L'Astre Tyran

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By Jen'Ari Nekanasaza
#38943
    Le trésor de Mecrosa

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    NYSSA


      « Abattez-la !

      - Ne la laissez pas s’échapper ! »

    Les ordres et les cris résonnaient dans le château, réputé forteresse impénétrable, et parvenaient aux oreilles de Lamkyl Alesay, Maître de l’Ordre Mecrosa. Du bout du couloir, l’un des assassins vint à lui à toutes jambes. Essoufflé, à bout de forces, il trébucha, se rattrapa in extremis et s’arrêta net pour saluer Alesay.

      « Seigneur … Alesay … »

    Il articulait tant bien que mal, pressé par l’impatience de son supérieur.

      « … la … elle … c’est un Sith !

      - Comment ?!

      - Le sabre … rouge …

      - Mais que veut-elle ?! »

    L’assassin laissa entendre une longue expiration, puis une longue inspiration.

      « - Elle a fracturé … le coffre … pas encore compté quoi … déjà partie …

      - Partie ?!

      - Elle a filé ! »

    Maître Alesay se laissa aller à un grognement de rage.

      « Incapables ! »

    Et en même temps … face à un Sith. Il tourna le dos à l’assassin qui venait de lui apprendre la mauvaise nouvelle et s’empressa d’aller s’enfermer dans ses quartiers.

    Une fois assis à son bureau, le vieil assassin se mit à réfléchir. Il avait en mémoire sa rencontre avec ses nouveaux maîtres, des Sith. La colère le prit, il était pourtant d’une nature paisible. L’accord avec Odion et Ranath ne tenait donc plus, Mecrosa allait désormais être la cible des attaques de ces vampires monomaniaques ! Alors, il n’y avait plus de soumission qui tînt !

    Alesay frappa du poing la console de son bureau, ouvrant par la même occasion la communication sur la fréquence adéquate. On répondit positivement à son appel, mais aucun hologramme n’émergea du projecteur. Le Mecrosa renâcla.

      « Maître Alesay, que me vaut ce plaisir ? »

    C’était elle.

      « Dame Ranath … l’un de vos assassins a fait des ravages dans nos rangs cette nuit … »

    Son interlocutrice prit un temps pour répondre.

      « C’est une grave accusation, Maître Alesay … »

    Il percevait déjà la colère dans la voix de la Mirialan.

      « Une Sith s’est introduite dans notre forteresse ! »

    Il tapa à nouveau du poing sur son bureau.

      « Seigneur Odion et vous même m’aviez assuré que ...

      - Seigneur Alesay, souffrez que je gagne Nyssa afin que nous discutions plus directement de ce qui met nos accords en péril. »

    Il l’imagina sourire de son sourire le plus cruel, et la communication coupa. Quel malheur s’était-il attiré … ?

    _______________________

    DROMUND KAAS


    Le Poing de l’Ombre amorçait sa descente aux abords du Temple Noir. Déjà les zélotes imbibés de Côté Obscur se pressaient à proximité du point d'atterrissage. Le vaisseau posé, la rampe s’ouvrit avec le soupir des pistons, et du nuage de vapeur de décompression émergea la Dame Sombre. Elle était comme à son habitude : un visage viridien marqué par la colère, un lourd manteau d’ébène flottant à sa suite, et un sabre laser bien en vue accroché à la ceinture. Bien que ses traits eurent dernièrement radicalement changé, il n’en fallait pas plus aux disciples de Vkoh pour tomber un genou en terre et s’interdire de lever les yeux vers leur Maître.

    Darth Vkoh était là, elle aussi, inchangée. Elle remarquerait sans aucun doute le nouveau visage de la Mirialan, mais l’on ne pouvait la tromper : l’aura de cette femme à la peau verte était bien celle du Maître. Ces deux-là ne s’étaient pas vues depuis bien longtemps … Ranath ne laissa pas de place à l’hésitation.

      « Vkoh, accompagne-moi sur Nyssa. Notre partenaire là-bas entend initier un conflit que je ne saurais tolérer. »

    Elle tendit la main vers l’Humaine, l’invitant à la rejoindre sans plus attendre.
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By Jeny Mikerley
#38947
Ambiance


Perchée en haut du temple, le regard sanguin observait le ciel azuré parsemé de quelques nuages épars. Son attention était figée sur un point précis, invisible, par-delà la voute céleste. Elle la sentait, elle, et sa noirceur implacable. Vkoh n’en fut pas la seule, car déjà les coups dans la roche, les raclements du bois et les heurts de l’entraînement cessèrent petit à petit. Tous sentaient quelque chose, et s’ils ne pouvaient pas décrire leur sensation ni y mettre un nom, ils savaient que cela approchait. La jeune femme avait une aura ténébreuse et haineuse, emprunte d’une telle folie que l’on savait quand elle approchait. L’on savait quand elle posait son regard dément sur vous et encore plus quand son sourire s’étirait en une ligne putride. Mais ce n’était rien comparé à l’aura qui enveloppait la planète, effacée au profit du seigneur légitime des lieux. Leur maître à tous, la volonté du côté obscure.

Alors ils levèrent la tête au ciel, espérant apercevoir quelque chose. D’abord rien, fouillant les étendus azurées du regard. Puis fixant un point particulier quand quelques-uns pointèrent une direction du doigt. Les paires d’yeux devinrent cohérents, unique et envouté par ce point grisâtre qui prenait volume. Alors la masse bougea et s’organisa. Ils lâchèrent leurs outils et rangèrent leurs armes, s’approchant comme un seul vers l’aire d’atterrissage. Les esclaves les premiers, hagards et mue par la folie que Vkoh avait déversé en eux. Pour la plupart, ils ne portaient que très peu de vêtement, et jamais en une seule pièce. Leur peau était boursoufflée, pâle et marquée de diverses cicatrices. Leur allure rachitique et leurs joues creusés les faisaient paraître comme des cadavres ambulants. Mais le claquement de leur mâchoire ne laissait aucun doute sur leur état. Derrière eux se pressèrent quelques soldats, en rang. Casqués et armurés, ils se présentèrent en ligne allant de l’aire jusqu’au temple. Arme au torse et regard droit. Derrière encore, des recrues, guerriers et autres apprentis. Ceux là étaient davantage guidés par leur curiosité et par cette masse sombre qui descendaient vers eux. Ils savaient ce qui arrivaient et n’avaient jamais eu l’opportunité d’attester de son existence. Cela n’avait été que menace de la part de Vkoh mais personne n’avait jamais pu dire si elle disait vraie.

Enfin, quelques silhouettes couvertes d’une bure descendirent du temple en une cérémonie mortuaire. Le visage caché par une capuche ne laissant entrevoir que quelques visages décharnés et tout sauf humain ou autre alien. Ceux-là n’avaient plus d’apparence humaine, des protubérances gonflant quelques parties dessous leur toge, ou à l’inverse un manque manifeste d’un membre. Il se dégageait d’eux une pure folie marquée par un manque évident de rationalité. Pour finir, Vkoh, descendant lentement les marches en même temps que la Mirialan descendait la rampe du vaisseau. Les esclaves se jetèrent à terre à sa vision, les soldats ne bougèrent pas, remparts impénétrables, les guerriers Sith mirent genoux à terre et la procession de toge posa une main sur leur cœur, quand ceux-ci en étaient pourvus. Vkoh s’avança en même temps que le maître et la dévisagea, sans ôter son regard de ses yeux jaunâtre.

Combien de temps cela faisait-il ? Elle n’aurait su le dire. Le temps sur Dromound Kaas ne s’étalait pas de la même manière que dans la galaxie. Car l’empreinte du côté obscure pervertissait absolument tout. Pour autant, si son aura ne l’avait pas trahie, Vkoh n’aurait pas reconnu la femme qui se présentait désormais devant elle. Une femme plus jeune, aux traits plus fins et harmonieux, tendant davantage vers la sympathie. Une façade qui ne tromperait que les initiés et les fous. Les quelques lambeaux de tissus que Vkoh portaient faisaient tout de même pâle figure contrairement à l’impériosité de la Mirialan. Ces derniers flottaient au vent, seul trouble sonore dans ce silence pesant. Alors l’ordre tomba, sans que personne dans l’assemblé ne bougea, pas même la principale intéressée. De nouveau, quelques longues secondes furent arrachées, s’ajoutant à la pesanteur d’ici-bas. Vkoh n’avait plus quitté cette planète depuis son arrivée et se savoir loin de l’obscurité du temple la poussa à se poser quelques questions. Des interrogations qui restèrent muettes, car sa voix s’orienta dans un tout autre chemin.

« Un », dit-elle, sans relacher le regard de la Mirialan.

Une silhouette encapuchonnée se leva et vint à ses côtes.

« Tu prends le contrôle pendant mon absence. »

Ainsi furent donnés les ordres. La jeune femme dénudée emboîta le pas de la verte, sans porter un seul regard derrière elle. Il devenait petit à petit évident qu’elle allait devoir de nouveau se mêler à la galaxie, et emprunter les us et coutumes qui furent siennes jadis. Était-elle prête à se confronter de nouveau à cette jungle ? Oui. Il semblait même qu’elle avait attendu ce moment depuis des mois déjà.
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By Jen'Ari Nekanasaza
#39029
    La rampe se referma derrière les deux consoeurs qui posaient le pied à bord du Poing de l’Ombre. L'ascension débuta prestement, Telgrah, Nikto Morgukai, aux commandes du petit cargo corellien. La Dame Sombre, depuis les récents événements, ne se séparait plus de ses guerriers. Elle avait réalisé, affaiblie, abattue, aux pieds de Darth Irae, qu’aucun Darth ne lui prêterait jamais secours. Tous étaient des ennemis latents. La race des traîtres. L’égarement ne lui était pas permis. Un principe de sauvegarde qu’elle avait eu tendance à oublier avec le départ de Varadesh et la soumission brutale de l’Arkanien. Sans conteste, Nekanasaza était la puissante et la plus alerte, mais elle n’était pas à l’abri de certains moments de faiblesse et des blessures inattendues. Ainsi, trois des six Morgukais accompagnaient le Maître : Vekko, Telgrah et Dar’ve, les trois plus jeunes, les trois plus violents. Ceux-là n’étaient pas des soldats, pas des disciples. Ils ne saluaient pas. Ils obéissaient de leur bonne volonté et entretenaient avec la Mirialan un partenariat d’honneur. En outre, ils n’étaient pas nécessairement capables d’abattre la Dame Sombre, tout comme elle-même ne pouvait s’opposer à leur famille. Peut-être Vekko était-il devenu un ami, par habitude.

    VIDE SPATIAL


    Le Poing de l’Ombre quittait à peine Dromund Kaas et filait parmi les étoiles pour gagner Nyssa en un rien de temps. La Dame Sombre désigna la banquette de la salle commune à Darth Vkoh.

      « Assieds-toi. »

    La Force vibra autour de la Sith. Les mains de la Mirialan, habillé de leurs gants de kevlar anthracite, chassèrent en arrière la capuche du lourd manteau d’ébène. L’Illusion s’estompa alors. La ligne si parfaite du visage viride se mua en une esquisse irrégulière. Si le profil gauche demeurait intact, le droit avait été ravagé et difficilement cicatrisé. Des heures à tremper dans le bacta pour un résultat aussi grossier. Depuis le col du manteau, jusqu’au sommet du crâne, couraient des sillons de la largeur d’une lame de couteau. Le cœur des cicatrices se révélait clair, presque blanchâtre, tandis que leurs contours étaient sombres, aussi noirs que l’était jadis l’encre des tatouages de la Mirialan. Quelque chose avait lacéré la chair de la Sith, mais on peinait à deviner que c’était les flammes qui l’avaient dévorée. De la Dame Sombre, il ne restait pas même son regard d’or, car l’iris gauche avait viré au saphir. Sur ce portrait dépareillé, l’on ne savait où poser les yeux.

    Nekanasaza aurait balayé tout commentaire formulé au sujet de sa récente blessure. Elle ne laissa à Vkoh aucun temps d’observation, et résuma la situation quant aux relations avec l’Ordre Mecrosa.

      « La Maison Mecetti, en Tapani, … »

    Sa voix même avait changé, plus rauque encore, et plus grave.

      « … s’offre les loyaux services de l’Ordre Mecrosa. Assassinat, renseignements, artefacts anciens … Les Mecrosa ont survécu à bien des déluges, et leur secret les rend puissants. Je les ai cependant contraints à la soumission, lors d’une de mes visites sur Obulette, et j’entends conserver mon avantage sur leur Maître. »

    Elle omettait Odion, et l’holocron, et tout le reste.

      « Leur Maître, le Seigneur Alesay, nous accuse d’avoir envoyé un voleur en leurs murs, sur Nyssa. Toi et moi allons régler ce différend. Et si un Sith s’est introduit dans la forteresse Mecrosa, nous le pourchasserons, et le soumettrons. »

    Ainsi étaient les plans de la Dame Sombre.
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By Jeny Mikerley
#39148
Vkoh emboite le pas de la Mirialan, s’enfermant avec elle dans cette coquille de métal. Sa tenue allégée ne flottait plus, ses cheveux si fins restèrent plaqués dans son dos. Et même les tentacules ne se montraient pas. Elle n’était plus dans son état naturel, plus sur son terrain de jeu, alors même qu’elles n’avaient pas quitté la planète. Cela faisait des mois, voirs années qu’elle n’était plus sortie de sa planète obscure. Petit à petit, le côté obscur l’abandonnerait, étant relayé à ce souffle glacé lointain qui faisait dresser les poils de la nuque. Cette vision d’horreur contrastait avec son état actuel, car Jeny ne présentait aucun signe extérieur de faiblesse. Non pas qu’elle essayait de se protéger de quoi que ce soit, ni de paraître ce qu’elle n’était pas. Elle était simplement décalée et rêveuse, à demi dans ces songes. Ce n’est que lorsque les aliens bougèrent à leurs arrivées que sa concentration fut ébranlée. Instinctivement, elle tourna la tête vers les êtres qui accompagnaient la mirialan. Véritable garde d’élite, pour une femme qui n’était vraisemblablement plus capable de se débrouiller toute seule. Avait-il un rapport avec son changement de visage ? Rien n’était moins sûr, mais pas dénué de toute liaison non plus.

Le vaisseau décolla et rapidement, un froid glacial s’empara de Vkoh. Si bien que la première fois depuis longtemps, elle ressentait son corps, ses faiblesses, sa solitute mentale … Et c’était tout pour lui déplaire. Son humeur n’en serait que plus changeante. Mais elle n’en fit pas part à la Mirialan, car ordre ne fut pas donné. En revanche, celui de prendre place tomba. Vkoh obéit dans une position semi-méditative, où ses pieds nus ne touchèrent pas le sol froid. Elle ajusta ses pans de tissus qui lui couvraient le corps, de sorte à garder un peu de chaleur, en vain. Mya lui fit face et ôta la capuche qui lui servait de protection, tout autant que l’illusion qui habitait son visage. Du visage qui n’était pas le sien, se transforma en une peinture déparaillée, détruite en sa moitié par quelques griffes géantes ou brûlures incontrôlées. Mais aucun commentaire ne fut laissé à sa discrétion et déjà le contexte fut posé. Une planète de nobles, une guilde d’assassin, une mirialan qui tirait les ficelles au centre.

De nouveau, Vkoh sentait l’aura de sa comparse défaillire. Etait-ce parce qu’elle commençait petit à petit à perdre pied sur son empire ? Etait-ce lié à sa blessure ? La grande mirialan d’antan, celle qui lui avait éclata la machoire sur la bordure bétonnée d’un trotoire urbain semblait bien loin. Non pas éteinte, mais … en recul. Vkoh tourna la tête vers un des gardes du corps. Leur présence d’ajoutant à la défaillance évidente du système imposé par la Sith. Petit à petit, elle avait l’impression qu’elle implosait en vol, peut-être à cause d’une accession trop rapide au pouvoir, ou d’ennemis de l’ombre sous-estimés. Jeny ne fit aucun commentaire sur sa mission, car aucune question ne lui fut demandé. De toute manière, elle n’en avait pas particulièrement. Mya la connaissait, les plans et la négociation, ce n’était plus pour elle. Et le contexte énoncé était simplement là pour rappeler le champ d’action. Du reste, la mirialan n’avait pas précisé son rôle là dedans, si ce n’est tuer le Sith qui les embêtait.

Une fois le discours terminé, Jeny laissa planer le silence quelques instants, son regard pourpre fixant les traits de son interlocutrice. Elle se mit debout sur la banquette, puis escalada la table à quatre pattes. Les gardes du corps s’activèrent et tirèrent leur lame au claire, prêts à la trucider sur place. Situation qu’elle ignora complètement. Elle s’arrêta au niveau du visage vert pâle et inclina la tête de côté. Jeny renifla dans cette direction à plusieurs reprises, s’assurant que l’aura ne la trompait pas. Puis, de son pouce et son index, et sauf si elle fut retirée, sa main se posa sur son menton. Lentement, elle tourna la tête vers le côté marqué, observant la blessure sous toutes ces coutures. Boursouflée, manquante ou encore creusée, la peau était dans un état pitoyable. Tout aussi lentement et avec une douceur qui ne lui était pas propre, elle reposa son observation et se redressa, assise sur la table. Elle ne fit aucun commentaire, ne bougea pas une once de traits sur son visage, car on ne lui avait rien demandé. La faiblesse était chose courante chez les Sith et il permettait aux apprentis de prendre la place de leur maître. Mya se cachait de ses pairs, mais lui montrait son vrai visage, à elle. Elle savait probablement que Vkoh n’obéissait pas à cette règle et qu’elle la suivrait, qu’en bien même il lui manquerait ses deux bras. Elle se demandait simplement pourquoi n’avait-elle pas demandé de l’aide plus tôt. Fierté mal placée ou prise de court ? Encore une fois, nulle question ne fut posée, car permission ne fut pas donnée. Jeny attentit encore quelques instants sur la table, au cas où la Mirialan voulait lui laisser d’autres commentaires. Puis elle allait devoir franchir l’étape de la préparation.
#39191
    À quatre pattes sur la table, Vkoh entendait inspecter le visage de sa comparse. Les deux Morgukai réagirent aussitôt, prêts à frapper, mais un signe de main de la Dame Sombre les en dissuada. L'Humaine était curieuse et l'exprimait à sa manière. Nekanasaza, soumise à inspection, ne bougea pas. Vkoh observa la plaie longuement. La blessure avait été stabilisée quelques jours auparavant et se maintenait désormais dans ce qui semblait être son état définitif. Il n'y avait aucun espoir de voir repousser la peau un jour. Cette part d'enveloppe charnelle était morte. Pour autant, la mobilité des yeux, des paupières et de la bouche n'avait pas l'air affectée. Comme si la seule chair profondément brûlée s'avérait être une punition suffisante, comme si l'on n'avait pas voulu diminuer les facultés du Hérault de la Guerre. Le chirurgien avait proposé une reconstruction faciale. La Mirialan avait refusé.

    Vkoh reprit ses distances. Elle savait pertinemment ce qui l'attendait : des vêtements. On ne pouvait pas sortir en haillons, pas quand on allait visiter le grand monde. La voix du Maître remplaça le silence pesant qui s'était installé.

      « Je vais avoir besoin de toi de manière durable, désormais. Voudras-tu m'accompagner si longtemps loin de Dromund Kaas ? »

    En même temps qu'elle lui posait cette question peut-être délicate, la Mirialan tirait d'un tiroir une pile de vêtements sombres. Le regard vairon glissa des habits jusqu'à Vkoh.

      « Viens, tu as besoin d'une douche. »

    Elle lui tendit la main, disposée à la conduire jusqu'à la cabine de lavage. La Dame Sombre savait combien cette étape pouvait rebuter sa consoeur, tout comme le fait de porter un vêtement.

      « Et… je vais te couper les cheveux. »

    Sur ces mots, la Mirialan se débarrassa de son lourd manteau.

      « Disposez ! »

    Elle aboya en direction des deux Morgukai. Elle sentit leur regard dans son dos, pivota d'un quart de tour pour soutenir celui de Dar've.

      « Tout va bien. »

    Les deux frères s'en allèrent en direction du cockpit.

    L'affaire classée, le Maître se défit ensuite de ses gants, révélant à la lueur des néons une main droite rouge comme le sang humain et striée de veines noires. De ce membre étranger émanait une aura singulière, sous-jacente à celle de la Dame Sombre. La main avait son identité propre, et elle empestait le Côté Obscur. Nulle brûlure sur cette peau. Avant que Vkoh ne réagît, Nekanasaza lui tendit cette main.

      « Tu veux la voir, elle aussi ? »

    Elle la lui laissa un instant pour inspection, et remonta sa manche jusqu'à l'épaule pour lui permettre d'admirer l'étendue de la greffe.

      « J'ai fait une rencontre intéressante sur Yavin IV. L'entité qui habitait ce temple m'a donné sa main. Depuis, cette main me dévore lentement. »

    Le regard vairon observait l'Humaine. Allait-elle faire un commentaire ? Ce n'était pas son genre.

    Alors, cette douche ?
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By Jeny Mikerley
#39200
Qu’est-ce que signifiait durable ? Un mois, six, ou peut-être des années ? Rien ne dure pour qui suit leur voie, et surtout rien ne peut être planifié aussi précisément. Aussi se dit-elle qu’elle la suivrait, pour l’instant. Alors elle opina du chef sans mot dire. Elle ferait partie de ce groupuscule qui traînait au talon de leur propriétaire. Une expérience que beaucoup d’apprentis auraient sans doute trouvé des plus réjouissante. Sans se douter de ce que ferait Mya en cas d’échec, de regard de travers ou tout simplement pour calmer ses noires pulsions. Le maître s’en leva et se dirigea vers les amas de tissus dans lequel Vkoh devrait bientôt se camoufler. Bien qu’elle n’en éprouvât pas l’envie, elle n’avait pas l’impression d’y éprouver un dégoût comme à l’époque. Jugeant cela nécessaire pour satisfaire à la cohérence de la mission.

Elle se saisit de la main de la mirialan pour mettre pied à terre, qui en profita pour parler de douche. De la même manière, Vkoh avait plusieurs fois pris des douches sur Dromound Kaas. Tantôt sous la pluie torrentielle lors des moussons de mi-révolution planétaire. Tantôt dans les lacs alentours, pour chasser quelques individus marins qui effrayaient ses comparses. Sa vie dans la nature l’avait peu à peu changé, transformant ses mauvaises manières et sa provocation en une indifférence totale. Sur la planète, elle ne parlait presque plus, ne s’adressant qu’aux esprits en des langues interdites dont elle n’était pas certaine de comprendre le sens. Ou encore pour distribuer quelques ordres. Cela ne l’empêchait pas pour autant de tuer par plaisir, mais c’était davantage devenue une conséquence éducative. Et plus que cela, un tri nécessaire entre le bon grains et l’ivraie. Quoi qu’il en soit, elle jugea sur son bras l’épaisseur de saleté, mélange entre terre, sang et autres substances inconnues. L’odeur ne l’effrayait plus, mais elle était certaine que les gens civilisés en auraient perdu l’odorat. Mya elle-même ne voulant l’avouer que par l’évocation de la solution.

Cependant, l’entretien de ses cheveux lui tirèrent pour la première fois une expression faciale différente. Un levé de sourcil justifiant toute l’interrogation qui trahissait son esprit. Ses cheveux tombaient jusqu’à sa hanche, en de fins, très fins traits noirs. Ils n’étaient pas ébouriffés, ni emmêlés, mais étaient semblable à la paille séchée. Les volutes de son crâne se mélangeaient parfois les tentacules qui par intermittence sortait des pores de sa peau. Ces cheveux n’étaient pas les siens, mais bien des artefacts du côté obscure. Tout comme la majorité de son corps. Normalement, ils avaient été carbonisés lors de l’explosion du vaisseau. Et jamais ils n’auraient pu repousser. Mais qu’importe.

Vkoh fut tirée jusqu’à la porte de cette salle de bain qu’elle ne connaissait que trop bien. Mais alors même qu’elle comptait s’y enfermer, la verte l’y arrêta. Se défaisant du manteau et de ses gants, elle y montra une main rougeâtre. L’humaine eut un mouvement d’arrêt, son regard se durcit tandis qu’il se posa sur la peau étrange. Elle l’inspecta quand on le lui autorisa et observa sous toutes les coutures ce membre étranger. Jeny prit la main dans la sienne, et la seconde également. Elle compara la différence de température au touché, et la couleur verte par rapport au rouge. Jeny laissa tomber la deuxième et observa plus longuement la première. L’obscurité qui en émanait n’était pas caractéristique de Mya, et c’était ce qui la dérangeait le plus. Elle la leva plus en hauteur et parcourut les veinules de ses pouces, sur le dessus de la main, puis le poignet. Enfin, elle tira la manche jusqu’en haut pour apercevoir la limite.

« Kam tuti nindz tu’iyia waria nasosûtoi j’us », murmura-t-elle entre ses dents.

Le regard pourpre se posa dans celui vairon de sa comparse, la transperçant entièrement. Cette main ne la rassurait pas, et cela se voyait à travers ses iris qui vibraient. Jeny reposa le membre et fronça les sourcils.

« Tu as changé. »

Ce ne fut ni tranchant, ni valorisant. Juste la simple constatation d’une âme meurtrie à une autre. Sans aucun jugement, elle fit volteface en direction de la salle de lavage. Elle ne quitta pas ses haillons, se contentant de laisser couler le flux d’eau sur son crâne. De l’eau qu’elle ne fit pas chauffer, laissant le froid se répandre dans son corps, pour sentir la douleur qui la tiraillait désormais. Cette solitude spirituelle loin de son obscurité natale. La jeune femme observait sur ses bras, la peau apparaître petit à petit. De plus en plus rose, de plus en plus humaine, laissant à ses pieds une marre noirâtre qui s’échappait par les canalisations. La douleur de tantôt sur sa peau fragile n’avait plus cours. En fait, elle ne sentait rien d’autres que la fraicheur sur son derme. Ses cheveux se mêlèrent les uns avec les autres en une longue natte imbibée qui couvrait sa colonne vertébrale. Elle s’immergea bientôt sous le shampoing et le savon, sous les produits d’entretien dont elle fit usage machinalement dans sa vie passée. Comme des automatismes, elle sut lequel utiliser sur quelle partie du corps. Bientôt, elle fut prête à se présenter à la mirialan. De ses traits du visage noircie, obscurcit par le maquillage et la crasse, de sa peau couleur de jais, il ne resta qu’une jeune fille à l’apparence frêle et aux regards démoniaque. Ce n’est qu’après être totalement propre qu’elle se décida à ôter ses haillons d’un mouvement hagard, au profit du peignoir proposé en attente de ses vêtements. Son regard heurta son reflet dans la manœuvre. Ce dernier vola en éclat instantanément lorsqu’un tentacule s’y précipita. Son visage ne bougea pas, mais son esprit eut un sursaut de colère comme une explosion mentale, avant de revenir à son état normal.

La jeune femme ignora tout bonnement les morceaux de verre au sol, même quand il lui fallut marcher dessus pour sortir de la salle. Elle s’arrêta sur le seuil et fit quelques pas à la recherche de la verte.

« Je suis prête », souligna-t-elle, tandis que derrière elle se prolongeait les pas ensanglantés qui menait à la salle de lavage.
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