L'Astre Tyran

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By Elizabeth Civicius
#35494
    Pour le meilleur


    La Galaxie, vaste étendue de rien ponctuellement piquée de non rien. Amas épars d’étoiles et de planètes, autant d’astres, comme des atomes. Et combien de galaxies ? Des dizaines ? Des centaines ? Et que s’y passait-il ? Y avait-il quelque part dans cet univers, une femme aussi désespérée qu’Elizabeth Civicius, et à la fois aussi heureuse ? Peut-être une mère accouchant de jumeaux, l’un vivant, l’autre mort. L’Arkanienne observait sans joie le défilé sans fin des étoiles qui composaient le paysage de ce long voyage au bout duquel elle retrouverait l’Empereur, son futur époux. Et elle se blâmait de cette morosité. Un mariage est un évènement heureux ! Dans la plupart des cas. Il lui restait trois jours pour se convaincre que la perte de son bien le plus précieux était un détail, ou temporaire.

    Le petit vaisseau comprenait un équipage d’une douzaine de personnes. Dont les deux miliciens chargés de la sécurité rapprochée de Civicius. Oberan et Nkechi. Ils étaient nerveux tous les deux. Mais Isen trouvait Meyine d’autant plus nerveuse que d’habitude, et il pressentait que l’état de la Reine n’avait rien à voir avec l’anxiété peu ordinaire dont elle faisait preuve. Il la surveillait donc elle aussi. Pour tuer le temps, pour s’occuper la tête. Car ce qui allait venir était tout sauf du bonheur. C’était la fin de quelque chose, peut-être la fin de tout. La fin d’un fantasme notamment. Et le début d’une longue aigreur. Il n’avait jamais rien dit, et ne dirait jamais rien. Au moins avait-il le privilège d’assister à ce mariage des plus privés. Elizabeth avait tenu à n’inviter personne, pas même un proche. Elle n’avait pas de proches. De faux amis. Hormis Kadmo, qui faisait lui aussi partie du voyage.

    Alors que la Monarque s’était isolée, elle manda le Capitaine.

      « Qui s’occupe de votre mission pendant que vous m’accompagnez ? »

    L’Arkant répondit sans douter.

      « Deux agents ont été chargés de l’enquête. »

    Et elle le renvoya.

    Finalement, seule, elle se trouvait bien. Enfermée dans sa cabine avec I-sys, elle trouvait bon de récapituler le planning des tenues. Le droïde, au début, avait beaucoup renâclé à la tâche, répétant sur le même ton monocorde que tout était déjà enregistré sur sa carte interne, et que tout allait bien. Puis il abandonna la bataille, accompagnant son maître dans l’inutile revue. Enfin, vint le tour de la robe, la seule qui avait vraiment de l’importance. Elle avait été faite sur mesure, bien évidemment. C’était une robe à bustier, comme aimait tant en porter Elizabeth. Harlon ne l’avait pas encore vue, celle-là. Il en serait peut-être choqué, ou déçu. L’Arkanienne appréhendait la réaction de son époux, lorsqu’il la verrait enfin.

      « Les Humains se marient en blanc, généralement, non ? »

    Elle n’écouta pas la réponse de son aide métallique. En fait, ça n’avait pas d’importance. Elle était Arkanienne, et entendait honorer quelques traditions arkaniennes avant de quitter définitivement son foyer.

      « Prépare la première. Celle de l’arrivée. »

    Le droïde ne releva même pas le fait que l’arrivée était prévue pour le troisième jour de voyage. Il prépara, sans un bruit. C’était une robe ocre, sans décolleté ni échancrure, donc les manches longues étaient faites de dentelle fine. L’habit ne comptait que quelques broderies, à l’encolure et à la ceinture, mais demeurait d’une simplicité effrayante. Son seul atout résidait en ses pinces qui marquaient à merveille les hanches de la Monarque. Si Harlon devait voir sa promise avant la noce, il la verrait ainsi. Et cheveux relevés en un chignon simple. Autour du cou, la petite amulette de communication.

    Après trois jours de voyage spatial, le petit vaisseau quitta l’hyperespace. Il apparut à bonne distance du mastodonte impérial qui se tenait là, sur fond de nébuleuse. La Reine s’émerveilla d’abord de l’arc-en-ciel impressionnant qui s’étirait dans la nébuleuse, puis reporta son attention sur la silhouette sombre qui s’en détachait.

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By Harlon Astellan
#35497
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A bord de l'Executor


« Amiral ? » Tour de bottes, un regard curieux, et un demi-tour sec. « Oui capitaine ? » Se pressant autour d'une console coincée dans un bord près d'une porte à ouverture losange, l'Amiral flanqué d'un lieutenant de frégate auquel il sortait d'entretien laissa le capitaine lui présenter son rapport préliminaire. « Les éclaireurs viennent d'envoyer un message subspatial à notre destination. Il semblerait que la voie soit dégagée jusqu'à la destination. » L'Amiral hocha la tête, gravement d'abord, puis avec lenteur ensuite... imperceptiblement, il se pencha sur le côté et jeta un oeil sur la fosse de commandement. Au loin, devant la baie vitrée, drapée d'atours somptueux et armurés comme un Mandalorien, se tenait immobile une figure qui dirigeait la mission. L'Empereur Astellan, gargouille des Titans, campé sur ses deux bottes, les mains croisées dans le dos, son dos aussi imposant que l'était son visage. L'Amiral s'assura de la distance les séparant, jaugeant le temps qu'il aurait pour dire ce qu'il avait à dire. « L'Executor n'est pas un jouet ! Il le prend comme si il n'avait sa place nulle part ailleurs ! - Oui Amiral. » Il faudrait s'en contenter. Personne ne savait qui pensait quoi au sujet de l'Empereur. Combiend e partisans il comptait dans son entourage, et combien d'ennemis. Ni combien était de l'un en se faisant passer pour l'autre. Fort des dissensions grandissantes au sein de son Empire à son endroit, l'inondation d'espions fidèles avait donné lieu à un jeu de mailles politisantes de plus en plus épais. Il retrouvait les premières palpitations qui l'avaient fait gouverneur, et il commençait de l'apprécier. Se tenir au pouvoir devenait un défi autrement plus complexe sur la durée que simplement s'en emparer.

Image Son troisième oeil acheva de la convaincre de regagner ses appartements. L'Amiral tenta de fuir, prétextant nonchalamment d'avoir une occupation ailleurs - ce qui était probable - mais la vitesse du pas de l'Empereur l'ancra à cette console, devant laquelle l'Empereur passa sans les regarder. Sans s'en rendre compte, de nombreux enseignes baissant la tête en le voyant passer. Mettre genou à terre relevait d'une étiquette qui était écourtée dans l'armée, par besoin de plus de flexibilité. Mais même l'Amiral trouvait encore naturel de baisser les yeux quand passait Astellan. « Quand serons-nous sur place, capitaine ? - A cette vitesse et sans compter les éventuelles complications d'un voyage prolongé... environ trois jours, Amiral. »

L'Empereur, maintenant, méditait. Sa cabine, on la nommait sur les vaisseaux "Cabine Amirale". Dévolue aux personnes de haut-rang, l'Executor contenait rarement un officier dont le rang le plus élevé était Amiral. Pelleaon dirigeait ce vaisseau. Personne, amis comme ennemis, internes ou externes, ne pouvait douter de la sincérité et de la probité du vieil impérial. Son honneur, sa sagesse et son aura en faisant un médiateur de toutes les ambitions. Il logeait dans une cabine qui n'était seconde en luxe que de celle-ci. De part et d'autre d'une passerelle avancée sur le vaisseau, leurs quartiers donnaient une vue gigantesque sur le vide spatial. Les photons des étoiles brossées en nuages brumeux aux mille teintes de bleu terminaient d'achever la vue, la rendant inutile, voire dangereuse pour les rétines. Les voyages intersidéraux requéraient la levée des filtres polarisant pour éviter que le personnel aux abords des verrières s'en trouvent aveuglés. L'Empereur s'était doté d'un luxe holographique, et avait fait placer aux pourtours de ses vitres des diffuseurs de paysages reposants. Plaines de Naboo comme vu d'un immeuble en bordure de Theed, les sables fins de feue Scarif vus de l'antique tour des archives militaires, tout pouvait se livrer à lui, avec même une ambiance sonore qui aurait fait douter les oreilles des plus fins ingénieurs du son. Il avait voulut, étrangemment, une vue plongeante sur les mers agitées de Kamino. Le bruit de la pluie l'aidait à s'apaiser. « PUIS-JE VOUS SERVIR A BOIRE, EMPEREUR ? » Un bref regard de travers. « Sers moi une infusion de menthe poivrée. Justement sucré. » De renvois en assassinats, les serviteurs qui au début se pressaient sous ses fenêtres préféraient maintenant les esquiver, de peur d'en être jeté ou d'en recevoir un morbide déchet. En désespoir de trouver un compagnon de caprices, il s'était fait une raison et avait fait construire un droïde majordome, un modèle cher et finement exécuté. Des modules complémentaire se déclenchaient à sa demande, ou à défaut, il restait simple serviteur. Jamais un raté, jamais un mot que l'Empereur lui-même n'ait pas demandé. Ses services, robotiques et impersonnels, correspondaient jusqu'à lors à tout ce qu'il avait jamais demandé. « Active ton module de confidence. » Le droïde accusa réception et revint vite avec un sachet trempant dans l'eau bouillante, une dose ajustée de sucre en pot sur le côté, une cuiller en or plongée dans le tas de cristal pour se servir avec élégance. Le module de confidence était sans risque : la mémoire vive du droïde s'effaçait après la désactivation du module, sans possibilité de la stocker en mémoire morte ou en mémoire de stockage. « Je m'en vais épouser une Monarque bientôt. » Le droïde ne bronchait jamais, juste tournant la tête de temps à autre, comme pour rappeler qu'il n'était inerte que de programmation. « L'INFORMATION N'A CIRCULE DANS AUCUN CERCLE DE CE VAISSEAU CES SIX DERNIERS JOURS. »

L'Empereur leva les yeux aux cieux. « Je le sais. Tout le monde l'ignore. » Il humecta son infusion et décida qu'il était temps de retirer le sachet et rajouter le sucre. « Tant mieux. » Le mariage était révélé, mais il n'en ferait aucun esclandre. Placer ses tueurs auprès des représentants d'un Empire non-mixte avait été assez compliqué pour ne pas créer d'émeutes dans les populations les plus souverainistes. « Elle abandonna tantôt son trône. Elle vient à moi, sans couronne, sans famille... juste avec ses souvenirs et ses blessures. » Il s'expliquait parfaitement les pluies de Kamino. « Aurait-elle tout abandonné par amour ? S'est-elle privée de tout ce qui la composait pour simplement me rejoindre, sans garantie de voir un seul jour de paix à mes côtés ? » Il but une gorgée. Encore brûlant. Il passa outre. « L'aurais-je fait ? Je lui ai proposé. Mais j'aurais esquivé la chose. On n'abandonne point une chance pareille quand elle nous est donnée. Non. Elle espère plus. » Il reposa sa tasse en soucoupe, et la laissa à la surface de sa table basse. « Dois-je lui accorder plus ? Plus qu'une planète, je lui offre un Empire. Mais en sera-t-elle une cheffe ? Non. Elle ne serait jamais que la p#&!n d'un tyran. » Cette perspective le remplissait de colère froide. « Je me dois de lui offrir la grandeur. Une place réelle. A mes côtés, main dans la main, mais autonome. Vivre ensemble un maximum, et diriger ensemble sans empiéter l'un sur l'autre. » Il avait des options en tête. Tout un programme. Pour gagner du temps avec sa promise, il aller devoir pactiser avec les ténèbres. Vendre son humanité sur l'autel du Dieu Machine. « VOUS FEREZ CE QUE VOUS DICTE VOTRE COEUR. » Il ne répondit rien immédiatement. Il fallait qu'il trouve quelque chose de cinglant à répondre. Qu'il fasse l'élogieux portrait de sa candeur et de sa mièvrerie. « Finalement... » commença-t-il, « ... c'est peut-être la seule chose qui méritait d'être entendue. »




Son oeil transperçait les chairs. Il se voyait nu à travers ses vêtements. Il s'imaginait tel qu'il apparaîtrait à l'appel du coeur. « LES HUMAINS SE VÊTENT DE BLANC EN MARIAGE, COMME LE VEUT LA TRADITION. » Aussi Harlon s'admirait-il en blanc. Les épaules carrées, une fourragère le liant à sa médaille gouvernementale. Il imposait encore le respect, mais il détestaitr cette figure de blanc, surchargée et... obsolète. « Quelle tradition humaine t'apparaît comme représentative pour l'affirmer ? » Le droïde répondit bien assez vite. « LA HAUTE NOBLESSE DU NOYAU POURSUIT LA TRADITION DU MARIAGE AUX HABITS BLANCS. » Harlon roula des yeux. Il abandonna ses vêtements, jetant l'uniforme de test au loin, sans pudeur devant le droïde, les muscles roulant sur sa peau tannée par les ultraviolets des neiges qu'il visitait trop souvent ces derniers temps. « Donne-moi mon tabard. Va me trouver une fourragère platine, et un surcol amidonné. » L'image faisait de lui une sorte de jeune guerrier en pleine parade, doublé d'un lanceur de sort maléfique. « Enlève le col, et ajoute deux épaulières noires à liserai d'or. » Il commençait alors de ressembler à quelque chose. « Apporte-moi une jupe de lattes. Cuir de Rancor. » Le Hangar Amiral, un hangar privé situé à une vingtaine de mètres de ses appartements, un lieu d'escapade rapide pour les très hauts gradés, avait du laisser une des deux places de vaisseau à une navette Sentinelle chargée de vêtements. Chaque style allait en cinq nuances colorées, blanc, gris, noir, marron foncé et crème, chacun contenant ses variations selon la nature de l'objet. On dénombrait encore 67 bas différents, 55 chausses, 284 hauts et 1395 accessoires. Si l'on comptait les couleurs, les possibilités d'habillage dépassaient le nombre d'étoiles cartographiées par les astrologues de ces dix derniers millénaires. Une précaution qui ne venait même pas de l'Empereur, mais de son intendant au Palais. Le commerce de luxe marchait du tonnerre lors de ces périodes. Les vêtements en trop resteraient propriétés de l'Empereur. Le commerçant avait honoré sa commande à grand renforts d'emplois supplémentaires, et il était maintenant à 'labri du besoin financier jusqu'à la retraite de ses arrières petits enfants. « Assorti la jupe d'une ceinture large. Noire, boucle en argent terni. » La boucle frappait le cimier impérial en pleine rosace, une base d'argent massif accueillait des nuances d'ivoire et d'obsidiennes pour faire ressortir le symbole qu'il porterait fièrement.

« C'est parfait. » Il était parfait. Austère comme jamais, il respirait la Force et le pouvoir. Un col monté sous son cou même, des épaulières qui le rendaient encore plus large, un tour de lattes qui claquaient ses bottes, sur un bas gris qui éclipsait ses jambes et ramenaient à son torse bombé. L'Empereur serait presque à nu, mais encore ivre de puissance. « Et ainsi se maria-t-il, et connut-il la paix... »
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By Elizabeth Civicius
#35556
    Tout abandonner. Par amour. Ou par mépris.

    La Reine connaissait son Empereur. Elle savait combien sa fonction lui importait et combien il aurait été décevant de le voir renoncer à sa promesse pour préserver son rang. Aussi avait-elle balayé la proposition de l’Humain d’un revers de main. Absurde, avait-elle dit. Alors, il aurait dû comprendre qu’elle ne le jugeait pas capable du sacrifice. Elle lui pardonnait fort bien, refusant tout avant qu’il ne se jetât dans le précipice. Ainsi, nul besoin de se trouver déçue. Elizabeth se rendait garante des incapacités de son futur époux, en ne lui demandant pas ce qu’il ne pouvait accomplir.

    Mais de là à renoncer à tout …

      « À cette heure, dans notre système actuel, ça n’a encore jamais été fait. »

    La Reine sourit doucement, elle entendait déjà la suite.

      « Nous ne sommes certes pas les plus puissants au Dominion. Mais nous serons les premiers à nous prétendre de la famille impériale. »

    La chose semblait ravir l’Arkanien. Sa sœur le corrigea.

      « Ce n’est pas une fin en soi.

      - Pour toi, peut-être pas … je ne peux pas croire ton désintérêt si total. »

    Elizabeth haussa les épaules. Ils étaient à huis clos, loin d’Arkania, pas encore à portée conventionnelle des communications de l’Executor, qui n’était pour l’heure qu’une sombre silhouette, là bas.

      « Tu sais combien c’est dangereux ? »

    Il acquiesça.

      « Tu prendras ma place au Dominion. Stahl ira sur Yaka. »

    De nouveau, il opina.

      « Et Calena ?

      - Calena … Si elle pouvait trépasser dans les deux jours … »

    Kadmo saisit doucement la main de sa soeur.

      « Je suis désolé …

      - Tu n’es pas mieux. »

    Elle se leva, retira sa main et se planta devant la baie vitrée renforcée qui les gardait du vide. Le silence qui s’installa dura quelques minutes, pas suffisamment au goût de la Reine. L’Arkanien savait qu’il était désormais temps de s’éclipser, mais il y renonça, préférant conter à sa sœur les derniers instants sordides de la vie de leur père.




    On en finissait avec les procédures d’approche, les affirmations et les confirmations. Tandis que les pilotes amorçaient leur approche du mastodonte impérial selon l’angle et la trajectoire imposés par leur hôte, Elizabeth procédait aux derniers ajustements de la longue tresse d’argent - on avait abandonné l’idée du chignon - qui pendait dans son dos, sur fond ocre de sa robe. Celle-ci était d’une sobriété effarante en comparaison de la tenue réservée au jour heureux.

      « Arrête, tu es très bien. »

    Les deux petites mains revinrent devant et se croisèrent pour finalement ne plus bouger.

    Quand le petit vaisseau fut posé et que la rampe glissa enfin jusqu’à sol, les deux miliciens vêtus d’anthracite ouvrirent la marche. Ils quittèrent la ligne dès l’ombre du vaisseau dépassée pour laisser place à leur maître, Elizabeth, directement suivie de son frère, dans un ensemble blanc cassé ceint de rouge. Le reste des accompagnants n’avait pas grande importance.
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By Harlon Astellan
#35568
Image « Major. » Bruits de bottes sur le fer au sol. Les plaques soudées par le dessous résonnèrent comme à leur habitude, et le Major, comme à la sienne, répondit présent. « Nous avons un visuel. Apparemment, la flottille des Civicius est au complet pour l'occasion. Du moins nos rapports ne font état d'aucune variation entre ce qui est sensé être présent et ce qui l'est. » Le Major accepta le rapport. « Transmettez leur-les codes d'approche. Qu'ils restent sur le vecteur dicté. » L'opérateur confirma une dernière information. « Doit-on leur ouvrir l'accès au Hangar Amiral ? - Non ! » répondit le Major, trop rapidement peut-être. « Le Hangar Deux sera suffisant. » L'opérateur n'y cru pas. « Major, nous avons reçu des directives très précises de l'Empereur, il souhaite que Dame Civicius et sa suite... - Je prendrai sur moi ce contre-ordre. Hors de question qu'une alien se pose sur le Hangar Amiral. - Bien Major. »




« * Navette de transport, veuillez transmettre vos codes de cryptage sur le canal 3,4,2,7. Le champ de sécurité ne sera désactivé qu'en cas de validation de vos codes d'identification. * » On leur transmit. Les impériaux validèrent les codes donnés par les pilotes arkaniens dans leurs moulinettes, nom affectueux donné aux supercalculateurs embarqués dans les Destroyer. « * Vous avez l'autorisation de passage. * »




On les guidait donc vers le Hangar 2. On informa l'Empereur de leur arrivée soudaine, mais pas à l'endroit qu'il avait indiqué. « J'avais pourtant été très clair. » Tout était organisé pour rester dans l'intimité. Un contre-ordre, ou un mauvais suivi de ses ordres allait tout gâcher. Cela le contrariait. « Envoyez une commande au PC. Reroutage de la navette Civicius vers le Hangar Amiral immédiatement. - Bien, Empereur. » Il terminait de se préparer, enfilant, aidé de son droïde - qui, à être honnête, faisait tout le travail, comme un écuyer - ses éléments d'armure un à un. « Qui est responsable de cette erreur ? - Le Major Keïnen, Empereur. - Qu'on me l'amène. Immédiatement. »




Il tomba à genoux. La main sur la gorge, à chercher son souffle. Il haleta, mais rien ne rentra dans sa bouche. En désespoir de faire entrer, il tenter de faire sortir, en poussant un râle quelconque, n'importe quoi, pourvu qu'il appelle à l'aide. Un borborygme rauque suivi d'un gargouillis furent ses derniers sons émis. Le sang commença à gicler partout sur le sol lustré. « J'accepte vos excuses, Major Keïnen. » Harlon contourna le corps alangui, un poignard d'une finesse exquise dans la main. « Chacun est libre de ses choix... fussent-ils celui de condamner l'étranger, et surtout celui de passer outre les ordres de l'Empereur Astellan. » Harlon renifla la lame d'un coup bref. On l'avait forgée pour lui. Quand son père était mort, sa plus récente et plus juvénile maîtresse, une fillette majeure d'une heure au moment de découvrir l'amour au creux des charmes royaux de l'Empereur, le chagrin et la haine avaient inspiré à la fille, propriétaire d'une villa de Baron en plein centre-ville de Bastion City, de faire forger une arme à son image : fine, élégante, toute en courbes, à la pénétration douloureuse. A sa dernière réception à la Cour, elle avait chargé comme une folle, ce poignard de femme à la main, se faisant maîtriser par Harlon directement, qui lui avait tordu les mains, tout en riant méchamment. « Il n'est jamais assez de coups de poignards pour les tueuses et les putains, semble-t-il. » Et, de sa force étonnante, il avait tourné le poignard vers la gorge fine de la petite rousse, et avait lentement, avec une douceur calculée, rentré la lame au-dessus du sternum. Au bout d'une vingtaine de secondes, la garde restait là, comme un magnifique bijou en piercing à la jonction du cou et du corps, alors que le coup, létal à retardement, ne faisait encore que trembler la fillette. En hommage à ce poignard destiné tout spécialement pour lui, il avait gardé le couteau pour son compte, et, pour punir la mère de famille qui en avait passé commande pour sa fille, avait vendu tous les biens familiaux, redonné l'argent pour un nouveau Baron Impérial, et avait vendu la mère comme esclave de luxe à un très riche marchand Hutt de passage sur Bonadan.

Le poignard, il se surprit à lui donner un langoureux coup de langue. Le sang du Major s'étala sur la langue impériale, qui ne manqua aucune miette cuivrée qu'on lui offrait. « Regardez comme votre sang souille mon sol... » Il rangea son couteau, et laissa le Major s'étouffer sur place. Il avait un dernier mot à distribuer à son majordome robotique. « Je te laisse vingt minutes pour tout nettoyer, et jeter cet homme au broyeur à ordures. Fais effacer son nom des registres officiels quand tu auras fini. »




Finalement, on fit se poser la navette au Hangar Amiral. Il ne restait rien dans le Hangar, même la navette d'Harlon avait disparu. L'emplacement était marqué en clair par un traçage au sol précis et contrasté. « Que tout soit impeccable... » Il le murmurait, plus pour lui-même que pour quiconque d'autre. Il avait fait rassembler une véritable armée d'accueil. De part et d'autre... une rangée frontale de Gardes Rouges, deux de StormTroopers, deux d'officiers, de la Marine et de l'Armée de Terre, quatre de fusiliers-marins, et deux d'agents logistiques. Harlon Astellan se tenait au bout de l'allée, à mi-chemin entre l'endroit où le vaisseau allait se poser, et les portes du hangar.

Il attendit que sa bien-aimée sorte. Que la rampe s'abaisse. Flanqué de Kir Kanos, de Pelleaon, rien ne manquait. Ses hommes savaient ce qu'ils devaient faire. Veiller à l'arrivée d'Elizabeth Civicius.

Et, à son niveau, poser un genou à terre. Une marrée humaine qui ploya l'échine face à une allure royale venue d'un paysage glacé. Une tresse argentée qui tranchait sur l'ocre et le sang, sur ce fond de hangar givre et noir. Ce fut, alors, au tour d'Harlon de s'incliner. Genou à terre, tête baissée devant sa promise. « Monarque Civicius... » Il fut le premier, et, mis à part ses deux accompagnants, le seul, à se relever. « J'étais... impatient de vous revoir. » Il offrit un geste d'ouverture. Rien d'amitié entre les peuples. Juste... ouvrir ses bras.
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By Elizabeth Civicius
#35655
    La foule de genoux qui se posèrent au sol claquèrent sur le béton armé du Hangar Amiral. À chaque nouveau pas d’Elizabeth, une nouvelle rangée s’abaissait et faisait résonner son obédience, car c’était le salut réservé à l’Empereur. L’Arkanienne ne leur jeta pas un regard. Elle les voyait pourtant. La dramaturgie de son arrivée l’impressionnait, mais elle ne cilla pas, et les seuls capables de déchiffrer son émotion avaient déjà baissés la tête et plié l’échine face à Astellan. Son fiancé avait-il distribué des ordres ? Était-ce là un message qu’il faisait passer ? La Monarque de la petite Arkania n’en demandait pas tant. Elle saurait cependant saisir l’occasion qui se présentait, si elle se maintenait. L’Empereur s’inclina à son tour. Trop d’honneur. La Reine avançait à pas régulier. C’était comme un ballet. L’Humain se releva à temps pour accueillir sa promise, se réservant une paire de secondes pour apprécier la vue de celle qui marchait vers lui. Un calcul minutieux, ou une synergie parfaite.

    Enfin, ils furent face à face.

      « Empereur Astellan. »

    Un sourire, tout au plus. Elle se tenait menton haut - il était bien plus grand qu’elle - révélant une once de fierté. Cet instant, bien qu’il ne fût pas l’instant le plus attendu de tous les instants de ce séjour, avait son importance. Ils se retrouvaient, après des mois d’éloignement. Ils avaient retardé longtemps leur union, dans un souci d’en savourer l’officialisation, et pour Elizabeth de se trouver libre de toute contrainte politique. Un Monarque impérial aurait fait tâche au Dominion. En revanche, on n’attendait rien des chef de clans. La situation régularisée, les problématiques arkaniennes rendues aux pantins du Dominion, la Reine se trouvait exempte de toute responsabilité. Ils n’auraient pas à partager leur temps entre deux mondes, Elizabeth quittait le sien. En conséquence, elle n’exposerait qu’une seule réclamation, un détail.

    À l’invitation, l’Arkanienne rompit la distance habituellement observée par le protocole, à savoir qu’on ne pénétrait pas la sphère de directe proximité de l’Empereur. Il lui fallait cependant bien le rejoindre pour continuer, à son bras, la marche jusqu’aux portes du hangar. On laissa là l’équipage du vaisseau invité, et seule la suite désignée de la Monarque se remit en route, à bonne distance du duo dirigeant. Ils avançaient à rythme égal. La main d’Elizabeth pesait à peine sur le bras de l’Humain. Elle avait pourtant refermé la prise, s’autorisant un peu plus qu’un simple contact de rigueur.

      « L’attente prend fin. »

    Elle souriait désormais, en songeant à cette idée, et au fait que leur patience serait mise à mal par bien d’autres moyens. C’était une aventure toute nouvelle qui débutait, quelque chose d’inédit, d’un peu effrayant. C’était un moment de doute et de questionnement intense. On pensait alors à renoncer, à faire demi tour, à tout arrêter. Ce pivot de décision imposait un choix définitif, qu’il fût celui de continuer ou bien d’abandonner. On ne reviendrait pas sur le chemin emprunté. Le refus serait total, si bien que l’union serait éternelle. Et c’était d’autant plus vrai que l’époux était le Grand Empereur Galactique.

    Un frisson.

    Et sur un ton plus détaché, sur fond de pleine satisfaction.

      « L’Executor, n’est-ce-pas ? Je suis flattée. »

    Elle lui jeta un regard, guettant une réponse ou un sourire. On quittait le Hangar Amiral. Harlon menait la danse et guidait leurs pas, il était le seul chef d’orchestre de leurs retrouvailles.
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By Harlon Astellan
#35659
Son esprit n'eut guère à vagabonder plus loin que ce hangar pour y retrouver la source de son privilège sentimental. De tous ces instants où il se devait aller aux songes, aux souvenirs et aux parfums d'un corset exposé dans sa cabine, aucun n'était aussi précieux que celui qui lui accordait une vision de chair et de sang. Toujours inventive sur la présentation, audacieuse dans ses atours colorés, ses cheveux, qui trouvaient un statut merveilleux dans chaque manifestation, et avec cette pudeur, mélange de gêne et de protocole millénaire, qui là encore lui interdisait une accolade, au profit d'une manche qui servirait de guide à la visite de son chez-soi nouveau. Sous toutes ses formes, il ne l'en aimait que plus encore. Ne pas l'étreindre relevait de la torture mentale ; l'étreindre, à y penser, aurait vu pour elle une torture physique. L'Empereur, dans une décharge de sentiments, aurait bien été en capacité de lui briser les os, et de la contraindre à un état de légume requérant des soins médicaux d'urgence. La chose eut été fort dommage. Pis encore... il n'en s'en serait rien pardonné. Même dans le plus fort de ses colères à son endroit, il se savait l'incapacité d'un jour lui vouloir le moindre mal.

« L'attente prend fin. » Il avait mit son bras où il fallait. Il sentait la petite main, agrippée à elle, en pleine transmission d'un flux saccadé de plasmas émotifs. Son affect, ses pensées présentes, son propre désir peut-être... sa peur, aussi. Pouvaient-ils nier, l'un comme l'autre, une appréhension du pire, pour l'avenir ? Un regard vers elle, vers son sourire, suffit à se convaincre que le pire ne rattraperait en rien le meilleur. « L'attente prend fin... » Il méditait là-dessus. « L'attente reprend. » L'attente de la fin. De la dernière fin. De l'instant où, leurs deux corps, en phase d'assomption, allaient mettre un terme au vécu, et leur offrir une rétrospective de leurs plus grands instants communs. L'attente de l'instant où tout aurait été dit, et où il ne resterait plus qu'à observer, admirer, et se retrouver, encore une fois, comme aux premiers jours. « L'Executor, n'est-ce pas ? Je suis flattée. » Il acquiesça. A son tour de sourire, son bras toujours porteur. « L'Executor, il est vrai. » Il détacha son regard langoureux, et le porta alors sur un début de coursive, qui s'étendait au-delà de la porte ouverte du hangar. « Le fleuron de la Marine Impériale. » Et, d'un point de vue technologique, militaire, et financier, un fleuron galactique, en toute simplicité. « Il sera à toi. » Il secoua son bras, comme pour l'inscrire dans les atomes secoués. « Moi, lui, et tout le reste. » Il lui proposa, alors, sur le ton de la proposition : « Veux-tu le visiter ? »




Il eut été logique qu'elle le veuille. S'il elle l'avait voulu, il n'aurait pu l'emmener qu'à un endroit qui en vaille la peine ; au diable, les machines, les turbolasers, les générateurs ! Les opérateurs, en équipe de vingt à cent têtes faisaient tous un travail formidable, mais pouvait-on trouver un intérêt inédit dans des salles que tout le monde visitait n'importe où ailleurs ? Le seul endroit où l'Executor pensait, respirait, voyait, et parlait, là où l'Empire s'incrustait dans le sol lustré, c'était sur Le Pont. De longs couloirs courbés, flanqués de petits ilôts remplis de terminaux, de lumières et de boutons, là où s'attroupaient des soldats de basse extraction et des généraux en préparation d'un débarquement, là où la Marine et l'Armée stoppaient les mesquineries pour se coordonner, là où les Amiraux donnaient les directives à leurs plus zêlés lieutenants... et tout cela, avec une salle de réunion de grande allure attenante, de même qu'une une salle de communication dont l'émetteur-récepteur privé, protégé par un pare-feu physique de la taille d'un speeder, disposait d'une portée rivalisant de technique avec la Force. Sur le Pont, on se mit en ordre clair, les officiers, agents et techniciens droits sur leurs talons, le regard dans le vague, menton haut, le temps que le duo monarchique fasse son entrée. Quelques agents, de grandes perches maigrelettes dépassaient allègrement l'Empereur, et semblaient encore dépasser la Monarque, même échine courbée. Pour autant, rien n'aurait pu éclipser le couple, tout le temps que dura ce détour. « Tu es ici au centre de tout. » Ordonner un bombardement sur Sullust ? Facile. Se renseigner sur les derniers mouvements d'espions de la Bordure Intérieure ? Dans l'instant ! Une envie de rebattre les cartes en signant, même au stade de fantaisie, une nouvelle Constitution ? Tout à portée, d'un petit son de "clic". Un tel pouvoir donné à la Monarque d'Arkania... Combien, ici, alors que tous savaient ce qui serait célébré ici même, sur ce pont aménagé, bientôt épouillé des éléments trop voyants, redoutaient déjà les envies à venir de la petite femme ?

« Regarde... » chuchota-t-il, le bras toujours porteur, alors qu'il montrait, au travers du reflet des vitres, qui donnaient sur un nuage d'encre verte et rose diluée dans l'espace infini sans soleil, « Ce que tu leur inspires. Tu leur inspires déjà la crainte, mais aussi le respect. Le respect envers ton rang, envers ton être. La peur de cet être avec ce rang. » Le dégoût, la haine également. Combien ici voulaient, songeaient, fantasmaient, préparaient sa mort violente, tentative inespérée de figurer dans un livre d'histoire comme celui qui "l'avait fait" ? "Pour le bien de l'Empire" ? « Cette nébuleuse... Il s'y cache tant de souvenirs... » Les siens ? Nenni. Ceux des voyageurs égarés, d'amateurs d'escapades, ou de romantiques en quête d'un lieu de repos à deux. « Viens avec moi. »




L'Empereur se fit rappeler la temporalité relative au standard Impérial en cas de voyage en hyperespace, et se fit apprendre qu'ils étaient en fin d'après-midi. « Nous comblerons ce jour avec les sujets de ton choix. » Une visite approfondie de lieux plus précis ? Un temps de calme en cabine privée ? Un moment intime avec lui, à jouer des dames, des pions, ou de leurs envies ? « Mais souffre de déposer tes affaires avant d'y aller. » De retour vers les espaces amiraux, là où résidait l'Empereur. « Ma cabine t'est ouverte. Elle peut nous accueillir tous deux. » Dans un confort complet, dans une propreté médicale, et dans un cadre idyllique : vue sur nébuleuse, hologrammes à la demande si besoin, et dans l'espace vital de l'Empereur, à même l'Oeil du Cyclone. « Mais je pourrais comprendre que tu veuilles passer encore un peu de temps dans l'intimité la plus totale... » Une cabine aménagée l'attendait au besoin. Certes pas aussi complète que celle de l'Empereur, à la mesure de ses caprices et de ses goûts propres. On y trouvait le confort attendu pour les Haut-Amiraux comme grade le plus bas, ce qui admettait un confort proche du luxe exigé par les ambassadeurs étrangers. « Dis-moi... »
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By Elizabeth Civicius
#35669
    Oui, elle le voulait.

    S’agissant de l’Executor.

    La Monarque se laissa guider dans le dédale de couloirs métalliques, au bras de son aimé, suivis de leur personnel respectif. Elle découvrait la machine de guerre impériale, comparait parfois silencieusement avec ce qu’elle connaissait de l’arkanienne. L’Executor était de loin le plus impressionnant des bâtiment. Et la visite du pont, centre de commandement, confirma cet a priori. Tandis que les yeux arkaniens observaient tantôt les consols, tantôt la nébuleuse, les oreilles écoutaient attentivement les mots de l’Empereur. Inspirer la crainte. Inspirer le respect. La peur. Ils avaient raison. Ils savaient combien il était dangereux de côtoyer les détenteurs du grand pouvoir. En revanche, ils ignoraient peut-être encore combien la Reine était cruelle, et combien leur vie importait peu à ses yeux. Des yeux vides, des yeux fantomatiques, dont la froideur jurait avec le sourire amical adressé à Astellan. Les deux s’appairaient parfaitement. L’on ne s’en rendait pas encore compte, parce qu’on n’avait pas encore pu observer le plein potentiel de l’Arkanienne.

    Ils quittèrent le pont, sans que la Monarque put faire part d’autre chose que son admiration, polie autant que réelle. Le tableau dépeint par l’Empereur avait quelque chose d'exaltant. Elle emportait ce sentiment avec elle.

      « Je voudrais me reposer. »

    Elle se tourna vers sa suite, qui comprit aussitôt qu’il convenait désormais de déplacer les affaires de la Monarque. Elle pivota à nouveau vers l’Empereur.

      « Ta cabine. »

    Et un sourire, sans sous-entendu, une simple confirmation.

    Tout le voyage pour venir ici avait été un long repos. Elle s’était changée juste avant l’atterrissage. Le repos était un prétexte pour se trouver seule avec Harlon. Elle savait pouvoir l’exiger sans prétexter, mais c’était plus commode ainsi, ou plus amusant. On alla chercher ses affaires, et ils furent seuls.

    Elizabeth vint prendre sa place dans les bras de son aimé, posant la joue contre son torse et passant les bras dans son dos pour s'agripper au mieux. Il lui avait manqué. Tellement manqué. Au fond, elle était triste d’avoir attendu si longtemps pour que leur promesse devint réalité, et à la fois si heureuse de pouvoir se tenir en cet instant près de lui.

      « Comment vas-tu ? »

    Elle se détacha momentanément pour observer sa réponse.

      « J’ai quelque chose pour toi. »

    Elle glissa hors de l’étreinte pour gagner ses bagages. De l’une des malles en plexiglas opaque qui l’accompagnaient, elle tira une boîte plate qu’elle présenta à Harlon et ouvrit sous ses yeux. Le couvercle soulevé révéla une écaille grosse comme la main ouverte de l’Humain, et qu’on aurait pu croire faite d’un métal blanc nacré. L’objet semblait artificiel tant il irradiait à la lumière des plafonniers, mais un examen plus minutieux révélait les strates organiques qui le composaient et l’avaient formé, année après année.

      « Il ne reste plus rien de la caverne de la mine de Manlor. Le dragon a détruit tous les cristaux qui s’y trouvaient. Cependant, l’exploration des conduits a permis de découvrir où l’animal avait établi son nid. Cette écaille a été trouvée là intacte. Elle ne remplace en rien la chasse que nous n’avons pas pu donner à cette bête, mais c’est une pièce d’une grande valeur, et un souvenir auquel je suis très attachée. »

    Elizabeth sourit doucement. Elle savait le présent un peu frustrant pour qui avait souhaité abattre l’animal et avait manqué un combat, mais …

      « Je t’aime ... »
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By Harlon Astellan
#35673
« Je voudrais me reposer. » Un tas de raisons. La fatigue, les désirs... la pression. L'Empereur s'avouait parfois la difficulté à appréhender sa promise. Il n'en savait que peu, et ce peu incluait le savoir de ne rien savoir. Toutes ses certitudes lui venaient de déductions longuettes, dont certaines n'avaient encore point abouti jusqu'à l'unique conclusion. Mais dans ses scenarii intérieurs, il se refusait à une éventualité : celle qui la voulait timide pour les questions de pouvoir. Il la pensait - et, inconsciemment, il la savait - totalement ivre de puissance. L'Executor était un symbole qui procurait des vertiges. Une majestée phallique large comme une grande ville, remplie de trois cents mille opérateurs de tous les métiers, dont les soutes embarquaient aussi bien une zone commerciale restreinte que des bases pré-fabriquées de chez Rothana ? Y résister serait un miracle. Peut-être y avait-il, dans une envie de repos, un besoin de faire retomber l'extase d'un destructeur de mondes autonome. « Ta cabine. » Et un sourire. Il dut l'admettre, il avait cru un instant qu'elle voudrait nourrir encore un peu de passion par la séparation. « Je t'en prie. » Il ouvrit la porte en passant sa main dans un réceptacle presque invisible. Les battants coulissèrent en un bref bruit de piston, laissant observer un petit couloir gris, sans décoration authentique. Juste un hologramme qui représentait un art alien buccolique. La chambre donnait au bout, la droite donnait sur la salle d'eau, avec une douche moins spartiate qu'un dortoir de StormTrooper.

Dans la chambre, on pouvait reconnaître deux éléments chers à Harlon. Le premier, un petit éclat étoilé, d'un blanc laiteux, s'épanouissant anarchiquement dans une pierre d'un bleu oscillant sur le vert. Un cadeau Arkanien. Devant sa cloche en verre carrée, on lisait en Aurebesh, sur une plaque dorée, "Cadeau de Manlor, Au nom de l'amitié Arkano-Impériale". L'objet était situé sur une table modernisante dédiée, sans rien d'autre dessus, juste en sortant du couloir et en donnant sur la chambre, face à sa vue sur l'Espace. Le deuxième élément, c'était un mannequin de bois laqué en teinte de gris, comme passé au vernis à ongles. On n'y voyait qu'un buste, des débuts de bras, le torse et les hanches. Posé sur le tour, un corsage. De la dentelle blanche. Posé si près du lit qu'on l'aurait cru prêt à s'y coucher. « Souvent, quand je dois imaginer une réponse de ta part, je me tourne vers lui. » Ils ne se parlaient pas aussi souvent qu'il l'aurait voulu. Mais des fois, il demandait au corset ce qu'il ne pouvait pas demander, ou ce qu'il oubliait de demander quand il avait sa promise directement. « Oh, tes affaires. » Des porteurs, discrets, à faire rouler au sol les valises qui contenaient le nécessaire. Mais aussi quelques affaires personnelles qu'elle voulait emporter. Cette cabine était temporaire, mais elle finirait par s'installer avec lui. Je te demande tant... Abandonner Arkania pour le suivre... oh, elle ne trouverait pas son rôle rabaissé. Mais elle trouverait là quelque chose d'éloigné de sa terre natale. Au moins pouvait-elle apporter ce qui lui faisait plaisir. Avait-elle emportée sa lanterne ? « Merci messieurs. » glissa-t-il à l'attention des porteurs. Et enfin, ses bras rencontrèrent tout un corps. Il rendit l'étreinte, et s'abandonna lui aussi. La tête dans des cheveux d'argent, le nez embrumé d'un doux parfum des plaines glacées. Savoir que les départs, et le temps passé loin de l'autre allaient se raréfier était un tel soulagement... « Comment vas-tu ? » Harlon, les yeux encore fermés, laissa échapper un petit rire, sans déserrer. « Tu es là, dans mes bras, bientôt mon épouse, et tu me poses la question ? » Stupide question. Mais il l'adorait autant ainsi. Parce que la réponse, même évidente, valait d'être dites une centaine de fois. « Je suis heureux, Elizabeth. Je suis avec toi. » Il ne lui rendit pas la question. Il avait une idée de la réponse.

Finalement, elle se sépara. « J'ai quelque chose pour toi. » Tiens ? Un vêtement, de nouveau ? Un sous-vêtement, de ceux qui rendent le concept de rayonnement quantique complètement sybillin en admirant la dentelle et la transparence du tissu ? Elle tira une des malles, et Harlon se précipita, avec calme et silence, pour la tirer et en ouvrir le lourd fermoir. Il laissa ensuite Elizabeth s'y orienter. Elle tira une boîte rectangulaire, aux sommets carrés et de facture simplifiée, mais élégante. L'intérieur était capitonné en velours violet qui sentait le neuf. Au milieu, une sorte d'écusson en métal peint. Pour quoi faire ? Harlon plissa des yeux, mais ne remarqua rien de particulier. Si ce n'était un ensemble de stries organiques qui en parsemait la surface. « Il ne reste plus rien de la caverne de la mine de Manlor. Le dragon a détruit tous les cristaux qui s’y trouvaient. Cependant, l’exploration des conduits a permis de découvrir où l’animal avait établi son nid. Cette écaille a été trouvée là intacte. Elle ne remplace en rien la chasse que nous n’avons pas pu donner à cette bête, mais c’est une pièce d’une grande valeur, et un souvenir auquel je suis très attachée. » Une écaille... bien sûr ! Une écaille de Dragon Arkanien... Harlon se dit d'un coup que même une perle de Dragon Krayt n'aurait pas eu plus de valeur. Mais surtout, rien n'aurait été plus approprié comme présent. « C'est magnifique... Eli... » Il se souvenait encore de son envie brûlante d'en découdre avec une créature légendaire. Pour autant, l'évènement et la frustration étaient loin maintenant. « Merci. » Il sortit l'écaille de son écrin, le tourna, le retourna dans sa main, l'observant avec un oeil brillant, mais posé. « Il faut parfois laisser les légendes s'en aller sans égratinure... »

Il avait maintenant un morceau de légende. Il remit l'écaille en boîte, la laissa ouverte, et la posa sur sa table de chevet. « Je t'aime ... » Il ouvrit les mains, s'offrit de l'étreindre, de l'embrasser. Langoureusement, avec fougue, presque à s'en décrocher la mâchoire. Mais sans faire trop de mal. « Moi aussi. Et à tout jamais, très bientôt... à tout jamais. » Il esquissa un geste, celui de faire glisser ses vêtements, de la mettre à nue, et de lui offrir un instant de relaxation. Mais il devait se contenir un minimum. Elle était fatiguée. Elle méritait un peu de détente, au calme. « Que dirais-tu, pour te remettre de ton voyage... » Il tapota des doigts sur les épaules d'Arkania. « ... d'un bon massage ? Intitulé... Secret de l'Empereur. » Les massages avaient tous un nom. Le secret ? Toute nue, allongée sur le ventre pour commencer.
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By Elizabeth Civicius
#35705
    Des questions stupides, des remarques inutiles, un partage d’informations globalement futiles, parfois entrecoupé de discussions davantage sérieuses mais tout aussi passionnantes. L’amour voulait qu’on se dît tout, mais aussi qu’on fût capable de se comprendre sans un mot. Une alternance de silences et de confidences. Un geste, évasif ou éloquent. Celui de l’Empereur ne laissait que peu de place au doute. Et cela procurait une sensation étrange, à la fois agréable et oppressante. La sensation d’être désirée, et à la fois un peu obligée.

    Les mains de l’Arkanienne accompagnèrent celles d’Harlon pour achever ce qu’il avait à peine osé esquisser. L’ocre tomba sur les épaules de marbre, une main alla décrocher quelques agrafes dans le dos, et les manches glissèrent sur les bras, découvrant un buste paré de dentelle anthracite. La robe chut lentement jusqu’aux pieds d’Elizabeth, son regard tomba dans le même temps tandis que deux de ses doigts se portaient à la rencontre d’une cicatrice parfaitement lissée par le laser et désormais totalement invisible. D’un pas léger, la Reine quitta ses souliers et enjamba l’étoffe qui froissait au sol. De sa silhouette en nuances de gris, se détachait l’éclat du pendentif impérial. Elle tendit les mains pour que son aimé pût les soutenir, et la conduire jusqu’à la chambre.

    Elizabeth était, généralement, avare de mots et de commentaires. Elle avait accepté l'invitation d’un sourire, puis s’était laissée guider. Elle considérait, pour la plupart des cas, dont celui de son futur époux, que certains gestes valaient mieux que des mots. Et si elle se comportait en Arkanienne avec ses congénères arkaniens, elle prenait soin de se montrer un rien plus démonstrative avec son Humain. Elle imaginait qu’il avait appris à lire dans ses yeux vides, qu’il interprétait ses sourires, ses inclinaisons de tête, et la manière dont elle lui tenait la main. À lui, elle ne pouvait commander, un simple revers de main ne l’aurait fait courir nulle part, ni même taire. Pourtant, il lui semblait qu’il répondait à ses moindres désirs, même les stupides, ou les plus incohérents. Elle l’avait déjà surpris se retenir de froncer un sourcil, ou lever les yeux au ciel. Jusqu’alors, il s’était toujours exécuté, devant considérer les caprices de sa femme comme accessibles. Et oui, elle se considérait raisonnable, pour l’instant.

    L’Empereur allongea sa promise sur le lit de sa cabine. Elle prit un temps pour admirer le paysage spatial qu’il avait choisi pour leur ultime séjour en tant que fiancés, et premiers jours en tant qu’époux. Puis elle l’attira à elle. D’abord, défaisant le col de sa veste, pour lui sommer de retirer le vêtement inutile. Enfin pour l’embrasser encore. Il se détacha d’elle, le regard invisible l’accompagna. La Monarque sourit, se donnant un air amusé.

      « Quel secret vas-tu me dévoiler ? »

    Ne valait-il mieux pas une démonstration ?

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By Harlon Astellan
#35725
Avare de mots. Chacun son tour. L'Empereur se mit à l'aise. De son attirail guerrier, de celui qui aurait aussi bien servi sur une première ligne qu'aux parades du Jour de l'Empire, il n'avait daigné conserver qu'un pantalon et une chemise, dont il retroussa les manches. « Le Secret réside dans mes mains. » Un peu d'huile de massage, des coups ajustés sur le dos, sur les côtes, les membres... suivre les nerfs qui tiraient des frissons une fois froissés. Et, bien sûr, ne pas oublier une zone sanctuaire... là, juste sous les reins.




Toute l'équipe commença de paniquer. « Sergent, il y a une surchauffe le long du conduit numéro 4. » Les turbolasers, formidables machineries enfouies sur des tuyères, des générateurs et des refroidisseurs long d'une cinquantaine de mètres. Un seul tir consommait l'énergie d'un rayonnement solaire horaire. Les accumulateurs devaient expulser une énergie qui, cumulée à tout le vaisseau, égalait la masse d'une petite nova. Les dissipateurs - des métaux thermoconducteurs refroidis par un système de radiateurs performants avec des systèmes de refroidissement à l'hélium liquide en cas de besoin - permettaient aux tirs de ne s'espacer que de quelques secondes tout au plus, alors que les accumulateurs propulsaient un afflux massif dans chaque tuyère, avant que l'énergie concentrée soit passée dans une série de lentilles convergentes et divergentes, que le trait vert sorte de toute ses forces vers sa cible. Il semblait que la colonne principale subissait un échauffement brutal, et surtout, inexpliqué. « La masse thermique descend... mais c'est anormal... elle descend si lentement ! » Comme une caresse sur l'échine d'une femme, la chaleur stoppa au creux des tuyères, prenant le temps de s'étaler sur la zone, passant la chaleur à ses voisines, que toute la zone en profite. « Vite, allumez les équipements d'extinction ! - Sergent, non ! » L'équipier ne paniquait pas. « Laissez, ça ira tout seul ! » Toute la chaleur commença à courir. De plus en plus vite, le centre commença à contaminer les extrémités : les radiateurs, ces deux excroissances en forme de dôme rabougris recueillir une vague thermique massive, qui manquait de les faire fondre sur place. Tout redescendit... les tuyaux vibrèrent, comme en proie à une envie de se courber, un réflexe malheureux... « Ca revient vers nous... La tourelle va tirer ! » Le saint des saints, les fentes exiguës où les lentilles allaient et venaient dans des dizaines de direction, commença à bénéficier de la vague, déferlante, laminant les parois, alors même que les tuyaux glissant vers les radiateurs continuaient de se chauffer, alternativement avec leur extrémité rafraîchissante... Tout s'accumulait... En va-et-vient, pour concentrer un trait d'énergie pur au sein des lentilles... AU bout d'un temps, ce fut trop.

La tourelle tira trois fois. Point de trait vert glacé à filer dans le coeur nébuleux. Non. C'était un trait rosé, pailleté d'étoiles, une suinte spontanée, née d'un feu langoureux au coeur d'une machinerie infernale. « Oh mais c'est... magnifique... »




Il se pencha en avant, et l'embrassa, à cheval sur son dos. Il dut la déplacer sur le côté pour éviter de lui briser une cervicale. Il n'oserait jamais lui dire - bien qu'il lui ai déjà fait comprendre, un soir, sur une table arkanienne près d'un opéra - mais il avait ce Secret de son expérience... étendue avec la gente féminine. L'anatomie primaire des femelles humaines et presqu'humaines admettaient trop de similarités pour qu'il manque son coup. Le premier essai avait été un échec et avait apporté la douleur chez Elizabeth. L'expérience n'en serait plus un. Le Secret de l'Empereur s'était évanoui dans la nébuleuse, sous la forme de trois traits rosés. Il rendit les étreintes, il se roula sur le côté, il profita du contact pour le prolonger, passant ses mains expertes un peu partout. Les draps sentaient l'huile et la sueur. « Ça sera notre petit Secret. » Promettre, solennellement, de ne papillonner nulle part ailleurs qu'ensemble. Il la tira à lui doucement. Il lui faudrait reprendre une respiration plus calme avant tout. L'huile sentait bon, mais la sensation moite qu'elle provoquait à la longue admettait un nettoyage complet. Plus tard. Il ferait changer les draps ensuite. Sentir la natte sur son torse, et la poitrine se soulever sur lui lui était bien plus... vital. Il tourna une boucle de cheveux dans ses doigts, en songeant qu'il faudrait peut-être la mettre aux arrêts. Elle constituait une drogue au pouvoir addictif trop puissant pour rester en circulation. Au moins pourrait-il sevrer sa peine en lui offrant sa prison dorée...

« Tu voudrais manger quelque chose ce soir ? » Ou dormir, ou... bref. « Tu veux à boire ? » Son droïde majordome apporterait tout, sans se soucier des questions de pudeur. Il n'en avait cure. En fait, sa programmation ne devait même pas comprendre le principe de nudité. « Comment tu vis tout ça ? » Tout ça ? « Partir d'Arkania, devenir ma femme... Diriger un Empire... Un Super Destroyer Stellaire... »
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