L'Astre Tyran

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Monde glacé battu par les tempêtes de neige, la planète abrite aujourd'hui un mélange de Nelvaaniens et de colons issus de l'Ordre Gris. En effet, malgré son éloignement des grandes lignes hyper-spatiales, Nelvaan est aujourd'hui la capitale d'une jeune et discrète monarchie en expansion dans la Bordure Extérieure.
Gouvernement : De Jure Empire - De Facto Neutre
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By Ranath
#36200
    - Main dans la main -



    Le Poing de l'Ombre glissait sans bruit dans le tunnel hyperspatial. Il se dirigeait désormais vers le sud. Et dans son ventre, son unique passager se tenait immobile.


    Depuis Télos, Darth Ranath avait rejoint Malastare. Elle n'y avait séjourné qu'une dizaine d'heures, et n'avait pas pris la peine d'un détour du côté de chez ses collaborateurs. Puis elle avait gagné Dargul. Et là encore, son passage n'avait laissé que le constat du décollage de son vaisseau. La Dame Sombre n'était pas repassée par le manoir, elle n'était d'ailleurs pas certaine d'y trouver la Comtesse, trop occupée à pleurer son Marquis. Le voyage vers le sud se déroulait jusque là sans encombres, au détail près que la paranoïa avait été réactivée entre Télos et Malastare, tandis que le transport filait lourdement dans l'espace. Ranath se sentait suivie, traquée. La Force, toujours, lui murmurait des avertissements. Et son dernier sommeil avait été interrompu par ce même cauchemar et la sensation glaçante d'une lame plantée dans l'estomac.


    Lorsque la Sith fermait les yeux, il se jouait toute une pièce macabre. Lui apparaissait tout d'abord Komus et ses mille visages. Elle le voyait dévorer une planète toute entière. Et si cette vision la terrifiait, elle la réconfortait également. Elle n'était pas folle, et maintenant, tout le monde le savait. Une quelconque apprentie lui dirait de se tenir à l'écart de ce genre de problèmes, on lui avait déjà dit, mais Ranath avait la conviction désormais qu'il fallait participer, pas simplement attendre. Elle avait traîner Helera sur Sullust pour lui montrer Komus. Elles en étaient parties prématurément, sur un coup de tête de la Sith, soudain soucieuse du danger couru, soudain désireuse de laisser une catastrophe se produire. Elle n'avait alors aucune idée de ce qui se produirait, elle ne savait même pas s'il elles auraient pu le stopper. Au moins maintenant … elle savait, et elle se réjouissait à l'idée que d'autres découvriraient Komus.


    Il était temps pour la Dame Sombre de se porter à nouveau à la rencontre de sa vieille amie. Elle la savait recluse, peu encline à quitter son monde et à donner de son temps aux problématiques soulevées par la Force, encore et encore. Helera s'était retirée de la bataille, éloignée des conflits. Depuis son cocon de glace, elle observait à distance la ronde des astres, drapée d'un nouveau genre de dédain. Il était facile de dénigrer et de détester la Grise, qui tendait elle-même le bâton pour se faire battre. Ranath se donnait mille raisons de la haïr, tandis que son besoin de la voir grandissait encore et se faisait toujours plus oppressant. Un certain aspect de sa relation avec Helera lui manquait. Elle n'avait pas encore vraiment déterminer lequel.


    Outre ses états d'âme et la récente manifestation de Komus, la Mirialan entendait formuler une proposition. On la traiterait de folle, comme toujours en silence. Cependant le projet ne se pouvait se passer de la Grise. Depuis longtemps, Ranath élaborait ce plan là. L'Ordre, le Maître, l'Apprentie, les Darth … quelle blague. Il fallait aller plus loin, voir plus grand, et cela voulait dire se débarrasser des traîne-savates, comme Varadesh qui retardait sans cesse sa prise de fonction, encore incapable de prendre en gestion le moindre groupuscule. Ranath travaillait seule, depuis le début, elle s'était donné accès à un réseau intéressant, peu développé pour l'heure, mais qui s'étendrait. Et elle avait besoin aujourd'hui d'ouvrir une nouvelle porte.


    Un sourire étira les lèvres sombres de la Mirialan quand l'ordinateur de bord annonça Nelvaan et quitta l'hyperespace.
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By Helera Kor'rial
#36223
Ambiance


Les histoires, à leur début, commencent avec une brise dans un paysage gelé. Des forêts verdâtres qui ne défiaient les volontés du climat. Des nuages vaporeux qui se baladaient librement dans le ciel, contrastant avec un ciel d’un bleu azuré. Des montagnes qui imposaient de leur taille gargantuesques enveloppées sous leur manteau blanc. Ce paysage revêtait d’une paisible introduction qui allait à toutes les belles histoires. Et les plus sombres également. Car au loin, perché sur son à pic dénué de glace, trônait le reflet bleuté d’un regard contemplateur. Des yeux qui transcendaient la matière, voyant bien au-delà des enveloppes, bien plus loin que les apparences. Qui pourtant avait vu ce que jamais ils n’auraient dû. Silhouette solitaire bercé par cette brise, faisant voleter des cheveux de neiges du bas de la nuque vers une épaule protégée par d’épaisses couches de fourrure. La reine, Krinar, Ohorag Nelvar, Démone d’argent, traîtresse, Sith, Inquisitrice, Jedi … Autant de surnoms, de titres, prêtés à tort ou à raison pour une seule et même personne. Marcheuse à travers les étoiles, à travers le temps, accompagné du vent souverain.

En cette matinée sur sa planète, Helera avait rapidement quitté les abords de son lit après s’être occupés des deux affreux, pour se consacrer à des tâches plus philosophiques. Des tâches auxquelles seule une reine de Nelvaan pouvait se consacrer. Porter une couronne et écouter les doléances. Résoudre les problèmes des clans, organiser la logistique de l’armée Nelvaanienne, prévoir les mises à l’épreuve des jeunes, les accompagner … Bref, une vie sans temps mort d’administration. En plus de cela, elle avait des réunions régulières avec les administrateurs des colonies. Et là encore, du travail restait à fournir. Le royaume cependant était en paix et ne demandait rien à personne. L’empire était toujours là, trônant comme une nouvelle étoile dans sa station orbitale. Ou même à travers quelques soldats au sol, dissimulés par la neige. La Reine observait ces délégations silencieuses, surveillaient leurs mouvements. Mais rien n’avait été déploré. L’empire avait tenu parole et ne s’en prenait pas à eux. Et eux, ne cessait de proposer à cet empire mets et services, comme bon peuple qu’ils étaient.

Qui protégeaient qui, sur ce sol qui ne laissait pas de place à l’improvisation. La reine veillait, volonté ultime de la grande mère. Elle se détourna de la scène et croisa les bras jusqu’au centre du grand foyer des rites. Puis, une lueur dans le ciel attira son attention. Ses yeux virent ce que d’autres ne pouvaient. Elle en fronça les sourcils et fit quelques pas en direction de la grotte, dissimulée derrière une roche à la pointe effilés, à l’affleurement de la montagne. Avant de s’immerger dans les ténèbres, elle ponctua :

« Faite la venir dans la grotte. »

Si l’instinct était un atout majeur, la Force en était un autre dans le suivi de sa voie. On avançait sans se soucier de la suite. On faisait parce qu’on le devait. La reine était debout devant une énorme peinture rupestre, représentant une entité à la main enluminée d’or. De cette main jaillissaient des rayons de vie, des rayons d’espoirs qui baignaient les nelvaaniens en bas. Ceux-ci en étaient résolument prostrés devant lui. Pas par soumission, mais par volonté. Car nulle signes du mal dans cette peinture. Seulement Holt Kazed et son peuple. Sa main gauche posée sur la peinture, découverte de tout tissu, Helera avait la tête baissée et semblait figée comme une statue de pierre. Le halo de la torche derrière elle illuminait en partie le mur et sa silhouette.

« Salut Mya. »

Elle se retourna vers la nouvelle venue.

« Cette planète a quelque chose de spéciale, tu sais. Des secrets que je n’ai pas encore su percer. Un mysticisme bluffant de réalité, qui porte ma connaissance de la Force à l’état de simple devoir d’étudiant. Cette figure, c’est Holt Kazed, la main fantôme, faisant rayonner sur le peuple sa sagesse et sa protection. Mais il finira déchu et deviendra le bourreau des siens. »

Un sourire triste illumina son visage, elle s’approcha de la Mirialan et sans un mot, l’étreignit dans ses bras. Une courte accolade, qui se termina sur une main, sa vraie, sur sa joue.

« Je suis contente que tu sois venue. »

Puis elle fit volte-face et se saisit de la torche. Elle attendit que la Mirialan soit prête à la suivre. Car la grotte, bien avant d’être ce lieu de culte, était un puissant Nexus.
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By Ranath
#36342
    La Reine Grise fit volte-face. Un instant, la Dame Sombre la considéra, sans un mot. Mya. La Mirialan ne dit rien. Son amie avait quelque chose en tête, le ton employé laissait sous entendre une suite. Ranath venait présenter sa requête, et se découvrait accueillie comme convoquée. Un simple sourire étira ses lèvres. La mère des loups avait toujours un coup d’avance, par anticipation, ou par pure frivolité tribale. Helera avait toujours une histoire à raconter, elle le faisait avec plaisir, et l’on venait sur Nelvaan, en sa demeure, comme dans un musée, se sachant auditeur d’un exposé complet, voire complexe.

    Une étreinte. Peut-être unilatérale.

      « Salut, Helera. »

    Malgré sa rigidité presque maladive, la Mirialan souriait encore. Elle sentait dans son dos toute la planète rouler sur elle-même, saine et équilibrée. Elle la savait chargée d'une énergie puissante, gorgée de Force. Helera n'avait pas atterri ici par hasard. La Reine Grise était la sensitive la plus adroite et la plus douée qu’il avait été donné à Ranath de rencontrer. Bien au-delà de la science du Seigneur Nodo, pourtant déjà bretteur et intimidateur émérite. En cela résidait la faiblesse de Darth Adrix, il était un épouvantail. Il était imposant, certainement puissant, mais Kor’Rial le surpassait. La Dame Sombre doutait de ses véritables capacités. Elle ne l’avait pas affronté, mais l’avait vu combattre. Au-delà de la défaite de Krayt lors d’un affrontement déséquilibré en faveur de l'Égorgeur, et d’un massacre facile dans un souterrain sans issue, elle ne lui connaissait pas de véritable talent, pas de lien avec la Force qui valut la peine d’être mentionné. Il était comme tous ces Darth autoproclamés, à puiser dans les méandres du Côté Obscur pour gonfler son pouvoir. Car les émotions et les frustrations donnaient une force physique et mentale hors du commun. Il suffisait pour cela de s’inventer une souffrance perpétuelle, un calvaire quotidien, sans exutoire possible, et de donner son corps et son esprit en pâture à l’usure et à la folie. La véritable connexion avec la Force, le véritable pouvoir, alors, se révélait peut-être lorsqu’on se montrait capable de déployer la même énergie, sans un émoi, sans une excuse. Et ce pouvoir ne se vantait d’aucune démonstration. Trop complexe à comprendre pour un Darth de ce peu d’envergure. Des chiens.

    Le sourire de la Sith s’étira davantage, son œil brillait d’un éclat un rien sinistre, reflet de sa pensée immédiate. Elle se tenait en présence d’un Maître avéré, et il fallait être en sa position, avoir observé le cheminement de la louve, pour comprendre ce qu’était le véritable pouvoir. Un pouvoir naturel, auto alimenté. Une sphère qui tournait lentement sur son axe, telle Nelvaan. Il était un gouffre entre les potentiels de Ranath et d’Helera. La Mirialan n’avait jamais eu le dessus, que ce fut en combat, ou en connaissance. Tandis qu’elle se trouvait capable de lire en les vivants, la Reine Grise plissait les yeux et voyait déjà au travers, au-delà. La Dame Sombre reniait-elle sa nature, luttait-elle contre sa prédisposition à la colère ? Elle rejetait l’idée d’un pouvoir facile et immédiat. Elle cherchait le passage qui la mènerait au-delà de l’Obscurité. Un voyage sans fin vers la compréhension totale de leur pouvoir commun à tous.

    Helera amorçait déjà le début de la visite. On parlerait après. Ranath avait beaucoup à raconter également. Elle cédait l’initiative à son hôte, tendant la main paume vers le ciel vers la grotte.

    Je te suis.
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By Helera Kor'rial
#36344
La rigidité de la Mirialan faisait du bien à sentir. C’était comme un retour à la maison. Comme de vieux souvenirs, de vieilles idées. C’était comme retrouver un appartement où on l’avait laissé, sans aucun changement, si ce n’est peut-être un peu de poussière. Fort heureusement, l’hygiène de la mirialan permettait d’éviter ce genre de désagrément. Ne restait alors que la stabilité de leur relation, d’un je t’aime, moi non plus si sincère qu’elles ne savaient elles même plus si elles devaient s’aimer ou se haïr. Une symbiose presque parfaite, tout autant que les antipodes sur lesquelles elles trônaient. C’était peut-être cela, la relation parfaite. Bien loin de la relation charnelle, une connaissance psychique de l’autre si poussé que de la vénération on vient à la destruction. De soi et de l’autre, pour tout reconstruire ensemble. C’était à méditer. La mirialan lui laissa emboîter le pas à travers la grotte. Elle avançait d’un pas lent et mesuré, tout en étant à demi tourné vers la lumière, là où elle éclairait la paroi.

« L’on dit de ce Holt Kazed qu’il est tombé des étoiles, regarde. Ou sur une étoile. Il est très lié au mythe de l’Ohorag Nelvar, l’enfant de la Grand-mère. Dans les salles d’à côté. Attention où tu mets les pieds, il n’y a pas de barrière pour te retenir d’une chute certaine. »

Et en effet, cet endroit n’était réservé qu’à des funambules experts comme elles. L’endroit était bien assez large, mais le précipice était tout autant profond. Une chute de cette hauteur et c’était quelques vertèbres en moins. Ou pas, d’ailleurs, puisque la réalité n’était pas celle que l’on pensait voir, en ce bas lieux. Les deux femmes suivirent la corniche jusqu’à pénétrer dans une salle ronde dont un pan donnait vers l’extérieur. Cette même lumière qui abreuvait l’endroit de sa splendeur et qui, par chance, n’éclairait pas n’importe quel portrait représenté là.

« Le voici. Le guide de Nelvaan est là, avec ses reliques. Et dans chaque alcôve, tu en as un de plus. Tu remarqueras que pour beaucoup, il n’y a pas de contour, la peinture est effrité et vieillissante. Pour les trois autres, elle est presque intacte. Contrairement à l’Holt Kazed, les figures ici sont plus récentes, quelques centaines d’années seulement. L’on dit que dès lors que la Grand-mère retrouve son élu, elle charge un des chamans de l’y faire la représentation. Alors il entre dans un état de contemplation, ce que l’on appelle de la démence. Et vient seul ici. Beaucoup de salles renferment les artefacts des élus, mais seuls ces trois sont présents. »

Respectivement elle montra les suivants :

« Zonr Geshar, l’enfant des étoiles. C’est le diplomate sans arme. Là c’est Eweon Nakram, l’inverse d’Ohorag Nelvar, mais pas son ennemi. L’un est l’union pour la coopération, Eweon c’est le dépassement de soi davantage tourné vers lui. Pour ce dernier, il manque encore une sacrée partie sur le bas. La grande mère semble encore hésiter. Tous sont des garants des valeurs de Nelvaan et ont juré de la protéger. »

Elle étira un large sourire.

« Tu peux penser que ce sont des histoires pour enfant, mais tu peux me croire, que tout est réelle. »

Helera s’arrêta une ultime fois sur sa représentation, la regarda de haut en bas. Bien sûr, on ne lui prêtait aucun des traits de ce qui était sur la paroi. Mais les reliques, elles, étaient bien réelles et porteuses du commandement. La première venue du panthéon. Finalement, elle s’en détourna et se dirigea lentement vers la sortie. Si la mirialan avait des questions, elle pouvait aisément les poser. Du reste, Helera conclut sa visite quand elles furent dehors, sur un autre flanc de la montagne.

« Ta filleule me parle de toi parfois, à sa façon, tu lui manques. Elle a fait un dessin avec un bonhomme bâton qui porte tes traits, c’est bluffant de réalisme. »

Helera ricana. Les mains croisées dans le dos, elle garda désormais le silence. Maintenant que le calme entre elle était instauré, elle était prête à tout entendre.
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By Ranath
#36605


      Tu te souviens ? Maman partait tôt pour le dépôt. Et papa partait pour l'entrepôt juste après le passage de Tiaka. Tu te souviens de ces jours sans leçon ? Des jours où il n'y avait personne à la maison ? Plutôt que de travailler nos exercices, on sortait. On marchait longtemps, peut-être une heure. On prenait la porte arrière, celle de la cours, et on traversait sous l'arcade. On descendait la rue parallèle à la nôtre, jusqu'à quitter la ville. À la dernière maison, la petite, un peu jaunie, on prenait le grand virage vers les montagnes. On les voyait au loin, le sommet dans les nuages. On marchait jusqu'à la combe. Tu sais, c'est là qu'on a trouvé ton caillou. On passait la journée là bas. On jouait. On se racontait cette histoire de la Reine solitaire. Elle portait une couronne d'or et d'ébène, et dirigeait seule son royaume entre ombre et lumière. Tu te souviens ? Elle s'appelait … elle s'appelait …




      « Ma filleule ? »

    La Mirialan n'avait écouté que très distraitement les paroles de la Grise. Elle l'avait suivie, contemplé les icônes du peuple loup, en silence. Puis sa pensée s'était éloignée, éloignée … elles étaient sorties de la grotte, arrivées sur le flanc opposé de la montagne.

      « Mais … »

    Les mots étaient désordonnés.

      « Elle ne me connaît pas. »

    Il y eut un silence qui sembla à la Sith durer des minutes entières.

      « Je la verrai ? »

    Quel âge avait cette gamine aujourd'hui ? La gamine de … cette gamine. Si jeune … La Grise avait évolué trop vite. La Sith s'attendait à une chute tout aussi fulgurante.

      « Elle sait garder un secret ? Je pourrais lui raconter ma rencontre avec l'Empereur. Ou comment sa mère et moi aurions pu mourir bêtement sur Sullust … »

    Des sujets dont il faudrait bien parler, entre adultes, et que la Mirialan peinait encore à appréhender. La destruction de Sullust avait été un choc violent, tout autant que sa mort simulée dans les cachots de l'Empire. Helera aussi devait avoir nombre d'aventures à conter, des histoires qu'on ne laissait pas les enfants écouter. L'évocation de ces événements laissait le visage de Ranath marqué d'une moue contrariée.

      « Il y a beaucoup de choses dont je voudrais te parler. Je voudrais être sûre que nous ne serons pas épiées. »

    La confiance de la Sith s'érodait à mesure que les jours filaient, que le nombre de Darth à ses côtés grandissait. Ses alliés se préparaient tous, à plus ou moins long termes, à la trahison. Ils étaient des idiots et le Maître devait garantir sa totale supériorité sur leur minable existence. Elle avait quelque idée, parfois un peu originale, pour régler en partie la question. Dès que la Grise eût garanti la confidentialité de leur entretien, et la sûreté de l’endroit, la Sith put reprendre.

      « Officiellement, Mya est morte. L’Empire l’a exécutée. Je me suis approchée, bien malgré moi, trop près de l’Empereur. Il faudra que tu m’expliques ce qui t’a poussé à te révéler, toi et ta planète, à Astellan. Je ne comprends pas. »

    La Mirialan laissa entendre un soupir bref.

      « Mais ça, ce n’est qu’un détail à côté de ce qui est arrivé à Sullust. Je t’avais dit que ça se produirait … Cette chose a détruit les Sang-Purs. Puis elle est venue jusqu’à Sullust. Nous devons identifier sa prochaine cible … »

    Ranath était en colère, elle ne le cachait pas. Il s’était produit ce qu’elle avait annoncé. C’était arrivé pendant son dîner avec l’Empereur, peut-être un peu après. Elle l’avait même mentionné à Astellan. L’information serait tombée dans l’oubli. Et l’Empire …

      « Ça n’intéresse pas l’Empire, ce qui est arrivé ? »

    La hargne était retombée.

      « Helera, il ne faut pas leur dire que les Sang-Purs sont certainement morts … »

    Il y eut un silence. Finalement, le regard d’or revint se poser sur les yeux de la Reine.

      « J’aurais encore besoin de ton aide. Ça n’a pas grand chose à voir avec Sullust, enfin je ne crois pas. Les Darth sont de plus en plus nombreux. Ils viennent à moi, ou c’est moi qui les traque. Le fait est que j’en recense de plus en plus. Je refuse qu’ils restent isolés, sans surveillance … hors de contrôle. »

    Le poing de Ranath se serra lentement.

      « Je continuerai de construire cet ordre, de leur faire croire en lui, de leur imposer mon pouvoir. Mais je dois les surpasser. Je dois être plus forte que chacun d’eux, et plus forte que tous réunis. Je sens proche la limite de mes pouvoirs. Je ressens la fatigue. Ils sont plus jeunes, plus bêtes, capables de se donner entièrement au Côté Obscur pour acquérir le temps d’un combat la puissance suffisante à me détruire. »

    Le regard de la Dame Sombre demeurait fixe.

      « Je suis leur Maître, mais tu le sais, je ne suis pas une Sith. J’ai bien une apprentie mais … je sais qu’elle ne me suivra pas. »

    En vérité, Ranath n’avait jamais parlé de ses projets à Varadesh, persuadée que la Pantoran serait imperméable aux plans de son maître.

      « Je dois former quelqu’un d’autre. En secret. Quelqu’un qui suivra la même voie que moi, entre ombre et lumière. J’ai besoin de toi, pour ça. Et pour fonder un second ordre, capable de s’opposer au premier. Un antagoniste parfait. »
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By Helera Kor'rial
#36630
« Elle te connait. Son innocence, ses pouvoirs naissants … Elle perçoit le monde à sa manière. Elle est encore pure de l’influence de la galaxie et des travers que nous lui connaissons. »

Helera marchait les mains dans le dos, sur l’affleurement de la montagne, parsemé de son manteau neigeux. Point de vent qui ne vint les distraire, la reine ne l’aurait pas toléré, mais un ciel bleu et une étoile rayonnante. Quelques fleurs bleutées se cachaient dans les crevasses, emmitouflées sous des herbes filandreuses natives des steppes en contrebas. La symbiose en était parfaite, l’un protégeait l’autre des agressions extérieures et la première nourrissait leur corps commun. Une symbiose qui devenait une raison de vivre, pour finalement se terminer par la dépendance pure et simple des deux êtres.

« Tu la verras si tu en as envie. Plus tard. »

Aussi ne commenta pas la prochaine phrase, introduction à son futur discours. Les deux femmes continuèrent à grimper jusqu’au trou taillé à même la roche suivant. Porte sculptée par des mains expertes, des outils rudimentaires mais d’une robustesse à toutes épreuves. L’intérieur d’abord noir sembla s’éclairer petit à petit quand leurs yeux y prirent habitude. Les contours d’une salle ronde s’offrit à elles, dont seuls quelques puits de lumières permettaient de percer la noirceur environnante. Ces derniers se reflétaient sur la roche aux cristaux bleus très claire, donnant une impression de richesses, ce qui n’était pas le cas, assurément.

« Tu es sur Nelvaan. La technologie n’existe pas et les oreilles qui nous écoutent sont seulement celles de la Grande Mère. »

Sur ces derniers mots, elle ouvrit les bras vers les gravures au fond de la salle. Une stature imposante ressortant de la roche, une masse sans forme, une allure humanoïde, ni Nelvaanien, ni réellement humain. Une forme auréolée pourtant d’une précision artistique remarquable, dont même le temps n’avait pas semblé avoir eu raison. Elle était représentée sur son trône, assise sur le toit du monde, le regard tourné vers ses enfants du peuple. Et entre les deux, les quelques avatars cités dans la salle précédente. La reine s’approcha d’Eweon Nakram et posa ses doigts sur la gravure.

« Une prophétie, un doute, une vision … »

Puis elle se retourna vers Mya :

« Je suis étonnée qu’il t’ait laissée en vie. J’espère que le marché qu’il t’a imposé n’est pas trop lourd à porter. »

La reine était loin d’être idiote et savait lire à travers les lignes. Connaissant l’empereur, connaissant sa loi et sa volonté de domination, il y aurait probablement une partie avec les Jedi. De nouveau, cette loi était transgressée et l’empereur n’appliquait pas son texte. Ce n’était pas étonnant à vrai dire. Helera fronça les sourcils à l’évocation de Sullust, remémorant des souvenirs bien trop douloureux et encore assez frais. Le genre de plaie ouverte qui ne laissait pas de marbre même la reine des neiges.

« L’empire n’en a rien à faire, mais une expédition Nelvaanienne est partie pour porter secours aux blessés. Ils ont été capturés, torturés et la plupart n’ont pas survécu à leurs blessures. De cette expédition, il ne reste que mon frère et un ancien gris, tous deux avec un membre en moins. »

Helera se tourna vers l’entrée et y fit quelques pas. Elle regarda l’horizon quelques instants avant de revenir, les mains toujours dans le dos.

« La République semble derrière cette attaque. »

Rien d’autres à dire là-dessus. Ni sur ce qu’elle comptait faire, ni même sur ce qu’elle en pensait. Les faits suffisaient pour le moment. Malgré la situation, elle se permit de sourire à la phrase de Mya sur le secret autour des Sangs purs. Ce secret qui n’en était pas vraiment un.

« L’empereur m’a promis que l’empire avait déjà exterminé les sangs purs. »

Pour sûr, elle ne l’avait jamais vraiment cru, mais c’était encore une preuve supplémentaire qui montrait qu’il se fichait éperdument d’elle. Enfin, elle termina par l’évocation de l’ordre Sith, pour une proposition dont elle ne s’attendait pas vraiment. De nouveau incapable de rester statique, elle fit quelques pas dans la salle et fendit le contact visuel avec la mirialan. C’était sur celui de la Grande Mère dont elle se concentra par la suite. La tête levée vers la stature imposante et silencieuse.

« En outre, tu me demandes de faire renaître l’Ordre Gris, pour qu’il soit un bouclier contre l’ordre Sith que tu es en train de former. Contre lequel je suis fermement opposé et dont je ne m’intéresse pas parque ce que je sais qui il abrite. »

Helera baissa la tête, le regard dans le vague, les souvenirs d’une tête blonde remontant à la surface.

« Je suis sa chute, tu sais. Tout le long, je la visite parfois. Je visite son esprit. Elle ne me repousse pas. Elle me laisse approcher pour me montrer l’ampleur de mon échec. Pour me convaincre que l’ordre Gris était voué à la destruction. »

Elle esquissa un sourire. Quelque part, Jeny lui manquait. Helera se tourna vers Mya et planta ses yeux azur dans les jaunes.

« J’étais dans l’erreur, Mya, de croire que le côté obscure et lumineux pouvaient coexister. De croire que l’on pouvait aller et venir entre les deux côtés et s’adonner tantôt à ses passions, tantôt à la réserve. Quant à la voie que tu suis, elle n’est pas nimbée par la lumière, et je crois que tu le sais. Pas plus que la mienne ne l’est par ailleurs. Hayley, la Jedi, a essayé et regarde son état actuellement. Au nom de la liberté, elle en a perdu ses repères. »

Helera écarta les bras.

« Cette planète est le berceau de l’ordre Gris, foyer des anciens Gris, de ceux qui ont connu les deux côtés. Personne n’acceptera de retenter l’expérience. Et je ne crois pas être capable d’enseigner de nouveau. Je ne veux pas recréer une deuxième Jeny. Ta quête est louable mais je crois que tu cherches un garde-fou parce que tu as peur de ce que tu es en train de lancer sur la galaxie, je me trompe ? »

La reine termina sa longue tirade en pointant la mirialan du doigt.

« Tu es désormais Darth Ranath, bien que ce ne soit qu’un nom, il est l’écho de ton état. Je t’aiderai à former cet être. Je formerai Mya et lui apprendrait ce que je sais. Tu es la seule à pouvoir endosser cette responsabilité, à vivre en symbiose avec tes deux penchants et réussir là où j'ai échoué. »
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By Ranath
#36784
      « Tu as commis des erreurs. »

    Elle n’allait pas la contredire sur ce point. Helera avait foncé, bille en tête, avait trébuché et était tombée. Elle avait entraîné dans sa folie des dizaines, allez savoir combien, d’enfants. Trop vite, trop haut. Un échec magistral. Il avait fallu attendre le retrait pour observer la sagesse. Mais la présence de l’Empire ici … une nouvelle folie, du point de vue de la Sith.

      « Tu étais trop jeune pour porter sur tes épaules la responsabilité d’un Ordre, d’une flotte. Tu étais seule, Grand Maître. Tu as formé tes officiers, avec tes défauts, ton optimisme mortel. L’Ordre Gris était mort-né. C’était trop tôt. »

    Le regard d’or pesait sur la silhouette de la Reine.

      « Tu as pensé pouvoir jongler entre ombre et lumière, concéder un peu au Côté Obscur, et t’en défaire. C’est une erreur grossière. Le Côté Obscur est absolu. Le seul moyen est de ne pas lui céder. Il gagne du terrain, peu à peu. Les occasions de faire appel à lui sont nombreuses. C’est une voie plus facile. Le pouvoir à disposition semble infini, mais il te ronge de l’intérieur. Résister à cet appel est le seul équilibre qui m’est connu aujourd’hui. »

    Elle parlait d’expérience.

      « J’ai moi-même commis une erreur. Il doit exister un moyen de rebrousser chemin, de revenir vers la Lumière. Ça équivaudrait à perdre l’Ordre Sith. Et on ne peut pas se le permettre. »

    La Mirialan se laissa aller à un soupir.

      « J’estime qu’on ne peut pas les détruire. On ne peut pas détruire les Sith. L’essence obscure sera toujours là, quelque part, parce que sans elle, il n’y a pas d'Équilibre. Et je préfère avoir un œil sur eux, en étant parmi eux, plutôt que de passer ma vie à les traquer, pour m’assurer que leurs organisations ne nous seront pas néfastes. »

    Ranath esquissa un sourire. Elle ne l’adressait qu’à elle-même, en réponse à une pensée un peu excentrique.

      « Aussi, je ne cherche pas de garde-fou, ni même à menotter ma propre création. Je ne suis pas un Darth, Helera, mais je suis leur Maître. Je suis leur Savoir et leur Pouvoir, mais aussi leurs Chaînes. Je crois que tu l’auras compris, je dois m’assurer de pouvoir toujours leur opposer une puissance supérieure à la leur. En cela, j’ai besoin de toi. J’ai besoin d’être formée, à nouveau. Et je formerai à mon tour un Apprenti qui me ressemble.

      Je n’ai pas pour projet d’assembler une armée de la Lumière pour surveiller les Darth. Il y a déjà des Jedi pour cela. Je souhaiterais seulement que les sensitifs raisonnables de cette Galaxie trouvent un foyer quelque part, et puissent développer leur don sans être blâmés, jusqu’à en faire une utilisation qui les amène à la complétude. Je voudrais qu’ils n’aient pas à courir les Secteurs pour trouver leurs semblables. Une forme différente d’Ordre. Peut-être voudras-tu appeler ça un Ordre Gris. Quoi qu’il en soit … tu comprendras que je ne suis pas la mieux placée pour réaliser mon vœu.
      »

    Elle avait beaucoup parlé, bien plus qu’à l’accoutumée. Il y avait parfois des choses qui valaient la peine de prendre un temps d’explication, même quand le dialogue semblait rompu depuis des années.
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By Helera Kor'rial
#36806
« Oh oui, j’en ai commis. J’ai du sang sur les mains, dont le miens. »

Des gens étaient morts, d’autres l’auraient dû. Mais tout avait été stoppé net à l’instant même où un prétexte avait été trouvé. Que savait alors la mirialan de ce qu’il s’était passé ? Absolument rien. Helera continua :

« J’étais seule ? Parce que tu trouves que la situation a changé ? »

Question rhétorique née de la pique qui dans son esprit avait ouvert des blessures trop vives. Aucun intérêt. Mya ne comprenait ni ne comprendrait. Si l’objectif avait été de jongler avec les deux côtés, ils n’en seraient plus là aujourd’hui. Les Gris, ce n’était pas cela.

« C’était un rêve, une idée. Celui de la liberté absolue et universelle auprès de tous les peuples. Celui de la lutte permanente contre les oppresseurs et les réducteurs de la pensée. C’était cela, être un gris. La violence pour la paix. Ce qui nous a détruits, ce n’est pas cela. Tout est parti d’un mensonge. »

Un mensonge qui aura coûté des esprits et semé la destruction dans un lien si tendu et si puissant … Tout cela était un gâchis sans nom. Mais est-ce que ce rêve était-il définitivement tari ? Non, il avait simplement changé de nom. Les projecteurs avaient été tournés et elle avait profité de cette occasion pour proclamer leur mort à tous. Aujourd’hui, les Gris n’existaient plus. Il n’y avait que Nelvaan. La ligne directrice restait la même, la guerre en moins.

« Tu es une Sith qui se rend compte de ses actions et qui regrette, une Jedi qui laisse la place à l’obscurité. L’essence d’une Grise coule déjà en toi, pour un temps seulement. Car bientôt il te faudra choisir entre un côté ou l’autre, car il n’existera aucune concession possible. Lorsque tu auras à faire ce choix, tu penseras à mes paroles, et tu te demanderas si tous ceux qui tiennent à toi valent la peine d’être sauvés ou non. »

Le pied du mur approchait pour la mirialan. Le jour où elle devrait choisir entre l’un des deux côtés. Car il ne pouvait en exister un si l’autre perdurait. C’était ainsi. La lumière et l’ombre ne se mélangeait pas, seule l’un des deux aspects perduraient. En égalité ou non, il fallait choisir. Tout cela reposait sur un choix.

« Tu me dis vouloir surveiller les Sith et me préciser que l’armée de la lumière porte déjà cette responsabilité. C’est contradictoire. Je suis d’accord sur le fait qu’ils sont censés endosser ce rôle, mais pas que c’est de ta responsabilité de le faire. Tu es une Sith, mais pas une Darth. Tu côtoyés le côté obscure mais tu as des instants de lucidité. Tu es le savoir et la puissance. Combien de temps cela va durer avant que cela ne te mène à la folie ? »

Helera hocha la tête négativement.

« De telles enclaves peuvent être créées, portant le nom que tu voudras y donner. Mais jamais nous n’y apprendrons le côté obscure. Elles porteront la marque de la liberté d’expression et d’action mais dans le respect de son prochain, ce que l’obscurité abroge, et tu le sais. »

Finalement.

« Quant à ta formation, je peux t’apprendre, je peux t’aider à retrouver le chemin, car il est de mon devoir de détruire les Sith. Mais un apprenti, tu ne garderas pas. Car lorsqu’il sera mature et que le choix lui sera demandé, ou bien il te trahira, voyant en toi une faiblesse obscure, soit il te dénoncera en vertu de ses principes. Tu vois où je veux en venir ? Je m’inquiète pour toi car je suis ton amie. Le chemin que tu empreintes est houleux. Si les Sith venaient à déraper, soit certaine que tu n’auras pas besoin d’apprenti pour me voir débarquer sur le champ.
»
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By Ranath
#36998
    Détruire les Sith …

    Et parfois la petite fille qui se cachait derrière la grande Helera Kor’Rial refaisait surface.

      « Tes idées sont … arrêtées. Tu es sûre de toi, il ne plane pas l’ombre d’un doute. On croirait presque à l’arrogance. »

    La colère montait lentement.

      « Tu as côtoyé une poignée de Sith dans ta vie, et pas des plus brillants. Tu as connu une certaine race de Sith. Mais tu ne sais rien des autres, tu ne les connais pas. Tu généralises. Et ta pensée devient … absolue. S’en devient effrayant. Tu sais ce qu’on dit … seul un Sith … »

    Elle se tut. La colère grimpa encore d’un cran.

      « Et comment peux-tu encore donner du crédit à ton Empereur ? Comment as-tu pu te mettre dans une telle situation ? N’as-tu pas vu l’Obscurité en lui ? Es-tu aveugle ?! Ne devrais-tu pas le neutraliser, lui ? Il est plus dangereux que nous tous réunis … »




      Je suis sûre que tu vas te rappeler. On jouait, dans la combe. Toi et moi. Et elle, elle n’avait besoin d’aucun ami. Elle était seule, un pied de chaque côté de la frontière. Tu te souviens de son nom ? C’était … K … Im … Imra … Tu te souviens ?




    Allait-elle encore devoir lui demander d’ouvrir les yeux ?

      « Tu te trompes, et tu n’es toi-même pas à l’abri du sort que tu m’entrevoies. Voudrais-tu éradiquer l’obscurité de notre Galaxie ? Qui iras-tu déloger après les Sith ? Tous ces pirates et criminels ? Eux n’ont-ils pas déjà dérapés ? Qu’attends-tu ?! »

    On y était, la colère, pleine et entière, sans honte. Tombant, Mya avait perdu la vie pour donner à Ranath la parole et la force d’expression. Un temps, cette conversation aurait trouvé son terme dès son commencement. Il avait fallu attendre des années pour que la discussion, enfin, trouvât un tournant.

    Ouvre les yeux !

    Si souvent implorée, Helera était restée aveugle.

      « L’ombre est une composante essentielle de nos mondes. Tu sais bien qu’il n’est pas possible d’extraire le Côté Obscur de nos sociétés. Mais faut-il blâmer un sensitif obscur plus que quiconque parce qu’il possède le don de la Force ? Et laisser en paix les profanes qui s’autoriseraient à satisfaire leurs pulsions primaires, par Obscurité, mais ne causeraient que des dégâts jugés mineurs ? Faut-il punir un être en raison de sa nature profonde, celle de son lien avéré à la Force ? Sommes-nous plus dangereux qu’un syndicat du crime ? De qui se plaint t-on davantage, d’après toi ? »

    Regarde autour de toi !

    Peut-être Helera finirait-elle par craquer. Ou peut-être mettrait-elle fin à la discussion. On entrait dans l’inconnu. Se battre pour une divergence d’opinion ?

      « Ton jugement se révèle impertinent. C’est là le dogme des Jedi. Peux-tu imaginer un ordre sans croyance. Il ne serait alors plus un ordre, mais une communauté. Pratiquer la Force pour ce qu’elle est, et non pour ce qu’elle représente. Il n’est pas question d’enseigner Lumière ou Obscurité, mais simplement la maîtrise de la Force absolu, qui n’est, par nature, ni bonne ni mauvaise. Elle est. Peux-tu songer à un rang d’élèves, des enfants, libres de toute religion, s’entraînant à percevoir une énergie, qui n’a pas de volonté, qui ne répond qu’à des lois physiques que nous ne pouvons comprendre ? Il te faudra bien admettre que l’Obscurité est une vue de l’esprit, tout comme l’est la Lumière.

      Quelqu’un m’a dit … seuls comptent les actes.
      »

    S’en souvenait-elle ?

    La colère était bien là, sans contrôle, et pourtant si stable. Un état du corps et de l’esprit, alerte, fort. Toute colère n’est pas destructrice. Une révolte intérieure. Un élan d’espoir. L’aura de la Dame Sombre révélait sa forme complète, une sphère parfaite. Ici, sur Nelvaan, les idées étaient claires, et l’interlocutrice idéale. Entendrait-elle ?

      « Comprends-tu que la guerre que nous menons depuis des millénaires pourrait ne plus être sans que nous ayons à mener un combat ? »




      Kim...ra...



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By Helera Kor'rial
#37008
Mya glissait des mots venimeux, des phrases acides qui les unes après les autres, s’ajoutaient au milles feuilles insidieux. Petit à petit, les reproches s’ajoutaient et l’énervement pointait le bout de son nez. Helera resta de marbre dans un premier et face à une seule phrase qu’elle eut le malheur de laisser courir, une tempête l’agressait désormais. Mais la mauvaise interprétation amenait toujours ce lot d’injures, ce à quoi elle tenta de couper cours en roulant du regard.

« Ce n’est pas ce que je voulais dire… »

Et la Sith le savait, mais elle continuait, car elle cherchait probablement autre chose de la reine. Des choses peut-être si enfouies qu’elle-même ne se souvenait plus les avoir en son sein. Elle écouta, autant que sa patience lui en permis, autant que la Force trouva refuge pour apaiser son esprit. Mais certaines phrases n’avaient alors pas sa place dans cet échange, en cet endroit et sous le regard indulgent de la Grande Mère.

« Ce n’est pas ce que je voulais dire ! Tu justifies ton propre absolutisme par une interprétation que tu fais de ma phrase. Tu te bernes dans une colère aveugle, tu ne réfléchis pas ! J’ai dit que je détruirai les Sith, parce que le côté obscure est le mal. Mais toi, tu n’es pas une Sith ! »

Le mot était lâché, la sentence tomba dans le même temps que le timbre de voix devint plus grave et agressif.

« J’ai mené une guerre, j’ai mené des soldats, des flottes pour éradiquer les hors la loi qui faisaient de la vie leur jouet. J’ai perdu des amis, j’ai perdu des êtres chers, dans des batailles que tu ne pourrais même pas t’imaginer. Et à côté de cela, qu’est-ce que j’ai fait à TES Sith ? Rien. Ne m’insulte pas, Mya Tellis. Ne me prends pas pour une vulgaire apprentie qui croit que tout se résume en deux opposés. »

Helera hocha négativement la tête tandis que venaient les reproches.

« Ne me fais pas de leçon de vie sur l’obscurité. La vraie obscurité, ce n’est pas cela. Tu es juste née à la mort de ton penchant Jedi, déplaçant ton propre échec vers un bouc émissaire logique. Tu te crois victimes d’un mensonge absolu qui vise à vous placer en tant que responsable des maux galactiques. Mais regarde autour de toi ! »

Elle écarta les bras, faisant de grands mouvements.

« Tout le monde s’en fou. Les Sith, le côté obscure, ce sont des mots dont peu de personne connaisse la signification. Combien de Darth auto-proclamés m’ont défié pour prouver qu’ils étaient absolus ? Combien de ces vaux-rien n’étaient rien de plus que des gens bercés par une illusion, des dogmes qu’on leur a mis dans la tête ? Car c’est cela au final. Le côté obscure, le vrai, il n’y en a pas des centaines, il n’y en a pas des milliers. J’ai vu l’obscurité, regardé au plus profond des ténèbres. Et je sais que tu l’as également fait. Alors … ne te compare pas à ça ! Un Sith, un vrai, ne fait pas en sorte d’encadrer les siens. »

Ce qui l’énervait, c’était que la mirialan se croit encore une fois la victime de ses paroles. Des paroles qui ne la concernaient pas et qui ne l’avaient jamais concernée. Helera prit une grande inspiration et baissa la tête, souffla lentement l’air frais entré dans ses poumons.

« Un apprentissage sans dogme, c’est possible. Peut-être même souhaitable. Mais pas sans un encadrement strict. Car les murmures des anciens résonnent encore dans la Force et à travers leurs mots doux se cachent les graines de la corruption, dont un enfant ne peut pas comprendre les dangers. »

Helera releva la tête et fit volte-face, laissant là son interlocutrice. Elle n’alla cependant pas loin, s’approchant de l’entrée afin d’y percevoir toute la fraîcheur nécessaire à son refroidissement. Derrière elle, les ténèbres s’agitaient, mais pas le côté obscure. Non, juste la froideur d’une personne à l’orgueil blessé. Dans ce nexus de Force, les sentiments y étaient extrapolés, mis en exergues. Le côté obscure, ce n’était pas la colère, c’était la chose suivante.

« C’est la mort. L’annihilation de toute vie. Et là-dessus, je serai absolu. Mes actes, Mya, sont la preuve que je ne me suis jamais attaquée à aucun ordre mais que j’ai lutté toute ma vie pour protégerla vie et le libre arbitre. Cette guerre dont tu parles, ne me concerne pas. Car aucun dogme n’est pour moi le reflet de la vérité. C’est simplement … politique. »

Enfin elle se retourna, désormais parfaitement calme.

« Corrige-moi. Tu veux que je forme des enfants aux préceptes de la Force, sans y inclure de dogme Jedi, mais en les gardant des ténèbres. En grandissant, ils seront soumis simplement à leur nature, leurs qualités et … leurs défauts. Comment garantir qu’ils ne deviennent pas ce que nous redoutons toi et moi ? »

En réalité, elle avait encore des centaines de questions. Mais trop peu de temps pour les poser.
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