L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Ciaphas Cain
#33407
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PNJ : Darth Varadesh


Il fallait qu'elle appelle.

Cette pensée lui trottait dans la tête depuis quelque temps déjà, depuis qu'elle avait quitté Mirial en laissant derrière une erreur qu'elle regrettait et qu'elle ne regrettait pas en même temps. Incertaine de ses sentiments sur le sujet, elle s'était tournée vers une introspection, se murant dans le silence et ne pipant mot excepté pour répondre lorsque Ranath lui parlait. Si son Maître avait décelé ce changement de comportement chez elle, elle avait visiblement décidé de n'en rien dire. Peut-être dans un futur proche la prendrait-elle à partie pour mettre les choses au clair, la Mirialan restait une énigme malgré une année passée à ses côtés.

Il fallait qu'elle appelle.

Elle se souvenait de cette soirée sur Naboo 8 mois plus tôt ou elle avait accompagné Ranath pour fêter la nouvelle année aux côtés de la fine fleur de ce qu'il conviendrait d'appeler les pires criminels en col blanc de ce côté de la galaxie. Cela avait été une singulière expérience que de se trouver en présence d'autant de puissants individus de tous bords, toutes races et toutes origines. Pas particulièrement déplaisante excepté ce moment gênant ou elle avait vu de loin Cain qui était également présent. Elle doutait qu'il aurait apprécié de la savoir ici avec sa tenue extravagante qu'elle s'était choisie pour l'occasion.

Heureusement, elle n'avait pas eu besoin de déployer de gros efforts pour l'éviter. Elle avait bien vite rencontré quelques personnes suffisamment intéressantes pour éclipser les émotions troubles qu'elle ressentait envers le corellien qui l'avait libéré de la servitude. Elles étaient 3, La Prima Maya Tega, sa Haute-Ministre Aurore Snoll et la pupille de la Prima, Alayna. Le trio avait fait forte sensation, ça n'était pas tout les jours qu'on rencontrait un chef d'Etat composant presque un quart de la galaxie après tout. Pour sa part, elle avait reporté très vite son attention sur la jeune fille.

Alayna avait quasiment le même âge et plus intéressant encore, disposait également de la capacité à user de la Force. Elles avaient entamé un petit jeu de chat et de la souris, innocent et insouciant, parmi les jardins de la propriété ou se déroulait la fête, chacune semblant intriguée par l'autre. Leurs différences étaient profondes bien qu'aucune ne le soupçonnât alors. Elle était l'héritière de l'Ordre Sith tandis que la jeune chandrillienne était celle de sa toute jeune nation et d'une tradition bien différente des Sith, plus proche des idéaux Jedi que des siens.

Mais aucune ne savait la vérité sur l'autre, ou bien si elles avaient senti cette différence, aucune ne s'en était soucié. Le temps d'une soirée, elles avaient pu laisser de côté leurs responsabilités écrasantes, les rêves, les espoirs et les exigences que d'autres avaient pour elles. Tout oublier et simplement être 2 jeunes filles à peine adultes, profitant d'une fête pour simplement vivre. Cela n'avait bien sûr pas duré, car rien ne durait éternellement et tout avait une fin. Mais il s'était produit quelque chose, une connexion non voulue mais que Varadesh pour sa part ne regrettait pas.

Elle avait ressenti de la passion et du désir, d'une façon qu'elle n'avait encore jamais ressenti auparavant. Elle se refusait à appeler cela de l'amour car l'amour était une erreur, il rendait faible et enchaînait le Sith à autrui. Mais il y avait quelque chose et elle était intriguée de ne pas savoir quel mot y mettre. En guise de cadeau d'adieu, Alayna lui avait remis un communicateur qu'elles seules pourraient utiliser. Si l'une avait besoin de parler, l'autre répondrait, disait-elle.

Il fallait vraiment qu'elle appelle.

Alayna n'était probablement pas une amie, pas même une alliée potentielle pour l'Ordre. Si Ranath avait vent de cette histoire, bien qu'il fut probable qu'elle soupçonnait déjà que quelque chose se soit passé, il y avait de fortes chances pour qu'elle en soit furieuse. Mais peu lui importait, cela ne regardait qu'elle de savoir qui elle fréquentait, pas la Mirialan. Elle n'avait jusque-là jamais osé appeler, de crainte que ce ne soit un mensonge ou une farce puérile peut-être, ou par peur qu'elle réponde tout simplement. Que lui aurait-elle dit ? Elles ne se connaissaient pas, ne savaient rien l'une de l'autre en dehors des apparences.

Le doute la rongeait tout comme l'envie de sauter le pas. C'était un combat qu'elle savait perdu d'avance, la prudence ne parvenant pas à retenir la curiosité et l'envie terrible de savoir. Il fallait qu'elle sache, peu importait le résultat. Qu'elle essaie et au diable les conséquences ! Respirant un grand coup, la Pantoran entreprit tout d'abord de fermer le sas de la chambre de son vaisseau. C'était inutile, Ranath n'était pas à bord et son astropilote n'allait pas s'intéresser à ce qu'elle faisait, mais elle se sentit mieux rien qu'en faisant cela.

L'excitation de faire ce qu'elle percevait comme une interdiction lui fit oublier la peur et l'incertitude. Cela valait la peine rien que pour ça. Elle tenait dans sa main tremblant légèrement le communicateur et l'alluma. Puis elle attendit que la connexion se fasse avec l'autre côté, loin de là, sur Chandrila, ou Mrisst, ou quel que soit le lieu ou elle se trouvait.

Alayna, tu es là ? C'est moi, Sabina. Tu te souviens de moi ?
#33409
J'ai oublié de me rappeler d'oublier
L'oeil du Cyclone



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My piano night - Federico Albanese


Le vide. Voilà ce qui se laisser admirer par la baie du vaisseau de l’héritière. Un noir profond, perturbée ponctuellement par rares étoiles. Ni dégrader de lueur coloré propre au nébuleuse, ni scintillement furtif de champs de glace. Non. Rien que cette obscurité, pure et hypnotique.

Alayna avait stoppé toute préparation du vaisseau pour tourner son regard vers l’extérieur. Ce calme plat drapé de noir la subjuguée. Il était pour elle plus précieux qu’un phare brillant de mille feux dans une nuit de tempête. Le mélange de peur, de colère et d’excitation qui l’habitait depuis le début des événement était calmée par l’immensité se dressant devant ses yeux. Oui, dans ce calme, elle trouvait son salut.

Car elle le savait. Au-delà de l’obscurité se trouvait les réponses qu’elle attendait. Des réponses qui n’amèneraient certainement pas qu’un soulagement. Dans toutes ses révélations se trouveraient certainement de nouveaux doutes. Des doutes qui s’ajouteraient à ceux qui l’habitaient déjà. Qu’allait elle découvrir ? Y arriverait-elle ? Pouvait elle lutter contre ce géant qui semblait s’amuser avec ses nerfs ? Elle n’avait aucune réponse. Pas un début de solution à toute ses énigmes. Et ses révélations qui l’attendaient été à la fois un remède et une malédiction.

Plus elle avançait, plus elle doutait. De sa réussite, des vérités découvertes. De la loyauté des membres les plus hauts placés de la Confédération. Il fallait qu’elle réussisse. Mais cela était-il au moins possible ? Elle, la petit ingénue contre un complot mortel. Ses croyances en la victoire s’amenuisait. Son adversaire avait toujours eu un coup d’avance sur elle. Elle avait toujours était là où il l’avait souhaité. Chacune de ses décisions, même les plus impulsives, avaient été savamment anticipé. Une seule fois, au commencement, elle avait eu l’avantage de la surprise : sa relation avec Cryus avait été la faille du complot. Cette étincelle d’amour avait provoqué un incroyable brasier, dans lequel semblait périr petit à petit le rêve de la Confédération. Chaque pas qu’elle faisait l’amené un peu plus près des flammes. Chaque pas amenait avec lui un danger un peu pls grand. Et à chaque fois, le peu d’avantage qu’elle prenait partait en fumée. Sur Chandrila. Sur Nar Shaddaa. Peut être ici même, dans le vide de l’espace. Chaque fois, elle déplaçait ses pions en retard. Et la défaite ne ressemblait plus qu’à une inévitable délivrance.

Voila pourquoi elle aimait tant regarder ce vide. Il la calmait. Il cachait toute la terreur qui l’habitée. Seule face à son destin, chaque seconde était une douloureuse expérimentation de l’incertitude. Elle regrettait d’avoir demandé à sa sœur de la quittait, mais son plan le nécessité. Loin de tous, abandonnée dans une carcasse métallique bien trop froide, elle se laissait aller à de sombre pensée. Sa peur. Ses regrets. Sa colère. Et sa vengeance.

L’idée de trancher la gorge du traite de la Confédération provoquait chez elle une incroyable sensation de soulagement. Un plaisir contre-nature. Interdit. Divin. Elle tuerait, oui. Le responsable paierait pour tout ce qu’elle avait endurée.

Alors qu’elle allait se relever afin de préparer l’arrivée sur Mantessa, un léger bruit attira son attention. Un son si aigu que seuls les plus jeunes étaient capable de l’identifier. La jeune fille tourna rapidement la tête vers une veste se trouvant au fond du poste de pilotage. Elle avait oubliée. Ce lien avait l’extérieur. Elle l’avait oublié.

L’appareil était resté tant de temps silencieux, qu’elle avait perdue espoir d’entendre un jour ce son si particulier. Peu à peu, elle n’avait même plus fait attention à sa présence. Il était devenu invisible a ses yeux. Et elle l’avait oublié. Ce communicateur.

La jeune fille se leva et accourue vers le vêtement, manqua de tomber en se redressant. Elle fouilla la poche intérieur de la veste pour saisir l’objet. Oui, elle ne rêvait pas. Il était là. Le lien oublié. Il vibrait faiblement alors que l’écran affichait un nombre : 1. Non pas le premier contact, ni même le plus utilisé. Celui de la fille du nouvel an. Le premier jour de l’année.

Elle appuya sur le bouton de communication et sentit son être basculait. Les peurs, les doutes, les questions. Tout semblait s’être évanouit ou presque. Car de l’autre côté, à des milliers d’années lumières, elle entendait une voix qu’elle n’espérait plus entendre. La voix qui avait su par le passer l’aider à gommer les ténèbres qui l’entouraient de plus en plus. Et le souvenir de ses mains et de ses lèvres, qui avaient su effacer la terreur. On ne parlait pas d’amour. Pas de relation. Juste d’une joie nostalgique à l’évocation d’un doux remède. Un intermède de douceur dans une tempête trop violente pour la Chandrillienne.


« Sabina… »


La voix d’Alayna avait été faible. Non, elle n’avait pas oubliée la jeune fille. Comment l’aurait-elle pu. Son murmure n’était pas une hésitation, mais une délivrance. Prononcé faiblement et doucement, comme pour ne pas se laisser voler l’instant. Et laisser chaque syllabe sonnait comme une prière païenne.

« Je suis là. Une pareille soirée de nouvelle année ne s’oublie pas facillement. »


La surprise était telle que la jeune fille ne pouvait s’empêcher de sourire bêtement. Elle ressentait un plaisir presque libérateur. Une voix qui n’avait rien à voir dans toute cette affaire. Une discussion pour masquer ses peurs avant l’ultime saut dans les ténèbres.

« Je suis heureuse de t’entendre. Ça me fait plaisir. »


Soudainement, elle avait envie de poser une question idiote et inutile.

« Dis-moi, chez toi, il fait jours ? Il fait nuit peut être ? Qu’est-ce que tu vois par ta fenêtre ? »


Mais au final, derrière toute ses questions futiles s’en cacher une autre, trop mystique pour être sérieuse. Comment as-tu su que j’avais besoin d’entendre ta voix ?
#33413
Non en effet, on n'oubliait pas une soirée passée auprès d'un des partis les plus convoités de la galaxie, qui avait en plus le bon goût d'en avoir un, d'être assurément très belle et en prime d'être capable de ressentir la Force. Mine de rien, ce genre de chose rapprochait et ça jouait pas mal, consciemment ou non. Un moment de tendresse et de folie volé à ceux qui attendaient tant d'elles, ce qui ne faisait qu'ajouter une saveur délicieuse à tout cela. Non, définitivement, on ne pouvait pas oublier une telle soirée, même si on l'aurait voulu.

Son seul regret était qu'elle ne pouvait la voir de ses propres yeux. Il ne s'agissait que d'un communicateur et seule leur voix pouvait servir d'échange mutuel. Elle aurait tant voulu poser son regard doré sur son visage, contempler la manière dont il changeait lorsqu'elle souriait ou plissait les yeux. Elle avait remarqué une petite manie qu'avait la jeune femme à se gratter les cheveux lorsqu'elle était gênée ou amusée. Cela la fit sourire et elle dut se retenir de ricaner. Mieux valait ne pas lui laisser croire qu'elle se moquait d'elle et elle n'avait pas envie de lui expliquer pourquoi elle aurait ri.

Il fallait savoir garder un peu de mystère, cela ne pouvait qu'attiser l'intérêt que l'on suscitait. Et l'intérêt d'Alayna lui était étonnement précieux. Avec le temps, peut-être ses sentiments évolueraient-ils vers une direction plus calculatrice que sentimentaux, mais pour l'heure on en était encore loin.

Je suis également heureuse d'entendre le son de ta voix, ça faisait trop longtemps. Bien sûr, il manque certaines petites choses pour compléter le tableau. Un jardin, des feux d'artifice, peut-être un peu de vin et quelques coussins par terre et pourquoi pas aussi d'être face à face, accessoirement.

La question suivante surprit la Pantoran. Pas parce qu'elle était simple et un peu bateau mais parce qu'elle dénotait un intérêt, même faible, pour ses occupations et ou elle se trouvait. Il y avait une sollicitude qui la touchait, contenue dans cette question. Elle décida de jouer le jeu. Elle regarda par le hublot de sa chambre et garda le silence, peut-être un peu trop longtemps, elle ne savait pas.

Je suis dans mon vaisseau, dans ma petite chambre. Je regarde et je vois les étoiles dans l'espace. Je vois ces minuscule lumières au loin qui représentent l'explosion d'un corps astral. Je ferme les yeux, je les rouvre, j'en vois une nouvelle. Encore et encore, sans fin. Tu ne trouves pas ça curieux comme phénomène ? Chaque seconde qui passe, nous voyons mourir quelque chose qui a en réalité pris fin il y a des centaines, des milliers d'années. C'est... Exaltant. Inquiétant. Incroyable.

En réalité, elle aussi avait besoin de parler à quelqu'un. De sentir qu'elle pouvait relâcher la pression et baisser la garde. Ranath, pour tout ce qu'elle avait de maître efficace et dévouée, ne faisait preuve d'aucune empathie et d'aucun intérêt pour ce que la jeune fille ressentait. Elle ne la voyait peut-être même que comme un simple réceptacle dans lequel déverser son savoir et son héritage. Ce rôle qui était le sien, Varadesh l'avait accepté pleinement. Mais elle restait une personne et elle avait besoin, parfois, d'oublier tout et de simplement redevenir une femme comme les autres.

Et depuis qu'elle avait dû laisser Ophillia derrière elle, elle se sentait coupable, seule. Elle aurait voulu s'en confier auprès d'Alayna, mais elle ne le ferait pas. Il existait une limite à la confiance qu'elle pouvait placer en elle, elles se connaissaient encore pas suffisamment. Cela viendrait, peut-être, plus tard, lorsque l'une ouvrirait ses pensées à l'autre.

Je suis désolée de n'avoir pas appelé plus tôt, j'ai eu quelques empêchements et chaque fois que je me promettais de le faire, quelque chose m'en empêchait. Jusqu'à aujourd'hui ou j'ai décidé que rien ne saurait m'empêcher d'entendre ta voix. Tu sais Alayna, les gens pensent qu'être sensible à la Force est un don merveilleux et que nous sommes chanceux. Je ne suis pas sûre que ce soit vrai. Nous pouvons faire des choses incroyables et pourtant, nous sommes incapables d'améliorer les choses. Je...

Excuse-moi, je suis en train de partir dans mes délires, je ne t'écoute pas et je ne te laisse même pas parler ! J'ai si peu l'habitude de parler avec quelqu'un dont je suis proche que je deviens une vraie pipelette... Qu'est-ce que tu deviens depuis le temps ? Tout se passe bien chez toi ? J'ai cru voir passer aux infos une fois une histoire de scandale politique, j'espère que ça n'a pas été trop grave ni que ça ne t'a pas touché... Tu fait quoi de beau ? Je suis passée à Chandrila 2 mois avant notre rencontre, c'est vraiment un endroit magnifique, quel dommage que je ne te connaissais pas alors.


Voilà qu'elle recommençait la pauvre. Elle soupira, il fallait vraiment qu'elle apprenne à se contrôler.

Dis-moi tout Alayna. Vraiment tout. Je veux t'entendre parler pour les heures à venir. Nous avons le temps. Nous trouverons le temps.
#33419
Un jardin, des feux d’artifice, du vin et peut être des coussins. Oui, voilà ce qui manquait à se comlink froid et désespérément aveugle. Mais ce n’était pas tout. Il manquait la Pantoran. Son sourire, ses gestes bienveillants. La douceur de sa peau. Il manquait tant à l’instant.

Mais il fallait savoir se satisfaire de ce que l’univers avait à offrir. Et la voix de l’apprentie était suffisante pour qu’Alayna s’en abreuve durant des heures. Dans cette sombre période, un simple échange devenait un remède inespéré. Suffisant pour oublier l’espace d’un instant les dangers qui l’attendaient d’ici à la fin du jour.

Elle n’avait pas envie d’interrompre sa correspondante. Elle parlait trop ? Ce n’était jamais assez. Dans les moments où l’obscurité semble prête à vous engloutir, il n’y a jamais trop de lumière. Oui. Au milieu des ténèbres, la jeune Sith rayonnait d’une lueur salvatrice. Et chacune de ses paroles étaient une croisade contre les ombres impies.


« Le pouvoir est à la fois le salut et la damnation. »

La phrase lui revenait comme un boomrang lançait il y a des années bien loin d’ici. Qui aurait pu dira qu’une Princesse Rebelle et une Apprentie Sith partageait une réflexion commune. Car bien avant d’entendre la Pantoran partir dans ce qu’elle qualifiait elle-même de délire, Alayna avait entendu des mots d’une étrange proximité de la part de sa mère. Peu importait la forme du pouvoir. Il était une malédiction pour ceux qui le portait.

Qu’était-elle devenue depuis cette soirée sur Naboo ? Une jeune fille en quête d’une sanglante vengeance ? Devait-elle conter qu’elle avait été trompé par celui qui c’était imposé comme une illumination ? Qu’elle avait couru l’espace Hutt pour le trouver et le faire parler. Qu’elle avait tué. Torturé. Qu’il avait réintégré sa vie avant de disparaître de nouveau. Et que peu à peu, elle sentait le piège se refermait sur elle. Ca et sa peur. La terreur qui l’envahissait. La colère meurtrière qui avait suivi l’amour passionné ?

Non. Elle ne pouvait pas dépeindre ce qu’elle était devenue. Pas maintenant, pas tout de suite.


« Je ne deviens pas grand-chose de plus que lors de nos dernières discutions….Toujours une jeune politicienne qui essaient de faire son petit chemin dans le monde des grands. »


Oui. Rien de plus. Ce n’était rien de plus qu’un mensonge par omission.

« Tu as entendu parler du Fakegate alors… »


Aïe. Certes, elle avait cru comprendre que Sabina n’était pas du genre à suivre la presse People ou les ragots politiques. Tant mieux. Car on y avait exposé le rôle central de la jeune fille. Une exposition embellie qui la faisait presque passée pour l’héroïne de l’histoire.

« Ça m’a un peu touché. En bien et en mal. Un bien parcequ’on m’a applaudie dans la moitié de la presse confédérée et que d’après les spécialistes de ce genre de chose, si si, je te jure, il y a des spécialiste pour ça, je serais devenu très populaire. Une première de classe, jolie, sage et à l’avenir radieux. Une icône des jeunes. Genre Rockstar. »


Alayna ne put retenir un léger rire en réponse à sa propre bêtise. Le pire ? Elle ne mentait pas.

« Le mauvais côté c’est que le scandale à éclater quand un ami proche à décider de me trahir. J’ai peut être gagné en popularité…mais j’ai perdu une amitié qui m’étais chère. »


La non plus, elle ne mentait pas. Bon, juste un peu.

« Mais je suppose que ça fait partie de la fonction. Les amis sont rares. »


Toi ?

« Du coup je cours après les méchants comploteurs derrière tout ça. Tu vois, même quand on est une fille de Princesse, on doit tout faire soit même. »


Nouveau petit rire. A peine audible mais présent. Une manière de dédramatiser ce qui était hautement anxiogène pour la jeune fille.

« Tu es venu sur Chandrila ? Vraiment ?! Quel dommage que l’on ne se soit pas rencontrée plus tôt. Je t’aurais fait visiter la planète. Il y a des endroits magnifiques et calmes. Et puis, j’aurais pu te montrer le Palais. J’aurais aimé te le faire visiter. »


La jeune fille marqua une pause. Le genre de coupure provoqué par une épiphanie.

« J’aimerai te le faire visiter un jour. Il faudrait que tu y viennes. Tu crois qu’un jour on pourra se revoir ? J’adore entendre ta voix, mais je crois que j’aimerai encore plus revoir ton sourire. »


Personne n’était là pour voir les joues de la jeune Chandrillienne devenir rouge écarlate. Il n’y avait rien que l’on aurait pu appeler amour. Cryus l’avait certainement immunisé contre les niaiseries romantiques. Mais il y avait une amitié. Et à cet instant, un besoin bien particulier. Celui de rompre la solitude. De trouver de nouveau un pilier pour s’appuyer au bord du précipice.

« Tu sais, moi aussi je suis sur mon vaisseau. Il n’y a personne, je n’entends que ta voix. Et à chaque fois que j’ouvre les yeux, je vois moi aussi ses étoiles, si lointaine, si anciennes. Le spectacle m’hypnotise à chaque instant. C’est merveilleux. Incroyable oui. Mais tu sais ce qui l’ai encore plus ? A chacun de tes mots, je me dis que nous regardons peut être les mêmes naissances et les mêmes morts stellaire. Depuis un bout et l’autre de l’univers. Et qu’à travers chaque lueurs dans le ciel, c’est comme si tu étais là. Comme si tu la regardais avec moi. »


Comme si la Sith était là, à faire rire Alayna, sans les milliers de Parsec entre elles. Il y avait quelques choses d’étrangement paradoxale. A la fois très vrai et hautement idiot. A peine avait-elle finis qu’elle fut pris d’une certaine honte. Elle était idiote.

« Désolé…tu vois, moi aussi je parle trop, et parfois étrangement. Disons un point partout. »


Un point partout pour les discours trop long.

« J’ai tout mon temps. Dis-moi, que fais-tu ? Que deviens-tu ? Tu as prévu de passer par les Colonies prochainement ? Racontes moi tout ce que j’ai pu louper ses derniers moi. »
#33429
Varadesh n'avait jamais trop apprécié la politique. Elle n'en connaissait pour ainsi dire rien et ne s'y intéressait pas le moins du monde, laissant ce genre de casse-têtes gonflant à la Mirialan. Le sujet viendrait sur la table bien assez tôt alors autant se ménager du temps à penser à d'autres choses autrement plus importantes et intéressantes. Comme par exemple à la belle au bout du fil qui lui contait ses aventures loufoques parmi les arcanes du pouvoir.

Une rockstar tu dit ? J'ose espérer que tes fans restent à distance respectueuse, je serais attristée de savoir que l'un d'eux te ferait tourner la tête. En même temps je comprend ton peuple, a-t-on jamais vu quelqu'un d'aussi envoûtante comme future dirigeante ? Je ne crois pas.

Ce fut avec un certain étonnement qu'elle apprit cette histoire de trahison. Eh quoi, quelqu'un était donc capable de trahir une demoiselle pareille ? Il y avait vraiment des gens je vous jure.

J'aurais pensé qu'il était facile d'avoir des amis à ta place. Moi si je pouvais passer des journées entières avec toi, que ce soit pour le travail ou non, je ne me contenterais pas d'un simple bonjour et puis silence complet.

C'était vrai seulement maintenant. Il y aurait eu une époque ou la simple idée de s'avancer pour parler à une inconnue l'aurait faite trembler de peur, alors entamer une conversation allant plus loin que la pluie et le beau temps, même pas la peine d'y penser. Mais c'était avant Commenor, avant qu'elle ne se découvre particulièrement friande de rencontres hasardeuses voire franchement crapuleuses. Flirter avec l'inconnu avait quelque chose d'excitant pour elle. Elle appliquait les préceptes de son mentor, vivant selon ses désirs et ne les refrénant pas.

Moi qui croyais qu'être une princesse signifiait se la couler douce dans un bon lit et manger de succulents repas tout en faisant ce qu'on veut... Tu viens de casser le mythe, je ne te félicite pas.

Vile friponne que tu es.

Il avait l'air beau ton palais oui. Je suis sûre que les jardins sont superbes, tu pourras peut-être me faire visiter la prochaine fois qu'on se verra ? Avec un guide comme toi, aucun risque que je me perde comme la dernière fois ! Et bien sûr qu'on va se revoir, tu crois que je pourrais oublier quelqu'un comme toi et continuer mon chemin ? Il y a peut-être des milliards de belles filles dans cette galaxie, mais il n'y a qu'une seule Alayna !

Princesse, future Prima, Grise, peut-être même future déesse vivante de tout ce qui est saint, tout ça lui importait peu. Ce qui la liait à la noble allait bien plus loin que le simple intérêt né de sa position sociale. La Pantoran observait les étoiles par son hublot et s'imaginait Alayna faire de même, avec ses grands yeux brillants collés à la vitre, une main posée dessus, les doigts écartés comme pour mieux englober l'immensité du vide extérieur.

Elle se la représentait en train de sourire, ses lèvres se mouvant lentement pour former comme une parenthèse. Elle pouvait presque s'imaginer le parfum qu'elle portait, aux senteurs à la fois douces et hypnotisantes, comme une invitation ou se mêlaient l'interdit et le délice. Combien elle aurait souhaité ardemment se tenir là, juste derrière elle, pour passer ses bras autour de sa taille et approcher sa bouche de son oreille, ses cheveux blancs lui seraient tombés en cascade sur le visage...

Elle se reprit. Ce n'était malheureusement pas possible, pas pour le moment. Il y avait un temps pour tout et si la Force le voulait bien, elles seraient bientôt réunies. Et alors, elles pourraient rattraper le temps perdu comme il leur conviendrait.

Eh bien actuellement je te parle et rien que ça c'est déjà beaucoup pour moi. Sinon en dehors de ça... Je voyage beaucoup, je vis de petits boulots à droite à gauche et j'aide ma... Mon amie, tu l'as vue au gala, la Mirialan qui parlait avec ta mère. Elle est très occupée du coup elle a souvent besoin de moi pour l'aider sur diverses choses. En ce moment nous sommes du côté de Yavin 4, tu as dû entendre parler de ce monde, il est un petit peu connu depuis quelques années.

On fait quoi là-bas ? Des fouilles archéologiques essentiellement, mon amie adore ça, creuser la terre pour y trouver des réponses sur le passé, des artefacts, ce genre de choses. Non elle ne travaille pas pour une institution quelconque, elle est à son compte, elle est trop fière pour être chapeautée par qui que ce soit. Moi je t'avoue que je trouve ça un peu saoulant des fois, c'est un peu salissant - bon j'ai connu pire après - et souvent on ne trouve rien du tout. Mais il faut persévérer, pas le choix hein ?

On n'a pas trop prévu de revenir dans les Colonies dans un avenir proche mais ça peut se négocier. Des fois on prend des vacances et on se laisse du temps pour souffler. Laisse-moi un peu de temps, je vais la travailler au corps elle va plus me supporter et du coup elle va céder pour plus m'entendre. Moi tu sais, quand je veux je peux être une vraie peste, au point qu'on me dit oui pour avoir la paix. Euh...


Elle s'était peut-être un peu trop emballée là non ? Temps mort, on fait une pause, les esprits commencent à s'échauffer, c'est pas bon du tout.

Tu sais, des fois je repense à mon ancienne vie chez moi. Ça me manque, il y avait un vieux Pantoran près de chez moi, au marché, il me donnait souvent des chocolats chauds gratuitement. Bon comme j'étais un peu bête j'en renversais souvent partout, ça faisait crier ma mère qui détestait devoir laver les tâches tenaces. Et à chaque fois elle m'interdisait d'y retourner pour éviter que ça recommence mais moi j'y allais quand même et...

Mince alors, elle recommençait. Roh là là, ça va pas.

Tu as déjà songé à ce qu'aurait pu être ta vie si tu n'étais pas née pour être une princesse ? D'ailleurs comment on t'appelle quand on s'adresse à toi ? Madame ? Milady ? Votre Altesse ? Altesse Alayna ça sonne bien. M'accorderiez-vous cette danse Altesse Alayna ? Oh oh, j'aime beaucoup !
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By Maya Tega
#33669
Alayna ne put retenir un sourire puéril. En réalité, elle n’essaya même pas de le cacher. Aucune resistance face à cette émotion. Pourquoi aurait-elle du tenté de forcer son visage à la neutralité ? Elle était ici, seule. La voix qui lui provenait depuis le comlink n’avait aucun moyen de voir ses joues se parer de rouge. Et même si cela avait été le cas, pourquoi l’aurait elle fait ? En cet instant, elle n’avait pas envie de cacher sa joie à Sabina. Cette lueur que la Pantoran avait ravivé était trop précieuse pour être gardé secrète.

Envoutante ? La Chandrillienne ne s’était jamais considéré de la sorte. Ni même vraiment comme la future dirigeante de quoi que ce soit. Mais sans allez jusqu’à ses traits d’humour, la réalité s’imposer peu à peu à Alayna. On l’avait placé en plein lumière. Resplendissante étoile montante. L’orpheline qui avait très tôt rejoint l’Alliance Rebelle. Fille de la Princesse de Chandrila, la femme ayant osé tenir tête à l’homme le plus craint de l’Empire. On la voyait tant par ses actes que par la résurgence de l’histoire de la Prima. Elle était à la fois elle, et une part de sa mère. Et peu à peu, elle prenait conscience de sa place. Si cette histoire se finissait bien, peut être accederait-elle à la fonction suprême. Peut-être serait-elle se modèle pour la jeunesse que les média tentait de lui coller.


« Envoutante…Je ne sais pas. Mais ne t’inquiète pas, tout le monde n’a pas l’occasion d’avoir un canal secret avec moi. »


Sans vraiment sans rendre compte, elle avait joint un clin d’œil bien plus qu’inutile à la parole. Mais le ton était assez taquin pour que l’émotion transparaisse dans les mots.

Des amis ? Facile ? Non, c’était tout l’inverse. Les vrais amis étaient rares en réalité. La politique était un panier de crabe. Il y avait les politiciens de second rang, toujours prêt à tout pour bouffer celui du dessus. Les rivaux, ceux qui auraient tout donné pour reléguer leur alter-égo adverse dans les bas-fonds galactique. Et puis, restait les profiteurs. Ses gens qui n’étaient là que pour leur profit personnel. Alayna en avait au moins conscience. Les amis étaient rares. Et précieux. Elle-même était en réalité devenue un savant mélange des trois crustacés se disputant le panier. Une savante éducation menait par Maya pour l’amenait à s’imposer doucement mais surement. La différence entre elle et les autres était simple : L’intérêt du peuple. Manipuler ? Oui, pour le bien du peuple. Trahir ? Peut-être, pour sa nation. Mentir ? Possiblement. Souvent.

Se la couler douce…Ce n’était pas pour elle. Elle ne voyait guère souvent son lit sur Chandrila. Les repas étaient certes succulents, mais toujours troubler par les intérêts des affaires les accompagnants. Et aujourd’hui, le trouble était bien plus grand. Mais Sabina était la pour le masquer.


« Oh, les repas sont quand même succulents. Et je ne me plains pas du jaccuzi. Je suis sure que tu ne t’en plaindras pas non plus. »


Une seule Alayna. Oui, c’était déjà bien assez pour l’intégrité de la Galaxie.

« Je te dirais quand venir sur Chandrila. N’oublie pas de prendre de quoi te baigner. »


Rien ne valait un jacuzzi pour se détendre. Du moins, lorsque l’on en avait le temps. Les joues d’Alayna rougirent de nouveau. Sa remarque était sincère, et elle s’imaginait très bien une baignade avec la Pantoran. C’était peut-être ça le problème.

Elle secoua la tête pour se concentrait de nouveau sur la voix de la Sith. Elle voyageait beaucoup. Yavin 4 ? Oui, elle en avait entendu parler. Obligatoire lorsque l’on avait passé son enfance à bord de la flotte rebelle, à accompagner la miss propagande de la révolte galactique.

Par contre, elle ignorait qu’il y avait des sites archéologiques intéressants. Voilà qui piquait sa curiosité. Elle devrait certainement ajoutait la planète à sa si longue liste des endroits à visiter en dehors de sa charge politique. Dans sa liste venait aussi se greffer une idée interessante. Discuter avec une archéologue, peu importer son penchant obscur, et partager leur connaissance sur l’histoire des différents peuples. Un jour peut-être.

Des vacances sur Chandrila ? Cela ne pouvait qu’être tentant. De son coté, elle pouvait certainement se débrouiller pour être libre quelques jours. Après tout, elle pouvait s’imposer quelques congés bien mérités. Une fois le complot derrière elle. Quelques instants de repos bien mérités.

La Sith était donc une vraie peste. De ses propres dires, Alayna n’avait pas encore pu en juger. Et ne s’en était pas douter jusqu’ici. Soit. Elle n’attendait que de la voir tenter de la faire craquer. Il en fallait beaucoup pour faire plier une politicienne. Et souvent, cela s’accompagner d’un violent retour de bâton. Mais avec Sabina, les répercussions seraient certainement plus douces que douloureuses. Et tandis que la Pantoran parler de chocolat chaud, les joues de la Chandrillienne prirent à nouveau une teinte pourpre. Il fallait se concentrait sur les taches de cacao.

Madame ? Milady ? Altesse ? Alayna ne put retenir un léger soupir accompagnant un rictus à peine audible. Sabina aimé ? Elle, elle détester. Personne ou presque ne la tutoyer. On ne l’appelait jamais par son prénom. Heureusement, il n’y avait toutefois pas d’Altesse. Ce prédicat était réservé à la Princesse de Chandrila. Et elle ne l’était pas. En réalité, pour Chandrila, elle n’était rien. La fille aînée de la Princesse. Mais le titre en lui-même ne s’héritait pas. Les convenances traditionnelles lui accordaient un « Sa Grace », en tant que fille aînée. Mais rien d’officiel. Quant à son rang de conseillère, il lui donnée droit à un « Madame la Conseillère ». Souvent réduit à « Mademoiselle la Conseillère » en raison de son jeune âge. Le tout donnait donc « Mademoiselle la Conseillère, Sa grâce Alayna Tega ». Un titre deux fois trop pompeux pour elle.


« Oh, je vais te décevoir, mais je ne suis pas une Altesse. Seule ma mère a le droit à ce titre. Moi, au mieux, je suis Mademoiselle la Conseillère. Ou bien sa Grace, en tant que fille de la Princesse. Mais tu sais quoi ? Je déteste ça. J’aimerais qu’on m’appelle juste Alayna et qu’on n’ait pas peur de me tutoyer. Des fois, quand je rencontre des personnes, j’ai l’impression d’être un genre d’apparition surnaturelle. Ils ont peur de s’adresser à moi de la mauvaise façon…Des fois, c’est lourd….Mais bon, si tu aimes, je ferais un effort pour le supporter. Et puis, je te trouverai bien un surnom que tu détesteras. On n’est pas dans un palais royal sans être un minimum une peste, tu sais ? »


Une peste ? Oui, mais du genre à donner des sueurs froides aux services d’ordres. Du genre à s’éclipser en vaisseau sans prévenir tout le monde. Une peste à la façon Tega.

Qu’aurait-elle fait si elle n’avait pas était adopté par Maya ? Elle y avait songé, une fois. Lorsque Cryus lui avait posé la question. Et la réponse c’était imposé d’elle-même.


« Tu vas être déçu…j’aurais surement fait la même chose ou presque que ton amie. Partir à l’autre bout de la galaxie, explorer des ruines perdues à la recherche d’une histoire passée. Participer à des aventures épiques sur les traces de l’histoire avec un grand H. Je sais, tu vas certainement trouver ça ennuyeux, mais le passé me fascine. Tout ce qui a existé avant nous. Il y a tant de chose. Tant de récit qui ne demande qu’a être racontée. »


Oui, l’histoire. Elle adorait. Et elle espérait pouvoir de nouveau gouté à l’excitation d’une aventure archéologique comme sur Dellalt.

« L’histoire à quelques choses de tellement…mystique. Il y a des récits semblables partout dans la galaxie, à des époques pourtant différentes. Des faits qui se ressemblent. Les mêmes causes, pour des conséquences toujours proches. Comme des schémas qui se répéteraient depuis toujours. Et aujourd’hui, tout continue de se répéter, comme des cycles inaltérables. Comme si notre univers raconté en boucle les mêmes histoires, en ne changeant que les personnages et les lieux. Et ça m’intrigue. Ca me passionne. Et encore plus depuis que je ressens la force. Est-ce que la force à un rôle dans l’histoire ? Est-ce qu’on peut ressentir le cours du temps à travers ce fluide ? J’espère que c’est possible, et qu’un jour j’arriverai à entrapercevoir cette frise temporelle. Pour éviter de répéter les erreurs du passé. Tenter de changer ce cycle immuable. »


La jeune politicienne s’arrêta. Elle parlait trop. Et de sujet trop étrange pour un deuxième rendez-vous.

« Désolé, je parle trop, et c’est surement ennuyeux. »


Surement ? Tu parles, c’est ennuyeux pour toute personne normalement constitué.

« « Et toi, qu’aimerais tu faire si tu pouvais faire ce que tu voulais ? Il y a quelque chose qui te passionne ? » »


Une passion ? Un hobbit ? Un avenir manqué ?

« Es-tu sur de savoir danser comme une Princesse doit le savoir ? »


La dernière question avait un ton très taquin. Mais après tout, Sabina avait invité son Altesse, pas altesse d’ailleurs, à danser. Il fallait être au niveau.
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Voilà qui était rassurant, il n'y avait donc que peu de personnes qui disposaient d'un accès aussi facile et restreint à la belle. Par pur orgueil, Varadesh songea qu'elle devait même être la seule. Oui c'est ça, c'était même obligé, après tout qui pouvait se targuer d'être comme elle et donc assez digne d'intérêt pour l'héritière ? Personne, tout à fait. Ça coulait de source. Et au pire si elle découvrait un jour prochain que ça n'était pas le cas, il conviendrait de régler le problème. De manière définitive.

Un jacuzzi ? Tu sais, ce genre de luxe ça n'est pas exactement ce à quoi je suis habituée. Je t'ai déjà dit que je savais pas nager ?

Un peu embarrassant à avouer, elle qui se faisait fort d'apprendre tout pour pouvoir se débrouiller et ne plus avoir à dépendre de qui que ce soit. En particulier de la Mirialan revêche et soupe au lait qui lui tenait lieu de maître. Elle savait être injuste envers Ranath qui au fond ne faisait que ce qu'elle devait faire pour l'endurcir, pour la former. Pour la rendre digne de lui succéder. Mais allez donc expliquer ça à une gamine de 19 ans. Certaines leçons restaient encore à lui inculquer visiblement.

Tu penses que ça prendra longtemps avant que je puisse venir ? J'imagine bien combien tu dois être occupée, ça ne doit pas être une partie de plaisir de gérer une nation à l'échelle galactique après tout. Je me demande comment vous faites, ta mère et toi, pour supporter un tel fardeau.

Fardeau qu'elle comprenait en partie. Incarner l'espoir et l'avenir de l'Ordre était plus difficile qu'elle ne l'aurait cru, surtout dans la mesure ou Ranath semblait plutôt constamment déçue que fière. Quand elle n'était pas simplement indifférente. Mais son attitude se voulait peut-être un moyen de se protéger autant que l'éduquer. Garder ses distances jusqu'à un certain point empêchait de créer un attachement trop puissant. Et l'attachement, elles le savaient, était une chaîne qui emprisonnait les forts.

Ce qui rendait d'autant plus étrange ces instants passés à écouter Alayna, à sentir son cœur s'alléger tandis que la Chandrillienne, avec sa voix si douce et aux tonalités presque musicales à ses oreilles, appliquait sans en avoir conscience un baume qui apaisait ses craintes et ses peurs. Oui, s'attacher à l'héritière de la Confédération était une erreur, une monumentale erreur, cela ne faisait aucun doute. Cela ne leur apporterait probablement aux deux que des problèmes. Elle n'osait même pas imaginer la réaction de son maître si elle apprenait qu'elles avaient gardé le contact.

Mais elle se découvrit incapable de simplement raccrocher ou dire adieu à la jeune femme avec de creuses excuses. Alayna représentait une distraction dans sa vie morose et strictement structurée d'apprentie. Une échappatoire, une voie de sortie pour songer à autre chose. Et le Code ne disait-il pas que seule la passion existait ? Si oui, pourquoi donc se restreindre constamment ? N'étaient-ils pas ainsi au même niveau que les Jedi ? Le temps viendrait peut-être ou cette histoire prendrait fin, nul ne pourrait le dire. En attendant de savoir de quoi demain serait fait, aujourd'hui devait être mis à profit pour le plaisir et la joie.

Oh bah si tu n'aimes pas les titres ronflants, je ne t'en donnerai pas. Après tout c'est vous qui commandez, Alayna Tega ! Je ne suis qu'une simple citoyenne ha ha !

L'asticoter ? Non juste un peu. Hé, on ne va pas nous faire croire que ce genre de comportement hors du protocole ne faisait pas parfois plaisir à la jeune fille hein ? Briser le carcan et les conventions sociales étouffantes, ça fait du bien de temps en temps. Un peu comme une sieste inopinée en pleine discussion diplomatique, ça ne fait pas de mal.

Je te mets au défi de me trouver un surnom que je n'aimerais pas. Je sais être très calme et patiente quand je veux. Crois-tu vraiment pouvoir remporter la mise ? Bon par contre on pariera pas une grosse somme, je n'ai pas de quoi te payer plus qu'un pain au chocolat avec ce que je gagne...

Si on oubliait qu'elle avait 30 secondes plus tôt admis être une peste chiante et susceptible, ça se tenait. Bon par contre elle n'avait pas menti sur sa pauvreté, disons que le vin de 10 ans d'âge c'était largement au-dessus de ses moyens, sans aller jusqu'à dire qu'elle vivait sous les ponts. La voix de la princesse sembla prendre une intonation rêveuse, presque distraite, comme si elle oublia momentanément qu'elle parlait à quelqu'un et croyait parler seule.

Elle posait de bonnes questions auxquelles la Pantoran n'avait jusque-là jamais trop réfléchi. Ses connaissances en matière d'histoire étaient sommaires au mieux. Elle peinait à se souvenir de ses leçons datant de l'enfance, ses souvenirs de cette époque ayant largement disparu de sa mémoire par les années qui suivirent son esclavage, remplacés par d'autres beaucoup moins agréables. Elle préférait oublier, laisser le passé à sa place, ne plus penser à ce qu'elle avait été et ce qu'elle aurait pu être.

Je crois que la Force a un rôle à jouer dans l'histoire galactique. D'après mes quelques lectures après tout, les événements les plus célèbres - en bien ou en mal - ont toujours eu lieu par le biais des Jedi et des Sith. Je crois qu'elle forme une sorte de colle qui maintient le tout en place et permet que tout puisse arriver.

Maintenant, quant à cette histoire de schémas qui se répétaient, elle ne croyait pas vraiment qu'il puisse être possible de les changer. Oh bien sûr, l'Ordre avait pour but par le biais de la domination de créer quelque chose de nouveau et de parfait. Mais la perfection n'existait pas et ne devait pas être atteignable. Une chose parfaite n'avait pas de valeur car elle ne pouvait pas changer ni évoluer. Et l'évolution, c'était la clé pour atteindre les sommets. Telle était la philosophie de certains Sith tels Darth Odion.

Pour sa part, Varadesh ne croyait pas qu'il serait possible de ne pas répéter les erreurs du passé. Des millénaires passés à ne jamais s'améliorer, telle était la vérité de l'histoire galactique. Il n'y avait nulle raison que les choses ne changent par la suite de fait. Elle avait tendance à être pessimiste et ne voir que le pire chez son prochain. La vie lui avait prouvé que les vivants étaient naturellement malintentionnés et rien n'avait pu par la suite la convaincre du contraire. Cain lui-même n'avait pas prévu de la sauver à la base, sa décision avait été magnanime mais fortuite, pas volontaire.

Si je pouvais faire ce qui me plait, je deviendrais surement une artiste. Une peintre peut-être ou une sculptrice, je sais pas. Je n'ai jamais vraiment eu le temps ou la possibilité de développer quelque talent latent que j'aurais. On ne peut pas toujours faire ce qu'on veut, tu es bien placée pour le savoir. Parfois, ce sont les choses et aussi les désirs des autres qui s'imposent à nous. Ou alors j'aurais peut-être juste construit une maison dans un endroit perdu pour y vivre seule, sans être dérangée. La compagnie des gens je trouve ça quelque peu surestimé je t'avoue. Enfin sauf la tienne, bien sûr, on ne peut pas ne pas l'apprécier.

Ce qui amenait à une petite problématique. Il était vrai que prétendre à fréquenter de quelque manière que ce soit une princesse nécessitait fatalement une bonne éducation et de la pratique. Ce qui faisait largement défaut à l'apprentie. Oh elle savait se tenir quand même, elle l'avait prouvé sur Naboo. Mais suffisamment pour ne pas ridiculiser son hôtesse si elles devaient se fréquenter voire apparaître au grand jour ? Beaucoup moins certain. Disons qu'on ne lui avait pas vraiment appris à se tenir en haute-société. Par contre elle connaissait un sacré paquet de jurons dans plus d'une douzaine de langues différentes.

Et pas des jurons légers excusez du peu, plutôt le genre à faire blanchir la peau de la cible de ses insultes de rage et de malaise et à provoquer des demandes en duels au mieux, des règlements de compte sanglants à l'ancienne au pire. Mais bon, c'était des détails tout ça. Elle pourrait apprendre, avec une bonne enseignante comme Alayna ça ne serait pas difficile ni long, hein ?

Euh ben... Je suis déjà allée à une ou 2 soirées en boîte et euh... Je me débrouille ? Ça devrait suffire non ?

Nope.

Je repense à ce que tu m'as dit tout à l'heure, tu es seule dans ton vaisseau. Ou vas-tu ? Dans quel but ? Est-ce pour toi ou pour ta mère ? Es-tu... En danger ?

Un frisson d'inconfort la traversa à cette pensée. L'idée qu'il puisse arriver quelque chose à l'héritière lui était désagréable mais elle ne situait pas très bien pour quelle raison. S'il y avait de l'attirance incontestable, on ne pouvait pas parler d'attachement profond. Alors quoi ? Mystère.
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By Maya Tega
#33685
« Je serais la, tu ne craindras rien. Et puis, je pourrais t’apprendre. »


Oui, elle pourrait lui apprendre. Sans se venter, Alayna était bonne nageuse. La faute au grand lac qui bordait la résidence d’été de la Princesse de Chandrila. Le transmettre à la Pantoran ne serait guère un problème. Au contraire, cela pouvait même se révélait amusant.

Quand ? Quand cela serait-il possible ? Si seulement elle avait pu le savoir. Avec le Fakegate, elle n’était sûre de rien. Elle ne pouvait rien promettre. Quand aurait-elle du temps pour elle ? Elle n’en savait rien. Elle pouvait meme raisonnablement douter du fait qu’elle aurait encore une fois du temps pour elle.


« Je ne peux pas te dire Sabina. Pas encore. Mais dès qu’une éclaircie se dessinera, je te préviendrais pour que tu en profites avec moi. »


Oui, dès qu’elle aurait un peu de temps. Lorsque la tempête serait passée et que le Fakegate serait loin derrière. Elle prendrait congé de son fardeau pour rencontre de nouveau la Pantoran. Quand le complot serait mort et enterré, elle prendrait le temps de s’exiler loin de ses responsabilités.

Pour une raison inconnue, la jeune sith était un bénéfique à la politicienne. Une bouffée d’air dans un monde de brutalité. Une parenthèse entre deux crises galactiques. Pour une fois, elle discuter sans objectif. N’en déplaise à Maya, elle ne conversait pas avec Sabina pour la manipuler au nom de la liberté. Non, il n’y avait pas de plan, pas de stratégie. Elle parlait de tout et de rien, uniquement guidé par son cœur et son humeur. C’était peut-être la seule raison de cette presque attirance. Pour une fois elle était elle-même. Face à quelqu’un qui n’avait que faire de son rang et de sa fonction.

Quelqu’un capable de jouer avec elle sur fond de titre ronflant. On était loin des règles de bienséance qui régissait l’assemblée et la maison chandrillienne. Alayna. Juste se faire appeler par son prénom. Cela n’avait pas de prix. Et pouvoir s’amuser des prédicats et autres règlements de cours était un plaisir particulièrement jouissif.


« Une simple citoyenne me contactant du fond de sa chambre…voyez-vous ça. »


On était plus simple citoyenne lorsque l’on avait une ligne secrète avec l’héritière de la Prima. C’était un fait.

« J’accepte le défi. Tu sais, provoquer la réaction de l’autre, c’est une grande partie de la politique. Je trouverai bien quelque chose qui mettra ta patience en défaut…Oh, ça tombe bien, j’aime les pains au chocolat. »


Mais je déteste les chocolatines, j’ai des principes.

« Et puis, nous trouverons peut être plus original à parier que de l’argent… »


Oui, certainement. L’argent, elle en avait assez pour des générations. C’était pour ainsi dire commun pour elle. Presque sans saveur. Et sans valeur. Bien sûr, elle savait que son collier valait autant que 10 ans de salaires. Que sa paire de chaussure était la somme qui permettait à une famille de vivre un mois. Ou bien encore que ses dépenses sur une année équivalaient à tant de vie lambda. Elle avait conscience de cette chance. Mais pour autant, elle ne pouvait pas chasser un sentiment s’incrustant un peu plus profondément chaque jour : L’argent était banal. Elle en avait autant qu’elle en voulait. Elle en était presque devenue indifférente.

Le plus étrange était qu’elle enviait une certaine réalité à ceux qui l’envier elle : L’absence de toutes ses règles tordues de bienséances, la possibilité de choisir d’un destin, d’une carrière ; l’absence de toute ses pressions, ses responsabilités que ses épaules portaient avec difficultés. Rien qu’un plaisir simple valait plus a ses yeux que sa parure d’émeraude : Etendre son prénom. Pas Mademoiselle. Pas votre Grace. Non. Alayna. Juste Alayna.

Bien sûr, il y avait sa mère et aurore pour le prononcer. Mais l’entendre de la bouche d’un quidam était bien plus plaisant que la possession d’une énième pièce de joaillerie.

Alors parier de l’argent…C’était sans excitation. Non, elle aurait certainement bien plus amusant à proposer à la belle bleue.

La force et l’histoire. Le sujet était vaste et si passionnant. Tellement qu’elle était partie dans un monologue à la suite duquel Sabina tenta de reprendre la parole. Oui. Il y avait ses fameux ordres qui étaient à la base de la plupart des guerres connues. La réponse la plus simple aurait consisté à détruite purement et simplement les deux organisations cultuelles. Après tout, c’était une sorte de solution finale à ses luttes intestines entres les principaux protagonistes de la force. L’autre hypothèse, moins brutale, reposait dans l’étude des personnes. Pourquoi devenait-on Sith ? Pourquoi devenait-on Jedi ? Gentil ou méchant. Et pas juste, normal.

Bref. Le sujet était intéressant mais Alayna se retenu de relancer la conversation. Annoncer que la solution aux problèmes de la galaxie était quelques parts entre l’analyse psychologique et sociétale, la lobotomie de masse et un nouvel ordre 66, réussi celui-ci, n’avait rien de sympathique. Et réducteur. Cela ne réglait pas le problème des non-sensitifs. Non. Pour Alayna, la chose allait plus loin. L’étude devait être sérieuse. La mission d’une vie.

Elle s’était encore perdue dans ses pensées. Pas capable de se concentrer plus de deux minutes, elle était belle l’élite de la nation. Sabina voulait être une artiste ? Avait-elle déjà pratiqué la peinture ?

Partir loin des autres ? Seule, sans être dérangée par quiconque ? Alayna rêvait elle d’être entourée, d’avoir des amies sur qui compter. Des oreilles à son écoute en qui elle aurait toute confiance. La solitude, elle la connaissait. Et il n’y avait rien de plus désagréable quand les peines et les pressions commençaient à s’accumuler…


« Tu as déjà peints ? Tu aimerais peindre ? »


On faisait rarement ce que l’on voulait, elle était elle-même prisonnière d’une destinée dorée.

« Même en exil sur une planète perdue, je viendrais te déranger. Pour m’assurer que tu ne subis pas trop le fardeau de la solitude. »


Le ton avait beau être taquin, il y avait une grande part de vérité dans sa phrase. Oui, la solitude devait être supportée.

« Hummm…disons que la dance classique est un peu différente de celle qui se danse en boite ma chère… »


Alayna avait pu s’éclipser à quelques reprises dans des soirées populaires avant son accession aux pouvoirs. Depuis, elle devait se satisfaire des soirées officielles et des invitations privées. Les secondes avaient largement sa préférence. Danser aux grés de ses envies dans une ambiance survoltée n’avait rien de comparable avec une ouverture de bal diplomatique. Malheureusement pour elle, plus elle semblait se rapprocher du pouvoir, et plus cela était rare.

« Si l’on en a l’occasion, je t’apprendrai. Dans l’éventualité où nous serions obligés d’assister à l’un de ses bals si ennuyeux. Avec toi, ça le serait moins. Et puis, on pourrait aussi s’éclipser dans des soirées un peu plus amusantes… »


Oui. Après tout, était-elle vraiment obligé de danser comme une princesse parcequ’elle était la fille de l’une d’elle ? La réponse était dans la question. Mais Alayna n’aimait guère se conformer au protocole.

« Je…En fait, je ne sais »


Bon, elle savait bien qu’elle allait sur Mantessa. Mais pour le reste, le doute planait. Dans quel but y aller-t-elle ? L’envie de vengeance ? Le sauvetage de la confédération ? Pour elle ? Pour les autres ? Pour Maya ? Etait-elle en danger ? C’était le point sur lequel elle avait acquis le plus de certitude.

« Tout a l’heure on parlait du Fakegate, tu te souviens ? Le complot qui a failli renverser ma mère sur fond de détournement de fond. »


Le truc de la Rockstar, tu te souviens ?

« Il semblerait que tout ne soit pas finis. Les maillons que nous avons arrêtés étaient des pions. Ce qui veux dire que quelqu’un traine dans les Colonies avec assez de pouvoir pour faire vaciller Maya et la Confédération. »


Elle marqua un temps d’arrêt. Pouvait-elle lui faire confiance ? Peut importer, elle en avait besoin.

« Peu après notre rencontre, j’ai commencé à enquêter sur ce complot. Il remonte si loin que je ne peux faire confiance à personne au sein de la confédération…C’est pesant d’être seule à affronter une énorme masse inconnue. A chaque fois que je m’approche d’une réponse, tout disparaît, comme si mes adversaires avaient plusieurs tours d’avance sur moi. »


C’était même pire en réalité.

« Je pense même que j’ai juste fait ce qu’il attendait de moi. J’ai couru là où ils m’ont emmené avec quelques indices. »


Oui, elle s’était jetée dans la gueule du loup.

« Alors je me suis imaginé ce que j’aurais dû faire en toute logique. Prévenir la confédération, aller chercher l’aide et le soutient de ma mère. Et j’ai fait l’inverse. Je pars à l’aventure, seule. Ma sœur à accepter de jouer le mannequin de paille pour leur faire croire à mon retour sur Chandrila. Moi, je fonce sur la dernière piste que j’ai. »


C’était bien l’ultime piste. Le seul et dernier indice.

« Est-ce que je suis en danger ? Je ne sais pas. Je pense que lorsque tu te bas contre une ombre aussi forte tu es toujours en danger. Mais il n’y a pas d’autres solutions. Il faut que je sache. Il faut que je sauve la confédération et ma mère. Et…il faut que je…je me venge. Ce complot m’a atteint. Il faut que je frappe à mon tour. »


C’était peu honorable pour une apprentie princesse. Mais c’était ainsi. Elle n’était pas l’apprentie de n’importe quelle princesse.

« Désolé de t’embêter avec tout ça. Et…merci de m’avoir écouté. »


Une voix pouvait faire tant de bien à une âme en plein doute.

« Entendre ta voix me fait un bien que tu n’imagines pas avant d’affronter la vérité. C’est comme si durant quelque minute, tout cela n’était pas réel. »


Mais ça l’était malheureusement. Tout comme une désagréable sensation qui l’habitait depuis le début.

« Est-ce que ça t’arrive de ressentir un mélange de peur et de colère ? Une envie de vengeance freinait par la peur de la vérité ? »


Est-ce que tu es pareille ? Est-ce que c’est normal ?
#33705
Il faudrait donc se contenter d'un "à plus tard". Soit. C'était un peu décevant en toute franchise mais pas particulièrement surprenant. Une dame de la haute comme Alayna devait être sacrément occupée en temps normal alors avec cette histoire de Fakegate, la montagne de travail avait dû atteindre des hauteurs incroyables. Varadesh avait été un temps jalouse des puissants et des riches, confortablement installés dans leurs beaux canapés, fringués comme pas permis et dormant dans les liasses de crédits mais plus maintenant.

Au bout du compte, chacun avait son fardeau à porter et ses difficultés. A part les gosses pourris gâtés qui jamais n'auraient une vie difficile, la majorité de la haute société devait lutter ferme tout autant que le bouseux du coin pour se faire une place dans la société. La lutte était présente à tout les niveaux et tout aussi féroce en haut qu'en bas. Simplement, en haut ça devait être plus subtil et moins visible qu'en bas. La galère était pour tous, elle différait simplement d'une couche de la société à une autre.

Alayna et sa mère avaient du mérite de réussir à gérer toute une nation aussi étendue sans péter un câble. Ce n'était pas là une responsabilité qu'elle brûlait d'avoir pour sa part, quand bien même c'était ce à quoi la destinait Ranath. Plus longtemps elle vivrait sans avoir à se soucier de ce genre de charge, mieux elle se porterait.

Pourquoi pas parier une leçon particulière ou deux ? Vous ne m'avez toujours pas expliqué d'ou vous viennent ces talents avec la Force ma chère... Et qui sait, je pourrais avoir quelque connaissance à marchander.

Règle numéro 1 en négociation, toujours s'assurer qu'on a de quoi négocier sinon ça peut vite se corser.

J'ai jamais peint non. Je sais pas si ça me plairait, j'imagine que oui mais si ça se trouve une fois que je commencerai j'aurai qu'une envie c'est de tout jeter de côté et aller me laver furieusement. Et puis je saurais même pas quoi peindre en toute franchise. Enfin peut-être que si. Je me souviens des couchers de soleil sur Pantora, avec la lune dans le ciel qui était visible à l'opposé du soleil, ça donnait une teinte particulière, un genre d'orange-jaune crépusculaire d'une pureté sans égale. Je restais là avec mon père à regarder le soleil se coucher et disparaître à l'horizon jusqu'à ce qu'il fasse nuit.

Sa voix se brisa légèrement à la mention de son père. Même après toutes ces années, même malgré qu'elle ait rejeté tout cela après son intronisation, la douleur était présente et peut-être qu'elle resterait toujours.

Il y avait quelque chose de magique sur les derniers instants, quand il ne restait que quelques lueurs qui éclairaient la capitale. C'était vraiment particulier, la neige était comme couverte d'une lumière orange, j'avais presque l'impression que... Je sais pas vraiment, qu'il y avait un genre de message secret à déchiffrer. C'est ridicule hein ? Comment il pourrait y avoir une empreinte divine ou je ne sais quoi dans tout ça. J'étais une gamine impressionnable et un peu sotte, naïve.

Mais ça, ça n'avait pas duré bien longtemps.

Bah en fait, l'avantage de la solitude, c'est qu'elle donne envie d'avoir de la compagnie. Et plus encore, de la bonne compagnie.

Comme la tienne.

Roh ben vous n'avez qu'à apprendre un peu à desserrer les dents et vous lâcher un peu chez les gens de la haute ! Faut savoir vous détendre bon sang ! A quoi bon avoir toujours l'air digne et, pardonne-moi l'expression, d'avoir un balai dans le cul si c'est pour ne pas profiter des avantages d'être riches et célèbres ? Surtout que ça doit être douloureux au bout d'un moment. Le balai dans le cul je veux dire. Enfin c'est l'impression que ça me donne des fois quand je vois des reportages sur l'empereur Astellan. Il doit être pas mal constipé le type.

Plut au ciel que le dénommé ne sut jamais qu'elle avait dit ça.

Oh bah si tu as besoin que j'anime un peu une de tes soirées diplomatiques il n'y a pas de problème. Ça te fera une dette à mon égard en plus, c'est tout bénéfices ! Hum par contre faudra s'assurer que les convives sont pas trop coincés avant, j'ai pas envie de me faire allonger par des types de la sécurité parce que y en a un qui a une crise cardiaque...

C'est vrai que ce serait ballot. Mais marrant aussi. On imagine bien l'embarras pour la princesse et le malaise général tiens. Rien que pour voir ça, elle tenterait peut-être le coup. Et si en prime Ranath l'apprenait et qu'elle en chopait un cancer, ce serait vraiment le pied.

La suite de la conversation fut nécessairement moins joyeuse. Cette histoire de Fakegate semblait bien plus compliquée et sombre qu'on n'aurait pu le croire. Bon il faut dire qu'elle ne s'y était pas le moins du monde intéressée donc tout lui semblait nouveau. Mais l'idée qu'Alayna put se balader seule, sans escorte et à travers la galaxie contre un ennemi invisible, tout-puissant et capable de menacer rien de moins que la Prima n'était pas pour lui plaire.

Fait attention quand même, si ce que tu dit est vrai, l'affronter seule n'est probablement pas une bonne idée. Tu devrais peut-être te faire aider pour trouver ce mystérieux adversaire tu ne penses pas ? Je pourrais peut-être trouver un moyen de te rejoindre là et tant pis si mon ami est pas contente, elle peut bien se passer de moi quelques jours de toute façon.

Mais c'étaient de vaines paroles et elles le savaient. Il y avait fort à parier que la princesse ne voudrait pas en entendre parler. Elle était femme de principes et les gens de principes avaient cela d'ennuyeux qu'ils ne souhaitaient jamais partager leur fardeau ou mettre en danger autrui à leur place. Et elle, de son côté, ne pouvait décemment pas plaquer tout comme ça ou cette fois, elle en porterait des marques bien visibles. Et il y avait aussi le problème Ophillia sur lequel mieux valait ne pas s'étendre. En revanche, quelque chose l'avait interpellée dans les propos d'Alayna.

Attends, tu as une sœur ? Je savais pas... Il m'avait semblé avoir lu que ta mère n'avait eu que toi. Bon faut dire que j'ai pas lu un magazine people depuis un paquet d'années.

En fait, jamais.

Oui Alayna, ça m'est arrivé. Il y a maintenant 10 mois de ça, je me suis retrouvée face à un passé que j'avais espéré enterré à jamais. Mais les choses ne sont jamais aussi simples tu es bien placée pour le savoir. Pour faire simple, je me suis retrouvée face à l'assassin de mes parents, un homme qui avait fait de moi une... Esclave. Ça a remué des sentiments et des souvenirs très désagréables, que je m'étais jurée d'oublier. J'ai cru que j'avais réussi mais non.

Elle avait adopté un ton faussement neutre, celui d'une personne qui expose des faits en omettant tout jugement moral. Mais il était impossible de ne pas sentir les émotions puissantes qui perçaient, retenues à grand-peine. La voix légèrement tremblante, elle continua.

Il avait embauché des chasseurs de prime pour me retrouver, si possible vivante, au pire morte. L'un d'eux a changé d'avis et s'est allié à moi pour le faire tomber. La traque a été ardue mais on l'a retrouvé. Je...

Elle s'interrompit brusquement. Avait-elle vraiment envie de continuer ? Sans doute pas. Était-ce vraiment bon pour Alayna d'entendre ça, sans parler du fait qu'elle ne voulait probablement pas l'entendre ? Mais elle ne pouvait plus s'arrêter à présent qu'elle avait commencé. Et elle se rendait compte qu'il fallait qu'elle en parle à quelqu'un. Et personne ne pouvait l'écouter, pas Cain, pas Ranath, encore moins Odion, personne.

Je crains de baisser dans ton estime en t'avouant que je n'ai pas réagi comme on aurait pu l'attendre d'une adulte raisonnable et mature. Il a crié un certain temps avant de se taire. Je n'ai pas été cruelle tu sais, ce qu'il a subi était bien loin de ce qu'il m'a fait pendant les années ou j'étais sa chose. Et tu sais, le pire, c'est que je n'ai pas honte. Je suis fière de l'avoir puni et d'avoir eu ma vengeance. Je me suis sentie exaltée en sentant qu'avec sa mort, j'étais enfin libre du poids de mon passé.

Si mes parents m'avaient vu à ce moment-là, je ne suis pas sûre qu'ils auraient apprécié le spectacle, pas plus qu'ils ne m'auraient pardonné pour ça. Et pourtant, si c'était à refaire, je le ferais avec joie. Pour eux mais par dessus tout, pour moi. Pourtant, j'ai eu peur de cette soif de vengeance à un moment. J'ai craint qu'elle ne me transforme en ce que je détestais. Mais je vais te dire Alayna, la vengeance n'est pas une mauvaise chose, pas plus que la haine ou la colère. Il faut savoir les canaliser et les utiliser mais elles ne sont pas nécessairement nocives.

Même si je ne regrette rien de ce que j'ai commis, je sais que c'était mal. Je sais que c'était une insulte à leur mémoire. Tu comprends ? Ce qui compte c'est de savoir pourquoi on fait une chose terrible. Qu'elle puisse être nécessaire pour servir un intérêt supérieur, qu'il soit personnel ou non. Il ne faut juste jamais perdre de vue que cette chose soit possiblement mal parce que sinon, on court le risque de se perdre soi-même. Je ne veux pas en arriver là et j'espère que ça ne t'arrivera pas non plus.

Tu peux me faire une promesse, Alayna ? Sincèrement ? Tu peux m'assurer que quel que soit le chemin que ta quête te fera emprunter, tu ne t'y perdras pas ? Tu ne t'oublieras pas durant la voie que tu empruntes ? Je sais que je n'ai pas d'ordre à te donner mais... Il faut que tu restes toi-même. S'il devait arriver une tragédie quelconque, tu serais la seule à pouvoir assurer la relève. Tu es trop importante pour beaucoup de personnes.


Comme moi, même si je ne veux pas l'avouer encore.
#33821
Elle n’avait pas encore expliqué d’où venaient ses talents avec la force ? Tiens donc. Etait-elle restée discrète sur l’un de ses plus grands secrets ? Il semblerait. Après tout, elle était politicienne. Et la politique et la vérité…

« Pourquoi pas. J’aurais peut-être moi aussi une ou deux choses à te montrer. »


Eluder la question. Ne fallait-il pas garder quelques mystères afin de faire durer cette curiosité dévorante ?

Alors qu’Alayna souriait bêtement, la Pantoran avait commencé à lui parler de peinture. Elle n’avait jamais eu l’occasion de peindre. Dommage. Car à l’écouter parler des couchers de soleil de Pantoran, la chandrillienne n’avait aucune difficulté à imaginer la scène. Un soleil se couchant sur une étendue blanche, la berçant peu à peu dans une lumière orangée. Les mots de Sabina étaient une invitation à la découverte. Et surtout, il était empreint d’une forte émotion. Un souvenir ancien et certainement plus important qu’on aurait pu le penser.

« Ce n’est pas ridicule...je comprends ne t’inquiète pas. »


Elle comprenait très bien. Chaque soir, elle ne pouvait s’empêcher de regarder les étoiles. Depuis des années. Plus de dix ans maintenant. Chaque soir qui avait suivi sa fuite de Chandrila, elle avait cherché dans le ciel sa planète natale. Aujourd’hui, elle l’avait retrouvé bien sûr. Mais le ciel nocturne avait une incroyable capacité à la calmer. Et chaque soir, elle en prenait sa dose.

« Je ne répéterai pas ça à l’Empereur. Mais aux dernières nouvelles, ils semblaient plus festifs que ce que l’on pourrait croire. Oui, étrange de dire ça mais Astellan est plus festif que ce qu’on pourrait penser. »


Un peu oui. Pas énormément non plus. Mais sur Mrisst, il semblait avoir dégusté quelques coupes d’Emeraude de Chandrila. Un peu trop peut-être.

« Tu sais, tous les politiciens ne sont des coincés. Pour une partie, c’est un masque. C’est mon cas. Les prédicats, les règles de bienséance…J’aimerai tellement les envoyer balader… »


Oh oui. Se séparer de toutes ses règles stupides.

« Parfois ça arrive. Tu sais, faire des contres soirées dans les cuisines ça nous arrivent aussi. Bon, d’accord, pas dans les cuisines, mais avec les bonnes personnes, on peut parfois s’exiler loin des règles stupide. »


Parfois oui. Mais de moins en moins souvent.

« De moins en moins je te l’accorde. Plus j’avance, et plus le cercle ceux étant capable de naturel sont rare. »


Mais bon, pour Sabina, elle pourrait bien trouver une soirée sans trop de coincé.

« Mmmhh, j’hésite. Te trouver une soirée sans trop de coincé où bien te forcer à suivre de longue et ennuyeuse heure de formation à la bienséance. En cours particulier. Et puis le résultat pourrait peut-être être marrant. Bon, on évitera quand même la sécurité. »


Il y avait de l’idée. Il n’y avait rien de déplaisant dans l’idée de donner des cours particuliers de bienséance à la Sith. Au contraire. Cela pouvait se révéler incroyablement divertissant.

Faire attention. Oui, elle le ferait. Elle n’était pas suicidaire et n’avait pas plus envie que ça de mourir en cours de route. Ce n’était pas une bonne idée ? Certainement. Surement. Elle le savait. Partir seule à la poursuite du grand méchant loup se cachant dans les sous-bois, ce n’était jamais une bonne idée. Mais elle n’avait pas le choix. Elle devait réaliser sa mission seule. C’était la seule solution pour tenter de prendre de vitesse son adversaire qui se faisait si discret et pourtant, si redoutable.

« Je ferais attention. Ne t’inquiète pas pour moi. J’aurai aimé t’avoir à mes côtés mais malheureusement, c’est une mission que je dois réaliser seul. Je ne peux laisser personne d’autres prendre de risque dans cette affaire. Ne t’en fais pas pour moi. On se reverra pour cette danse que tu me dois. »


Toujours le même sourire un peu stupide et cette manière de positiver, de relativiser. Elle ne pouvait pas promettre de se revoir, pas même pour une danse. Elle n’était pas sûre de survivre à son enquête. Oui, elle ferait attention. Mais peut être finirais-t-elle refroidie par un tir de blaster en découvrant la vérité. Peut-être qu’il s’agissait de son dernier voyage. Son ultime action pour son peuple.

Jeny. Sabina ne risquait pas de la découvrir dans un magazine people. Peu de chance de la découvrir sans la révélation d’Alayna. La plupart du temps, elle évoluer loin l’un de l’autre. Leur ressemblance semblait disparaître peu à peu au fil du temps. Et aujourd’hui, même leur nom n’était plus le même. Alayna Tega. Jeny Mikerley.


« Oui j’ai une sœur…Mais c’est compliqué, tu ne le découvriras pas dans les magazines. Ma sœur est une sœur biologique. Nous avons était séparé suite au bombardement de Chandrila dans notre enfance. C’est un peu plus tard que je suis devenu la pupille de Maya. Son apprentie en quelque sorte. Et depuis maintenant quatre ans, je suis devenue officiellement sa fille, puisque Maya m’a adopté. Je ne suis pas sa fille biologique. »


Pas sa vraie fille comme aurait dit les anciens. Sabina reprit la parole, expliquant à Alayna cette fois où elle avait ressenti peur et colère. Doucement, la sith se dévoilait. Ainsi, sa vie n’avait pas était un long fleuve tranquille. Ses parents était mort, et elle avait été une…une esclave. Alayna sentit un désagréable gène dans la gorge. Comment avait-on pu faire ça à la Pantoran ? La chandrillienne s’était battu contre les esclavagistes hutt, et entendre de la voix de Sabina cette vérité l’emplissait d’une certaine colère.

Elle avait traqué le meurtrier de ses parents. Comme Alayna. Et comme la chandrillienne, la Pantoran avait réussi à remonter jusqu’à lui. Sabina marqua une courte pause avant d’annoncer la sentence. La suite était-elle la même que pour Alayna ?

Baisser dans son estime ? Parce qu’elle avait tué un monstre qui avait détruit sa vie ? Non. Elle comprenait. Elle ne comprenait que trop bien. Peu après avoir capturé le responsable de la mort de ses propres parents, elle avait failli l’abattre de sang-froid, dans sa cellule. Mais elle n’en avait pas eu le courage. Ses préceptes l’interdisaient. Et elle avait laissé son démon vivant mais enfermé.

Sabina, elle, avait eu le courage de tuer son propre monstre. Elle ne baisser pas dans son estime. Au contraire. Peut-être que ses parents n’auraient pas appréciés, mais comme les siens, ils n’étaient plus là. Elle avait été au bout de sa vengeance en ayant conscience du mal quel faisait. Et elle en avait eu peur. Elle avait eu peur d’être dévoré par la vengeance et la colère. Devenir incapable de discerner une bonne action d’une mauvaise.

Et soudainement, Alayna réalisa qu’elle ne s’était que trop peu posé cette question. Ne pas se perdre dans le mal, restait consciente de ce qui était mauvais pour ne pas sombrer dans les abysses. Avait-elle déjà fait le mal ? Oui, mais de manière plus insidieuse. Manipulation, trahison. En était-elle consciente de ce que Maya lui demander ? Oui, certainement. Sa mère elle, en était-elle consciente ?

La question fut vite balayer par la suite de l’explication de Sabina. Ne pas se perdre, garder de vue la frontière. Et toujours savoir que chaque transgression était un acte malveillant. Pouvait-elle le promettre ? En était-elle capable ?


« Je…je te le promet Sabina. Je ne me perdrai pas. Je n’oublierai pas la voie que j’emprunte. Je ne sais pas ce qui se passera, je ne sais pas ce que je devrais faire, mais je ferais tout pour ne pas me perdre et rester sur ma voie. »


Rester sur sa voie. Peu importe ce qu’elle réservait.

« Je suis désolé Sabina, je ne voulais pas réveiller de souvenirs douloureux. Je ne voulais pas être indiscrète. Mais je comprends ce que tu as fait. Je comprends et tu ne baisseras pas dans mon estime pour une chose que je n’ai pas eu le courage de faire. La colère est naturelle, la vengeance aussi. »


Naturelle mais si mortelle.

« Je ferais attention. Je garderai tes mots en mémoire à chaque instant de ma quête. Pour ne pas me perdre. »


Elle ne se perdrait pas, mais elle ne serait plus jamais la même. Dans le vaisseau, un bip strident se fit entendre. L’heure approchait.

« Je crois que la route hyperspatiale est presque prête. Je suppose que ça veut dire que je vais devoir te laisser d’ici quelques minutes. »


Elle soupira bruyamment.

« Si tu savais à quel point je n’en ai aucune envie. Te parler m’a fait un bien fou. Ta voix est rassurante et apaisante. J’aimerais rester des heures à discuter avec toi. Et ne pas partir la bas. »
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