L'Astre Tyran

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By Elysia Astellan
#35952
    Pas de message, aucun sous-entendu. Le Capitaine délivrait une information culturelle, bien loin d’un registre provocant. Du moins, l’espérait-il. Et il ne savait rien des revenus de l’Empereur. Ou peut-être le savait-il, dans le fond, mais cela le laissait indifférent. Et il ne se serait pas risqué à contrarier un tel personnage. Le dialogue le mettait tout simplement mal à l’aise, bien qu’il fût capable de faire face à son bourreau. Un Empereur comme Astellan avait, pour ainsi dire, tous les droits. Oberan se figurait que rien n’arrêtait son ire, pas même l’amour de son amante. De fait, il restait prudent. Et les mots qui vinrent ensuite le surprirent malgré tout.

      « J'aimerais que vous soyez à notre table, au banquet. »

    Il allait répondre aussitôt, les gardes ne s’attablaient pas au banquet, mais l’Humain ne lui en laissa pas le temps.

      « Vous l'aimez, n'est-ce pas. »

    L’annonce le frappa comme la foudre. Avait-il l’air de l’aimer ? Ou du moins de lui porter un intérêt certain ? Cela sautait-il aux yeux ? Pour qui aimait la Monarque, certains détails pouvaient induire quelque déduction. Mais l’aimait-il vraiment ? Au point de tuer ? Oui. Au point d’assassiner l’Empereur, son époux ? Non. Oberan était loyal, et bien des raisons l’avaient poussé à ne jamais s’entretenir avec la Reine sur le sujet. Le silence était un choix, non une contrainte.

    Le Capitaine eut soudain l’air contrarié. À distance des miliciens, il paraissait entretenir avec l’Empereur une discussion complexe, mais nul n’aurait pu deviner le contenu de leur échange.

      « J’ai reçu mes ordres pour la journée, Votre Altesse, veuillez m’excuser, je n’y dérogerai pas. »

    Il prit une brève inspiration, sans pour autant laisser le temps à l’Humain de s’empourprer.

      « Cependant, je prends vos remarques en considération, et apporterai au problème une solution. »

    Le ton avait radicalement changé. J’ai compris, n’insiste pas. Isen avait tout intérêt désormais à se sortir de cette situation. On formulait des menaces. Il n’irait pas geindre auprès de son employeur, c’était peine perdue.

    Les bottes arkaniennes claquèrent soudain au bout du couloir, devant la porte de la cabine royale. Les quatre miliciens relevèrent la tête tandis qu’apparaissait le jeune Civicius, dans un ensemble traditionnel des plus finement ouvragés. Un pantalon ample sombre resserré aux genoux par des bottes de cuir épais, surmonté d’une tunique noire. Derrière lui flottait une cape pourpre bordée d’or. Il ne jeta pas un coup d’œil aux soldats, son regard se posa aussitôt sur le duo qui conversait de l’autre côté. Kadmo attendit qu’on lui permit d’approcher l’Empereur, et chassa Oberan.

      « Empereur Astellan. Je suis honoré de vous rencontrer enfin, et navré, par la même occasion, de n’avoir pu me présenter à vous plus tôt. »

    Il obéissait aux directives de sa sœur.

      « Je suis Kadmo Civicius. »

    Cela semblait évident, et à la fois, il crut bon de préciser la chose.

      « Je suis on ne peut plus heureux en ce jour. Et à la fois très pressé. »

    Sa sœur, encore.

      « La Monarque me demande. Elle doit revoir les contrats dans leur version définitive. Etant donné le statut de votre épouse, Arkania vous consent la nationalité arkanienne. Permettez que je vous apporte ces documents dès leur dernière révision ? »

    Il avait l’air, en effet, pressé, et anxieux.

    À la porte de la cabine, Oberan avait rejoint ses camarades. L’un d’eux trépignait, du stress peut-être. Meyine ne tenait pas en place. Elle se dandinait, en vérité, depuis le départ d’Arkania. Quoi de plus maladroit que de danser d’un pied sur l’autre en présence de son supérieur militaire, à quelques mètres d’un Empereur, d’un Seigneur Arkanien, devant la cabine de la Monarque. Les mots du Capitaine sifflèrent entre ses dents.

      « Calmez-vous, ou je vous fais remplacer. »

    L’Arkanienne acquiesça en silence.

    L’échange avec Astellan terminé, Civicius revint à la porte de la cabine pour y frapper, mais l’intervention de l’Arkant le stoppa.

      « Seigneur Civicius ? »

    Kadmo se redressa.

      « Oui ? »

    Les sourcils froncés, il ne pouvait mentir sur son niveau d’agacement. La discussion dura plusieurs minutes, avant qu’Oberan ne fut renvoyé à son poste, immobile, en faction dans le couloir. Et Kadmo rejoignit sa sœur. La porte se referma derrière lui.


    * * *


    Elle était coiffée, maquillée, mais se lovait encore dans un déshabillé de soie, et I-sys se tenait dans un coin, en veille.

      « Tu n’es pas habillée ?!

      - Kadmo. Je suis prête ! Il ne reste que la robe ! »

    Le frère baissa la tête, son anxiété gagna un niveau supplémentaire.

      « Bon, assois-toi. »

    Les deux Civicius prirent place l’un en face de l’autre.

      « J’ai relu le contrat. Tu prends le nom d’Astellan, ton époux est d’accord ? »

    La Monarque hocha la tête.

      « Et ton prénom ? Tu voulais changer.

      - Je ne sais pas … je ne pense pas.

      - Tu lui en as parlé ?

      - Non … On va laisser comme ça. »

    Kadmo hocha la tête tout en pinçant les lèvres en une grimace indéfinie.

      « Bon, c’est bon pour moi alors. Ca va ? »

    L’Arkanienne jeta un coup d’oeil à l’horloge. Les quatre chiffres s’affichaient en surbrillance.

      « Oui, ça va être l’heure de mettre ma robe. »

    Le frère hésita, et se décida finalement.

      « Tu as encore une minute ? J’ai à te parler à propos d’Oberan. »


    * * *


    Le Seigneur Civicius quitta la cabine de sa sœur pour trouver le Capitaine à son poste.

      « Vous avez vos ordres, suivez-les. La Monarque vous convoquera. »

    Et il s’en fut, à la recherche de l’Empereur, à qui il avait à donner les contrats arkaniens. Tout était prêt, mais il avait fallu que sa sœur lui fît attendre le dernier moment pour s’occuper de ce détail. À l’impérial adéquat …

      « J’ai à donner ces documents à l’Empereur, avant la cérémonie. »

    … il restait une heure.
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By Harlon Astellan
#36000
Je le palpe. Ton malaise. Ton oeil reste vitreux, tes rides restent lissées. Mais dans ton coeur sommeille un cratère, prêt à craqueler le monde. Ton pied danse, comme en échauffement d'une bagarre. Tu veux frapper. Frappe donc. Les Arkants, petites choses fragiles. Trop humains pour cacher leurs expressions, trop Arkaniens pour les exprimer. Les imperfections des deux les rendaient si... prévisibles. Une relation féconde entre les deux espèces donnait-elle un Arkant ? Non. Ils sont faibles. Une expérience de laboratoire. Un rat artificiel. Un enfant naturel donne une perfection combinée. Oberan, Oberan... « J'ai reçu mes ordres pour la journée, Votre Altesse, veuillez m'excuser, je n'y dérogerai p... - Oooh, mais si, voyons, vous y dérogerez... »

Harlon allait donner une raison de provoquer le malaise. Jouer du contact, travailler au corps. Entrer dans un cercle que chaque individu, même le plus vil, croyait sien. Son espace vital. Cercle intime, dans lequel ne pénétraient que les invités. Harlon avança d'un pas, et porta ses mains au col d'Oberan. Ses mains agiles, laceuses et brunies par le soleil et l'effort guerrier, à parcourir le col, reboutonner l'ensemble, lisser les épaules, remettre le pli comme il fallait. L'Empereur, habillant un banal chef de sécurité privée. De loin, on le croyait en discussion amicale, à donner des conseils vestimentaires, pour que son ego de noble soit flatté de la perfection vestimentaire du plus humble de ses invités. « Vous y dérogerez parce que c'est mon ordre, mon cher Oberan. L'Ordre d'un futur citoyen Arkanien. Au titre de noblesse reconnu... » Dernière touche au veston. Aligner les motifs... voilà... « ... et futur co-dirigeant de la maison qui vous emploiera. Emploi pérenne, bien sûr. » Il ne le ferait pas virer. Oberan allait être utile en tout.

Cet amourette idéaliste, garant de la protection d'Elizabeth. Cette haine froide envers lui, la promesse de toujours surveiller ses arrières. Un adversaire imprévisible aux méthodes insoupçonnables. Une pierre à aiguiser pour le surin des trahisons qui planait sur lui en permanence. « Vous êtes un... homme... intelligent. Et compétent. Votre présence aux côtés des miens ne pourra que me rassurer. » Ouvrage terminé. Il était impeccable. Comme avant. Les boutons étaient mieux arrangés, tournés de façon harmonieuse pour suivre les coutures. Petit mouchoir sortant de la poche. Le col égal, le pli refait. Le tomber des manches travaillé. Harlon claqua ses mains sur les bras de l'Arkant. « Vous êtes superbe, Capitaine ! A ma table, donc. »

Comme si le Destin voulait offrir une offrande au Capitaine, il invoqua un petit noble Arkanien, à qui Harlon fit signe de s'approcher. Il avait fini de parler à Oberan. Chassé d'un revers de la main empli de ségrégation d'un jeune alevin aux traits fins, qui paraissaient presque rachitiques aux yeux, plus gonflés, de l'Humain. Un examen de pied en cape révéla à Harlon un jeune freluquet aux manières aiguisées, et aux yeux l'étant tout autant. Foulant le sol et la distance dans un bruit de fer martelé. « Empereur Astellan. Je suis honoré de vous rencontrer enfin, et navré, par la même occasion, de n’avoir pu me présenter à vous plus tôt. Je suis Kadmo Civicius. Je suis on ne peut plus heureux en ce jour. Et à la fois très pressé. La Monarque me demande. Elle doit revoir les contrats dans leur version définitive. Étant donné le statut de votre épouse, Arkania vous consent la nationalité arkanienne. Permettez que je vous apporte ces documents dès leur dernière révision ? » Harlon n'esquissa aucun geste. Ne froissa aucun muscle. Son oeil resta fixe. L'oscillation naturelle du corps perché sur ses pieds cessa même. Statue de cire, Sphinx éternel, veillant périodiquement sur les âmes mortelles... Kadmo Civicus était percé d'un million de flèches d'émeraudes chaque seconde.

Le temps resta perché sur une lance d'argent. Il fallut qu'un soldat ne bouge enfin, inquiet de cette rigidité cadavérique soudaine, pour que l'Empereur se décide à reprendre le flux d'une communication. « Enchanté. » Il pencha la tête sur le côté, inquisiteur. La redressa. « Je suis Harlon Astellan. Empereur Galactique, Chef des Armées Impériales, Grand maître de la Diplomatie Impériale, Commandeur Suprême de la Marine Impériale, Chef Suprême du Corps des StormTroopers, Grand Trésorier Impérial, et Chevalier de la Croix Gouvernementale Impériale. » Rester immobile. Faire face. La pensée majeure : faire baisser les yeux de l'autre. Une posture d'imposture. « On se rencontre enfin... Je me suis toujours étonné que les deux frères et la mère d'Elizabeth n'aient jamais trouvé le temps de venir à ma rencontre. » Les Civicius devaient être des êtres d'exception. Pour qu'un banal petit noble d'une planète isolée s'approche de lui sans prendre la peine de respecter le protocole d'approche vers un Empereur Galactique, il fallait être soi-même au sommet de la puissance de l'Univers... Ou bien dans une phase de reniement d'un statut de Chef d'Etat... ou, banalement, très con. « Oui, apportez-moi les contrats ensuite. » Il avait rédigé ses voeux.



« Fut un temps où je pensais qu'un mariage d'amour se passait de contrat. » Il cligna des yeux. C'était la première fois depuis que Kadmo l'avait approché. « Faut-il croire que cela reste indispensable, quand seul le coeur devrait être signé... » Il soupira. « Revenez me voir quand vous aurez terminé. Je dois me rendre dans mes quartiers. »




« Crétins. » Le robot s'arrêta. « AIS-JE MAL AGI, MAÎTRE ? - Ton ouvrage est irréprochable, droïde. Je mentionnais, au pluriel, l'escorte Arkanienne. Elizabeth, pauvre Elizabeth... entourée d'incapables et de pachydermes... Pas d'étonnement à la voir abdiquer, mieux vaut une vie simple que diriger pareille bande. Je te le dis... ses suivants sont certainement moins capables que mes propres Grands Moff. Et ce n'est pas peu dire. »

L'habit prenait forme. Chemise grise à manches longues, tabard, épaulières noires à liserai doré, jupe de lattes en cuir, ceinture noire large à boucle en argent, frappée du cimier impérial. Il se fit habiller en une vingtaine de minutes. Coiffure, barbe huilée, dépossédé des crasses corporelles... il venait de prendre une douche, mais angoissant à l'approche du moment fatidique, il se sentait transpirer le long de l'échine. Et si elle disait non ? Il déglutit bruyamment. On frappa à sa porte. « Entrez ! » C'était le fameux contrat. Les exigeances de sa future.




Plus tard, on vint vite le voir. Un sous-officier bien présenté, uniforme lissé. « La cérémonie va commencer, Votre Majesté... »
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By Elysia Astellan
#36033
    Elle était prête. Postée devant la glace, elle observait sa silhouette. Une main habile replaça la dernière mèche de cheveux dissidente. D’apparence, le résultat laissait Elizabeth de marbre. Pas un sourire, pas même pour elle-même. Voilà que le silence durait depuis déjà près d’une heure, elle le brisa sans entrain, d’une voix distraite.

      « C’est bientôt l’heure. Va chercher Oberan. »

    La porte se rouvrit un instant pour faire entrer le Capitaine qui attendait depuis déjà longtemps après le départ de l’Empereur.





      « Entrez ! »

    Le contrat entra, suivi de Kadmo. La porte se referma derrière lui.

      « Empereur Astellan, merci de me recevoir. »

    Il en avait assez de ces allers et retours, mais plutôt que de se laisser distraire par son aigreur, il affichait un sourire presque amical. L’Humain était fin prêt, c’était un fait positif, et il pouvait s’en réjouir. Civicius espérait simplement que sa sœur, elle aussi, serait prête dans les temps, et qu’il n’aurait pas à courir encore les couloirs pour prévenir d’un retard futile.

      « Elizabeth me charge de vous faire prendre connaissance de ces documents. »

    Cela aurait dû être fait depuis déjà la veille ! La Reine avait pris son temps.

    Il fit un pas ou deux pour tendre le datapad à Astellan.

      « Votre union avec une citoyenne native d’Arkania vous autorise à candidater pour la nationalité arkanienne. »

    Le ton laissait à penser que Kadmo récitait.

      « N’étant pas vous-même natif d’Arkania, la nationalité par union vous octroie les droits élémentaires arkaniens. Ainsi, devant la justice arkanienne, lors de transactions économiques triviales, et au sein du service médical arkanien, vous seriez l’égal d’un natif d’Arkania. En revanche, la nationalité par union ne vous donne accès ni à la direction d’un clan, ni aux postes politiques arkaniens, ni aux postes militaires arkaniens.

      Ainsi est faite la loi.
      »

    Il se tut un instant. Et reprit d’un ton égal.

      « Empereur Astellan, souhaitez-vous candidater à la nationalité arkanienne ? »

    S’il répondait oui, il lui demanderait de signer au bas du document, après l’avoir lu, bien entendu. S’il répondait non, Kadmo hocherait simplement la tête et reprendrait son datapad.





    Il ne disait mot, attendant patiemment la fin de la séance narcissique. Enfin, la Reine pivota vers lui.

      « Que se passe t-il ? »

    Il eut l’air aussitôt surpris, comme pris de cours. Elle l’avait appelé, il était venu. La réponse tarda à venir.

      « Entendez-vous me déranger aujourd’hui avec des états d’âme, ou nous mettons nous en route dans l’instant ? »

    Les lèvres pincées de l’Arkant se délièrent.

      « Votre fiancé, l’Empereur Astellan, pour la réception, m’invite à votre table. Me permettez-vous …

      - Non. »

    Il prit soudain un air contrarié.

      « Vous avez vos ordres, suivez-les, ne commettez pas d’impair. »

    On frisait la colère. Elizabeth voyait cette requête sortie de nulle part, une fantaisie de son époux. Peut-être escomptait-il lui faire plaisir ? Ou appréciait-il réellement Oberan ? Des idioties, selon elle.

      « Avez-vous terminé ? »

    Après un bref soupir, Isen s’autorisa un hochement de tête affirmatif.

      « Allons-y. »

    On viendrait en effet bientôt chercher la promise de l’Empereur pour le début de la cérémonie.





    Les documents signés, ou pas, les Capitaines recalés, les derniers ajustements faits, on pouvait s’élancer, chacun dans son couloir, en direction du pont. Le cortège arkanien était simplement composé. Une paire de soldats en tête précédait la Reine, directement suivie de son frère, puis d’Oberan, et de quelques autres de ses gardes. Une procession anthracite au coeur de laquelle Elizabeth étincelait d’un rouge vif. Le rouge, le luxe arkanien. On voulait le vert et le bleu communs, le jaune extravagant, l’or et l’argent nobles, mais le rouge luxueux. Sur la lande arkanienne, ne poussait aucune fleur plus colorée que rose, et d’un rose pâle. Le rouge se révélait être une couleur artificielle, exotique, une couleur de riche. Toute en soie et en perles, la robe à elle seule coûtait une fortune. Le bustier brodé marquait la taille et dévoilait les épaules nues de l’Arkanienne, tandis que les différents pans de la jupe tombaient en croisé, jusqu’à couvrir les escarpins de nacre. On devinait plusieurs épaisseurs de soie douce, structurées par de fines broderies. Sur les cheveux peignés et laissés libres de la Reine, tombait un voile de mousseline translucide, que l’Empereur aurait plaisir à soulever en fin de cérémonie.

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By Harlon Astellan
#36072
Encore lui. Harlon commençait déjà de le détester. « Kadmo Civicius. C'est toujours un plaisir. » Il avait hâte de rencontrer la mère. Il allait s'amuser. « Elizabeth me charge de vous faire prendre connaissance de ces documents. - Un moment s'il vous plaît. » Les bras encore en T, il pointa juste son index en l'air. Le droïde termina le col, ajusta l'épaulière... et ce fût tout. Harlon lissa son pourpoint, ajusta sa ceinture à son confort, et vint sur Oberan tout entier. « Pardonnez-moi. Nous disions donc. » Mais le détail venait d'un terme croustillant. Candidater. Sa candidature, à lui, Empereur Galactique, Epoux Civicius, Consort de la Dernière Monarque, semblait pliée d'avance. Jouée avant le début de la partie. Un match truqué en somme. Harlon n'en restait pas moins choqué de voir que lui, Empereur Galactique, devait tout de même participer à la partie. Il voulait le trophée d'office. Il n'allait pas s'amuser à jeter des dés, même pipés. Et un détail le travaillait. Il était impossible de traîner l'Empereur en justice dans l'Empire. Intouchable à vie, le temps qu'il parte du trône. Mais devenir citoyen, c'était devenir justiciable Arkanien. Citoyen ordinaire.

Avait-on prévu de créer un incident en sortant le meurtre froid, sous témoins, d'un Conseiller Arkant ? Du genre... à manquer de respect à sa Dame à la sortie d'un opéra ? L'occasion était parfaite pour les détracteurs de l'Empire. L'Empereur, accusé par un tribunal populaire de meurtre, sommé de s'y présenter, et de purger sa peine. L'Empire ne livrerait pas son chef. Mais on provoquerait alors un déni de justice. Les neutres y verraient un signal de corruption. La Nouvelle République, en manoeuvrant habilement, pourrait en tirer un fait de guerre. Les rets impériaux seraient alors inopérant. Toute la géopolitique s'effondrerait en un instant. « Segienru Civicius, il serait un honneur pour moi de candidater à la nationalité Arkanienne. » Il n'esquissa aucun geste vers le datapad néanmoins. « Mais je crains que des enjeux diplomatiques trop importants ne m'obligent à y renoncer. Pour le moment. » Il trouva alors, en improvisation, un justificatif idéal. « De plus, je ne suis point de ceux qui estiment qu'un mariage couvre l'honneur de devenir un citoyen, de n'importe quel endroit. Devenir Arkanien ne devrait pas être acquis, surtout pas par un chemin détourné comme le mariage. Devenir Arkanien demande un engagement, une envie, une connaissance de la culture, de l'histoire. Je deviendrai Arkanien quand j'aurais mérité de l'être. » Le monologue de la nationalité par l'effort, plutôt que par les mariages blancs... L'Empire ne tolérait pas ces pratiques. Logique alors que l'Empereur n'en fasse pas usage. En vérité, il ne mentait pas vraiment en l'énonçant. L'Empire n'accordait sa nationalité que sous deux formes : par l'effort de s'intégrer à une de ses planètes, ou par le sang versé pour lui. De nombreux apatrides avaient rejoints l'Armée de Terre, et avaient débarqué sur des théâtres qui comptaient encore les cadavres à entasser. A eux, on avait accordé une identité sur une planète nouvelle.

« Merci néanmoins, Seigneur Civicius. Partie remise uniquement. »




« Bon. » La tradition. L'homme en premier. Elizabeth terminait certainement ses préparatifs. « Bon sang... » Ne penser à rien. Sinon tout irait aux regrets. Il ouvrit sa porte, il remarqua alors son chuintement. En face de lui, quatre Gardes Rouges, prêts à l'escorte de rigueur. Kanos en était. En tête d'un losange espacé. L'Empereur se plaça au centre. Il hocha alors la tête. Le couloir ne contenait rien. Les pas martelèrent sous un silence pesant. Au détour du couloir, on découvrit alors deux rangées de soldats. A sa vue, mains sur le coeur. Et alors qu'il passait, son pas s'aligna avec une descente à genou de la file de droite. Ballet uniforme, chaque homme, à sa place juste, s'inclina, et resta ainsi incliné, le temps de remonter toute une file, sur une centaine de mètres. C'est à un dernier virage qu'on laissa l'Empereur apercevoir le pont.

Tout était comble. Les murs, aux entrelacs des deux bannières nationales, des assemblages musiciens réinterprétant les deux hymnes sur des notes douces, au rythme ralenti, presque gai. L'Empereur se souvint alors de qui officiait. Les officiers en chef des bâtiments possédaient l'exquis avantage de pouvoir organiser des mariages sur le pont de leur bâtiment, des mariages reconnus par les entités civiles. Quel officier plus honorable que le vieux Corellien, admiré de ses pairs, respecté de ses hommes, apprécié de ses ennemis même ? Pelleaon, fringant dans son uniforme blanc immaculé, une fourragère d'or à l'épaule, en sus de ses épaulettes courbes. Pelleaon lui souria. Pourquoi ? Etait-ce un bonheur sincère pour l'Empereur ? Ou pour le message qu'une telle alliance promettait ? Peut-être les deux, mais le clin d'oeil de l'Amiral acheva de convaincre Harlon qu'il se réjouissait simplement, d'humain à humain. L'Empereur ne pouvait pas espérer meilleur prêtre pour la cérémonie. L'Empereur fut vite abandonné sur sa droite par ses gardes. Il monta seul sur l'estrade en métal lustré, passant le tapis pourpre, sous un chemin de fleurs rouges et bleues. Le vaisseau sentait les fruits des bois et l'écorce séchée.

Puis, ce fut au tour de la mariée de venir. L'allée droite restait genou à terre, la tête rentrée sur la taille. L'allée gauche restait, elle, bien droite. Jusqu'au passage, uniforme, des Arkaniens. Quatre gardes, en losange, au milieu une Monarque, en rouge vif. L'allée gauche eut ses ordres. Les pas de la Monarque se faisaient perpendiculaires aux pieds des soldats. Dès lors qu'une ligne se formait, l'allée gauche se mit en miroir de la droite. Il n'y eut bientôt plus de la marée humaine qu'une allée de visages baissés.

Harlon cligna des yeux en la voyant arriver. Elle marquait leur union sous les couleurs de la passion. Un rouge puissant, exotique, pour trancher la sobriété d'un humain trop impérial, qui patientait, mains croisées dans le dos. Elle aussi allait monter auprès de l'autel. Déposer ses pieds sur un métal lustré. Fouler du pied un ensemble de fleurs, à l'odeur de fruits des bois et d'écorce séchée.

A portée de main, il tendit la sienne. La faire grimper avec lui. Le voile couvrait à peine le visage, sévère, mais... heureux ?

« Enfants de l'Empire, Enfants d'Arkania... » L'Empereur n'aurait pas trouvé mieux. « Nous voici réunis aujourd'hui pour la célébration de l'Union Sacrée de la Monarque Elizabeth du Clan Civicius d'Arkania, et de l'Empereur Galactique Harlon de la famille Astellan de Nouane. » S'ensuivit des paroles un peu creuses, bateau, faisant foi de l'amour, de la passion, de la paix, et caetera... « Les époux ont souhaité prononcer eux-mêmes leurs voeux. » De ? De... Pelleaon, rusé comme un singe-lézard... La femme se lançait toujours en premier.

A quoi Elizabeth vouerait-elle sa vie ?
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By Elysia Astellan
#36300
    Avec désinvolture, il jeta le datapad sur le plateau métallique de la table basse.

      « Il a refusé. »

    La surprise foudroya Elizabeth, qui pivota vers son frère, le regard d’abord, puis le buste, les hanches, et enfin ses deux pieds, l’un après l’autre, les talons de ses escarpins claquèrent chacun leur tour. Elle était soudain furieuse, à quelques minutes à peine de quitter sa cabine, toute de rouge vêtue, un voile opalin habillant sa coiffe sobre.

      « Qu’est-ce que tu lui as dit ?

      - Rien de spécial. »

    Il se sentait transpercé de ce regard de glace, une glace brûlante. Sa voix, elle-même, était en colère.

      « La procédure inclut un texte standard, j’ai énoncé le standard.

      - Tu es un idiot. »

    Une gifle, verbale et mentale.

    On toqua à la porte.

      « Elizabeth, je …

      - Allons-y. »

    Trop tard.




    Il y avait tout ce monde, toute cette mise en scène. Elizabeth avait laissé à son futur époux le loisir d’organiser la cérémonie. Elle avait remonté l’allée entre deux rangées de soldats en uniformes d’apparat et se tenait désormais sur fond d’armoiries. Rien de faste, rien de somptueux, pas au sens où elle l’entendait, mais de l’imposant, de l’officiel. Et cela lui donnait à sentir une étrange émotion, qui lui tordait l’estomac. Il avait refusé de partager avec elle son appartenance, Arkania, après avoir cédé finalement sur son nom. Qu’attendait-il véritablement d’elle ? Que voulait-il partager avec elle ? Sinon sa couche, et une poignée d’insignes. Devait-elle se mettre en colère, maintenant ?

    Tout refuser, et l’épouser en secret. Ou, tout accepter, et donner dans l’officiel impérial. On lui donnait un peu des deux, à mi chemin entre l’amour et le contrat.

    Les voeux … les voeux !

    Le regard d’Elizabeth, depuis son apparition au bout de l’allée, ne décrochait pas d’Harlon. Il ne pouvait le voir, peut-être le sentir. Au fond d’elle, elle se sentait déçue.

    Elle sourit quand on lui offrit un instant de parole.

    Moi, Elizabeth.

    Et après, quoi ? Aucun de tous ses mots, ceux préparés des jours auparavant, ne convenait à l’occasion, n’amenuisait sa colère. Tous ces hommes, chacun d’une pirouette malhabile, avaient échoué dans l’exercice de leur devoir élémentaire. Un seul pouvait se targuer d’avancer une excuse en oerstite trempée, à supposer qu’on trempait l’oerstite. La Reine posa sur cet homme un regard sombre - de nacre pour l’assemblée. Etait-ce là un résidu d’anxiété, cette petite ride sur son front haut ? Craignait-il un refus de dernière minute ?

      « En ce jour, moi, Elysia Civicius d’Arkania, me lie, et ce pour toujours, à Harlon Astellan de Nouane.

      Mes joies seront celles de mon époux, et ses malheurs les miens ; à l’instar de mes réussites et de ses échecs - puissent-ils être néant.
      Dès lors je dédie mon existence à cette union : nous serons victorieux ou nous ne serons rien.

      Ni le temps ni la mort, ne saurait défaire ce serment inconditionnel. Ma promesse est éternelle.
      »

    Sa main dans celle d’Harlon se serra doucement. Malgré tout, elle avait ce regard sévère des grandes occasions.

    La colère était passée.

    Quelqu’un, dans l’assemblée, nota le discours improvisé, bien loin de la préparation faite des jours auparavant. La Reine avait changé d’avis. Et si son partenaire n’en faisait pas autant pour sa décision, elle serait bientôt Impératrice.
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By Harlon Astellan
#36304
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Une crise cardiaque. Il la pensait, il la voulait, il l'aurait bien eue. Alors qu'il voyait la créature la plus solide et la plus fragile qu'il connaissait, approchant là, gonflant son désir, il se sentit mal. Comme s'il avait conscience de faire une énorme bourde. Simplement le stress de tout. Mais il repensait à ses propres voeux. Le contrat de mariage, le sien, était soufflé par d'autres gens, derrière lui, du genre qui ne se réjouissaient pas de voir une alien au trône impérial. Pour acheter leur tranquillité, au moins pour un temps, il avait bloqué toute succession pour Elizabeth. Là aussi, au moins pour un temps. Les complots fusaient depuis un moment. Maintenant, ils allaient redoubler, et à de plus hauts niveaux. L'assassin d'Elizabeth était peut-être déjà là. Quelque part.

La sécurité était renforcée. Mais la paranoïa refaisait surface. D'un oeil inquiet, à guetter les regards tournés vers eux... les mains qui glissaient ailleurs que dans le dos... « En ce jour... » Les voeux ! Imbécile. C'était sensément le jour le plus heureux de son existence. Et il gâchait un moment crucial... Non, pas crucial ! Important, émotionnellement. Qu'il se concentre... Non, pas se concentrer ! Juste en profiter. « ... moi, Elysia Civicius d’Arkania, me lie, et ce pour toujours, à Harlon Astellan de Nouane. Mes joies seront celles de mon époux, et ses malheurs les miens ; à l’instar de mes réussites et de ses échecs - puissent-ils être néant. Dès lors je dédie mon existence à cette union : nous serons victorieux ou nous ne serons rien. Ni le temps ni la mort, ne saurait défaire ce serment inconditionnel. Ma promesse est éternelle. » Il sourit. Intérieurement, il s'inquiétait de ces voeux. De ses voeux. Un ton martial, qui impliquait la conquête. Et une soumission. Certes, elle était une femme. Cela ne la rendait pas moins inférieure pour l'Empereur. Il était au-dessus de tout ça.

« Moi, Harlon Astellan, je me lie à toi, Eli...sia Civicius. Je te jure ma fidélité, mon admiration, mon respect, mes valeurs, et ma protection. Que tes problèmes deviennent les miens. Que tes chagrins deviennent les miens. Que tes joies deviennent les miennes. Et que cette Galaxie ne nous sépare jamais de notre vision. » Il lui serra la main en souriant. « Par le serment sacré que vous vous êtes échangé... Je vous déclare... »

Trop tard. Harlon était déjà parti à embrasser la mariée.




« Sa Majesté Impériale, l'Impératrice Eli...sia Astellan. » Changer de prénom. Quelle était cette tradition ? Pourquoi abandonner Elizabeth ? Etait-ce pour tourner le dos à son nom d'esclave de sa famille ? Une renaissance. C'était logique. Mais il faudrait s'y habituer. Harlon l'introduisait lui-même, plutôt que de laisser faire le droïde protocolaire qui devait s'en charger. Tant pis pour lui, pour son annonce. Il avait un joyau à montrer. Il s'éclipsait devant un tel éclat. Le banquet, convivial, ne réunissait qu'une centaine de gens. Chacun d'eux qui avaient assisté derrière les officiers sur le pont vinrent les saluer, occasionnant des présentations. Les deux tiers de ces invités n'avaient aucune fonction élective dans l'Empire. Mais ces deux tiers avaient une chose en commun : une chevalière à sceau rouge, et un V en obsidienne frappé en relief. Professeurs, Philosophes, Archivistes, Champions de sports intellectuels, bref, des érudits, du genre à animer les soirées, et à pouvoir les prolonger sans fin, trouva un débat en toute chose. Le reste était du formel : quelques très hauts gradés, Grands Moffs, Grands Amiraux, Grands Généraux, des Conseillers. Les uniformes avec tous ces carrés colorés représentaient une forme de poids politique impérial majoritaire. L'assemblée tenue-là pouvait décider du sort galactique en un éternuement. Un détail sur les invités pouvait frapper Elysia, si elle y faisait attention.

Harlon fut à son tour dans la mêlée pour se faire présenter les invités de sa femme. De ma femme. Il avait encore du mal à réaliser. Il ne lâchait toujours pas la main d'Elizabeth. Ou Elysia. La confusion régnerait encore un temps. « Si tu t'en sens l'envie, on pourra passer dans les hangars plus tard, saluer les troupes. » Le banquet du hangar amiral réunissait les intimes de l'Empereur, les autres hangars les troupiers. Entassés par dizaine de milliers sur de grandes tables, chacune d'elle mesurant la longueur complète d'un hangar vide, soit presque deux cent mètres, par dizaines de rangées. Pour que chaque troupier puisse retrouver sa place après une nécessité de s'absenter, on avait numéroté les allées et les sièges, que chacun puisse s'orienter facilement. Les droïdes assuraient le service et à la cuisine, les cuistots s'occupant juste de coordonner. Passer les voir augmenterait la proximité avec ses équipages. Un coup politique. Mais il se sentait aussi fier de... oh. De montrer son épouse. Une fierté mal placée qui la ramenait à un rang de trophée. « Mes chers époux... » La voix venait de derrière. Pelleaon serra avec poigne la main d'Harlon. Et, en parfait gentilhomme, fit un baise-main empli de grâce à Elysiabeth, avant de se lisser la moustache. « Je suis heureux pour vous deux. Mais tout ceci m'a ouvert l'appétit... » Il fronça sa moustache en plissant ses rides du front. « J'espère qu'ils n'ont pas fait de beignets de bantha fris...Je préférerais encore les croquants de Baron Biscuit. » Harlon pouffa. « Vous parlez là de mon cuisinier personnel, aidé du meilleur traiteur de Gala. - Dans ce cas, on verra ce que disent les brochettes de porg au caramel. »




Passer de main en main, accorder des danses, laisser des groupes aux talents reconnus battre les instruments sur scène. S'installer à table, profiter de l'autre, goûter les plats améliorés des traiteurs de haut-rang. Jusqu'à revenir, épuisés, dans la cabine. « Aujourd'hui tu es impératrice. » Et il ne manquait pas une occasion de l'embrasser doucement. « Je te laisse nous guider. »
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By Elysia Astellan
#36393
    Ils avaient délaissé le texte préparé à leur intention, une récitation officielle et impersonnelle, le renoncement à l’essence même de leur amour, puissant et impérial évidemment, pour l’expression plus douce de leur sentiment commun. Ni Harlon ni Elizabeth ne s’en trouva choqué. On n’en put dire autant des souffleurs qui se tenaient au premier rang, garants de la bonne édiction de leur contrat verbal. Ils trouveraient un temps, plus tard, pour régler la question. Le reste du public apprécia. La musique et les applaudissements qui accompagnèrent la célébration officielle de leur union ne résonnèrent que comme un lointain murmure aux oreilles de l’Arkanienne, sourde à tout autre bruissement que celui de leur amour immédiat. Harlon était son époux. Pour toujours, disait-on. On y croyait facilement en ce jour. Un jour pendant lequel tout avenir s’effaçait paradoxalement devant le présent. Il y avait tant à faire, et tellement de chemin à parcourir en pensée. Je suis Elysia Astellan. Les yeux de l’Arkanienne ne pouvaient briller, mais elle trouvait malgré tout moyen de rayonner, au bras de son Empereur. Il la promenait, de compliment en compliment, l’exposait, souriant. Ils étaient deux, ne faisant qu’un, fendant la foule qui s’écartait d’elle-même devant eux. Les projets étaient remis à demain, le plus grand de leurs projets se réalisant dans l’instant. Ils passèrent d’une Nation à l’autre, de l’Empire à Arkania, peut-être bientôt contrée impériale. Entre deux présentations, Harlon glissait à sa femme quelques mots. Certains des commentaires, d’autres d’intérêt supérieur. Si tu t'en sens l'envie, on pourra passer dans les hangars plus tard, saluer les troupes. Un sourire.

      « Bien sûr, j’en ai envie. »

    Une rencontre essentielle, tout autant que l’était celle avec les membres de la Voix. La lance de l’Empire, elle voulait la voir, se rendre compte. Des dizaines de milliers, disait-on ? Aurait-elle l’honneur de leur commander un jour ? Elle l’espérait. Les projets futurs refirent surface. Elysia, tout comme Elizabeth à son heure, entrevoyait un combat, une lutte acharnée pour la domination totale de leur Galaxie. Les petites guerres idéologiques n’avaient que trop duré. La neutralité et l’indépendance étaient des faiblesses dont il fallait débarrasser leurs mondes. Elle partageait en silence, et sans en avoir la moindre idée, les principes d’extrémistes bien mal connus. Elle ne doutait pas de pouvoir rapidement faire entendre ses doléances au Grand Empereur, pour un Empire total et unique. Elysia savait son mari animé des mêmes volontés.

    On vint chercher les époux pour le banquet, une ronde de tables élégamment décorées de nappes tissées d’or et de fleurs orangées. On prévoyait un festin dont l’Impératrice ne profiterait qu’avec parcimonie tant son corset serrait taille et buste. Elle notait, avant tout, et avec joie, l’absence du Capitaine à sa table. Il se tenait quelque part, droit comme un piquet, au pied d’un mur, comme ses confrères de la Garde, à sa place. Lui, de son côté, grinçait des dents. Au bout d’un moment, cette histoire lui retomberait sur le coin du nez. Il se ferait descendre, cruellement par l’Empereur, ou froidement par l’Impératrice. Ou l’inverse. Il n’en savait trop rien, il ne savait plus. Civicius, le frère, le surveillait de loin. Et lui, petit Capitaine, pour oublier sa mort prochaine, surveillait ses gardes, dont Meyine, qui se dandinait toujours discrètement, comme prise d’une perpétuelle anxiété. Elle aussi finirait avec une balle dans le crâne, il en était convaincu. On l’avait libéré, il avait aussitôt refermé le verrou de ses chaînes, pour encore plus de sacrifices, et encore plus de caprices narcissiques mal contenus. Il ne put s’autoriser un soupir.

    Le reste de la journée passa agréablement. On en vint aux desserts, puis à la danse. Les époux pouvaient se féliciter de connaître à eux deux suffisamment de pas pour convenir à toutes les instrumentations. On poussa l’excursion jusqu’aux hangars où fêtaient les troupes. Une rencontre qui se passait de discours et de commentaires. Vive l’Empire ! Vive l’Empereur ! Trônait sur le visage de l’Impératrice un air non dissimulé de satisfaction. Pas un sourire pour autant. Le rassemblement d’une telle masse humanoïde à leurs pieds la ravissait.


    * * *


    La cabine était, en comparaison au hangar amiral, un havre de silence et de fraîcheur. La toute nouvelle Impératrice était épuisée, éreintée par sa longue journée. Elle crut entendre la voix de son époux, derrière elle. Elle ne répondit pas, songeuse, oubliant même qu’il venait de lui parler. La robe glissa sur sa peau. Elle se souvint soudain, oublia ses pensées. Harlon.

      « Comment ? Tu as dit quelque chose ? »

    Il était derrière elle, tout prêt. Elle se tourna simplement vers lui.
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By Harlon Astellan
#36421
Je suis à toi. Tu es à moi. Pour toujours, disait-on. Y croyait-on facilement en ce jour ? Aussi terre-à-terre, pragmatique, calculateur qu'il était... il y croyait. Depuis qu'il n'était qu'un petit garçon, il ne s'était jamais cru naïf au point de ne rien envisager de dramatique pour lui. S'il avait pensé au mariage auparavant, il n'y aurait jamais pensé sans lui associer un divorce coûteux... ou sanglant. Et maintenant ? Peut-être goûtait-il à cette envie de petit garçon, pour la première fois de son existence. Jusqu'à ce que la mort nous sépare. Il y croyait. D'une façon ou d'une autre, la mort seule les séparerait. Ainsi était destinée la fin du couple Astellan. Une fin inscrite dans l'expiation des péchés de l'une et de l'autre.

Lui au bras de sa Dame, elle au bras de son époux. Il ne pensait qu'à une chose... Non, ce n'était pas le moment. Le moment était à tous. Les mariés ne profitaient jamais vraiment du spectacle. Tout était surtout pour les invités. Les mariés faisaient plaisir. Leur joie à eux se trouvait... ailleurs. La pudeur demandait un minimum de retenue. Pouvait-il s'empêcher, parfois, de lui embrasser le cou ? Pourquoi s'en retenir. Il finissait par ne plus calculer grand monde. Ses amis de la Voix discouraient beaucoup entre eux - ceux qui ne les connaissaient pas étaient soit captivés par les raisonnements sortis, soit en quête d'un échappatoire à un symposium qui promettait d'être trop long pour pleinement profiter des plats proposés.

La famille Civicius, au grand incomplet, lorgnait de loin la petite fille soumise, le grand pion dans leur petit damier arkanien, leur échapper définitivement. Si la Monarchie leur laissait une sorte de point de non-retour, le passage dans les huiles impériales promettait une indépendance de leur petite fille stérilisée de force, loin de leurs orbites blanches qui couvaient le ridicule pouvoir des clans planétaires. En un tour de sang, par une simple fusion de deux palpitants trans-espèces, le pouvoir acquis par le sang de leur sang dépassait tout ce que leur famille avait jamais connu... pour que ce pouvoir soit bloqué par un changement de nom. Terminé, Civicius. Ils devraient se contenter d'un nom de famille qui n'était porté que par celle qui avait tué la tradition des Monarques.

Harlon avait gagné une compagne et une guerrière. Civicius et Astellan pouvaient bien aller se faire foutre.

L'heure était aux festivités. Les plats défilèrent, les convives vinrent présenter des cadeaux pour le couple. Les Grands Moff, dans un manque d'originalité, mais dans les protocoles sans risque, offrirent des présents de signification diverse. Un d'eux, de bon goût, offrit une caisse d'alcools d'un millésime Alderaanien spécial : le dernier qui existât. Clin d'oeil de bon aloi. Certains des ouvrages sur des civilisations offrant de beaux visuels à diffuser sur holoprojecteur. Des holocubes de voeux, etc etc. Un Grand Amiral eut l'audace d'offrir un petit animal à Elysia. Un petit Chitlik avec du gris strié d'orange, d'apparence adorable. Le Grand Amiral qui l'avait offert avait la particularité de parfois se promener avec un lézard qu'on savait nommé Ysalamiri sur l'épaule. Grand Amiral qui offrait des yeux aussi non-humains que l'Impératrice. Harlon crut bon d'expliquer. « C'est le Grand Amiral Thrawn. C'est un Chiss. Et mon meilleur Amiral. » Pelleaon ne lui arrivait pas à la cheville. Mais Thrawn n'était pas Commandeur Suprême pour une raison : il inspirait la méfiance. Pelleaon inspirait le respect même chez ses ennemis. Cela le rendait apte à discuter avec des forces adverses, et faisait rayonner la Marine Impériale partout à l'étranger.

Les membres de la Voix offrirent des ouvrages papier d'une grande rareté, des artefacts de planètes reculées, et des oeuvres d'art de provenance originales. Elysia reçut ainsi une pointe de flèche en silex d'obsidienne venue de Sho-Torun, une tiare du Noyau Profond avec au centre d'un tourbillon d'électrum une perle de Dragon Krayt, que l'homme qui lui avait offerte disait "en lévitation par cercle antigrav" au milieu des broches d'électrum creuses. La perle était en effet en lévitation, sans qu'elle n'envisage de se déloger de son emplacement. Harlon le remercia d'un signe de tête discret. La suite contenait des présents étranges, avant qu'il ne reste plus qu'une chose intéressante. Le premier était un cadeau spécial. « Un sabre laser datant de la Dernière Guerre Mandalorienne. » Harlon faillit jaillir de son siège. « Il est totalement inactif, et il ne possède aucun composant interne. Il n'est qu'une coquille vide. » Mais il était bien présenté, et restauré d'une façon qui le rendait neuf... mais joliment usagé. « Il aurait appartenu au Jedi Voren Renstaal. Son sabre a été abandonné quand il est devenu un apprenti Sith au service de feu Revan. » Même le présentoir était une oeuvre d'art. La boîte, large pour le contenir tout juste, était haute pour l'ouvrir sur un présentoir, posé sur une doublure en velours violet. Un joli bois verni et teinté en sombre, fait de deux branches naturelles qui se finissaient en crochets.

« C'est un magnifique présent. » C'était celui d'Elysia. Mais il se sentait de donner lui aussi un compliment, en plus de celui de son épouse. L'homme repartit ensuite en les saluant poliment. « Mesdames et messieurs, le moment est venu de danser ! » Pelleaon, le plus grand gentilhomme d'entre tous ici, se permit de contourner la table, passant derrière Harlon. « Empereur Astellan, Impératrice Astellan... aurais-je l'audace de demander à ce que notre Impératrice m'accorde la première danse ? » Harlon laissa le choix à Elysia. D'un regard entendu et taquin. La première danse ? S'il savait. Ils l'avaient eu. Il y a déjà longtemps... sur Arkania, un soir, sur une place publique. « Quoi qu'il en soit... la deuxième et la dernière seront pour moi. »




Dur de rester debout après des pas de toutes les mesures existantes. Mais il restait encore assez de force pour le couple, leurs gardes, et quelques accompagnants, de visiter les hangars des troupes. L'Empereur, salué... oui. Vive l'Empire ! Vive l'Empereur ! Mais oubliait-on le principal ?

Vive l'Impératrice !

Vive les Astellan.




Ce bruit... il l'avait déjà entendu. C'était le bruit d'une ville après un raid de TIE. Juste... le silence. La fête s'était éternisée. Certains resteraient là encore longtemps après le départ des époux, pour vider les bouteilles, terminer les gâteaux. Les soldats pourraient s'écrouler sur les tables des hangars. C'était un genre de permission exceptionnelle, ils pouvaient bien s'autoriser une gueule de bois. Les gêoles étaient peu remplies de soûlards, étrangement. Les mariésq s'étaient éclipsés, avant que la fatigue ne leur permette plus rien. Mais selon les standards, ils l'avaient fait tard. Et cette fois, les gardes resteraient... en retrait.

« Je te laisse nous guider. » Mais là encore, il rencontra le silence. Comme pour le punir d'avoir brisé un environnement complètement plat... Mais, plus indépendante que jamais, elle laissa juste tomber sa robe. Tout glissa comme le froid glissait sur les montagnes de sa planète gelée. Elle se tourna vers lui, un peu... ailleurs. « Comment ? Tu as dit quelque chose ? »

Elle était éreintée. Elle voulait juste dormir, à tous les coups. Non, il y aurait bien une réserve d'énergie quelque part. Que ce soit le bustier, la jupe douce, les rubans et quelques voiles en soie, sur les escarpins. « Je disais que... tu étais l'impératrice aujourd'hui. » La laisser guider. « Que je te laissais guider maintenant. » Se rapprocher. Il passa une main sur ses épaules, descendit sur son bustier... contournant ses seins sous la soie. « Le dirais-je jamais assez... Tu es la plus belle femme que j'ai jamais connue. » La prendre dans son dos. Pas de brusquerie ! Il était tard. Rester doux, jusqu'au bout. Malgré... et bien. Malgré le volcan, tonnant en son cratère. « Et tu me rends heureux, Elysia. Elysia Astellan... je t'aime, Elysia Astellan. Maintenant... » Et finir, dans un murmurre... « ... et jusqu'à la fin. »

Il la laissa guider. Mais il tint à offrir une nuit de noce. Complète. Balader ses mains, lui offrir un beau témoignagne de son affection...

La Galaxie tomberait plus tard.

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Le réveil fut brutal. Harlon s'éveilla courbaturé, et avec la vue brouillée. Cinq... Quatre... Trois... Deux... Son exercice de réveil ne fonctionna pas. Il se forca à calculer à la volée quelques racines cubiques, mais ne put dépasser le stade des racines carrées, et sa mémoire buta sur les notes des dernières marches des trois grands opéras de Mon Calamari. Il sut alors qu'il ne se réveillerait que comme un être vivant normal, lui qui d'habitude reprenait ses esprits en une poignée de secondes.

Etait-il si mal pour autant ? Non. A mesure que sa conscience revenait, il découvrait dans ses bras le corps d'une créature magnifique, qu'il aimait, et qui l'aimait. Les rubans avaient volé de ses cheveux, maintenant décoiffés. Sa jupe, la soie, les escarpins et le bustier avaient volé au bas du lit. Il ne restait qu'une peau blanche, lisse, et une poitrine galbée qui se soulevait en rythme d'une respiration douce. Et, comme au coucher, ils restaient baignés d'une lumière verte, au gré des aléas d'une nébuleuse qui leur berçait la cabine. Se tournant de peu pour ne pas la réveiller, il actionna les commandes au-dessus de son lit, et demanda un filtre polarisant. Ainsi le vert tourna au gris foncé. Et il repartit en fermant les yeux. En respirant les cheveux de sa femme. Ma femme... Ma femme !




Après le court réveil, vint le vrai réveil. Réveil où il eut encore plus envie de sa femme que la veille. Si elle s'en sentait l'envie. Ils mangeraient ensemble après. « Que veux-tu faire aujourd'hui ? Une journée farniente ? Filer sur Rathalay ? » Harlon pouvait aussi l'emmener faire le tour du propriétaire. Les baraquements, lui montrer la fosse de commandement à son naturel, les flottes, les armées, tout... « Sinon une visite de l'Executor. Tout est certainement déjà nettoyé. » Du mariage, il ne resterait qu'eux, et leurs bons souvenirs. Des confettis, des fleurs, des rubans... tout était parti. L'écho des rires, des danses et des chants lustrant quelques colonnes des hangars, avant qu'on ne les oublie, eux aussi. Mais ils restaient, eux. Cela seul importait. « Il y aussi la proposition d'un de nos amis de la Voix, qui propose sa villa sur Zeltros, pendant la durée de notre choix. C'est en République, mais on saura se faire discrets. » Surtout enfermés dans une villa sans besoin de sortir, avec une plage privée, des serviteurs droïdes, un réassort en nourriture par une entrée de service... et des créatures indigènes phéromonales à proximité, plus occupées à forniquer qu'à deviner l'origine des visages de leurs voisins.

« Ou... ce que tu veux. » Raser un continent ? Ordonner des dissections sur des prisonniers de leur vivant et sans anesthésie ? Faire un jeu de rôle, elle en succube, lui tranchant le torse et se servant du sang comme breuvage érotique ? Chasser le dragon krayt sur Tatooine ? Aller acheter des esclaves sur Orvax IV pour après jouer avec ? Réfléchir, complètement nus et halletant, à un plan de bataille dans la Bordure Médiane ? Peut-être ça finalement. Offrir à sa femme une caresse orgasmique en songeant à l'annexion de sa planète natale.

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