L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Balmorra est un monde-usine de grande envergure au climat tempéré. Considéré comme hautement stratégique par la Nouvelle République pour ses capacités de production, son sol et son atmosphère ont cependant été largement pollués par ses immenses déchèteries industrielles à ciel ouvert.
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By Mya Tellis
#35445
    Connivence

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    Des mois s’étaient écoulés depuis que la Dame Sombre était venue sur Balmorra et avait chargé Narella d’une mission toute particulière. La Farghule, devenue de fait Lieutenant de Belian, menait ses affaires avec fermeté. Mais la disparition de la Sith laissait à penser que le caprice était sur le point de prendre fin.

    * * *


    Les pas se précipitèrent dans le couloir, l’une des filles passa la tête par la porte.

      « Y’a encore Lez qui fait c!#?r ! »

    L’oreille droite de la Farghule frémit, la main levée ordonnait patience. Finalement Narella pivota sur son siège, se tournant vers l’intruse.

      « Qu’est-ce qu’il veut ? »

    Cela faisait déjà plusieurs semaines que les problèmes avaient commencé avec le remplaçant d’Arly. Lui qui n’avait jamais vu Mya, il ne comprenait pas pourquoi le pognon des filles tombait dans la poche de Narella, et pas dans la sienne. Aussi traînait-il là où il n’avait pas à mettre les pieds, là où Narella lui avait interdit d’entrer, là où elle ne voulait pas le voir. Et ses plaintes répétées à Belian n’avaient rien changé à la situation. Lez était là, toujours là.

    La Farghule quitta son bureau, attrapa au passage le kon toujours à disposition près de la porte, et gagna le rez-de-chaussée, talonnée de près par la vigie qui venait de l’alerter. En bas, tout s’était arrêté, même le débit d’alcool au comptoir était à zéro. Et Lez se pavanait, emmerdant tout ce qui lui passait sous la main.

      « Dégage ! »

    Il se retourna, légèrement chancelant, déjà bien imbibé. Il ouvrit de grands yeux à demi surpris en découvrant la Farghule.

      « Aaaaaah … Lieutenant Arhin … »

    L’Humain ouvrit les mains et s’avança vers elle.

      « Sortez-le. »

    Le gros dur qui s’occupait de la sécurité ici saisit le bras de l’importun, qui lui colla aussitôt un pain. Ça commençait de mal tourner. Un autre vint secourir le premier, à deux, ils trainèrent Lez dehors. Narella accompagna le trio jusqu’à la porte, où elle put constater que d’autres chiens de Belian maraudaient également. Les choses ne dureraient plus longtemps, on en serait bientôt rendu au bon vieu système habituel. Vol et viol. La colère et la déception de la Farghule étaient grandes. Lez vociférait dans la rue.

      « J’te baiserai toi aussi ! »

    * * *


    La discussion avec la Jedi avait duré de longues heures. Il n’en avait pas fallu plus pour regonfler la détermination de Narella. Sa frustration deviendrait sournoiserie, et sa colère serait violence. Tout ceci n’avait rien de cohérent avec les supposés préceptes Jedi, mais la Farghule n’en avait cure, commençant à se douter que sa sauveuse n’était pas un être de lumière.
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By Haya Fuu
#35456
Bertram préférait les bordels aux cantinas. Choix Strictement personnel, mais généralement les bordels avaient l'avantage de permettre de plus facilement trouver quelqu'un avec qui passer du temps, et les bagarres y étaient plutôt rares. Pas de chance pour lui cette fois.

L'altercation n'avait échappée à personne, et tous avaient regardé l'homme se faire sortir manu militari. La femme installée avec lui au bar avait bien tenté de le ramener à elle, mais l'homme n'arrêtait pas de poser des questions sur ce qui venait de se passer. Même avec les deux seins quasi à l'air, il l'avait finalement plantée là, ce qui n'avait pas manqué d'attiser les moqueries auprès de ses camarades de mésaventure ayant assistées à la scène.

"- Lez ?" avait interpelé Bertram.
L'homme s'était retourné, maladroitement.
"- Qu'est ce qu'y a du con ? Tu veux un autographe ?", visiblement bien énervé, l'humain montrait son poing à son interlocuteur.
"- Non merci. Mais peut-être ... Enfin, je me disais... Je connais quelques personnes spécialisées dans ce que j'appellerai, le règlement de différents. Si vous voyez ce que je veux dire."
"- p#&!n mais j'ai pas besoin d'un conseiller conjugal. Et je vais même te dire, quand je lui aurait mis ce que j'ai dans mon pantalon..." Lez paru réfléchir une seconde au deux." Ouais, c'est ça. ben p'tet que je mettrai le feu à son bordel. Je sais pas encore bien dans quel ordre."
"- Alors je vous conseillerai de choisir le bon, sinon ce que vous avez dans le pantalon devra y rester."
"- Mais c'est qu'il est drôle le gars ! Hé les mecs, vous avez entendu ? T'es un marrant toi. J't'aime bien. Alors, tes copains ils savent faire quoi ? Parce qu'en pétage de gueule je me défends, et je suis pas le seul ici, si tu vois ce que je veux dire." D'un large geste il désigna la rue où se trouvaient plusieurs individus, visiblement à attendre autre chose que la pluie tomber.
"- Mais, ce serait dommage d'abîmer des gueules qui rapporteraient moins, du coup. Ou de cramer un bordel aussi accueillant."
"- T'as pas tort dans l'ensemble, mais on est déjà bien équipé pour régler ce genre de problèmes. J'me casse." Lez se retourna vers le bâtiment dont il venait de se faire expulser. "Et p#&!n quand j'en aurai fini avec ton cul, tu pourras plus t'assoir pendant des semaines, j'le jure !"

Bertram était retourné à l'intérieur, retrouver la charmante brune qui l'avait accompagné pour son début de soirée. Mais l'accueil fut nettement plus froid que celui attendu. Elle rabattit méchamment la main baladeuse qui se proposait de lui rouvrir le décolleté.
"- Si tu préfères les brutos, t'a rien à faire ici."
"- Jalouse ? Je suis prêt à me faire pardonner."
La femme fit la moue une seconde.
"- Il va te falloir plus que de belles promesses.", elle fit papillonner ses cils tout en remuant lentement la paille qui plongeait dans son verre déjà bien vide. Après tout elle aurait été bien bête de l'envoyer bouler, d'autant que la soirée allait s'annoncer peu rentable. Les maraudeurs allaient inévitablement faire fuir la clientèle, et en conséquence le gibier se raréfier.

Bertram avait craché quelques crédits de plus qu'à l'habitude, mais c'était pour la bonne cause. Enfin, pour sa cause. Non seulement il avait passé plus de bon temps qu'à l'habitude, mais, cerise sur le gâteau, il avait aussi récupéré quelques informations à revendre. Avec un peu de chance, ça lui paierait sa nuit de jambe en l'air, et la suivante.
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By Mya Tellis
#35464
      « Il peut pas faire ça, va voir Belian !

      - Lez a la bénédiction de Belian, on est coincé. »

    La moue de l’autre était explicite.

      « Alors quoi ? »

    Mais Narella ne répondit pas. Sa discussion avec la Jedi avait été instructive, et les mots employés résonnaient encore à l’oreille effilée de la Farghule. Elle se mit à réfléchir à haut voix.

      « Quand Arly est mort … C’est moi qui aie pris sa place.

      - Mais Arly ramassait l’argent du trafic. Pas toi.

      - J’ai pris sa place pour la gestion des filles. Et Lez a récupéré le trafic. »

    Elle marqua une pause un peu plus longue que la précédente.

      « Je vais lui prendre. »

    La surprise étira les traits de son interlocutrice.

      « Comment ? »

    Narella sourit doucement.

      « J’ai toute une armée avec moi. »

    Les filles furent informées, seulement celles de confiance, Narella leur passa la consigne, une par une. Laisser venir les gars de Lez, brader les passes, offrir des extras. Et récupérer les infos. Qui livrait, où et quand, pour combien, à qui. Parfois, il fallait quelques heures pour avoir l’information complète, souvent quelques jours. Mais on y arrivait toujours. L’un d’eux finissait toujours pas lâcher le mot de trop, enivré par l’alcool qu’on lui servait et le parfum féminin.

    Puis Narella utilisait ses quelques hommes de mains pour court circuiter le petit manège des dealers. Le cafteur disparaissait, empoisonné dans une cantina, égorgé dans une ruelle, noyé dans un canal. On faisait tout soi même, pas d’intermédiaire outre mesure. Tous les fidèles de la Farghule, vraiment fidèles, s’y mettaient.

    On récupérait et on vendait la drogue à la place des gars de Lez, dont le nombre tendait à diminuer.


    * * *


      « Sale pute ! Ta gueule ! »

    La colère lui grimpait le long du cou sous la forme d’une rougeur écarlate. Narella ne répondait plus rien. Belian, lui, en avait assez entendu.

      « Ça suffit. Réglez vos affaire entre vous. J’en ai rien à foutre. Mais si je touche pas mon pognon à la fin de la semaine, vous y passez tous les deux. Cassez-vous. »

    Narella quitta le bureau en premier. Belian se ravisa.

      « Lez, viens voir. »

    La Farghule n’entendit pas la suite, trop contente de s’éloigner de l’autre acharné.

    Le soir, Lez fit chercher Bertram : il avait changé d’avis.
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By Haya Fuu
#35484
Le contrat était un peu particulier cette fois. Habituellement, les demandes de nettoyage se faisaient pour une ou deux personnes, rarement trois. En découvrant la liste, puisque l'on pouvait largement parler d'une liste, genre celle du vendredi quand on va faire ses courses pour le week-end, ne comportait pas moins d'une vingtaine de noms. Le second point qui rendait ce contrat particulier était que, contrairement à l'habitude, le Confrérie avait obtenu un complément d'information de premier ordre. Le contrebandier qui avait refilé les informations à Lez pour qu'il puisse contacter le Poing, leur avait aussi vendu quelques tuyaux sur la situation. Il faisait peu de doute que l'humain avait très logiquement tenté de faire une troisième fois la culbute en revendant l'information à Narella et à sa clique. Il faudrait en tenir compte.

A la vue des quelques informations disponibles, la fine équipe de criminels avait rapidement conclut que l'on ne se trouvait pas dans le cadre d'un simple règlement de compte. Dans ce cas, seule Narella aurait été prise pour cible. Là, on passait au niveau supérieur, il s'agissait de passer un grand coup de balais. Dans ces conditions, il était facile de comprendre pourquoi le commanditaire avait décidé de passer par un intermédiaire extérieur à Balmorra.

Pour l'opération, il avait été décidé de mobiliser quelques hommes de la confrérie du Poing en renfort, ainsi que quelques vaisseaux des Marchands. Haya irait donc sur Balmorra. Avec elle, il y aurait cinq des assassins de la Confrérie, ainsi qu'un slicer. Pour le transport, chacun viendrait par ses propres moyens afin de voyager en toute discrétion. Le matériel des uns et des autres serait apporté par un des cargos des Marchands. Un second viendrait sur place en temps et en heure, la capacité de transport des YT-2400 étant assez restreinte. Plus pour l'exercice, deux petites escadrilles d'Aile-A se relaieraient pour rester en attente et assurer une éventuelle couverture des cargos. A côté de cela, cinq hommes de mains viendraient en soutien au cas où. Finalement Mme Konski avait choisi un de ses lieutenants pour faire un premier tri sur place. Si le petit groupe devait revenir avec des invités, autant préparer le travail en amont. Ce n'était donc pas moins d'une grosse vingtaine de membres de la Confrérie qui opéreraient de concert.

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La navette avait percé la couche de nuages gris qui surplombait l'astroport de Balmorra avant de descendre se poser. Haya aurait aimé renouer avec ses combinaisons qu'elle affectionnait tant durant ses voyages, mais la mode locale, autant que le temps, ne le lui permettait pas. En lieu et place, elle avait opté, bien malgré elle, pour une tenue plus pratique et passe-partout dans le style néo-industriel en vogue parmi la classe ouvrière indigène. Pantalon avec renforts, blouson légèrement bouffant avec des coudières, et chaussures coquées.

L'Anzat avait ensuite rejoint un large speeder aux allures de crapaud, perdu dans un vaste parking. Elle envoya un signe de tête à l'homme qui attendait côté chauffeur : il lui rendit la politesse. Haya se glissa à l'arrière, où l'attendaient déjà plusieurs membres de l'équipe. Elle salua l'assemblée, composée des cinq assassins et de deux des hommes de main, avant de récupérer le sac qu'elle s'était préparée avant de quitter Loretto. Une légère secousse bouscula les passagers alors que le véhicule se mettait en route.

Les paysages urbains se succédaient le long des voies rapides. La circulation restait fluide malgré la densité du trafic, et parcourir la distance qui séparait l'astroport du premier site ne pris guère plus de quarante minutes. La matinée devait être consacrée à de la reconnaissance : les filles visée étaient réparties dans deux bordels différents. Tandis que les hommes de main visitaient les quartiers respectifs afin de prendre leurs marques en toute discrétion, l'Arcaniste était restée dans le speeder.

Le tumulte de la rue avait peu à peu disparu alors que la Force révélait à l'Anzat ce que l'œil ne pouvait percevoir. Les parois du speeder disparurent, les passants offraient des vagues colorées en fonction de leur humeur du moment. Haya découvrait petit à petit l'univers sous un autre jour, l'opacité des murs du bordel n'était plus un obstacle à sa perception, lui révélant les lieux sans artifice. Les deux bâtiments ainsi discrètement mémorisés, l'Anzat se sentit lasse. L'effort était encore intense malgré sa maîtrise grandissante de ce pouvoir, et un peu de repos serait le bienvenu.

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Le speeder déposa la jeune femme à proximité d'un hôtel où elle avait une chambre de réservée. L'homme à l'accueil, habillé d'un débardeur qui avait dû être blanc autrefois, ne leva pas les yeux alors qu'elle passait son comptoir, trop occupé à se perdre dans un quelconque rêve psychédélique. La chambre était juste pitoyable : le lit n'inspirait pas la confiance, les draps devaient avoir le même âge que l'hôtel, et, dans la salle d'eau, il ne restait qu'un morceau de miroir fixé au mur par trois crochets au chrome écaillé. Tout cela importait peu pour Haya. Installée sur une chaise, elle entama une longue méditation pour se remettre de ses efforts. Pendant ce temps, ses troupes s'organisaient pour trouver les meilleurs postes sur chaque objectif, échangeant les renseignements glanés.
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By Mya Tellis
#35493
    L’appartement se trouvait au sommet de l’une de ces grandes tours. C’était un logement luxueux, suffisamment pour voir le ciel et l’horizon urbain, mais pas assez pour compter l’étage complet dans sa superficie. C’était déjà bien assez pour Narella, si seulement elle avait eu les moyens de s’offrir l’accès à un tel endroit. Tandis qu’elle patientait sur l’assise d’un divan hors de prix, son hôte remplissait les verres qui trônaient sur le bar en marbre. Dans l’entrée, le garde du corps de la Farghule attendait en silence. Ce type costaud à la peau brune avait été envoyé par Mya, et il lui faisait une drôle d’impression. Il avait l’air d’une brute, mais dégageait un quelque chose d’apaisant, elle ne savait dire quoi.

    ImageValens Rhaga, lieutenant de Bélian, revint avec leurs deux verres. Il en tendit un à la jeune femme.

      « Alors, très chère Narella, qu’est-ce-qui t’amène chez moi ? »

    La Farghule esquissa un sourire. Les verres tintèrent l’un contre l’autre.

      « Lez veut ma peau. »

    L’autre s’assit dans son fauteuil habituel.

      « Ha ! Encore cette histoire. »

    Le sourire lui vint également aux lèvres.

      « Et qu’est-ce-que tu veux que ça me foute ? »

    Il but une gorgée de son bourbon, et porta son regard vers la Farghule, attendant un argument pertinent. Elle haussa les épaules, sans déchanter.

      « Je pensais qu’en tant qu’ami de longue date tu t’émouvrais de ma situation. »

    Il rit.

      « À quel point tu connais Lez ?

      - Je ne connais pas Lez. »

    Ils échangèrent un haussement de sourcil. Lui se leva et fit quelques pas en direction de la baie vitrée. De là, il voyait son usine. Non, pas la sienne, mais celle sur laquelle il avait la main par pots de vin.

      « Et Belian ? »

    Le regard de Narella avait suivi Valens, mais elle était restée assise.

      « Il ne goûte pas à sa propre marchandise. Il préfère se servir ailleurs, s’approvisionner en produits plus … luxueux. »

    L’Humain leva son verre sans jeter un coup d’oeil à son interlocutrice.

      « Tant mieux. »

    Ça semblait mettre fin à la discussion. Et ce n’était pas pour réjouir la jeune femme. La Jedi avait envoyé ces types, des colosses tout en muscles, et l’un d’eux l’accompagnait partout. Mais elle avait le sentiment que ça ne suffirait pas. Les cinq autres s’étaient volatilisés depuis. Elle avait placé en Valens son dernier espoir. Il ne semblait cependant pas disposé à l’aider outre mesure.

      « Lez a acheté un contrat pour se débarrasser de moi. »

    Rhaga pivota brusquement vers elle.

      « Comment ?! »

    Le geste surprit tant la Farghule qu’elle ne sut répondre.

      « Tu dis que ce sac à m*rde fait intervenir un tueur à gage dans les affaires du réseau ?! »

    En trois pas, il avait enjambé la distance qui le séparait d’elle et jeté son verre sur le tapis du salon. Il la saisit à la gorge et la fit lever. Elle lâcha son verre à son tour pour tâcher de défaire la prise du lieutenant.

      « Vous deux ramassez les miettes de l’affaire que j’avais confiée à Arly ! Vos conneries nous font perdre du temps et du fric ! Tu veux mettre fin à ce contrat ? Tue le payeur ! Tue Lez. »

    Il la lâcha tout aussi brusquement et elle chut en arrière sur le divan.

      « J’ai besoin de ton aide …

      - Ta gueule ! Adresse-toi à Belian !

      - Tu …

      - Ta gueule ! »

    La gifle partit sans nouvelle sommation. Mais la Farghule s’entêta.

      « Tu pourrais être Belian. »

    Elle se couvrait la joue d’une main, les jambes repliées sous elle, et lui jetait un regard noir.

      « Comme avant. Comme quand on a commencé. »

    Il soupira, presque calmé.

      « C’est à cause de toi que j’ai arrêté.

      - C’est différent maintenant. C’est fini. »

    Elle avait raison. La main de l’Humain attrapa le bras de Narella. Il la fit lever, encore. Il la regarda un instant et la déshabilla finalement pour la prendre sur le divan, presque brutalement, un mélange de haine et de passion.

    Le reste de la nuit fut calme. Valens quitta le lit à l’aurore. Et tout en bouclant la ceinture de son pantalon, lança avec nonchalance.

      « Je vais buter ce c*nnard, t’as qu’à rester là. »

    Narella se rendormit.

    * * *


    La Farghule avait disparu des ondes depuis la veille. Les miliciens de Rhaga s’organisaient en faction devant les maisons closes du réseau tenu par Narella. Ces hommes étaient armés, peut-être un peu trop, et en armures. C’était des soldats. Presque aussi bien équipés que la police. Et que faisait la police ? Plus haut, quelqu’un avait reçu une belle somme de crédits pour ne pas intervenir dans ce qui se passerait bientôt dans les quartiers crasseux de la ville.
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By Haya Fuu
#35530
"- J'ai comme l'impression qu'ça pue."
Les jeunes femmes en jupes courtes et bas résilles avaient laissées place à une troupe beaucoup moins aguichante dans les rues. Nul doute que le chaland allait passer son chemin et aller dépenser ses crédits ailleurs. Soit quelqu'un avait vendu la mèche à propos du contrat, soit quelqu'un préparait un gros coup. A moins que les deux ne soient liés...

"- Appelle les autres savoir si c'est partout pareil.", demanda Haya à l'un des hommes qui l'accompagnait.
La réponse ne tarda pas : la situation était la même sur leur second objectif.
"- Qu'il aille jeter un coup d'œil sur un autre bordel, nous on va à celui sur l'arrière de l'avenue."

La reconnaissance confirmait ce qui avait été observé précédemment : ce soir les porte-flingues étaient de sorties. Et à leur tenue, on comprenait sans effort qu'ils devaient faire partie d'une organisation ou d'une autre. Narella devait avoir plus de ressources que ce que les termes du contrat laissaient entendre. A l'évidence, le simple nettoyage prenait une tournure nettement plus guerrière, et les membres de la Confrérie sur place n'étaient simplement pas équipés pour faire face.

"- Bon, changement de plan." Tout le monde était arrivé à cette même conclusion, la déclaration de Haya était à ce titre une évidence. Son cerveau entrait en ébullition alors qu'elle cherchait une solution. En dehors de la problématique purement technique de savoir comment extraire les filles des maisons closes, elle essayait de comprendre dans quelle mesure ils s'apprêtaient à faire sauter une poudrière.

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Maintenant que l'Anzat, dans sa nouvelle tenue, était dans le bureau improvisé du chef de la petite escouade, installé au premier étage du « Carnival », elle se disait que les choses n'avaient pas été si compliquées que cela. Pour en arriver là, elle avait simplement garé le speeder à côté de la maison close, et s'était faite embarquer par un des gardes à l'extérieur, en se faisant passer pour une des entraineuses de Narella, venue chercher quelques filles. Son copilote était encore installé sur le siège du passager à attendre le retour de la patronne, dégustant un plat à en emporter typique de Balmora.

Elle aurait préféré que le garde qui l'avait accompagné quitte le bureau avant que ne soit abordé le fond du sujet, mais ce dernier était resté. Grand mal lui en avait valu, puisqu'il gisait maintenant à terre, fendu du sommet du crâne au bas du sternum. La lame de son sabre éclairait désormais la barbe grise de l'homme assis en face d'elle. Les poils les plus proches de l'arme s'étaient recroquevillés, laissant apparaitre une traînée sombre sur le cou du soldat.

Bien conscient que pour le moment il n'avait plus la main, il avait obtempéré sans rechigner quand la jeune femme lui avait fait déposer son blaster sur le bureau. D'expérience, il savait que généralement celui qui récupérait l'arme créait toujours une ouverture malgré lui lorsqu'il portait son attention sur l'arme pour la prendre en main. Pourtant il resta sans bouger quand son pistolet se mit à se déplacer seul sur le bureau, pour venir se glisser sous les doigts de son interlocutrice.

"- Petit un, vous allez dire aux filles dont je vais vous donner le nom, de descendre dans le speeder. Dites à vos hommes de rester prudents à l'extérieur et aux filles que c’est pour leur sécurité."

L'homme déglutit bruyamment avant de répondre.
"- Je n'ai pas autorité sur elles."
"- Dans ce cas vous ne mettent d'aucune utilité.", se contenta de répondre l'Anzat en affichant un large sourire, dont le soldat comprit vite la nature. Ce dernier fit un geste vers son comlink.
"- Je vais ...essayer.", balbutia-t-il.
Le chef d'escouade s'exécuta.

"- Petit deux, vous allez me dire où trouver Narella."
"- Elle ne travaille pas avec nous. On est juste chargé de garder ses bordels. Si elle a le moindre bon sens elle évitera de se montrer."
"- Ce qui ne répond pas à ma question. Où puis-je la trouver ?"
"- Elle est peut-être avec Valens."
"- Mais encore ?", insista l'Anzat. Nul doute que s'il continuait à tourner autour du pot, il ne passerait pas la nuit. Et probablement perçu-t-il alors l'agacement de la jeune femme, car il se résigna à lâcher une adresse.

"- Bien, et si vous me racontiez une belle histoire en attendant. Je suis curieuse d'en savoir plus sur Balmorra et sa faune."

Quelques longues minutes plus tard, alors que le soldat finissait de résumer les liens entre les différents protagonistes de cette aventure, un des hommes confirma que les filles étaient installées dans le véhicule. Il avait d'abord voulu entrer dans le bureau, mais avait trouvé porte close. Haya avait pris le comlink qui bipait pour lui répondre, expliquant que le chef était occupé pour le moment. Nul doute que ses petits gémissements justifièrent la porte fermée.

"- Accompagnez-moi jusqu'à mon speeder.", finit par intimer l'Arcaniste, usant de la Force pour persuader l'homme. Elle voulait éviter de prendre des risques inutiles en le laissant sur place, mort ou vivant.

La descente de l'escalier menant au hall d'entrée lui paru une éternité. Les deux gardes postés à la porte principale se redressèrent en voyant leur chef arriver. Mais ils s'écartèrent sans mot dire quand l'homme franchi le seuil du bordel, pour se retrouver dans la rue où soufflait un léger vent chargé d'une petite bruine. Haya était toujours à ses côtés. Quelques mètres plus loin le speeder attendait, prêt à partir.

Les choses s'étaient passablement dégradées quand l'un des hommes en poste tenta de mettre un coup de crosse à l'Anzat alors qu'elle venait de passer devant lui. Trop lourdement encombré par sa tenue et son équipement, l'Anzat avait juste eu le temps de le voir venir, grâce à son sixième sens, pour le clouer sur place d'un violent coup de pied arrière. Il n'en avait pas fallut d'avantage pour que son otage passe en mode guerrier à son tour. Sa capacité de persuasion semblait avoir été de courte durée.

La diplomatie avait finit par laisser la place au muscle. La lame rouge du sabre s'était mise à danser dans la semi-obscurité de la nuit, laissant s'élever des corps tranchés une odeur de chair brûlée. Il ne lui avait guère fallut de temps pour remettre le chef de la petite escouade à sa place, c'est à dire à terre avec une jambe en moins, pris entre la douleur de l'amputation et la peur que l'Anzat ne poursuive son œuvre sur lui. Celui qui l'avait attaqué gisait à peine plus loin, le flanc largement ouvert.

Seulement alors, les premiers traits de blaster vinrent sur la Sith. Elle ne les avait pas attendus. Plus rapide et agile que ses adversaires, elle avait, d'une série de bons, rejoint le dernier obstacle entre elle et le speeder, qui commençait déjà prendre de l’élan. Le soldat avait abandonné la garde de l'engin pour mettre en joue son adversaire, alors que l'Anzat avait de son côté anticipé son action pour dévier les tirs de l'arme braquée sur elle. Poussée par la Force, tout semblait se ralentir petit à petit autour d'elle, au point que passant devant le soldat, elle pu presque lire dans ses yeux marrons tout le désarroi qu'il ressentait de s'être trouvé sur sa trajectoire, tandis que le sabre de lumière venait de mettre un terme à sa courte vie.

De leurs côtés, tous les hommes de Rhaga ne s'avouaient pas vaincus. Immédiatement trois d'entre eux embarquèrent sur leurs landspeeders pour donner la chasse aux fuyards. Lent et ne disposant d'aucun armement, seul sa coutre avance jouait pour le petit transport. Les répulseurs sifflèrent alors que les poursuivants refaisaient sans difficulté leur retard. La mauvaise surprise vint de la bordée de tirs qui les surprit par la gauche alors qu'ils traversaient le premier carrefour venu. L'embuscade avait été sans appel pour les poursuivants, tandis que leur gibier rejoignait le flux de la circulation nocturne.

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Bélian bouillonnait intérieurement. Impossible de laisser passer la petite guerre que certains de ses lieutenant s'apprêtaient à se livrer. S'ils avaient trop de crédits au point qu'ils se sentent autorisés à les dépenser de la sorte, alors autant qu'ils les lui reversent. Sans compter que laisser courir allait inévitablement donner des idées aux autres. Il fallait réagir rapidement avant que la situation ne parte d'avantage encore vers du n'importe quoi et devienne ingérable.

"- Fait moi venir Lez, Narella et Valens. Je les veux devant moi dans trente minutes max. Et passe moi Conroy tant qu'on y est."

Faire du secrétariat pour Bélian n'était pas toujours des plus agréables, surtout quand la tension en ville montait. N'en déplaise à son prédécesseur qui, à force d'être réparé, n'avait, sur sa fin de carrière, plus des masses de pièces d'origine. Le droïd s'exécuta donc sans répondre, et contacta chacun par les voies traditionnelles, avant de rendre compte des retours qu'il avait eu. Il s'empressa de mettre Conroy en relation avec Bélian dès qu'il fut disponible.

"- Tu prends la relève de Rhaga et tu me rentres tout le personnel au bercail."
"- Rhaga a donné l'ordre de protéger les ...", mais Conroy n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Bélian le coupait.
"- Je me fous de ce qu'il t'a dit. Et dit toi que si sa place doit se libérer, tu ferais bien de faire ce que je te dis maintenant ! Sinon vous irez tous les deux pointer au chômage. Ai-je été assez clair ?", le ton de Bélian ne laissait aucun doute sur sa détermination.

Si les trois zozos le pensaient déjà fini parce qu’il avait du s’aplatir devant l’étrangère, il allait leur montrer qui était le chef et remettre les pendules à zéro. D’ailleurs, à bien y penser, si elle l’avait laissé en place, c’était pour qu’il veille au grain.
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