L'Astre Tyran

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By Darth Lazharr
#36298
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A bord du Corvus | Arkania

Le minuscule tétraèdre lévitait à quelques centimètres de la main gantée d’Oryel. Dans un silence pesant, l’objet effectuait un tour sur lui-même, son sommet toujours pointé vers le plafond du cockpit. Malgré son regard insistant sur l’Holocron, l’Arkanien semblait plus absorbé par ses pensées que par l’observation méticuleuse de l’artefact. Une image fugace, relativement ancienne avait ressurgit dans sa mémoire lorsqu’il avait découvert les coordonnées cachées à l’intérieur de cet objet.

Les lourdes portes du laboratoire se scindèrent en deux puis s’écartèrent, laissant place à la silhouette d’un cyborg à la crinière d’argent. Son regard était dur, son visage fermé. On pouvait lire dans ses yeux une forme de peur que le jeune Oryel ne connaissait pas. Le colosse métallique portait quelque chose dans ses bras, quelque chose d’assez grand, caché dans un linceul de couleur noir. Lorsqu’il passa devant l’enfant, le tissu laissa entrevoir une main squelettique et nécrosée.

Faute d’explication ou d’éléments de compréhension, le garçon de l’époque avait enterré ce souvenir dont il ignorait le sens. Mais aujourd’hui, il avait fini par comprendre à qui cette main appartenait. Un frisson glacial parcouru son échine. Le Sith referma sa main sur l’Holocron et se mit à sourire. Au même moment, Taral prenait place à bord du Corvus.

« Il était condamné n’est-ce pas ? »

« … »

« Ce qu’il a trouvé sur Dromund Kaas… c’était une mort lente… »

« Là-bas, il voulait être seul dans son exploration du Nexus. Je serais probablement mort si je l’avais suivi… »

« Ou devenu fou… »

« Tu comptes y aller malgré ça ? »

« Ho oui… et tu vas m'y emmener. »

« Formidable. »


Avec un sourire amer, Taral fit décoller le Yacht Stellaire et le guida vers le ciel. Son visage anxieux sembla se détendre à mesure que la navette filait à travers le vent et les nuages. Contre toute attente, il apparaissait serein malgré la menace qui planait désormais sur eux. Oryel afficha un rictus d’exaspération en constatant qu’une fois de plus, le cyborg prenait plaisir à piloter cette boite de conserve en duracier. Contrairement à son jumeau, le Sith n’éprouvait aucune joie à l’idée de conduire un véhicule, qu’il soit terrestre, maritime ou aérien. Sa seule passion demeurait l’étude du côté obscur et le maniement du sabre laser. Rien d’autre n’avait d’intérêt pour lui. L'expression faciale de l’Arkanien se transforma en grimace de dégoût. Son fonctionnement de pensée était le fruit d’un conditionnement parfait d’Oryel Premier et à nouveau, il prenait conscience de n’être rien de plus qu’une pâle copie. Cette idée lui donna des envies de meurtre.

« Quelqu’un nous a pris en filature… »

« Impossible… »


Deux rayons lasers frôlèrent la coque du Corvus, transformant la simple filature en une course poursuite avec la Faucheuse. Le sourire de Taral ne fit que s’agrandir. Après avoir augmenté la puissance des réacteurs tout en inclinant le vaisseau en direction du firmament, il entama une ascension fulgurante pour quitter l’atmosphère d’Arkania le plus vite possible. A côté de lui, Oryel ferma les yeux et tenta de vider son esprit pour établir une connexion avec la Force. La cacophonie des moteurs et les hurlements des canons à énergie se turent pour laisser place à un silence absolu. La nuit était tombée dans le monde du Sith. Bientôt, une vision floue se présenta à lui par intermittence. Quelque chose d’énorme occupait tout l’espace. Son corps était fait de métal, son nez pointu était surmonté de deux courtes ailes au niveau de la gorge. Enfin, à l’arrière, on pouvait distinguer des lumières rouges comme un sabre laser… la créature d’acier cracha deux traits verts qui brisèrent le lien avec la Force. Darth Lazharr rouvrit les yeux et hurla de rage. En utilisant ses pouvoirs, il n’avait rien obtenu de plus que le visuel du chasseur ennemi. C’était tout simplement pathétique.

« SALOPARD ! Tu crois que tu vas m’avoir ?! »

Il n’y avait pas d’armes à bord du Corvus. Même si Taral avait prévu depuis longtemps déjà, d’ajouter une palette de canons lasers et quelques lance-missiles à concussion, on ne lui en avait jamais laissé le temps. Ses maîtres successifs ne voyaient nullement l’intérêt d’une arme puisqu’ils avaient le Côté Obscur dans leur camp. Partant de ce principe, tout argument semble dérisoire.

« Ne m’oblige pas à m’occuper de ce nuisible personnellement. »

Une lueur de défi se mit à briller dans les yeux du cyborg, mais il ne répondit pas à son interlocuteur. A la place, il enchaîna les manœuvres aériennes pour tenter de semer son poursuivant, mais rien n’y fit. Bientôt, le paysage glacé d’Arkania laissa place au vide spatial et c’est seulement en quittant l’aérosphère de la planète, que Taral opta pour la seule option qui lui restait. D’une main, il ouvrit le sas de la soute et laissa son contenu derrière eux, profitant de l’absence de pesanteur pour créer un obstacle temporaire. Le vaisseau ennemi qui gagnait rapidement du terrain sur eux jusqu’ici, ne pouvant entamer une procédure d’évitement, choisi de pulvériser la barrière artificielle en usant de ses rayons lasers. C’est à ce moment précis que le cyborg Arkanien choisi de lancer l’hyperpropulsion, faisant disparaître presque instantanément le Corvus dans les replis de l’espace-temps.

A bord du Moloch II | Arkania

Si le flash de l’explosion avait caché momentanément le Yacht Stellaire à la vue du Chasseur de Prime, les scanners de son vaisseau était bien plus difficile à tromper. Mais cette manœuvre désespérée cachait probablement quelque chose de plus... tordu.

« Droïde, prépare le saut dans l’hyperespace. »

« Coordonnées. »

« Le mouchard va nous les transmettre en temps réel. »


Setek n’obéissait qu’à une seule règle : toujours avoir un coup d’avance sur la cible. Et comme d’habitude, l’univers lui donnait raison. A la seconde où le chasseur Ixiyen sortait du nuage de débris, sa proie disparaissait de nouveau et cette fois-ci, même les capteurs du vaisseau n’y pouvaient rien. Le Kiffar passa les bras derrière sa nuque et se mit à soupirer en lançant un regard en biais à son droïde astromécano. L’instant suivant, le Moloch II plongeait à son tour dans les couloirs de l’hyperespace.

A bord du Corvus | Dromund Kaas

Une brutale détonation fit trembler toute la coque du Corvus et une multitude d’alarmes se déclenchèrent en même temps. Oryel lança un regard meurtrier à son pilote, mais aucune injure ne traversa ses lèvres. A la place, il se contenta de poser le masque de Lazharr sur son visage et quitta le cockpit en silence. Ce qu’il s’apprêtait à faire allait au-delà de l’inconscience.

« Si nous essuyons un tir de plus, c’est terminé. »

« Je sais. »


S’il ignorait tout de cet adversaire sorti du néant, le Sith n’en était pas moins préparé à lui faire face. Il avait survécu à Darth Lazharr, il avait vaincu Mother, il avait bravé la mort des dizaines de fois. Cet ennemi n’était rien qu’un autre rendez-vous avec la Faucheuse, un rendez-vous avec le destin. Et si Taral s’était montré une fois de plus, incapable d’assurer sa protection, ce n’était qu’une raison supplémentaire pour prendre les choses en main. Trop compter sur ce maudit cyborg l’avait rendu faible et stupide, il aurait dû se douter que l’ennemi allait les pourchasser jusqu’aux confins de la galaxie. Maintenant il serait obligé de régler ce problème sur les terres sacrées des Sith. Qu’à cela ne tienne, leurs morts seraient une offrande au Côté Obscur.

« Assure-toi de stopper les moteurs quand je t’en donne l’ordre. »

« J’ai déjà perdu la moitié des moteurs... »

« Trouve un lac. »

« Pardon ? »

« Contente-toi d’obéir. »


Quelques minutes plus tard, la nacelle du Corvus laissait apparaître la silhouette encapuchonnée de Darth Lazharr. La lame rouge de son sabre laser éclaira la passerelle métallique mais le bruit des tirs à répétitions couvrit le bourdonnement de l’arme. A moins d’un kilomètre de distance, le chasseur Ixiyen cessa de faire feu. Un trop plein d’assurance laissa croire à Oryel que sa simple vision avait suffit à terroriser le pilote. Il en profita pour plier les genoux et se préparer à bondir.

« Maintenant. »

La voix de son jumeau résonna dans le comlink et Taral obéit sans dire un mot. Le feu des réacteurs cessa et la cacophonie du Corvus laissa place à un silence de mort. Coupé net dans son élan, le vaisseau perdit en vitesse et fut instantanément rattrapé par le Moloch II. C’était le moment idéal pour le Sith, il lui suffisait de se propulser dans les airs grâce à la force et il atteindrait probablement l’autre vaisseau. Ne lui resterait alors plus qu’à découper le cockpit de son ennemi avec sa lame et l’infernale course poursuite prendrait fin. Malheureusement, il se frottait à un adversaire d’un autre calibre. Et celui-ci ne faisait pas dans la dentelle.

« Bye bye bad guy ♪ »

Le lance-missile à concussion avait craché sa roquette bien avant que la distance entre les deux vaisseaux ne soient mortelles pour chacun d’entre eux. Mais pour éviter d’être pris dans le feu de l’explosion du Yacht Stellaire, Setek choisi de dévier la trajectoire du véhicule en prenant de l’altitude. Il ne s’attendait pas toutefois à ce que sa cible pique du nez aussi brutalement – couper tout moyen de propulsion était insensé – si bien que le missile traversa la poupe du Corvus au lieu de remonter jusqu’à son cockpit. Cela n’empêcha pas les réacteurs du vaisseau d’exploser à l’impact et de l’envoyer plus rapidement se noyer dans un lac.

De son côté, Oryel n’avait eut que le temps de plonger le premier en direction de l’abîme. Son corps se plia sous le souffle de l’explosion et s’il ne perdit pas conscience immédiatement, le contact avec l’eau, véritable plaque d’acier, l’envoya brutalement dans le monde des songes.

Alors, la Faucheuse se mit à rire.


Modifié en dernier par Darth Lazharr le ven. 29 nov. 2019 18:20, modifié 2 fois.
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By Ranath
#36318
    Dargul

    La requête de l’impérial me hantait.


    Srey, attrapant la poignée parée de cuir, tira d’un geste minutieux la dague de son étui. Il releva la tête vers les yeux d’or dont il évitait le regard et présenta sa nouvelle création.

      « La lame est de taille égale à la tienne, ciselée de minuscules canaux dans lesquels le composé vient se perdre. »

    Ranath tendit la main, et le Themien lui céda la poignée, tenant à peine la courte garde entre ses deux doigts pour ne pas toucher l’acier luisant de la lame. La Sith porta l’objet à hauteur de visage pour observer en silence le travail de son sbire. Celui-ci reprit sur un ton égal.

      « L’étui est plus large que d’ordinaire, j’y ai fiché un linge trempé d’huile et de poison pour que l’arme ne soit jamais sèche, et toujours prête à l’emploi. Une fois plantée, laisse-la dans la chair, le composé fera son travail dans l’instant et sur la durée. »

    La Mirialan attrapa alors l’étui afin de l’inspecter à son tour.

      « Prends garde, Maître, le seul contact de la lame te ferait perdre l’usage de ta main. »

    Le regard d’or fondit aussitôt sur lui, le glaça d’horreur.

      « Pardonne-moi.

      - Va t-en. »

    En regagnant son écrin, la lame glissa sur le coton imbibé sans un bruit. Ranath posa l’arme à son côté et reporta son attention sur Isabo.

    Je les savais incapables de réaliser quoi que ce fût.


      « Où est Darth Varadesh, à présent ? »

    La jeune femme, dans sa tunique grège brune et écrue, se permit de hausser les épaules.

      « Étonnant, son enfant loge sous ton toit … et Darth Vkoh ? »

    Cette fois il y eut une réponse.

      « Elle est restée là-bas. »

    Le timbre de sa voix était morne comme celui d’un enfant qui s’ennuie. Mais Ranath savait déceler, par delà les airs de la Comtesse, les tracas de son élève.

      « Pourquoi cela ? Y aurait-il, finalement, quelque chose à tirer de votre médiocre visite ? »

    L’Humaine coupa court.

      « Ranath, ça ne m’intéresse pas. Ça ne m’intéresse plus. »

    Isabo était trop faible pour faire illusion auprès de l’impérial.


      « Je n’irai plus nulle part, je veux rester sur Dargul. »

    Le poing du Maître se serra doucement, tandis que sa mâchoire se crispait imperceptiblement.

      « Tu me demandes un service, tu veux apprendre, et à la moindre difficulté, tu abandonnes. »

    Les dents serrées, Ranath sifflait sa conclusion, acerbe. Elle se leva.

      « Qu’est ce que je vais faire de toi, maintenant ? Tu ne sers à rien, tu connais mes secrets, ta maison est mon repère … je me demande … »

    Elle y songeait désormais sérieusement. Il était un temps où les élèves avaient droit de se désengager, et de tourner le dos à l’Ordre. Mais aujourd’hui, prenant conscience des moyens mis en œuvre par leurs nouveaux ennemis pour leur nuire …

      « Je vais rester ici. Parovin est mort, nous aurons bientôt la main sur ses yachts et son domaine. L’école verra le jour comme prévu. »

    Les doigts d’émeraude s’ouvrirent pour lâcher le pommeau du sabre rubis, encore à la ceinture.

      « Je renonce. Je renonce à ton enseignement, à cultiver mon lien avec la Force.

      - As-tu peur ?

      - Oui.

      - Tu es faible. »

    J’avais peur aussi.


    Isabo avait fait montre d’une certaine audace, et d’une force de caractère qu’on lui connaissait alors peu. Il s’était passé quelque chose sur Dromund Kaas, elle avait appris quelque chose. Sa personnalité s’en été trouvée changée, et elle, amputée d’une part de sa timidité. De par son abandon, elle méritait la mort. De par cette nouvelle force, elle méritait une récompense. Son sort devait allier les deux et servir les intérêts de la Dame Sombre.

      « Je vais te confier une mission encore plus difficile. »

    La rouquine hocha la tête.

      « Tu vas fonder le Premier Cercle de notre Ordre, tu en seras la gestionnaire, la Gardienne. Tu te devras d’être droite et loyale envers notre Ordre, je te veux irréprochable.

      - Je ne te décevrai pas. »

    Il y avait dans le regard vert de la gamine une étincelle obscure.

      « Va chercher le livre. »

    Isabo quitta la pièce d’un pas pressé, revint quelques minutes plus tard, les bras chargé de ce grand et lourd livre à la couverture métallique. Le Maître l’avait fait confectionner des mois auparavant, ne sachant quand il servirait enfin. Il avait été prévu pour l'avènement de l’Apprentie, Darth Varadesh devant prendre ses nouvelles fonctions rapidement, sur Thule, ou ailleurs. Mais la Pantoran traînait des pieds, et voilà qu’elle s’était volatilisée. Elle avait toujours rechigné à s’engager.

    D’une main assurée, Ranath déverrouilla l’attache du livre posé sur la table de bois poli et ouvrit la couverture. Elle tourna une première page blanche, puis s’assit en face de cette seconde page blanche. D’un geste vif, elle réclama de la Gardienne qu’elle lui apportât l’un de ses stylos.


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    * * *


    Dromund Kaas

    L’un puis l’autre, ils sortirent d’hyperespace à une distance déraisonnable de la haute atmosphère, déjà trop proches de l’astre pour songer à corriger leur dernier vecteur de trajectoire. Les deux déchirements consécutifs tonnèrent avec force, attirant le regard d’or de la Dame Sombre vers le ciel pourpre de Dromund Kaas. Ils s’approchèrent à pleine vitesse, l’un pilonnant l’autre avec détermination, le second plongeant vers la surface tellurique sous les coups du premier. Ranath le vit tomber, comme un oiseau foudroyé, le bec à pic dans le lac englué de vase. Et l’autre, qui compensait la trop grande accélération de sortie, vrilla brusquement avant d’engager un large virage qui le ramènerait sous peu vers sa proie.

    De son piédestal minéral, la Mirialan, sabre à la main, descendit avec agilité. Derrière elle, à deux pas de géant, se dressait le temple, témoin de l’échec de ses élèves. Du fond du lac remontait un remous turbulent. Le vaisseau y avait chu à bonne vitesse et touchait déjà la roche sombre du bout du nez. Dans le tumulte qui s’apaisait, coulait un corps inerte, un corps qui n’était pas encore mort. Replaçant momentanément le sabre à sa ceinture, Ranath tendit la main pour saisir de sa volonté cet amas de chair trempée et le tirer hors de l’eau. L’humanoïde heurta le sol sans délicatesse, la Mirialan ayant rompu son lien télékinétique à lui. À bonne distance, elle l’observait. L’autre vaisseau, l’agresseur, revenait déjà vers le lac. Il fondit sur eux, ne distinguant de vue que la silhouette de la Dame Sombre. Son esprit fusa jusqu’au pilote, et d’un poing serré, neutralisa le tueur. Son vaisseau vrilla de nouveau, et seul le droïde rattrapa la trajectoire mal engagée, sans que le vaisseau ait pu tirer un trait.


#36334
A bord du Moloch II – Dromund Kaas


« Droïde, fait moi un état des lieux. »

« Vaisseau ennemi touché. En revanche, il semblerait que la cible ait réussi à s’écha… »

« QUOI ?! »

« Un humanoïde lui a apporté son aide… »

« Si quelqu’un interfère, on l’élimine. »


Le chasseur Ixiyen fit volteface en faisant gronder ses moteurs alors que Setek armait une nouvelle ogive pour achever leur cible. Ils n’eurent cependant, jamais l’occasion de presser la gâchette, car à l’instant même où ils arrivaient à porter de l’ennemi, celui-ci révéla sa vraie nature. La trachée du chasseur de prime se retrouva comprimé en quelques secondes, l’empêchant de respirer et d’agir. Et si son acolyte mécanique n’avait pas repris immédiatement les commandes du vaisseau pour l’empêcher de se crasher, nul doute que le Kiffar aurait vu son sort scellé. Heureusement pour lui, l’emprise sur sa gorge disparut aussi mystérieusement qu’elle était apparue. En reprenant le contrôle de ses moyens, il réalisa que cette attaque invisible était probablement l’œuvre d’un sensitif. Autrement dit, la difficulté de cette chasse venait de monter d’un cran. Derrière son masque de tueur, il sourit. Si les chasseurs de prime haïssaient particulièrement les Jedi et les Sith, c’était parce qu’ils représentaient tous un danger mortel que peu d’humanoïdes, mêmes les pires truands, avaient le courage d’affronter. Un duel face à un sabre laser se soldait presque toujours par la mort de celui qui tenait le blaster, en témoignait la tragique histoire des Fett. Mais Setek faisait partie d’un tout autre genre de mercenaire. Contrairement à ses pairs, sa principale motivation n’était pas les crédits, mais bel et bien la chasse. Aussi n’était-il pas prêt d’abandonner.

« Trouve une zone sûr pour atterrir. La suite se passera au sol. »

Au bord du Lac – Dromund Kaas


S’il n’avait pas senti son corps jaillir de l’eau et la vague de froid que l’atmosphère peu accueillant de Dromund Kaas avait fait subir à sa chair, Oryel avait toutefois parfaitement éprouver le choc avec le sol. Son visage avait heurté quelque chose de suffisamment tranchant pour entailler l’une de ses arcades, mais ce n’était pas la blessure qui l’avait surpris. L’air glacial qui s’en prenait à sa peau, la vase immonde qui s’infiltrait dans ses narines et la sensation, infiniment désagréable, d’être nu comme un ver, était beaucoup plus perturbante.

« Mon visage… »

Un éclair d'énergie frappa son dos et la foudre se répandit dans chacun de ses membres. Aussitôt, le Sith se releva comme un zombie et tandis les deux bras vers les flots. Son esprit entra en connexion avec la Force et la peur commença à le submerger. Son masque avait disparu… son sabre n’était plus…

« NON ! »

Un profond désespoir renforça sa détermination, le plongeant dans le Côté Obscur, renforçant ainsi son lien avec les arcanes les plus sombres de la Force. Ses mains se crispèrent et alors qu’il hurlait sa rage et sa haine, les deux artefacts qu’il pensait avoir perdu pour toujours jaillirent des eaux noires pour finir leurs courses dans ses mains. Alors, comme si tout ceci n’avait jamais eu lieu, il retrouva un visage impassible et une respiration tranquille. Le masque de Lazharr désormais à sa place, il activa la lame de son sabre et fit face au seul témoin de la scène. Une étrange femme à la peau émeraude, dont les yeux dorés luisaient comme des soleils. Son aura était plus oppressante qu’une expérience de mort imminente. Oryel sut dès lors, qu’il s’agissait d’un être singulier.

« Je suis votre débiteur. »

L’Arkanien préférait jouer profil bas pour le moment et montrer une totale soumission face à l’être qui venait probablement de lui sauver la vie. Non seulement il n’était clairement pas de taille à l’affronter au vu de son état actuel, mais en plus, il ressentait chez elle un pouvoir d’une intensité comparable à celui d’Oryel Dagon premier.


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By Ranath
#36343
    Le regard du Maître se posa sur la silhouette de l’inconnu qui échine courbée se redressait. Il était un sensitif, irradiant d’obscurité, mais dont l’aura n’aurait su occulter celle de Ranath. Son esprit rôdait aux frontières de la pensée de cet homme, détrempé, râlant pour son vaisseau, pleurant pour ses choses. Il s’arma de colère pour plier la Force à sa volonté, sans science de son environnement. Et alors qu’il se distrayait à accomplir son petit miracle, elle le vit vraiment. Un Arkanien. Son sang ne fit qu’un tour, sa colère avec lui. C’était un chien de cette race-là qu’il lui fallait traquer. Une exécution sommaire pour la mère et son fils bâtard, voilà à quoi s’occupait la pensée de Ranath dernièrement. Trouver l’Arkanienne, la tuer. Et celui-là … un genre d’apéritif, un prélude à son grand massacre en trois actes.

      « Je suis votre débiteur. »

    La Sith étira un sourire carnassier.

      « Vraiment … ? »

    Il avait déjà activé la lame de son sabre, sans que la Mirialan put comprendre pourquoi. Et quelle qu’en fût la raison, elle ne l’intéressait déjà plus. En revanche, il lui donnait un argument supplémentaire, s’adjoignant aux deux précédents, à savoir de race arkanienne et sensitif à livrer à l’impérial, pour dégainer son arme à son tour. La lame améthyste surgit avec un vrombissement rageur, baignant les alentours immédiats du halo caractéristique des tueurs de Sith. La Dame Sombre s’avança d’un pas, attrapant déjà de son autre main sa deuxième arme, qui en écho à la première, répondit de son éclat rubis. Son sourire se dessina plus cruel encore.

      « Tu as un nom ? »

    D’une enjambée plus rapide que les précédentes, elle gagna le contact, brandissant une lame pour l’abattre en direction de son nouveau pantin.

      « Tu sais te battre ?! »

    Plutôt que de répondre, il avait à parer.

    L’aura de Dromund Kaas était puissante, la planète se nimbait de ténèbres et gonflait les pouvoirs des praticiens de la Force obscure. Ranath connaîtrait très bientôt la valeur de son adversaire, tout potentiel étant bon à exploiter. Elle se réjouissait d’un affrontement sur cette terre viciée qui nourrissait sa rage et donnait à son bras une aisance inhabituelle. Peut-être l’Arkanien lui donnerait-il à voir une belle démonstration.

    Plus loin, à couvert, le vaisseau du chasseur de prime s’était posé. Son pilote avait gagné le sol et évoluait prudemment dans les décombres de la cité effondrée. Blaster à la main, il guettait ses deux proies, prêt à tirer, cherchant un angle d’approche le favorisant.
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By Darth Lazharr
#36360
Cité en ruine – Dromund Kaas


« Reste aux commandes du vaisseau. Si quelque chose s’approche, tu l’anéantis. »

« Bien reçu. »


Setek, mit pied à terre et dans la même seconde, il sorti son blaster. Il ignorait tout de cette planète, mais l’existence de cette ville en ruine n’annonçait rien de bon. Entre ça, le ciel rouge et le sensitif qui l’avait attaqué, il y avait de quoi trembler de peur et partir sans se retourner. C’était mal connaître le chasseur de prime. Dans le métier, si l’on s’arrêtait à la première difficulté, on sortait de la scène galactique les deux pieds devant. Seuls les plus persévérant pouvaient prétendre à amasser des fortunes et c’est pourquoi le Kiffar était réputé comme l’un des meilleurs de son espèce… si ce n’est LE meilleur.

« Droïde ? »

« J'écoute. »

« Je vais avoir besoin de renfort… »

« Puis-je vous demander pourquoi ? »

« Le sensitif qui est intervenu… c’est aussi un Sith. »

« Sans vouloir être pessimiste, vos chances de réussites viennent d’être divisée par deux. »

« Tu oublies un détail… »

« Lequel ? »

« Je suis un sacré veinard. »


Avec un sourire carnassier, Setek se dissimula au sommet d’un maison délabrée et se mit en position de sniper. Mais plutôt que de tirer sur sa cible, il préféra patienter un peu. Face à lui se déroulait un combat de tigres qu’il ne valait mieux pas interrompre. Avec un peu de chance, l’inconnue éliminerait pour lui Oryel Dagon et il n’aurait plus qu’à l’assassiner à son tour, d’un tir bien placé, pour que tout rentre dans l’ordre. Dans la situation inverse… et bien il procéderait de la même manière mais aurait au moins la satisfaction de liquider lui-même ce satané Sith.

Laboratoire de Lazharr – Arkania


Dans un bruit de tonnerre, un éclat de lumière rouge illumina le laboratoire. La lame cramoisie, darda ses éclairs vers le visage du jeune garçon, dont les pupilles se dilatèrent naturellement. La vision d’un Arkanien, adaptée à l’obscurité, permettait de voir au-delà du spectre connu des hommes. Pour l’enfant, le spectacle de ce sabre étincelant dans le noir était encore plus grandiose qu’une aurore boréale. Malheureusement pour lui, une voix erratique le rappela immédiatement à l’ordre.

« En garde apprenti ! »

L’épée à quignons laser retrouva sa place aux côtés de Darth Lazharr, qui la dressa face à son visage. Les lueurs écarlates de l’instrument de mort teintèrent de rouge sa bure et son masque, renforçant l’intensité de son aura maléfique. En tremblant, Oryel porta la main à son sabre et le saisit maladroitement. Il referma les doigts sur son manche et finit par allumer l’arme qu’il pointa en direction de son créateur. Ses dix doigts pâlirent avec la pression qu’il exerçait sur le manche, il tentait comme il le pouvait, de maîtriser l’angoisse d’affronter son père en se cramponnant de toute ses forces à son épée.

« Je n’aurai aucune pitié. »

Le Sith leva sa lame au-dessus de sa tête et fit un pas en avant alors même qu’il abattait la rapière vermillon sur le garçon. Son cœur s’accéléra et il ferma les yeux en tentant une parade maladroite.

Au bord du Lac – Dromund Kaas


« Lazharr… »

Les deux lames entrèrent en contact dans un rugissement électrique. Derrière son masque, l’Arkanien grimaçait. Il sentait son corps tout entier protester face à cette nouvelle épreuve physique. Non content d’avoir chuté droit dans les eaux glaciales du lac, Oryel avait aussi essuyé le choc de l’explosion. Et maintenant qu’il avait pleinement repris possession de ses moyens, la douleur était au rendez-vous.

« Tsis... ax Jidai ? Kuris buti j'us ? »

L’aura maléfique qui émanait de l’étrangère était équivoque : s’il s’agissait d’un Jedi, son allégeance n’appartenait plus à la lumière. Cela expliquerait la présence de ce sabre améthyste. A moins qu’il s’agisse du contraire ? Un Sith sur la voie de la rédemption ? C'était probablement la raison qui l'avait poussé à l'attaquer dès qu’il avait montré sa lame. De toute évidence, cette obscure Mirialan était loin d’être une sympathisante du Côté Obscur. Oryel avait été imprudent en la jugeant trop vite. Il avait cru avoir à faire à une semblable, dont les intentions envers lui étaient visiblement moins honorables qu’il l’imaginait. Quelle ironie ! Elle lui avait sauvé la vie, dans le seul but de lui reprendre.

Darth Lazharr sourit.
Une fois de plus, la Faucheuse lui ouvrait ses bras.
Si telle était sa volonté, il la ferait danser.

L’amplitude des coups n’avait pas augmenté, mais leur cadence ne cessait de gagner en vitesse. Au fur et à mesure qu’il paraît, les bras de l’Arkanien faiblissait, creusant un peu plus l’écart entre les attaques ennemies et ses propres mouvements défensifs. Bientôt il n’aurait plus assez de force pour tenir le rythme que cette bretteuse, visiblement experte dans le maniement du Jar’Kai, lui imposait. Dans cette situation, le Shii Cho n’était plus d’aucun recours. Mais utiliser le Niman ne serait pas suffisant non plus, il lui fallait plus de force… plus de pouvoir. Son seul moyen de survivre était de faire appel au Côté Obscur, toutefois, ce combat ne soulevait aucune rage en lui. Bien au contraire… il y prenait un malin plaisir.

« Tu es… la plus puissante… »

Essoufflé, les muscles brûlants et les membres lourds, Darth Lazharr ne pouvait plus lutter. Aussi fit-il la seule et unique chose qu’aucun adversaire, aussi futé soit-il, n’aurait pu envisager dans un combat face à un Sith. Il désactiva sa lame et refusa de parer le coup suivant. Cet aveu de faiblesse n’était bien évidemment qu’un leurre, l’Arkanien faisait le pari fou qu’à l’instant même où les crocs mortels de la prédatrice, se refermeraient sur lui, le Côté Obscur interviendrait en sa faveur. Et alors que les fausses épées jumelles s’abattaient sur lui, la terreur face à une fin certaine et imminente l’envahit. Son sang ne fit qu’un tour et Oryel agit instinctivement, comme un animal acculé face à la perspective de la mort. Il croisa ses bras sur sa poitrine et les rouvrit brusquement, provoquant une onde de Force suffisamment puissante pour repousser l’assaut fatidique. Un éclair rouge succéda à ce coup de tonnerre et l’acolyte du Côté Obscur repris le combat de plus belle. En déséquilibrant ainsi son adversaire grâce à l’effet de surprise, il espérait reprendre l’avantage de l’initiative et dicter lui-même le rythme du duel. Ses coups n’étaient ni ralentie par son corps endolori, ni affaiblit par le doute sur ses chances de victoire. La peur du trépas semblait le guider inlassablement vers les ténèbres, grignotant sa raison pour qu’il ne fasse plus qu’un avec les ombres.

Lentement mais sûrement, Dromund Kaas aspirait l’âme de Darth Lazharr.
En échange… elle lui offrait le pouvoir de se surpasser.


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By Ranath
#36398
    La lame de l’Arkanien s’éteignit, seules chantaient encore les lames jumelles de la Dame Sombre. Une feinte grossière, ou une erreur de débutant, le temps manquait pour une compréhension complète de ce choix démesurément risqué. Juger, en l’espace d’un battement de cils, de l’incroyable stupidité d’un adversaire était un pari idiot. L’améthyste et le rubis étaient déjà lancés à pleine vitesse en direction des tempes de leur cible. Ranath, plutôt que de désarmer, dévia ses lames d’une rotation du poignet. La première frôla l’oreille gauche de l’Arkanien, tandis que la seconde lui passa au dessus du front, si proche de son crâne qu’il ne put s’empêcher, comme contraint par son irrémédiable besoin de survie, de contrer une attaque déjà avortée. La Déflexion repoussa les deux sabres. L’énergie libérée courut le long des lames laser jusqu’à leur poignée, vibra dans le métal prisonnier des poings serrés de la Sith. La manœuvre laissa à l’Arkanien le temps nécessaire à la reprise du combat, arme vrombissante à la main.

    Il se battait avec acharnement, parant les coups et cherchant à les rendre. Un esprit étroit aurait vu en lui un être persévérant, désireux de la victoire, plein de colère. Ranath ressentait davantage sa peur. Elle suintait de lui, se répandait tout autour d’eux, aspergeait les ruines rongées par la mousse terne. Son essence se trouvait totalement évincée par cette odeur abjecte. Et le Maître trouvait la situation des plus risibles, pouvant se donner désormais assurément le rôle du chat qui joue avec la souris qu’il vient de dénicher. Son regard, jusqu’alors témoin de sa concentration, s’illumina d’un éclat cruel.

    Au nouveau contre de son adversaire, la Sith maintint le contact, lame contre lame. Tandis que d’une main elle bloquait la riposte de l’Arkanien, de l’autre elle armait son prochain coup. Son regard se planta dans les yeux vides de la souris. Elle lui sourit doucement, un sourire narquois. L’insulte siffla entre ses dents.

      « Tu es pathétique… Indigne des Arts Obscurs ! »

    Elle le repoussa violemment, et accompagnant le geste d’un cri de rage, libéra sa volonté en une onde de choc violente, répondant ainsi à la ridicule Déflexion du novice. La Vague de Force frappa l’Arkanien de plein fouet, imposant l’arrêt temporaire du combat. La souris roula sur le sol. Si faible… Quelle joie !

    Dagon à terre, il était temps de presser la détente et de renvoyer au néant la folle furieuse qui s’était immiscée dans la chasse de Setek. L’oeil presque collé à la lunette, le chasseur visa, et lentement, tandis que la Mirialan approchait de sa victime, armes au clair, tira. La Force vibra autour de la Dame Sombre, le Côté Obscur hurla à son oreille. Un ultime réflexe défensif para le trait, l’envoyant exploser sur un pilier à proximité. Dès lors, Setek était repéré. Le regard d’or fusa en sa direction. Un homme mort. La Sith éteignit ses lames pour s’élancer de quelques enjambées en direction du tireur qui prenait déjà sa prochaine visée. Elle le voyait très nettement, son esprit l’avait déjà rejoint sur le toit plat de la petite maison. Un nouveau pas, puis un autre… Le Maître se laissa happer par la Force, lui confiant son être, une symbiose totale pour rejoindre sa prochaine victime. Un pas dans la Force.

    La Mirialan disparut du viseur. Setek sentit aussitôt une main glacée glisser sur sa gorge, et une lame brûlante percer la chair de son épaule.



#36399
Dans le laboratoire de Lazharr | Arkania


Un hurlement de douleur fendit l’obscurité. La lame du Seigneur Sith regagna sa position initiale, enveloppant son masque d’un halo vermillon.

« Tu n’es qu’un raté… »

Des larmes coulèrent le long du visage de l’enfant qui tenait son bras gauche fermement. Du sang ruisselait de ses plaies, peignant le sol froid du laboratoire d’une couche visqueuse et noire. En gémissant, le garçon se releva pour faire face à son maître. Son membre découpé resta sur le sol, ne laissant derrière lui qu’un moignon sanguinolant. Pour ne pas perdre conscience face à la douleur, l’enfant focalisa toute son attention sur son adversaire. La peur et la douleur avait été balayé par la colère, puis la haine l’avait chassé à son tour. La conscience de l’enfant fut engloutie dans cette déferlante de rage, comme happé par un trou noir dont l’épicentre n’était rien de moins qu’un appel à la vengeance. Le sabre laser, au sol et inerte, se mit à vibrer en écho. Un à un, les objets les plus proches se mirent à lui répondre, frémissant tout d’abord, avant de palpiter comme des dizaines de cœurs. Le transparacier des cuves de clonages trembla, pliant sous l’effet des pulsations, puis ce fut au tour des murs de trembler. La porte du Côté Obscur s’était entrouverte et le garçon se contorsionna, ses yeux se révulsèrent, son corps quitta terre. Lazharr haussa un sourcil inquiet… la science et l’étude des arcanes Sith n’avaient aucune explication face à un tel phénomène. Mais loin d’être préoccupé, l’Arkanien se mit plutôt à sourire.

Un éclat de lumière aveuglant lui fit payer son arrogance.


Au bord du Lac | Dromund Kaas


Le souffle court et le cœur battant la chamade, Oryel retenait tant bien que mal les gémissements de douleur de son corps meurtris. Serrant les dents, il continua pourtant d’abattre son épée sur les lames scélérates de l’adversaire. Ses mouvements étaient de plus en plus lourds, de plus en plus lent. Et pourtant il maintenant l’agression comme un prédateur acculé et mal en point. En vain, la Mirialan semblait danser dans les airs comme un félin, redoublant d’habileté pour parer et contre-attaquer dans la même seconde. Elle était plus agile et plus féroce qu’un dragon Arkanien. Elle le dominait sur tout les plans et elle l’avait compris à l’instant où elle avait posé le regard sur lui. Ses mots n’étaient ni des mensonges, ni une insulte. Une vérité écrasante, sans aucun doute.

L’explosion de Force finit d’achever toutes les résistances de Darth Lazharr. Balayé comme un brin d’herbe, il se retrouva de nouveau au sol. Un retour à la case départ, l’orgueil en moins. L’issue du duel avait été décidé si longtemps auparavant qu’il aurait pu l’anticiper, mais son arrogance avait été plus forte que la prudence. Il avait suffi qu’une seule seconde, Oryel s’imagine vainqueur, pour que la raison laisse place à une absurde volonté de combattre. Le résultat parlait pour lui. L’Arkanien n’était ni un guerrier, ni même un Sith. Rien de moins qu’une aberration qui ne méritait même pas de fouler le sol de cette terre sacrée. Rien de moins qu’un insecte.

* Tu es un échec… *

Cette voix dans son crâne augmenta d’un cran sa souffrance. Un flash de lumière aveuglant surgit des méandres de sa mémoire. Puis une série d’images lui rappela les innombrables séances d’entraînement passées sous la tutelle de son « père ». Lazharr avait profité de ces leçons sur le maniement du sabre pour distiller la peur, la colère et la haine dans le cœur de son clone. Mais ce qu’il avait inscrit dans sa chair était peut-être pire encore. Des souvenirs… les réminiscences d’une torture sans fin. Le Sith ne s’était pas contenter de le briser mentalement ou émotionnellement. Il avait coupé ses bras, ses jambes, ses mains, il l’avait éborgné, l’avait rendu sourd, muet puis aveugle. Il l’avait soigné, usant de la magie et de la science pour faire repousser ses membres, pour guérir son corps et son esprit. Avant de recommencer inlassablement pendant près de vingt ans.

Oryel avait fini par se recroqueviller sur lui-même. Il était devenu une ombre, un être docile, insipide et sans amour propre. Il avait choisi de se plier aux volontés de son maître incontesté, de son dieu incarné, plutôt que de vivre une seconde de plus dans un enfer perpétuel. Et lorsqu’enfin, il avait réussi à s’échapper et qu’il avait cru pouvoir prendre la place du « père » … cette femme lui avait fait mordre la poussière.

Pathétique ? Indigne des arts noirs ?
Ho il était bien pire que ça.

Il était l’engeance d’un cerveau malade.
L’expérience ratée d’un pseudo-Sith.
La créature défaillante d’un cinglé.
L’ultime erreur d’un dégénéré.

Et il n’avait nullement l’intention de devenir autre chose.
Le sol se mit à palpiter sous son corps. Une force invisible s’empara de lui et le fit léviter au-dessus du sol; derrière lui, les eaux noires du lac commencèrent à bouillonner. Les pierres et la vase vibraient autour de l’Arkanien tandis qu’il rassemblait cette nouvelle puissance entre ses mains. Une déferlante de souffrance s’empara de ses os, s’attaquant à sa chair et à ses muscles comme des milliards d’insectes anthropophages. C’était pire qu’une brûlure, pire que la morsure de l’acide. C’était comme si chacune de ses cellules étaient scindée en deux par une lame gelée.

Les yeux d’Oryel se révulsèrent.
Un éclat de lumière l'avala.
Et une lance d’énergie obscure jaillit du néant.


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By Ranath
#36469
    Aussitôt le trait tiré, Ranath lâcha le chasseur bête et faible. L’Arkanien manifestait encore une activité certaine. Mais à cette distance, et avec ce niveau de maîtrise insignifiant, il ne pouvait espérer que se donner en spectacle. Ce qu’il fit. Tentant de manipuler une énergie qui le dépassait, le novice s’épuisa, et après avoir manqué sa cible, perdit connaissance.

    La Sith revint vers lui. Il s’était achevé de lui-même et ne méritait que mépris. Elle ramassa son sabre, serrant fermement le poing sur la poignée de l’arme adverse. Elle se pencha au-dessus de lui, un genou au sol à son côté. La Dame Sombre observa le masque en silence avant de tendre la main vers lui afin de l’ôter du visage qu’il cachait. Le perdant avait les traits caractéristiques de sa race. Une peau tannée, des cheveux délavés. Il était laid.

    L’Arkanien ouvrit les yeux, des yeux vides, des yeux blancs, pour admirer la moue méprisante du Maître. La Mirialan au teint viridien ne portait aucun tatouage. Sa bouche sombre se tordait en un rictus mauvais, en totale adéquation avec le regard dédaigneux qu’elle posait sur lui. Sous l’arc de ses sourcils, brillaient deux cercles d’or, chacun piqué d’une pupille et bordé d’un anneau noisette. Le bleu azur avait été évincé depuis déjà longtemps. Les traits marqués de son visage se trouvaient accentués par une coiffure tirée en arrière, un chignon plaqué à l’arrière de son crâne, et qui couvrait le senseur cérébral propre à son espèce.

    Quand Ranath fut certaine que son adversaire eût retrouvé suffisamment ses esprits, elle l’interrogea.

      « Qui t’a entraîné ? »

    Elle n’espérait qu’une seule réponse. Encore ce maudit espoir. Elle voyait en l’Arkanien une piste potentielle menant à sa véritable ennemie, un sentier vers la vengeance. Il ne lui apporterait pas la réponse attendue. Aussi s’empressa t-elle de formuler sa seconde question.

      « Qui était le tireur qui m’a attaquée ? »

    La Sith tenait toujours entre ses mains le sabre et le masque de l’Arkanien fraîchement tombé sur Dromund Kaas.

    Enfin …

      « Que viens-tu faire ici ? »

    Elle irradiait de colère, prête à frapper de nouveau. Un geste de Lazharr aurait suffi à compromettre sa survie.

    Le Maître attendait des réponses. De ces réponses dépendait la suite, elles conditionnaient d’ores et déjà l’appréciation que Ranath se faisait de l’étranger. Restait à juger de son utilité, ou de son inutilité. Depuis la rencontre avec l’Empereur, la donne avait changé. Si tout sensitif était un potentiel à exploiter, tous les potentiels n’étaient pas profitables. Le tri se devait nécessairement d’être fait, et au plus tôt. L’Arkanien trouverait le salut en se montrant convainquant, intéressant. La dague finement ouvragée par Srey était prête à servir.
#36479
A bord du Moloch II


« Setek ? »

Pas de réponse. Cela faisait plusieurs minutes maintenant et si le droïde en avait été capable, il aurait probablement commencé à s’inquiéter. Au lieu de ça, il appliqua le protocole de sécurité que le Kiffar avait mis en place dans ce genre de situation. Si une chasse tournait mal, une procédure d’extraction devait être mise en œuvre. L’objectif était de sauver le chasseur de prime par tous les moyens, quitte à abandonner une prime. En sept ans de métiers, ce n’était encore jamais arrivé.

« Tu comptes aller quelque part ? »

Le canon d’un fusil non identifié se posa sur la tempe mécanique du droïde qui se figea brutalement. A l’intérieur de sa boîte crânienne, les connexions entre ses puces et ses circuits se mirent à chauffer tandis qu’il envisageait tous les scénarios possibles. Aucun d’entre eux ne semblait lui donner l’avantage, par conséquent, il n’avait que deux solutions : abandonner Setek et se rendre, ou quitter ce monde en tentant l’impossible. Le pragmatisme instinctif de l’androïde ne lui laissa qu’un semblant de libre arbitre. Parce qu’il avait vu un nombre incalculable d’aliens faire ce geste, il choisi de lever les mains en signe pacifique.

« Bien. Maintenant tu vas exécuter à la lettre chacun de mes ordres… »

Taral s’assit à côté du droïde tout en le gardant en joue. Il était trempé et couvert de vase à plusieurs endroits, mais son œil valide flamboyait de rage. De toute évidence, il faisait de grands efforts pour éviter de presser la détente. Cela devait certainement prendre tout l’énergie qui lui restait.

Au bord du Lac


« Qui t’as entraîné ? »

Après avoir repris conscience, Oryel avait d’abord vu une ombre, puis une silhouette floue avant que ses yeux ne fassent une mise au point capable de lui donner plus de détails. Il avait alors pris conscience de son échec et de sa position de faiblesse. Mais aucune rage ne souleva sa poitrine. Il n’y avait plus que du dégoût en lui… et de la douleur. Ses bras le torturaient inlassablement depuis son retour du pays des songes. Comme si ses os étaient en train de s’effriter.

« Darth… Lazharr… »

Mentir n’aurait servi à rien, la vérité ne l’avancerait pas plus, au mieux elle la troublerait. Cette réponse servirait seulement à tester son honnêteté. Vu son niveau de maîtrise du sabre, il y avait fort à parier qu’elle était capable d’en faire tout autant avec la Force. Oryel n’avait jamais rencontré d’autres Sith hormis son créateur, mais il les imaginait tout puissant. Cette Mirialan l’avait vaincu avec aisance, sans même transpirer. Lorsqu’elle avait employé ses pouvoirs il avait compris que la différence de niveau ne se situait pas seulement lame à la main. Bien qu’il n’ait pu juger l’étendu de sa puissance, il n’était pas difficile d’imaginer qu’elle était sûrement aussi forte que Darth Lazharr. Peut-être même plus. Autrement dit, il ne pourrait jamais la duper. Tout comme il n’avait jamais réussi à tromper son Maître.

« J’ai été attaqué… sur ma planète… un… un ennemi. »

Être cantonné à dire la vérité n’impliquait en aucun cas qu’il devait vider son sac. La disparition de Taral signifiait qu’il était probablement mort noyé, ou qu’il préparait quelque chose en attendant le moment propice. Dans un cas comme dans l’autre, la Sith n’avait nullement besoin d’apprendre son existence. Et puis, il restait la possibilité que le tireur en question soit justement le cyborg. Oryel avait perdu conscience bien trop tôt pour en savoir davantage sur lui. Si la Mirialan avait été attaqué, mieux valait espérer qu’il s’agissait de son assaillant et sinon, brouiller les pistes pour éviter d’être mis dans le même panier qu’un tireur embusqué. La situation de l’Arkanien était déjà suffisamment compliquée, mieux valait éviter de l'aggraver.

« … »

Il ne répondit pas tout de suite. Pouvait-il seulement répondre à cette dernière question ? Chercher des réponses, enquêter sur le Côté Obscur, rencontrer quelqu’un qui pourrait lui apprendre… comment devenir un Maître des arcanes ? Depuis la mort de Darth Lazharr, Oryel n’avait plus rien. Son identité, ses buts, ses désirs, tout avait été façonné par un être qui avait disparu de la surface de la terre. Tout ce qui lui restait c’était l’héritage de ce créateur. Mais personne pour lui dire comment s’en servir… ou quoi faire avec. La triste vérité était que le clone n’avait pas la moindre ambition, pas le moindre rêve, si ce n’est peut-être ce désir fou, cette aberration, de vouloir faire payer au reste du monde toute la souffrance qu’on lui avait inoculé. L’Arkanien s’accrocha de toute ses forces à cette sombre pensée.

« Apprendre. »

Son sourire laconique en disait plus long que n’importe quel discours. Elle était le Maître, lui un Profane. Les Siths fonctionnaient par pair depuis des temps immémoriaux, Lazharr lui avait enseigné la règle de l’Unique et la règle des Deux. Dans chaque cas, il y avait toujours eu un élève et son précepteur. L’enseignement du Côté Obscur se faisait de la même manière que chez les Jedi. Pouvait-il espérer qu’elle le prenne sous son aile et lui enseigne comment tenir le sabre et maîtriser la Force ? Non. Il n’en était pas digne. Mais peut-être déciderait-elle de le mettre à l’épreuve. Et auquel cas il gagnerait un sursit… de quoi échapper à la mort suffisamment longtemps pour préparer sa fuite.

Voire même... peut-être... se venger.
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By Ranath
#36510
    L’Arkanien balbutiait des réponses hachées, comme encore happé par un rêve embrumant. La Sith ne le lâchait pas du regard. Quand il eut fini de répondre à la dernière question, d’un seul mot trop peu convaincant, le masque de Lazharr changea de main, passa de la gauche à la droite, pour rejoindre le sabre du vaincu. La main désormais libre s’approcha du visage de l’Arkanien.

      « Ne bouge pas. »

    Toute animosité avait disparu de la voix de la Mirialan. Son regard également pouvait sembler moins dur. La main d’émeraude se posa sur le front du novice, le pouce et le majeur chacun sur une tempe. Ranath sentait posée sur elle l’attention de sa victime, elle tâchait de lui présenter une expression neutre, qui ne trahirait en rien l’effort qu’elle s’apprêtait à fournir.

    La pensée de la Dame Sombre se détacha d’elle, comme un membre difforme, une extension invisible de sa volonté. Plus encore, elle maîtrisait le chemin de ce bras d’esprit, et l’envoyait droit sur Lazharr. L’exercice avait été travaillé sur Dargul, en compagnie de la Comtesse. La petite gamine muette excellait dans l’art télépathique. Ranath avait beaucoup appris à ses côtés. Elle avait acquis une certaine dextérité mentale, qui lui avait permis tout d’abord d’abattre les verrous de son propre esprit, puis d’apprendre à projeter sa pensée bien au-delà d’un simple contact. La pensée de la Sith se posta à la frontière de l’esprit de l’Arkanien. Elle l’effleura, sans plus chercher à se cacher, et à la première vibration mentale de la proie, s'immisça en sa mémoire. Isabo maîtrisait l’art de saturer les sens d’un adversaire, uniquement par télépathie. Elle avait une connaissance telle du cerveau humanoïde qu’elle était capable de communiquer avec chaque sens de son interlocuteur, et lui faire entendre n’importe quoi. Ranath n’atteignait pas ce niveau d’art, en revanche, elle avait pour acquis des pouvoirs que la petite rouquine était incapable d’imaginer en rêve. Comme un détournement de télépathie, l’intrusion dans la mémoire d’une victime faisait partie de ses talents.

    L'étau sur les tempes de l’Arkanien se fit plus ferme, la Sith lui plaquait la tête au sol tandis que sa pensée explorait, lentement, peut-être douloureusement, les souvenirs immédiats de ce cerveau malade. La Sith rencontra de nombreux barrages, résistances de Lazharr à l’exploration mentale. Jamais la Sith ne chercha à briser les verrous ainsi clos. Elle les contournait, parfois rebroussait chemin. Elle naviguait entre Dromund Kaas et Arkania. Elle vit le chasseur, Setek, dans son vaisseau. Elle vit la chasse. Elle aperçut une autre présence qu’on avait cherché à lui dissimuler. Cet Arkanien n’avait rien d’un maître. Il était perdu. Empli de peur plus que de colère.

    La main d’émeraude lâcha soudain le crâne de Lazharr, et sa pensée se retira dans le même temps avec le geste. Ranath tendit le sabre et le masque à leur propriétaire. Elle se releva, son sabre à portée de main.

      « Nous sortirons ton vaisseau de l’eau plus tard.

      Lève-toi, le chasseur t’attend.
      »

    Il traînait là-bas, quelque part, inconscient, sur le toit plat de cette petite maison en ruine. Ranath montra le court chemin à l’Arkanien. Setek n’était pas mort, simplement … ralenti. La blessure de son épaule saignait modérément. La Sith l’avait immobilisé, pas détruit. À Lazharr de décider quoi faire de lui.



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