L'Astre Tyran

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By Elizabeth Civicius
#35772
    Fermer les yeux un instant. Oublier un peu. L’Executor, l’Empire, la Galaxie. Tout devenait ridiculement insignifiant face à ce qui se préparait. L’égoïsme de la Reine, appréhendant la moindre caresse de son aimé, connaissait-il une limite raisonnable ? Pour sûr, non.


    * * *


    Contre lui, dans ses bras, la respiration réduite à trois fois rien, Elizabeth se rendait à peine compte que le calme était revenu. Quelques minutes passèrent sans un mot, sans un geste. Les premiers mots de l’Empereur, s’ils étaient une promesse, ne furent accueillis que comme une conclusion. Pour l’Arkanienne, la promesse était actée depuis la première confidence de leurs sentiments. Il ne pouvait en être autrement. Elle n’imaginait pas qu’il pût en être autrement. Et, sur ce point, elle avait fini par ne plus douter de son fiancé. Peut-être à tort.

    Elizabeth tira les draps sur elle, sans délaisser le côté de son amant. La tête posée sur son bras, elle écoutait les coeurs battre, jusqu’à la reprise d’activité soudaine de l’Humain. On se serait passé de parler, mais la Reine trouva la question légitime. Il fallut qu’on lui demandât pour qu’elle s’en rendit compte. Elle avait faim. Elle hocha lentement la tête.

      « Tu vas trouver ça idiot … il y a un pâtissier à bord ? »

    Les deux yeux blancs roulèrent un rien vers le haut pour apercevoir le visage de l’Empereur.

      « Je voudrais un gâteau. Choisis-moi un gâteau. »

    Une main passa sur le torse de l’Humain, tandis que l’autre se positionnait pour servir d’appui au menton d’Elizabeth. Elle se redressa, au-dessus de lui. Il devait forcément y avoir une cuisine ici, et forcément un chef pâtissier digne de ce nom. Sinon … sinon ce n’était pas vraiment le grand luxe annoncé. La Monarque sourit doucement. Devait-on faire la fête ce soir ? Quand se mariait-on ? La suite la tira de ses rêveries.

      « Comment tu vis tout ça ? »

    À cet instant, elle dut faire une grimace.

      « Ce n’est pas la première fois que je quitte Arkania. Ca ne me dérange pas, j’y ai peu d’attaches. Devenir ta femme, oui, c’est une vraie aventure. Mais … je ne mérite pas de diriger un empire, ni même ce croiseur. Je veux juste t’épouser. »

    Sa tête se posa sur le torse d’Harlon. Elle ne guettait aucune réaction, aucune réponse. Elle avait déjà son avis la question, et envisageait mal de tolérer des récompenses injustifiées. Se marier ne donnait qu’un seul droit.

      « Je prendrai ton nom, c’est déjà bien assez. »

    Et peut-être un peu d’argent de poche. La vie d’Impératrice, titre honorifique, devait coûter un rien plus cher que celle de Monarque. Elizabeth se laissa aller à un soupir. Depuis quelques mois, l’Arkanienne ne voyait son avenir qu’au mois suivant. Elle avait abandonné les projets à longs termes et les plans sur la comète. Sa récente démission y était pour beaucoup. Elle n’imaginait rien, pour l’instant, de son futur. Elle s’était contentée de garantir son point de chute en territoire arkanien. Les plans s’arrêtaient là. Elle était en mesure de faire demi-tour, laissant de côté les conséquences, mais se trouvait incapable de planifier désormais. Il lui semblait que l’avenir dépendait de son époux. Elle aurait épousé un riche Arkanien, la chose aurait été différente. Mais pouvait-on tracer son plan de vie quand on se liait à l’Empereur ?
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By Harlon Astellan
#35794
Le corps restait froid. La pâleur jouait sur l'impression. Les endroits devenus rouges étaient toujours brûlants. On voyait vite les marques sur une surface aussi lisse et blanche. Il faudrait éviter les étreintes trop sauvages, faute de pouvoir les dissimuler. Il adorait la sentir respirer sur lui... Mais bien vite, Harlon se souvînt qu'il était avant tout l'Empereur. Et l'Empereur détestait rester couché dans son lit pour autre chose que dormir. Il fallait une action. Avant, et après. Il choisissait souvent ces moments après l'action principale pour se lever, se laver, se revêtir, et pratiquer une activité en rapport avec son métier. Lire un rapport, rédiger un décret, suivre un plan de bataille théorisé la semaine dernière... même bouquiner aurait fait l'affaire. Le caprice de l'Empereur, c'était de ne pas vouloir supporter un poids mort qui l'entravait dans ses mouvements les plus élémentaires. Il jouait avec une mèche de cheveux par consolation maintenant... Et bien vite il fallut qu'il rende l'instant constructif. Parler nourriture. L'exercice avait un semblant d'activité physique...

Et d'un coup sec, il ne voulait plus penser à rien. Se laisser là, gambergeant dans un songe éternel, à contempler du haut de son flambeau sa lumière qui lentement s'éteignait. Son être, son parcours, sa farce de vie, tout apparaissait à néant. Ce qu'il avait accompli était un vent dans l'histoire des mondes. Un point cardinal qui n'avait accouché que d'une brise estivale... L'être de marbre apposé à son bras n'était qu'un brasier qui comme lui fondrait au soleil... Leur union était parfaite. Ils n'étaient rien quand ils se pensaient tout. A quoi bon tout ça... Ils ne vivaient que pour leur arrogance. Souffler sur le chaud dans l'espoir d'une flammèche... combien de temps, combien de pas allait parcourir la lueur ? Combien d'ères et d'hères allait-elle éclabousser de son éclat vacillant ?

« Tu vas trouver ça idiot ... il y a un pâtissier à bord ? Je voudrais un gâteau. Choisis-moi un gâteau. » Une faim. Une envie de sucré. Une chose grasse qui tenait au corps. La logique transperçait les nuages nébuleux qui s'égayaient au loin, par-delà leur hublot chatoyant. Harlon prit son comlink, sonna son droïde majordome, resté en dehors de la pièce. « Apporte-moi... » Qu'apporter ? Quelle pâtisserie ? « ... apporte-moi un Fondant. » Au chocolat. Rareté parmi les raretés, une extase de goûts et de finances, l'onanisme du riche gourmet... Le pâtissier était le cuisinier impérial. Sur Bastion, tous les corps culinaires se battaient en duel pour servir chaque portion d'un repas de l'Empereur et de ses obligés. En déplacement, les papilles de ceux qu'il invitait devaient s'émerveiller tout autant. Mais avait-on la place d'embarquer autant de garde-manger de produits frais que de préparateurs ? Diable non. Aussi prenait-on le meilleur des restaurateur polyvalent. Un qui savait régaler de l'entrée au dessert... un éventail de talent qui rendait les aliments tout juste excellents. Mais pas parfaits. « ... apporte-moi deux Fondants. » Elle ne devait pas connaître. Le chocolat n'existait pas au Nord Galactique. On le trouvait un peu dans le Noyau. Et maintenant, dans le plein Sud.

« Ce n’est pas la première fois que je quitte Arkania. » Il s'en doutait. Il le savait. Mais il savait aussi que son existence avait gravité autour de la surface gelée de la planète givrée. Le sort l'avait faite partir au loin, et l'avait faite rencontrer un premier amant. Le sort ensuite l'avait clouée à un anneau de glace. L'en tirer pouvait provoquer un soulagement. L'y laisser aurait pu lui laisser le loisir de respirer comme elle l'avait toujours fait : à un rythme amoindri, le cou serré, mais avec un rythme qu'elle connaissait bien et qu'elle maîtrisait en toutes circonstances. Elle ne voulait pas d'un Empire, juste l'épouser. Elle en hériterait, de toute manière. Il était hors de question qu'il dispose juste d'une femme. Devrait-elle l'attendre, de retour de campagne, assise toute la journée, une ceinture de chasteté en métal forgée sur-mesure, pour honorer son mari un soir sur trente, en angoissant pour le prochain redépart ? Non. Il aurait une femme guerrière, à ses côtés. Il ne la lâcherait que pour l'envoyer en mission parallèle. Il voulait voir une rivière de sang couler à leurs envies communes. Lui donner un droit de raser un peuple entier dans une journée... Il voulait que sa femme soit avec lui, et soit son Bras Armé. Il ne voulait pas d'une bobonne. Il voulait d'une âme soeur.

« Je prendrai ton nom, c’est déjà bien assez. » Sa réaction fut vive. « Non ! » Il s'était redressé, et sans lui faire mal, la tête féminine avait roulé sur le côté. « Mon grand bonheur est de t'épouser... Mais ma grande consolation serait que tu n'aies jamais à porter un nom aussi vil que celui-ci ! » Il marqua le coup en serrant le poing. « Par amour du sacré, je te veux toi, Elizabeth Civicius... Et que le Diable m'emporte si tu portait le nom d'Elizabeth Astellan ! Car le jour où tu aurais commencé de le porter serait celui où le premier clou se plantait en ton cercueil. » Porter le nom d'un soldat malhabile ? D'une femmelette juste secrétaire ? D'un père aux pratiques d'un autre âge ? D'une mère effacée et anonyme ? Etait-ce là le souhait de la monarque ? Avait-elle conscience de ce qui entourait le nom de l'Empereur ? Se rendait-elle compte qu'il était appelé "Empereur" par envie de gommer son identité ? Harlon voulait se dissoudre en son rang pour faire oublier la crasse dont il sortait témoin à chaque visite sur Nouane. Ni le palais privé, ni les villas à l'étranger en bordure d'océans sur des plages de sable fin ne gommerait les révulsions qui campaient à chaque virage de son domicile familial, gagné à la sueur d'étudiants trop riches pour aller à l'école publique. « Beaucoup de choses ne seront plus comme avant, bientôt... Mais tâchons, nous, de le rester. »
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By Elizabeth Civicius
#35822
    Harlon s’exclama. La surprise d’abord, puis l’incompréhension, incitèrent Elizabeth à se redresser à son tour. L’explication vint aussitôt, mais elle contrariait l’Arkanienne. Il était dangereux de porter le nom de l’Empereur, mais plus dangereux encore de l’épouser. Et si on la savait épouse de l’Empereur, qu’importait le nom choisi ? Au contraire, elle aurait trouvé dégradant de ne pas se parer de ce nom. Avait-il honte de son choix ? Fallait-il que toute sa vie, on expliquât que Civicius était l’épouse d’Astellan ? Ou bien admettrait-il que la chose tomberait sous le sens si elle s’appelait à son tour Astellan ?

    La Reine, assise sur le lit, se laissa aller à une moue boudeuse.

      « Ca ne me changera pas, de changer de nom. En revanche, ça me ferait plaisir. »

    Il avait des raisons de lui refuser, et elle d’insister. Porter le nom d’une mère absente, mais pas moins délétère ; d’un père malveillant et capable des pires abjections ; et d’un frère traître à sa patrie gracié aux tendances suicidaires. Ou porter le nom de son époux. Un choix difficile entre la peste et le choléra.

    Elizabeth se glissa à nouveau auprès de son aimé, face à lui. Ses mains se posèrent sur les épaules de l’Humain, des épaules qui portaient l’Empire. Elles remontèrent le long de sa nuque, et enfouirent leurs doigts dans les cheveux bruns. Elle adorait cette sensation, et le signifia d’un sourire.

      « Ca me plairait tellement de porter le même nom que toi ... que nous soyons aussi liés par ce nom. Je voudrais afficher sans détour que je suis à toi, même quand tu n’es pas près de moi. »

    C’était idiot, même sans ce nom, tout le monde saurait qui elle était.

      « Mais … c’est à toi d’en décider. Je ne ferai rien qui pourrait te contrarier. »

    C’était sans doute vrai. Ils avaient eu des disputes, parfois violentes, et l’Arkanienne entendait que ça ne se produisit plus. À un détail près. Un tout petit détail.

    Elle l’embrassa. Il lui avait manqué. Quelque part, il lui manquait encore. Pendant deux ans, il n’avait pas cessé de lui manquer, et ça continuait. Ils n’avaient passé que quelques heures ensemble, ce n’était pas assez pour combler tout ce temps perdu loin l’un de l’autre. Elle rêvait de ne plus jamais le quitter, et chassait pour l’heure la réalité des responsabilités d’Harlon. Avant d’arriver ici, elle s’était demandé pour combien de temps ils seraient tranquilles. Un jour ? Deux jours ? L’Empereur ne prenait pas de congé. Elle le libéra finalement de son étreinte.

      « Tu voudrais prendre une douche ? »

    Elle, oui. Et elle espérait être accompagnée. Et peut-être qu’il restait encore un peu d’énergie à son aimé ? Et peut-être qu’à la sortie de la salle de bain, son gâteau l’attendrait fièrement sur la table. L’Arkanienne abandonna les draps pour gagner la salle d’eau.
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By Harlon Astellan
#35861
Explosif, comme un volcan. Un brasier en geyser vomissant sur un nom de famille que les cercles initiés percevaient comme illustre. Le porter semblait, à l'instar de ces nombreuses nouvelles maisons nobles de la Bordure, être un honneur tout spécial. Le signe d'un destin d'exception. De Grandes Espérances. Le nom des Astellan avait bataillé face à ceux des autres Nouanais. Dans un but certain : qui dirigerait Nouane ? Qui en serait le plus grand représentant dans la Galaxie ? Naboo en son temps avait compté dans les planètes émergentes qui devaient de faire un nom. Et, un jour, un noble commun de la planète était devenu Empereur. Naboo était entré dans la légende. Mais Naboo était une planète résistante. Le charme des origines de l'Empereur l'avaient dispensé de fidélité aveugle. Harlon avait au moins cette veine-ci : Nouane resterait impériale, et fière de son engeance.

Mais Astellan, le dernier mâle-né de la lignée, ne portait pas son nom en aussi haute estime. Il était juste un produit de chaîne d'une famille formatée à la victoire nobiliaire - en héritant sa fortune plus qu'en la gagnant - et aux compétitions académiques. En bref, une assemblée de menteurs professionnels, bon à enseigner la politique, à défaut d'avoir le talent pour la pratiquer. En devenant Empereur, il arrachait son nom à une médiocrité qui avait de médiocre la prétention d'être au-dessus du lot. Accumuler de l'argent n'offrait pas la valeur : elle posait juste des barrières avec la base populaire. Facile alors de se croire au-dessus. Et c'était pour couper les ponts avec ces larves de la noblesse que Harlon souhaitait juste être appelé "Empereur".

Ses amis de la Voix étaient tous des hommes de vraie valeur intellectuelle. Leur noblesse n'était pas si souvent affichée. Personne n'avait encore fait le rapprochement. Ils étaient tous nobles. Mais tous les nobles n'y étaient pas. Porter ce nom, c'était s'inscrire dans un engrenage de défaites sociales. « ... ça me ferait plaisir. » Il l'aurait claquée s'il l'avait vraiment voulu. Mais là, assise nue sur le lit, les formes en vue, la primalité prenait un semblant de dessus sur la morale ancestrale d'un homme trop jeune pour se laisser mettre en carcan des valeurs des rois d'antan. « Ça me plairait tellement de porter le même nom que toi ... que nous soyons aussi liés par ce nom. Je voudrais afficher sans détour que je suis à toi, même quand tu n’es pas près de moi. Mais ... c’est à toi d’en décider. Je ne ferai rien qui pourrait te contrarier. » La surenchère. Toujours... Une habitude qui se perdrait vite. A vivre ensemble, ils apprendraient bientôt à anticiper les réactions, et à agir en parfaite fluidité. « Je me désole de ne rien pouvoir te refuser... » Viendrait un jour où les caprices de l'Impératrice seraient suivis de ceux de l'Empereur. Ces derniers ne seraient pas respectés. Il connaissait assez bien les femelles humaines pour présager des délires des espèces leur étant mitoyennes. Aussi les caprices de la femme seraient un jour rejetés. Détestés même. Pour l'heure, il se refusait à les refuser. Mais tout cela, comme elle le prédisait si bien, le contrariait fortement. Donner son nom, c'était l'asseoir sur le trône, mais après son départ. Lui donner un statut d'héritière.

Et c'était le nœud du problème. Harlon n'avait pas l'intention de mourir pour céder sa place à quiconque. Pas même à Elizabeth, fut-elle Astellan ou Civicius. « Qu'il en soit ainsi, donc. » Et pour une fois, ce fut elle qui ponctua la réplique d'un point final. Il sentait la chair trembler. Pour avoir le coeur net sur un sujet, il passa les mains dans son dos. Etait-elle sous hormones d'artifice ? Un autre secret pour combler le vide dans son bas-ventre ? Devenir une Astellan allait demander un certain nombre de pré-requis. La tête, elle l'avait. Maintenant, il faudrait travailler les jambes. Quoi de mieux qu'une douche ? « Allez. » Il fit appel au droïde tout en s'y dirigeant. « Envoie tout à la blanchisserie. Et remet du linge propre. » Inutile d'être poli avec un droïde. Ils étaient conçus pour obéir. Eve et Adam se baladaient sans pudeur jusqu'à la douche, une vraie, pas un simple jet de vapeur. Une vraie cabine spacieuse, une baignoire large comme un jacuzzi, et un pommeau à jets massant. Deux parois d'obsidienne, du blanc laiteux en plafonnier, et des parois en verre pour empêcher l'eau de s'en aller de partout. Il eut à son tour ses caprices. Il entreprit de la laver lui-même, lui frottant la peau avec douceur, lui passant un savon à l'odeur des blés de Dantooine un matin de printemps... Et bien vite, lui soulever une jambe, lui coller l'épaule contre une vitre...




Il fallait toujours s'en laver une seconde fois. L'Empereur avait le coeur, le corps et la tête d'un militaire de carrière. L'énergie, il la stockait et savait l'épuiser avec force, mais avec endurance. La Monarque allait avoir très faim, très souvent. « Avec quoi veux-tu te vêtir ? » Il avait juste remis une chemise ajustée et son pantalon de lin. Il enfilerait ses bottes plus tard. Il vérifia la table, et constata qu'une assiette de fondants était bien disposée. La présentation était à la hauteur de la cuisine, à savoir impeccable. « Tu veux enfiler une tenue légère ou formelle ? » cria-t-il presque, pour qu'il soit entendu de l'autre bout de la pièce. Un ensemble en tulle sans sous-vêtement allait ouvrir une troisième séance de déshonneur conjugal ce soir. Mieux valait rester... formelle. « Après ça, on va discuter un peu de tes futures fonctions. » Il n'aurait pas une femme au foyer, il ne le dirait jamais assez.

Après l'habillage, il lui glissa un petit insigne. Une forme d'oiseau stylisé, en or massif, et le même motif, mais cette fois sur un symbole impérial, et terminé d'un ruban qui en faisait une médaille. « Ces colifichets sont respectivement ton insigne d'Impératrice, et l'Ordre de l'Empereur. » Il les glissa devant sa part de gâteau, avant qu'ils ne commencent de les manger. « Le premier te donnera le titre officiel d'Impératrice. Le second te donnera un poinçon qui te sacrera comme une huile impériale. » Une femme digne de confiance pour l'Empereur. « ALors, ce fondant, raconte-moi tout dessus... » Le manger, lui-même, était un sacré supplice. Allez doucement, perdre son temps en dégustation. Il laissa les papilles des deux parties s'éveiller au goût inimitable du chocolat, et laissa Elizabeth en faire des impressions dessus. APrès un temps qu'il jugea raisonnable, il posa la première question subsidiaire. « Comment te vois-tu régner, par la suite ? »
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By Elizabeth Civicius
#35876
    La douche dura plus longtemps qu’à l’accoutumée. L’Arkanienne dut payer sa victoire. Cela méritait bien un peu de repos. C’était une boucle sans fin. Pour briser le cercle, ils s’habillèrent. Tenue légère ou formelle ?

      « Oh, formelle. »

    Elle laissa entrevoir un sourire qui équivalait pour la Monarque à rire en silence. Elle ouvrit une autre de ses malles dont le rangement se révélait dense. Elle s’interrogeait encore sur la nécessité de défaire ses bagages. Fallait-il tenir compte du fait qu’elle se changeait trois fois par jour ? Elle choisit finalement une robe noire et longue à col bateau et manches évasées. Ses cheveux trouvèrent un arrangement en chignon désordonné. Et Elizabeth rejoignit son aimé à table. Elle s’assit après avoir fait courir ses mains sur les épaules humaines.

      « Merci ! Qu’est-ce que c’est ? »

    Souvent, quand c’était de cette couleur, c’était brûlé. Or, cela ne pouvait l’être. Mais c’était un fondant, il l’avait dit. Mais à quoi ?

    L’heure n’était cependant pas au gâteau. L’Empereur exposa deux insignes. La Reine les observa sans les toucher. Il s’expliqua en quelques mots, et seulement elle s’autorisa à les prendre en main pour les voir de plus près et en détailler le motif. Elle releva les yeux vers Harlon.

      « J’ai compris. »

    Elle les reposa sur la table, à côté d’elle. Et l’on repassa au gâteau. La couleur étrange annonçait un goût nouveau, ou presque. Un souvenir gustatif assez lointain en vérité.

      « Oh, c’est du cacao, n’est-ce pas ? »

    Cela arrivait parfois, sur Arkania, de voir posés sur la table du petit salon d’un illustre ces petits bonbons presque noirs. Mais encore fallait-il pouvoir accéder à la table, et être autorisé à prélever l’une de ces confiseries hors de prix. C’était arrivé une fois. Une fois Elizabeth avait eu le loisir de l’expérience. Elle avait trouvé cela très amère. Alors que le fondant était … fondant.

      « C’est parfait. Un seul ne suffira pas. Je développe déjà une addiction. »

    Elle ferma les yeux un instant, juste quelques secondes. Et son regard tomba de nouveau sur les insignes. Harlon posa alors sa question suivante. Les sourcils de la Monarque se froncèrent légèrement. Oui, régner.

      « Je m’en voudrais de me parer de manières trop arkaniennes, ou d’énoncer des évidences. Permets-moi néanmoins une réflexion. L’Empire est tien. Si je dois régner, je ne le ferai que par délégation. Comprends mon point de vue, je ne mérite pas de régner. Mais pour ce qui est de mes ambitions, je pense me plaire assez dans la gestion d’un système. Et je reste tournée vers Arkania, bien entendue. J’y ai encore quelques comptes à régler. »
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By Harlon Astellan
#35886
Formelle. Elle se croyait tirée d'affaire. Elle mettait une barrière physique, simplement. Cela suffirait, pour l'instant. En chemise, il ouvrit les malles, qui débordèrent de vêtements, manquant de faire basculer les briques en verre fumé qui portaient la vie en linge de sa Dame de Coeur. Les malles, alignées comme autant de soldats en parade anniversaire de la fondation de l'Empire, prenaient tant de place qu'on les aurait trouvées envahissantes dans un autre contexte. Elle avait pensé à tout, chaque habillage étant présent. Il avait souvent vu les habits royaux changer au cours de la journée, jusqu'au maximum de trois - un pour l'accueil au matin, un pour l'après-midi pour les visites officielles, et une discrète pour leurs soirées - mais avait trouvé la méthode purement circonstancielle. Lui-même ne changeait d'habit que par hygiène. En tout et pour tout, il devait fonctionner avec à peine trois jeux de vêtements, pour toutes les circonstances. Il porterait une tenue de parade pour demain, mais il n'en ferait pas une habitude. Que l'impératrice change souvent d'habits irait à quelques uns. Les tailleurs impériaux désespéraient d'une commande de l'Empereur ; remplir des commandes pour l'Impératrice les raviraient au plus haut point.

Le temps que lui-même remette son pourpoing, elle s'était glissée dans une robe à col bateau, et aux manches évasées. Elle dévoilait poignets et épaules, la pâleur de son corps comme un jeu de contraste entre une Lune et l'Espace, l'image reflétant celle d'une veuve endimanchée... mais n'allait-elle pas enterrer sa vie de Monarque, au profit d'une autre, plus complète ? Finalement, le noir allait à ravir... Il passa la table, tira la chaise de la Dame, lui permit de s'asseoir. Elle passa les doigts sur ses épaules, le faisant attendre, tout sourire. Il chercha le contact, griffa une main de sa barbe et se tordant le cou, et s'autorisa à en faire de même quand elle s'assit. Il lui embrassa les cheveux et envisagea de s'asseoir en douceur à son tour. Il donna les insignes, que ça soit fait - même s'il ne voulait rien ôter à leur symbolique - et laissa le gâteau partir entre quelques coups de dents. « Oh, c'est du cacao, n'est-ce pas ? » Hmm. C'était à parier. Dans certains milieux, on y avait plus facilement accès... Mais qu'elle dise "cacao" ne la rendait pas très experte. « Oui, mais sous une forme différente. » Les fèves de cacao, telles quelles, n'allaient pas offrir d'explosion de saveur si on ne les préparaient pas. « ... » Il allait raconter une anecdote, sur les besoins de son cuisinier de partir quelques mois pour traiter cet ingrédient nouveau... mais... gâcher un moment aussi... tranquille. Il laissa sa femme déguster le fondant, ingurgiter le chocolat, et se remettre d'un moment de découverte. « C'est parfait. » En doutait-elle ? « Un seul ne suffira pas. Je développe déjà une addiction. » L'Empereur roula des yeux. « Le cacao ainsi préparé fait grossir, si on ne le dépense pas. » Il tapota son comlink. Le droïde, encore. « Fais-nous parvenir deux... » Il hésita un instant. « ... un assortiment de desserts au chocolat. Carte blanche au cuisinier. » Qu'ils fassent donc des stocks.

Mais le temps qu'on leur fasse parvenir le début de l'assortiment, il fallait bien qu'ils couvrent quelques détails. Devenir Impératrice... voilà qui allait lui valoir quelques prestiges. « Je m’en voudrais de me parer de manières trop arkaniennes, ou d’énoncer des évidences. Permets-moi néanmoins une réflexion. L’Empire est tien. Si je dois régner, je ne le ferai que par délégation. Comprends mon point de vue, je ne mérite pas de régner. Mais pour ce qui est de mes ambitions, je pense me plaire assez dans la gestion d’un système. Et je reste tournée vers Arkania, bien entendue. J’y ai encore quelques comptes à régler. » Il lui sourit. Il se leva doucement de table, la contourna, et se mit à genou devant elle. Lui prenant la main, l'embrassant, les yeux légèrement levés. « Certes. Tu seras Impératrice consort. Mais ton pouvoir sera réel. Si tu veux gérer un système, tu gèreras celui de ton choix. Si tu veux Arkania, nous te donnerons Arkania. » Avec ou sans drapeau impérial flottant sur les centres gouvernementaux... « Tout ce que tu voudras. » Il passa ses doigts dans les siens. Ses mains, grossières et épaisses comme un soldat, malgré son sang noble adepte des manucures... et elle, avec un doigt de moins, fins comme des aiguilles... il noyait complètement le membre de son aimée. Un doigt en trop, ça ressortait vite. De son autre main, il glissa le bout de l'index sur la robe, remonta le long de la cuisse, partit sur les poignées d'amour, terminant sur son épaule. « Toutes les robes que tu mets deviennent soudainement belles et racées. » Quelle fierté. « Souffre que je refasse ton chignon... » Il entreprit de se relever, de passer derrière, avec un accord tacite dans les yeux. Manipuler autant de fils d'argent, c'était une sorte de repos de l'âme et de l'esprit. C'était évocateur de quelque chose qui dépassait le stade de la chair ou de la pensée intellectuelle. C'était aimer, pour quelqu'un, simplement. Comme on aimait quelqu'un pour le temps passer à regarder un holofilm, sans rien dire, à partager un seau de maïs soufflés, mais passer un temps agréable quand même. Le laisserait-elle faire ? Des doigts agiles, les doigts de Sa Majesté, pour refaire une coiffure...

Le temps que le plateau vienne. « LE CUISINIER VOUS FAIT PARVENIR VOS DEMANDES. - Merci, Pexxy. Pose le plateau ici. » Devant la place de l'Empereur. Le cuisinier avait joué la folie. Fondants, moelleux, crèmes, mousses, carrés durs, et une petite théière auto-chauffante de chocolat fondu, à côté d'une corbeille de fruits de saison. « Tut tut tut... » Pas question qu'elle vienne se servir comme ça. Il termina le chignon, s'assit à sa place, et monopolisa le plateau. « Il va falloir venir les chercher... » Monter sur ses genoux, sûrement. Genoux encore vêtus, bien sûr. Peut-être, plus tard, ils trouveraient de quoi innover avec le chocolat fondu... Mais, non, d'abord, qu'elle vienne se faire servir sur lui.




Le pont secondaire commençait à être aménagé. La cérémonie n'interromperait pas la bonne marche du vaisseau. Une pièce spéciale, organisée comme un pont amiral, avec des écrans pour simuler les vitres, qu'on nommait "pont secondaire", était une amélioration créée pour pallier aux pertes de commandement que les kamikazes occasionnaient en s'écrasant sur le pont ennemi. Un pilote courageux et suicidaire pouvait alors, seul, paralyser un fleuron impérial en pleine bataille. Une erreur stratégique qui encourageait la prise de contrôle dans une pièce bien enfoncée, avec moins de visibilité, mais qui évitait de couper les performances de façon trop nette. Les rapports de performance, à équipage égale et situation égale, admettait des performances oscillant entre 65 et 85% des performances habituelles avec un pont normal. C'était mieux que 0, il fallait l'admettre. « Amiral. » Un agent de soutien sur le pont. « Oui ? - La nébuleuse semble envoyer des rayons perturbateurs de forte intensité... - Ce qui signifie ? - Pendant la durée de ces émissions, nos communications Holonet seront complètement coupées pour tout message vers l'extérieur. - Bon. Avec de la chance, cela ne devrait pas servir. Envoyez des éclaireurs au sein de la nébuleuse, qu'ils enregistrent la source de ces émissions. - Oui Amiral. »




La vie suivait un cours plus paisible ici. Viendrait le moment d'aller s'effondrer de fatigue. Et d'attendre le lendemain... « Tu veux passer de la musique ? » De la musique joyeuse en accords mineurs ? S'allonger tranquillement, ne plus bouger, s'enlasser et laisser le sommeil venir. Ils auraient tout le temps de faire d'autres choses plus tard... observer la nébuleuse, sous un aria mélancolique, les yeux prêt à se clore, c'était déjà la garantie d'un séjour réussi.




« * Escadron 5, nos scanners commencent à vous perdre. Copiez. * - Je copie, Executor. » Le chef de l'escadrille copia, et fit un retour bref sur la situation. La Nébuleuse crachait encore son vert irradiant, des vents orangés arrangeant la course des poussières d'étoiles qui étaient encore bloquées là. « * Escad.on 5, nous co..ençons à vous pe.dre. Rev.enez aussi.ôt votre .econnai..ance finie. * - Executor, bien reçu. La réception devient mauvaise. - * E.....on 5, n... .. vo.. ...end..s p..s. R.p...z. * » L'Escadrille comprit ce que cela voulait dire. Les six appareils étaient maintenant seuls. « Qu'est-ce que... » Un appareil disparut en une gerbe de flamme. Et avant qu'il n'y ait la moindre exclamation, toute l'escadrille fur vaporisée.

Sans un bruit autre qu'un grognement astral.
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By Elizabeth Civicius
#35915
    Définitivement, elle était sienne. Était-ce le charme du pouvoir ? Ou bien le pouvoir du chocolat ? Elle se laissait manipuler, coiffer, lever, asseoir. Sans rechigner à outrance, mais jamais flegmatique. Il se jouait là un jeu étrange dans lequel la niaiserie avait un temps le premier rôle, mais toujours avec classe, et sans jamais se ridiculiser. Qu’il voulût la coiffer, la gâter, en seul retour d’une proximité un rien cavalière, tout lui était accordé. De caractère, Elizabeth aurait fort aisément rabaissé un tel comportement, par vengeance sans doute, d’une soirée arkanienne passée sous la neige, dans une gêne toute relative. La hargne de la Monarque se contentait de peu. Mais depuis lors, la chose avait été oubliée. Et l’invitation, loin de la flatter, appelait un jeu tout autrement différent. Si proche de lui, l’Arkanienne se désintéressa rapidement du plateau préparé par le cuisinier, trouvant en les lèvres de son fiancé une gourmandise plus attrayante. Un simple baiser, une étincelle. La Reine, des genoux de son amant, se laissa avec légèreté glisser à ses pieds. Il pouvait se féliciter d’avoir monté un si beau chignon, et profiter désormais de pouvoir y glisser les doigts, tandis que les deux mains de porcelaine mettaient à nu l’essentiel pour une dernière caresse.


    * * *


    Allongée au côté d’Harlon, dans un lit fraîchement refait, Elizabeth s’était endormie, bercée par la musique et les rêveries d’un grand lendemain. Au matin artificiel, ce fut le réveil de l’Empereur qui tira la Reine de son rêve. En silence, elle l’observa se lever, se préparer. Constatant l’heure, elle quitta le lit à son tour. On devait l’attendre à la porte de la cabine. Dans le couloir, à dix mètres du point d’entrée, le droïde immobile patientait. Il était flanqué d’un valet et d’un soldat, Oberan. Seule I-sys entra afin d’entreprendre une inspection efficace des malles. Une fois l’objet de sa présence identifié, le droïde compagnon se mit à nouveau en veille. Elizabeth se porta au devant de son aimé.

      « Tu as bien dormi ?

      Comment as-tu organisé la journée ? J’ai besoin d’un peu de temps pour me préparer.
      »

    Elle n’en dit pas plus, il devait bien se figurer, la coiffure, la robe, les bijoux. I-sys se réveilla soudain.

      « Une heure cinquante trois minutes et trente deux secondes, précisément. »

    La Reine la foudroya d’un regard.

      « Voilà. »

    Le geste accompagna le mot, le plat de la main présenté au plafond. L’Arkanienne servit à l’Empereur un sourire amusé avant de retrouver un peu de sérieux.

      « Je t’aime. »

    Elle était tout ouïe. Et lui, de combien de temps avait-il besoin pour se préparer ? Se mariait-on ce matin ? Ou cet après-midi ? Voulait-il d’abord s’entraîner, vaquer, traiter quelques dossiers impériaux ? Aucun dossier du côté de la Reine, on était comme en vacances.

      « J’aurais d’ailleurs besoin d’une cabine pour me préparer. »

    Un nouveau sourire.

      « Indique-moi laquelle, je vais faire emmener mes affaires. »

    Un geste de la main suffit, et I-sys transporta la malle sélectionnée dans le couloir, puis là où on lui dirait de la poser. Là dedans, il y avait tout. La robe, les chaussures, les rubans, les perles, tout. Mais avant tout, si la montre le lui permettait, Elizabeth passerait à son propre entraînement, qu’elle voulait quotidien.
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By Harlon Astellan
#35920
Pourquoi s'interrompre. Les saveurs nouvelles, présentées par un futur conjoint, délaissées, éventées, au profit d'un goût plus classique, plus connu. Valait-il mieux que du cacao préparé ? Peut-être bien. Il s'en voyait flatté. Qu'une tartelette à la crème aille donc se faire voir. Posée sur la table, en équilibre sur le bord... qu'elle en tombe même. Il n'en avait cure. Il avait sa Dame, là, à lui seul. C'était parfait. Mais elle le quittait déjà... Glisser à ses pieds, et... Oh... « ... » Une envie de poser des questions. "Tu ne veux plus manger de tout ça ?" On la sentait partie ailleurs. Elle n'avait jamais fait ça... et il ne l'en savait pas capable, ni soucieuse. Les doigts dans les cheveux commençèrent vite de se crisper. Sa mâchoire se serra, sa tête partit en arrière, ses jambes tentèrent de trouver une position fixe, et le palpitant reprit sa marche forcée. Il caressa les cheveux entre deux contractions, fit s'évader des souffles langoureux.

Il allait amener du chocolat plus souvent.




Elle le saurait bien assez vite, mais l'Empereur se réveillait à heures fixes. Souvent sur les heures locales. 5 heures, heure locale. Il aimait dormir sur les planètes aux révolutions lentes. Il faisait de meilleures nuits. Sur un vaisseau spatial, le temps était plus volage, plus organique, calibré sur un cycle de fatigue corporelle et mentale, plutôt que sur une lumière du dehors. Mais il savait qu'il ouvrirait les yeux après 4:59 et avant 5:01, Heure Standard. Dans l'espace, le fuseau horaire était universel, calibré sur une périodicité de 24 heures, la plus basique. Les militaires se gravaient cette trame temporelle sous les paupières, qu'ils soient formés au réveil optimal rapidement, et aux heures de grandes manoeuvres. Deux clignements d'yeux, et l'esprit impérial était déjà à ses pleines capacités. Il aurait pu sauter du lit et promulguer une loi, sans qu'elle continenne la moindre faute. La soirée avait fini tôt hier soir. Ils étaient fatigués, et le cadre avait un côté reposant. Et mieux encore, personne ne les avait dérangé. Il se rendit compte que sa main était entravée sous une masse inamovible. Il embrasse l'épaule nue du roc qui le maintenait ancré avec un sourire. Il fit glisser la couverture et l'observa en entier. De sa mémoire il n'avait jamais vu femme plus belle. Les cheveux en liberté, la poitrine divine qui se soulevait au rythme de la respiration, une main posée sur lui. Il se comptait peu de bonnes actions. En était-elle le prix ? Méritait-il un tel sort ? Il se posait tout un genre de question. Mais surtout, si Elizabeth était le prix des bonnes actions, quel serait celui de ses mauvaises ? « Mon Dieu. » Il tenta de tirer sa main. Sans grand succès. De l'autre, il parcourut le bras, le creux de l'aisselle, s'arrêta sur un sein, et repartit sur la cuisse. Il eut envie d'elle, mais il se contint. Il fallait laisser une chance à la soirée. La journée serait insoutenable. L'angoisse de l'attente... levé de si bonne heure. Il ne savait même plus quand la cérémonie avait lieu... « A 13 heures. Oui, voilà. » La cérémonie commençait avant, le temps du défilé, de la présentation, des échanges de voeux... le baiser solennel. Ensuite un banquet, avec quelques invités de marque, triés selon les affinités réelles.

L'après-midi en fête, à laquelle le vaisseau entier était convié. Les nobles se mélangeraient un temps seulement aux soldats, pour renforcer les liens fraternels qu'un tel évènement devait soulever. La soirée finirait au creux d'une Nébuleuse.

Et personne pour les y déranger.

Il tenta encore de libérer sa main, mais cette fois il y alla un peu fort. Elizabeth s'agita, et ouvrit les yeux en douceur. Il lui offrit un sourire de pâle matinée, et lui caressa la joue. Elle repartit en sommeil, mais en s'agitant, elle lui laissa de quoi partir. Il reprit sa routine. Il ferait des matinées en caresses plus tard. Pas tous les changements d'un coup... Au bas du lit, exercice basique, flexions, extensions, pompes, abdominaux. La sueur goutta sur sa descente de lit, tenant le choc sans faire monter son rythme cardiaque. Il prit juste le temps de se retourner pour voir une naïade venir à lui, de toute sa hauteur. Son coeur n'était pas encore entraîné à ça, et repartit à toute allure. Rien qu'à la voir, j'aurais fait mon exercice de la semaine. « Tu as bien dormi ? » Harlon lui sourit, les mains derrière le dos, balancé en arrière, les muscles encore chauds. « Mieux que jamais. » Acrobate, il courba son dos en arrière et sauta sur ses pieds pour se retrouver debout. Torse nu, en simple boxer, luisant de transpiration, les veines saillantes et les plaques musculaires tendues, à sourire d'un ton fier. « En paix. » Il empoigna une serviette sur le côté et s'essuya un minimum. « Et toi ? » Il se débarbouilla et lui offrit un baiser au goût salé. Il ne le fit pas durer, qu'elle ne froisse pas son nez. Un homme au lever qui sortait d'exercices, même de si faible intensité, ne sentait jamais très bon. « Comment as-tu organisé la journée ? J'ai besoin d'un peu de temps pour me préparer. - Une heure cinquante trois minutes et trente deux secondes, précisément. - ... Voilà. » Il ricana. Son droïde pouvait se trouver aussi impertinent, mais uniquement sur sa demande. Les industriels qui lui avaient conçu avaient retiré toute l'intelligence artificielle qui rendait les robots plus... humains. Histoire de ne pas s'embarrasser de déchets électroniques devant sa porte, surtout. « Je te laisse Une heure et cinquante et une minutes seulement. Cela suffirait ? » Il lui sourit. Elle lui rendit. « Je t'aime. » Il termina de s'essuyer, rapidement, balança sa serviette au sol, et ouvrit les bras. Pas de baiser. Les raréfier donnerait l'envie de réitérer plus tard, dans un meilleur cadre. Ni rien d'autre d'ailleurs. « Moi aussi. Et pour toujours, très bientôt. » L'étreinte dura un temps indéfini. A la fin, il annonça succintement le programme. « Tout devrait commencer à midi. Tu seras mise à l'honneur depuis les cabines, jusqu'au pont. Je suivrai. Tout devrait durer une heure à peine. Ensuite, les festivités. » Un peu à huis clos, mais pas complètement quand même. Ils devaient en profiter pour s'amuser un peu. « J’aurais d’ailleurs besoin d’une cabine pour me préparer. » Il acquiesça. Il prit une mine triste. « Paraît-il qu'on ne doit jamais voir la mariée en tenue avant le mariage... » Dès qu'elle commencerait à se préparer, ils devraient rester en place. Ne rien faire. « Indique-moi laquelle, je vais faire emmener mes affaires. » Il acquiesça de nouveau. « On va prendre celle qui t'étais réservée. Elle l'est toujours. » Réservée. Il enfila un pantalon, une chemise, ceux de la veille, et sortit l'accompagner dans le couloir, suivi d'I-Sys. De part et d'autre du boyau impérial, on trouvait des Gardes Rouge, et des Gardes Arkaniens. Oberan trônait là aussi, stoïque comme à son habitude. Harlon salua de la tête dans sa direction, conscient qu'il l'observait. Conscient aussi qu'il le détestait. Son regard trahissait tout, malgré les pupilles blanches. Ses paupières ne mentaient pas sur ses envies. Quand il passait d'Elizabeth à Harlon, tout paraissait clair.

Puisque d'Elizabeth à Harlon, il avait le regard qu'Harlon aurait tour à tour eu pour Elizabeth et Luke Skywalker.

« Tiens ! » Il avait empoigné une des valises, alors qu'I-sys traînait le reste. L'Empereur joua les portiers, et laissa sa future femme entrer. La cabine avait un luxe comparable à celle de l'Empereur. « C'est ta cabine privée. En plus de la mienne bien entendu. » Une envie de se réfugier ? De se reposer alors que la première était occupée à autre chose ? C'était là son antre privée. Harlon s'en refusait le droit d'accès. « Tu prends le petit-déjeûner avec moi ? » Qu'il fasse traîner la matinée. Sinon il allait se morfondre, se ronger les ongles et les sangs, avant de partir se rouler en boule, et partir complètement fou pour la cérémonie. « Il y a du... chocolat chaud. » Mais surtout, rien de sexuel !




Des tablettes de chocolat fondues dans du lait de Bantha frais. Du noir dans du bleu, pour une saveur toute particulière. Des viennoiseries, sans chocolat, et quelques nouvelles sur un holojournal de luxe. Harlon le lisait distraitement, quand Elizabeth n'était pas là, soit pour aller à ses valises, soit pour aller... ailleurs. « Ta Garde est toujours en accord pour encercler l'autel je crois ? » Qu'on règle maintenant les changements s'il y en avait. « J'aurai besoin d'une grosse heure pour me préparer. » Entre deux informations, il se prenait à discuter trivialement, pour peu qu'Elizabeth s'en sente l'envie. Il n'allait pas lui briser ses routines non plus. « Avant qu'on aille se préparer, tu veux rester ici ? » Un air un peu suppliant, caché avec habileté, pour formuler la demande. « Te reposer encore un peu, te détendre en musique ? » En toute abstinence.




Les deux heures et quelques de préparation commenceraient dans quelques minutes. Il la laissait aller dans sa cabine. Avant que lui-même ne commence à se préparer, il s'accorda un temps de réflexion. Et de décision. D'aller au devant d'Oberan. « Capitaine Oberan ? » Il tendit la main. « Ravi de vous revoir. » Mains dans le dos, pourpoing serré au torse, bottes déjà enfilées. Avat le petit déjeuner, une douche revigorante, à la mode impériale, et maintenant, une épreuve de testostérone. « Donnerez-vous le bras de votre Monarque ? » Il allait bien mettre les choses à plat, une bonne fois.




« Non... mettez ça ici. Là, tendez ça mieux. » L'AMiral n'était pas ravi de faire ce qu'il faisait. Il aurait été encore moins ravi de ne pas le faire cela dit. Décorer son pont... L'Executor, lieu de mariage avec une Alien. Etaient-ils tous tombés si bas ? D'accord, l'Empereur avait interdit les relations interespèces les plus dégradantes... Certes, ils avaient enfin les moyens militaires réclamés à corps et à cris depuis des lustres. Soit, la stabilité régnait dans toutes les régions sous contrôle... Mettons, ils avaient des conditions de vie décentes. Mais de là à prendre l'Executor comme des commodités ?

Les fosses du pont étaient comblées, avec des étaix en duranium sous des plaques décoratives asticieuses. On alliait un genre de fantaisie de mosaïques avec le noir lustré traditionnel. Les murs étaient rafraîchis de tentures pastels, les plafonds égayé de banderoles entrelacées avec soin, les tresses alternativement de goûts impériaux nouanais et arkaniens, plus exotiques mais tout aussi légères dans la présentation. Son pont n'allait pas se transformer en fête de village de pêcheurs de Nez Peron... Ils allaient garder l'allure impériale en toute circonstance. Même s'il se devait d'accéder aux requêtes de l'Empereur, sur le déploiement de signes festifs, à même d'encourager les troupes.

D'autant qu'il était surveillé par-dessus son épaule par Gilad Pelleaon, qui prenait l'affaire très au sérieux. Sa moustache sévère et son uniforme qui ne l'était pas moins terminaient un tableau de rigueur et de parfaite exécution. « Sur Bastion, les funérailles de l'Empereur sont répétées chaque semaine avec le cortège des Ailerons Sanguinaires, Amiral. Des frais, de l'inutilité ? L'Empire est un cérémonial. Et célébrer la réconciliation et l'amour entre les citoyens de l'Empire devrait être une priorité. Alors comptez-bien sur la réussite de ce mariage, et sur le transport des époux comme des invités... » Le ton était lourd. L'ambiance plus légère. Les volontaires parmi les équipiers de bord voulaient tous participer, et surtout terminer à la fin de la double haie d'honneur qui partait des cabines pour aller jusqu'au pont. Assister au mariage de ses yeux, c'était une ligne garantie sur ses états de service. La question "Alors, comment c'était ?" de la part d'officiers envieux, qui pouvaient aussi bien vous refuser pour cette envie que vous arrachez à un salaire augmenté. La fête annoncée était un lieu de tous les fantasmes.




Les cantines allaient servir un repas digne du mess pour l'occasion. Des provisions spéciales faites en complément de l'habituelle cargaison de victuailles. Fini les rumeaux et la nutripâte, place à la viande en sauce, aux légumes frais, aux petits pains chauds, aux corbeilles de fruits. On déplaçait les banquets dans les hangars, que l'ambiance soit à la fête au nombre. Quelques soldats - jamais de StormTroopers - sélectionnés pour leurs talents d'artistes dans le civil allaient faire quelques animations hautes en couleur et en musique. Les hommes qui avaient fauté et ne méritaient pas de participer feraient l'équipage réduit auquel un vaisseau capital devait toujours prétendre. Les équipages des autres vaisseaux de l'escorte avaient rejoint l'Executor à bord de centaines d'aller et retour de navettes. A bord du vaisseau capital, on comptait alors pas loin de 450.000 individus, dont à peine 100 invités formels. Le BSI choisit avec soin ceux qui feraient la double haie d'honneur pour mener à l'autel, ainsi que ceux qui feraient celle menant les deux époux au banquet qui se tenait dans le Hangar Amiral, débarrassé de ses vaisseaux et de ses containers habituels.

Les époux décideraient plus tard s'ils feraient le tour des autres hangars pour saluer les "petites gens" qui y seraient.

Mais d'abord, le Bureau s'assurait que chaque arme de service soit mise aux casiers règlementaires. Pas d'arme sur l'endroit, sur toute la durée de l'évènement.

On ne voulait prendre aucun risque... pour personne.




L'escadrille disparue fut traitée dans le plus grand silence par l'Amiral en second, qui envoya quelques autres vaisseaux en patrouille autour de la zone de la Nébuleuse. Les circonstances de leur perte étaient si... nébuleuses... qu'ils craignaient le pire. En espérant que les époux ne demandent pas à se rendre en son milieu, pour l'exotisme du paysage.
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By Elizabeth Civicius
#35932
    Une fois les valises déplacées et l’arrogance du droïde éloignée, l’Empereur et la Monarque s’attablèrent pour un petit déjeuner. Elizabeth le prenait habituellement salé mais elle s’autorisa une tasse de chocolat chaud. Après tout, c’était jour de fête. Elle resta encore une paire d’heures avec son fiancé, à confirmer qu’aucun changement n’interviendrait dans la cérémonie côté arkanien. Quand l’heure d’aller se préparer vint finalement, la Reine regagna sa cabine. Elle s’y enferma avec I-sys et n’en ressortirait que dans deux heures. Pendant ce temps, une poignée de soldats camperait devant la porte, dans le couloir.

    Parmi eux, l’ex Capitaine de la Garde Royale, dont il portait autrefois l’insigne. C’était désormais le blason Civicius qui épinglait le torse de son uniforme sombre liseré de pourpre. Il n’était plus Capitaine de rien du tout. La Monarque l’avait débauché suite à sa démission, lui et quelques autres de la Garde, pour former sa milice personnelle. Une des milices les mieux rémunérées d’Arkania, et dont les méthodes s’approchaient au mieux des méthodes militaires arkaniennes, très appréciées de la famille Civicius. Il n’était pas de Capitaine dans une milice comme celle-ci, Oberan en était simplement le chef.

    L’Arkant, froid et distant comme un Arkanien, avait appris la nouvelle du mariage sans se donner la peine d’une réaction. Il savait la chose depuis longtemps, depuis son commencement en réalité, et avait eu le temps d’apprendre à faire avec. Le plus beau jour de la vie de la Monarque, disait-on, se résumait pour lui à une étape désagréable, durablement désagréable, donc le désagrément s’estomperait avec le temps. Des années auparavant, il haïssait la Monarque, il l’aimait aujourd’hui, et la détesterait certainement plus tard. Oberan n’était pas du genre à dramatiser, ni même à se donner en spectacle. Il avait la haine et l’amour silencieux. Il observait les événements sans mot dire, obéissant et agissant selon la nécessité. Oui, parfois, son regard se posait sur l’Empereur. Il ne l’avait jamais porté dans son cœur, mais cela ne l’avait pas empêché de faire correctement son travail. Dans ces moments de parfait silence, à échanger un regard glacial, même le plus arkanien des miliciens se trouvait un air davantage chaleureux au côté d’Oberan.

      « Capitaine Oberan ? Ravi de vous revoir. »

    Il se redressa - le pouvait-il plus ?

      « Votre Altesse Impériale. »

    Les deux hommes, d’une taille comparable, s’observaient à distance respectueuse.

      « Donnerez-vous le bras de votre Monarque ? »

    Oberan guettait ce moment depuis longtemps. Il le savait, un jour, l’Empereur viendrait lui marcher sur les pieds. Alors, il ne dirait rien, hiérarchie obligeant. Cependant, il ne s’était pas préparé à une telle question, et il la trouva aussitôt étrange, reconnaissant néanmoins un début de terrain glissant, peut-être les prémices d’une provocation. Il se laissa une seconde de réflexion avant de répondre sans émoi.

      « La tradition arkanienne, bien qu’elle se perde, veut que les promis ne se fassent pas accompagner à l’autel. Ils marchent seuls, l’un vers l’autre, indépendants vis-à-vis de leur famille. »

    Ses lèvres se pincèrent, et se délièrent, livrant le résultat d’une autre réflexion.

      « De coutume, c’est la fortune personnelle des époux qui paie la cérémonie. Ainsi, la grandeur du mariage révèle combien l’union est profitable. L’intervention d’un parent, de manière générale, est assez malvenue. La Monarque ne se fera pas accompagner ... »

    Il eut un sourire espiègle.

      « … et encore moins par un soldat. En revanche, le Seigneur Civicius sera témoin pour Arkania. Son frère, Kadmo. »

    Le frère était du voyage. Elizabeth n’en avait pas fait mention à son futur époux. Elle ne l’avait pas présenté, même pas évoqué. Elle n’en avait pas trouvé le temps, trop occupée à se reposer. Depuis son arrivée à bord, elle n’avait compté aucun temps mort propice à une présentation envahissante.

    Dans la cabine, le bain arrivait à son terme, et on passait sans attendre à la coiffure.
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By Harlon Astellan
#35939
Il pouvait le sentir. L'homme de terrain, le Garde silencieux, celui qui trop laid pour courtiser se contentait de donner la réplique. Un qui préférait encore rester en retrait, et admirer le fantasme de ses nuits plutôt que de faire un pas et de vivre avec le pleur en gorge jusqu'à sa disparition. Etaient-ils nombreux, ces hommes motivés par un seul regard, une forme, une idée. Etaient-ils courageux de supporter la rivalité. Oberan était-il un rival de l'Empereur ? Non. Sur le plan émotionnel, le Capitaine n'avait rien à offrir, ni rien offert. Etait-il riche ou puissant ? Non, mais qu'importait. Avait-il un coeur à donner ? Peut-être. Aurait-il été éligible à la main de la Monarque ? Peut-être.

Il en devenait, finalement, une sorte de rival. Si un crime passionnel devait se produire sous le toit conjugual, il viendrait certainement d'un homme comme Oberan. Ou, directement, d'Oberan en personne. La jalousie et l'envie le faisait tuer l'amant, ou son aimée, dans un éclat de folie et de désir d'exclusivité. « Votre Altesse Impériale. » Cela lui coûtait-il de le dire ? De le voir ici ? De connaître la fin de la journée ? De garder une cabine, où les activités... pouvaient être ce qu'elles étaient, entre un homme et une femme ? Harlon avait beau tenter, il ne se sentait pas désolé pour Oberan. Un chagrin d'amour était une tristesse dont on devait s'épargner. Mais l'Arkant était seul fautif de n'avoir fait aucun pas plus tôt. Et il fallait s'assurer qu'il n'y en ait pas plus tard. « La tradition arkanienne, bien qu'elle se perde, veut que les promis ne se fassent pas accompagner à l’autel. Ils marchent seuls, l’un vers l’autre, indépendants vis-à-vis de leur famille. De coutume, c’est la fortune personnelle des époux qui paie la cérémonie. Ainsi, la grandeur du mariage révèle combien l’union est profitable. L’intervention d’un parent, de manière générale, est assez malvenue. La Monarque ne se fera pas accompagner ... et encore moins par un soldat. En revanche, le Seigneur Civicius sera témoin pour Arkania. Son frère, Kadmo. »

Des messages passés comme ça, l'air de rien. La fortune personnelle des épous payait la cérémonie. Ce mariage, Oberan devait le savoir, était sur les deniers de l'Etat. Harlon n'avait aucune fortune personnelle. Pas un crédit ne tombait dans sa poche pour sa fonction. L'évocation de la tradition renvoyait Harlon à une classe morale équivalente à celle des miséreux. Subtil, habile. Harlon n'en était pas dupe. Quand au sourire narquois à l'évocation du frère, Harlon en resta marbré. Il avait toute confiance en Elizabeth. Cela ne l'empêchait pas de tout faire pour qu'elle n'ait pas le trône s'il venait à partir. Imaginaient-ils que l'Empire ne surveillait pas les départs officiels d'Arkania ? Que l'Ambassade ne contenait pas son lot d'agents des Renseignements ? Et que le manifeste de bord n'était pas tombé dans leurs oreilles ? Ne serait-ce qu'au débarquement des passagers sur l'Executor ? « Je m'étonne de l'absence de Stahl Civicus, le cadet. Nous devions faire affaire, lui et moi. » Des armes augmentées pour les forces spéciales. Quelle perte dommageable.

« J'aimerais que vous soyez à notre table, au banquet. » Ce n'était pas le cas. Les Gardes ne prenaient pas place. « Ensuite, vous viendrez présenter vos voeux à ma Dame. » Et un final. « Et vous renoncerez. »




« Un emblème impérial plein sur le pourtour ? » Pelleaon désapprouva la tenture immédiatement. « Blanc sur cercle rouge à fond noir. Voulez-vous faire passer une cérémonie pour un défilé de la Journée de l'Empire ? Pareil fanion n'a rien à voir avec l'amour ! » Le vieil amiral se lissa une moustache avec patience. « Scindez la bannière en deux, tons blanc et bleu clair, la moitié du cimier impérial, et l'autre moitié en emblème d'Arkania. Tons doux. Ceci n'est pas de la politique. » Il congédia le sous-officier et revint sur l'amiral. « Drôle de méthode. Vous faites une répétition à si peu de temps de la cérémonie ? - Je tiens à l'exactitude de leurs mouvements. » Il semblait plus énervé que jamais. « Caporal, vous ferez la mariée. Sergent, vous ferez l'Empereur. » Il tapa dans ses mains, observant les deux rangées se remettre en place. La mariée vit sa rangée, celle de droite, s'agenouiller à son passage. L'Empereur en vit de même, sur la rangée gauche, mais les deux rangées finissaient de se relever quinze pas après son passage. Les deux êtres à l'autel, tous se tournèrent d'un seul coup vers l'avant du vaisseau. Les Arkaniens étaient invités aux répétitions, enserrant l'autel de leurs armes et armures plus travaillées sur le plan cérémoniel. « Encore ! »




« Vous l'aimez, n'est-ce pas. » Quelle que fut la réponse d'Oberan quand Harlon lui avait dit qu'il renoncerait. « Moi aussi. Plus que jamais je n'ai aimé quelqu'un. » Il gardait les mains croisées dans le dos. « Je ne souffrirai pas de vous savoir auprès d'elle avec de noires pensées. Ce que vous penserez de moi sera comme penser d'elle. » Qu'il soit bien compris. « Renoncez. Vous n'en tirerez que le malheur. »
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