L'Astre Tyran

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By Hjalmar
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Il y a bien longtemps, plus de deux mille ans, un cycle s'était répété... Le côté obscur avait gagné son escarmouche contre le côté lumineux. L'Empire Sith, faisant profil bas pendant trois cent ans, s'était révélé à la lumière du jour et avait mené son coup d'éclat contre l'Ancienne République, forçant cette dernière à concéder une bonne partie de ses territoires au régime fasciste. Durant cette période de guerre froide et d'obscurité absolue, la capitale de l'Empire, la capitale de la galaxie, ce n'était pas Coruscant... C'était Dromund Kaas, et plus précisément Kaas City, le siège du pouvoir millénaire des zélotes du côté obscur. Mais aujourd'hui, ces ruines ne représentaient plus rien. Engloutie par les eaux et envahie par des bêtes, la ville faisait une piètre impression à Hjalmar qui l'observait au loin depuis un falaise, l'épée à la main. A sa gauche se tenait silencieusement Moloch qui lui aussi observait les lieux, grognant de contentement à l'idée d'affronter les créatures qui se cachaient dans la ville... A la droite de Hjalmar, seulement visible par ce dernier, se tenait l'image spectrale du vieil homme enfermé dans son arme, jetant un regard amusé aux ruines de son lointain passé, comme si tout ceci était prévu et que découvrir le fait accompli lui apportait une profonde satisfaction. Le guerrier de la jungle observa le visage narquois de son guide, provoquant finalement un croisement de leurs regards.

    - Ils étaient si présomptueux, si fiers de leur gigantesque carcasse de fer qu'ils appelaient "Capitale"... Et maintenant ces imbéciles ne sont plus que poussière, tout comme leur ville.
    - Est-ce le destin qui attend tous les empires ?
    - Tous, sans exceptions, sont voués à s'écrouler, il n'y a que la force et son côté obscur qui soient éternels.
    - Alors à quoi bon s'échapper si toutes nos actions sont vouées à l'échec dans un futur plus ou moins lointain ?
    - Je n'ai pas dit que fonder un empire était une erreur... C'est se croire immortel et invincible qui en est une.

La seconde d'après, l'image du Sith se dissipa, derrière lui apparut une tour de fer qui se dressait fièrement à l'horizon, sans doute un immeuble abandonné qui devait se trouver à un ou deux kilomètres de là. Et au sommet de ce dernier... La silhouette d'un vaisseau. Hjalmar touchait au but. Il se tourna vers l'imbécile qui lui servait d'esclave et lui fit signe de le suivre. A ces mots, le binôme descendit lentement mais sûrement de la falaise avant de marcher jusqu'à l'entrée de la cité engloutie... L'eau leur montait déjà jusqu'aux mollets à force de marcher, et c'était pire à mesure que la route s'enfonçait d'avantage. Dans un souci de sécurité, Hjalmar préféra donc grimper au sommet d'une ruine métallique se trouvant non loin de lui pour rester à la surface de l'eau. Un véritable parcours du combattant se dressait entre lui et la tour... Des ruines à escalader, les eaux qui montaient de plus en plus, et surtout... Des animaux sauvages qui rodaient et se cachaient dans les ruines, fussent-ils hors de l'eau ou dans l'eau d'ailleurs. Mais après tout ce que le séide du côté obscur avait vécu, ce n'était pas l'exploration d'une ville en ruines qui allait le terrifier.
#39431
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Du fer éventré, des structures noyées, du bois pourri et de l'acier rouillé... Voilà tout ce que cette ville avait à offrir sur des kilomètres et des kilomètres. Un parcours du combattant mêlant nage, combat, escalade et course... Tout cela alors que la pluie arrosait l'endroit de cordes. Pourtant ce n'est pas tant ça qui inquiétait Hjalmar à ce moment précis, il était plutôt préoccupé par une présence qui se trouvait quelque part dans les lieux... Une masse importante de côté obscur. Ce n'était pas une masse concentrée et contrôlée, comme la cannibale du Temple Noir. Non...

C'était une masse brute, sans nuance et sans contrôle, une énergie bestiale qui vomissait du chaos et de la haine de manière ininterrompue PARTOUT dans la ville. Mais, en raison de sa faiblesse dans la force, le guerrier était encore incapable de déterminer où cette présence maléfique pouvait bien se trouver, et c'était sans doute ça qui l'effrayait le plus, en fin de compte. Mais qu'importe... Il n'allait pas abandonner si près du but, s'il était parvenu à échapper au Temple Noir, centre névralgique du côté obscur, il vaincrait cette chose dont l'énergie négative suintait par tous les pores de la peau de fer de la cité engloutie. Alors qu'il escaladait, sautait et courait au travers des immeubles en ruine et des structures broyées par le poids du temps, il se remémorait les paroles de Vkoh et des zélotes qui protégeaient le lieu cauchemardesque qui avait bien failli prendre sa vie.

Ils avaient mentionné la Dame Sombre... Était-ce elle, l'actuelle dirigeante de l'Ordre Sith ? Cela faisait-il de Hjalmar un de ses sujets, à présent qu'il avait emprunté la voie du Sith ? Difficile à dire, mais le guerrier n'aimait pas l'idée d'être assujetti à qui que ce soit, il accordait bien trop de valeur à sa liberté et à son pouvoir de nuisance pour les allouer à quiconque. Cela faisait-il donc de cette Dame Sombre une ennemie ? Une rivale ? Il était encore bien trop tôt pour le dire, le zélote n'en était qu'au départ de son voyage initiatique pour devenir un être plus grand, plus fort, plus maître de lui même. Il saisit alors son épée, source de son nouveau pouvoir et ausculta sa lame avec passion... Qu'il était grisant de savoir que cet outil de mort lui appartenait et qu'il lui obéissait envers et contre tout. Si seulement ce maudit spectre ne vivait pas à l'intérieur...

Ses divagations furent cependant stoppées nettes par l'apparition d'un obstacle plus important que les autres : Une muraille. Là, au beau milieu de la ville, se dressant entre Hjalmar et son objectif se trouvait un immense monstre de fer haut d'une bonne trentaine de mètres, noir, rouillé, recouvert par le lierre, les algues et recouvert ci et là par des nids d'animaux minuscules qui y avaient établi leurs foyers. Cet endroit pouvait représenter à lui seul la déchéance de l'Ancien Empire Sith...

Il avait sombré si profondément dans l'abysse de l'oubli qu'il en était rongé par le temps et par la vermine. Plus rien de noble, de puissant ou d'effrayant ne se dégageait de cette horreur architecturale dont les canons laser pointés vers l'horizon étaient devenus des nids pour certains oiseaux de proie vivant sur la planète. Pourtant ce vestige d'une autre époque, ce cadavre de métal charcuté bloquait la route du zélote, exerçant encore et toujours sa fonction même dans la mort et la pourriture. Alors que la pluie continuait d'arroser son crâne, le guerrier examina chaque recoin des lieux pour essayer d'y trouver un passage, une route ou un chemin...

Mais rapidement, il fut mis face à la dure réalité, si il voulait passer, l'escalade serait la seule solution. Il se tourna alors vers son acolyte Massassi qui l'avait suivi jusqu'ici sans rien dire. Un signe de tête en direction du mur fut clair, il lui indiqua que leurs efforts n'étaient pas encore arrivés à leur terme et qu'il allait falloir s'entraider un minimum pour passer de l'autre côté de l'endroit... Bien sûr ce lâche de Moloch regarda en bas, se disant qu'il serait peut être possible de nager en dessous, mais lorsqu'il vit un ban de poisson carnivores dévorer à eux tout seul un chat de vigne maladroit qui avait trébuché dans l'eau, il se ravisa immédiatement.

    - Bon... Qui passe le premier ?
    - J'us zuti karuvis, ar j'us gimti, Nu valia divsi j'us.
    - Entendu... Surveille mes arrières, et ne t'avise pas de faire une erreur fatale.
    - Fais-tu vraiment confiance à ce lâche vil et sans cervelle ? Demanda l'esprit Sith suivi d'un ricanement.
    - Non, mais je ne compte pas tomber de toute manière.
    - J'us buti deretis kia nun ? Demanda-t-il en regardant derrière lui, ne comprenant pas à qui diable Hjalmar pouvait bien parler.
    - Non, je parlais pour moi. Ne perdons pas plus de temps.
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L'immense bâtiment à la peau de fer et à la chair d'étain n'allait pas être facile à escalader... Il se dressait hors de l'eau sur plusieurs dizaines de mètres et défiait quiconque de l'escalader, lui et sa structure rendue humide et glissante par l'abondante pluie qui l'avait érodé et usé jusqu'à la moelle. Un œil avisé et vif comme celui de Hjalmar pouvait cependant repérer plusieurs prises intéressantes, car par endroit les câbles électriques à présent vidés de toute énergie pendouillaient à l'extérieur de l'édifice, ils seraient très utiles pour gravir rapidement les premiers mètres les plus importants. D'autre part la végétation était aussi de la partie, envahissant le cadavre du monstre de fer comme un cancer rongeant ses cellules, les racines et les branches de nombreux arbres parasites s'étaient faufilées au travers de la chair purulente du colosse abandonné, offrant de nouvelles opportunités de grimper... Enfin, les nombreux canons laser qui dépassaient du mur afin de le protéger en cas d'attaque étaient légion, et chacun était d'une lourde taille, ils feraient de parfaits point de repos si jamais le guerrier manquait d'énergie. D'ailleurs il n'était pas le seul à y avoir penser, des oiseaux de proie y avaient établi leurs nids. Cela allait d'ailleurs être un problème, ces rapaces au bec effilé et aux griffes acérées au plumage nocturne et aux yeux rouges comme le sang n'allaient pas se gêner pour s'en prendre au chasseur alors que ce dernier serait sans défense en train de péniblement grimper au mur en usant de toutes ses forces pour ce faire... Au final, il aurait peut être plus judicieux d'envoyer son esclave en première ligne pour découvrir les chemins sûrs et les chemins piégés. Mais, étant donné que Moloch arrivait à peine à compter sur ses doigts, lui demander de faire du repérage allait juste coûter du temps et sa vie... Et Hjalmar avait beau mépriser cette créature vile et écervelée, elle avait le mérite de cogner très fort et de savoir se battre, il valait donc mieux l'économiser. D'autant que contrairement à ce gros tas de muscles, le zélote avait la force à ses côtés, et sur cette planète elle se retrouvait décuplée, il serait donc plus aisé de sauter de prise en prise.

Cette phase d'observation finie, il était maintenant temps de se lancer dans l'acte en lui même... Avant de démarrer l'ascension risquée, Hjalmar déchira sa cape, la jeta sur le côté et utilisa les morceaux de peau qu'il avait utilisé pour couvrir ses mains et ainsi les rendre plus adhérentes et protégées. Le premier saut fut le plus haut et le plus impressionnant, profitant de n'avoir jusqu'ici pas usé de la force, il entama un saut parfaitement exécuté lui permettant d'échapper à quatre premiers mètres, la seconde d'après, l'indestructible épée Sith du guerrier s'enfonça dans le mur et tint bon, permettant au chasseur de se tenir contre le mur quelques secondes avant d'effectuer un nouveau saut un peu moins spectaculaire que le précédant lui permettant, néanmoins, de s'accrocher à des câbles électriques pendouillant tels des viscères. Il avait parcouru déjà sept mètres sur quarante, mais ce n'était que le début de l'ascension, car les deux précédents sauts l'avaient bien fatigué. Il souffla donc un coup, rangea son arme dans son dos et entama une montée en usant le câble qu'il tenait fermement entre ses mains comme une corde, lui permettant de parcourir quelques mètres supplémentaires. Mais alors qu'il commençait à lentement s'approcher de la fin de sa première corde, un étrange bruit résonna autour de lui. Ce n'était pas un grognement ou un bruit sourd, c'était plutôt de discrètes voix qui chuchotaient tour à tour dans les oreilles de Hjalmar... La migraine suivit rapidement, et les dents du guerrier se serrèrent rapidement, manquant de le faire lâcher prise, mais d'un coup la douleur s'arrêta et le bruit se dissipa. Ricanant face à cette attaque mentale, le spectre de force du Seigneur mystérieux était assis sur une protubérance dans le métal, à quelques mètres de Hjalmar, observant les flots avec beaucoup d'intérêt.

    - Quoi encore... Grogna le guerrier en reprenant ses esprits.
    - Oh rien... Je cherche du regard la créature qui causera ta perte avec curiosité.
    - Tu pars bien vite en besogne, vieillard.
    - Tu as ressenti comme moi cette attaque sur ton esprit, cette créature est puissante, mille fois plus puissante que tout ce que tu as pu précédemment chasser.
    - Même la folle cannibale ?
    - Tssssk... Ne me fais pas rire, ce vermisseau n'est rien en comparaison avec cette bête, rigola-t-il avant de disparaître de son perchoir.

Ce vioque ne perdait rien pour attendre... Malgré tout, il fallait bien admettre que la présence de cette créature était difficile à ignorer, depuis qu'il avait posé les pieds dans la ville il ressentait son immense pouvoir. Ce bouillonnement dans l'air, cette aura qui dévorait les lieux et rendait le sondage dans la force si complexe... Secrètement, le guerrier espérait pouvoir éviter la confrontation avec cette chose, même une brute comme lui avait appris depuis longtemps que le bon chasseur devait bien choisir ses combats et n'engager que ceux qui étaient gagnables et nécessaires à sa survie. De la même façon qu'il avait contourné l'étrange femme aux cheveux crasseux et aux yeux dorés, il comptait donc bien se faire discret et rejoindre ce maudit vaisseau le plus rapidement possible. Cependant, alors qu'il continuait son ascension et se trouvait à présent à environ quinze mètres du sol, il constata que les oiseaux de proie et leurs nids se rapprochaient dangereusement à mesure qu'il grimpait... Il tâchait donc de ne pas faire de bruit pour ne pas faire s'envoler ces maudits tas de plumes, mais à présent qu'il devait s'accrocher à des branches et des racines pour s'élever, ne pas produire de sons relevait du miracle, mais il parvint finalement à se trouver une branche lui servant de perchoir. De là haut il avait une vue plongeante sur la ville et sur la jungle... Des étendues vertes battues par la pluie à perte de vue. De là haut on ne voyait pas les bêtes sauvages, la crasse, les maladies, les Temples distordus et les petits Siths patrouillant à la recherche de l'intrus qui avait attaqué les lieux qu'ils devaient défendre. On voyait juste une végétation presque luxuriante si le tonnerre et le vent ne les tordait pas d'une manière qui rendait ces arbres sinistres et agressifs. Hjalmar poussa un inaudible soupir, être si près du but après quasiment dix ans sur ce lieu maudit... Cela semblait si irréel et pourtant si palpable. Il devait aller au bout.

Mais alors que le zélote se préparait à entamer la suite de son ascension, un bruit sourd résonna dans l'atmosphère et gronda dans le ciel durant de longues secondes avant que le nez d'un immense bâtiment flottant à la chair métallique n'apparaisse au travers des nombreux nuages. Un croiseur venait d'entrer dans l'atmosphère, et le bruit assommant de ses réacteurs avait réveillé la forêt endormie. Face au bruit, les Yozusk se mirent à détaler, les chats de vignes à se cacher et les nombreux rapaces cachés dans les arbres s'envolèrent de concert pour former de véritables ballets aériens. Ressentant un immense frisson, le chasseur comprit hélas ce que cela signifiait, et il eu tout juste le temps de lever la tête pour voir des dizaines d'oiseaux de proie s'abattre sur lui, réveillés de leur sieste et parés à éliminer l'intrus. La lame ondulée siffla dans l'air, il était temps qu'elle se nourrisse.
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S'abattant comme l'éclair, le fer Sith gorgé d'obscurité se régala du sang de ces misérables volatiles. Le métal tinta et siffla à chaque nouvelle frappe fendant l'air... Ils tombèrent tous comme des mouches jusqu'à atteindre l'eau, offrant un repas de choix aux poissons carnivores. Et pourtant, malgré que leur nombre se réduisait considérablement, ils continuaient de lui foncer dedans pour chasser l'intrus de leur territoire. La lame ondulée tourbillonna entre les mains du guerrier, faucha au travers des plumes, de la chair et des os, ils furent nombreux à tomber sous sa lame, mais il furent également nombreux à le griffer, le couvrir de coups de becs et tenter de le faire tomber... Mais Hjalmar tint bon, continuant de massacrer ces oiseaux avec sa main droite pendant que la gauche se tenait fermement à la liane qui le séparait de sa chute prochaine. Ça ne serait pas suffisant, il en abondait bien trop, à chaque tête tranchée, deux autres prenaient place, ils étaient bien trop nombreux à s'être installés sur cette maudite muraille ! Las et en proie à une frustration grandissante, la voix rauque du sauvage résonna dans la ville, cette voix bestiale presque animal poussa un grognement gorgé de rage qui fit fuir en quelques instants tous les oiseaux, comme si la force leur avait hurlé de fuir le danger et que leur cerveau avait cru à ce mensonge. Haletant sur le coup, il regrettait déjà d'avoir usé de la force pour si peu, cela n'allait pas faciliter ses futures actions, d'autant qu'il lui restait encore beaucoup à grimper. Mais trop tard, le mal était fait, il fallait reprendre route à présent.

    - Si de pauvres oiseaux parviennent à te mettre en si mauvaise posture, je considère franchement l'idée de changer d'hôte ! Rigola le vieil homme dans la tête de Hjalmar.
    - Je peux vous laisser rouiller au fond de l'eau si vous y tenez, je trouverais certainement une arme bien meilleure que votre cure dent.
    - Petit, j'ai attendu des milliers d'année que quelqu'un vienne me récupérer, penses-tu que je m'inquiète d'attendre mille de plus ?
    - Non, mais ça aurait le mérite de vous faire taire vous et vos grands airs.

Alors que la route se faisait plus simple à présent que la menace charognarde avait été repoussée, le zélote s’interrogeait, il sautait de prises en prises, tiraillé par ce qu'il venait de voir, ne comprenant guère de quoi il aurait pu s'agir... Ce croiseur n'était pas un Destroyer Impérial, ça le guerrier en était sûr, il reconnaîtrait les bâtiments de ces chiens entre milles, il pouvait encore reconnaître le bruit des chasseurs TIE, le grognement de leurs réacteurs, la forme géométrique qui touchait presque au maniaque de leurs croiseurs. Non, ce croiseur sortait bien plus de l'ordinaire, il ne l'avait jamais vu avant, il triturait sa mémoire durant de longues minutes mais en était persuadé. Si ce n'était pas l'Empire, alors qui donc se rendrait ici ? Sur ce lieu maudit où toute vie était condamnée à la folie, où chaque chose qui vivait ici était terriblement hostile et pensée pour tuer. Il entama un immense saut et s'attrapa de justesse à une protubérance de la muraille, un morceau de métal rouillé qui s'était légèrement détaché. Ceux qui se trouvaient dans ce vaisseau, étaient-ils venus pour lui ? Non, il était un parfait inconnu, un fugitif parmi tant d'autres... Cela faisait près de dix ans qu'il était coincé ici, personne n'était jamais venu ici pour y chercher les Inquisiteurs qui l'avaient poursuivi. Ces monstres, que le côté obscur les emporte, pensait-il... C'était à cause d'eux qu'il avait fini coincé ici. Non... Non, en fait, c'était grâce à eux que Hjalmar avait découvert la force obscure, qu'il avait appris à la connaître et à l'apprivoiser, qu'il s'était endurci au beau milieu des bêtes sauvages de Dromund Kaas... En quelques sortes, c'était grâce à ces imbéciles incompétents que le zélote était là aujourd'hui, victorieux, à deux doigts de quitter la planète, à deux doigts de vaincre la jungle. Alors que l'escalade continuait machinalement, elle toucha finalement à sa fin sans même que le guerrier ne s'en rende vraiment compte... Un immense trou dans la muraille menait à la salle de contrôle qui se cachait dans ses entrailles. Enfin ce qui avait semblé être une éternité put trouver une conclusion, arrivé au moins trente mètres au dessus du sol, le combattant avait une vue magnifique sur la forêt, sur le Temple, sur cet endroit qu'il avait apprivoisé depuis tant d'années, il se mit accroupi devant cette vue pour un instant avant de définitivement lui tourner le dos... Cela dit c'était étrange, quelque chose au loin attirait le regard de Hjalmar.

    - Yato !!! Buti tave qo blaivus ?! Hurla l'esclave tout en bas.
    - Oui !!! C'est sans danger !!! Répondit le guerrier avant de se reconcentrer sur l'horizon.
    - Quelque chose attire ton attention ? Demanda curieusement l'esprit à présent debout à côté du zélote.
    - Je... Les murmures, ils me disent quelque chose, j'ai comme une sensation étrange, mes tripes me hurlent de fuir, ce n'est pas un danger imminent, c'est plus insidieux, grogna-t-il en se tenant la tête.
    - La force nous signale l'arrivée d'un de ses plus grands hérauts... Quelque chose de très puissant a débarqué de ce croiseur sur la planète.
    - Oui... Ça vient de la forêt, j'en suis sûr, son aura irradie des arbres. Cette chose ne cherche pas à cacher sa présence, elle la montre à quiconque peut la voir, elle marque son territoire.
    - Quelque chose me dit que nous partons à pic, regarde ça.

C'est là que Hjalmar vit ce qui était en train de se jouer, cette bataille, ce duel entre Massassis... Les uns étaient si rouges qu'ils en irritaient la rétine, les autres, plus chétifs, plus violacés, étaient les Massassis que Hjalmar avait affronté durant tant d'années, avec les cadavres desquels il avait créé tant d'armes. Il les reconnaissait, il pouvait voir loin derrière l'armée le seigneur de guerre Massassi qui l'avait mis au défi de vaincre son champion accompagné de son chaman qui auscultait la force et incantait des prières. Le clan qui lui avait mis tant de bâtons dans les roues et dont il avait gagné le respect allait se faire massacrer, c'était couru d'avance, ils ne faisaient pas le poids face à cette silhouette qui ne laissait que cadavres et pleurs derrière elle. Cette silhouette androgyne aux cheveux d'ébènes qui coulaient en cascade et qui maniait son sabre avec tant de férocité... Était-ce cette chose dont la cannibale avait parlé, la Dame Sombre ? Cela pouvait correspondre à une telle description. Hjalmar leva la tête pour regarder le fantôme enfermé dans sa lame observer avec un immense sourire sur le coin du visage.

    - Ai-je besoin de t'expliquer pourquoi rester ici plus longtemps n'est pas une bonne chose pour toi ?
    - Non. Dès que Moloch est en haut on fiche le camp d'ici.
    - Bien ! Ton instinct de survie est encore intact !

Escaladant comme un singe et usant de la force monumentale de ses bras, Moloch prit bien moins de temps à grimper, d'autant qu'il était débarrassé des oiseaux de proie qui auraient pu lui causer problème, lui qui n'avait pas le souffle de peur pour les faire fuir. Une fois l'esclave guerrier arrivé en haut, Hjalmar ne perdit pas plus de temps, les deux s'enfoncèrent à l'intérieur de la méga structure, cherchant une sortie pour atteindre l'autre côté de ce maudit mur.

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