L'Astre Tyran

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Figurant parmi les mondes les plus connus de toute la galaxie, Corellia est pour beaucoup synonyme de technologie et de voyage spatial. Pour d'autres cette planète est le symbole des fauteurs de trouble et de tout ce que l'univers compte de hors-la-loi.
Gouvernement : Affinités avec Nouvelle République - Indépendantiste
#36489
    La fin de l’innocence



19:30, heure locale
Corellia - Le bar Yippee Ki-Yay


The Fugees - Ready Or Not


    Il pleuvait. C’était comme si la soirée elle-même voulait pleurer cette funeste journée, comme si elle cherchait à soulager la plaie béante de destruction qui défigurait à présent Coronet City. La cité capitale, jadis enjouée et heureuse de vivre était tombée dans le désespoir et le questionnement. Qui les frappait et pourquoi ? Certains se tournaient vers les dieux, d’autres vers la Force, cherchant une explication à un malheur qui n’en avait aucune car qui pouvait justifier la violence dans de telles conditions, une violence aveugle comme venue d’une bête enragée tapissant l’intérieur de la civilisation. Le peuple corellien aurait besoin de temps, pour se redresser et se relever d’un tel évènements, tellement choquant qu’il laissait des êtres hagards et perdu dans les tourments de sa propre fureur. Mais cette action n’était pas restée sans réaction et les autorités avaient promis de retrouver les responsables de ce terrible et de les traduire devant la justice et nombre de corelliens attendaient l’allocution du diktat qui ne saurait tarder à arriver. Et la CorSec n’était pas seule. Les Jedi Corelliens avaient promis d’assister les autorités et ils tiendraient leur promesse.

    La silhouette encapuchonnée faisait face au bâtiment, le Yippee Ki-Yay, un bar notoirement connu pour ses accointances avec le milieux criminel, la destination première que la Jedi avait visé ce matin si elle n’avait été interrompue par la prise d’otages. C’était également ici qu’elle s’était retrouvée lors de son premier contact avec la Ligue Humaine, qu’elle savait être derrière tout ça. Elle se tenait toujours devant, sous la pluie, hésitante. Elle souhaitait aider les forces de l’ordre mais Mat’ lui avait déconseillé de se rendre ici, parce qu’il craignait ce qu’il pouvait y arriver, sans qu’elle sache de quoi il avait peur : qu’elle soit prise à partie avec toutes les terribles conséquences que cela pourrait avoir ou bien qu’elle soit incapable de se contrôler ?

    L’ancienne elle, celle qui avait été l’esclave du Simurgh, aurait probablement fait un carnage à l’intérieur de ce bar, sans chercher à distinguer le bon grain de l’ivraie. Ce n’est pas ce qu’il adviendrait là. Elle serra son poing gauche jusqu’à sentir la douleur puis fit un pas en avant, se dirigeant avec détermination vers le bar. A l’intérieur, il faisait chaud et l’ambiance était bien plus festive qu’elle l’aurait voulu, ici et là on entendait des rires dans des conversations, certains s’apostrophant à coup de blagues vaseuses. Elle laissa sa capuche sur sa tête, couvrant en partie son visage et alla s’installer au bar, patientant que le barman vienne à sa rencontre pour prendre sa commande, au bout de quelques minutes il l’interrogea sur ce qu’elle voulait :

      - Un whisky corellien.
      - Il en existe d’autre ?

    Son ton était badin, mais nul doute qu’il restait convaincu de ce qu’il disait, comme beaucoup de corelliens d’ailleurs, la grande majorité des corelliens étaient fiers de leur alcool, c’était culturel. Le barman déposa le verre devant elle et elle lui paya ce qu’elle lui devait. Un verre d’alcool dans ce bar et la première pensée qui lui vint à l’idée fût Ethea Deklan, un rapport simple à établir : la dernière fois qu’elle était passée ici la jeune femme y était aussi, dans un sale état. Ce qui établit un nouveau lien, la faisant penser à Riggs, ou plutôt Norin Varracht comme elle l’avait apprit par la suite par le biais de Rafael Eridan. Elle se demandait où se trouvaient les deux, s’ils avaient appris pour l’attentat, s’ils étaient en sécurité. Étrangement, elle aurait voulu être auprès d’eux à cet instant. Mais pour des tas de raisons, ce n’était pas possible.

    Sa main s’empara du verre, admirant la couleur ambrée du liquide alcoolisé tandis qu’elle le portait sous son nez, se laissant envahir par l’odeur forte quoiqu’un brin épicé du whisky. Finalement, après un court temps d’hésitation, elle avala le contenu du verre cul sec, ne laissant presque pas le temps à l’alcool le temps de lui brûler la gorge. Le goût sembla se diffuser sur sa langue en même temps que la chaleur envahit son corps, elle ne résista pas, c’était peut-être le meilleur moment pour se laisser. Plus d’alcool. Elle déposa son verre sur le comptoir dans un bruit sec, levant la main en direction du barman :

      - Un autre.

    Le tenancier lui lança un drôle de regard, mi-amusé, mi-intrigué, mais s'exécuta. Elle paya de nouveau sa consommation et s’enquilla un seconde verra sans adopter le même rituel cette fois. Et de nouveau le son du choc du verre sur le comptoir, bientôt agrémenté d’un :

      - Encore.
      - Devriez faire gaffe ma p’tite dame, c’est de l’alcool corellien, ça torche vite.
      - Je sais, je suis corellienne.
      - Ah ? J’aurais pas dit, z’avez un accent étranger.
      - Kuati, ouaip’.

    Le troisième verre ne survit pas pas plus longtemps que son prédécesseur, et elle en commanda un quatrième ce qui provoqua un écarquillement du barman mais il ne contesta pas, après tout la p’tite dame payait ses consos sans faire d’ennui et si jamais il lui arrivait quoi que ce soit en-dehors du bar et bien...c’était pas son problème. Ce verre-ci, elle le laissa devant elle, visiblement perdue dans sa contemplation. Elle sentait un léger engourdissement au bout de ses doigts mais rien qui ne la détournait vraiment de l’envie de boire, ce n’était pas la première fois qu’elle buvait et elle tenait très bien l’alcool comme pas mal de corelliens. En fin de compte ce verre ce n’était rien et le boire n’aurait aucune conséquence. Toujours à ses réflexions, le verre posé devant elle, elle sentit une présence dans son dos.

      - Alors ma jolie, on noie son chagrin dans l’alcool ?
      - Foutez-moi la paix.

    L’autre éclata de rire.
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Cela faisait bien longtemps que je fuyais. Trop longtemps… L’ordre 66. La grande Purge Jedi. L’empire. Et maintenant le cartel des Hutts. Sans compter l’ordre Jedi et la république avec lesquels je prenais le plus de distance possible. Mais on ne perd pas ses bonnes habitudes si aisément. Je n’étais tout simplement pas prêt. En trente-et-une années, le monde avait bien changé. Moi non. J’avais beaucoup de choses à apprendre. Tout un monde a redécouvrir. Et dans ce nouveau monde, je ne savais plus à qui me fier.

C’était de l’ordre auquel j’avais appartenu qu’était né l’un des Sith les plus puissants que la galaxie ait connu. Anakin Skywalker. Je l’avais connu. Peu connu certes, mais j’avais eu l’occasion de le rencontrer avec Maitre Kenobi. Je me souviens de lui comme d’un Héros de la guerre des clones. La bataille de Geonosis, la bataille de Christophsis, la bataille de Felucia, bien d’autres encore, et enfin, le sauvetage du chancelier suprême. Et pourtant, tout le monde ne se souvenait que de Dark Vador, celui qui avait détruit les Jedi et persécuter la galaxie. Je ne pouvais m’empêcher de penser que les Jedi avaient été fautifs et qu’ils avaient précipités leur propre fin. D’autant plus quand on sait qu’ils avaient soutenu Palpatine. Le seigneur Sith qui avait été à la tête de la République et qui créa l’Empire.

Aujourd’hui, l’ordre avait été recréé par celui même qui avait vaincu l’empereur : Luke Skywalker, un Jedi. Le conseil avait été reformé. Les membres de l’ordre se battaient à nouveau pour la justice et pour la République. Mais comment être sûr qu’ils ne reproduiraient pas les mêmes erreurs ? C’était trop tôt pour que je les retrouve. D’autant plus que mon lien avait la force était plus faible que jamais. C’est tout juste si je pouvais soulever mon sabre par la Force, ou encore ressentir les personnes présentes à quelque mètres, ni même reconnaitre un sensible à la Force. Sans parler de pouvoir percevoir le futur… Et ce n’était pas le pire, même méditer était devenu difficile. La dernière fois que j’avais essayé, j’avais fini par revivre la mort de mon Maître… Mon seul talent encore intact était mon maniement au sabre, dont je ne me servais qu’en dernier retour. Personne ne devait savoir que j’étais un Jedi. En tous cas pour l’instant.

Alors je gardais mes distances. Me cachant de tous. C’était la vie que j’avais choisie. J’étais devenu un pariât. Grakkus avait mis ma tête à prix, je n’avais plus de famille, plus de compagnons, plus la Force. J’étais seul dans mon cockpit, voyageant en vitesse subliminique, entouré par ces rayons bleus si spécifiques. ET cela était pesant. Plus que je ne l’aurais avoué. Je ne voulais pas être seul. Ce n’était pas mon mode de vie. J’avais beau rester à l’écart, le code de l’ordre avait toujours un sens à mes yeux. Pourtant, je détournais le regard quand des crimes étaient commis, par peur d’être repéré. Moi-même j’étais un criminel, un contrebandier. Je n’étais pas seulement perdu dans un univers inconnu. Mon esprit était perturbé, indécis, chaotique. Si mon ancien Maître avait pu me voir ainsi…

Le bip sonore émis par le tableau de bord de mon cargo Corellien me fit reprendre mes esprits. Il était temps que je me concentre. J’avais un contrat à effectuer. Quitter l’espace Hutt n’avait pas était de tout repos. Il fallait à présent que j’effectue ma livraison sur Corellia. Quelques manœuvres me firent sortir de l’Hyper Espace. Un copilote n’aurait pas été de trop sur ce cargo. Le manoeuvrer seul n’était pas simple. Peut-être pourrais-je trouver quelqu’un sur Corellia… Non. Je ne pouvais pas prendre ce risque. Un droïde peut-être ? Bien configuré, je n’aurais pas à me méfier. Quoi qu’il en soit, j’arrivais au statioport.

Le transporteur se posa sans heurt. Avant de partir, j’inspectais la soute. La cargaison était en parfait état, j’allais pouvoir récupérer mes crédits. Mais d’abord, il fallait que je rencontre l’acheteur. Je devais le retrouver dans une cantina de la ville : Le bar Yippee Ki-Yay. Au moins, ici, personne ne me connaissait, je pouvais laisser tomber le casque de chasseur de prime.

*****


La bar était plein. Encore un lieu de prédilection des criminels. J’aurais peut-être mieux fait de prendre mon casque avec moi finalement. Baissant la tête, passant discrètement entre les personnes présentes, je me dirigeais vers le comptoir. C’était l’endroit où j’aurais la meilleure vue sur la salle. Je pourrais y trouver mon contact plus facilement. Et puis, je passerais plus facilement inaperçu un verre à la main.

« Un Corellian ale s’il vous plait. »[/color

Le barman s’exécuta, échangeant un verre plein contre quelques crédits. Je m’adossais au bar, observant attentivement les personnes présentes. J’avais une description de l’acheteur, il ne devrait pas être bien difficile à trouver. Un Ardennien avec un bras manquant ne devait pas passer inaperçu. Je commençais donc à le chercher du regard. Mais une conversation retint mon attention.

« Foutez moi la paix. »

Une femme, encapuchonnée, avait affaire à un Corellien un peu trop envahissant. C’était monnaie courante dans ce genre d’établissement. Et pourtant, j’avais un pressentiment étrange. C’était comme un petit picotement à la base de la nuque. Un filet de sueur coula le long de ma tempe. C’était un sentiment que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. Si longtemps que j’en avais presque oublié la signification. Mes dons avaient beau être atténués, ils rugissaient en cet instant. Quelque chose allait se produire. Et elle en était au cœur. Elle n’avait rien à craindre de l’homme, lui en revanche si. Je ne sais pas ce qui me prit. Ce fut comme un réflexe attisé par cette sensation retrouvée. Mon corps bougea instantanément, attrapant le bras de l’homme. Des paroles lointaines me revinrent en mémoire dans un flashback.


Grâce à la force, on peut influencer les esprits faibles.


[color=#00BF00]« Tu vas continuer ton chemin, commander un verre et retourner t’assoir… »

« Pardon ? »

Plus de conviction, plus de concentration. C’était comme essayer d’atteindre un objet quasiment à ma portée. Je le sentais au bout de mes doigts. Je pouvais l’effleurer. J’étais si proche… Je devais me concentrer. L’effleurer des doigts était un début. Je ne devais pas douter.

« Tu vas continuer ton chemin, commander un verre et retourner t’asseoir ! »

« Je vais continuer mon chemin, commander un verre et retourner m’asseoir… »


J’y étais parvenu. Je n’en revenais pas. Après tout ce temps, c’était un progrès immense. L’homme s’éloigna, me laissant seul, contemplant mes mains comme si elle ne m’appartenait pas vraiment. Et alors je me rendis compte de ce que je venais de faire. J’avais utilisé la Force. Dans une salle remplie. J’avais dévoilé ma présence quand je m’étais promis de rester caché. Je levais la tête, assurant que personne n’avait rien vu. Apparemment, peu de monde avait prêté attention à la scène. Et c’est alors que mon regard croisa le sien. La femme encapuchonnée avait tout vu. Il fallait que je parte…
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    Elle s’était préparée à se retourner dès que l’homme aurait cherché à créer un contact physique, main sur l’épaule, la main voire même la cuisse, se réjouissant presque à l’idée de coller un gnon dans la face d’un débile qui se serait trouvé au mauvais endroit au mauvais moment à emmerder la mauvaise personne, mais cela lui fût refusé. Au lieux de ça, une scène tout aussi surprenante la remplaça : l’homme fût convaincu de rejoindre sa place d’une manière bien trop persuasive et efficace pour que ce soit juste dû à un charisme particulier.

    Hayley fronça les sourcils, elle savait très bien de quoi il retournait, ce genre de ‘truc’ était dû à la Force, la persuasion de Force. Elle détaillait l’homme qui était intervenu : grand, mince, les cheveux mi-longs, barbu, un genre assez indéfinissable mais qui flirtait pas mal avec un côté assez vaurien sur les bords. Elle planta ses yeux d’un vert émeraude dans ceux de l’homme, essayant d’y percevoir quelque chose en particulier. Puis, après un temps, elle prit la parole :

      - Vous devriez vous asseoir.

    Et son ton ne souffrait pas le refus, ce qui était assez surprenant quand on considérait que la femme mesurait à peine un mètre soixante. Elle ne le quitta pas des yeux et ce, jusqu’à ce qu’il s’installe sur le tabouret juste à côté d’elle, après quoi elle s’enfila ce quatrième whisky corellien cul sec, sans même s’en trouver destabilisée. La petite avait une bonne descente et elle tenait bien l’alcool. Elle en commanda un autre qu’elle paya aussitôt. Ce n’était probablement pas raisonnable mais la journée qu’elle avait vécue se prêtait bien à la picole, avec option “se démonter la tête”. Pas très Jedi mais totalement corellien. Mais même si ce programme lui disait bien en premier lieu, elle devait gérer l’irruption de ce sensitif dans un bar, s’il n’avait pas été menaçant et s’il avait usé de la Force dans le but d’apaiser un conflit qui couvait, on n’était pas à l’abri d’une manoeuvre Sith pour l’abuser.

      - Ce n’est pas très prudent, d’utiliser la Force…

    Sa main s’avança vers le verre, dont elle se saisit sans pour autant le lever vers elle.

      - Surtout dans cet endroit. Vous êtes dans le pire quartier pour vous servir de vos astuces Jedi. Il y en a pas mal qui aimeraient mettre la main sur un Jedi et pas pour partager une conversation amicale.

    Elle porta le verre à ses lèvres, qu’elle s’enfila cul sec. Cette fois-ci, ça commençait à faire effet, elle sentait ses doigts s’engourdir au niveau des extrémités. Elle posa le verre sur le comptoir :

      - Encore.

    Puis, se tournant vers l’inconnu :

      - Et vous avez un nom, Jedi ?

    A bien y réfléchir, il n’y avait peut-être pas que les bouts des doigts qui s’engourdissaient, elle avait l’impression que sa tête tournait légèrement, peut-être aurait-elle dû grignoter quelque chose dans la journée. Mais elle n’avait pas eu le temps… Quoiqu’il en soit, elle conservait une certaine forme de prudence, passant sa main gauche dans les cheveux pour en décaler les mèches bleus de ses yeux verts, elle tendit sa main droite à l’inconnu dans l’intention manifeste de le saluer :

      - Moi c’est...Maria. Appelez-moi Maria.

    Elle lui offrit un sourire qu’elle voulait amical, sans qu’elle pût affirmer que l’intention était respectée. La chaleur de l’établissement commençait à jouer également sur sa tolérance à l’alcool, il faut dire que le bar s’était peu à peu rempli après l’arrivé de l’inconnu mais exclusivement d’humains, étrangement. Enfin étrangement...seulement pour qui ne savait pas que ce bar était un repère pour la Ligue Humaine, le groupe nationaliste et raciste qui sévissait de jours en jours sur Corellia. Mais bientôt distraite de ses réflexions, elle se rappela la façon dont elle s’était présentée, se morigénant mentalement de cette façon d’entrer en la matière qui la faisait passer pour une call-girl au mieux. Elle reporta son attention sur l’inconnu, le détaillant une nouvelle fois comme pour trouver quelque chose qui aurait pu lui échapper lors de son premier examen, pour finalement prendre la parole d’un ton nonchalant :

      - Qu’est-ce qui vous amène ici, Jedi ? Que venez-vous chercher sur Corellia ?

    Depuis le début qu’elle s’était adressée à lui, elle avait subtilement accentué le mot Jedi tout en le murmurant presque pour qu’ils soient les deux seuls à l’entendre. A dire vrai l’option la moins risquée aurait été d’utiliser la Force pour communiquer par télépathie avec son compagnon mais elle ne voulait pas laisser apparaître qu’elle utilisait la Force, elle n’avait certes pas cherchée à dissimuler son empreinte mais elle voulait voir s’il arrivait à obtenir quelque chose de son aura grâce à la Force, quant à elle une rapide fouille grâce à la Force lui permit de découvrir le lien que l’inconnu avait avec celle-ci, elle n’y avait rien trouvé de choquant ou déstabilisant, mais préférer jouer la carte de la prudence, on n’était pas à l’abri qu’il fût un Sith en couverture sur Corellia pour on ne savait quelle raison. La tuer, peut-être ? Elle le jaugea d’un regard. Impossible, à moins qu’il ne fût une diversion.

    Quoiqu’il en soit, elle restait sur ses gardes. Mais peut-être qu’au fil de la discussion elle donnerait sa véritable identité...
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« Vous devriez vous asseoir. »

A priori, je n’avais pas le choix. Cela faisait quoi… Six… Sept jours que j’étais sorti de la carbonite. J’avais déjà utilisé la force deux fois devant des inconnus. J’aurais dû me féliciter d’être encore en vie malgré ma bêtise. Il n’empêche, ce que je venais de faire était incroyable. J’avais utilisé la force. Pas comme sur Nar Shaada ou j’avais fait trébucher quelqu’un au lieu de l’envoyer balader plus loin. Non, j’avais utilisé la Force dans son entièreté. Quand bien même cela m’avait coûté ma discrétion, c’était un pas énorme. Mais maintenant il fallait que j’affronte la femme. Je pouvais clairement lire dans son regard qu’elle savait ce que j’étais. Moi, je n’avais aucun moyen de la sonder. Aussitôt, après avoir utilisé mon don de persuasion, j’avais reperdu mon lien avec la Force. Je pouvais simplement dire qu’il émanait d’elle quelque chose de particulier. À la fois inquiétant et tellement familier, presque rassurant au fond.

« Ce n’est pas très prudent, d’utiliser la Force… »

Elle confirmait ce que je pensais déjà. Elle savait. Ça ne servait à rien de la contredire à part me faire passer pour un idiot et un lâche. Et puis faire semblant n’avait pas fonctionné avec la dernière personne. Ça ne marcherait pas non plus cette fois-ci… Je l’écoutais sans rien dire, pour l’instant. Je sirotais ma boisson, fixer le comptoir, mais gardant une oreille bien attentive à ce qu’elle me disait. Je pouvais juste l’apercevoir vider ses verres les uns après les autres. Sacrée descente… J’étais d’accord avec elle, ce n’était pas prudent d’user de mes dons. Ce que je ne savais pas, c’était que ça l’était encore moins dans cet endroit. Génial ! J’avais fui le cartel des Hutts qui voulait faire de moi un trophée parce que j’étais un Jedi et maintenant, je me retrouvais fasse à des tueurs de Jedi. Eh bien Maître Taydan… J’avais beau essayer de suivre votre philosophie, ma patiente était mise à rude épreuve. Quel que soit le plan de la Force pour moi, quelqu’un prenait un malin plaisir à m’en faire baver. Ou peut être que c’était moi le problème… Il était peut-être temps que je remette en question ma capacité à prendre des décisions…

« Encore. » Décidément… Elle avait quelque chose à oublier… « Et vous avez un nom, Jedi ? »

Ce mot me fit frissonner. La salle était rempli. Je n’avais pas envie que qui que ce soit d’autre ne l’entende. Une personne c’était plus que suffisant. Je lui faisais fasse pour la première fois depuis qu’elle avait commencé à parler. « Dashel ». Elle s’appelait Maria. Joli prénom, mais cela ne m’en disait pas plus sur ses intentions. Qui était-elle ? Elle avait beau être sympathique au premier abord, souriant même, je devais rester sur mes gardes. Néanmoins, je me prenais au jeu et lui rendait sa poignée de main. Mieux valait faire ce qu’elle demandé pour l’instant. J’en apprendrais plus sur elle à jouer son jeu plutôt qu’à rentrer en conflit.

« Qu’est-ce qui vous amène ici, Jedi ? » Encore ! Cette fois ce mot me fit paniquer, quand bien même elle l’avait chuchoté, j’avais l’impression qu’elle le criait. « Que venez-vous chercher sur Corellia ? »

« Arrêtez d’utiliser ce mot ! »

J’avais été beaucoup trop sec. Trop tendu. Mon regard s’était durci, mes yeux plongés dans les siens. Tout mon corps s’était redressé sur la chaise. Prenant conscience de ma réaction, je prenais une longue respiration et détendais mes muscles, m’enfonçant de nouveau sur mon siège, quelque peu honteux. « Je suis désolé. Je ne voulais pas réagir ainsi. Mais s’il vous plait. N’utilisez plus ce mot. Je ne veux pas prendre le risque qu’il soit entendu. » Cela était trop dur. J’avais vu mes frères mourir, mon maître, les apprentis. Peu importe ce qu’était devenu l’Ordre aujourd’hui, j’avais vu les Jedi, ma famille, disparaitre. J’étais un des rares survivants et je ne faisais pas honneur aux Jedi de l’ancienne République. Je n’avais plus le droit de porter ce titre. Et chaque fois que je l’entendais, mes cicatrices me démangeaient. Je ne pû m’empêcher de laisser glisser distraitement mes doigts sur l’une d’elle, visible sur mon bras gauche.

« Je cherche un homme, ou plutôt un Ardennien. On m’a dit que je pourrais le trouver ici. » Je la fixais à nouveau. « Écoutez… Je ne veux pas d’ennui. Je ne suis pas là pour poser de problème. Je dois juste trouver cet Ardennien. Après, je m’en irais. » Ce n’était pas la première planète que je fuirais pour ne jamais y revenir. « Vous avez l’air d’en savoir beaucoup sur les miens. S’il vous plaît, ne dites rien à personne. Vous savez de quoi nous sommes capable. »

C’était du bluff. J’aurais été incapable de réutiliser ma persuasion et il était hors de question de faire usage de mon sabre laser. Même si je n’avais pas eu à craindre de dévoiler ma présence, je n’aurais jamais usé de telles méthodes. Mais elle n’en savait rien. C’était une mauvaise idée, mais je ne savais pas comment me sortir de cette situation. D’un moment à l’autre, elle aurait pu crier qu’il y avait un Jedi dans la cantina. Hors de question que je sois à nouveau fait prisonnier. Je ne retournerais jamais chez Grakkus et je préférerais mourir que de tomber face à une inquisitrice, s'il en existait encore…
Modifié en dernier par Dashel Nelievar le sam. 14 déc. 2019 08:55, modifié 1 fois.
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      - Et qu’est-ce qui vous dit que je vous laisserais vous en aller, Jedi ?

    Bien qu’elle avait un coup dans le nez, sa propension à la provocation n’était pas une conséquence désastreuse à l’alcool qui se faisait une place douillette dans son organisme amenant avec lui l’ivresse bienvenue. Pour autant, elle n’avait pas haussé le ton, continuant à murmurer le mot Jedi plutôt qu’à l’accentuer. Un étrange comportement venant d’une inconnue, à n’en pas douter, mais si elle faisait ça, c’est que la Jedi voulait limiter les risques d’être entendue alors qu’elle prononçait le mot ‘Jedi’, un mot qui pouvait leur attirer à tout deux des ennuis dans ce bar qu’elle savait partisan de la Ligue Humaine.

    Alors qu’elle dégageait une mèche de cheveux d’une blancheur de nacre de devant ses yeux, elle porta son verre à ses lèvres tout en lançant un regard plein de défi à celui qui lui faisait face, elle aurait rêvé qu’il cherche à l’empêcher de prononcer le mot ‘Jedi’ une fois de plus, ça aurait certainement été très drôle. Elle laissa couler l’alcool dans sa gorge, laissant le liquide brûler celle-ci au fur et à mesure de sa progression mais cette fois-ci elle se stoppa à environ la moitié du verre, observant un certain retrait tandis que ses yeux parcouraient la salle bondée et l’homme en face d’elle. L’ambiance devenait bien plus chaleureuse et les coeurs se relâchaient bien plus aisément dans l’établissement à présent. On sentait que pour beaucoup les récents évènements survenu sur Corellia était une bonne chose et quelques bribes de dialogues entendu ici ou là venait confirmer la chose :

      - Les prochains seront les aliens !
      - Non ! Ces fichus Jedi !
      - Allons au Temple !

    Des appels à la haine auxquels venait s’ajouter rires et plaisanteries d’un goût plus ou moins douteux allant des grivoiseries à l’humour noir, même si garder le contrôle lui était difficile avec l’influence de l’alcool, elle parvenait à ne pas se laisser à l’émotion qui aurait pu la conduire à de terribles atrocités dans un tel lieu. Et au lieu de ça, elle reporta son attention sur son interlocuteur :

      - Voilà pourquoi il faut faire attention à l’endroit où l’on utilise ses pouvoirs, Dashel.

    Et elle s’enfila le reste du verre, amenuisant un peu plus réflexes et conscience. Une lutte intérieure venait de s’engager afin de décider qui était en charge du contrôle de ce corps, un combat qu’Hayley rêvait de perdre pour pouvoir enfin se laisser aller mais il ne lui fallut pas plus d’une seconde pour réaliser que cela lui était impossible, hélas. La tête lui tournant légèrement, elle tituba jusqu’à Dashel, s’effondrant presque dans ses bras. Approchant ses lèvres de l’oreille de l’homme, elle y glissa quelques mots :

      - Je sais de quoi nous sommes capables, oui.

    Elle s’éloigna de lui, reprenant des distances bien plus raisonnables, le gratifiant d’un clin d’oeil d’un air désinvolte, tout en reposant son verre sur le comptoir alors qu’elle récupéra son blouson de cuir sur son tabouret. Ceci fait, elle s’adressa de nouveau à Dashel :

      - Et maintenant, je vous suggère de trouver votre homme, après quoi vous allez me raccompagner chez moi, en parfait gentleman que vous êtes.

    Ses subtiles révélations devait avoir eu l’effet escompté, c’est du moins ce qu’elle espérait, provoquer la curiosité et l’amener à essayer d’en apprendre plus. Pas besoin de la Force pour se rendre compte que l’homme était véritablement terrifié à l’idée que quelqu’un apprenne qu’il était un Jedi, une curiosité intéressante du point de vue d’Hayley puisque si elle s’était déjà retrouvée traquée à de (très) nombreuses reprises, elle n’avait jamais rencontré quelqu’un que l’idée de se trouver identifié comme Jedi rendait si nerveux. Ce n’était pourtant pas si étonnant, Hayley avait simplement côtoyée des Jedi assez ‘inhabituels’, son père notamment. Son instinct lui soufflait qu’il y avait sûrement beaucoup à apprendre de ce nouveau compagnon, si c’était un Jedi il avait dû vivre de nombreuses aventures et elle se demandait surtout comment il avait pu se tenir hors de portée de tout les radars pendant autant de temps. A vue d’oeil Hayley lui donnait à peine 30 ans, il devait donc être dans ses âges, elle se demandait bien de qui il avait reçu une formation pendant toutes ces années.

      - Je vous laisse disposer, je vous attendrais près de la sortie.

    Lui signifiant par là même qu’elle n’était pas disposée à le lacher, Hayley était obstinée, autant en tant que femme qu’en tant que Jedi et pour la plupart des personnes il valait mieux ne pas être l’une de ses obsessions, Darth Oxious pouvait en témoigner. Ou plutôt aurait pu, s’il n’avait pas rejoint les vers, décapité. Le Sith avait attiré l’attention de la mauvaise personne.

    D’un air décontractée, elle se dirigea donc vers la porte, non sans une dernière parole :

      - Allez, dépêchez-vous, nous avons énormément de choses à nous dire.

    Et elle s’installa à côté de la porte, vacillant parfois légèrement sous l’effet de l’alcool tandis qu’elle donnait l’impression d’être une mère attendant un fils qui mettait bien trop de temps à la rejoindre après un avertissement pourtant clair et lourd de menaces.
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« Jedi »

Encore… Quoi que je fasse, elle n’en ferait qu’à sa tête. Certes, le ton était si faible que personne n’avait pû l’entendre à moins d’avoir une ouïe surdéveloppée. Mais le mot en lui-même me mettait mal à l’aise… Et pour cause, je n’étais plus sur qu’il s’applique encore pour moi. Qu’étais-je réellement ? Je n’avais pas pu passer recevoir le titre de chevalier quand bien même avait été validé la plupart des épreuves Jedi qui m’étaient assignées. Je n’étais pas non plus un Padawan, pour cela j’aurais eu besoin d’un Maître, le miens n’étant plus. J’avais fui l’ordre et je gardais mes distances autant que possible. Alors non, je n’étais pour l’instant, plus un Jedi. Mais comment le lui expliquer ?

Son regard insistant, plongé dans le miens en disait long. Elle ne savait pas qui j’étais, personne ne le savait. Mais elle connaissait les Jedi. Elle pouvait reconnaitre que j’en étais un et n’était ni impressionnée, ni inquiétée, ni rassurée. Les possibilités sur son identité se restreignaient une à une. Elle aurait pu être une Jedi. Dans le pire des cas uns Sith. Une anciene apprentie peut être, tout du moins une sensitive. Son regard se détourna du miens quelques secondes. Un groupe, un peu trop alcoolisé certainement, faisait entendre à haute voix leur avis sur le traitement qu’ils réservaient aux Jedi ou aux étrangers. Corellia était loin d’être accueillante en ces temps obscures.

Peut être que je me faisais des idées sur cette mystérieuse femme. Elle ne ressemblait pas à une Jedi. Même mon ancien Maître, qui aimait les plaisirs de la vie comme peu d’autre, n’aurait pas autant abusé de cette liqueur. La raison pour laquelle elle était aussi détachée du fait que je sois un utilisateur de la Force pouvait être dû à son ébriété après tout. Lorsqu’elle tituba vers moi, se rattrapa dans mes bras, il sembla clair, l’espace d’un instant qu’elle ne pouvait pas être une initiée. Elle n’aurait pas perdu le contrôle de la sorte. Je n’avais surement rien à craindre. Je l’aidais à se redresser, la soutenant pour qu’elle ne tombe pas. Mais ce qu’elle murmura à mon oreille me paralysa.

« Je sais de quoi nous sommes capables, oui. »

Mon intuition avait été la bonne, j’aurais dû m’y fier. Elle connaissait la Force. Elle confirmer donc qu’elle était une Jedi ? Ou une utilisatrice de la Force ? C’était loin d’être la même chose. Mais cette question resterait en suspens. Elle ne comptait pas me laisser m’en aller, mais elle ne comptait pas non plus en dévoiler trop. Malgré mon inquiétude grandissante, je voulais en savoir plus. Qui était-elle ? Si elle était une Jedi, je n’avais probablement rien à craindre si ce n’est que mon identité soit dévoilée. Si elle était une Sith, mieux valait que je m’en débarrasse d’une façon ou d’une autre, sinon je courrais à ma perte.

J’avais le temps pour y réfléchir. Elle m’avait accordé le temps nécessaire pour retrouver mon contact. Il était dans un renfoncement de la salle, à l’abris des regards indiscrets. Surement pour éviter tous contact avec les groupes tels que les hommes qui avait salué le départ des extraterrestres de leur planète. L’Ardennien n’était pas très bavard. Ce qui m’arrangea. La transaction fut rapidement effectuée. Le rendez vous était convenu pour qu’il récupère sa marchandise plus tard. J’avais le temps de me consacrer à Maria à présent. Que devais-je faire ? J’aurais pu fuir… Mais quelque chose au fond de moi me poussé à rester et la confronter. L’appel de la Force était faible, lointain, mais pas inexistant. Comme mon ancien Maître me l’avait rappelée, je devais faire confiance à la Force. Je la rejoignais donc à l’extérieur.

« Très bien. Je vous suis. Je veux bien entendre ce que vous avez à me dire. »

Et nous nous éloignèrent de la cantina. Je ne savais pas où aller et la suivais, conscient que cela pouvait très bien être un piège. j'avais décidé de suivre mon intuition. Il fallait que j'en sache plus. La Force me poussait à suivre cette voie.

« Mais avant tout. Et surtout avant que je vous dise quoi que soit, je dois savoir si je peux vous faire confiance. »

Evidement elle pourrait me mentir. Mais quelque chose, au fond de moi, continuait de me dire que je pouvais avoir confiance. De nombreux Jedi avait déjà été aveuglé. L’ancien Ordre avait bien suivi Palpatine avant de se rendre compte qu’ils avaient fait confiance à l’un des plus dangereux seigneurs Sith que la galaxie ait connue. Mais je n’avais plus ressenti cet appel depuis longtemps. Je me devais de l’écouter.

« Qui êtes-vous ? Une Jedi, c’est ça ? Qu’est ce qui me prouve que je ne fais pas une erreur en vous suivant ? »
#36667
    La pluie n’avait pas cessé, c’est ce qu’elle avait constaté en sortant et le temps s’était considérablement refroidi, ce qui eût pour effet de calmer un peu son ivresse naissante. Le froid n’était pour autant pas trop palpable pour elle, l’alcool aidant. Son regard alla vers les hauteurs, se perdant sur les gratte-ciel dans le lointain pour s’élever ensuite vers le ciel, laissant la pluie éclabousser son visage, elle ferma les yeux, ressentant cette pluie s’écraser sur elle avec plus de netteté. Quelques minutes s’écoulèrent enfin quand elle entendit la porte du bar s’ouvrir et se refermer et elle ouvrit les yeux, se tournant vers Dashel qui acceptait de la suivre (de toute manière elle ne lui avait vraiment pas laissé le choix…). Elle lui offrit un sourire un brin mutin, ses yeux pétillant de malice autant que par la victoire qu’elle venait d’obtenir, ils s’avancèrent donc côte à côte, dans un silence seulement troublé par les bruits de la cité qui étaient bien moins prononcés que d’habitude, ce qui attristait quelque peu la Jedi. Perdue dans ses pensées, elle laissa ses yeux s’égarer de nouveau sur les environs, passant sur les murs, les enseignes, les quelques badauds qui continuaient à parcourir la ville à cette heure, il n’était certes pas tard néanmoins elle gageait que les événements tragiques survenus plus tôt dans la journée avait répandu de l’appréhension dans le coeur des corelliens et nombre d’entre eux avaient préférés rester cloîtrés chez eux, tant par désir de sécurité que par envie de se tenir informés sur l’avancée de l’enquête. Ce silence quasi-religieux avait été troublé par Dashel, poussant la Jedi à quitter ses réflexions sur cet acte, des réflexions qui ne donneraient rien tant elle tournait et retournait idées, culpabilité et projets. L’arrivée de cet inconnu dans ce bar l’avait même poussée à abandonner ses idées de traque, sûrement pour le meilleur, reste que cela la frustrait énormément. Finalement, après un temps vaguement long, sûrement deux ou trois minutes, elle choisit de répondre à Dashel sur un ton bien trop sérieux pour l’image de la femme inconséquente qu’elle avait pu donner lorsqu’elle était dans le bar :

      - Vous ne pouvez pas le savoir, c’est bien là tout le problème. C’est ce qui définit la confiance. S’en remettre à quelqu’un en espérant quelque chose de cette personne. C’est ça, la confiance.

    Elle commençait à avoir froid. Étant à droite de Dashel, elle se rapprocha de lui, passant son bras gauche en dessous du bras droit de Dashel, agrippant presque la main droite de celui-ci tandis qu’elle était presque collée à lui, laissant sa tête s’appuyer sur l’épaule de l’homme. Une conduite somme toute étrange pour une femme qu’il connaissait à peine mais qui s’expliquait par l’ivresse autant que par le froid. La rue les conduisait à un carrefour, ce qui fit intervenir la Jedi :

      - Continuez par la gauche, nous allons devoir faire un bout de chemin à pied, je le crains, le trafic de transports en communs n’est pas assuré aujourd’hui.

    Un frisson la parcourut tandis que le souvenir de l’explosion revint à elle, elle aurait voulu fermer les yeux pour oublier ces images, ne plus les voir, mais c’était impossible et le contraire se produirait si elle le faisait. D’une voix légèrement absente, elle répondait aux questions de Dashel.

      - Oui, je suis une Jedi. Et rien ne vous le prouve.

    Des réponses laconiques qui était à la mesure des propres expériences que la Jedi avait vécu, c’était certainement pour cette raison qu’elle répondait de cette façon, sûrement aussi qu’elle était fatiguée. De sa main libre, la droite, elle se frotta les yeux, se faisant la réflexion que peut-être l’alcool faisait plus d’effets qu’elle ne l’avait estimé. Elle soupira :

      - Mais c’est à double tranchant, Dashel. Vous ne savez pas si vous pouvez me faire confiance et je ne sais pas si je peux vous faire confiance. Nous sommes donc à égalité, nous progressons tous deux comme des bêtes apeurés incapables d’affirmer que l’autre n’est pas un ennemi.

    Elle s’en rendait compte, mais elle était bien trop sèche dans ses paroles - non son ton - pour rassurer pleinement son compagnon et sa proximité physique lui permit de sentir qu’il se tendait quelque peu. Elle essayait vainement de réfléchir à un moyen de le rassurer :

      - Je ne vois pas bien ce qui pourrait vous rassurer. Hmmm…

    Elle semblait songeuse, mais finalement poussa une exclamation :

      - Oh ! Je sais !

    Et elle décrocha de sa ceinture un sabre laser finement ouvragé dont le manche représentait des vignes entrelacées, une pièce d’une beauté incroyable, façonnée par une ancienne Jedi, elle tendit à portée de Dashel, ouvrant la main pour qu’il puisse s’en saisir s’il le souhaitait. Elle continuait d’un ton neutre quoiqu’un peu nuancé par une pointe d’admiration qui tenait presque du plaisir d’un collectionneur :

      - Il a appartenu à la Dame Sombre, An’ya Kuro, une grande Jedi, j’ai pu le récupérer lors de l’un de mes périples.

    Maintenant qu’elle y réfléchissait, ça ne prouvait absolument pas qu’elle était une Jedi, juste qu’elle était capable de récupérer des objets anciens. Au mieux montrait-elle qu’elle était une antiquaire en somme. Elle espérait toutefois que le fait de confier l’un de ses sabres à Dashel pouvait le rassurer un peu, après tout c’était un acte de foi que de confier son arme à quelqu’un, non ?

      - A présent si vous le voulez bien, parlez-moi de vous. Ce sera comme un jeu, vous m’apprenez quelque chose sur vous et je vous apprends quelque chose sur moi, petit à petit, d’accord ?

    Elle précisa sa question, donc :

      - Vous êtes un Jedi ? D’où venez-vous ? Pourquoi ne pas avoir refait surface plus tôt ?

    Bon, le jeu commençait à peine qu’elle trichait déjà, posant trois questions au lieu d’une, mais bon c’était pas si grave, si ?
#36694
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J’avais beau ne pas la connaitre, sa présence ne me m’inquiétais pas outre mesure. Elle était peut être une Jedi, affiliée à l’ordre ou non, mais ses intentions ne semblaient pas mauvaise. J’avais donc décidé de la laisser faire quand elle s’approcha de moi et passa son bras autour du mien. Je restais à l’affut, mais je ne pensais pas qu’elle chercherait à me faire du mal. En revanche, il m’était difficile de cerner ses véritables intentions. Son comportement n’était pas celui des Jedi que j’avais côtoyé. Pourquoi s’intéressait elle à moi ? Elle aurait pu me laisser m’en aller sans me conseiller et me questionner. Qui était elle vraiment ? Elle m’intriguait. J’avais fait le choix de la suivre et d’en apprendre plus. Je suivais donc ses indications, continuant bras dessous bras dessus sur le chemin qu’elle voulait emprunter.

« Je suis une Jedi. »

J’étais convaincu qu’elle disait la vérité. Mais à quel point ? J’avais entendu parlé de ces Jedi indépendant, un peu à la façon de Ombre. Au moins, elle n’était pas un Sith. SI elle avait raison, nous ne pouvions pas avoir confiance l’un en l’autre, quelque chose au fond de moi était apaisé. J’avais envie de lui faire confiance. Mais depuis la Purge, ce n’était plus aussi simple. C’était comme un instinct primaire. Je devais rester méfiant et être prêt à toutes éventualités. Abattre ses barrières que j’avais dressées moi même n’était pas évidant. Je n’avais laissé entrer personne depuis bien longtemps, avant ma carbonification. J’avais envie de faire confiance. Peut être aurait elle pu être cette personne que je cherchais, en réalité. Mais comme un réflexe, mon corps se tendait suite à ses paroles et son ton. La proximité entre nos corps lui permit de comprendre. Elle essaya de changer la donne.

« Je sais ! »

Maria attrapa quelque chose à sa ceinture. Je m’étais attendu à ce qu’elle en est un sur elle. Elle se disait Jedi après tout. Mais je ne m’étais pas attendu à voir celui ci. Il s’agissait là d’un sabre laser que je connaissais. J’avais connu son ancien propriétaire. Pas très bien. Mais je l’avais connu. Elle était réputée pour ses méthodes peu orthodoxe. Mon ancien Maître m’avait déjà menacée de m’envoyer faire un entraînement avec la Dame Sombre en punition face à mon manque de volonté dans certains exercices… J’avais pu y échapper, ayant eu l’occasion de la voir entrainer son Padawan, je savais que je devais éviter cette punition.

Je tenais donc le sabre dans ma main, observant attentivement chaque détail des vignes délicates ouvragés de l’arme de la Jedi. Il avait bien appartenu à An’ya Kuro, oui. Mais rien ne prouvait qu’elle était un Jedi pour autant. Elle avait du le récupérer quelque part. N’avait-elle pas achevé sa formation ? Je ne connaissais pas les Usages Jedi aujourd’hui. Peut-être que Ilum n’était plus un temple Jedi et que seul les anciens sabres servaient encore… Quoi qu’il en soit, elle avait suffisamment confiance pour me confier son arme. Je serais la poignée dans ma main, me convainquant que je pouvais encore faire confiance. Il fallait que j’essaie.

« D’accord ? »

Ce n’était pas une mauvaise idée, j’en apprendrais sur elle et elle sur moi. C’était un pas l’un vers l’autre. Ni trop brusque ni trop lent. J’acquiesçais de la tête, les yeux toujours fixé sur les vignes du sabre.

« Vous êtes un Jedi ? D’où venez-vous ? Pourquoi ne pas avoir refait surface plus tôt ? »

Autant me demander qu’elle était mon histoire directement. Je n’allais pas tout lui dire d’un coup. Ce n’était pas la règle du jeu. J’aimais l’idée de réciprocité qu’elle avait proposée.

« Je vais répondre à votre première question. Le reste devra attendre. J’ai été un Jedi. Tenez. » Je lui rendait son arme. « J’ai connu Maître Kuro. Je sais que ce sabre a appartenu à l’ordre Jedi de l’ancienne république. Il en est de même pour celui-ci. » Cette fois, j’attrapais mon arme dans la poche secrète de ma veste et le lui tendait. « Ce sabre a appartenu à Taydan Sumelle, mon Maître. Elle a été tuée. Je n’ai pas eu le temps d’achever ma formation. Je devais passer les épreuves Jedi quand elle est morte. Depuis je fuis. Depuis trop longtemps… Je ne sais plus si je peux encore être qualifié de Jedi après tout ce temps. » Je lui laissais attraper mon arme. Peut elle y verrait elle un signe de confiance de ma part également. « Je répondrais à vos autres questions après. C’est à mon tour d’en apprendre plus sur vous. » Je réfléchis quelques instants. Il fallait que ma question soit juste. « Je sais… Vous ne semblez pas être une Padawan. Je ne vois pas votre Maître, ni de mèches de cheveux significatives. Et si vous aviez un Maître il ne vous aurez surement pas laissé boire ainsi. Si vous êtes bien une Jedi, vous êtes à minima un Chevalier. Et pourtant, vous arborez un sabre qui n’est pas le votre. Pourquoi ? Faites vous vraiment parti du nouvelle Ordre Jedi ou les traditions ont elles changées ? »

A son tour de me répondre. J’avais été honnête, et je le serais. Je n’en attendais pas moins d’elle.
#36724
      - Connu Maître Kuro ? Comment ça vous avez connu Maître Kuro ?

    La Jedi était éberluée, de tout ce que Dashel venait de dire, c’était certainement le plus étonnant. A tel point qu’elle faillit rater le trottoir et tomber tête la première dans une flaque d’eau. Non, assurément, la chose n’était pas banale et la Jedi fronça les sourcils tout en continuant à regarder droit devant elle, guidant à moitié Dashel sur le chemin. Ses cheveux teints en blanc tombaient piteusement, trempés par la pluie qui n’avait cessé de tomber même si elle avait tendance à se calmer. Elle réfléchissait au reste, elle n’avait jamais entendu parler de Taydan Sumelle, ni par le Nouvel Ordre Jedi, ni par son père. Etait-il possible qu’il fût un de ces Jedi s’étant tenu à l’écart du giron de l’Ordre comme cela avait été le cas pour le père d’Helera, par exemple ? Nombre de Jedi n’avaient pas regagné le nid même après la fondation du Nouvel Ordre Jedi ou de l’Ordre Vert, chacun ayant leurs raisons propres, du moins le supposait-elle. Il y avait toujours une bonne raison, non ?

    Après avoir récupérée son arme, elle avait accepté l’arme du Jedi. Elle examinait le sabre tout en fronçant les sourcils, pas en réaction à la découverte du sabre et de combien il était ouvragé, mais plutôt à la pensée que le Jedi prétendait avoir connu An’ya Kuro. C’était...tout bonnement impossible. Pas avec une aussi belle bouche, pas en étant si jeune. Certes il avait l’air d’être dans ses âges mais An’ya Kuro avait foulé la galaxie il y a bien longtemps, bien avant la Guerre des Clones… A moins que…

      - Ah mais ! Je suis bête ! J’ai cru que vous prétendiez l’avoir connu lors des temps de l’Ancienne République, chose impossible ! Non, vous l’avez croisé pendant les sombres jours de l’Empire, c’est ce que vous vouliez dire, n’est-ce pas ?

    Une autre possibilité aurait été hautement...impossible. A moins d’avoir traversé les temps en perçant le secret de la jeunesse éternelle ? Non, non, absurde… De ce qu’elle en savait, An’ya Kuro avait cessé de donner signe de vie pendant le règne de l’Empire, il aurait été possible qu’il la croise avant qu’elle disparaisse, non ? Cette histoire la titillait, à tel point qu’elle se demandait si elle n’avait pas fait confiance trop tôt à ce Dashel, peut-être celui-ci essayait-il de la tromper, comment expliquer une information aussi étrange ?

    Continuant de deviser, ils progressaient dans ce qui semblait être un coin bien plus tranquille de Coronet, un endroit où les grosses artères de circulation laissaient place à des veines bien plus réduites en termes de taille et il n’était pas rare qu’ils dépassent des ruelles peu éclairées voire même des impasses, des endroits rêvés pour des embuscades pour quiconque de malhonnête, mais ils étaient bien loin du Secteur Bleu à présent, les risques existaient mais étaient bien moindres.

      - Ca nous fait un point en commun.

    Dans le silence qui s’était installé pendant quelques minutes, ces quelques mots semblaient percer la réalité avec une douceur qui dissimulait bien facilement la complexité et la violence du propos.

      - Les doutes, nous en sommes tous perclus, seuls les arrogants ne se remettent jamais en question, ni eux, ni leurs motivations. Je me demande constamment si je suis une Jedi. Si je corresponds à l’idée que l’on peut s’en faire. J’ai même fait part de ces doutes à Maître Skywalker, une fois.

    Elle se souvenait de ce séjour sur Kamparas, il y a deux ans. Il lui avait apporté vigueur physique et réflexion philosophique, lui permettant de se rapprocher de Luke, l’homme qu’elle admirait le plus dans cette galaxie. Elle avait pu expliquer à Luke combien elle doutait d’être une Jedi digne de ce qu’ils avaient pu être, mais celui-ci lui avait expliqué son point de vue sur la question, la rassurant un peu.

      - Je crois qu’en définitif, être Jedi c’est vouloir servir le Côté Lumineux, faire preuve de bonne volonté et ne pas être ni vaniteux, ni trop sensible aux émotions qui peuvent troubler notre rapport à la Force. C’est peut-être ça l’essence de ce qu’est un Jedi, si on le simplifie à l’extrême. Tout en gardant à l’esprit de la nécessité de venir en aide aux plus faibles.

    Ce n’était que son point de vue, bien entendu, il n’engageait qu’elle et Dashel pourrait avoir un son de cloche différent s’il adressait cette question à Maître Fisto ou Maître Tano.

      - La vraie question c’est : souhaites-tu être un Jedi ?

    Et le sérieux de son ton ne laissait aucun doute sur le fait qu’elle ne trouvait pas cette question anodine. Ni ridicule. Mais le temps était venu pour elle de répondre à la question de Dashel la concernant, comme le stipulait la règle du jeu qu’elle avait elle-même installée. Elle parut réfléchir un moment avant de répondre à l’homme dont elle était toujours pendu au bras, sa tête posée sur son épaule pour le peu qu’elle arrivait à atteindre du haut de son mètre soixante :

      - Je suis un Maître Jedi, oui. Mais j’ai toujours été entêtée, le sang corellien veut ça, je pense que même si mon ancien maître m’aurait interdit de boire je ne l’aurais pas écouté.

    Elle pouffa de rire, visiblement fière de son effronterie.

      - Quant au sabre d’An’ya Kuro et bien...c’est le sabre que j’ai choisi de te montrer, mais il est tout à fait possible que j’en ai un autre, propre à moi. Il n’est même pas impossible que tu puisses le voir dans un futur proche.

    Quant à la question sur le Nouvel Ordre Jedi...elle choisit de ne pas y répondre pour le moment, ou du moins pas directement :

      - Je fais partie de l’Ordre Vert ou encore des Jedi Corelliens dont tu as peut-être déjà entendu parler ?

    Elle enchaîna, se rendant compte seulement maintenant qu’elle était passée au tutoiement :

      - Ma question je l’ai déjà posée : souhaites-tu être un Jedi ? Te rallier à l’Ordre ?
#36735
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« Connu Maître Kuro ? Comment ça vous avez connu Maître Kuro ? »

Je n’avais pas réfléchi en répondant. J’avais reconnu le sabre laser et j’avais parlé. J’avais été honnête mais maintenant comment allais je pouvoir me justifier ? Comment expliquer que j’avais l’apparence d’un homme de 26 ans mais qu’en réalité j’étais née avant l’avènement de l’empire. Mon histoire n’était pas simple. J’étais moi même une relique de l’ancienne république. C’est ce qui me faisait peur. Grakkus ne m’avait pas gardé si longtemps captif sans raison. Comment expliquer à cette Jedi que j’avais probablement connu et grandis auprès de ses Maîtres ? Il fallait que je sois plus attentifs et malin. Mais au fond de moi, je souhaitais quand même rester honnête avec elle. Je ne pouvais l’expliquer. Toujours accroché à mon bras, cette proximité au lieu de me déranger me rassurait. J’avais envie de lui dire. Pour la première fois depuis que j’avais quitté ma prison de carbone, je voulais raconter mon histoire. Pourtant elle m’offrait une porte de sortie. J’aurais très bien pu prétexter que mon Maître l’avait connu durant la résistance et que j’avais fait sa rencontre ainsi. En soit, mon Maître l’avait connu, je ne mentirais donc pas vraiment. J’allais continuer d’être ambigu. C’était peut être le plus simple. Si Maria devait se rendre compte que j’étais plus vieux qu’il ne le paraissait alors je ne démentirais pas. Je la mettrais sur la voie et le reste se ferait naturellement.

« J’ai rencontré Maître Kuro quand j’étais jeune. J’étais tout juste Padawan. Mon Maître la connaissait du temps de l’ancienne république. »

Tout ce que j’avais dit été vrai. J’avais simplement occulté la partie sur l’empire. A elle de comprendre ce qu’elle voudrait. Nous continuions notre chemin. Je me laissais guider par le contact de son bras autour du mien et je marchais aveuglement, écoutant la Jedi avec attention.

« J’ai même fait part de ces doutes à Maître Skywalker, une fois. »

Maitre Skywalker ? De quoi parlait elle ? N’était il pas mort ? Dark Vador avait disparu. C’était la première chose que j’avais appris en essayant de rattraper mes lacunes sur les années passées. Alors qui était il ? Il y en avait un autre ? Un Jedi, de plus un Maître. Je n’avais aucune idée de qui siéger au conseil. Je savais simplement qu’il s’était reformé. Je gardé toute fois cette question pour moi même. Elle aurait été un trop gros indices sur ma condition. J’allais devoir y aller par étape pour en apprendre plus. Je restais silencieux, essayant de détendre mes muscles qui s’étaient crispés un instant. Je l’écoutais répondre à ma question.

J’aimais son honnêteté et sa vision des choses. A vrai dire elle était semblable à celle de mon ancien Maître. Il était agréable de voir que certaine chose ne changeaient pas. Si les dogmes de Jedi étaient assez strictes, en un sens, leur interprétation pouvait varier d’une personne à une autre. J’avais eu peur que l’Ordre soit devenu trop stricte après sa chute.

« Souhaites-tu être un Jedi ? »

Ce n’était pas une question anodine. Et il m’était difficile d’y répondre. Au fond, je voulais terminer ma formation. Je voulais être un Jedi. J’y avais trouvé une famille, un objectif. Je m’y étais épanoui. Malgré quelques désaccords, je rejoignais grandement le code Jedi et leur philosophie. Même aujourd’hui encore. Mais je ne sais pas si je pouvais rejoindre l’Ordre à nouveau. Tout avait changé trop vite. Je ne savais même plus qui j’étais, mon lien avec la Force était faible, et je ne connaissais pas ce nouvel Ordre. C’était peut être trop tôt. Si j’arrivais à retrouver une certaine sérénité et maitrise, alors oui, pourquoi pas. Mais pour l’instant, je n’étais pas prêt. Mais comment le lui expliquer ? D’autant plus que lui donner mes raisons n’était pas évident. C’est parce que j’avais vécu la destruction de l’Ordre par l’un de ses membres puis la Purge que j’en étais là.

« Ma question je l’ai déjà posée : souhaites-tu être un Jedi ? Te rallier à l’Ordre ? »

Pourtant j’allais devoir lui donner une réponse. C’était le jeu.

« Oui. J’ai été un Jedi. J’avais presque fini ma formation. L’ordre m’a beaucoup apporté. J’ai eu la chance de côtoyer de grand Jedi. C’est devenu ma famille. En faire parti à nouveau serait un véritable accomplissement. Pour moi mais aussi pour la mémoire de mon Maître. Mais pour être totalement honnête avec vous, ma connexion à la Force n’est plus ce qu’elle était. J’en suis au même point que lorsque j’ai été assigné à Taydan. Quelque chose s’est brisé. Avec ce que j’ai vécu… Je ne suis plus le même. Je veux retrouver l’Ordre. Mais je ne pourrais pas temps que je ne serais pas guéri. » Machinalement, je grattais mon bras, sous mon blouson, dévoilant quelque peu la brulure dû à la carbonification. « A vrai dire, je ne sais pas comment retrouver ma maitrise. J’ai la sensation de devoir tout réapprendre. Ce n’est pas évident. Et puis les choses ont tellement changées. Je ne connais pas le Nouvelle Ordre Jedi, tout comme je ne connais pas l’Ordre Vert. J’ai beaucoup à apprendre. Par exemple, vous avez parlé de Maître Skywalker. Qui est-il ? J’en ai connu un. Un Skywalker, je veux dire. Je doute qu’il s’agisse de la même personne. Mais pour vous répondre plus précisément : Quand j’aurais trouvé ma place et récupérer ma Maîtrise, alors oui, rejoindre l’ordre serait un honeur. La philosophie des Jedi m’est cher. Je continu de l’appliquer. Je suis un Jedi, dans ma façon de vivre et de voir le monde. Je n’ai juste pas d’Ordre. J’ai une question, qui reste en rapport avec Maître Skywalker. Reste-t-il des survivant de l’ancien Ordre qui ont rejoint le nouvel Ordre ? »
Main dans la main

Mya glissait des mots venimeux, des phrases acide[…]

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