L'Astre Tyran

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By Zygmunt Molotch
#35757
Ce souvenir fort peu agréable avait été heureusement bref, bien que quelque chose d'aussi difficile à se remémorer, tout bref que ce soit, faisait tout aussi mal que quelque chose de vaguement désagréable dont on se souvenait longtemps. Voire bien plus, souvent. Il faut dire que la remarque de la jeune femme aida à le ramener dans le présent. Il était, on ne le payait pas pour ça. D'un autre côté on ne le payait pas tout court à sa connaissance. Et tant mieux dans un sens, être payé pour tenir compagnie à la reine aurait été quelque peu insultant pour tout les deux.

Il était évident qu'elle avait remarqué ses regards aussi gênés que lubriques qui couraient sur sa peau nue mais elle ne semblait pas en être offensée, agacée ou dégoûtée. C'était déjà une bonne chose, il n'aurait plus manqué que ça pour définitivement foutre en l'air ce rendez-vous. Elle prit une feuille et la lui posa sur le front, suffisamment grande pour brièvement lui masquer la vue, avant de se moquer de lui et de se mettre à courir à grandes enjambées sur l'herbe à travers la clairière. Quand il l'entendit rire, il comprit qu'elle lui jouait un mauvais tour et bondit immédiatement sur ses pieds avant de se lancer à sa poursuite.

Hey ! C'était pas très loyal ça ! Revenez ici tout de suite ! Je vais vous apprendre à vous moquer d'un infirme !

Foi de lui, il allait lui faire rentrer dans son joli crâne le concept de respect ou il mourrait en essayant. Non mais oh, on était ou là ? Se croyait-elle dans un Etat qui prônait l'absence de respect et de gentillesse auprès de qui que ce soit, la culture d'une race parfaite qui écrasait toutes les autres ? On était dans l'Empire ici que diable ! Euh... Il fallait admettre que la belle courait prestement, presque aussi vite qu'une gazelle, sans paraître gênée par l'herbe ou les obstacles naturels qui traînaient ça et là. Ou comme une biche, c'était selon quelle comparaison paraissait la plus flatteuse. On laissait cela à la libre appréciation de chacun et chacune.

Il parvint à la rattraper quand, à priori fatiguée, elle s'arrêta près du pique-nique. Enfin, sa vengeance était à portée de main, il allait pouvoir... Se prendre la serviette directement au visage. Il n'aurait plus manqué qu'un petit bruitage comique pour que la scène devint proprement hilarante. Décidément, rien ne lui aurait été épargné, pauvre de lui. Son élan fut inévitablement brisé par le coup bas - oui c'en était un inutile de le nier - et il ne put réagir à temps lorsqu'elle serra les pans de la serviette pour le maintenir sous son emprise. Soit, elle avait gagné cette manche mais ce n'était que partie remise.

Rira bien qui rira le dernier. Vous ne faites qu'aggraver votre cas miss, attendez un peu que je retourne au boulot, je m'en vais vous préparer un bon dossier au BSI vous allez regretter vos actes.

Tandis qu'elle s'appliquait à le sécher rapidement en frottant la serviette contre la peau de ses épaules et du reste de son corps, lui marmonnait et grognait à l'occasion, lui jetant des regards faussement menaçants qui ne laissaient planer aucun doute sur la terrible revanche qu'il ruminait dans sa barbe et en son fort intérieur.

Ouais ouais, nous sommes un docteur et son patient qui se baignent ensemble. Je vous en prie, ensuite vous allez me dire que vous n'avez pas fait exprès de me balancer la serviette au visage ?

Nom de Zeus, qui pourrait croire une telle chose ? Personne. Mais laissons cela de côté, pour l'heure, il était temps de casser la croûte. La longue promenade suivie de leur petite baignade et des rixes au corps-à-corps lui avait sacrément ouvert l'appétit et c'est avec une impatience non dissimulée qu'il se servit à manger, un bon gros sandwich avec des tranches de bantha et la bouteille d'eau fraîche précédemment entamée. Ils se mirent à manger chacun de leur côté, lui tirant un plaisir manifeste de ce repas somme toute très simple mais pas frugal pour autant. Au moins, on ne s'embêtait pas avec la sophistication exagérée des grands restaurants, on avait de la nourriture appétissante, on se servait et basta.

Quand il eut fini, il poussa un long soupir de contentement, rassasié et revigoré par ce repas délicieux. Il adressa un hochement de tête appréciateur à la jeune femme.

Mes compliments à celui ou celle qui a préparé tout ça. A ce rythme, je vais finir par ne plus pouvoir quitter cette planète si on y mange et dort aussi bien.

La suite le surprit, en cela qu'il ne s'était pas attendu à ce qu'elle veuille déjà en arriver aux confessions mutuelles. C'était une façon peu orthodoxe de conduire un rencard mais bon, qui était-il pour critiquer ? D'autant que ça ne le dérangeait pas spécialement et qu'il trouvait l'idée intéressante. En savoir plus sur elle était toujours une bonne nouvelle en plus de ça. Il l'écouta avec attention, curieux et songeur. En vérité, cette magie - ou Force comme elle disait - lui paraissait tout aussi bizarre et incompréhensible que jusque-là vu le peu d'explication qu'elle en donna. Cela le fascinait tout autant que ça l'intriguait et il faudrait approfondir le sujet plus tard.

Il en avait des questions, ça oui et pas qu'un peu mon neveu. Il y réfléchit longuement afin d'essayer de trier tout ça, ne voulant pas en poser qui paraissent stupides ou trop évidentes ou gênantes. Finalement, il en trouva quelques-unes.

Cette Force, c'est quoi exactement ? Ça sert à quoi ? Comment ça marche ? Tout le monde peut l'utiliser ? On peut faire n'importe quoi avec ? C'est quoi un Sith et un Jedi ? Est-ce que l'Empire n'est pas contre tout ces trucs de Force, Jedi, Sith et compagnie ? Comment se fait-il que vous soyez la conseillère de l'Empereur dans ce cas ? Pourquoi avoir quitté l'Inquisitorius qui était, si je me souviens bien, une branche de nos services ? Avez-vous retrouvé vos parents depuis ? Etes-vous heureuse de régner sur tout un monde inféodé à l'Empire ?

Bien trop de questions lancées en rafale, auxquelles il allait probablement être difficile de répondre. Et comme il les avait posé, il fallait attendre qu'il ait quelques réponses avant de pouvoir enchaîner. D'autant qu'il avait encore quelques difficultés à se rappeler de quelque souvenir qui, pensait-il, l'intéresserait. Il était fasciné par le légume qui avait voleté en l'air jusqu'à lui avant d'être coupé en deux d'un simple mouvement de la main et contemplait les 2 morceaux à ses pieds, les yeux brillants. Pour un peu on aurait dit un grand enfant un peu tête en l'air. Un grand enfant torse nu et au caleçon encore passablement trempé, qui offrait un spectacle plutôt agréable.

J'ai peut-être posé trop de questions non ? Désolé, j'aurais pas dû. Vous voulez savoir quoi sur moi exactement ?
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By Helera Kor'rial
#35758
« C’est moi qui ai préparé. Qui croyez vous que ce soit ? Ce n’est pas parce que je suis une reine que je dois être entourée de bonniche. Ça non. »

La reine était alors partie dans ses explications, croquant par moment dans un légume ou reprenant un peu de toaste. Tout cela pour contenter son estomac. Les concepts de la Force furent évoqués avec simplicité et une partie de sa vie fut dévoilée. Assez pour soulever l’intérêt. Assez pour que les questions fusent. Et pour cela, elle ne fut pas déçue. Tout une batterie de questions et d’interrogations. Cela la fit sourire et presque hoqueter de stupeur en voyant l’intérêt qu’il portait à sa magie. Intérêt ou méfiance, tout restait encore à déterminer. La reine croqua encore dans un légume et s’allongea sur la nappe, le regard vers le ciel.

« C’est un tout qui nous entoure, qui nous relie. Tous autant que nous sommes, être vivants, sommes une maille de ce grand tout. C’est comme une immense toile d’araignée, un réseau holonet dont les planètes serait chaque personne, chaque animal. Cela ne s’arrêta pas à cela pour autant, car le flux est infini et parcourent même les objets inanimés. Cela répond à votre première question. »

La deuxième la fit rigoler, et elle tourna la tête vers lui, ajustant sa nouvelle cape sur son ventre. Elle plaça une de ses mains derrière sa nuque. Entre son regard et l’agent se tenait une boite de condiment qui baignait dans l’acide. Son regard l’observa quelques instants, passant rapidement sur ses traits.

« Cela ne sert à rien de plus que … le temps. Cela existe, c’est tout. C’est comme si l’on avait doté des gens de la capacité à manipuler le temps en gros. Tout le monde ne peut pas l’utiliser, mais je suis persuadée que même les plus sceptiques peuvent la sentir. N’importe quoi, oui et non. Cela dépend du domaine de compétence. »

La prochaine question la laissa interloquée. Cela aussi visiblement, il ne s’en souvenait pas. L’avait-il déjà su ? Aucune idée à vrai dire.

« Un Jedi est l’entité gardienne du savoir entourant la Force. Il l’utilise pour le bien commun et dans une optique d’entraide. Le Sith est tout l’inverse. Il veut le pouvoir, le contrôle et n’hésitera pas à tuer pour obtenir son dû. »

Elle se rappela alors d’Astellan et du traité sur la Force. Lui non plus n’y comprenait pas grand-chose. Ne l’ayant jamais écouté, il n’avait pas pu aller plus loin que le bout de son nez.

« L’empire est contre, oui. Même s’il prétend le contraire. Je le suis parce que ça rend bien médiatiquement parlant. L’inquisitorius était en effet à l’empire, mais du jour au lendemain, les dirigeants impériaux ont coupé les fonds nous approvisionnant. Peu après, ils nous ont traité de pariat et de traître. »

La question sur ses parents la laissa rêveuse. Elle se retourna vers le ciel et observa les feuilles qui s’agitaient les unes avec les autres, se chatouillaient et s’entrelaçaient. Le vent qui les faisait bouger créait des trous de lumières qui ne restaient que pour un temps, s’étouffaient, revenaient …

« Je les ai retrouvés, et ma mère en est morte. Je n’ai plus que mon père désormais, qui vit sur Nelvaan. C’est une partie sombre de mon histoire. »

Et la dernière question, pour le moins étonnante, qui la fit hausser un sourcil. Elle se redressa plus haut et posa sa main en accoudoir sous son crâne.

« Comme ça inféodé ? J’ai rejoint l’empire politiquement. Dois-je en être heureuse ou non, à dire vrai je ne sais pas … C’est de la politique plus qu’un échange de bonheur si vous voulez mon avis. L’empire a cet avantage qu’il n’est pas embourbé dans les procédures. »

Pendant quelques secondes, elle observa de nouveau son corps qui avait subit des changements depuis la dernière fois. Perdu du muscle, perdu des bras, des pecs et des abdos. Elle observa ce qu’elle allait lui demander de travailler ensuite. C’était un peu comme créer ce qu’elle voulait. Etait-ce bien ? Assurément pas. Est-ce que son corps diminué attentait à la perception qu’elle pouvait avoir de lui ? Assurément pas non plus. Qu’il soit rachitique, qu’il soit obèse ou sculté, elle était tombée amoureuse d’un esprit avant d’avoir le corps. Il est certain qu’elle l’inciterait à faire du sport, parce que cela restait bon pour la santé. Mais cela ne l’embêtait pas outre mesure qu’il soit ainsi. Vraiment pas.

« En fait … En fait je sais déjà beaucoup de chose sur vous. Première petite copine, votre femme, vos années à l’école, la guerre, l’empire selon votre conception. Ce qui me laisse un sacré avantage, vous en conviendrez. Apprenez-moi quelque chose que je ne sais pas ! Et mangez un peu, vous n’avez rien avalé. »

La reine fit les gros yeux.

« Je vais vous faire une tartine, et vous avez intérêt de l’engloutir. Oui oui parfaitement. »

Elle prépara avec soin les différents ingrédients sur une tartine, composé de fromage, de quelques morceaux de légume et des feuilles de salade. Helera s’approcha de lui, posant une main en appuie au milieu des ustensiles du repas, tendant l’autre vers l’agent. Un grand sourire éclairait son visage, elle mimait l’ouverture de la bouche. Assise à quatre pattes, c’était une position fort peu confortable. Elle réussit néanmoins à lui faire manger, et rigola quand une partie tomba sur la nappe. Agitant ses bras contre ses hanches, la reine se redressa.

« Dites donc monsieur Molotch, vous en mettez de partout ! »

Elle rigola à sa bêtise et retourna de son côté, assise en tailler, une main sur le visage pour cacher la moquerie qu’elle destinait à cet agent maladroit.
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By Zygmunt Molotch
#35759
Haussement de sourcil, évidemment qu'il avait pensé qu'elle avait des domestiques et tout le bordel dans son grand palais pour faire le ménage, à quoi servait d'être dirigeant si c'était pour devoir se coltiner le repassage et l'aspirateur soi-même ? Il n'aurait plus manqué qu'elle lui dise que personne d'autre qu'elle n'entretenait ni ne vivait dans ce grand bâtiment pour qu'il ne comprenne rien à sa logique. En tout cas, tout ça n'enlevait pas le fait qu'elle était un vrai cordon bleu, une autre de ses très nombreuses qualités.

Elle tenta alors de lui expliquer le principe de cette Force et compagnie mais c'était difficile de suivre son raisonnement et ses paroles. Pour son malheur - Ou son bonheur c'est selon - même l'amnésie ne lui avait pas enlevé sa nature de froide logique pour qui tout ce qui relevait du surnaturel était soit faux soit dangereux. Était-il donc méfiant ou curieux ? Les deux en fait, il craignait ce concept de magie présente partout autour d'eux et même à l'intérieur d'eux qu'il ne pouvait ni voir ni comprendre, en homme simple et donc un peu superstitieux qu'il était.

D'un autre côté, l'idée le fascinait et il s'imaginait utilisant cette magie pour réparer les torts qui leur avaient été causés à l'une comme l'autre et plus globalement pour le bien commun. C'était ce qu'il fallait faire de ce genre de pouvoir non ? Le dédier à son prochain, à sa sécurité, son bien-être.

Est-il possible de ramener un mort à la vie avec cette Force ? Pourrions-nous ramener ceux qui sont morts pour me sortir de ma prison ?

On lui avait raconté son sauvetage et depuis, il s'en voulait pour ces morts qui n'auraient pas dû être nécessaires. Il aurait fallu le laisser pourrir où il était ou simplement renoncer dès lors qu'il y avait eu des blessures à déplorer. Au nom de quoi sa vie valait-elle celle des agents du BSI qui étaient tombés ? Pourquoi eux étaient morts et pas lui ? Comment pourrait-il payer la dette qu'il avait envers ceux qui avaient versé leur sang pour lui ? Comment pouvait-il exiger cela de qui que ce soit ? Si le sang devait couler, alors ce devait être uniquement le sien.

La suite le surprit également. Ses souvenirs étaient brumeux encore mais quelques recherches rapides sur l'histoire de l'Empire pendant ses journées de convalescence au début et le peu qui lui restaient lui portaient à croire que soit la jeune femme mentait, soit il avait mal compris quelque part, soit il y avait un souci d'accord entre ces 2 sources.

Attendez, si je comprend bien ce que j'ai consulté, les Jedi ont tenté de détruire l'Empire a son avènement et depuis. Ils font partie des terroristes et des rebelles que le BSI traque sans relâche et servent les républicains qui sont nos ennemis. Pourquoi dites-vous donc qu'ils servent le bien commun et veulent aider leur prochain ?

A en croire sa réaction, il aurait mieux fait de ne pas évoquer ses parents, cela semblait faire revenir de mauvais souvenirs, douloureux. Il se maudit en silence pour sa stupidité, il savait mieux que quiconque combien un souvenir triste pouvait faire de mal et s'en voulut d'avoir fait ressurgir son passé manifestement peu agréable dans l'esprit de la jeune femme.

Pardonnez-moi madame, je n'avais pas réalisé que cela pouvait être douloureux alors que j'aurais dû le comprendre. Je m'excuse pour mon indiscrétion et mon impolitesse.

A présent que c'était son tour, il devait admettre ne pas trop savoir que dire. Son amnésie n'aidait pas à trouver un sujet pertinent et intéressant qui plus est. Il était resté songeur, à essayer de trouver quelque chose d'intéressant à lui raconter quand elle se pencha par-dessus les victuailles, une tartine en main qu'elle lui présentait du bout des doigts. Il fronça les sourcils, pas trop d'accord.

Vous plaisantez ou quoi ? J'ai le ventre tellement plein qu'il va exploser si je continue comme ça. Je ne suis pas resté à juste boire de l'eau au cas où vous auriez pas remarqué !

Mais comme elle restait obstinément dans sa position d'attente, nourriture tendue vers sa bouche, il comprit qu'il n'aurait pas la paix tant qu'il n'abdiquerait pas. Soupirant, il obtempéra et croqua dans la tartine, savourant autant la riche nourriture que fusillade la jeune femme du regard. Vu sa position, il était évident que tout manger était quasi impossible et en effet une partie tomba au sol. Elle se moqua de lui pour ça et il fit mine de l'injurier mais ne parvint qu'à s'étrangler a moitié a cause de la nourriture dans sa bouche.

Je sais pas ce qui me retient de vous en coller une, vous vous riez de moi constamment ! Si je m'écoutais je vois priverais d'histoire pour vous apprendra, na !

Le regard furieux qu'il lui lança était aussi authentique qu'elle n'était l'aide. Donc pas même un tout petit peu réel, en somme.

Bon alors allons-y... Je me souviens de la première fois où j'ai volé dans un TIE à l'académie. Wystan et Norah étaient également là. Naturellement, eux n'eurent aucun mal à assurer, ils avaient passé beaucoup de temps dans les simulateurs avant. Moi j'avais un peu de retard. Pourquoi ? Disons que les premiers mois a l'académie, j'étais plutôt passionné de géographie, surtout celle des localités autour de notre capitale si vous voyez ce que je veux dire. Certaines en valaient vraiment la peine vous pouvez me croire, mais je m'égare...

J'étais pas du tout prêt pour ça et je suis pratiquement sur que mon instructeur le savait. Mais il m'a laissé m'installer quand même. L'exercice était simple, il fallait juste démarrer correctement, faire un tour de l'académie avec le chasseur et se poser sans encombre, pas question de monter dans l'espace ou que sais-je. Je me souviens de la terreur que j'ai ressenti quand j'étais attaché et qu'il fallait lancer tout, j'ai cru que je n'y arriverais jamais, que j'allais foirer et peut-être même m'écraser ou blesser quelqu'un. Mais non, j'ai réussi à démarrer et le TIE a commencé à s'élever.

Je ne saurais vous décrire la joie et la fierté que j'ai ressenti en étant dans l'air avec mon chasseur, uniquement retenu par ma capacité à manipuler ce vaisseau. Rien n'aurait pu me préparer à cette exaltation, cet orgueil démesuré qui m'ont pris. Aujourd'hui encore, je me sens fier de savoir que j'ai réussi, j'ai pu y arriver. Il y a bien des choses dans ma vie dont j'ai honte, des choses que je regrette et d'autres qui me dégoûtent m. Celle-ci est une des rares à ne pas en faire partie.


Il resta silencieux quelques instants, souriant avec insouciance a ce souvenir de sa jeunesse. Comme il avait été heureux a l'époque, comme il aurait aimé retrouver cette innocence, ce temps ou rien ne comptait d'autre que des études et la vie de cadet pilote.

Vous voudrez retourner vous baigner un peu une fois qu'on aura digéré ? Sinon, va falloir peut-être songer à se rhabiller une fois qu'on sera secs. Enfin sauf si vous préférez qu'on reste comme ça ma foi. Moi, ça me dérange pas je m'adapte.
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By Helera Kor'rial
#35765
« Non. Les jedi disent souvent qu’il n’y a pas de mort, qu’il n’y a que la Force. Cette phrase explique que le décès d’une personne est un passage obligé de la vie. Et que ses proches ne doivent pas pleurer sa disparation, mais se réjouir de son illumination dans le tout. Je sais que cela doit être difficile à accepter, mais vous devez vous pardonner à vous-même Zygmunt, pour la faute qui n’est pas votre. »

La reine parlait bien de tous les morts, et non uniquement celle de Winstan. Tous ces gens avaient choisi de donner leur vie. Cela aurait très bien pu être elle, mais la Force ne l’avait pas décidé ainsi. La grande équation de causalité, laissée à l’abandon au profit d’une foi en la Grande Mère, la Force, guide unique et omniscient. L’agent en fut surprit néanmoins et ne tarda pas à le lui faire savoir.

« Il y a plusieurs inexactitudes dans votre phrase, veuillez me pardonner. La version impériale des faits a été que les Jedi ont voulu attenter à l’avènement de l’empire. Si vous prenez du recul, nous avons une république égalitaire qui devient du jour au lendemain un empire autoritaire sous le seul commandement de l’empereur Palpatine, connu désormais pour être un Seigneur Sith. Les jedi ont échoué à protéger la république et l’ont payé de leur vie. Maintenant, vous avez raison, ils sont alliés à nos « ennemis » et le servent. En plus de cela, les mœurs de la culture Jedi s’est quelque peu érodé avec leur temps. Les grands maîtres qui la composent ne sont pas tous bienveillants. Je connais cependant personnellement plusieurs Jedi, qui, sans leur aide, ne m’aurait pas permis d’être là aujourd’hui. »

La question était désormais de savoir comment il allait accueillir cette déclaration. Zygmunt était un fanatique comme pas deux, mais avait-il de l’ouverture d’esprit désormais ? Helera était curieuse de la suite donnée à cette tirade. Bien que la nourriture tombée sur la nappe et les rires de la reine auraient sûrement raison de cette dite suite. Et surtout quand il sembla se vexer de ses rires et des menaces de coups, ce qui la fit cesser tout ricanement. Elle s’était redressée et commenta :

« Moh, je rigole… »

Elle prit un torchon et se pencha de nouveau pour aller retirer la nourriture tombée de son côté. Sans plus de commentaires, elle retourna à sa place et attendit son histoire. Une histoire de pilotage, encore avec ses frères et sœurs. Sachant comme ils étaient proches, cela ne l’étonnait pas. Elle écouta attentivement comment l’agent junior avait su franchir les barrières de sa peur pour s’élever dans les airs. Une métaphore plus que parfaite pour le discours.

« Mais du coup vous aimez toujours piloter ? »

Alors la proposition de l’agent fut accueilli par la reine avec tout autant de simplicité qu’elle fut prononcée, par un sourire. Helera se demandait s’il s’ennuyait ou s’il voulait faire autre chose. Il était finalement assez difficile de lire en lui, même connaissant déjà beaucoup de sa vie. Dans un premier temps, elle rangea les quelques restants de nourritures dans la grosse caisse de métal et la déplaça hors de portée. Tout ce temps, elle réfléchit à la meilleure manière de procéder avec lui. Difficile …

« Ce que je peux vous proposer, c’est que l’on aille se baigner, que l’on dorme un peu et que l’on rentre ensuite ? Cela vous convient ? »

Ce à quoi il opina du chef. D’un bond, la reine fut debout et s’approcha rapidement de l’eau. C’est en plongeant les doigts de pieds qu’elle comprit que ce ne serait pas si facile de dépasser la vitesse de l’agent. Elle lui jeta un regard de défi et plongea tout le mollet, soufflant face à ce froid mordant qui l’assaillait. Puis, elle se jeta à l’eau au milieu du trou. Agitant les pieds pour se maintenir à l’équilibre dans le bassin, ses bras entouraient son torse et claquait des dents.

« Vous … n’avez pas froid ? »

La reine ne tarda pas finalement à ressortir de l’eau et s’enrouler dans sa serviette. Sans la Force, c’était beaucoup plus compliqué de résister à des températures gelées. Même si elle en avait eu l’habitude depuis sa jeunesse, elle ne se sentait pas optimale pour cela. De nouveau humide et froid, elle agita la serviette pour se sécher le plus rapidement possible. Helera s’orienter dans la direction de la lisière de la forêt, là où il y avait les rayons de l’étoile qui les illuminait et où la vue était la plus satisfaisante. Elle attendit que l’agent ne s’assoit à ses côtés et sans un mot, laissa tomber sa tête sur ses épaules. Son regard perpétuellement sur les immensités de verdures. C’était beau et simple à la fois, car il n’y avait pas des milliers de couleurs. Seules restaient les principales.

Helera retira alors sa tête et s’allongea, suivit par Zygmunt. Du cocon de couverture qui l’entourait, une main en sortit, cherchant sa consœur chez son opposé. Ses doigts glissèrent dans les siens et elle s’y accrocha. Son regard dans le sien, elle lui étira un sourire satisfait.

« J’aime passer du temps avec vous Zygmunt. C’est enrichissant et apaisant. »

Son sourire ne tarit pas et elle fixa les deux orbites adverses restant concentrée sur l’esprit qui se trouvait derrière. Elle n’osait pas parler, pas respirer. Juste rester là et espérer. Ses paupières se fermèrent alors et elle affirma la position de sa main. Ce contact l’emplissait de souvenirs interdits et de coopération binaire dont elle était la seule détentrice.
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By Zygmunt Molotch
#35773
Cette philosophie de vie, qu'on pouvait qualifier de fataliste, lui était parfaitement incompréhensible et étrangère. Se réjouir qu'une personne était morte sous prétexte qu'elle faisait partie d'un pseudo-tout né de quelque délire religieux passablement difficile à croire ? Et puis quoi après ? Dire merci au type qui vous flinguait ? Non, ce genre d'état d'esprit n'était définitivement pas pour lui. D'autant que c'était bien beau de dire ça mais ce n'étaient que des mots au bout du compte. Et il ne pouvait pas croire que la jeune femme y croyait, pour une raison simple. Si ça avait été le cas, pourquoi avait-elle pris la peine de le sauver ? N'aurait-il pas été plus simple de le laisser clamser et se réjouir après coup de son sort ?

Ils ont refusé de se soumettre à l'Empire nouvellement crée et ils ont tenté de tuer l'Empereur, d'ou leur traque et leur élimination systématique. On ne peut laisser en vie un ennemi de l'Empire qui essaie délibérément de tuer ses membres. Et vous connaissez le dicton, l'ami de mon ennemi est mon ennemi.

Il ne détestait pas ces Jedi, contrairement à ce qu'on aurait pu croire. Même avant son amnésie, il n'avait eu aucune haine pour eux. En revanche, il avait totalement cru aux histoires et aux mensonges de la propagande impériale, entendu depuis ses toutes jeunes années d'enfance. De fait, il craignait ces individus et ce qu'ils représentaient tout comme il les considérait comme ses ennemis, eux qui combattaient l'Empire. L'ennemi de sa nation ne méritait ni son respect ni sa compassion. Et quand bien même les prétentions d'innocence et de vertu qu'elle leur prêtait étaient réelles, cela ne changeait rien à la réalité de leur situation. Ils avaient prêté serment à l'ennemi mortel de l'Empire et devraient en payer le prix.

En revanche, elle était un peu à l'ouest en ce qui concernait le décryptage corporel, toute reine ou magicienne qu'elle était. Il était pourtant évident selon lui qu'il n'avait fait que faussement la menacer, une plaisanterie certes pas du meilleur goût mais inoffensive. Et visiblement elle avait cru qu'il était sérieux. Voilà qui aurait parfaitement bien complété le tableau de cette journée fort agréable tiens, qu'elle le croie du genre à s'énerver et menacer aisément n'importe qui. Il n'était pourtant pas du genre à cracher gratuitement voyons. Ah là là là, les femmes.

Je ne sais pas trop, je pense que oui ? Je ne me souviens pas vraiment. Peut-être que ça me plaisait de piloter, comme si j'oubliais tout mes soucis en les laissant à terre le temps de décoller et de voler dans les airs. Je ne saurais le dire.

Visiblement, sa proposition, qui avait plutôt tenu de la véritable question ouverte que d'une proposition d'ailleurs, était acceptée et, rapidement, la jeune femme bondit hors du pique-nique pour se ruer sur les rochers près de l'eau. Elle était déjà en train d'y plonger les pieds quand il réalisa ce qui se passait. Sursautant, le bougre suivit tant bien que mal et se rapprocha à son tour, sans se presser pour sa part. Quand il fut arrivé, elle était déjà entièrement dans le bassin et semblait avoir bigrement froid. Il plongea sans demander son reste, resurgissant de l'eau à un mètre d'elle.

Il se sentait vivant, tellement vivifié. L'eau semblait particulièrement froide pour la conseillère mais lui la trouvait au contraire pile à son goût. Était-ce un genre d'effet secondaire dû à ses mauvais traitements, à ces gouttes d'eau froide qui tombaient du plafond de sa cellule mal isolée à dessein pour venir s'écraser contre lui, le faisant frissonner et oublier momentanément les brûlures de ses poignets ? Ou bien trouvait-il simplement l'eau à bonne température, là ou elle était plus douillette ? Difficile de répondre avec certitude à ces questions... Toujours est-il qu'il se retrouva rapidement seul, abandonné par la pauvre qui ne supportait plus le froid l'engourdissant.

Un peu à regret, il quitta le bassin, non sans avoir fait quelques brassées maladroites mais énergiques et enthousiastes. Il était de nouveau trempé mais cela ne le gênait pas plus que ça, de toute façon il faudrait bien qu'il jette ses vêtements au sale rien qu'avec la promenade du matin alors au point ou il en était, se baigner et salir le caleçon n'était franchement qu'un détail. Une fois sortis, il s'essuya rapidement, juste assez pour ne pas que sa température corporelle ne tombe de trop et notamment ses mains furent séchées au plus vite, puis il prit ses vêtements qu'il n'enfila pas mais garda en main, avant de rejoindre la jeune femme à quelques dizaines de mètres de là, non loin de l'entrée de la forêt d'ou ils étaient venus.

Quand enfin il la rejoignit, elle posa sa tête sur ses épaules et lui, ne sachant que faire, la laissa simplement là tandis qu'ils séchaient lentement mais surement sous les rayons du soleil local. Il la sentit au bout de quelques instants relever la tête avant de s'allonger presque nonchalamment. Toujours incertain de ce qu'il convenait de faire, il préféra suivre le mouvement et s'allonger à côté d'elle, observant le ciel d'un bleu paisible et son soleil qui les baignait de ses rayons chauds et doux. Il sentit une main étrangère chercher la sienne un peu plus bas et l'ouvrit, permettant aux doigts royaux de se mêler aux siens. Toujours absorbé par la contemplation du ciel, il sentit plus qu'il ne vit le beau sourire charmant à son attention.

Il l'entendit à peine lui adresser les quelques mots qui sortaient de sa bouche, fasciné par le ciel. Quelque chose lui semblait étrangement familier et en même temps différent dans ce décor céleste. Une nuance dans les couleurs qui... Il se figea tandis que le souvenir lui revenait. Un appartement quelconque aux murs et plafonds d'un bleu légèrement semblable quoique plus monotone, un lit dans lequel il était allongé sur le ventre tandis qu'il sentait une présence perchée sur son dos, celle d'une personne qu'il devait protéger et pour laquelle il commençait à ressentir des émotions complexes et dangereuses. Et soudain elle s'était effondrée à côté de lui, épuisée et néanmoins fière d'elle, exhibant sa main toute tremblante qu'il avait saisie dans la sienne.

Sans un mot, il avait fait de même actuellement. Allongé sur le dos, il bougea de côté afin de croiser le regard de la jeune femme, de ce bleu profond dans lequel il avait toujours aimé se noyer. Transpercé par les yeux qui l'hypnotisaient, ils se trouva incapable de trouver les mots à formuler, les paroles qu'il aurait voulu dire. Il avait les yeux écarquillés et une expression bouleversée, un choc certain dont n'était pas responsable la jeune femme. Du moins pas volontairement ni directement. Il serra fortement la main de la belle avant d'y déposer un baiser chaste, instinctif, puis lâcha la main. La sienne, sans se presser, avec hésitation, s'avança jusqu'au visage royal aux traits gracieux et délicats, touchant du bout des doigts sa peau.

Je... Je me souviens. La planque... Votre main dans la mienne, votre visage si proche du mien. Et vos yeux. Vos yeux qui me happaient, qui m'ensorcelaient. C'était là que je m'étais rendu compte que je ne pourrais pas vous résister plus longtemps. Comme en cet instant...

Alors ses doigts se posèrent-ils sur la joue de la jeune femme et la caressèrent-ils, avec une tendresse et une hésitation perceptibles. Et tandis qu'elles en faisaient ainsi, il se rapprochait du visage de ses rêves jusqu'à atteindre la bouche qui semblait frémir et attendre un visiteur depuis bien longtemps. Ses lèvres trouvèrent celles de la jeune femme et y déposèrent un baiser au départ bref mais qui s'étira sur de longs instants. Il ferma les yeux pour s'imprégner de tout, l'odeur de la jeune femme, la sensation de sa peau contre ses doigts, le goût de ses lèvres, la respiration accélérée qu'il sentait, le souffle court qui se mêlait presque au sien. Tout. Il voulait se rappeler de tout ce qui la concernait.

C'était un souvenir qu'il désirait retrouver plus ardemment que n'importe quel autre, celui de la passion, des sentiments qui l'avaient lié à elle, reine de son cœur et geôlière de son âme. Pourtant, aussi vite que le charme avait semblé agir, il s'interrompit et l'agent estropié décrocha ses lèvres de celles de la belle, reculant légèrement, honteux.

Pardonnez-moi, c'était une réaction idiote et grossière, vous embrasser comme ça sans demander votre permission.

Il semblait croire qu'il avait outrepassé ses droits et été trop loin pour ce premier rendez-vous. Peut-être était-ce vrai.
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By Helera Kor'rial
#35775
Tandis que le temps fut figé autour d’eux et que le champ des oiseaux seuls berçait leurs illusions, leur sentiment, leur appréhension … Et pourtant, malgré tout ce qu’ils pouvaient ressentir l’un pour l’autre, pour le monde autour d’eux, il ne restait que la bulle dans laquelle ils étaient regroupés. Que la nappe rougeâtre sur laquelle ils reposaient. Sa main reçut des attentions royales et fut lâchée, se serrant de nouveau en un poing fermée. L’agent quant à lui se rapprocha avec une lenteur calculé et le sourire de la reine se tarit, sans ôter son regard du sien, pénétrant de ses yeux les iris adverses. Sa phrase la fit sourire, mais elle ne baissa pas le regard. Surtout pas … Elle tiendrait jusqu’au bout, pour lui, pour elle, pour eux. C’est à ce moment que son agent se rapprocha et qu’elle mima son mouvement, jusqu’à trouver ses lèvres. Comme un baiser de rappel, une piqure dans son esprit qui lui remémorait les meilleurs souvenirs, les passions toutes mélangés et dirigés vers lui. Dans ce lapse de temps si court que fut celui du vaisseau, il n’y avait eu qu’eux. Ce baiser fut alors l’expression de retrouvaille pour elle, et de découverte pour lui. Un décalage notoire qu’elle ne tarderait pas à remettre sur le droit chemin. Dans le même synchronisme. Puis il se sépara, avec cet air idiot et coupable. Tout en gardant cette envie dans le fond de ses yeux. Un regret qui n’en était pas vraiment un, c’était mignon.

« Mieux vaut demander pardon que permission. »

A son tour, sa main se dirigea vers son cou et s’y glissa, faisant glisser ses doigts, phalange après phalange vers la pointe de ses ongles inexistants. Alors, elle s’approcha de nouveau, et l’embrassa à son tour, sans se presser, sans le presser. Tout cela en cœur et en rythme des champs forestiers. Ses lèvres seulement mêlées aux siennes pour lui faire comprendre que tout allait bien. Que tout irait toujours bien. Elle le lâcha au bout de quelques secondes et étira un sourire avant de se blottir dans son cou et y distribuer des baisers, à l’opposé de sa main qui continuaient ses caresses. Elle arrêta au bout de quelques secondes cependant, pour des raisons évidentes.

« Je ne veux pas que l’on aille … trop vite. Pas tant que l’on n’est pas … phasés. Vous comprenez ? »

Elle lui donna un dernier baiser appuyé sur sa joue et ferma les yeux. Blottie contre lui, sa serviette l’entourant tel un saucisson, elle se sentait en sécurité. Non pas qu’elle était en danger le reste du temps, c’était davantage comme une assurance de vie, une assurance pour les jours heureux. Elle voulait dormir un peu, elle qui n’avait pas un sommeil facile ni tranquille. Profiter de sa proximité retrouvée pour reprendre du repos et se laisser doucement aller …




Au réveil, elle était encore accrochée à lui. Un réveil heureux donc et portée par ce renouveau. L’agent étant encore assoupi, elle fit quelques roulades pour s’extirper sans un bruit. Comme un souffle, comme la brise. Puis une fois debout, chercha ses vêtements qu’elle enfila directement par-dessus son maillot de bain désormais sec. Elle rangea sans un bruit les derniers objets qui traînaient ça et là mais récupéra des fruits. L’agent désormais réveillé, quoi que visiblement un peu groggy, elle se mit à genoux à ses côtés et lui présenta de quoi se sustenter. Bien sûr, elle lui distribua sur le front un droit de passage obligatoire.

« On ne va pas tarder à rentrer, je ne voudrai pas que nous soyons dans la forêt à la nuit tombée. C’est d’autant plus dangereux. »

Elle lui présenta ses vêtements, pour lesquels ils pu soient s’habiller dans le coin, soit se cacher derrière un tronc d’arbre. Quoi qu’il en soit, la serviette fut pliée et ne resta plus rien de leur présence. Seuls restait la caisse et les deux anciens agents.

« Je n’ai pas été très maligne en revanche, car nous allons devoir ramener tout cela jusqu’au palais. Vous m’aidez ? »

Ce n’était vraiment pas malin. Car même si le fait d’avoir mangé avait débarrassé cette caisse, elle n’en restait pas moins assez lourde. De plus, étant de part et d’autre de cette dernière, elle ne pouvait être proche de lui. Non, ce n’était vraiment pas malin, jusqu’au bout de la ligne. Elle demanda sur le départ à son agent :

« J’ai passé une bonne après-midi. J’espère que vous aussi. Si vous êtes d’accord on pourrait refaire ce genre de sortie ? »




Ils arrivèrent à la tombée de la nuit, alors même que le cri des animaux commençait à retentir derrière eux. C’était le moment où il ne faisait pas bon de traîner dans les parages. La planète restait une super zone d’animaux agressifs. La chose dont elle avait le plus envie à ce moment-là, c’était bien d’aller prendre une douche. Ses vêtements collaient, irritaient et elle ne sentait plus très bon. Mais sans un mot, elle rangea tout ce qu’elle avait déversé la veille. Cela lui prit une demi-heure supplémentaire, pendant laquelle elle proposa à l’agent d’aller se laver. Non pas qu’il n’y avait qu’une salle de bain, mais elle préférait ne pas qu’il s’ennuie ou ne l’aide. C’était sa journée après tout. A la suite de quoi, elle s’isola à son tour pour se laver enfin. Tâche qui prit encore quelques dizaines de minutes. Le palais était énorme et il était alors difficile de le retrouver par la suite. Fort heureusement, c’est toujours vers la terrasse qu’elle le revit. De nouveau présentable, tout comme elle.

« Vous observez les étoiles ? Est-ce qu’il y en a des filantes ? Vous pourriez faire un vœux. »
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By Zygmunt Molotch
#35781
S'il avait au demeurant pensé avoir outrepassé les limites et être allé trop loin, la réaction de la belle le convainquit qu'il n'en était rien. Peut-être bien que c'était même l'inverse, il avait été un peu trop légèrement entreprenant. L'idée l'amusa autant qu'elle l'embarrassa et, s'il devait être honnête avec lui-même, il avait justement espéré quelque faux reproche quant à l'effort trop peu convaincant qu'il avait fourni. Parce qu'alors, cela aurait signifié qu'il devrait continuer plus avant, une idée très intéressante et plaisante à n'en pas douter. Bien qu'encore considérablement gêné à l'idée de se lier à la jeune femme, les souvenirs épars qu'il avait retrouvé à son sujet l'encourageaient fermement à poursuivre dans cette voie.

Le regard azur l'observait sans le juger sévèrement, siège d'un flot d'émotions intenses réprimées à grand-peine par peur de ne plus pouvoir les contrôler si elles devaient s'échapper. C'était quelque chose qu'il pouvait comprendre, ce qui ne l'empêcha pas de frissonner d'envie lorsqu'elle se pencha à son tour pour poser ses lèvres contre les siennes, doucement. Elle aussi n'alla pas plus loin ni ne poussa son avantage, visiblement désireuse de garder une certaine distance. Ou bien il embrassait foutrement mal, c'était possible ça avec sa fichue amnésie. On avait coutume de dire que le corps se souvenait toujours de plus de choses que la tête mais bon, ceux qui disaient ça n'avaient surement jamais souffert d'amnésie hein.

Quand il sentit ses lèvres contre la peau de son cou et ses doigts se promener alentour, il crut défaillir, sachant parfaitement combien ce genre d'action était dangereux pour l'équilibre de leurs humeurs à tout les deux. Il s'efforçait de rester calme et de ne pas laisser libre court à l'instinct qui dans sa tête lui murmurait de l'enlacer pour ne jamais la lâcher et jouir de son corps contre le sien, sa peau, son odeur, tout ce qui faisait d'elle celle qu'elle était. Comme elle s'interrompit en levant la tête vers la sienne, il croisa son regard et comprit qu'elle avait pensé la même chose. Bien qu'il ne put s'empêcher de ressentir un certain regret, il ne pouvait également qu'en convenir : elle avait raison. Il hocha la tête alors même qu'il souhaitait ardemment qu'elle aille plus loin. Et lui aussi.

Je comprend, il ne faudrait pas que nous nous trompions. Il y a encore beaucoup de questions sans réponse entre nous.

Trop vite et trop loin, c'était dangereux. Il fallait savoir prendre le temps de bien se connaître et songer à l'avenir commun potentiel qui les lierait alors, pour le meilleur comme pour le pire. C'était une décision difficile à prendre, lui était un manchot amnésique et brisé, sans plus guère de repère à part une poignée de souvenirs partiels et de surcroît avec des responsabilités qui n'attendraient pas indéfiniment au loin dans le Nord. Il aurait trouvé logique que, passé le moment bref mais intense qui venait d'avoir lieu, elle réalise qu'il ne conviendrait finalement pas. Le passé pouvait n'être rien d'autre après tout, que du passé. Rien n'indiquait qu'il existait un avenir pour eux deux, ensemble. Et lui, encore en convalescence, n'était pas exactement assuré de pouvoir assumer un tel rôle dans le cœur de la jeune femme. Il ne s'en sentait pas spécialement digne.

Elle se blottit alors contre lui, suffisamment proche pour qu'il soit porté à croire que, le temps ne ferait que renforcer cette envie qui grandissait en elle au lieu de l'éloigner de lui. Sans chercher à pousser son avantage, il la laissa s'endormir paisiblement contre lui, écoutant sa respiration régulière pas plus forte qu'un murmure tandis qu'elle sommeillait. A en croire la façon dont elle était si totalement assoupie, il avait l'impression qu'elle n'avait pas dormi depuis un bail. La seule fantaisie qu'il se permit consista à prendre sa main dans la sienne et la serrer avant de la déposer sur son torse, contre son cœur. Il ne battait dès lors plus que pour elle, comme jadis. Il s'assoupit ensuite à son tour, bien qu'il lui fallut plus de temps qu'elle.

C'était probablement ce qui expliquait qu'elle se réveilla la première quand lui était encore dans les bras de Morphée. Il lui fut difficile de se réveiller, non pas à cause de la fatigue qui exigeait plus de repos mais parce qu'il avait dormi en paix, sans cauchemar pour venir le tourmenter ni souvenir brumeux et terrible qui lui rappellerait le sanglant passé qu'il avait vécu quelques mois plus tôt. Quand enfin il consentit à ouvrir les yeux, il lui fallut plusieurs minutes pour émerger complètement, temps durant lequel il sentit un rapide baiser de la jeune femme sur son front avant qu'elle ne lui mette une friandise en main. La nourriture aidait à se remettre en général, bonne idée. Sa remarque le surprit un peu et ne le rassura pas vraiment en revanche.

Moi qui croyais qu'on serait bien ici. Curieuse idée de faire une promenade dans un endroit dangereux si vous voulez mon avis. Vous devez aimer un peu trop les sensations fortes.

Il fallait donc qu'il remette ses fringues avant qu'ils ne partent, non pas que rentrer en caleçon et en chaussures le dérangeait particulièrement mais il préférait ne pas se couvrir de ridicule si d'aventure les habitants du palais venaient à le croiser à leur retour. Il n'aurait plus manqué qu'on le prenne pour un simple d'esprit ou simplement le petit-déjeuner de leur reine, pour achever la réputation probablement peu flatteuse qui devait être la sienne dans le coin. De façon étonnante, sa pudeur était intacte mais ne l'empêcha de simplement renfiler ses vêtements là ou il était, sans avoir à se cacher quelque part. De toute façon, il n'y avait rien qu'elle n'ait pas déjà vu...

Seul hic : la fameuse caisse contenant nourriture et boissons qu'il fallait ramener jusqu'au palais, à pied. Une heure de marche avec ce truc, ça risquait d'être pas mal compliqué à son humble avis. D'un autre côté, ça allait brûler de la graisse et muscler un peu le bras, espérons-le. Comme il aurait été de toute façon hors de question de la laisser se débrouiller toute seule pour porter le container, il acquiesça à sa demande et de la main gauche, saisit l'une des poignées de la boite tandis que l'autre était pour la reine. S'ensuivit une longue, très longue marche de retour, à un rythme bigrement lent tandis que la fatigue les gagnait peu à peu. Plutôt rapidement en fait. Il était en nage pour sa part mais était décidé à ne pas faillir sur ce coup, prenant sur lui comme il le pouvait.

Ma foi je ne dit pas non. Comme il vous plaira, madame. Toujours comme il vous plaira. Prévoyez juste un véhicule ou un robot d'assistance pour la prochaine fois si ça ne vous dérange pas.

Il fut incomparablement heureux et soulagé quand ils aperçurent, au terme de leur très longue marche, les contours du grand bâtiment familier, bien qu'il leur fallut encore de longues minutes interminables avant d'arriver enfin à destination. Il aida la jeune femme à porter le tout jusqu'aux cuisines avant qu'elle ne l'envoie se laver, une idée qui avait tout son soutien malgré le fait qu'il aurait préféré l'aider à ranger. Il n'aimait décidément pas qu'on fasse tout à sa place et pour lui, ayant toujours l'impression d'abuser de l'hospitalité et la bonté des gens. Comprenant toutefois qu'il était vain de discuter, il alla à la douche, une opération d'autant plus chronophage avec une main en moins qu'il prit le temps de savourer.

Il n'y avait pas à dire, ça faisait un bien fou de se sentir propre et d'enlever la crasse et la sueur accumulées sur le corps. Une fois fini et n'ayant aucune idée d'ou pouvait bien être la jeune femme, il repartit jusqu'à la terrasse, ou l'attendait une chaise tournée vers l'extérieur. Non loin, Monsieur Moustache dormait paisiblement, bien qu'il se soit brièvement réveillé en l'entendant arriver avant de replonger dans le sommeil sitôt reconnu. Sacré animal ce truc. Le soir était déjà bien avancé, offrant dans le ciel une vision des milliers d'étoiles visibles là-haut qu'il observait, perdu dans ses pensées et absent.

Quand elle le rejoignit, il sursauta, surpris. Il ne s'était pas attendu à la revoir de sitôt. Tournant la tête vers elle, il lui présenta un sourire aimable pour l'inviter à se joindre à lui. En vérité et bien qu'il y avait des chaises ici et là, en ce qui le concernait, elle était bien libre de rester debout ou bien de s'asseoir sur lui, si elle en avait envie. Il ne ferait ni ne dirait rien contre, si d'aventure elle s'en sentait le désir. Sa question le fit rire et il reporta de nouveau son attention vers le ciel et les étoiles lointaines. Quand il répondit, ses yeux pétillaient d'une lueur joueuse.

Je n'ai pas l'impression d'en avoir vu mais si c'était le cas... Je souhaiterais ne pas avoir à quitter cet endroit. J'y ressens une paix à nulle autre pareille et l'impression d'être en sécurité. Et, évidemment, vous y résidez. C'est une raison supplémentaire, voire suffisante à elle seule, pour que j'aie envie de rester là, si vous m'y autorisiez évidemment.

Il était possible après tout que tel ne fut pas son souhait, sait-on jamais. Il lui jeta un regard complice puis se calma, reprit d'une voix plus neutre.

Savez-vous quand je devrai retourner en service actif ? Si cela est même possible.

Le souhaitait-il ? Oui et non. Il faudrait bien qu'un jour ou l'autre il en soit ainsi car tout rêve, même celui de monopoliser le temps de la plus belle des reines, devait forcément prendre fin un jour ou l'autre et laisser la place à la dure réalité. Ce qui n'empêchait pas qu'il se réjouissait de profiter de chaque instant ou il n'avait pas à guetter avec une certaine appréhension le moment ou on lui annoncerait qu'il devrait partir et retourner là ou était sa place.
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By Helera Kor'rial
#35786
Les yeux dans le ciel, il sursauta quand elle se présenta à lui, de la manière la moins agressive possible. Il était concentré et elle venait le troubler. En un sens, elle le dérangeait. Maintenant, foutu pour foutu, elle s’avança vers lui et laissa une main se hasarder dans sa nuque. Son regard croisa le sien puis vers les étoiles. Alors, dès la première phrase prononcée, elle prit place sur lui. Sur une de ses jambes, afin que son buste soit couché sur une partie de son corps et que sa tête suive le mouvement de la sienne. Helera distribua un baiser sur sa joue et une de ses mains se bloqua sur son torse pour assurer une meilleure stabilité sans l’écraser de toute sa masse.

« Bien sûr que je veux que vous restiez ici. Je vous avais jadis promis de vous y emmener et … Enfin vous vous y déplacez comme bon vous semble. »

La suite de sa question fit le lien avec ses pensées moroses et son regard perdit de l’altitude pour se perdre sur la pierre qui couvrait la terrasse. Le retour à la réalité était toujours le plus violent, le moins enviable et le plus difficile à vivre.

« J’ai le droit de vous héberger le temps de votre convalescence. Mais vos supérieurs veulent vous voir afin de debrieffer sur ce qui s’est passé. Vu votre état, j’ai pu négocier avec Winston un peu de temps supplémentaire. Mais tôt ou tard, je vais devoir vous ramener sur Yaga Minor … »

Helera n’avait échangé qu’un cours coup d’œil, avant de reposer sa tête dans le creux du coup de l’agent. Une grande inspiration de dédain suivit d’une expiration de lassitude. Les évènements devaient toujours s’emballer. Jamais durer éternellement dans l’amour et la solennité. La reine garda le silence dans les minutes qui suivirent, arpentant du bout de ses doigts le torse de l’agent, regardant le sol sans vie, songeuse. Au bout de cinq minutes, elle se leva tranquillement et commenta :

« Je vais me coucher, on se voit demain. »

Et un baiser sur sa joue pour accompagner le tout, avant qu’elle ne disparaisse. Pourtant, un léger sourire animait son visage quand dans la nuit noire, elle emprunta les couloirs du palais.




Des petits pas dans le couloir, des pieds nus sur le sol chauffé pendant la journée. Une porte qui s’ouvre lentement dans un craquement boisé. Cela faisait un peu plus d’une heure qu’elle avait quitté la terrasse et la nuit venait à peine de commencer. Une heure qu’elle avait froidement quitté Zygmunt, sans lui laisser la moindre chance de négocier. Tout cela était à dessein et constituait la dernière étape de sa journée. C’était bien cela l’enjeu de cette journée, un moment passé pour lui et entièrement déconnecté du reste de sa convalescence. Ainsi, la porte qui s’ouvrit dans la nuit noire Delchonienne n’était pas n’importe laquelle. C’était celle de la chambre dudit agent. Dormait-il ? Songeait-il ? Cela, la reine n’en savait rien. Mais le mouvement dans le lit lui indiqua que sa présence avait été remarquée. Elle prévint aux fantômes de la nuit dans un chuchotement :

« Ce n’est que moi. »

Derrière elle, la porte fut refermée précautionneusement et les petits pas caractéristiques firent le tour du lit. Si d’aventure la nuit empêchait de se repérer et s’orienter, la Force était une véritable alliée dans ce cas-là. Helera à pas feutré fit le tour du lit et sans un bruit se glissa dans ce lit une place. Pas vraiment à côté de l’agent, mais à demi sur lui. Prenant son visage entre ses mains, elle l’embrassa sans crier gare, laissant traîner ses caresses sur son visage, sous couvert des effluves du parfum fruité. Une de ses cuisses s’accrocha pour ne pas tomber au bassin de l’agent, cuisse que l’on sentait partiellement dénue de vêtement. Partiellement seulement. Ce manège se prolongea pendant plusieurs minutes, tandis que ses assauts de langue dans son cou, sur et dans sa bouche, ses baisers appuyés çà et là et ses caresses appuyés eurent raison de l’apparence tranquillité de l’agent. Après quoi, elle se retira lentement du lit et alluma la lumière, découvrant aux yeux de son cher et tendre toute la supercherie.

La reine était vêtue d’une nuisette rosâtre très légère, tirant vers le blanc et ne captant aucune lumière. Ainsi, elle brillait de mille feux. Les caractéristiques de ce vêtement étaient les suivantes, un décolleté sur l’avant partant des épaules pour se terminer mi- nombril. Entre les deux bords, il n’y avait pas du vide, mais une grille de tissu aux mailles fines et pourtant assez large pour laisser à l’observateur une vision approximative de ce qu’elle dissimulait. Approximative mais aux contours bien dessinés. Ainsi, le soutien-gorge qui dissimulait sa poitrine était noirs, mais les bords étaient blancs et s’étalaient sur une bande d’un centimètre environ. Ouvragé par des mains expertes, ou des machines de pointes, cette bande exprimait des motifs floraux, des vagues et autres artifices. Là où la partie noire rehaussait globalement la poitrine pour l’y donner plus de volume et de présence.

Dans le dos, parce qu’il est évident que la reine tourna sur elle-même pour montrer à son agent, s’étendait sa longue cascade de cheveux blancs. Dénoués et ondulés, ils flottaient derrière et descendaient jusqu’aux omoplates. La grille de son vêtement cette fois n’était plus en « V », mais en une bande verticale au milieu du dos. Large de quelques bons centimètres, elle suivait la colonne vertébrale pour terminer sur des fesses galbées et tout aussi rehaussée par le tissu qui les protégeait. Ce dernier suivait la ligne artistique du soutien-gorge. Noir également, il n’y avait qu’une fine partie de cette valeur qui ne couvrait presque rien du royal séant, mais tendait à rehausser le muscle nu déjà galbé. Le plus de ce tissu était le dégradé du noir vers les motifs blancs tout aussi travaillés sur le bas du dos et qui entourait la taille de l’utilisatrice.

« Tadaa ! »

La reine, bien que prenant un air assuré, n’était pas réellement à son aise. Et pour cause, ce n’était pas le genre d’artifice qu’elle avait déjà utilisé. L’exception, la découverte, avait été à son initiative mais dirigé pour l’agent.

« J’espère que ce n’est pas vulgaire … Ni même enfin … Vous voyez quoi. Si vous saviez où j’ai acheté l’ensemble. On m’a dit que c’est ce qui rendait jolie alors … Enfin cela paraissait mieux sur le mannequin. »

Non, décidément par rassurée le moins du monde, elle baissa la tête et fit jouer des mains alors qu’elle se tenait debout au centre de la pièce. Un sourire fut timidement étiré, tandis qu’elle espérait royalement ne pas se faire virer. Non, fi de tout cela, elle continua :

« J’ai un cadeau pour vous, que j’ai fait poser pendant cette journée. Qui est le vrai but de mon absence de ces derniers jours. »

Elle se faufila sous le lit et en retira une boite blanche, simple. Helera s’assit sur le lit par la suite et posa le coffre sur ses cuisses, puis le tendit vers l’agent. Son regard pétillait, celui de l’espoir tout autant que de fierté. Ce regard qui observait l’agent déballer son cadeau. A l’intérieur, il y avait une main. Une main dernier cri robotisé recouvert d’une peau tout aussi douce qu’une vraie. Dernier modèle de robotique.

« Dès que vous êtes prêt et si elle vous plait, vous pourrez retrouver votre main. »
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By Zygmunt Molotch
#35792
La lumière de la lune dans le ciel éclairait suffisamment la terrasse pour qu'il puisse se passer de lumière supplémentaire, ce qui l'avait laissé dans une semi-pénombre lorsque la jeune femme l'avait rejoint. Il trouvait une quiétude certaine à rester dans une demie-obscurité, héritage des longs mois passés en captivité. La lumière, alors, était synonyme de projecteur dans les yeux, de porte qui s'ouvre pour qu'on l'emmène se faire tabasser, d'ampoule allumée constamment dans sa cellule pour l'empêcher de dormir correctement. Et les ombres, d'une panne de courant occasionnelle, des moments brefs ou ses geôliers le laissaient dormir, de l'oubli qu'il trouvait dans la noirceur.

Et, dans la situation présente, cela avait le mérite d'ajouter une touche de mystère à la silhouette qui se rapprochait de lui, partiellement dévoilée par la lune et à moitié dissimulée. L'image ainsi dépeinte était d'un réalisme surprenant. Combien il ignorait encore tout d'elle et pourtant l'avait connue intimement au point d'en être devenu fou. Comme une énigme dont il était à deux doigts de trouver la réponse sans jamais y parvenir, ainsi la voyait-il et ses émotions à son sujet étaient tout aussi complexes voire contradictoires. Il n'objecta pourtant pas lorsqu'elle s'assit sur lui, d'autant qu'elle ne pesait pas assez lourd pour risquer de lui faire mal.

S'il avait le souffle coupé, c'était bien à cause de cette nouvelle proximité qui se dessinait, à cause de la main posée sur le gilet qu'il portait et les cuisses contre les siennes. S'il peinait soudainement à respirer, c'était à cause de ces lèvres qui frôlèrent sa joue, de cette présence qui réveillait en lui des sensations qu'il avait crues aussi mortes et enterrées que son passé ne le lui semblait. Mais aussi vite que le soufflet était monté, il retomba lorsqu'elle répondit à sa question, évitant son regard et prenant brusquement congé de lui. Surpris par ce revirement, il ne put guère que la regarder s'en aller en marmonnant un vague au revoir, restant seul sur la terrasse.

Eh bien mon vieux, on peut dire que tu sais refroidir l'ambiance...

Se maudissant intérieurement, le bougre resta bien une bonne heure à traîner sur la terrasse, marmonnant divers jurons dirigés contre lui-même et l'air sombre, à nourrir des pensées toutes plus lasses et blasées que les autres. Réalisant que parler seul dans le vide ne l'avancerait pas plus non plus que d'injurier le ciel, il regagna sa chambre et se coucha, songeant qu'il s'excuserait de son comportement le lendemain et puis ensuite, advienne que pourra. Il était loin de se douter que la nuit allait se révéler bien plus tumultueuse que prévu, beaucoup plus. Qui l'aurait pu, en étant à sa place ?

Plus tard, peu après s'être couché, il crut entendre un léger grincement au loin mais se dit que ce n'était que son imagination. Toutefois, quand le léger courant d'air passa dans la pièce, il comprit que ça n'était pas une illusion, quelqu'un venait bien d'entrer dans sa chambre. Sa première pensée, si irrationnelle qu'elle semble, fut qu'ils l'avaient finalement retrouvé. Que cette fois "ils" allaient finir le boulot et l'envoyer dans l'autre monde. Une terreur pure l'emplit. Il ne voulait pas y retourner, il savait que cette fois il n'y survivrait pas. Le traumatisme restait toujours présent malgré les semaines et l'absence de danger susceptible de le faire rechuter.

Et ça n'alla pas en s'améliorant lorsqu'il distingua dans l'obscurité de la pièce une silhouette vaguement visible qui se rapprochait inévitablement de son lit. Oui, cette fois il en était sûr, "ils" étaient là pour lui. Eh bien soit, malgré la peur qui le tétanisait, il était bien décidé à vendre chèrement sa peau avant de quitter ce monde pour un autre ou on lui foutrait enfin la paix. Il serra les doigts de sa main refermée en un poing, prêt à coller une monumentale droite à celui qui venait finir le travail.... Quand résonna la voix harmonieuse, aux intonations familières et ô combien espérées. Le soulagement le fit presque éclater de rire tant la pression était montée bien haut et il relâcha le poing, poussant un énorme soupir libérateur.

Que les dieux lui pardonnent, il avait bien failli lui en coller une ! Nul doute que ça n'aurait rien donné de bon s'il n'avait attendu une seconde de plus pour laisser approcher le tueur présumé et augmenter ses chances de lui défoncer la mâchoire. Effectivement, une fois qu'elle fut suffisamment proche, penchée juste au-dessus de lui, il reconnut les effluves du parfum familier qui dessinaient un portrait toujours plus flatteur de la belle. Son odeur était de celles qui vous faisaient voyager en des endroits insoupçonnés, là ou les rêves se faisaient aussi scandaleux qu'agréables. Il n'eut pas le temps cependant d'en gourmander la jeune femme que celle-ci se rapprocha brusquement de lui et débuta son assaut.

Mené sur quasiment tout les fronts, ce dernier en était un contre lequel il n'aurait pu lutter même s'il l'avait voulu. Il sentit la bouche de la reine contre la sienne, appuyant au départ doucement puis, les secondes allant, de plus en plus fort, exerçant une pression intolérable afin de faire céder le verrou en place. Et comme il se doit, il céda et elle s'engouffra dans la brèche, attrapant sa langue avec la sienne. La sensation était un véritable ravissement qui lui enflammait les sens et projetait des vagues de plaisir dans tout son corps, ravivant des souvenirs d'une lointaine journée dans l'espace, à bord d'un vaisseau en route pour la destination qui les séparerait au final.

Et tandis qu'elle le couvrait toujours plus de ses attentions avec un empressement qui lui laissait à penser qu'il n'était pas uniquement question de lui témoigner ses remerciements pour la journée passée avec lui, il s'efforçait de répondre avec la même générosité, quoiqu'il avait été totalement pris au dépourvu. De fait, il était encore un peu mal réveillé du pseudo-sommeil dans lequel il était tombé, bien que les baisers et les caresses de la belle eurent tôt fait de remédier au problème. Contre-attaquant malgré tout, il déploya également de gros efforts pour rendre ses baisers toujours plus torrides à la belle. Il ne faisait aucun doute que la soirée promettait d'être mouvementée.

A un moment, elle stoppa là ses assauts et se releva, quittant le lit depuis la position qu'elle y occupait avant de se relever et se redressant. Entre-temps, il avait pu allumer la lumière pour mieux la voir. Et ce qu'il vit dépassa largement ses attentes. Aussi légèrement vêtue qu'elle était, cela l'était juste assez pour dévoiler autant que cela cachait. L'imagination s'en trouvait enflammée tout autant que les yeux étaient stimulés. Et comme chacun sait, un agent du BSI se devait d'être observateur dans son travail pour ne rien manquer, ce qui expliquait donc qu'il laissait traîner son regard un peu partout, s'attardant sur chaque détail sans vergogne, bien qu'il était encore quelque peu gêné.

C'était beaucoup trop d'honneur et d'attention qu'elle lui faisait à s'offrir à lui ainsi et il ne voyait pas comment quiconque pouvait mériter une telle marque d'attention. Avait-il été un si bon amant ou même compagnon par le passé pour qu'elle se révèle ainsi à lui, sous le jour qui la dépeignait comme la plus magnifique des femmes, la plus dangereuse des prédatrices ? Ainsi qu'il la contemplait maintenant, il ne voyait pas une femme mais la Femme, l'illustration pleine et entière de ce qu'il y avait de plus beau, de plus séduisant et de plus terrible en chaque membre du beau sexe. Si un regard de sa part aurait suffi à pousser rois et empereurs à s’entre-tuer pour le simple bénéfice de son attention, la pensée de contempler une si magnifique créature aurait fait brûler toute la galaxie.

Vous êtes radieuse. Non, pas radieuse. Ce mot ne peut pas décrire exactement ce que vous êtes. Vous êtes parfaite, délicieuse, splendide. Je ne crois pas avoir rien vu de plus beau de ma vie. Vous êtes, plus qu'une reine, plus qu'une femme, plus qu'une nymphe. Vous êtes une déesse.

Et comme si cela ne suffisait pas, comme si de pouvoir contempler une Aphrodite n'était pas un cadeau en soi qu'il fallait chérir, elle lui en présenta un autre, qui le laissa perplexe et circonspect quand il vit la petite boite. C'était quoi ? Un truc en rapport avec la situation ? Il n'aurait pas cru qu'elle était fan de ce genre d'artifice mais bon, question de goûts après tout. Lui n'était pas trop fan mais savait s'adapter, ça n'allait pas les empêcher de pouvoir...

Ah non, c'était pas ça non plus. Bon, ça ne manquait pas d'être quelque peu comique maintenant, inutile d'insister plus avant là-dessus. Et ce qu'il y avait... Il se figea en voyant le contenant et se mit à trembler, les yeux soudainement brillants, les lèvres formant des mots sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche. Il semblait presque en train d'étouffer. Sa main gauche, tremblante, vint saisir le bionique qu'elle lui présentait, tâtant la peau synthétique qui paraissait plus vraie que la vraie peau. Etait-ce réel ou un rêve ? Allait-il pouvoir reprendre ce qu'il avait considéré comme perdu à jamais ? Se sentir de nouveau entier ? Ne plus être empli de dégoût et de fureur en contemplant chaque jour ce moignon humiliant et dégoûtant ?

Son regard restait fixé sur la prothèse, incapable de s'en détourner. Il tremblait de plus en plus fort et peinait à respirer. La lumière de l'ampoule fit briller de minuscules formes dans ses yeux, qui s'en extirpaient et venaient s'écraser contre la couverture et les draps plus bas. Les larmes s'écoulaient librement sans qu'il ne s'en soit rendu compte. Des larmes de joie, de consternation, de tristesse. Et plus que tout, de gratitude. Enfin parvint-il à détacher le regard du bionique pour fixer les iris océans de la jeune femme et se força à sourire. Il ne se forçait pas parce qu'il n'avait pas le cœur à le faire mais parce que, sous le choc, il ne savait comment réagir.

Je... Vous...

Sa main valide prit la boîte et la posa sur la table de chevet. Était-elle inquiète de sa réaction ? Craignait-elle une réaction négative, qui l'aurait portée à croire que rien de ce qu'elle avait fait n'était au final une bonne idée ? Il se prit la tête dans la main, pour cacher ses larmes ou sa joie mêlée de détresse, on ne saurait le dire. Cela ne dura pas bien longtemps avant qu'il ne la pose contre la joue royale et ne se mette à la caresser avec une douceur à fendre l'âme. Il avait ravalé ses larmes, bien que son visage en fut encore quelque peu strié et cette fois, souriait ouvertement d'un sourire éclatant.

Je vous remercie, Helera. Vous n'imaginez pas ce que ça représente pour moi. Ou bien vous ne le savez que trop bien... Vous me connaissez si bien, si profondément. Comment pourrais-je jamais vous remercier pour votre hospitalité, votre compassion, votre aide ? Pour votre passion...

Alors, sa main saisit celle, robotisée - bien qu'il ne le savait pas - de la jeune femme et la fit passer sous le tissu de son t-shirt avant de la poser sur le torse, juste au-dessus de son cœur.

Jadis, il ne battait que pour vous. Je me souviens. Laissez-moi vous le redire une nouvelle fois. Il ne battra jamais que pour vous. Je suis votre obligé, maintenant et pour toujours. Vous êtes tout.

Se penchant en un mouvement rapide, la main toujours contre son cœur, il trouva les lèvres de la jeune femme, sentit le parfum entêtant, doux et stimulant de la belle tandis qu'il goûtait à sa bouche et sa langue royales. Elle lui avait offert un avenir. C'était plus que ce qu'il n'aurait pu en espérer dans ses rêves les plus fous. Sa main se posa sur l'épaule de la jeune femme avant de se décaler pour passer à travers le décolleté du tissu et s'accrocher à la poitrine. Lentement, elle dénouait les boucles du pseudo-gilet pour l'ouvrir complètement afin qu'il puisse voir de plus près encore toute la beauté et la perfection féminine de la belle.
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By Helera Kor'rial
#35796
Zygmunt ne parla pas ni ne commenta ce qu’il avait entre les mains. Son regard s’était fixé sur la prothèse sans tressaillir. Sa main encore valide avait caressé le derme synthétique de sa future main comme s’il s’agissait de son amante. Avec une douceur si attendrissante que cela tira un sourire à la reine. Ce genre de sourire de compassion tout autant que d’amusement. Elle était bien placée pour savoir quelle sensation cela faisait de retrouver un membre perdu. De se rendre compte que même dans les moments où tout semblait inéluctable, il restait encore de l’espoir. Et les étoiles filantes furent finalement déployées, tombantes de ses yeux tuméfiés dans une gêne marquée. Helera se rapprocha de lui au maximum et passa une main dans son dos qu’elle caressa avec douceur et application. Elle épiait ses gestes et sans jugement, le regardait pleurer. Sans mot dire, dans cet instant solennel marqué par les sentiments. Puis l’agent posa la boite avec sa nouvelle main sur le chevet et se recroquevilla sur lui-même. La réaction de solitude qu’il s’imposa ne fit pas fuir la reine qui resta à ses côtés et continuait ses caresses dans son dos. Elle ne partirait pas.

Il se releva ensuite et prit conscience d’elle, après le choc imposé par ce présent. Elle souriait sans vraiment sourire, ses yeux azurs alternants d’un œil à l’autre et il la remercia. Le ton redevint plus doux, l’atmosphère plus calme. Ils chuchotaient presque, sans que personne ne soit à la porte pour écouter.

« C’est moi qui vous remercie. Dans une autre vie, vous m’avez offert protection et abnégation. Vous m’avez donné tellement déjà que tout cela n’est que maigre récompense en comparaison. »

Il se saisit de sa main libre et la déplaça jusque sous son T-shirt, la posa contre son cœur, contre son corps … Elle sentait l’organe moteur qui battait la chamade, qui pulsait d’une vie retrouvée, renouvelée. Helera suivit le mouvement même à travers le tissu et rencontra son regard quand il parla. Une nouvelle déclaration de sa part, qui la fit de nouveau sourire. Un sourire qui se tarit rapidement tout comme son regard qui s’assombrit. La main jadis dans le dos de l’agent passa sur son regard, prenant gare de ne pas enlever le maquillage.

« Excusez-moi … J’ai tellement l’impression que je ne vous mérite pas. Vous êtes trop gentil avec moi et trop bon… »

Puis il fondit sur ses lèvres et ne lui laissa aucun répit. Le premier contact l’obligea à inspirer profondément et elle enroula un bras autour de son cou. Grand mal lui en prit cependant, car même si elle voulait profiter de ce baiser, la main aventureuse de l’agent caressa son épaule pour y faire tomber une lanière. L’autre suivit peut-être, dans un cas comme dans l’autre bloqué par les bras de la reine déjà en prise avec son agent. Elle dû se résigner néanmoins et rompre le contact de ses lèvres tout en retirant ses mains de ce corps d’Apollo. Le tissu glissa sur son corps et tomba jusqu’à son bassin, découvrant ce qui fut partiellement caché.

Helera garda son regard sur celui de l’agent et une de ses mains vint caresser à son tour la joue de l’agent, se déplaçant jusqu’à son front, puis vers la nuque. Sa première main s’infiltra de nouveau sous le T-shirt et remonta le tissu à mesure que cette dernière parcourait les abdos et pectoraux en formation. Elle l’enleva finalement en lui faisant lever les bras puis le jeta autre part. Alors, elle se saisit de sa main et vint la poser également contre son cœur. Un cœur en plein concert qui battait à une vitesse ahurissante, dénotant alors l’état de la jeune femme, malgré son apparent calme.

« Dans cette autre vie, j’ai hésité et … Je l’ai regretté. Je ne referai pas la même erreur deux fois. Ce cœur que vous sentez ne bat également que pour vous. Et tout le reste vous appartient. »

Sur cette dernière phrase, elle fit remonter sa main jusqu’à son sein enveloppé du soutien-gorge et le fit serrer, lui faisant bomber le torse. Elle la laissa là et enveloppa son visage de ses deux mains, avant de plonger de nouveau sur ses lèvres. Contrairement à la fois d’avant, Helera fit en sorte d’appuyer suffisamment pour le faire basculer sur le dos. Alors en travers du lit, elle réajusta sa position pour se positionner sur lui et poser son corps contre le sien. Elle se tenait encore à califourchon, les genoux pliés de part et d’autres de son buste et ses cheveux entourant son visage, l’isolant avec elle. Cela ne dura qu’un temps avant qu’elle se redresse et caressa son torse de ses doigts. Elle jaugea alors leur position approximative et commenta :

T« u ne voudrais pas que l’on aille dans ma chambre, qui est sûrement plus grande que celle-là ?
»

Sur ces mots, elle bascula de nouveau hors du support de Zygmunt, tandis que ses joues rosies reprenaient contenance. Fallait-il préciser qu’elle devait prendre sur elle pour contrôler ses faits et gestes, sans quoi elle n’aurait fait qu’une bouché de l’agent. Malgré tous ces efforts, elle dû remettre sa nuisette, l’enfilant rapidement pour sortir de la chambre. Un index sur ses lèvres, elle lui signifia que le silence absolu devait être de vigueur. On ne savait jamais sur qui on pouvait tomber. D’abord la reine passa sa tête par la porte uniquement, regardant de part et d’autre du couloir. Elle ne laissa pas le temps à l’agent de se rhabiller, il n’en avait pas besoin. Et c’était d’autant plus sexy de le voir ainsi. Lumière éteinte, sous-vêtements en place, elle prit les devants, se faufilant à travers les couloirs. Dans le doute de le perdre, elle prit la main de l’agent pour le guider, n’hésitant pas à jouer du déhancher avec insistance et ricanant de manière plus ou moins discrète. Helera, dans ce genre de situation, n’était pas vraiment un modèle de discrétion, bien au contraire. Néanmoins, il n’y eut pas de rencontre inopinée.

Aussi arrivèrent-ils dans la chambre de la reine, quelques couloirs plus loin. Il n’y avait rien de particulier à noter sur cette dernière. C’était à peu près le même design que la chambre dans le vaisseau, si jamais il s’en rappelait. Mais, avec une cheminé en plus. On aimait le rustique. A peine arrivée qu’elle l’attira jusqu’au milieu de la pièce et d’un geste fit tomber sa nuisette qui glissa de nouveau, mais cette fois sur le sol. Alors la reine fondit sur lui, une main derrière son crâne, l’autre dans son dos qui était descendue se poser au chaud dans le caleçon, sur le fessier musclé qui n’avait pas perdu de sa superbe après tout ce temps.
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