L'Astre Tyran

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Balmorra est un monde-usine de grande envergure au climat tempéré. Considéré comme hautement stratégique par la Nouvelle République pour ses capacités de production, son sol et son atmosphère ont cependant été largement pollués par ses immenses déchèteries industrielles à ciel ouvert.
Gouvernement : Confédération des Systèmes Unis
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By Haya Fuu
#35828
Le Besalisk essayait de garder une certaine contenance face aux évènements, mais cela lui était bien difficile. Il n'avait été le comptable de Narella que par l'effet du hasard, avant de se retrouver haper par le système. Quoiqu'il en soit, il se retrouvait en bien mauvaise position, coincé entre ses gardes imposés et l'Anzat. Etrangement, sans pour autant aller jusqu'à dire qu'il avait confiance en elle, il ne la voyait pas comme une menace. Il avait aussi toujours du mal à comprendre si le fait qu'elle lui confia le comlink pour contacter la Farghule était bon ou mauvais signe. Par contre, ce qui était indéniablement de mauvais augure, c'était que ce ne soit pas sa patronne qui lui réponde.

La réticence évidente de Composs à poursuivre la conversation poussa Haya à prendre les choses en main. Au moins savait-elle maintenant que son interlocutrice n'était pas celle attendue, restait à savoir si l'inconnue était prête à discuter ou pas. Il semblait plus logique pour la jeune femme de commencer par poser la situation, les choses n'ayant pas été particulièrement claires pour elle, au moins initialement, il était aussi envisageable que la personne avec qui elle allait devoir négocier ai un point de vue assez différent du sien.

La première question qui importait aux yeux de l'Anzat, était le devenir du contrat qu'elle avait accepté. Anonymat oblige, elle n'en connaissait pas le commanditaire exact, même si elle avait de bonnes raisons de croire que ce dernier faisait partie des cadavres retrouvés dans la dernière planque visitée. Elle pouvait aussi s'imaginer un coup monté de toute pièce pour déclencher une guère interne, provoquée soit de l'intérieur pour que Vargas reprenne la direction de l'organisation criminelle, soit mise en œuvre par un groupe extérieur en vue d'une déstabilisation. Le champ des possibles restait encore large.

C'est donc en tant que prestataire de services, quoi que le terme pu paraître assez déplacé, qu'elle avait décidé de se présenter. Elle était venue pour un contrat et désirait savoir si celui-ci courait toujours ou non. Elle n'insisterait pas inutilement sur le destin tragique qui attendait les filles si ce dernier était toujours d'actualité. Dans le cas contraire, elle resterait ouverte à la négociation.

L'Arcaniste avait quelques atouts dans son jeu qu'elle n'hésiterait pas à jouer. En premier lieu, les filles étaient à sa disposition, et pouvaient constituer une monnaie d'échange qui lui permettrait de rentrer dans ses frais pour l'opération. Mais elle percevait aussi que l'organisation criminelle, ou ce qui en restait, devrait rapidement se tourner à nouveau vers l'avenir si elle ne voulait pas subir de plein fouet les assauts d'une concurrence qui n'hésiterait pas bien longtemps avant de prendre les armes.

Elle mettrait alors en avant les erreurs commises par les précédent dirigeants : Belian, trop laxiste, ou motivé par des intérêts trop personnels, avait laissé faire ses lieutenants au lieu de superviser leur activité. On y comptait Narella, qui était la seconde à mettre en cause dans toute cette histoire, à être allée marcher sur les plates-bandes de Lez, au lieu de faire évoluer sa propre entreprise de son côté, pour le meilleur de son organisation. Et ce alors même qu'il y avait visiblement pas mal de projets à envisager, pour le peu que l'Anzat en avait vu. Gérer un réseau, ce n'était pas simplement garder les filles et se contenter de ramasser l'argent.

Bien sur Vargas aurait sa part dans l'argumentation de Haya : il avait trahi son parrain, et l'on pouvait logiquement s'attendre à ce qu'il recommence tôt ou tard. Quelles qu'en aient été les raisons, il importait donc d'avoir l'individu sous étroite surveillance. S'il avait cédé aux appels de la Farghule, il était légitime de penser qu'il était facilement manipulable, et donc susceptible de retourner sa veste à la prochaine bonne opportunité qui lui serait présentée. D'un autre côté, s'il avait orchestré toute l'opération, alors c'était un dangereux manipulateur, qui avait peut-être encore quelques atouts dans sa manche. Pour l'Anzat, un personnage comme Vargas ne pouvait se contenter que d'une position : celle du chef. Dans tous les cas, son orgueil ou son ambition finiraient à le pousser à trahir à nouveau.

Tout cela pour dire que si son interlocutrice souhaitait avoir la main mise sur ce qui restait de la petite organisation, et ne pas la voir disparaitre, soit à cause d'une implosion due à des rivalités internes, soit sous les crocs des autres organisations, il allait lui falloir investir sur Balmora, et garder tout son monde à l'œil. Et justement la jeune femme avait de l'expérience en la matière, et pouvait très bien s'engager à assurer diverses prestations moyennant quelques revenus ou avantages.

Si chacun savait tourner la page, il était aussi envisageable d'établir une relation d'ordre purement commerciale. Mais cette option ne paraissait pas forcément abordable alors que chacun était encore chaud de la longue nuit qui touchait à sa fin. L'esprit de vengeance devait encore tourner chez les compagnons des hommes morts au combat, et les partisans des uns et des autres devaient être à essayer de tirer le meilleur parti de la situation immédiate, plutôt que de voir loin dans le temps. Il était donc évident que Haya laisserait la situation se décanter avant de commencer à commercer, mais avoir un premier contact pouvait toujours être profitable.
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By Ranath
#35869
    L’interlocuteur, au bout du comlink, se tint silencieux. Dans le fond, derrière lui, on crut entendre un bruit, peut-être des mots. En réponse au silence, la Sith balança contre le mur l’appareil qui explosa en morceaux. Rhaga, observant la scène d’un regard suspicieux, restait immobile. La Mirialan se tourna finalement vers lui.

      « Dis-moi, maintenant, qui sont tes lieutenants. »

    L’Humain fit mine de ne pas avoir entendu et laissa voir une moue qui déplut à son nouveau maître. La main d’émeraude fondit sur sa gorge. Elle le tenait, cette fois, réellement, les ongles plantés dans sa peau.

      [Rhaga] « J’ai pas … de lieutenants. »

    Il la foudroya du regard, espérant se tirer d’affaire d’un vague mensonge. La prise devint plus ferme. À nouveau, il se sentit envahi d’une pensée qui n’était pas la sienne. Il l’entendait très nettement murmurer à son oreille des mots qu’il ne pouvait comprendre, bien qu’il crût en percevoir le sens. En quelques secondes à peine, il avait renoncé à la volonté de se débattre. La Sith put commencer son investigation, son esprit franchissant les frontières de celui de l’Humain. Elle revint au tout dernier tournant de la vie de Rhaga. Un assassinat sommaire, avec la complicité de quelques vieilles connaissances. Elle le vit dans cette pièce, face à Belian, au côté d’un ami de longue date, avec les lieutenants d’un général déjà mort en pensée. Une série de tirs, les crânes qui explosent. Le calme revenu. Rhaga, Ovat, Piet et Narella. Un maître et ses trois chiens. Elle ne se contenterait pas de broyer la volonté du premier, elle les briserait tous les quatre. Ils obéiraient, tous les quatre, et lui le premier. S’il pouvait se permettre de les diriger eux, elle avait le loisir de le contrôler lui. Un contrôle total.

    Le désir de la Dame Sombre devint si violent, et sa pensée avait phagocyté tant de niveaux de l’esprit de Rhaga, que l’ordre résonna comme un écho lointain au creux de l’oreille de l’Humain. Se soumettre. Obéir. Il obéirait. Elle le ferait obéir. Quand enfin la Mirialan se détacha de lui, il lui restait une impression étrange, dérangeante. Il se sentait lourd d’un nouveau poids, quelque chose d’inexplicable. Elle était toujours là.

      [Rhaga] « Ne refais jamais ça. »

    Le ton n’était plus menaçant. Rhaga se passa la main dans les cheveux, il avait mal au crâne. Il laissa entendre un court soupir.

      [Rhaga] « Dis-moi où est Narella. »

    À croire qu’il en avait oublié la question initiale de la Sith, ou bien savait avoir répondu malgré lui …


    * * *


    Ensemble, Ranath et Rhaga, gagnèrent le refuge de Vekko. Le colosse les accueillit froidement, comme il en avait l’habitude. Narella se jeta dans les bras de son amant, ce qui ne manqua pas d’énerver. Elle la saisit par le bras et la tira à distance de l’Humain.

      « C’est toi qu’on cherche, tu vas servir d’appât.

      - Hé !

      - Ferme-la. »

    Des bordels dont la gestion revenait à Narella, il y en avait un qui se trouvait à l’écart, celui-là même qui se tenait sur les quais, dans un quartier plus triste que les autres, et plus crasseux. Ce fut cet endroit que Darth Ranath choisit pour faire reparaître la fauteuse de troubles. L’information circula largement : la Farghule avait gagné son antre entourée de dix soldats de Rhaga. En revanche, point de Rhaga à l’horizon, il était retourné vaquer, préparer quelque chose avec Ovat, apparemment. La Sith n’avait que peu de moyens de mettre la main sur son adversaire au sabre pourpre. Elle ne se lancerait pas dans une chasse à l’homme, trouvant le terrain citadin trop dense. Si son ennemi avait des comptes à régler avec Narella, il se présenterait peut-être ici. En attendant, les deux femmes patientaient, dans un silence lourd de colère, dans le bureau sans fenêtres de la maison close située sur les deux premiers niveaux d’un immeuble de béton.



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By Haya Fuu
#35966
ImageLa conversation avait été finalement beaucoup plus courte que ne l'avait espérée l'Anzat. Impossible dans ces conditions de faire avancer son projet comme elle l'entendait.
"- On remballe. On ne va pas perdre notre temps sur un contrat dont on ne sait pas s'il sera payé. Qu’en dites vous Composs ?"
Le Besalisk n'était pas certain d'avoir à répondre, même si la question lui était nommément destinée. Après quelques secondes d'hésitation il se lança.
"- Dans la mesure où vous n'avez plus la garantie d'un paiement pour votre prestation, il me parait légitime de mettre un terme au contrat. Après je dois vous avouer que je maîtrise mal les conditions générales en rapport avec ce type d'association."
La réponse fit sourire Haya. Voilà un individu qui essayait à l'évidence de répondre sans répondre, tout en essayant de ne pas la contredire, afin de rester dans ses bonnes grâces. Un droïd protocolaire n'aurait pas été plus inutile.

"- Il y a toutefois une chose qui me chiffonne un peu.", poursuivit l'Anzat, "C'est que j'ai engagé pas mal de frais dans cette histoire, et que sans paiement, forcément l'opération va être difficile à rentabiliser."
"- C'est que vous détenez déjà plusieurs jeunes personnes qui peuvent vous assurer un bon revenu. Les chiffres du mois dernier sont plutôt corrects d'ailleurs, si on les compare à ceux de l'année dernière sur la même période."
"- Effectivement, mais c'est sans compter la période d'adaptation dont elles vont avoir besoin. Vous savez, le changement d'environnement, trouver et fidéliser leur clientèle. Ca va prendre du temps."
"- En effet, dans ce cas il y aurait toujours la possibilité de procéder à une revente partielle peut-être. Cela vous permettrait de faire rentrer la trésorerie nécessaire afin de faire face à vos échéances à court terme, tout en vous permettant à moyen terme de rentabiliser cette opération."
"- Je vois que nous sommes sur la même longueur d'onde ! », répondit l’Anzat sur un ton enjoué. « J'avais craint que vous ne preniez mal la suite des évènements. Alors dites moi, à combien pensez vous que les groupes concurrents de Narella seront prêts à racheter son comptable ?"
Le déglutissement de l'alien fut pour le moins sonore.

De part sa fonction, le Besalisk avait une connaissance à tout le moins intéressante des activités de Narella. Il avait pu visiter les différents établissements qu'elle contrôlait, il connaissait les filles autant que leurs protecteurs, et il savait à qui étaient versés une bonne partie des pots de vin. Et avant tout, il était capable de donner la valeur quasi-exacte de ce que gérait la Farghule. Autant d'informations qui ne manqueraient pas d'intéresser quiconque voulait mettre la main sur l'activité de Narella.

"- Mais non, j'déconne !", intervint Haya avant que Composs ne finisse par se décomposer totalement sur son siège.

Pourtant, cela ne l'avait pas dérangé de faire passer un message quelques heures plus tard, faisant savoir que dans une semaine, le Besalisk serait mis à disposition de qui s'engageait à en donner le meilleur prix. Le slicer de l'équipe se chargerait de la gestion de la transaction financière, avec l’appui de deux de ses collègues venus en renforts afin de tout sécuriser sur place, et donc d'éviter tout risque de permettre à quiconque de remonter à Loretto. D'ici là, l'Arcaniste avait prévu un programme particulièrement chargé pour son nouvel ami.

L'ordre de quitter Balmorra avait été donné peu après l'appel infructueux, et immédiatement suivi d'effet. Aux yeux de la jeune femme, il était devenu inutile de monopoliser du personnel sur une opération qui relevait plus de l'improvisation que d'un projet de conquête abouti. Elle même ne restait pas sur place pour poursuivre la Faghule, qui ne représentait plus grand chose, tant l'Arcaniste était persuadée que tôt ou tard elle et Ragha disparaitraient dramatiquement de la scène criminelle de la planète.

*-*


ImageImageComposs savait qu'il était dans un vaisseau, à cause du ronronnement des moteurs. La pièce était dans une obscurité absolue, précaution qui lui paraissait bien inutile puisque ses yeux étaient bandés. Il était fermement maintenu par des sangles, beaucoup trop serrées à son goût. La charmante criminelle s'était révélée sous son vrai jour. Sans savoir pourquoi, il s'était retrouvé paralysé. Pourtant il avait été prudent en n'acceptant rien qui lui ait été proposé par ses gardiens. Son corps avait été maladroitement descendu dans la cale du vaisseau qui lui avait fait quitter Balmorra. Tout ce dont il se rappelait pour le moment, c'est que la jeune femme lui avait dit que son sort serait bien plus enviable que celui des filles qu'elle avait emmenées plus tôt, mais cette tentative pour le rassurer n'avait pas vraiment eu l'effet escompté.

Haya se trouvait a proximité du Besalisk. Elle était à l'observer, parfaitement immobile. Sa Présence n'était pas fantastique, son anxiété perceptible. A travers la Force, Haya explorait lentement l'esprit de son invité, se contentant dans un premier temps de l'effleurer. Probablement le Besalisk était-il conscient de quelque chose, car plusieurs fois il tenta de tourner sa lourde tête à la recherche de quelqu'un ou de quelque chose.

L'Arcaniste avait le temps, et elle le prenait. Ils étaient devenus rares les moments où elle pouvait se consacrer à son apprentissage de la Force. Alors quand l'occasion s'était présentée, elle n'avait guère hésité. Et puis chez toutes les races, il était de coutume d'apprendre aux enfants à ne pas jouer avec la nourriture, et cela était d'autant plus vrai chez les Anzati, qu'ils se devaient de garder le secret de leur nature inacceptable par les autres êtres pensants. Et c’était un vrai plaisir que d’enfreindre les règles de bienséance.

Ce qui intéressait la manipulatrice était les mécaniques de la mémoire. Avant de remettre le Besalisk, elle tenait à lui faire oublier les quelques heures qu'ils avaient passés ensemble. La prudence était mère de sécurité disait-on. Il restait le seul à connaître la petite équipe qui était intervenu sur Balmorra. Haya ne pouvait envisager de le remettre à qui que ce soit en l'état.

Il ne s'agissait pas pour elle de passer un simple coup de peinture noire sur sa mémoire. Elle savait que ce genre de manipulation fonctionnait bien à court terme, mais sur le moyen et le long terme, il restait un risque que la mémoire initiale transparaisse à nouveau petit à petit, alors que le temps écaillerait la peinture allègrement étalée. Ce que Haya désirait, c'était supprimer définitivement les souvenirs du Besalisk.

Durant les jours qui suivirent, elle s'investi dans cette tâche ardue. Petit à petit elle rognait sur la mémoire de Composs, tels des miasmes corrodant un organisme. Le travail demandait de la minutie, et Haya se sentait comme une jeune enfant tentant de colorier un dessin sans déborder. Inévitablement, le crayon devait franchir les lignes du temps, allant au-delà des derniers jours. Tout cela n'était pas dramatique, même si à terme sa victime pourrait montrer quelques troubles face à ses moments perdus.

Quoiqu'il en couta à Composs, le calvaire finit par toucher à sa fin. Le cobaye n'avaiet pas initialement compris ce qui se passait, ce que Haya lui voulait. Ce n'est que lorsqu'il commença à avoir de plus en plus de mal à se remémorer ces derniers jours, qu'il compris, sans savoir comment cela était possible. Sa résistance malgré tout était restée faible, comme lui l'avait toujours été. Paralysé intellectuellement par la peur, comme ses liens le maintenaient impuissant.

La nouvelle de la réapparition de la Farghule lui était parvenue. Une paire d'amis de Composs avaient acceptés de les renseigner de toute information concernant Ragha, Narella ou les autres lieutenants, via une boite aux lettres électronique anonyme qui était relevée de temps en temps. Mais à cet instant, la féline ne faisait plus partie des préoccupations de l'Anzat. Elle devait préparer la vente. Ensuite elle reviendrait vers sa proie, peut-être, si rien de plus intéressant ne se présentait à elle.

Quant aux slicers, ils travaillaient de bon cœur. Un système complexe de renvoi de messagerie avait été déployé, rendant compliqué rien que le fait de savoir quand une information serait relevée dans l'une des boites aux lettres mises en place. Les services de Caviar leur avaient aussi fourni, deux jours avant la date de la transaction, un modèle à déployer afin de permettre de récupérer les crédits au travers de plusieurs établissements aux fonctionnements plus ou moins opaques.

Restait à savoir si les propositions allaient affluer, ou pas.

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