L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

D'apparence pacifique, avec ses forêts et ses mers, Kuat est en réalité l'un des bastions de l'armement impérial. Les chantiers spatiaux de la CNK entourent littéralement la planète, et emploient des millions d'ouvriers, afin de produire notamment les Destroyers Stellaires Impériaux.
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By Harlon Astellan
#32499
Voilà Chaz. Normalement c'est du bon latin. Ça va mieux ?

Shtig ?


En terme de longévité, la secrétaire actuelle avait quelque chose de remarquable. Sa carrière durait depuis presque trois mois déjà.

Il va falloir préparer ma salle de communication. Je risque d'avoir une entrevue d'ici peu.


Elle acquiesçait sans un mot. Toujours assise en face d'Harlon dans son cabinet de travail, à rédiger les courriers courants, à donner des informations techniques qui faisaient gagner du temps, à trier les informations à prendre en compte et à laisser entrevoir l'intérieur de son chemisier en soie sauvage. Il aurait fallut des lunettes opaque pour ne pas voir là le manège traditionnel. Quoi de plus avantageux pour une carriériste que de passer de secrétaire à maîtresse officielle de l'Empereur. De quoi couler des jours heureux dans une grande baraque, avec serviteurs et jacuzzi, en plus de se taper un Empereur qui, contrairement aux précédents, avait des allures de mannequin pour catalogues de messieurs.

En attendant, vous pourriez essayer d'avoir la ligne directe de quelqu'un ?
Bien sûr seigneur... Qui donc exactement ?
Valeria Kuat.


La crinière blonde ne frétilla même pas.

Hmm. Ca ne va pas être facile.
Oh. Je comprends que ça soit difficile pour vous.
C'est même presque impossible... il me faudrait contacter des gens que je connais pour qu'ils voient qui elle pourrait connaître, et...
Quand pourriez-vous me fournir son ID de comlink ?
D'ici 30 minutes tout au plus.
Vous en avez 20.





Les 20 minutes étaient dépassées. En fait, il avait fallut des heures pour l'obtenir. On pensait toujours que les industriels se contactaient "comme ça". Finalement, non. Il faudrait passer par un secrétariat pour ça. Un numéro public. Il avait fallut sélectionner le secrétariat le plus proche de Valeria pour espérer se la voir confier à un moment. Harlon s'était montré contrarié. Mais il faudrait faire avec. Le but était clair : la secrétaire de l'Empereur devait obtenir une ligne directe avec Valeria Kuat. Cela prit de nouveau un certain temps.


- Une commande assez conséquente.
- Le service marketing...
- Directement auprès de Mlle Kuat
- Je ne sais pas si elle est disponible
- Dites-lui que c'est urgent
- De quoi parle-t-on ?
- De centaines de millions en commandes


Peut-être que la secrétaire réussirait à avoir Valeria Kuat en Holocommunications, avant de laisser la place à l'Empereur.
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By Harlon Astellan
#32826
Image


Rhalàlà... mais tu vas lâcher ça ! Ahah, allez, arrête maintenant...


Minaudant sur le lionceau ailé - une espèce hybride offerte par un énième prétendant, mais mignon celui-là au moins - qui tirait sur un de ses bijoux, sous un soleil doré qui lui chauffait le creux des reins, on pouvait dire que c'était une bonne journée pour Valeria. Les tractations récentes donnaient des perspectives intéressantes pour les CNK. La croissance des chantiers allait en augmentant depuis la... on pouvait le dire, "libération". La Nouvelle République faisait un bien mauvais client, mais les livraisons arrivaient à l'heure maintenant, et les clients privés s'amoncelaient. A continuer comme ça, et ils seraient de nouveau en rupture de stock... une première depuis presque 3000 ans !

Et Valeria, aussi volage qu'on la décrivit, restait en charge des CNK depuis le début. Considérée comme fantoche par le bas de l'échelle pour son extravagance, les hautes sphères savaient parfaitement quel genre d'animal elle cachait en son sein. Et la morsure était douloureuse quand il fallait y recourir.

* Mademoiselle Kuat ? *


Soupir. Elle tripatouilla encore un peu son bijou pendant que son holocom - mode sonore uniquement - grésillait. Elle était lasse de devoir interrompre quelques moments de détente avec ses chatons - voraces et avides de chair crue, mais chatons quand même - pour répondre à tout un tas de conneries.

Si c'est Duncan, dites-lui qu'un bouquet de fleur ne sera pas suffisant pour m'épouser.
* A dire vrai, il ne s'agit pas de Duncan. *
Débonny ?
* Non plus. *
Hatis ? Tournoros ? Mercadia ? Piraloï ?
* Non, il s'agirait d'une... Hannah Shtig. *
Une femme ? Encore ? Je suis pas sectaire, mais elles exagèrent... qu'est-ce qu'elle propose pour un mariage ?
* En fait, de ce que j'en comprends, elle serait la secrétaire d'un client potentiel. *
Oh, des affaires ? Ma foi, ça change un peu. Et secrétaire de qui ?
* Harlon Astellan. *


Elle faillit s'arracher une mèche en se redressant. Le lionceau ailé tirait encore dessus, ça aurait pu lui détruire le cuir chevelu. Elle le poussa d'un geste assez violent et revint sur l'interphone.

Harlon Astellan... l'Empereur ?
* Celui-là même. Il parle de... centaines de millions en commandes. *


L'Empereur Astellan... le nouvel homme fort... à la contacter, elle ? Pour des commandes ? En millions ? Elle en savait peu sur lui. Mais elle se doutait bien que la commande n'allait pas se faire sur Kuat. Il y avait autre chose derrière. Et venant de l'Empereur...

Bien, dites à sa secrétaire de me mettre en liaison. Le plus vite possible.
* Je le notifie à son secrétariat. *


Elle posa sa main sous son menton et commença à se ronger un ongle. L'Empereur ? L'Empire ne les avait plus contacté depuis maintenant des mois. Plus d'un an, presque deux. Qu'est-ce qui motivait un retour aux origines aussi soudain ? Un besoin en vaisseaux ? Valeria ne s'intéressait pas à ce qui se disait dans les basses couches de la population. Son attention d'actualité était focalisée sur les racontars de la Haute de Kuat pour éviter de se faire prendre par surprise et guetter les rivaux potentiels, mais de là à savoir ce qui se passait dans l'Empire... bah ! Juste le tout-venant en somme. Kuat avait quelques espions de çi de là, mais rien d'institutionnel ni de très fulgurant.

Au final, il avait fallut dix minutes pour que la communication s'établisse. Elle n'avait pas réalisé qu'elle était restée figée, allongée sur le sol, et sur le ventre. Quand l'image bleue apparut, elle se redressa en vitesse.

Sire Astellan !
Dame Kuat de Kuat, c'est un plaisir de... vous...


Il ne la regardait pas dans les yeux. Son regard était plissé juste sous son coup remarqua-t-elle.

Oui ?
Euh... hm hm. C'est que...


Il pointa la partie sous son menton. Elle regarda distraitement. Oh misère. Un chaton avait tiré sur son soutien-gorge semblait-il.

Oh ! Je suis navrée, je n'avais pas...
Non non... Pas de... pas de soucis. Prenez votre temps.


Elle profita de se pencher pour sourire. De ce aqu'on disait de lui, il devait être homme à passer une heure à réfléchir pour savoir si cet incident était fortuit ou calculé. En tout cas, il était aussi pataud que les autres.

De fait, nous pouvons reprendre.
Oui ! Oui tout à fait... hm hm, donc, ravi de vous voir enfin, Dame Kuat de Kuat.
Moi aussi, Empereur. Même si vous avez fait plus que me voir.
Hmmmmm, oui, dirons-nous. Je suppose que votre...
Vous me trouvez comment ?


L'Empereur s'arrêta net.

Veuillez me pardonner... ?
Oh je vous pardonne. Je vous demande comment vous me trouvez.
Oh, ma secrétaire a prit en charge la prise de contact.
Très drôle. Non, je veux dire physiquement ?
Je ne comprends pas bien la question.
Pour un empereur vous n'êtes pas très dégourdi. Vous me trouvez comment ?


Elle devait l'avouer... elle fut surprise de la suite. Il soupira, et prit un air un peu... contrarié. Comme si la zieuter était ennuyeux. Le poil de Kuat se hérissa.

Pardonnez ma gaucherie, Dame Kuat de Kuat. Il se trouve que mes compétences sollicitées pour cet entretien tiennent plus de ma condition de chef d'Etat à celui d'homme. Si mes qualités de chef d'Etat ne sont guère pertinents dans un jugement porté sur les... privilèges naturels qui se portent à mes yeux, je peux néanmoins vous répondre en tant qu'homme que vous êtes une des plus belle femmes que j'ai jamais vue.


Il balaya l'air d'un geste ample. Dommage que la com soit coupée à la taille. Elle aurait aimé observer l'entrecuisse.

Pourrions-nous revenir aux affaires ?


Intriguant. Un compliment bateau, mais qui devait sonner comme sincère pour l'Empereur. Loin des prétendants béats et rendus gagas par les courbes généreuses d'une riche entrepreneuse. Il semblait même s'être remis du petit incident initial.

Bien, oui, mon secrétaire m'a donc dit que...
Me trouvez-vous bel homme ?


A son tour d'être interloquée. Il avait dit ça avec tellement de naturel et de détachement... on aurait dit un robot.

Euh... comment ça bel homme ?
Pour une femme d'affaire, vous n'être point très dégourdie. Vous me trouvez comment ?


Elle lui offrit un sourire en coin très bref. D'accord. On ne lui avait jamais faite.

Vous êtes plutôt pas mal de votre personne. J'aime bien votre barbichette.
L'Empire avait autrefois un lien fort avec Kuat. Et avec ses dirigeants. L'Empire aimerait retrouver cette alliance perdue.


Remarquable. Il avait complètement renversé l'échiquier.

Je vois. On m'a parlé de centaines de millions de commandes ?
Je suis l'instigateur d'une politique néo-militariste qui implique l'achat massif de modèles éprouvés dont vous êtes les entiers bénéficiaires des plans de construction.
Et la place de Kuat, au milieu de cette marée républicaine, empêche une livraison en deux jours ouvrés pour vous.
C'est un peu figuratif, mais nous nous sommes compris.
Du coup ? Vous proposez quoi ?
Une solution plus triviale. L'Empire vous aide à localiser des sites de production et de recherche en territoire impérial, en co-finançant des lieux d'assemblage, en vous faisant bénéficier de ses fournisseurs de matières premières, voire en vous cédant des usines d'Etat, et nous reprenons notre partenariat... directement sur le lieu d'acheminement.
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By Harlon Astellan
#32893
Trop peu novice, Valeria ne montra rien de ses émotions. Harlon avait du mal à la cerner. On la savait... provocatrice. Volontaire dans l'acte de domination, passant par l'acte sexuel au besoin. Mais on la savait aussi figurativement impénétrable qu'une diseuse de bonne aventure. Derrière le fard du masque de courtisane enrichie sur le dos de prétendants trop naïfs, bien tapis sous les légères taches de rousseur et la couronne de cheveux élaborée avec soin sommeillait le tempérament des veuves noires et des entrepreneuse aux talents multiples. Les CNK n'étaient pas devenus pauvres sous son égide. Presque au contraire.

Il la savait à peser le pour et le contre en prenant ses postures séductrices. Main sur la hanche jetée sur le côté, sourire en coin. Poudre aux yeux.

C'est... ambitieux.


Elle battit des cils trois fois.

J'imagine que c'est empli de générosité que votre bouche a proposé de signer l'invasion préventive de Kuat par les forces républicaines.


Harlon ne répondit rien.

Vous ne dites rien ?
Vous semblez vous être fait une sorte d'idée de cette proposition déjà. Je ne vois pas quoi y répondre.
Pfff. Et vous m'expliquez en quoi j'ai tort ?
Vous ne portez aucun tort.
Vous m'expliquez pourquoi vous voulez me faire tuer alors ? Parce que je suis une femme, c'est ça ?
Je n'ai pas plus dit que vous aviez raison.


Explication.

Vous, signant pour la construction massive en territoires du Nord serait, en effet, une tentative éclairée de suicide collectif, pour vous et vos équipes. Toutefois, je présume que vous et moi savons que rien de tout ceci ne serait officiel, bien entendu.
Expliquez-vous.
Je ne pense pas nécessaire de le faire.
Faites-le quand même, des fois que.


Harlon inspira bruyamment. Valeria comprit qu'elle avait irrité l'Empereur, et qu'il ne tentait pas de s'en cacher. Une lectrice de langage corporel savait comment interpréter les faux-semblants à partir d'un échantillon de vrai-semblant. Elle l'avait maintenant. Il serait difficile pour Harlon de dissimuler de trop ses ressentis maintenant.

Trop peu novice.

Par le biais de sociétés écrans, l'Empire attribuera des droits d'usage de ses installations. Ses sociétés écrans auront divers niveaux de possession dont les directeurs seront une holding du Secteur Corporatif et une du Secteur Tapani, en actionnariat conjoint anonyme. Ces deux holdings seront possédés à cent pour cents par les Chantiers Navals de Kuat. La Nouvelle République devra se heurter à une juridiction étrangère dans deux secteurs hors de contrôle, et pour l'un d'eux, hors d'accès physique pour vérifier tout ceci.

D'autant que la sortie de vaisseaux CNK ne garantie pas la patte CNK, qui pourrait s'être fait voler les plans par une compagnie tierce, voire par l'Empire lui-même. Si CNK déclare le vol des plans avant le début des opérations, la chose serait même envisagée avec sérieux par les autorités républicaines. Et impossible de traîner l'Empire en procès, rendant inutile toute intervention, même armée, puisque Kuat a un statut qui la place hors de la juridiction générale de la Nouvelle République.


Il était fatigué d'expliquer ses plans.

L'envisagiez-vous autrement ?


Valeria, à son tour, offrait un visage fermé à Harlon. Presque haineux en fait. Elle n'aurait pas fait mieux.

Si vous êtes aussi intelligent que vous voulez le faire croire, il fallait que je vérifie.
Ma réputation a été à la hauteur de vos attentes ?
Non.
Non ?


Fallait-il croire qu'il était vaniteux, parce qu'il se sentait vexé.

Pourquoi non ?
Parce que ça, c'était une réputation. Maintenant il y a l'autre.
L'autre ? Quelle autre ?
Vous aimeriez donc le savoir ?
Je serais curieux.
Et bien venez chez moi en parler.


Pas de réaction apparente.

Ce n'est pas drôle.
Ce n'était pas censé l'être. Empereur Astellan, votre proposition m'intéresse. Mais pour que je sois assurée de votre sérieux et du bien-fondé de votre amitié entre l'Empire et les Chantiers Navals de Kuat que je dirige, je me dois de voir votre engagement de visu. Et vous prouverez cet engagement en venant sur Kuat en vue de me convaincre de signer.


Elle était sérieuse. Son visage fermé et déterminé. Rien ne laissait supposer une moquerie ou une proposition déplacée. Non. Aussi Harlon faillit-il s'étrangler.

Mais... vous n'y pensez pas ! Imaginez-vous seulement les risques que je prendrais en me déplaçant en territoires ennemis ? Et si je suis capturé ? Ce que je risque ? Ce que tous risqueront dans l'Empire ?
C'est ma condition. Si cette amitié s'incline devant la nécessité d'un voyage un peu risqué, je pense que vous pouvez encore vous trouvez un autre ami.


C'était peut-être ce qu'il fallait faire. Laisser tomber les CNK. Aller voir ailleurs. Copier les plans kuati. Se moquer des conséquences d'un vol industriel...

Mais non. Quelque chose lui disait que les CNK devaient rester avec le coeur acquis à l'Empire. Quand viendrait le Temps Béni, les Chantiers seraient de précieux alliés. A ne pas contrarier.

C'est d'accord.
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By Harlon Astellan
#32900
Il avait du mal à se l'entendre dire.

C'est d'accord. Je viendrai.
Seul et sans escorte bien sûr.
Évidemment.


Valeria Kuat n'était pas du tout novice en politique. Elle avait su cerner les besoins de l'Empereur et exiger ce qui ne s'exigeait pas. Il restait le risque que Kuat ne soit qu'à moitié honnêté, voire pas honnête du tout. Elle pouvait signer et le vendre. Ou le vendre directement. Mais Harlon en doutait un peu. Valeria, aussi assassine et manipulatrice soit-elle avait quelques fondements d'honnêteté dans ce genre de cas. Elle non plus n'ignorait pas la portée de l'Empereur. Avec un peu de patience, la faire tuer serait inéluctable. Les armées de l'Empire auraient de quoi venger la capture de leur chef. Valeria Kuat perdrait à vendre l'Empereur, fatalement.

Mais le risque, aussi minime soit-il venant d'elle, restait présent.

Je vais faire préparer ma venue.
Dois-je guetter un signal précisant votre venue ?
Quand vous entendrez que votre maître d'arme est venu, ouvrez-moi la porte.


Elle acquiesça. Après quelques échanges banals, ils coupèrent la communication. Harlon comme Valeria avaient un doute sur quelque chose... Qui avait gagné la joute verbale ?



6 heures plus tard


Bien... et une ligne de... oh, je pense qu'un million de crédits seront assez.


L'agent rassura l'Empereur.

D'un point de vue personnel, Empereur, cet argent vous appartient en intégralité. Nous vous ouvrirons des fonds illimités pour le temps de votre voyage.


L'agent, un détaché des RI travaillant maintenant à La Voix, l'armée personnelle de l'Empereur, voyageait de table en table dans un local dédié aux agents partant en mission. Après une heure passée à expliquer à l'Empereur pourquoi il ne devait pas y aller / pourquoi il avait des agents pour ça / combien il en avait pour ça / en quoi il mettait sa vie en danger / par extension, celle de l'Empire / pourquoi il risquait de laisser la porte ouverte à un putsh pour le retour, il avait fini par sautiller comme un enfant en présentant le matériel propre aux agents. Une puce à crédits - du coup, à crédits illimités - une ligne de 5000 crédits républicains en liquide, son propre blaster, un comlink, du matériel de protection personnel, un générateur de bruit blanc, une caméra espion, un datapad enregistreur, et une capsule de poison à croquer. Il oublia vite cette dernière en se souvenant à qui il la proposait. Harlon, néanmoins, la glissa discrètement dans sa poche intérieur.

Et pour la tenue ?


Une batterie disponible. Harlon choisit la tenue du Chasseur de Prime des Sables. Bandelettes serrées sur une armure rapiécée, dans un pantalon en cuir usé. L'odeur de sueur légèrement présente avait été posée artificiellement mais donnait un effet saisissant.

Il faudra compter deux jours pour vous faire une identité crédible de chasseur de prime, et faire vos faux permis de chasse. Il faudrait aussi prévoir du maquillage, si vous êtes contrôlé.


Harlon soupira. Décidément, la vie d'agent n'avait rien d'une longue voie hyperspatiale tranquille.

Et en vaisseau personnel...
Il est amarré au quai 4.
Evidemment.


Soupir.

Pourquoi vous ennuyez, Sire ? Vous avez tout un tas d'espions à votre service, dont c'est le métier qui plus est.
Rassurez-vous. J'ai donné des ordres et placés des troupes stratégiquement. Il n'arrivera rien à mon trône ou moi-même.
Non, non... la ligne choisie est parfaite et vous serez couvert comme jamais... mais je parle de faire vous-même une mission qui peut être accomplie par d'autres...


Lui dire ? Qu'un petit bout de femme avait fait de lui son petit pantin temporaire, le temps d'une semaine inutile passée à prouver un point ou deux ? Que l'Empire aimait Kuat et que Valeria pouvait exiger des choses de l'Empereur ? Non. Mentir était meilleur.

Je pense qu'il est important qu'un chef soit en capacité d'accomplir ce qu'il demande à ses troupes. Il n'est de bon chef que celui qui est capable de faire ce qu'il demande qu'il soit fait.


Lueur de compréhension chez l'agent.

Oui... remarquez, Sire, c'est une très bonne idée pour apprivoiser toue la RI...
Ah bon ?
Oui... Un Empereur qui fait son espionnage lui-même...
Hey oui... j'ai su rester simple.




42 heures plus tard


La prothèse lui couvrait bien le visage. Il s'observait dans une glace et avait envie de hurler. Il avait un visage cicatrisé à vif d'une brûlure intense, comme si son visage avait était associé à une grenade à fragmentation pendant un instant privilégié. C'était bluffant. D'autant qu'elle se posait juste sur sa tête. Amovible et ultra crédible. Harlon se tourna vers l'artiste.

Bravo Docteur. Je serais presque convaincu que c'est le mien.


Le Docteur sourit et hocha la tête en signe de remerciement. Le Docteur n'était pas vraiment un médecin. C'était juste un surnom lié à sa précision chirurgicale. Le Docteur était thanatopracteur. Recruté dans une morgue privée, il avait eu le loisir de posséder une réputation confidentielle. Pas de celle qui le fait venir dans des journaux. Mais de celle qui le rendait exceptionnel dans le milieu mortuaire. Ses talents de maquilleur et "d'arrangeur" lui avait valut le recrutement discret des Renseignements pour des missions de maquillage. Plus discret qu'un spécialiste des effets spéciaux, pas moins talentueux mais en recherche de références. Et mettre "Travaux divers pour les Renseignements Impériaux" sur son CV, si ça avait un cachet certain, c'était aussi une façon de se plomber une carrière. En se faisant plomber tout court.

Je suppose que ça me sera utile. Merci encore. Continuez comme ça.


Le Docteur ne répondit rien. Il ne répondait jamais à rien depuis 20 ans. Époque où l'on lui avait coupé la langue.
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By Harlon Astellan
#32932
Harlon détestait piloter autre chose qu'un vaisseau militaire. Comme tout le monde, il avait passé son permis de landspeeder très jeune, mais conduire l'avait toujours ennuyé dans ce cadre, et il avait vite préféré les solutions des taxi et des chauffeurs personnels. Du temps où il était Grand Moff, il avait réussi à tirer quelques séances de vol en Bombardier, et ça lui avait plu. Là, piloter un vaisseau civil banalisé sans transport de fret, juste de quoi se relaxer un minimum, se tenir propre et manger, dans un couloir hyperspatial, c'était... barbant. Il soupçonnait le côté "tracé" de ces voyages. Rester sur la ligne, ne pas sortir des clous. Piloter un bombardier, c'était la garantie de voler où on veut, et poser des bombes dans le paysage. C'était jouissif.

Et là, en prime, lui, Empereur Galactique, il pilotait lui-même un vaisseau civil au lieu de se relaxer sur le pont d'un Destroyer Stellaire capable de raser des continents entiers. Il n'avait pas décidé d'occuper une place de choix galactique pour... ça. Des légions - littérales ! - à ses ordres. Et il était là, à porter du maquillage, à s'habiller comme un pouilleux, à voyager seul dans un véhicule à la hauteur de son personnage.

Un personnage qu'il apprenait par coeur à mesure que le voyage passait. S'il avait été mauvais joueur, il aurait eu de la lecture pour tout le voyage et se serait occupé à potasser son personnage. Mais là encore, ses qualités faisaient ses défauts : il avait toujours été un bon élève qui faisait bien ses devoirs et retenaient vite les leçons et ce qu'il lisait. Et bien vite, sa collection de livres embarqués ne suffit plus. Quand il passait près d'un relais Holonet, il téléchargeait vite fait les informations locales. Ca le tenait informé un minimum et le distrayait un minimum. La note de frais indiquerait des sommes astronomiques en dépenses magasinières, mais bon.

C'est en arrivant sur Commenor qu'il subit son premier contrôle. On l'arrêta avant son saut en hyperespace. Il avait immobilisé son vaisseau, transmis ses données, parlé un peu avec le contrôleur, avait baissé ses protections et laissé les scanners balayer son vaisseau. Son emport correspondait à son personnage : un DLT-19, une armure bricolée des Forces Spéciales Hapiennes, et un scan facial. Les slicers impériaux avaient fait un travail formidable. Le contrôle avait duré 10 minutes, et Harlon avait même échangé quelques cordiales banalités à son vis-à-vis.

Il avait ensuite sauté en hyperespace sans soucis. On faisait toujours un cas de ces gens-là, mais en présentant des politesses, on voyait vite que les gens d'en face étaient aussi normaux que soit. Il suffisait d'être poli.

En poussant un peu encore, on arrivait vite sur Kuat. Passée la petite frontière de la Confédération - et après un virage serré près d'Alderaan, la belle planète des Organa - on remontait directement de Commenor pour aller droit sur Kuat.

Sur place, la sécurité était de mise à l'entrée de la planète. On ne laissait pas passer les gens comme ça. Harlon fut mis en file entre deux croiseurs légers, sur un total de dix files qui s'alignaient à proximité d'une section de l'anneau planétaire. Harlon n'était jamais allé sur Kuat. L'anneau était aussi monstrueux qu'impressionnant. La construction d'un tel colosse de production relevait presque du prodige. C'était là toute la puissance exclusive de Kuat. Cet anneau comme bague de suprématie enfilée autour de la mariée forcée qu'était Kuat.

Coupez les armements et boucliers et entrez dans le hangar cerclé de vert. Nous allons procéder à une inspection plus en détail.


Harlon maugréa. Il avait mit le maquillage avant d'arriver sur site. Il avait peur que le subterfuge soit repéré tôt ou tard... et des conséquences. Heureusement, Kuat n'avait pas de lien direct avec les Forces de Sécurité Républicaines. Mais la dénonciation pourrait aller vite. Il se plia aux consignes et suivit le néon vert qui encadrait un hangar d'une nouvelle frégate, la classe Corona, un très bon vaisseau, digne des Nebulon-B dont elle était la petite fille légitime. Le hangar était spacieux, et visiblement deux autres véhicules à l'air suspects étaient en cours de vérification. Les agents de la Sécurité Kuati, enfoncés dans des uniformes bleu marine qui évoquaient vaguement les uniformes impériaux lui firent signe de se poser, de sortir et de se présenter à eux. Un homme sec dans la fleur de l'âge à la peau d'ébène commença par faire inspecter son vaisseau.

Bien, donc... Monsieur... Harx Sterdin.
Sterdine. Avec un e final.
Harx Sterdine... quelle est la raison de votre venue sur Kuat ?


Le scénario. Harlon avait prit une voix rauque et lasse pour aller avec son allure de chasseur désabusé et marqué - dans le coeur comme dans la chair - par le métier.

Une personne privée a requis mes services.


Hum hum fit-il, comme si on lui servait ce prétexte trente fois par jour.

Et qui et pourquoi exactement ?
Valeria Kuat. Pour un entraînement aux armes.


Il refit un Hum hum ironique tandis que les deux qui le cintraient riaient doucement. On ne le croyait visiblement pas.

Bien sûr, Valeria Kuat recherche un maître d'arme. Et le voilà armé d'un DLT-19 pour satisfaire à sa demande. Tss.
C'est la vérité, vous pouvez lui demander.
Mais oui, mais oui. Veuillez suivre ces agents je vous prie pour un interrogatoire.
C'est une erreur ! Contactez-la, elle confirmera.


Sourires et sifflements.

Allez, du balais le chasseur. On garde le vaisseau. Va t'expliquer avec les agents.
Mais...!


Embarqué par les bras, Harlon fut traîné manu militari jusqu'à une pièce impersonnelle où les deux agents l'entourèrent d'un oeil mauvais.

Alors alors... Valeria Kuat te veut quoi ?
Je vous l'ai dit. Elle cherche un maître d'arme.


La suite fut confuse. Un agent lui frappa la mâchoire avec violence. Un instant après, il était à terre, à se protéger de coups de pieds en chaîne.




Après une éternité et un oeil au beurre noir, on entra en trombe dans la salle.

p#&!n... Arrêtez ça ! Relâchez-le !
De quoi ?
Laissez-le partir. Tout est en règle.
Patron, je vois pas en quoi...
Kuat a confirmé sa version.


Harlon n'avait jamais vu des gens pâlir à ce point. Même de son oeil tuméfié, ça se voyait entre tout.

De... mais... que... ça veut dire que...
Valeria Kuat attendait vraiment un maître d'arme. Visiblement c'est lui. Il faut le relâcher tout de suite, elle a dit qu'elle l'attendait.


Harlon cracha un filet de sang en riant. Il partit d'un fou rire incontrôlé qui fit trembler les murs.

Ahahah... vous êtes tous morts...
Ta gueule...
Ahahah... Elle va vous pendre par les pieds...
Ta gueule !
Et... ahahahahahah, elle vous fera manger vos propres couilles ahahahahah...
TU FERMES TA GUEULES MAINTENANT !
AHAHAHAHAHAHAHAHAHAH !


L'agent commençait à paniquer sérieusement.

On pourrait... on peut le balancer au compacteur à ordures et faire croire qu'il est reparti...
Bon sang ! Je te dis de l'envoyer à Kuat ! Si il disparaît elle va nous le faire payer à tous tu comprends ?


Il s'approcha d'Harlon et le releva.

Ecoutez, monsieur Sterdin...
Sterdine... 'vec un e final...
Ecoutez, monsieur Sterdine... vous accepteriez de signer une petite décharge en échange d'une... compensation ?
Naaaaan...
Non ?
Ce genre de contrôle est abusif et intolérable... il doit payer...


Plus de panique encore pour l'autre.

Payer ? Payer quoi ? Et lui il vous a frappé aussi !
C'est toujours ton idée ça ! Les contrôles à l'ancienne, contrôle de mon cul, ouais !
Facile de payer... un duel au pistolet. Vous deux, l'un après l'autre.


Personne n'en revenait.

Quoi ?
Toi et moi... vingt mètres, arme de poing, mode létal... ici, sur le pont.


Il n'en revint pas.

Ahah ! C'est ridicule. Hors de question.
Pourtant, tu vas y passer.
Pardon ?
C'est l'invité de Kuat. Tu y seras bien obligé.





Et en effet, un quart d'heure après, Harlon s'était vu prêter un DH-17 par un agent de la sécurité, comme celui de l'autre auquel il était adossé.

A mon signal, vous ferez dix pas en avant et vous retournerez. A la fin de mon décompte, vous tirerez une seule fois. Messieurs... Allez-y.


10 pas. Question d'honneur. Harlon réclamait le sang de celui qui avait jeté l'offense. A dix pas, il se retourna vivement. Son oeil tuméfié l'handicapait sérieusement. Il devait viser avec son oeil non directeur, et l'exercice était difficile. Mais son pouls était régulier et son bras bien raide.

Un... deux... Trois.


Tir. Un seul. L'autre n'avait jamais été bon en tir apparemment. Harlon visait la tête. Il avait frappé en plein foie. Un mauvais tir. Mais néanmoins fatal après une hémorragie interne de courte durée. Le coup propulsa l'agent à un mètre, et son coup partit tout seul dans un plafond. Deux agents allèrent vers lui pour vérifier son état. Sans plus de considération, Harlon se porta vers le second agent.

Maintenant à vous. Vous m'avez frappé aussi.
Non ! Grâce, pitié ! Je n'ai fait que le suivre...


Ce fut ensuite pathétique. Il se mit à genoux et plaça les mains plaquées au-dessus de sa tête baissée, dans une attitude de complète soumission. Il supplia, implora la clémence de l'Empereur déguisé, invoqua ses enfants - fictifs certainement - et sa mère qui avait besoin de lui pour s'occuper d'elle, souffrante et sans ressource. Harlon finit par soupirer.

C'est bon, c'est bon. Tâchez en revanche de ne plus suivre l'exemple d'un homme inutilement violent.


Il en fit le serment. Puis partit en courant.

Vous êtes un bon tireur... malgré un oeil fermé vous avez su tirer avec adresse.
Kuat n'engage que les meilleurs.
Oui... et j'ignorais que les chasseurs de prime avaient un sens si aigu de l'honneur.
Certes sommes-nous peu... mais au moins sommes-nous suffisamment.
Oui oui... maintenant, puis-je faire encore quelque chose pour vous ?
Si vous pouviez me délivrer un visa plus long. Je compte rester un peu pour des soins.
Bien sûr. Vous avez un permis de séjour de un mois. Et nous avons fait le plein de votre véhicule.
C'est très aimable à vous.


Et, sans un mot supplémentaire, Harx Sterdine descendit en atmosphère, rencontrer Valeria Kuat, qui attendait son maître d'arme.
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