L'Astre Tyran

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Aussi loin que remonte l'histoire du voyage interstellaire, Coruscant demeure la planète-capitale, le centre politique de la Galaxie. Entièrement recouverte d'une vaste mégalopole, elle ne produit aucune denrée, et le trafic aérien dédié à la nourriture remplit à lui tout seul le ciel de la planète.
Gouvernement : Nouvelle République
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By Camren
#38403
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Je progresse presque à l’aveugle, guidé par les néons clignotants des devantures de cantinas, de casinos ou de boutiques. Les criminels ont engendrés un chaos indescriptible. Les rues sont parcourues par des fumées toxiques venant des niveaux plus bas, des câbles électriques sous tension traînent sur le sol, projetant parfois des arcs mortelles entre éléments conducteurs. Des flammes s’échappent des fenêtres brisées. Les voyous libérés s’adonnent au pillage, au lynchage, au meurtre, au viol. Les innocents fuient, hurlent, pleurent, se défendent vainement contre ces humains et ces aliens assoiffés de revanche. Je retrouve mon chemin à l’aide des souvenirs qui datent de presque dix ans, fusil dressé, à pas rapides mais prudents, pestant contre les Rebelles qui ont eu ce plan inqualifiable. Libérer les criminels pour semer le chaos et en tirer partie. C’est honteux, digne de l’Empire, c’est impardonnable.
Un Gamoréen surgit d’un bâtiment à ma droite, le visage déformé par un cri. Son visage de sanglier irradie de violence, son groin est couvert de sang et de longs filets de bave s’écoulent de sa large bouche. Il dresse ce qu’il a pu s’improviser comme arme, un simple panneau d’indication, déformé et cramoisi par ses victimes. Une fois la surprise passée mon corps réagit instinctivement, mon torse pivote, mes pieds s’écartent pour m’assurer un équilibre adéquat, mon bras lève le canon de mon arme et mon doigt presse la gâchette tandis que mon souffle se retient. Le tir pénètre le front de ma cible qui s’effondre en pleine charge en provoquant un bruit de chair flasque. Je me remet en marche tout en reprenant un souffle régulier sans perdre plus de temps, concentré pour ne pas voler une vie innocente. Je sens que je m’approche de chez moi, je dois retrouver ma mère avant qu’il ne soit trop tard. Une explosion retentit au coin de la rue, me forçant à me tourner et à protéger mon visage à l’aide de mon bras. Des débris volent jusqu’à mes bottes et je commence à sentir ma gorge me piquer, gênée par la poussière et les vapeurs empoisonnées. Je m’infiltre dans une ruelle pour éviter le bâtiment fragilisé tout en redoublant d’attention. Je scrute devant moi, derrière moi, au dessus de moi, me méfie de chaque recoin, chaque fenêtre, chaque porte. Une main saisit soudain mon arme pour la baisser juste avant qu’une ombre jaillisse. Je saisis le poignet libre de mon agresseur alors qu’il brandit une vibrodague. Sans ménagement je la cogne contre le mur pour lui faire lâcher ce qu’il tient fermement. Mon assaillant est masqué, impossible de discerner son visage si ce n’est son regard fou. Fort heureusement il n’est pas plus costaud que moi et j’arrive à le tenir en respect à la force de mes bras. Sa main s’écrase encore une fois contre le permabéton, lui arrachant un cri et lui faisant lâcher prise. Il ne fait pas l’erreur de lâcher mon arme mais tente vainement de me l’arracher des mains. Ma main libre se ferme et frappe sa joue exposée. Je peux sentir ses dents se briser à l’impact, il me jette un regard à la fois perdu et courroucé avant de se mettre à courir en se tenant la mâchoire, s’aidant des murs de la ruelle pour ne pas s’écrouler. Je dresse mon fusil et le vise, une chose en moi me pousserait à l’abattre d’un tir de blaster dans le dos mais je me retiens, préoccupé par un objectif plus important. Je le laisse filer vers le bout de la ruelle où il trouve tout de même la mort quand un speeder en flamme et hors de contrôle le fauche à toute vitesse. Je gagne à mon tour le bout du passage mais jette un œil dans la rue avant de me risquer à me faire écraser à mon tour. Enfin j’aperçois mon but, ma maison, là où vit ma mère. Je sors de la ruelle et accélère vers l’habitation. Plus je m’en approche plus un voile sombre recouvre la rue, me donnant la sale impression de m’en éloigner à chaque pas. Mon corps s’alourdit, une force invisible me repousse et c’est au prix d’un effort esquintant que j’atteins finalement la porte au moment où un cri strident s’échappe de l’autre côté de la paroi de ferraille me tirant de mon sommeil.


Je me tiens assis dans mon lit, haletant, en sueur, le cœur battant frénétiquement. J’entends encore le cri qui m’a tiré de ce mauvais rêve, venant de la chambre à côté. Il s’agit de mon fils, Varo, qui s’égosille. A mes côtés ma femme émet une plainte endormie tout en me poussant du pied. Je me masse les paupières avant de glisser mon regard vers ses cheveux châtains qui se répandent sur l’oreiller, je pousse une mèche qui recouvre son visage, dévoilant son profil gauche dont la joue est marquée d’une longue cicatrice. Un mauvais souvenir offert par la criminalité des profondeurs de la mégalopole additionné à son métier de serveuse. C’est le
jour, plutôt la nuit où on lui a infligé ça que nous nous sommes rencontrés, j’ai sévèrement châtié le responsable. Elle en reste très belle, de beaux et longs cheveux, des yeux en amande, un nez fin, un menton discret et des lèvres fines. Je m’extirpe du lit grinçant et traîne les pieds jusqu’à la chambre de mon fils, assis dans son lit il calme son chagrin en m’apercevant tout en désignant un recoin de sa chambre.


« Peur ! »

Je soupire et le soulève pour le prendre dans mes bras afin de le rassurer. Je ne suis visiblement pas le seul à avoir fait un mauvais rêve. Ca lui arrive au moins une fois par semaine ces derniers temps.

« Moi peur ! »

Répète-il en reniflant. Je caresse sa tignasse brune et plonge mes yeux dans ses yeux verts, les mêmes que ceux de sa mère.

« Il n’y a pas de monstres dans la maison, papa les a tous chassés. »

Inconsolable, il plonge son nez humide dans mon cou pour se remettre à pleurer. Je sais que c’est inutile d’insister, la seule façon de réussir à le rendormir et de le coucher dans notre lit. Je sors de sa chambre en jetant tout de même un œil dans le coin de la pièce, par pur prudence. On avait réussi un matin à lui tirer une description sommaire du monstre qu’il aperçoit dans ses cauchemars; une grande créature aux yeux rouges et au visage sale expliquait-il avec ses mots mais difficile d’en attendre plus d’un enfant de deux ans.
Je l’installe aux côtés de sa mère et le recouvre avec la couverture avant de lui déposer un baiser sur le front. J’observe l’horloge et remarque qu’il est pratiquement l’heure pour moi de me lever. Mon fils se détend au point de s’étaler rapidement sur tout le côté de mon lit en reprenant une respiration profonde. Je sens un mince sourire s’étirer sur ma joue en le voyant ainsi.

Je laisse ma petite famille se reposer et gagne la salle de bain pour vider ma vessie et me passer de l’eau sur le visage, j’observe dans le miroir ma tête encore endormie: ma peau mat, mes cheveux châtains, ma mâchoire carrée, mon front large, mes yeux marrons, mes lèvres épaisses. Je touche du bout du doigt la cicatrice sur ma lèvre inférieur de manière prudente, comme si elle pouvait encore me faire mal. Je masse mes joues pour réveiller ma face engourdie, sentant les poils de ma barbe naissante gratter le bout de mes doigts. J’attrape une serviette et m’essuie délicatement avant de quitter la pièce pour me rendre dans la cuisine. L’appartement n’est pas très grand mais c’est tout ce qu’on peut s’offrir pour l’instant. Dans le couloir derrière moi se trouve la salle d’eau et les deux chambres ainsi qu’un petit débarras. La cuisine fait office de pièce principale comprenant une table, trois tabourets et l’équipement minimum pour se faire à manger : un petit frigo, un four au thermostat cassé, une cuisinière électrique avec un micro-ondes intégré . A l’autre bout de la pièce se trouve un petit canapé situé devant une télévision surplombant le routeur holonet . A côté, la porte d’entrée, sauvée de la rouille par mes coups de peinture. A côté se trouve un meuble où l’on range nos affaires. La pièce est baignée dans une lueur jaunâtre apporté par la lumière artificiel qui traverse la large fenêtre au dessus du lavabo. Pas de lumière du jour dans les sous sols de la cité, je n’ai pas aperçu un rayon de Coruscant Prime depuis des années. J’avale une boisson chaude et ouvre le meuble à côté de la porte pour y saisir mes habits. De simples et modestes vêtements à l’état correct et je recouvre le tout de mon gilet militaire aux multiples poches duquel j’ai arraché ou effacé les symboles Rebelles. Je monte ensuite ma main pour atteindre le plus haut de l’armoire et attraper mon blaster que je range à ma ceinture avant de quitter mon foyer pour descendre les quelques étages qui me séparent du plancher de ce niveau de la cité-planète. De là je gagne le hall du bâtiment, une grande salle froide et grise donnant accès à la rue.
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By Camren
#38436
Je rase les murs pour éviter de me faire remarquer, traversant les quelques quartiers qui me séparent de l’atelier. Si pour moi c’est à peine l’heure de me lever, c’est pour beaucoup d’habitants des bas-fonds l’heure de rentrer à la maison. Les casinos et les cantinas se vident de manière plus ou moins pacifique et les danseuses Twi’leks repartent avec les plus fortunés, je n’ai jamais compris ce fantasme autour de ces créatures. Je retiens mon envie d’intervenir quand une bande de brutes s’en prennent à un passant isolé, je détourne la tête, serre les dents et accélère le pas avant d’être impliqué. Je me déteste pour ça, ne pas venir en aide à ceux qui en ont besoin. Mais si j’interviens cela pourrait avoir des conséquences incontrôlables sur moi et mes proches. Je préfère faire profil bas, sans compter que je me suis déjà fait remarquer il y a cinq ans quand j’ai rencontré Lina, ma femme. Si j’avais su ce jour là que c’était le membre d’un clan criminel important qui l’avait agressé je ne l’aurais peut être pas aidée. Quelle erreur ça aurait été. Je suis heureux de l’avoir, même si les dettes qu’elle a contractée avant de me connaître pèsent lourd sur notre foyer. Je ne lui en veut pas, je sais à quel point il est difficile de vivre ici sans se plier aux règles de la criminalité. Des règles dures et sans pitié, le sous-sol de Coruscant est une jungle de permabéton et de duracier où seuls survivent les plus forts ou les plus rusés. Je sais très bien que nous n’y tiendrons pas éternellement et c’est pour ça que je dois trouver un moyen de ramener ma famille vers les hauteurs. Je passe sur une portion de rue où il est possible de voir les niveaux plus bas. Chaque jour je passe devant et chaque fois je me demande si cette planète a vraiment un fond et ce qu’il s’y trouve. Nulle doute que dans les abysses de Coruscant se trouvent des choses bien plus terrifiantes que les seigneurs du crime, dissimulés dans cette brume perpétuelle qui me fait toujours penser à un monstre affamé.

J’arrive finalement à l’atelier après un quart d’heure de marche rapide. J’entre mon code d’accès pour ouvrir la porte de service et allume les lumières dans l’endroit que j’occupe dix heures par jour. Une vaste salle occupée en partie par des caisses débordantes de pièces mécaniques venant de droïdes et de machines; des engrenages, des chaînes, des circuits électroniques, des câbles, de la ferraille… Sur le côté gauche se tient contre le mur un long établi muni d’un poste à souder, d’une lampe et d’une loupe pour les travaux de précision. Au dessus est accroché au mur divers outils allant du tournevis au marteau. Je slalome entre les droïdes hors service, accumulés au fil des commandes. Immobiles et silencieux, ils restent statiques en attendant que leurs vies reprennent. Protocole, surveillance, sécurité… il y a de tout ici et c’est mon rôle de les réparer. Je remarque un droïde Astro-Mecano en piteux état qui n’était pas là hier soir. Je m’en approche par curiosité tandis qu’une pointe de nostalgie perce ma poitrine. Je pose une main sur la ferraille froide et rouillée qui a perdue toute trace de peinture tout en me remémorant mes heures passées aux commandes de mon X-Wing. Les mauvais souvenirs refont vite surface et je retire ma main du droïde pour le pousser de côté, presque en colère contre lui. J’attrape le seul siège de la pièce, un vieux tabouret sur roulette, pour m’approcher de l’immensité du droïde porte-charge dont les jambes refusent de bouger. J’ouvre la trappe d’accès au niveau des cuisses pour vérifier les branchements. Je débranche et rebranche les cosses, vérifie qu’elles ne sont pas tordues ou brûlées. Je prends quelques mesures de tensions avant de mettre le problème local de côté, la panne vient d’ailleurs. Je cherche un escabeau pour monter à la hauteur du dos et ouvrir la trappe d’accès à la carte principale. Je consulte l’holonet pour retrouver le schéma électrique en tapant le numéro de série du droïde, persuadé que le problème n’est pas mécanique. Les pièces semblent en bon état, bien huilés, d’ailleurs le droïde parait presque neuf. C’est étonnant d’en trouver un ici dans un état aussi correct. Les heures passent tandis que je progresse sur la réparation du tas de ferraille avoisinant les trois mètres de haut. Je décèle finalement un composant défectueux sur le circuit imprimé principal et entreprend de le démonter pour l’amener sur l’établi à côté du poste à souder. J’entends la porte de l’atelier s’ouvrir. Je soupire déjà, m’attendant à ce que mon boss me râle dessus sur le temps que je prends mais il n’en est rien.

« Alors c’est ici que tu travailles maintenant. »

Difficile de dissimuler ma surprise et équipé de mes lunettes grossissantes je ne dois pas avoir l’air très malin. Une vieille connaissance se tient devant moi, accoudé nonchalamment à un droïde de protocole au système olfactif défectueux. Habillé en civil, d’une tenue de bonne facture. Il m’offre un sourire assez ému, celui des retrouvailles de vieux frères d’armes. Kalington Garlic est comme moi un ancien Rebelle, l’un des meilleur tireur d’élite de cette époque. Grand, athlétique, les cheveux noirs et courts, un visage harmonieux, un sourire aux belles dents blanches. Un beau garçon qui a toujours ce qu’il désire, ambitieux et d’une confiance en lui inébranlable. Je ne doute pas qu’il a prit du galon depuis le temps. D’ailleurs sa tenue montre bien qu’il n’a aucun problème financier et à l’extérieur l’attend sûrement une escorte solide. Son sourire s’efface peu à peu en apercevant mon visage qui reste fermé. Je suis resté loin de l’armée ce n’est pas pour qu’elle vienne me chercher dans les profondeurs de la mégalopole. Il ne se laisse pas démonter et rétorque que je suis toujours aussi agréable.

« Qu’est-ce que tu veux ? » dis-je sèchement.

« Doucement... »

Répond-il en levant les mains en guise d’apaisement.

« J’ai besoin d’un homme comme toi. »

« Je suis occupé. »

Pour illustrer mes propos, je reprend mon travail en me retournant pour me concentrer sur mes composants.

« Sur des vieux droïdes ? »

« J’apprécie leur compagnie. »

« Ils sont désactivés. »

« C’est leur silence que j’apprécie. »

Il s’approche pour poser son derrière sur l’établi, prenant soin d’en essuyer la poussière avec un chiffon avant de s’asseoir.

« Fais au moins l’effort de m’écouter. Tu te souviens que je t’ai couvert ce jour-là ? »

Je fronce les sourcils tout en l’assassinant du regard. C’est vrai qu’il m’a couvert lorsque j’ai plongé dans Coruscant lors de son siège, quittant mon poste pour retrouver ma mère dans ce chaos. Je n’aime pas sa façon de venir me le remettre sous le nez même si c’est bien son genre. Ce type n’oublie rien et est prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut. Pourtant nous nous entendions bien à l’époque, nous étions même inséparables. Prêt à mourir pour sauver l’autre, nous avons combattu ensemble, saigner ensemble et vaincu ensemble.

« Et alors quoi ? Je te dois un service c’est ça ? »

« Je suis venu te proposer du travail, je veux simplement que tu m’écoutes. »

Je me redresse en attrapant une visseuse et la carte électronique pour la remettre en place au sein du droïde porte-charge.

« Tu as deux minutes. »

« Je suis maintenant au service des renseignements et on a décrypté récemment un ancien message Impériale nous menant à un entrepôt important contenant certaines richesses. Le Conseil Jedi aimerait récupérer le tout mais la Nouvelle République aimerait bien conserver une part du gâteau. »

« Pourquoi tu n’envoies pas un de tes hommes ? »

J’aperçois son sourire satisfait, conscient qu’il vient d’avoir mon attention.

« On ne souhaite pas créer des tensions entre nous et l’Ordre Jedi. Tout ça doit être fait discrètement. »

« Encore des magouilles. »

« Des magouilles grassement payées. »

J’interromps mon travail pour lui jeter un regard froid tandis qu’il poursuit :

« Tout ce que tu as à faire c’est accompagner les Jedis, récupérer discrètement un objet de valeur de l’entrepôt et nous le ramener. »

« Non merci. »

Je tourne à nouveau mon attention sur mon travail, terminant de brancher les fiches sur la carte. C’est un travail qui me semble bien trop risqué. Je ne veux pas prendre le risque de perdre ma famille ou de me faire couper en deux par un sabre laser.

« Oh… je t’en prie… »

Il se redresse pour faire quelques pas dans la salle, tournant autour des boites de conserves désactivées avec un air faussement désespéré.

« Tu ne peux pas continuer à gâcher ton talent dans cet atelier. Tu es le sixième meilleur pilote que je connaisse. »

« Pourquoi tu ne demandes pas aux cinq premiers ? » Rétorquais-je, cynique, amusé par sa vaine tentative de flatterie.

« Ils ont refusés ou ils ne font pas l’affaire.»

« Quelle surprise. »

Je pousse un soupire d’effort en remettant la plaque d’acier à sa place. Il n’en démord pas, continuant à avancer ses arguments.

« Je sais que tu as besoin d’argent et… »

Je le coupe sèchement.

« Tu sais probablement tout de moi étant donné que tu as toujours eu le nez dans les affaires des autres. Ca ne m’étonnes pas que tu sois aux renseignements, félicitations pour ta promotion. Tu devrais savoir que je ne pilote plus depuis des années et que tout ce qui se rapproche de près ou de loin à l’Alliance Rebelle ou plutôt la Nouvelle République » accentuais-je d'un ton méprisant « ne m’intéresse pas. Tu devrais t’en aller maintenant. Alors je te remercie mais non merci. »

Je lui indique d’un geste la direction de la sortie en le fixant avec une certaine hostilité. Il m’observe longuement, semblant véritablement surpris de mon refus et attristé de mon comportement.

« Nous étions amis avant. Je comprends que ce qu’il s’est passé lors du siège t’as traumatisé mais… »

« Adieu Kal’. »

Je le coupe encore, le regard dur et le visage fermé. Il incline doucement la tête après quelques secondes d’hésitation.

« Très bien. Je m’en vais avant que tu ne me tabasse avec cette clé de douze. Prends soin de toi Camren. »

Il se retourne pour gagner la sortie, approchant au passage son doigt de l’Astro-mécano.

« Ne touches à rien. »

Mais trop tard, le droïde file à toute allure dans l’atelier en poussant son cri d’alerte avant de terminer dans une caisse de tubes qui se renverse en provoquant un bruit effroyable.

« Désolé. Désolé. »

Il s’éloigne à reculons, les mains levés pour ne plus rien toucher, manquant de trébucher sur un droïde caméra stationner là. Je pousse un long soupire une fois qu’il est sorti, puis un autre quand mon patron me rappelle dans sa langue alien que ce que je casse sera déduit de mon salaire. Je désactive le droïde toujours affolé qui tourne sur place avant de remettre de l’ordre dans l’atelier avec l’aide du porte-charge qui fonctionne à présent normalement.
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By Camren
#38452
Ma journée se termine et je reprends le chemin jusqu’à chez moi après avoir verrouillé les accès à l’atelier. L’offre de Kalington a tourné dans ma tête tout le reste de la journée. Une mission pour un gros paquet de crédits c’est tentant évidemment. Mais il s’agit de voler un objet de valeur sous les yeux de l’Ordre Jedi hors tout le monde connaît les capacités hors du commun que possèdent ces types. Si je me fais attraper c’est la mort ou la prison, je n’ai aucun doute sur le fait que je n’aurais aucun soutien de la part de la République. Ce serait la fin pour Lina, elle se retrouverait seule, incapable d’éponger ses dettes et d’éduquer notre fils. Tout ça finirait mal, c’est certain. D’un autre côté, sans rentrée supplémentaire d’argent nous n’arriverons plus à joindre les deux bouts d’ici quelques mois.

Je m’arrête sur la portion de route flottant au dessus du vide. J’inspire profondément et plonge mon regard dans la brume sous mes pieds. Le monstre des abysses est là, il m’observe, agitant ses tentacules toxiques qui ont un aspect de fumée opaque, il veut m’attraper, me traîner plus profondément encore. Je recule d’un pas pour sortir de son champ de vision, me mettre à l’abri de sa portée immense. J’ai peur, peur de prendre une décision et peur d’échouer à m’occuper de ma famille. Mon intuition ne me trompe pas, elle me pousse à refuser la proposition pourtant c’est une occasion, une opportunité qui pourrait ne plus jamais se présenter. Je reste encore immobile une poignée de secondes avant de reprendre contenance, effaçant mon visage inquiet pour reprendre une mine impénétrable. Je poursuis mon chemin, retournant dans l’immense immeuble gris sans pied ni tête, traversant le hall sale et froid pour atteindre l’ascenseur et gagner mon étage, mon visage se fend d’une grimace courroucée quand j’arrive dans le couloir menant chez moi. Devant ma porte patiente un droïde de combat, un HK-51 à en juger à cette distance. Un modèle onéreux qu’on croise rarement dans cette partie de la ville. Je ne m’inquiète pas outre-mesure car je sais parfaitement à qui il appartient. C’était pourtant évident que Kal’ n’abandonnerait pas si facilement. Le droïde se met automatiquement en mode défense quand il m’aperçoit m’approcher avec mon air furieux. Je me présente d’une voix forte avant d’entrer dans son rayon de sécurité, comme je m’en doutais il baisse immédiatement son arme, programmé pour me laisser entrer chez moi. J’ouvre la porte pour découvrir Kalington installé à table avec ma femme, sirotant une boisson alcoolisé en toute quiétude. Lina se lève quand elle m’aperçoit pour me saluer tandis que Varo me saute sur les jambes.


« Ton ami est venu te rendre visite, je lui ai proposé de rester pour le dîner. »

Je m’accroupis pour déposer un baiser sur le front de mon fils qui me fait alors remarquer, tout fier, le jouet qu’il vient d’acquérir, une réplique de X-Wing miniature. Je feins un sourire et lui propose d’aller jouer dans sa chambre.

« Charmante famille que tu as là Camren et j’apprends que tu n’as rien dit à Lina sur tes exploits à bord d’un chasseur ! »

« Il ne dit jamais rien sur lui, il faut toujours lui tirer les vers du nez ! »

Répond ma femme amusée mais son sourire s’efface quand mon regard sur pose sur notre invité.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? Je n’ai pas été assez clair ? »

Le visage de Lina se durcit, sentant que quelque chose cloche. Je peux aussi voir l’inquiétude dans son regard tandis qu’elle s’éloigne de la table pour s’approcher des meubles de la cuisine, prenant de la distance avec Kalington.

« Je me permet d’insister car je pense que ça peut vraiment t’aider. Tu as tout à y gagner. »

« Je te dis que je ne suis pas intéressé. »

Je fais signe à ma femme de suspendre son geste alors qu’elle s’apprête à frapper avec une casserole l’arrière du crâne de notre invité. Kal’ se retourne brusquement et fait un bond en arrière. Lina me regarde avec stupeur et me demande la voix tremblante si il est dangereux.

« Woaw ! Elle allait vraiment m’arracher la tête avec cette poêle ? »

« C’est bon, on ne risque rien. »

Je fais un signe d’apaisement et elle repose la casserole en surveillant tout de même le Républicain d’un oeil méfiant.

« Prenons au moins un verre... en souvenir du bon vieux temps. »

Je serre le poing et mon regard se durcit d’avantage tandis que la colère transparait maintenant clairement dans ma voix.

« Il n’y a pas de bon vieux temps. Le bon vieux temps est mort quand l’Alliance Rebelle a décidé de lâcher une horde d’animaux sur les citoyens de cette planète. »

« Ne veux tu pas sortir ta femme et ton fils des bas-fonds ? »

Quel salaud. Voilà sa dernière carte. A quel point s’est-il renseigné sur nous ? Il sait sur les dettes de Lina c’est certain. Il sait que ma femme sera plus réceptive que moi à l’argument économique. Je remarque d’ailleurs son regard qui m’interroge.

« Une seule mission et tu aurais de quoi gagner les niveaux plus haut. Un quartier plus sûre. Une bonne école pour ton fils, faire disparaître tes dettes...»

« Camren... De quoi il parle ? » Demande Lina, la voix tremblante.

« Un petit objet à récupérer et tu mets ta famille à l’abri... »

Je ferme les yeux un court instant. Je sais que je suis en situation délicate, je sens le regard plein d’espoir de Lina peser sur moi. L’espoir... quel émotion affreuse, elle détruit tout sur son passage. J’ouvre à nouveau les yeux et adresse un regard navré à mon épouse.

« Je suis désolé. Ce qu’il propose est trop dangereux. »

« Je t’assure qu’un homme compétent comme toi ne risque rien. C’est pour ça que je suis venu te trouver. »

Ma compagne écoute avec attention Kalington à présent et appuie son argument d’un regard. Je suis seul contre deux maintenant.

« Il y a une autre raison n’est-ce-pas ? Dis la vérité. »

« Oui. Tu es invisible. Inconnu des archives de la République et de l’Ordre Jedi. J’ai eu un certain mal à te trouver et c’est pour ça que je sais qu’une fois ta mission accompli tu pourras reprendre ta vie comme avant. Sans être inquiété. »

Je soupire, tourmenté, en proie à une réflexion intense tandis que Lina soutient le Républicain avec un air implorant.

« Je t’en prie Camren. Ça vaut peut être le coup de prendre le risque si ça peut effacer nos problèmes. »

« Tu ne sais même pas ce que je devrais faire ni combien de temps je serais absent. » rétorquais-je.

« Lui le sait et il est persuadé que tu peux le faire et je me débrouillerais pour m’occuper de Varo en t’attendant. »

Voilà que ma femme se dresse contre moi. Kalington hausse les épaules sans me quitter du regard, attendant ma réponse. J’inspire profondément, partagé entre la colère et la résignation.

« Fait chier... »

Je fais signe à Kal’ de reprendre place à table. Il lâche un rire soulagé tandis que ma femme se contente d’un sourire plein d’espoir, se pensant déjà loin des dangers des profondeurs.

Je retire mon gilet et passe aux toilettes avant de venir m’asseoir à table pour partager une fozbeer tout en écoutant les détails de la mission tandis que Lina s’occupe de notre fils. La tâche parait assez simple, accompagner les Jedi qui fouillent l’entrepôt, m’emparer d’un objet qui semble important et le ramener à Kal’. Pour ça il promet de me fournir une tenue de soldat, une arme, un comlink et de me mettre à disposition un vaisseau pour regagner Coruscant si les choses devaient mal tourner. Il me donne rendez-vous au spatioport de la ville face au Sénat où un droïde me confiera mes affaires.


« Merci Camren. Je suis vraiment ravi que tu acceptes de m’aider. »

Il quitte finalement l’appartement et me laisse avec ma famille pour profiter des derniers instants avant que je ne quitte le foyer. Nous partageons un repas durant lequel mon fils refuse de lâcher son nouveau jouet offert par Kal’, le malin avait prévu dès le départ de passer ici. Je m’occupe de le coucher après le repas, toujours inséparable de son X-Wing miniature. Le calme s’empare finalement de la maison quand il s’endort, simplement perturbé par le ronronnement des appareils électriques. Le temps se ralentit, j’oublie un instant les soucis qui trottent dans ma tête tout au long de la journée. Un court moment de répit alors que je retire mes vêtements sales pour me laver. Je pousse encore un soupire en sentant l’eau chaude devenir rapidement tiède puis froide. Je termine ma toilette avant de rejoindre ma femme dans notre chambre l’esprit à nouveau troublé par mes pensées sombres.

« Tu te rends compte ? Tu es à deux doigts de nous sortir d’ici. »

Je ne veux pas lui briser son espoir, je me contente d’un mince sourire qui ne parvient pas à la tromper. Elle s’approche doucement de moi et prend mon visage entre ses mains douces.

« Tu es trop inquiet. Tu va y arriver j’en suis sûre. »

Nos regards se croisent et je l’attire avec tendresse vers moi pour la serrer dans mes bras. Je suis inquiet car je n’ai pas le droit d’échouer.
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By Camren
#38486
J’embrasse Lina une dernière fois, serrant son corps nu contre le mien. Il est encore tôt, Varo est toujours endormi. Je m’extirpe du lit pour me préparer à partir. Je rassemble le peu d’affaires que je possède pour un voyage de quelques jours, rase rapidement ma barbe naissante, m’équipe de ma tenue de civil sans oublier mon blaster avant de quitter l’appartement avec un poids sur le cœur.

Je me dirige vers les stations de speeder reliant les bas-fonds à la surface. Situés sous un puits menant aux niveaux supérieur, ces trous immenses qui ramènent le peu d’air qui n’est pas souillé par les fumées industrielles.


« Où est-ce que je vous dépose ? »

Je baisse les yeux de l’ouverture creusée dans le plafond de la cité basse pour observer le chauffeur qui m’a adressé la parole. Un Abednedos à la peau brune, coiffé d’un chapeau de cuir rembourré de fourrure dont des lanières retombent sur les côtés de son crâne allongé. Il m’a l’air vieux, fatigué, ronchon, et son dernier bain semble dater de quelque jours. Je jette un regard sur le reste de casse-croute moisi qui traîne sur le siège passager. Je grimpe à l’arrière tout en lui répondant que je désire me rendre au spatioport. Après un reniflement au bruit étrange causé par la forme fendue de ses narines il démarre son véhicule pour entrer dans le trafic abondant de la planète. Je regrette rapidement de ne pas être à la place du conducteur qui pilote comme un droïde mal programmé. Il dévie de sa trajectoire et se remet d’un brusque à-coup régulièrement, dépasse sans se soucier de son angle mort, accélère, freine et accélère à nouveau en secouant mon estomac vide, le tout agrémenté d’insultes en Abednedish.

Je ne peux contenir un grognement quand il pile pour ensuite se redresser en angle droit afin de monter vers le puits.


« Accrochez vous... »

Conseille t-il simplement après s’être tourné vers moi pendant une poignée de secondes. Nous traversons les niveaux l’un après l’autre jusqu’à atteindre la surface où l’aube commence à montrer ses rayons. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas revu la ville d’au-dessus. Ici les bâtiments n’ont pas de néons défectueux. On oublie les petites pancartes lumineuses au profit de publicités géantes aux couleurs criardes. Les convois de cargos alimentaires strient le ciel. Plus de fumée, un ciel dégagé aux reflets oranges. Les gratte-ciels montrent enfin leurs sommets où logent les plus fortunés, loin de la violence, de la misère, de la puanteur. Les diplomates, les banquiers, les chefs d’entreprises, les ambassadeurs, les sénateurs. D’ailleurs je ne peux pas louper le sénat galactique. Ce large champignon surplombant tous les autres bâtiments. Non loin ce dresse le spatioport, un dôme aplatit où transitent les vaisseaux venant de toute la galaxie. L’autre bâtiment qu’on ne peut pas rater est le Temple Jedi, rénové récemment après sa destruction par l’Empire.

Une fois à destination, je paye le chauffeur qui me lance un regard méprisant en constatant que je n’ai pas laissé de pourboire. Je me dirige vers le dôme immense en ignorant les regards qui se tournent vers moi. C’est évident que je fais tâche dans ce quartier, je n’ai pas de parure coloré, de longs manteaux ou de coupe de cheveux excentrique. Avec mes vieilles fringues usées et mes cheveux rasés je ressemble à un type qui n’est pas du tout à sa place. Je garde ma mine renfrognée, mon regard froid et mes sourcils froncés pour qu’on s’écarte d’avantage de mon passage. J’atteins le bâtiment et pénètre l’immense hall luxueux, à travers les vitres je distingue les différents vaisseaux atterrir ou décoller. Le spectacle me coupe le souffle, je ne peux pas le nier. La nostalgie s’empare de ma poitrine avec le doux rêve de piloter un chasseur à nouveau un jour.

« Monsieur Almaran ? »

La voix robotique me tire de ma rêverie d’une manière poli. Je dirige mon regard vers un droïde protocolaire à la cuirasse chromé. Il porte dans une main une valise d’une belle taille et patiente fixement que je réponde. Après un soupire je certifie qu’il s’agit bien de moi.

« Je suis CZ-202, au service de maître Garlic. Si vous voulez bien me suivre. »

Il s’éloigne d’une démarche rapide, quelque peu déséquilibré par ce qu’il transporte. Il me mène jusqu’à un hangar désert avant de me tendre sa marchandise.

« Voilà l’équipement que mon maître vous confie. Votre matricule pour cette mission, pour votre sécurité votre véritable identité est évidemment à cacher. »

Dit-il tandis que je sors du sac une carte d’identification militaire. Mon matricule est le CS-2532 et je suis désormais le Sergent Edward Pherroc.

« Est-ce que ce type existe vraiment ? » demandais-je.

« Evidemment. Il s’agit de vous. »

Un sourire cynique fendille mes joues. Je continue ma fouille et extirpe de la valise une tenue militaire du soldat Républicain de base avec son plastron intégré. Je trouve aussi la carabine laser allant avec la tenue et une grenade. La parfaite panoplie de la chair à bantha mais je ne m’attendais pas à avoir l’équipement d’un SpecForce. Espérons qu’on ne croise pas de mauvaise surprise dans ce hangar. Enfin, au fond de la valise, repose un sac à dos contenant un comlink Crozo 3 que je mets autour de mon poignet et un data pad vieux comme la galaxie. Je lève un œil las en montrant le vieux gadget au droïde.

« Il contient ce qui est susceptible d’intéresser mon maître. »

« Super... »

J’entreprends de m’habiller de mes nouvelles fringues, mettant les anciennes avec mes affaires de rechange. J’enfile mon sac à dos, fixe ma grenade et mon blaster à la ceinture et ma carabine à l’épaule.

« Vous souvenez vous du protocole militaire ? »

« Je devrais m’en sortir. Merci CZ-202.»

Il incline la tête et m’invite à patienter proche d’un hangar en particulier d’où doit partir la navette et me demande de revenir ici pour la récompense à mon retour de mission. Je le remercie encore une fois avant de quitter le hangar pour arpenter le dédale du spatioport à destination du point de rendez-vous.
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By Résilience
#38496
Ce qui aurait pu être une journée comme toutes les autres était devenue le début d'une aventure tortueuse. Ce n'était certainement pas le retour dans les armées de la république attendu par Camren. Pourtant il se tenait là, dans son uniforme de soldat, prêt à partir en mission pour ceux qu'il avait quitté des années plus tôt. Et la mission qu'on lui avait confié ne serait sans doute pas de tout repos. Cacher son identité serait déjà un challenge en soi, et voyager avec un Jedi n'aiderait pas. Mais il était déterminé, pour le bien de sa famille. Il ne manquait plus que son partenaire Jedi pour partir à destination de Jakku et l'observatoire découvert par la république.


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