches de l'explosion gisaient maintenant à terre. On y comptait principalement deux agents de sécurités et un invité retardataire. Les autres étaient sonnées et reprenaient plus ou moins rapidement leurs esprits. Etaient alors sortis d'un véhicule quatre hommes en armes qui avait immédiatement commencés à ouvrir le feu sans autre forme d'avertissement. Les tirs explosaient les rares vitrines encore en place dans un fracas de verre brisé.

Rapidement, le directeur avait fait évacuer les visiteurs et son personnel vers l'unité de production se trouvant derrière la section administrative. Dans le même temps plusieurs droids de sécurité étaient sortis de pièces attenantes au hall et avaient déployés des boucliers, offrant une protection toute relative aux fuyards. L'assaut avait été bref, pourtant il ne restait du hall qu'un champ de ruines, marqués par les impacts noirs des tirs sur les murs et le comptoir central. Impossible non plus de se déplacer sans faire crisser le verre rependu à terre. Les assaillants étaient repartis aussi vite qu'ils étaient venus.

A peine une demi-heure plus tard, l'inspecteur Sylvos se retrouvait dans une salle de réunion, face au directeur et au vice-président de l'entreprise.
"- Et donc vous n'avez pas tenu compte de la menace."
"- Des messages comme ça on en reçoit de temps en temps. Pas souvent, mais jusqu'ici il n'y avait pas eu de suite.", avait argumenté le vieil homme. « Et puis nous avions renforcé la sécurité. "
"- C'était clairement une manœuvre d'intimidation. Rien n'a été volé. Le plus problématique reste l'impact négatif que cela a eu sur nos visiteurs. Je pense que l'on peut définitivement faire une croix sur certains projets. Il est extrêmement important de faire le moins de bruit possible autour de cette histoire...", avait poursuivit le père.
"- Je comprends vos craintes. Mais il faut aussi que l'on fasse avancer l'enquête. Je doute que les choses s'arrêtent là, malheureusement pour vous. Faites nous parvenir l'ensemble des éléments que vous avez. Nos spécialistes se chargeront de les analyser. Il y aura surement quelque chose à en tirer."
"- On reviendra vers vous s'ils nous contactent. Il ne sera pas dit qu'une bande de petits voyous nous fera trembler. Je vous le garanti.", on sentait le vice-président particulièrement touché. On avait blessé son amour propre, et il ne comptait pas en rester là.
"- Ne faite pas de choses qui pourraient vous nuire par la suite.", avait anticipé Sylvos. "On traite votre affaire avec sérieux. On les aura. Ces gens commettent toujours des erreurs."
"- Et leur dernière sera de s'être attaqué à nous, je vous l'assure !"
"- Calme-toi papa. Laissons l'inspecteur faire son job, nous nous allons devoir mettre les bouchées double pour tout remettre en ordre le plus rapidement possible."
"- En toute logique ils vont reprendre contact...."
C'est à cet instant précis que l'on frappa à la porte, comme si les propos de l'inspecteur avaient suffis à invoquer le mal. Une secrétaire habillée d'un tailleur rouge vint souffler quelques mots à l'oreille du directeur avant de repartir. Il fit la moue.
"- Ils demandent 100 000 de plus, à payer ce soir avant 22H00. Ils fourniront les coordonnées du compte destinataire un peu plus tard."
"- 100 000 !", avait explosé le vice-président, "Mais ils nous prennent pour qui ! On n'a pas assez de liquidités !"
"- Dans tous les cas je vous déconseille de payer, cela ne fera que les inciter à réclamer plus. Une équipe va être dépêchée ici afin d'assurer la protection du site. Nous allons installer une cellule de surveillance discrète dans vos locaux, si vous nous le permettez. Pour le moment faites comme si vous cherchiez un financement, au moins penseront-ils que vous êtes entrés dans leur jeu. Ils seront moins prudents."
"- Ok, je vais appeler la banque et demander un rendez-vous en urgence. Papa, tu supervises les travaux pendant ce temps. M. l'inspecteur, je vous fais parvenir les éléments que vous nous avez demandé."

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Plus tard dans la nuit, installés sur le toit d'un immeuble surplombant la zone industrielle, deux individus observaient les pompiers intervenir sur un incendie en contrebas.
"- N'empêche un bon tir bien ajusté au lance patate, et on arrivait au même résultat."
"- Si le boss a voulu faire comma ça, c'est qu'il y avait une bonne raison."
"- En tout cas on est sur d'une chose maintenant : ils paieront que dalle, et ça c'est bien dommage."
"- Si on en est arrivé là, c'est qu'ils voulaient pas payer..."




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L'affaire était bien pourrie, avant même d'être sur les lieux de l'attaque, Sylvos en avait la certitude. D'abord parce qu'il croulait déjà sous les dossiers, dont les délais de traitement ne cessaient de s'allonger, laissant filer avec le temps les chances d'aboutir. Ensuite il connaissait la technique : le compte serait liquidé à peine l'argent viré ou non, et il faudrait un temps infini pour avoir accès aux informations sur son titulaire, qui serait très vraisemblablement un fantôme.

Pourtant cette fois les choses étaient un peu différentes. L'explosion qui avait provoqué l'incendie dans l'usine, indiquait que les raquetteurs y avaient eu accès. Immédiatement il avait demandé à ce que soit croisé le départ du feu avec les enregistrements vidéos surveillance faits durant l'assaut de la matinée.
"- Bingo Sylvos, une fois de plus tu as vu juste. Un des invités, ou plutôt une des invités, est passée pile au bon endroit.", le technicien fit défiler une vidéo pour illustrer son propos. " Du coup j'ai préparé un petit diaporama dessus, son chapeau dissimule son visage la plus part du temps, mais on a quand même quelques vues exploitables. On a aussi un bout de tatouage sur la main gauche."
"- Bon boulot, on dirait que cette fois-ci on ai de la chance."

Dans le QG de la Confrérie, on faisait aussi le point. A.1.A avait assuré la couverture des traces informatiques grâce aux slicers qu'il supervisait. Le compte qui devait recevoir les fonds mèneraient les enquêteurs vers des associations d'actions sociales diverses, tout ce qu'il y a de plus légal : le but n'étant pas de récupérer l'argent, aucun risque n'avait été pris. Quand à l'apprentie terroriste, Célébration serait interpellée tôt ou tard, mais ne pourrait fournir aucune information, pour la simple raison qu'elle ignorait tout de ce quoi elle serait accusée, Haya lui ayant emprunté son apparence le temps de l'opération, grâce à un maquillage et les travaux d'observations discrètement menés lui ayant permis de reproduire quelques éléments distinctifs, comme le tatouage qu’elle portait.
#35245
L'arcaniste était allongée sur le toit du petit entrepôt, dissimulée de droids circulants en contrebas par un petit muret qui faisait le tour de la terrasse. Equipée d'une paire de câbles, elle était occupée à monter une dérivation sur l'alarme branchée sur la bouche de ventilation. L'exercice n'était pas bien compliqué, puisqu'elle avait eu accès aux plans de l'installation quelques jours auparavant. Le tout était de ne pas se tromper dans les branchements.

L'accès libéré lui laissait juste la place de se faufiler en rampant dans une étroite conduite. A cette heure, seuls quelques 'pensants' restaient sur le site : quatre agents de sécurité se relayaient pour faire des rondes de nuit, un surveillant général qui veillait au bon fonctionnement des chaînes de production, et un chef mécanicien assurait la permanence technique. Pour le reste, des droids, essentiellement de manutention, se chargeaient de déplacer la production de poste en poste.

Equipé d'une paire de jumelles, un homme attendait à quelques encablures, surveillant le poste de garde par ses fenêtres éclairées. Quelques heures plus tôt, il avait vu un véhicule de livraison entrer dans l'atelier, pour en ressortir quelques minutes plus tard, indiquant que la marchandise était livrée et prête à être subtilisée. L'un des agents quitta la table en déposant les quelques cartes qu'il avait en main dessus. Les autres joueurs insistèrent pour qu'il finisse la partie, mais l'homme ne céda. Dès qu'il fut hors de vue de l'observateur, ce dernier envoya le signal convenu.

De son côté, Haya avait désactivé la seconde alarme installée sur l'accès intérieur de la conduite, et était silencieusement descendue dans le magasin. Le peu de lumière présent provenait de l'éclairage de la chaîne de montage voisine, filtré par d'épais carreaux de verres carrés, et un grillage serré fermant le magasin. Sporadiquement, elle bénéficiait d'un trait de lumière plus vif pour se repérer. Ce qui l'intéressait se trouvait derrière une porte blindée, verrouillée par un lecteur de carte. Elle y avait glissé un décodeur et attendait patiemment que ce dernier lui trouve le sésame.

Peu après que son coéquipier lui ai envoyé le signal, la gâche électrique se fit entendre, laissant s'entrebâiller la lourde porte. Il était toujours plus facile de forcer une serrure dont un connaissait le fabriquant et le numéro de série, seul restait à passer le chiffrement pseudo-aléatoire. Délicatement, elle mit la main sur une paire de lingots avant de s'intéresser aux cylindres de données bien rangés dans une boîte. L'ensemble parti au fond de son sac sans plus attendre.

Breed s'amusait à saluer les droïds qu'il croisait, marchant d'un pas serein. Le boulot était tranquille et les collègues sympas, quoi qu'il les trouva parfois un peu léger pour se qui touchait aux rondes de nuit.
"- Y a quelqu'un ?", interrogea-t-il en passant la tête par la porte donnant sur la section administrative de l'atelier. La lumière se fit dans la pièce, dévoilant des bureaux vides séparés par des cloisons vitrées.
"- Non il y a personne !", se répondit-il à lui même sur un ton léger, comme si c'était son propre écho qui lui donnait la réplique.
"- RAS dans le bureaux.", envoya-t-il àa ses comparses restés dans la salle de repos.
"- C'est con pour toi que la petite comptable fasse pas d'heures sup hein ?", eut-il pour toute réponse.

Il lui fallait ensuite longer la chaîne numéro trois pour atteindre le coffre. Ici l'odeur de métal chaud avait du mal à concurrencer celle de l'huile rance. Arrivé au magasin, il se plaqua au mur de verre et posa sa main sur la crosse de son arme.
"- J'arrive au coffre les gars !", il fit dans la foulée deux trois signes tactiques sans queue ni tête à destination de la caméra qui surveillait la porte qu'il s'apprêtait à ouvrir.
"- GO !", lança-t-il dans son comlink fixé à son épaule gauche, juste avant d'ouvrir la porte dans le plus pure style des holovids d'action, totalement pris dans son jeu d'acteur.

Et il tomba à la renverse directe, alors que le rayon assommant du pistolet de l'Anzat le coupait net dans son entrée rocambolesque. A peine avait-elle ramené le corps de l'homme dans le magasin, qu'un nouveau signal lui fut transmis par son comparse, indiquant que la salle de repos venait de se vider. L'éclairage l'atelier illumina le centre de production, tandis qu'une alarme se mit à raisonner dans tout le bâtiment : il ne restait plus qu'à filer.

Passer par la conduite qu'elle avait initialement empruntée était ridicule, car elle se serait faite intercepter sans aucune difficulté. Agile et rapide, elle avait donc préféré emprunter l'une des échelles métalliques qui permettaient de rejoindre la nacelle d'un pont roulant. Une fois sur la plateforme, elle n'avait eu aucune difficulté à rejoindre la structure industrielle qui soutenait le toit, grâce à un saut qu'aucun humain n'aurait tenté. Mais elle n'était pas humaine, et la Force était avec elle.

Au sol, un agent tentait de la garder à vue, donnant les informations sur sa progression à un des ses collègues qui devait anticiper ses déplacements. Son arme à la main, il avait tenté une paire de tirs, mais il réalisa bien vite qu'entre la distance qui le séparait de sa cible et son agilité paranormale, il n'avait aucune chance de la toucher.

Désormais suspendue dans le vide, la cambrioleuse entrepris de se balancer avec énergie : quelques coups de pieds bien placés devaient avoir raison d'une section de la conduite qui l'avait amenée au magasin. Malheureusement pour elle, il devait y avoir, entre les plans qu'elle avait consultés et la réalité de l'installation, quelques centimètres de différences qui ne jouaient pas en sa faveur : impossible même d'effleurer du bout du pied le large tuyau qu'elle voulait dégager.

De sa position inconfortable, elle sentait les Présences des agents de sécurité s'agiter. L'un d'entre eux, plus téméraire que les autres, avait entrepris de monter à son tour à l'échelle d'un pont roulant afin de suivre son exemple. Et s'il n'avait pas son don pour les sauts, il pourrait trouver un poste de tir avantageux. Haya devait trouver une issue rapidement ou les choses allaient bientôt devenir ingérables.

Si elle choisissait de redescendre, pour cela il lui suffisait de lâcher la poutre à laquelle elle était suspendue, elle devrait encore traiter avec au moins trois des gardiens. Un peu plus d'action ne l'aurait probablement pas dérangé, bien au contraire. Cela faisait déjà un peu trop longtemps qu'elle ne s'était pas distraite de la sorte. Mais elle n'était pas là pour s'amuser, et un tel acte lui serait vraisemblablement préjudiciable à terme. Alors elle ne voyait qu'une solution : passer directement sur le toit.

Derrière elle, elle entendit la voix de l'homme monté sur le pont l'intimant de ne pas prendre de risques stupides. Et pour toute réponse, Haya se contenta de commencer à se balancer d'avant en arrière, donnant un coup de hanche à chaque aller-retour pour prendre plus d'élan encore. L'inquiétude des spectateurs impuissants se faisait sentir au travers de la Force, mais ce n'était pas là ce qu'elle cherchait. Ce quelle voulait trouver, c'était les leviers qui lui donnait accès au pouvoir du côté obscur : la peur qui l'inciterait à faire appel à l'instinct le plus primaire de tous, celui de survit.

Enfin l'instant où ces doigts lâchèrent la poutre vint. L'Arcaniste écarta ses bras, telle une acrobate de cirque cherchant à maintenir sa position bien droite pendant le long saut qu'elle s’apprêtait à effectuer. Alors elle se retrouva un instant en suspend dans le vide, tandis que l'élan qu'elle s'était donné compensait exactement l'attraction terrestre. Cette fraction de seconde où tout lui paru s’arrêter : le temps, sa vie… Mais il n'en était rien, et Loretto repris ses droits sur le corps de l'Anzat, l'attirant à nouveau à elle. Le choc fut rude malgré la faible hauteur. L'air chaud de l'atelier avait cédé sa place à celui, beaucoup plus frais, de la nuit : elle était retombée à plat sur le toit de l'atelier, ne laissant derrière elle que les bouches béantes des agents de sécurité, qui n'avaient pas compris comment elle avait pu disparaître ainsi.

Le temps de reprendre ses esprits sous les étoiles absentes d'un ciel trop éclairé par les lumières de la ville, et la cambrioleuse quittait son toit pour rejoindre son associé d'une nuit, qui devait la récupérer à bord d'un petit airspeeder, stationné une rue plus loin, à l'écart des caméras indiscrètes.

De son côté, Ernst avait rapidement été informé de l'effraction. Et s'il s'estimait heureux que son service de sécurité ai pu interrompre le vol, la perte des cylindres de données le dérangeait grandement, car il s'agissait de la sauvegarde de leurs équipements informatiques. Ce qui incluait la comptabilité, les prospections, et le détail des projets en cours et à venir. Cela pouvait s'avérer problématique si ces informations tombaient entre les mains d'un concurrent peu scrupuleux. Malheureusement, pour le moment il n'y avait plus grand chose à faire, sinon déposer plainte, faire l'inventaire exact de ce qui avait été volé, et terminer par une déclaration en bonne et due forme auprès de son assurance.

Se cambrioler soi-même, c'était un peu une nouveauté. Mais après la grosse action menée contre TranXpace, et celles à venir contre d'autres entreprises du secteur, il allait falloir détourner l'attention des services d'enquêtes. L'opération ne devait pas coûter grand chose à l'E.L.I. : le vol ne comprenait rien mettant en péril la production, et le remboursement des lingots volés serait pris en charge par l'assurance de la petite entreprise d'ici quelques jours. L'homme d'affaire ne devrait pas être mis dans la confidence, au moins pour quelques temps. Ainsi il pourrait répondre en toute s'sincérité à qui souhaiterait l'entendre sur cette affaire.

#35303
Les rencontres sportives universitaires étaient un tremplin reconnu sur Loretto, pour les étudiants désireux de se lancer dans une carrière à haut niveau. Si certains participaient pour le fun ou pour grappiller quelques points sur leur moyenne générale, d'autres mettaient beaucoup d'espoir dans cet évènement. Le public était généralement au rendez-vous, les parents et amis des sportifs venant encourager ces derniers, tandis que les chasseurs de têtes des clubs venaient au moins en repérage. L'évènement était aussi une vitrine pour les universités, dont les étudiants arrivant en tête dans les différentes disciplines constituaient une manne publicitaire.

Des gradins entouraient le stade où s'échauffaient les étudiants. Au fil de l'avancement des épreuves, ils se remplissaient et se vidaient, donnant une forme de vie artificielle à l’édifice, similaire à une respiration. Muguette Dobstein était parmi les spectateurs venus encouragés leurs enfants. Son fils était en bonne place dans les classements, et il n'était pas venu pour faire de la figuration. Et ce d'autant plus qu'il avait déjà eu, durant l'année, un contact plutôt prometteur avec un grand club de speed-ball de Loretto.

Assise sur un banc de bois dans la partie centrale, face à la piste de course, Mme Dobstein avait en main un petit kit de l'université de son fils. D'un geste un peu timide, elle avait agité son fanion rouge et jaune afin d'attirer son attention. Celui-ci, déjà concentré, allait et venait autour de son sac posé à terre, regardant, tantôt le ciel légèrement couvert, tantôt ses pieds. A côté de la femme, un Zabrak s'était installé, tenant lui aussi son petit fanion et arborant une écharpe aux mêmes couleurs. Malgré son sourire, Muguette eu une légère appréhension. Il faut dire que la large majorité de la population de Loretto était humaine, et que même si on était loin de l'idéologie xénophobe impériale, la différence raciale n'était pas toujours positivement perçue.

"- Ils ont de la chance, cette année le temps est clément.", attaqua le Zabrak pour entamer la conversation.
Mme Dobstein acquiesça par un léger sourire.
"- Je suppose que l'un ou l'autre de vos enfants participe. C'est le cas de bien des parents réunis ici aujourd'hui."
"- En effet, et vous même ?", questionna la femme, n'ayant pas remarqué de Zabrak parmi les jeunes sportifs.
"- Non, pas encore tout du moins. Je suis plus ici pour affaire, pour ne rien vous cacher."
"- Ha ?", voilà qui intriguait la spectatrice. Sans le dire franchement, il s'agissait évidemment d'un chasseur de tête. "Et vous trouvez votre bonheur ?"
"- Toujours.", répondit son interlocuteur. "Toujours. Votre fils ne prendra le départ que dans quinze minutes, mais il semble déjà bien concentré."
"- Et vous bien renseigné."
"- Cela fait partie de mon job. J'ai même pris soin de noter ses statistiques. C'est très correct, et je pense sincèrement qu'il pourrait avoir un avenir dans une league, de Speed-ball par exemple."
Le Zabrak dévoilait petit à petit son jeu, et il allait probablement tenté d'en savoir plus sur le garçon. Sa mère se montra plus attentive et intéressée, désireuse de voir à ne pas nuire aux chances de son fils de se faire recruter.
"- Finalement il y a assez peu d'élus, et encore doivent-ils faire leurs preuves sur le terrain professionnel. Il faut un bon mental, et surtout un bon physique, surtout dans un sport qui peut être dangereusement violent parfois. Je sais que personnellement j'aurais quelques réticences à laisser partir mon seul enfant."
"- Mon mari et moi soutenons notre fils. Il a un bon bagage et il est particulièrement bon au Speed-ball. Puis je savoir pour qui vous travaillez ?"
"- Bien sur, ce n'est pas vraiment un secret. J'ai été engagé par Birdly. Vous connaissez ?"

Evidemment qu'elle connaissait, mais il s'agissait d'une entreprise travaillant dans la rénovation de vaisseaux de luxe. Rien à voir avec le Speed-ball, ni une quelconque activité sportive ou même universitaire. Par contre elle voyait parfaitement la relation avec son affectation à la commission des Appels d'Offres Publiques. Une annonce avait été passée pour le lancement d'un chantier d'ici deux mois, et Birdly faisait partie des entreprises qui pouvaient tout à fait prétendre au contrat. Qu'allait donc lui proposer le Zabrak ? Sa curiosité était piquée au vif, mais elle ne céda pas à la tentation d'une question franche ou d’une mise en cause directe, et préféra jouer la naïveté.
"- Je ne vois pas bien le rapport, avec mon fils..." En prononçant ces derniers mots, elle ne put empêcher son visage de changer d'expression. Le Zabrak la regardait, et il comprit qu'elle avait saisi la subtilité de la discussion, laissant paraître un sourire en coin.
"- Je vois qu'au contraire vous avez parfaitement vu le rapport, et c'est bien là l'essentiel. Permettez-moi de me retirer maintenant. Voyez-vous j'ai encore pas mal de travail qui m'attend. Sachez toutefois que cette conversation n'engage à rien.", voulu conclure l'homme.
"- Mais certainement pas ! Vous venez me voir et laissez planer des doutes pour faire pression sur moi. C'est largement condamnable.", s’insurgea la mère.
"- Hola !", s'esclaffa le Zabrak. "Je suis simplement venu vous souhaiter le meilleur pour la carrière de votre fils au nom de mon employeur, rien de plus."
"- Ne pensez pas vous en tirer aussi aisément.", menaça la femme.
"- Mais je ne pense rien, vous êtes maîtresse de votre avenir et de celui de votre petite famille, et je vous souhaite une belle fin de journée. On dirait que votre fiston va s'élancer, vous ne voudriez pas rater sa course ? Ne dit-on pas souvent qu'il faut profiter de chaque instant comme si c'était le dernier ?", l'homme s'inclina légèrement en faisant un petit geste de son fanion avant de s'éclipser.
#35345
Chez les Enlon, on mettait toujours un point d'honneur à passer le repas du soir en famille. Aujourd'hui, avec les enfants loin de Loretto, cela signifiait passer un repas en tête à tête entre mari et femme. Ce soir là, madame avait cuisinée un rôti de gev accompagné de sa garniture de légumes de saison, dont la bonne odeur flottait dans l'appartement.
"- J'ai eu une discussion assez étrange cette après-midi. J'ai reçu un Zabrak figure toi."
"- Ha ?", s'étonna son mari alors qu'il se servait quelques légumes. "Un futur client ?"
"- En tout cas il était intéressé et était déjà bien renseigné sur le centre. Il m'a même relancé sur ce vieil incendie qu'il y avait eu. Tu te rappelles ? Il y a 11 ans."
"- Bien sur, en même temps ça avait fait le tour de la planète. Je me rappelle que j'avais dit que ce n'était pas la place de ce psychopathe. Comment s'appelait-il déjà ? Peu importe. Il y a un fond de sauce ? Attend, j'ai la manique.", l'homme souleva légèrement le plat pour récupérer une cuillère du jus de la viande.

Bien des années plus tôt un jeune adulte issu d'un milieu populaire avait défrayé la chronique des mois durant. Normalement suivi pour des troubles psychiatriques, il avait profité d'une permission pour se faire la belle. Il n'avait ensuite rien trouvé de mieux à l'époque, que d'incendier l'appartement même de ses parents pout faire diversion. Sa cavale avait été émaillée de plusieurs incidents similaires. Une épicerie et un garage étaient ainsi eux aussi partis en fumée. Ce qui avait sauvé le jeune homme, c'est qu'il avait toujours pris soin d'éviter que qui que ce soit ne finisse dans les flammes qu'il avait allumées. Il avait été reconnu irresponsable, et en conséquence, avait été interné quelques temps dans un établissement spécialisé de haute sécurité, avant que sa bonne conduite ne l'emmène dans l'établissement où travaillait désormais Mme Enlon. Il avait commis là son dernier méfait onze ans plus tôt.

"- Rammajo Kenny. C'était Rammajo Kenny. Il semblait inquiet des conséquences que cela avait eues sur les soins des pensionnaires de l'époque. Bien sur j'ai tout fait pour le rassurer, tu me connais."
"- Le pauvre..."
"- Ho, tu exagères. Il avait l'air très affecté, au point que je me suis demandé s'il n'avait pas eu de la famille touchée par l'incendie. Mais non... Un tranche seulement s'il te plait, je les ai faites un peu trop épaisses." Sam Enlon déposa la tranche dans l'assiette de sa femme. "Il s'est un peu énervé tout seul en me parlant de la politique du gouvernement actuel, comme quoi il n'en faisait pas assez pour les personnes dépendantes. En même temps on ne peut pas être tout le temps derrière tout le monde non plus. Enfin bon... Donc là dessus il me dit "Et si cela se produisait à nouveau ? Vous croyez que vous auriez des subventions pour reconstruire ?". Quelqu'un de vraiment pessimiste tu vois, il en était même inquiétant sur la fin, genre limite à me dire que demain on aurait un accident. Tu vois le genre ? Je ne m'imaginais pas cette race comme ça."
"- Ha ? Et tu te l'imaginais comment ?"
"- En fait je ne sais pas." avoua Gwen Enlon. "Finalement, il m'a remerciée poliment, avec une phrase style vieux sage "Chacun est maître de son destin, ", Je dois dire je n'ai pas bien compris, surtout que Caro m'appelait sur une autre ligne. Et il m'a aussi demandé de te saluer, et prospérité, et de faire le bon choix dans la vie."
"- Vu comme a l'air perché, ça se trouve il venait aux renseignements pour lui-même.", ironisa M. Enlon
"- C'est le plus étrange, je ne sais pas. Il aurait été dans le bâtiment que j'aurai pu croire qu'il se proposait pour nous reconstruire les locaux. Mais même pas, il m'a dit qu'il travaillait chez Birlby, ou quelque chose comme ça."

Deux nuits plus tard pourtant, le drame d'il y avait onze ans n'avait pas été loin de se reproduire. Sur le coup de minuit, une benne à ordure stationnée contre le mur ouest du centre hospitalier privé avait été incendiée, noircissant pour longtemps tout un pan de mur. Les fauteurs de trouble n'avaient pas attendu l'intervention des pompiers, et encore moins de la police, pour disparaître. Evidemment le lendemain, Mme Enlon s'était émue de cette étrange coïncidence. Mais comment pouvait-elle présenter objectivement la visite qu'elle avait reçue deux jours auparavant, sans le faire directement à charge contre le Zabrak ?

Alors elle s'en était ouverte à son mari, qui avait naturellement pris soin de la rassurer, même si lui-même se posait de sérieuses questions. Il avait finit par faire le rapprochement entre Bidlby et Birdly, et peut-être sa place au sein de la commission des Appels d'Offres Publiques. Sans le savoir, sa femme avait fini par le convaincre du lien fragile qui naissait entre son activité professionnelle et la visite du Zabrak. Alors il lui avait posé quelques questions supplémentaires, sous couvert de lui prouver que le Zabrak n'y était pour rien. Le doute s'était insinué dans son esprit, au point qu'il en vienne à sérieusement se poser la question. Se pouvait-il qu'une entreprise, en l'occurrence Birdly, tente de faire pression sur lui via sa femme ?
#35367
Comme tous les samedis, Terry Wales s'était rendue au centre pénitentiaire pour femme du lieu dit 'le long chemin'. Cela faisait maintenant des années qu'elle allait rendre bénévolement visite à quelques prisonnières de droit commun. Les surveillants la connaissaient tous, et la saluait aimablement. Il faut dire qu'elle faisait partie des meubles désormais, et que ses absences se faisaient toujours plus remarquer que sa présence.

Ce jour là, elle avait passé une bonne heure à discuter avec une jeune mère qui avait été condamnée suite à un cambriolage qui avait mal tourné. Son compagnon avait blessé leur victime alors que cette dernière tentait de les empêcher de fuir. Un accident, comme l'avait présenté son avocat, qui lui couterait la liberté pour au moins deux longues années. L'action des visiteuses étaient importantes, pour ne pas dire essentiel, auprès des condamnées. Elles constituaient souvent le seul lien qui leur restait avec l'extérieur. Parfois même s'occupaient-elles de les aider à se réinsérer socialement à leur sortie, en s'occupant des demandes de logements ou des recherches d'emploi.

Une pluie fine était tombée toute la matinée sur les pavés du parvis de la prison, formant de larges flaques au sol, que les rares passants tentaient d'éviter. Terry avançait d'un pas rapide en maintenant le col de son long manteau fermé de ses mains gantés, afin de se protéger des quelques bourrasque qui soufflaient les feuilles à terre. Tête baissée, encore dans la conversation qu'elle venait d'avoir, elle avait failli percuter un Zabrak. Ce dernier, habillé dans un costume trois pièces chic, avait alors engagé la conversation, faisant un parallèle entre le triste temps qui ne faisait que renforcer l'aspect sombre et miséreux de l'établissement qu'elle venait de quitter.

"- Au moins sont-elles à l'abris."
"- Très honnêtement, je pense que ses pensionnaires préfèreraient être sous la pluie. Leur place n'est pas enviable et la prison est loin d'être un lieu de villégiature agréable."
"- Veuillez m'excuser, je ne pensais pas mal dire. Vous semblez-vous même très au fait de ce qui se passe de l'autre côté de ses sombres remparts."
"- J'aide ses pauvres femmes, je leur apporte un soutien dont elles ont bien besoin. Si vous voulez m'excuser." Terry fit un pas de côté, mais le Zabrak l'imita maladroitement, l'empêchant de poursuivre sa route
"- Donc point de parent ni d'ami en ce lieu, mais juste une âme charitable qui se soucie de son prochain, fut-il condamné par la société. Nous manquons de tant de personnes comme vous." Le zabrak s'écarta enfin, laissant le champ libre à Terry. Mais soudainement, il fut comme pris par une illumination. "Ne trouvez vous pas que le ciel prend la teinte du plumage d'un pizzili ?"

La question était juste totalement déplacée, mais si y répondre pouvait permettre à la visiteuse de se défaire plus rapidement du Zabrak, autant y répondre. Qui plus est, il n'avait pas vraiment tort, le soleil perçait maintenant les nuages matinaux, leur donnant des reflets légèrement orangés, typique du plumage des pizzilis.
"- Tout à fait, mais excusez moi je suis assez pressée."
"- Quel paradoxe de voir un ciel s'ouvrant sur l'infini de l'espace alors que nous nous trouvons face à un lieu de privation de liberté."
"- Ecoutez, je ne sais pas où vous voulez en venir, mais comme je vous l'ai dit, je suis assez pressée et je n'ai clairement pas le temps de m'attarder à discuter poésie et à philosopher sur la vie.", l'énervement gagnait Terry qui n'appréciait pas du tout les manières du Zabrak, ni ne voyait pourquoi il insistait aussi lourdement auprès d'elle.
"- Alors je vais faire court. Accordez vous le pardon pour Clara. Et si vous ne la retrouverez jamais, elle pourrait, au contraire, finir par vous rattraper."
"- Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Qui que vous soyez, passez votre chemin et mêlez vous de vos affaires." Terry accéléra le pas, laissant le Zabrak sur le bord du trottoir.
"- Alors envolez vous tel un pizzili, Mme Wales !", se contenta de lancer le Zabrak, en dernier recourt.

C'est fort troublée que la présidente de la Commission des Appels d'Offre Publiques rentra chez elle. Elle et Clara, c'était une vieille histoire. Et c'est vrai que si elle était désormais visiteuse, c'était en partie à cause de ce qui leur était arrivée à toutes les deux. Aujourd'hui, il lui était encore difficile de dire si elle se rendait au 'Long Chemin' par ce qu'elle se sentait coupable de ce qui était arrivé, et qu'elle y faisait pénitence, ou si elle souhaitait faire perdurer sa mémoire au travers de son action. Quoiqu'il en soit, elle avait toujours su que cette vieille histoire referait surface un jour, même si elle ne savait pas vraiment ce qu'en savait le Zabrak.

Contrairement à Terry, Clara avait été une parfaite enfant. Toujours de bonnes notes et de bonnes appréciations, toujours prêtes à aider,…Toujours prête à se sacrifier. Terry, elle, était beaucoup moins sérieuse dans ses études, beaucoup moins respectueuse des règles qui régissaient la société aussi. Alors quand Terry s’était retrouvée pour la quatrième fois en garde à vue suite à un vol à l’étalage, Clara avait pris sur elle et s’était accusée. Elle savait alors que son dossier plaiderait en sa faveur, et qu’étant mineure, il lui suffirait d’une requête auprès du tribunal à sa majorité pour faire valoir son droit à l’oubli. La condamnation serait effacée de son dossier.

Car pour la jeune délinquante, les choses seraient plus compliquées : dès la quatrième condamnation, il n’était plus possible d’entrer dans les établissements publics de formation. Et autant dire que les établissements privés ne se bousculeraient pas pour lui donner une chance, et préfèreraient miser sur des personnes plus à même de les faire monter dans les classements planétaires.

Mais, car il y avait toujours un mais, le juge Bristol avait décidé de passer outre le dossier de Clara. Peut-être avait-il passé une mauvaise nuit, peut-être voulait-il faire comprendre à Clara que la loi était la loi, même pour les jeunes filles qui avaient le vent en poupe… C’est sans remord qu’il la condamna à deux semaines de maison de redressement. « De quoi vous apprendre qu’il vaut mieux rester du bon côté de la Loi » avait-il conclut. En l’occurrence, de quoi lui permettre de connaître les mauvaises personnes et la faire définitivement sombrer en quelques mois dans les abysses de la drogue. Un an plus tard elle n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été, errant prête à tous les sacrifices pour gagner les quelques crédits qui lui permettraient de payer sa prochaine dose. Encore une année et son corps fut retrouvé sous une pile de cartons.

Terry avait longtemps ignoré Clara durant sa chute. Se sentant doublement coupable. Sa mort avait été pour elle un électrochoc puissant. Alors elle s’était sorti les trippes pour avancer dans la vie. Décrocher son diplôme, passer les concours, fonder une famille : voilà tout ce qu’elle devait à Clara. Si le Zabrak ressortait cette histoire du placard, alors il pourrait la ruiner à son tour. Cela ne faisait pas de doute : ses diplômes seraient invalidés, elle perdrait son emploi, elle perdrait tout.
La traque

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