L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Mya Tellis
#35354
    L’Apprentie courut vers son maître, sabres à la main, éloignant les vautours qui piaillaient sous les coups. La Dame Sombre lui sourit, de ce sourire étrange, qui révélait autant de fierté que de cruauté, un sourire malicieux qui s’accordait à la perfection avec toute l’obscurité du regard d’or. Varadesh libéra Ranath. Un geste qui flatta sa personne et conforta son sentiment de puissance grandissant. On accourait pour servir le Maître. Elle eut envie de rire. Une fois relevée, on lui rendit son sabre. Tout ceci n’était qu’un jeu.

      « Je sens leur peur et leur confusion. Et cette fureur qui règne... C'est magnifique maître. Le côté obscur est si puissant, si omniprésent... Oh… »

    Le sourire de la Mirialan s’étira davantage.

      « Laisse-le venir à toi. Puise en lui. Le Côté Obscur décuple ta puissance. Dirige ta colère contre tes ennemis. »

    Et sur ces simples mots, la Dame Sombre trancha la première gorge à portée. Rien n’avait jamais été plus facile que de tuer. La Force vibrait intensément en ces lieux baignés d'obscurité. La malfaisance des disciples de la Lumière nourrissait le temple de Graava depuis des années. Littéralement, il suffisait de se baisser pour ramasser les bribes de leurs ténèbres niées. Ils tombèrent. Ils s’enfuirent. Leur maître resta seul. Il les avait regardés se faire massacrer sans réagir. Sa jeune apprentie se tenait en retrait, plus loin. Varadesh déjà s’avançait vers lui.

      « Tue-le. »

    Dans le dos de la Pantoran, la lame rubis s’éteignit. L’apôtre n’intéressait pas Ranath. Il allait mourir de la main d’un apprenti. L’honneur était déjà trop grand. Balance-le d’une falaise. Il ne méritait pas mieux. La jeune Mirialan avait beaucoup plus d’intérêt pour la Sith qui se tournait déjà vers elle. Sa pensée se jeta à la rencontre de l’idiote, et comme d’instinct, son poing se referma brusquement, témoin de sa volonté meurtrière. L’air vint rapidement à manquer aux poumons de la gamine qui subissait cet étranglement à distance.

    Le serviteur de la Lumière, ou maître des supercheries, toisait la Pantoran avec dédain. C’était donc là tout ce qu’on lui envoyait. Il se serait presque laissé aller à l’amusement. De sa ceinture il décrocha deux sabres. À rythme lent, totalement calculé, il alluma la première lame, blanche comme toutes celles de ses disciples, puis la seconde. Et comme pour jouer, il donna une impulsion aux poignées de ses armes et déclencha deux lames supplémentaires. Les deux doubles sabres vrombissaint avec force. Enfin, apogée de cette farce qu’on se targuait d’appeler combat, il lâcha ses armes. Elles flottaient à son côté, et se ruèrent sur la petite bleue, formant un barrage infranchissable pour la novice.

    La disciple viridienne tomba à genoux. Darth Ranath se portait déjà à son côté. La main d’émeraude saisit finalement la gorge de l’imprudente, continuant de serrer avec la même hargne. La jeune femme se débattit dans un premier temps, sans espoir. En dernier recours, elle tendit la main vers l’arme d’un cultiste décapité. L’épée glissa jusqu’à sa main, et d’un coup incertain, elle chassa la Sith. La Dame Sombre avait perdu son sourire, mais sa pensée ne renonçait pas, se tenant proche de l’esprit faible de sa proie. Elle dégaina à son tour l’une des ses dagues.

      Où est-elle ?
            Lina.

    La disciple se jeta avec un cri sur son ennemi, balayant l’air devant elle sans maîtriser le moindre de ses mouvements. Ranath peinait à croire que c’était l’adversaire qui lui avait tenu tête dans la plaine. La dague dévia l’attaque, riposta, tailladant la joue olivine.

      Où est-elle ?

    La gamine était à bout. Elle se lança dans une nouvelle attaque, tâchant tant bien que mal de donner de la précision à son estoc. La dague para, glissa en crissant sur l’acier de l’épée et buta en garde. La main libre de la Sith attrapa de nouveau la trachée essoufflée et la tira vers elle. La dague quitta le fer, sortit de la ligne et revint se ficher dans la jeune chair, perforant la peau et les muscles, déchiquetant les viscères.

      Réponds !

    S’en était fini pour l’apprentie. Elle sourit désespérément. Elle allait mourir. La Sith profita de ce dernier instant. Elle lâcha sa lame, portant la main sur le front de sa proie. Son esprit pénétra complètement les pensées de la mourante. Il ne cherchait qu’une chose, une seule information. Il n’y avait que Lina, elle seule comptait. La tombe s’imposa aussitôt, comme sceau garant du secret. La tombe d’un enfant. L’esprit se combattait lui-même, victime de son propre conflit. Les croyances et réticences de Ranath l’empêchaient d’accéder à la vérité. Elle faisait obstacle à son propre pouvoir. Et l’hôte se mourait lentement. Elle ne pouvait en ressentir que les émotions proches, la douleur, la peur, la honte. La rage gagna la Sith. Sa main vint extraire brusquement la lame pour l’abattre tout aussitôt dans l’épaule de la gamine. Dans cet éclat de souffrance, elle aperçut un échantillon de réponse. C’était bien sa soeur. Cette chose. Elle n’était plus là. Partie. La proie mourut. La pensée de Ranath se retira sans attendre, fuyant la mort. L’exercice l’avait épuisée. Là-bas, Varadesh combattait un adversaire de haut niveau.




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By Darth Varadesh
#35369
Il était de notoriété publique que les Sith étaient de vils monstres inhumains, se délectant de la terreur qu'ils inspiraient, buvant la peur des autres comme on boit un nectar raffiné. Portés par les plus noires émotions qui animent les mortels, ils se vautraient dans les plus grands pêchés de l'âme et s'en réjouissaient, riant aux éclats quand d'autres tombaient à genoux devant l'horreur de leurs existences. Des existences au demeurant douloureusement courtes en général car leur propre nature les faisait instinctivement chercher la violence. Certains avaient argué que les Sith ne tuaient que par nécessité, n'étant pas des fous furieux psychotiques, d'autres qu'ils tuaient tout ceux qui se dressaient sur leur chemin et d'autres encore qu'ils plaçaient le meurtre comme un acte aux connotations presque religieuses.

La vérité, comme pour tout ce qui concernait ces êtres mystérieux et prétendument disparus aujourd'hui, était tout autant dans chacune de ces affirmations et dans aucune. Tout dépendait de l'individu. Même un Seigneur Noir pouvait succomber à sa soif de sang et ne plus songer qu'au prochain carnage à venir, sombrant dans une torpeur en attendant tandis qu'un autre pouvait ne considérer chaque vie qu'il prenait que comme une nécessité, macabre mais pas moins réelle. En ce qui concernait les apprentis, le sujet était plus délicat encore car il dépendait de leur nature profonde autant que des leçons que leur inculquait leur maître.

La Dame Sombre des Sith n'avait pour sa part pas particulièrement songé à éduquer une meurtrière, pas plus qu'elle n'avait cherché à cacher l'inéluctabilité du meurtre comme outil des Sith. Mais la nature réelle de la jeune fille, enflammée par le côté obscur omniprésent et rayonnant, ne pouvait nier la réalité de ce qu'elle était et désirait. Une vie de terreurs et d'humiliations avaient engendré un noyau de ressentiment, de haine et de rage que rien ne pourrait apaiser ni étancher. Cette chambre dans son âme, profondément enfouie et soigneusement verrouillée, lui était ordinairement inaccessible et elle n'en avait pas conscience. La fureur ne s'éteignait jamais et ne se calmait jamais, elle couvait sous la surface, constamment, dirigée contre tous et personne à la fois.

Mais ici, sur ce temple au sommet d'une montagne, face à un usurpateur indigne de pouvoir même prétendre à manier le pouvoir de la Force, avec le côté obscur comme témoin invisible de leur affrontement, la soif ne pouvait plus être contenue ni retenue. Le sang devait couler, des vies s'achever et la rage être libérée de sa prison. C'était ce qui animait Varadesh tandis qu'elle se précipitait sur l'Iktotchi, à demie-aveuglée par la haine. Les récits de guerres et d'affrontements utilisaient souvent un terme servant à illustrer combien la sauvagerie des mortels était prompte à se déchaîner dès lors qu'elle en avait l'occasion. Une figure de style qui n'était jamais aussi vraie que lorsqu'un Sith succombait entièrement au côté obscur de la Force. Elle ne voyait plus rien par ses yeux que ce voile qui se déployait sur elle, ses iris dorés prenant lentement la teinte caractéristique et redoutée de ceux à se donner au pouvoir le plus pur et malveillant qui soit. Elle voyait rouge, littéralement.

Poussant un hurlement bestial, se jetant sur son ennemi, l'apprentie enchaîna les assauts féroces et désordonnés. Usant du Niman, elle semblait pourtant dédaigner ses mouvements simples et économes et seul un regard averti aurait pu déceler qu'elle utilisait la Forme VI, poussée dans ses retranchements. L'usurpateur parait avec une parfaite désinvolture les coups de son ennemie, sachant déjà qu'elle ne ferait pas le poids face à lui, trop emportée et imprudente. D'un geste de la main il repoussa l'idiote et contre-attaqua, portant un coup vicieux à son bras et la blessant sérieusement, la faisant se plier en deux. Poussant un ricanement méprisant, l'imposteur fit pleuvoir les coups qu'elle peina à simplement parer pour rester en vie.

Dans un état second, Varadesh ne voyait plus le visage de l'Iktotchi car ce dernier changeait constamment de forme, prenant celle de Ranath puis Cain puis Jeny, Alayna, Odion, Hord, Lyria et d'autres encore, tout ceux qu'elle avait connu jusqu'alors. Enfin, le visage prit la forme d'un individu qui avait anéanti son ancienne vie et qu'elle avait tué de ses mains une année auparavant. Les mains tremblantes de fureur, l'apprentie avait le plus grand mal à tenir devant elle son sabre tandis que le pouvoir, séducteur et tentant, lui murmurait de noires promesses. Il lui suffisait de lâcher prise et accepter son cadeau. Si seulement elle le voulait.

Un grondement menaçant résonna dans le ciel au-dessus du temple de la montagne. Des volutes d'énergie obscure se concentrèrent lentement autour de la silhouette immobile, brisée mais pas encore invaincue de la Pantoran. Le sang coulait abondamment de sa blessure au bras et de dizaines de coupures mineures infligées par les cultistes sauvagement abattus dans sa course vers l'usurpateur. Comme une offrande sanglante, il lévitait doucement et se dissolvait au contact des volutes d'air. Le sang est la vie, le sang est le pouvoir. Emplie d'un pouvoir bien trop grand pour son corps, consumée par la haine, ce qui avait été Varadesh un instant auparavant se jeta de nouveau sur son adversaire.

La conscience de l'apprentie avait été rejetée profondément à l'intérieur de sa tête, ayant lâché la bride à ses pires émotions et cédé le contrôle au pouvoir obscur des passions qui animaient les Sith. Le corps qui se mouvait à présent avec célérité n'était plus Sabina ni Varadesh mais rien d'autre qu'un réceptacle pour le côté obscur, un passage par lequel s'immiscer dans le monde réel et donner un aperçu de sa véritable nature. Pleurant de souffrance et riant comme une démente, la jeune fille décrochait des coups de sabre d'une violence telle que l'Iktotchi ne cherchait même pas à les parer, uniquement les esquiver, craignant que sa propre arme ne se rompe. L'inquiétude creusait son visage ridé tandis qu'il prenait conscience de ce qui se passait à présent.

Alors qu'il reculait à distance raisonnable, l'imposteur se concentra pour invoquer des illusions à même de lui ouvrir la brèche dont il avait besoin. Il ne lui fallait qu'une seconde, voire moins, pour les générer. Il ne disposerait jamais de ce laps de temps pourtant si infime. La créature enveloppée dans des volutes noires et rouge sang pencha la tête de côté et une violente douleur naquit dans le bras qui tenait son sabre, le faisant se plier en deux. Alors qu'il regardait son bras tortillant, celui-ci implosa dans une grande gerbe de sang et de matière organique. Un rire empreint de folie, de haine et de soif de sang résonna, dans sa tête et dans toute la salle du trône alors que la silhouette de l'apprentie s'approchait lentement, se délectant par avance du meurtre qu'elle allait commettre.

Crachant du sang, l'Iktotchi tenta bien de se relever et d'attraper son sabre, coincé dans la main encore serrée autour de la poignée. Puis une ombre l'enveloppa et il leva la tête, ressentant pour la première fois depuis longtemps de la terreur tandis qu'il croisait le regard embrasé et incandescent de la Pantoran. Dans ses yeux qui étaient devenus des orbes d'un jaune brillant dangereusement dansaient une soif de tuer et une colère comme il n'en avait jamais vues encore. Rien ne pourrait raisonner cette chose ni l'apaiser, il n'y aurait que la mort prodiguée, encore et encore, qui saurait déclencher une réaction de sa part. La main de la jeune fille vint serrer son cou avec une force surhumaine et serra lentement. Un simple geste lui servit à arracher la tête du corps. Sans plus un regard pour l'ennemi vaincu, elle beugla son triomphe et brandit son trophée sanglant avant de le jeter du haut de la montagne.

Le temps sembla brièvement suspendu puis elle se détourna du spectacle, ses yeux embrasés cherchant déjà une autre victime à terroriser et à tuer. Ils se posèrent sur la Dame Sombre et le cadavre à ses pieds. Un sourire de mauvais augure se dessina sur les lèvres déchiquetées de l'apprentie qui porta sa main couverte du sang du vaincu à ses lèvres, reniflant avec un plaisir malsain l'odeur de la victoire. Puis sa bouche se tordit en un rictus affamé et s'ouvrit en grand, criant le nom de sa prochaine victime. Darth Ranath, Dame Sombre des Sith. Le corps possédé se précipita à grande vitesse et se jeta sur la Mirialan, animé par une soif que rien ne pouvait étancher. Le chant de sirène du côté obscur résonnait toujours dans le crâne du maître et de l'apprentie, l'une ayant succombé tandis que l'autre...

La mort pour toi ! La mort pour tous ! Fureur, rage !

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By Mya Tellis
#35404
    Tandis que l’autre observait l’Apprentie. Son regard d’or braqué sur la folle furieuse. Elle avait démembré son adversaire, puis jeté du sommet de la montagne. Et son maître, patient, la regardait, l’attendait. Dès lors que le Côté Obscur saisit la jeune Pantoran, Darth Ranath sut qu’elle l’affronterait. Et sans surprise, une fois le pantin défait, l’Apprentie se tourna vers la Mirialan dont la poigne serrait fermement son sabre rubis. La gamine cria, et courut à sa perte. Le sourire avait quitté les lèvres d’émeraude qui se tordaient désormais en un rictus narquois.

      « C’est l’heure de ta leçon. »

    Le pourpre accueillit l’ambre avec éclat. Le Maître leva sa garde, repoussant un premier assaut, brutal mais imprécis. Elle fit faire à son apprentie trois pas en arrière. La gamine enrageait. Son art n’avait plus rien d’un Niman, ce n’était pas un Djem So, pas même l’ombre du Shii Cho. De qui se moquait-on ? Il n’y avait plus rien, plus que la rage, plus que la folie. L’obscurité avait gagné la raison de la Pantoran, et Ranath se délectait de cette perte de contrôle momentanée. Combien il était facile d’abattre la petite sotte maintenant. Ne sentait-elle pas elle-même l’appel du pouvoir ? L’appel du Côté Obscur ? Elle l’avait rarement éprouvé avec une telle intensité. Mais ce n’était rien à côté des déchaînements de son maître, de Darth Odion, ou du Tout-Puissant. Car la maîtrise valait tous les pouvoirs. Varadesh, noyée de folie, n’était rien. Et Ranath n’avait plus aucune raison de perdre les pédales, tant ses certitudes s’étaient vues renforcées par les aveux de sa dernière victime. Elle n’était pas folle, ne l’avait jamais été. Ses visions étaient des vérités. Ses peurs étaient fondées. Le monde tournait rond. Et Darth Ranath était la Dame Sombre.

    Elle brandit son sabre à nouveau, abattant la lame sur le crâne de la Pantoran qui venait de perdre un temps dans la danse, désormais forcée de suivre le rythme imposé par l’exercice suivant : survivre. L’ambre barra de justesse. Oh, on baignait dans la toute puissante obscurité au sommet de Graava … Attends voir … Nouvel assaut rubis. La lame frôla la joue de la gamine. Ranath vint au contact, déséquilibrant son adversaire d’un brutal coup d’épaule. Mais tout ceci ne faisait que nourrir la colère de l’enfant qui chargeait encore et tâchait de rendre les coups. Hors de contrôle.

    Au détour d’une prise de fer, la leçon commença. L’estoc suivant manqua d’éborgner la Pantoran.

      « Monte ta garde ! »

    Mais l’enfant n’écoutait rien, aveuglée par sa rage. Alors d’un coup brutal, la lame rubis brisa la garde si fragile de la novice, la renvoyant plusieurs pas en arrière. La pensée de la Sith avait déjà gagné l’esprit de son élève, où ne régnaient que les ténèbres, et elle en saturait les sens.

      « Le Côté Obscur n'est qu'un outil. La maîtrise prime ! »

    Varadesh avait repris pieds. Elle tenta bien des ripostes, alliant combat et pouvoir, mais son maître avait érigé un bouclier stable et se prémunissait de tout assaut, rendant davantage de coups qu’elle n’en recevait.

      « Maîtrise-le. »

    Et quand l’élève, prise au piège, se téléporta enfin, la Dame Sombre l’attendait. Elle avait profité de ce lapse de temps infime pour canaliser tout le pouvoir qui dansait autour d’elle, concentrer toute son énergie. Sa lame frappa le sabre de l’Apprentie avec fureur et violence, libérant la décharge de son pouvoir saturé. La Vague de Force explosa autour de la Sith, rejetant brutalement la Pantoran qui chut des mètres plus loin. Son sabre roula au sol, le Maître l’attira aussitôt à sa main. C’était terminé.

      « Te voilà redevenue esclave. »

    La colère de la Mirialan était palpable.

      « Ne laisse jamais le Côté Obscur te dominer. Tu domines ! Il t’obéit ! »

    Les deux lames avaient cessé de chanter. Ne résonnait plus que la voix du Maître.

      « Relève-toi. »

    La Dame Sombre posait sur Varadesh un regard empreint de jugement. Elle espérait la leçon comprise, n’ayant que peu retenu ses coups pendant leur bref combat. Elle espérait la gamine calmée après cette petite embardée désarticulée. Cependant le principal était sauf : leur ennemi était mort, et l’une comme l’autre, elles avaient goûté un peu au plaisir de l’obscurité bien aimée. Varadesh avait cédé, trop avide, ou trop faible. Ranath savait ce qu’il coûtait d’utiliser un tel pouvoir. On s’y perdait soi-même. La mise en garde serait peut-être salutaire.

      « Le Côté Obscur dévore les plus faibles. Mais rend fort ceux qui sont capables de le manier. »

    Combien étaient devenus fous. Combien étaient morts par simple soif de ce pouvoir dément.

      « Ne te laisse pas submerger ainsi. Tu perds le contrôle de ton propre corps. Tu perds le fil de ta propre pensée. Tu sombres dans la folie. Et la victoire, la vraie victoire, est hors de ta portée.

      Tu mourras par lui avant d’avoir pu me fendre le crâne !

      Tu ne dois pas subir !
      »

    Elle lui lança son sabre, rendant ainsi l’arme à son adversaire, peu importait qu’elle la rattrapât ou non.

      « Est-ce-que c’est clair ?! »




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